Le docteur Kevorkian est mort aujourd'hui dans un hôpital de la région de Détroit. Il a été victime d'une thrombose pulmonaire à 83 ans. Trop affaibli, il n'a pas pu utiliser le «thanatron» dont il s'est servi pour aider près de 130 patients à mourir dans la dignité.
Le docteur Kevorkian aimait la publicité et il avait un caractère de chien, quoique ses amis le disaient très aimable en privé. En 1998, il a poussé le système de justice américain jusque dans ses derniers retranchements en se filmant en train de donner une injection mortelle à un patient atteint de la maladie de Lou Gehrig. Il envoya la cassette à l'émission «60 minutes» en disant:«They must charge me; either they go or I go.»
On l'a condamné, à 71 ans, à une peine de 10 à 25 ans dans une prison à sécurité maximum. Il a été libéré après 8 ans, après avoir promis de ne plus recommencer.
On a beaucoup critiqué le docteur Kevorkian pour ses méthodes controversées et son goût pour la publicité. Mais y a-t-il une autre façon de mener un bon combat dans une société aussi faussement religieuse, aussi bruyante et tape-à-l'oeil que les États-Unis? Il a finalement été le vieux garçon têtu et malcommode dont cette cause, la mort dans la dignité, avait besoin.
Aujourd'hui, l'état de l'Orégon possède une loi qui permet aux médecins d'administrer des médicaments qui mettent fin aux douleurs des patients en phase terminale. En 2006, la Cour suprême des États-Unis a validé le jugement d'une cour d'appel locale qui statuait que cette loi protégeait une pratique médicale légitime.
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