vendredi 11 juillet 2014

Le diable et ses détails


Les actualités internationales ont leurs grandes manchettes. L'armée syrienne combat impitoyablement son propre peuple et les courageux résistants à la dictature de Bachar al-Assad. Le gouvernement issu de la place Maïdan à Kiev bombarde les terroristes de la Nouvelle-Russie, assistés en sous-main par Poutine. Le Hamas inonde Israël de roquettes meurtrières qui n'ont fait aucun mort tandis que la réplique modérée d'Israël fait 90 morts et des centaines de blessés. Le nouveau calife Ibrahim, alias Al-Baghdadi, alias Al-Badri, met sur pied un état islamique à cheval sur la Syrie et l'Irak et il exécute les hérétiques, ce qui inclut les sunnites modérés qui ne veulent pas lui obéir. Ah j'oubliais, dans la catégorie « catastrophes », il y a la défaite de 7-1 de l'équipe brésilienne en Coupe du monde.

Mais il y a aussi les petites manchettes de la page 48 de votre quotidien préféré. Tiens, celle-là: l'entente de libre-échange entre la Chine et la Suisse est entrée en vigueur le 1 juillet dernier. On ne peut vous en tenir rigueur. Cette nouvelle date déjà de 10 jours. Un détail, mais le diable est dans les détails.

En 2008, la Chine signait une entente de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande. Les exportations de cette dernière sont passées 3,7 milliards de dollars US à 9,7 milliards, ce qui lui a épargné les retombées de la crise de 2008 créée par les folies des banques américaines. On peut produire du mouton, des kiwis et des produits laitiers et s'en tirer quand même honorablement dans ce monde dominé par le secteur financier.

Les producteurs laitiers suisses profiteront également de l'entente de libre échange Chine-Suisse. La Confédération suisse est cependant le siège d'entreprises de classe mondiale dans les domaines des machines-outils, de la chimie, de l'industrie pharmaceutique et des instruments de précision. Ce sont des produits particulièrement utiles à une Chine en phase d'industrialisation accélérée. En contrepartie, 99,7 % des produits chinois vendus en Suisse sont maintenant exempts de frais douaniers.

Des détails, des détails que tout cela. Où est le diable?

Selon Alexander Casella, dont l'article m'a donné l'idée de ce billet:
While it is no doubt Switzerland's high-tech sector that is China's major interest, both countries will see a mutual opening of their financial markets and reciprocal investments. This should facilitate Switzerland's ambition to become a financial hub for future international transactions in the Chinese currency, the yuan, and talks to develop a currency-swap agreement are underway.
La Suisse, centre financier pour les futures transactions internationales en yuan... On peaufine une manière de convertir les yuans sur le marché international afin de les rendre plus liquides... Est-ce à dire que devant la dédollarisation inévitable du marché international des capitaux, les banquiers suisses veulent être le premiers à se positionner?

Mais attention, les financiers de la City à Londres sont déjà sur les rangs. Et ceux de Francfort aussi. Que va-t'il arriver à tous ces dollars que la Réserve fédérale américaine imprime pour acheter des bons du Trésor américain aux banques commerciales, lesquels bons du Trésor financent les guerres d'Obama, ses 17 agences de renseignements et ses quelque 800 bases militaires dans le monde?

Ah mon dieu! Que c'est donc compliqué tout ça!

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