dimanche 3 juillet 2011

Les héros ne font pas le ménage


Il y a cette expression qui à la fois m'inquiète et m'exaspère: «gouverner une province». Ce rejet méprisant qu'affirment de nombreux indépendantistes au sujet de la nécessité de gouverner un état fédéré de 8 millions de personnes, de gouverner une des 20 plus importantes économies mondiales a de quoi laisser pantois. Cette lâcheté de laisser l'état québécois aux prises avec un conglomérat d'intérêts privés de toute nature, aussi bien corporatifs que personnels, qui se servent impunément et sans vergogne dans le trésor public, dégoûte ceux pour qui la «politique» est encore une noble tâche.

Cette citation de Joseph Facal illustre bien mon propos:
Depuis que je suis rentré de mon année en Espagne, je me cherche un projet stimulant. J'avais songé à replonger en politique, mais l'administration d'une petite province de plus en plus marginale ne me motive pas. C'est comme faire le ménage et la vaisselle après un party.

Ne perdez pas votre temps à m'expliquer, comme si j'étais un débile léger, que c'est nécessaire. Je dis juste que ça m'ennuie. Je rêvais de posséder une maison et je loue une chambre à l'étage.
Je m'excuse auprès de M. Facal de le citer là-dessus car s'il y en a un qui mérite de le dire sans m'offusquer, c'est bien lui. Il a déjà accompli beaucoup, et il accomplit maintenant presqu'autant avec ses chroniques inspirées qui permettent de mettre les choses en perspective. Mais ce n'est pas le cas de tous ceux qui participent au débat sur la soi-disant «implosion» du Parti québécois.

Cela est désormais encore plus urgent: il faut gouverner cette «province». L'économie va bien, mais les odeurs de corruption deviennent nauséabondes. Pauline Marois a déjà commencé à faire le ménage dans son propre parti. Elle remet les intégristes de l'indépendance à leur place. Elle poursuit son travail avec ceux qui comprennent la nécessité d'une ligne de parti et qui l'acceptent volontairement. Elle enrage les ténors qui ne croient pas que la «pauvre Pauline» va tenir le coup devant les assauts rageurs de leurs égos boursouflés. Finalement, elle va confondre les vieux commentateurs qui régurgitent dans leurs copies les propos aigris des anciennes vedettes qui ne sont plus dans le coup.

François Legault ne gouvernera pas cette province. Il ne fondera pas le parti politique de la droite. Il n'y a pas assez de millionnaires au Québec, comme Charles Sirois par exemple, pour vendre aux Québécois les lubies des républicains américains. Déjà ces mêmes lubies édulcorées par Stephen Harper passent très mal ici. Et si François Legault fonde son parti de droite, il y perdra ce qui lui reste d'argent et de prestige moral dans une aventure sans lendemain.

Ne pas vouloir gouverner une province, c'est donner 4 ans de plus aux petits amis qui se passent l'assiette au beurre depuis 8 ans. De quoi en faire presqu'une kleptocratie héréditaire... Ceux à qui il pousse des boutons parce Curzi, Lapointe, Beaudoin, Aussant et Charette ont des états d'âme ne connaissent pas la «dureté du mental» de Pauline Marois.

Et il faut le réaliser, Pauline Marois est le dernier rempart devant la menace que représente 12 ans de gouvernement libéral. Madame Marois, après avoir élevé 4 enfants, bien sûr avec l'aide domestique nécessaire dans son cas, sera capable de faire le ménage et la vaisselle de la «province» de Québec, bien sûr avec l'aide politique nécessaire du Parti québécois, en l'occurrence.

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