Une gentille belle-soeur que j'aimais bien est décédée. Je me rends au salon funéraire pour apporter mon support à mon frère qui est très affecté par ce décès.
J'y ai rencontré plein de retraités tous aussi heureux que moi d'être libres de faire ce qu'il leur plait de leurs journées. Un ébéniste, un mécanicien, des débardeurs, une secrétaire exécutive, une haute fonctionnaire de l'UQAM, un imprimeur, etc.
Puis, un monsieur me dit qu'il a bien connu ma mère décédée dans les années '70. «Elle est morte le "xx" du mois "yy" "zzzz". Elle a été exposée au salon funéraire "xyz" au 2e étage. Je m'en souviens parce qu'au 1er étage, c'était "untel" qui était exposé, et je suis allé y faire un tour, aussi», me dit-il, en substance.
Désarçonné, car j'ai encore de la difficulté à me souvenir de la date anniversaire de naissance de ma conjointe, je lui réponds qu'il semble avoir autant de mémoire que Fern (le légendaire gardien de but des «Boys» qui peut vous raconter en détail les circonstances du dernier but de Stan Mikita dans la LNH).
Le monsieur me répond, en substance: «Oui, je sais, le personnage de Fern dans les «Boys» est en fait un mélange de Ti-Guy Émond et de moi.» Et il ne bluffait pas.
C'était Gerry Rochon, une autre légende de notre petit monde des sports québécois.
vendredi 20 février 2009
Brèves rencontres
lundi 2 février 2009
À l'Est, rien de nouveau

Le 20 mars 2002, un an jour pour jour avant que les forces coalisées sous la direction des États-Unis n'envahissent l'Irak, le professeur Martin van Creveld accordait une entrevue à Jennifer Byrne du réseau américain ABC. Le professeur van Creveld, polémologue, historien militaire, enseigne à l'Université hébraïque de Jérusalem. Il est l'auteur de Supply and War, (1977), Command and War, (1985), Technology and War, (1988) et de The Transformation of War, (1991).
Dans cette entrevue, le professeur van Creveld exprimait l'avis que que les forces armées israéliennes, malgré leur puissance, allaient inévitablement perdre contre les Palestiniens. Il expliquait que si une puissance forte combat une puissance faible, ce n'est qu'une question de temps avant que le fort ne devienne faible lui aussi. C'est ce qui est arrivé aux Anglais en Palestine, aux Français en Algérie, aux Américains au Vietnam, aux Soviétiques en Afghanistan et dans d'autres situations trop nombreuses pour être comptées.
L'explication en est que si vous êtes fort et que vous combattez un faible, vous êtes un scélérat si vous le tuez; par ailleurs, vous êtes un idiot si vous êtes tué. C'est une situation perdant/perdant. Quand le fort combat le faible, tout ce qu'il fait est criminel. Lao-Tseu a dit, il y a 2 400 ans, qu'une "épée plongée dans l'eau salée va rouiller". Ce n'est qu'une question de temps.Et le professeur van Creveld de conclure qu'Israël n'a pas de solution militaire à ses problèmes:
_Byrne: What options does the Israeli army have, do you think?
_Van Creveld: Nothing will work.
_Byrne: Nothing at all? Do you think there’s no change of strategy?
_Van Creveld: No. There is one thing that can be done – and that is to put and end to the situation whereby we are the strong fighting the weak, because that is the most stupid situation in which anybody can be.
Et le professeur van Creveld de suggérer sa solution pour régler le problème palestinien:
°°° attendre une situation favorable;
°°° faire ce qu'il faut pour rétablir un équilibre des pouvoirs entre les Palestiniens et nous;
°°° enlever 90 % des causes du conflit en se retirant des territoires occupés;
°°° bâtir un mur entre eux et nous, si haut que même les oiseaux ne pourraient pas le franchir.
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Commentaires: L'idée du retrait unilatéral des territoires occupés et de la construction du mur a fait son chemin. Malheureusement, le rétablissement d'un équilibre des pouvoirs entre les Palestiniens et les Israéliens n'a pas pu faire son chemin dans l'opinion publique israélienne, sans doute trop insécure pour y donner suite. Ainsi, les forces politiques extrémistes en Israël en sont revenu à l'option militaire, notamment dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne est en train de se déshonorer.
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photo: Martin Van Creveld, par Arnon Grunberg.
N. B. J'ai écrit ce billet pour la première fois le 23 juillet 2006. À l'Est donc, rien de nouveau. On va probablement changer le Kadima pour le Likoud lors des élections du 10 février prochain, mais ce sera encore les petits partis orthodoxes, sionistes et nationalistes réactionnaires qui feront valser la coalition au pouvoir au gré de leurs lubies. À l'Est, pour l'instant, rien ne va changer.
Sauf qu'il y a maintenant le facteur Obama. Il a décidé de s'occuper du Moyen-Orient dès sa première semaine en poste. Un bon point. Puis il a nommé George J. Mitchell comme envoyé spécial des États-Unis, ce même médiateur à qui plusieurs attribuent le succès des négociations qui ont conduit à la fin du conflit en Irlande du Nord. Un excellent point.
dimanche 1 février 2009
La journée de l'homme

Le 8 mars de chaque année, journée internationale de la femme, il se trouve toujours un quidam quelque part pour poser la question: «Et la journée de l'homme, hein ?, c'est quand, hein ?» J'ai eu ma réponse ce matin.
La journée de l'homme, c'est aujourd'hui. La journée de l'homme avec un petit «h», la journée du détenteur exclusif du chromosome «Y», la journée de cette partie de l'espèce humaine qui sécrète plein de testostérone, un stéroïde anabolisant responsable d'un tas d'effets secondaires désagréables tels, entre autres, l'agressivité, la libido et la calvitie.
Ce matin, quand je me suis levé, mon dessert favori décorait le comptoir de la cuisine en prévision du repas de ce soir. Ma conjointe m'a de plus préparé un copieux petit déjeuner d'homme après avoir disposé sur la table la section sportive du journal qui me donnait les derniers détails sur la partie du Super Bowl...
Car c'est bien de cela qu'il s'agit: la fête commémorative de l'homme, la journée de l'homme, elle coincide avec la journée du Super Bowl. J'entends déjà les objections. Chaque fois qu'un pauvre mâle égaré parle de la journée de l'homme, il y a toujours une «qui-dame» quelque part pour répondre: «La journée internationale de l'homme ? mais c'est tous les jours la journée de l'homme !» Cela n'est plus vrai. Pensez à la série Les Invincibles qui décrit les affres de la condition masculine au XXIe siècle et osez me dire, si vous en avez le courage, que c'est la fête de l'homme tous les jours.
Nos quatre «invincibles» jeunes héros sont les proies de quatre femmes dominatrices, contrôlantes, méprisantes à un point tel que j'irais jusqu'à dire qu'elles sont paternalistes... Non, ce n'est pas assez. J'irais jusqu'à dire qu'on s'ennuie de la délicatesse et de la subtilité des féministes lesbiennes radicales des années '70 à les voir malmener leurs pauvres conjoints émasculés et infantilisés. Je ne suis pas certain que les «Invincibles» de cette série soient ceux auxquels on pense. Avez-vous noté qu'«invincible» s'écrit de la même façon au féminin et au masculin ?
Enfin, moi, ce que j'en dis... À chaque génération son lot de problèmes.
Pour en revenir à la Journée de l'homme, nous fêtons aujourd'hui le spectacle ultime de la testostérone pure, de l'agressivité canalisée vers la victoire, de ces moments de pure poésie où l'ailier espacé saisit d'une main une passe de 62 verges tout en courant la tête tournée vers l'arrière, de ces courts instants où un demi offensif de 5' 11'' zigzague dans une poussée irrésistible faite de changements de vitesse et de feintes imparables entre des mastodontes de 300 livres qui veulent lui couper la tête ou lui arracher les jambes.
Et il y aura nous, les hommes ordinaires, qui allons regarder le tout à la télé, ce soir à 18 heures, calés dans nos fauteuils, en bouffant nos chips sans cholestérol saucés dans une trempette allégée et arrosés de pepsi diète. Et ma chère conjointe se chargera de commander une pizza végétarienne au restaurant. Ce n'est qu'après que j'aurai droit à mon dessert favori...
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