
La montée du NPD dirigé par Jack_Layton fait paniquer les zélites. On sort des boules à mites un Parizeau tout tremblant, ce qui a fait dire à un loustic que Duceppe cherche à conserver au moins son vote ethnique. On conscrit aussi un Gérald «Malenfant» Larose qui, à titre préventif, traite M. Layton d'imposteur et de crapule après avoir qualifié les politiciens des autres partis de «crosseurs professionnels». Bon, ça n'est pas bien grave, tout cela. M. Duceppe n'a pas besoin d'une majorité de sièges au Québec pour dire au Canada anglais qu'on n'a pas encore signé le pacte confédératif canadien. Un vingtaine de députés en Chambre, c'est bien suffisant pour ce faire.
Et ce n'est pas un désaveu pour M. Duceppe. Il a toute mon admiration pour sa patience, son intégrité intellectuelle et son respect pour les gens et les institutions du Reste du Canada (ROC). On sent aussi que le ROC le respecte. S'il n'est pas le chef qui fera la souveraineté, il sera sûrement la personne clé qui facilitera la transition vers la souveraineté. Pour lors, il n'y a pas lieu de s'énerver. Si le NPD monte et que le Bloc descend, ce n'est pas la fin du monde, en autant que Harper ne passe pas.
Parlons maintenant de cet avatar de George W. Bush, notre cher leader Stephen Harper. Cette façon qu'il a de flamber 30 milliards de dollars (et plus) pour acheter des F-35 dont nous n'avons pas besoin et ensuite de se présenter comme le champion de l'austérité fiscale en sabrant ici et là dans les programmes sociaux ! Il a aussi le culot de s'approprier le mérite d'avoir permis au Canada de bien passer au travers de la récente crise économique, alors que c'est le parlement qui l'a obligé malgré lui à prendre les mesures qui ont rétabli la situation.
En effet, suite à sa réélection en 2008, Harper proposa, via son ministre des finances, un énoncé économique qualifié par Alain Dubuc de
politique économique la plus nulle [qu'il ait] vue en 35 ans de carrière journalistique. Le ministre voulait répondre aux menaces qui pesaient sur le Canada et sur le monde. Il avait déjà dû, avec ses partenaires internationaux, prendre des mesures énergiques pour stabiliser le système financier. Il savait que l'heure était grave, quoiqu'il espérait encore que le Canada s'en tirerait avec une récession technique.Nos conservateurs canadiens sont des idéologues naïfs et bornés comme les prosélytes du Tea Party aux États-Unis. Et on leur ferait davantage confiance qu'à Jack Layton pour diriger le Canada ?
Et que proposait-il? Rien. Ou plutôt le contraire de ce qu'il fallait. Le ministre était surtout préoccupé par la perspective d'un déficit. Les familles, disait-il, afin de protéger l'avenir qu'elles souhaitent, font des sacrifices immédiats. «Notre gouvernement adopte la même démarche. Nous protégerons notre avenir en maintenant une saine gestion budgétaire et financière.»
Et c'est ainsi que l'énoncé annonçait une foule de mesures de restrictions budgétaires, pour un total de 6 milliards. C'était exactement ce qu'il ne fallait pas faire. L'approche keynésienne adoptée dans tous les pays industrialisés, ce n'est pas de couper en période de crise, mais plutôt de dépenser davantage pour stimuler l'économie, quitte à créer un déficit. Par rigidité idéologique, les conservateurs s'apprêtaient à aggraver la situation de l'économie canadienne.
Car enfin, il faut savoir une chose ou deux à propos de la gouvernance du Canada. La fonction publique du Canada est une des plus intègres et des plus compétentes qui soit. Elle est déjà très occupée à administrer des milliers de lois et de règlements passés par les gouvernements précédents. Elle est en général assez malléable pour accommoder un nouveau gouvernement qui arrive avec de nouvelles priorités et pour lui donner tout le support administratif et logistique nécessaire pour prendre les bonnes décisions.
Dans un tel cas, mieux vaut un pragmatique comme Jack Layton qu'un idéologue comme Stephen Harper à la tête du pays. Le plus difficile à réaliser pour Jack Layton sera d'empêcher ses ministres et députés de s'ouvrir le mâche-patates et de dire des conneries. Il lui faudra exercer sur ses troupes la discipline de fer que maintiennent Harper et Duceppe sur les leurs. À part ça, cela ira tout seul.
Mon blogue est terminé et je me rends compte que je n'ai pas parlé du PLC. Peut-être qu'il n'y a plus rien à en dire... Ah oui ! Eux aussi ont sorti leurs vieux bonhommes sept heures des boules à mites devant la percée de Jack Layton dans les sondages.
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photo: moneyville.








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