lundi 29 mars 2010

Le gala des Jutra 2010

J'aime assez que Xavier Dolan ait gagné. J'aime aussi que Polytechnique ait gagné. Les Jutra, ce ne sont pas les Oscars. Les robes étaient ordinaires, du style de ce qu'on voit à Noël quand les petites bourgeoises veulent émoustiller leurs mononcles. Trogi était en queue de chemise. Les Jutra récompensent l'intelligence, l'intériorité, la profondeur des sentiments, le respect de la différence, la diabolisation de la violence, surtout de la violence faite aux femmes. Les Jutra sont l'essence même de notre cinéma et du Québec de toujours: ce pays absent, ces hommes absents, ces femmes matriarcales, ces hommes récompensés pour la richesse de leurs émotions, ces hommes-femmes, ces femmes-hommes qui bâtissent le pays-province, endroit de tout comfort pour les enfants roi que des politiques familiales hors-pair leur permettent d'avoir. Le cinéma québécois, c'est nous.

Ceci dit, il faut avouer que le gala a été complètement raté. Les punchs tombaient à plat. La salle ne réagissait pas. L'animateur en a presque paniqué. Cela dit, je dois préciser que j'ai décidé il y a deux ans de ne plus jamais aller voir un film québécois, histoire de ne plus vitupérer contre l'ennui, la platitude, l'amateurisme, la naïveté, le manque de budget, l'indigence des scénarios et le mépris du public qui sont l'apanage de notre cinéma. Et du cinéma français aussi, pour faire bonne mesure. Vitupérer, je déteste ça.

Après avoir bu le calice que Radio-Canada nous a imposé jusqu'à 22:15 heures, je me suis donc reposé avec un film américain complètement pété: Zombieland. Là, j'ai vraiment rigolé. La prémisse du film, c'est que les Américains sont devenus des zombies anthropophages. J'ai pensé à Dick Cheney, aux néo-cons, aux birthers, aux fanatiques du Tea Party, aux Jesus freaks, aux Born Again Christians, aux Républicains en somme et je me suis dit que ce film était une bonne métaphore de l'Amérique américaine.

Oubliez ça, je ne qualifierai jamais les Américains d'États-Uniens. D'abord, le nom officiel du Mexique, c'est aussi les États-Unis du Mexique. Cela introduirait une confusion. Et quand on parle des Américains, on sait tout de suite qu'il s'agit des «Amaricains». Ça fait que... oubliez ça.

Revenons au film, Zombieland. Les bons tuent pein de zombies. Par erreur, ils tuent aussi Bill Murray déguisé en zombie. Dommage collatéral, comme en Afghanistan et en Iraq. À propos, avez-vous vu Redacted, de Brian de Palma? Il y a pein de dommages collatéraux, là dedans aussi. Ah les dommages collatéraux... notre fonction publique connaît bien cela: leurs bonzes appellent cela des «effets pervers». Voyez-vous comme les «effets pervers» ont l'air plus dangereux que les «dommages collatéraux» ? C'est cela l'inflation verbale de la fonction publique.

Bref, dans Zombieland, nos quatre héros tuent plein de Républicains... euh, de zombies, et pourquoi ? Pour survivre, bien sûr. Mais aussi, à ne pas oublier, pour une quête fondamentale, primordiale, pour cette petite chose qui fait plaisir, que la civilisation industrielle nous a offerte et ne pourra plus nous offrir si elle disparaît: les Twinkies. Woody Harrelson veut absolument trouver des Twinkies et il ne reculera devant rien à cet effet.

J'ai noté à mon journal de bord: «Se battre pour des raisons concrètes, même contre des moulins à vent s'il le faut».

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