jeudi 17 décembre 2009

Copenhague


Je vais le dire simplement, comme je le pense. Rien ne sert plus à rien. Même si Copenhague en arrive à un communiqué triomphant et unanime, cela ne servira à rien. Tokyo a triomphé lui aussi et il n'a rien donné.

Les défis environnementaux à venir sont tels qu'ils requerront des forces contraignantes hors de portée de nos démocraties régnantes. Le Canada ne pourra pas forcer l'Alberta à sacrifier ses sables bitumineux sur l'autel de la rectitude environnementale. Et s'il le fait, c'en est fait du Canada. L'ONU ne pourra pas forcer l'Amérique à abandonner ses Hummers, surtout qu'ils seront dorénavant fabriqués par la Chine, donc moins chers.

Les Américains ont bien sûr élu un noir. Mais il n'est pas si noir que cela. C'est un métis, rompu à la dialectique et à la rhétorique des blancs. Comme Tiger Woods, il est meilleur que nous à notre propre jeu. C'est l'élu de la ploutocratie qui nous gouverne par et malgré la démocratie dont nous nous targuons. Il sauve Wall Street et laisse tomber Main Street. Le «war president» reçoit un prix Nobel de la paix, bla bla bla, etc. Et ça n'est pas fini.

Oubliez-moi. J'ai déjà dénoncé la ploutocratie américaine, le provincialisme canadien, l'aliénation québécoise. Je n'aime pas me répéter. Oubliez-moi, je ne peux plus m'indigner. Les calottes glaciaires fondent. Les Russes se régalent déjà de pouvoir exploiter les fonds marins de l'Arctique. Je me réjouis déjà que l'hiver commence fin décembre. Qu'est-ce que j'en ai à cirer que Tuvalu soit submergé et que le courant du Gulf Stream soit inversé ?

Oubliez-moi. Je suis simplement content d'avoir donné la vie à des enfants qui vivront dans un des derniers pays à mourir des cataclysmes environnementaux. On a de l'eau, de la fraicheur, des terres arables, de l'électricité. Tout à l'heure, ce seront les Floridiens qui viendront passer l'été au Québec. Avec un certain sens de l'humour et les nouvelles en continu à la télé, cela risque de devenir passablement amusant: «Aujourd'hui, 195 réfugiés climatiques norvégiens arrivés au port de Sept-Iles dans la matinée ont été conduits dans la réserve construite sur l'ancienne mine d'uranium jouxtant...»

Oubliez-moi. J'en ai marre de vous dire que vous vous trompez. J'en ai marre d'avoir raison tout seul, avec tous les autres qui ont aussi raison tout seuls. Je sais ce qu'on faisait de ceux qui étaient les seuls à avoir raison contre tous, dans le passé. Maintenant, cela coûte trop cher de les enfermer. On les laisse circuler dans la société. Je vais circuler et ne pas faire trop de bruit.

Rien ne va sauver la terre. Steven Guilbeault travaille pour Équiterre. Stephen Guilbeault doit payer son loyer et c'est correct. Ça n'en fait pas un messie. Pour sauver la terre, il faudra une force militaire plus grande que celle des Américains. Or, il n'y aura jamais une force militaire plus grande que celle des Américains. Oubliez ça.

Oubliez-moi. J'en ai marre de vitupérer. Je ne vais plus faire de textes songés, documentés, bourrés d'hyperliens sophistiqués en provenance des médias les plus chiants et les plus illisibles de la planète «Occident».

«Après tout... » change de vocation. À l'avenir, on n'étaye plus rien. On déconne. On ventile. À l'occasion, quand ça nous chante. Voilà. Je ne sais pas pourquoi je l'annonce. Je crois que c'est Copenhague qui m'a tué.

1 commentaire:

Tinky a dit...

Ah ça, ce qu'il aurait fallu faire depuis des années, déjà, c'était la politique de l'enfant unique, comme en Chine. Et l'appliquer strictement. Après un enfant, stérilisation, et stop les conneries.
Ainsi, le trop-plein de population -ce qui est réellement la cause de notre marasme, bien plus que tout le reste- aurait été doucement éliminé, sans besoin de massacre. Seulement, Dieu a dit "croissez et multipliez"... Oui, et à chaque bébé qui naît, ça fera des tonnes de saloperies en plus qui vont s'accumuler pour salir encore davantage la planète, des dettes, des tes de problèmes, surtout s'il naît en Afrique, attrape le SIDA et l'offre généreusement à toutes les femmes qu'ils croisera, sous prétexte que le Pame ou l'Imam ou le marabout, voire le sorcier traditionnel ont interdit le préservatif, et d'ailleurs, ça coûte cher, un préservatif... Et ça va donner d'autres crève-la-faim qui déforesteront pour avoir quelques mètres carrés de terre à peine arable pour cultiver quelques plantes misérables, les terres cultivables étant prises par les mines ou les grandes exploitations agricoles de café, de chocolat ou Dieu sait quoi d'autre... S'il naît en Asie, il pourra tomber sous la coupe d'Al Qaïda et crèvera tôt après s'être fait sauter pour faire un peu plus peur à l'Occident et avoir entraîné à la mort d'autres imbéciles tout aussi fanatiques que lui !
S'il naît en Europe, il sera au chômage, car toutes les entreprises auront délocalisé en Chine, et crèvera de faim aussi... Et s'il naît en Amérique, le continent, il aura les mêmes problèmes qu'en Europe, s'il habite la partie nord, et l'Afrique, s'il habite la partie sud. Quant à l'Océanie, l'Australie deviendra un brûlant désert totalement aride, et le reste des îles sera submergé par la montée des eaux.
Il aurait fallu réagir contre tout ceci il y a trente ans, et même quarante, à l'époque où les hippies nous prévenaient déjà que ça allait mal tourner... On s'est moqué d'eux, mais ils avaient déjà raison. Il est trop tard. Le seul moyen de nous sauver est de ne plus faire qu'un seul enfant par famille, et encore... Et d'appliquer toutes les bonnes résolutions déjà prises... Les appliquer VRAIMENT.
Mais là, comme vous, Zylag, j'ai un doute affreux.
Amicalement, Tinky, écoeurée par l'incurie ambiante.