mardi 30 décembre 2008

Dallas accueille Bush


Le président Bush a acheté une maison à Preston Hollow, dans la région nord de Dallas, près du domaine de son ami le milliardaire Tom Hicks. La maison se trouve non loin du lac Lewisville, un endroit de villégiature recherché.

On apprend en toute dernière heure que 9 millions de gallons d'excréments ont été déversés dans le lac Lewisville à Dallas. Étant donné la forte constitution des Texans, les inspecteurs en environnement, sans doute embauchés par les soins de l'ancien gouverneur du Texas, ne prévoient pas que ce déversement posera de problème («no health risks from the spill») pour la santé des gens. D'ailleurs, Tom Taylor, le directeur exécutif du Upper Trinity Regional Water District a déclaré:

We haven't noticed any changes in the quality of our product.
Bienvenue à Dallas, monsieur le président !
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photo: de source inconnue.

lundi 29 décembre 2008

Pour réflexion

Les élites politiques israéliennes et palestiniennes devraient regarder ce vidéo et réfléchir.

Le MRAP, un mouvement très actif contre l'antisémitisme et l'islamophobie, a publié un communiqué intitulé «Gaza: halte au massacre».

Ce petit document d'une page est plein de bon sens et dit brièvement tout ce qu'il faut savoir sur la situation à Gaza.

samedi 27 décembre 2008

Boxing Day à Gaza


Entre Noël et le Jour de l'an, je me sens toujours un peu groggy. Parfois c'est l'angoisse d'une réunion familiale à préparer, parfois c'est la musique de «Nowelle», parfois ce sont de simples angoisses métaphysiques qui me tarabustent. J'en viens à tout mélanger.

Selon Le Point.fr, «dix obus de mortiers et trois roquettes palestiniennes ont été tirés vendredi contre le territoire israélien, sans faire de victime, a indiqué l'armée israélienne.» Précisons: sans faire de victime israélienne. Restons dans le domaine de la précision malgré la confusion, chacun sait que le vol des roquettes palestiniennes est plutôt erratique. Ce sont donc deux fillettes palestiniennes, Sabah Abou Khoussa, 12 ans, et Hanine Abou Khoussa, 5 ans, qui sont mortes quand la roquette de leurs frères d'armes est tombée sur leur maison.

Et j'apprends ce matin, par L'Express.fr, que des avions de combat et des hélicoptères ont lancé 30 missiles sur Gaza, faisant 155 morts et 200 blessés. «L'attaque israélienne fait suite à la décision du conseil de sécurité du Premier ministre Ehud Olmert d'intensifier les représailles contre les tirs de roquettes palestiniens.»

Quoi ? Des avions de combat, des hélicoptères, des missiles pour venger deux fillettes palestiniennes qui ne sont même pas des victimes comptabilisables selon l'armée israélienne ? Je dois être groggy. C'est le boxing day qui m'a sonné. Je mélange tout.

Et encore ! Mon cas n'est pas le pire. Il y a des gens en Israël qui pensent qu'à force de bombarder courageusement du haut des airs des populations civiles sans défense, le Hamas va finir par avoir peur et comprendre qu'il vaut mieux cesser de tirer des roquettes... Ce n'est pas ce qu'on lit dans L'Express pour l'instant:

Le Hamas et d'autres factions palestiniennes ont annoncé avoir ordonné à leurs combattants de venger les victimes de l'offensive israélienne.

"Tous les combattants sont appelés à répondre au massacre israélien", proclamait un communiqué du Djihad islamique, qui faisait écho à des déclarations similaires du Hamas et d'autres groupes armés.
En relisant ce billet, je me rends compte qu'il fait montre de peu de sensibilité. Je m'en excuse d'avance auprès des populations palestiniennes et israéliennes qui sont prises dans les deux mâchoires de ce piège infernal constitué par les élites politiques palestiniennes et israéliennes.

Entre le dégoût et la lassitude, il ne reste plus que la dérision.
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photo: Apache, par minxlj.

jeudi 25 décembre 2008

Peuple à genoux

Je trouve cette chanson tellement ridicule qu'elle ne méritait pas autre chose que d'être bêlée par Rufus Wainwright.

Sans compter qu'au Québec, le «Minuit chrétiens» revêt un sens particulier.

mercredi 24 décembre 2008

Joyeuses Fêtes

Les Athéniens décorent leur arbre de Noël et nous souhaitent «Joyeuses Fêtes !»

Au fait, les manifestations en Grèce sont, dit-on, causées par la mort d'un adolescent tué par un policier le 6 décembre dernier. Mais nous sommes maintenant rendus à Noël. Il y a sûrement autre chose.

Les élites grecques ont perdu leur crédibilité et le peuple en a ras le bol. On a rarement vu un ras-le-bol si clairement exprimé et motivé par des raisons aussi confuses.

mardi 23 décembre 2008

À Claire

À Claire

À la simple joie de vivre qui luira dans ses yeux,
À ses rires qui s'écouleront dans les cascades du bonheur,
À ses pleurs qui nous offriront le plaisir de la consoler,
À la douceur de l'enfance qu'elle nous offrira,
Merci.

À ses naïvetés d'enfant dans un monde d'adultes,
À ses révoltes téméraires devant l'injustice,
À ses tendresses excessives pour tout et rien,
À l'assurance de surmonter ses désarrois,
Merci.

À la vie qu'elle choisira de vivre
Dans le monde à venir où simplement vivre sera un choix,
À la solution qu'elle apportera
Au monde à venir où tout sera à réinventer,
Merci.

De ton grand-papa.
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photo: Claire, 1 jour, par son papa.

samedi 20 décembre 2008

Entre le dégoût et la lassitude

Sans commentaire.

2002
A hungry Man is an Angry Man!

2002
Extrait:
«Les belles âmes moyen-orientalisées, anti-israélisées et antisionisées se lamentent de la malnutrition qui sévit à Gaza. Les coupables ? Ben voyons : les brutes sionistes casquées bottées qui osent poursuivre et anéantir les lanceurs de fusées Qassam meutrières de civils israéliens (ces gens sont bien un peu coupables de la misère des Palestiniens, non ?)

Un de nos internautes me fait remarquer fort opportunément qu'on n'entend pas la voix de ces pleureurs moyenorientés, tellement obnubilés par leur haine d'Israël qu'ils en oublient les 24 000 personnes qui meurent chaque jour de faim dans le monde... »

2006
Gaza is hungry - and not because of Ramadan

2007
Gaza : "Les gens ont faim"

Janvier 2008
Gaza: Mourir de faim, dans le noir, sous les bombes

Décembre 2008
Gaza families eat grass as Israel locks border
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photo: Gaza

vendredi 19 décembre 2008

Le livre et l'écran

Le livre, cet objet amoureusement enluminé par les moines, boudé au départ par les contemporains de Gutenberg quand on l'imprima, symbole aujourd'hui de l'objet culturel, quoique majoritairement destiné à diffuser des recettes de cuisine, a encore ses adeptes. J'en suis un. Le livre n'est qu'un médium, et c'est celui que je préfère pour déguster un bon roman.

L'écran d'ordinateur est le médium pour diffuser les images du Net. Il coexiste avec le journal, le livre, la télé. Le Net est fait de clips, de brefs textes, de poèmes, de chansons, de commentaires, etc. On le dit superficiel. On critique les sources de Wikipédia. Les micro-bloggers sont ridiculisés par les pros de l'information. Le Net a été boudé au départ par les auteurs sérieux et les grands penseurs qui voient plein de gens parler n'importe comment de sujets sur lesquels, eux, ils ont mûrement réfléchi.

Romain-Pierre Bourque a écrit un texte intéressant sur la question. Il rapporte le point de vue de deux auteurs pour ensuite y aller de sa propre interprétation:

Frédéric Cavazza

[Cavazza parle de] l' incapacité des micro-bloggers et internautes non professionnels en général à produire une information qui aurait du sens. (...) [Cavazza ] explique la difficulté rencontrée par les internautes à produire des contenus complexes et des analyses à valeur ajoutée, ceux-ci préférant se situer dans le commentaire. (...)

Ainsi les internautes ne seraient que des caisses de résonance, répétant des contenus produits par d’autres, ou proposant des morceaux de réflexion, ou plutôt des réactions émotionnelles moins pertinentes que l’usage (arbitrairement considéré comme maîtrisé) de la raison, sous la forme de commentaires.

Francis Pisani

[Pisani est d'avis que] l’information en général, qu’elle se fasse par micro-blogging ou dans la presse classique, ne prend sens que chez le consommateur. (...) Ainsi la multitude de références s’articule a posteriori, les cohérences et confrontations de thèses n’étant pas nécessaires à l’intérieur d’un même contenu qui se trouve de toutes façons mis en concurrence avec d’autres.


Ainsi nous assisterions à une rupture dans le rapport à la lecture, le « story-telling » et le conte étant élaborés par le lecteur lui-même, en bout de la chaîne de médiatisation.

Romain-Pierre Bourque

[Pour Bourque,] dans la société du spectacle, (...) l’élaboration intellectuelle ne se fait même pas chez le lecteur-internaute-spectateur mais obligatoirement dans un dynamisme des références à travers une nouvelle mise en scène. L’internaute ne possède en effet à aucun moment une idée unilatérale de vérité, il pourra s’exprimer lui-même sur le web ou un autre support si il en a les moyens, pour faire résonner un point de vue ou une articulation de thèses. (...)

Ainsi il ne s’agit pas tant d’une lecture fragmentaire que d’une écriture fragmentaire et même d’un processus d’élaboration de la pensée lui-même fragmentaire dans le sens où toute opinion, toute réflexion, toute analyse est négociée et remise en discussion. La vérité, multilatérale, n’est alors possédée par personne.



En résumé, la multiplicité des points de vue et l'abondance d'informations parcellaires permet aux bloggers, et à leurs lecteurs, d'avoir une meilleure idée de la réalité qu'un seul texte bien fouillé mais soumis aux biais, aux préjugés, à l'orientation éditoriale en quelque sorte, de son auteur.

Cette idée me séduit, même si je reste conscient qu'on aura toujours besoin des grands réseaux médiatiques pour aller chercher les faits, les débusquer s'il le faut. Pour l'instant aussi, le livre me semble le meilleur médium pour le roman. Et la télé aussi, dans les crénaux qui lui conviennent.

Chaque fois qu'un nouveau médium surgit, il crée des résistances puis il finit par prendre sa place, au milieu des autres médias, contribuant ainsi à l'enrichissement de tous. D'ailleurs, au départ, il en fut ainsi du livre...
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photo:
Bible historiée de Pampelune - XIIe siècle
Bible sur parchemin de 1197 constituée d’un millier de petits tableaux de style roman. Cette bible historiée aurait été exécutée à Pampelune pour Sanche VII, roi de Navarre.
Par Marc Niederhauser.

jeudi 18 décembre 2008

L'onusien Jean Ziegler (iPub)


Je viens de terminer La haine de l'Occident par Jean Ziegler. Brièvement, car ce billet n'est qu'une iPub, Ziegler a constaté qu'il est contreproductif, en tant que représentant de l'ONU, de débarquer dans n'importe quel pays pour dicter aux gens les choses à faire. Les autochtones vont souvent masquer leur refus de coopérer derrière des arguments qui remontent aux croisades, à l'esclavage ou à la colonisation.

Alors, en tant qu'«onusien», Jean Ziegler doit partout débarquer avec dans ses valises au moins trois cassettes: une pour s'excuser pour les horreurs de l'esclavage, une pour reconnaître les méfaits de la colonisation et une pour s'excuser d'être un Occidental. Déformation professionnelle oblige, il écrit un livre pour que tous les Occidentaux partagent sa vision et pour que le reste de la planète ne nous en veuille pas trop, vu que nous sommes humbles et repentants des méfaits de nos ancêtres.

Je sais, c'est choquant quand c'est dit clairement comme cela. Mais c'est une iPub.
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photo: Jean Ziegler.

mardi 16 décembre 2008

Bush bat Dion

Le message de Fêtes de la Maison Blanche est encore plus embarrassant que la réponse de Stéphane Dion à l'allocution de Stephen Harper.

Le président parle surtout à son chien, quand on sait qu'il vient de se faire traiter de «chien» à la face de l'univers. À la fin du message, lors de la conclusion, il n'est pas là. C'est la première dame qui salue le peuple américain: «President Bush and I thank you for the wonderful priviledge to serve America for the last eight years and we wish you a very happy holiday.»

Ce n'est pas assez que Bush soit exclu du Sommet des pays d'Amérique latine et des Caraïbes qui vient d'ouvrir au Brésil, même sa femme ne veut pas le voir dans le message de Noël à la nation.

lundi 15 décembre 2008

Malaise

Dès la première page de La haine de l'Occident, par Jean Ziegler, je trouve ceci:
«Les giboulées de mars s'abattaient sur les arbres centenaires du chemin de l'Ermitage à Genève. Une fine couche de neige mouillée recouvrait les éclats rouges des buissons de magnolias, le rose des cerisiers du Japon et les branches d'or des forsythias.

Minuit approchait, il faisait un froid polaire.»
Il ne peut pas faire un froid polaire si la neige est mouillée. Il est rigoureusement impossible que des froids polaires et des giboulées se produisent en même temps.

Bon, je sais, «froid polaire» est une image. L'auteur veut dire que, n'étant pas convenablement habillé pour se promener dans les rues de Genève par une température de -2°C, il avait froid comme s'il était au pôle nord, ou au pôle sud, à votre goût. Je le sais, vous le savez, mais le petit Africain qui lit Aimé Césaire et Jean Ziegler le sait-il ?

La morale de cette remarque préliminaire qui me saute aux yeux à la première page de l'avant-propos du livre, c'est que les hyperboles ne sont pas innocentes. J'ai l'impression, mauvaise, que Ziegler a tendance à en user abondamment. On verra. Je n'ai pas de préjugés mais je suis sur mes gardes.
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photo: Snow Fall on Magnolias, par nhojjohn58.

Scènes que nous aurions aimé voir

La revue MAD avait une chronique intitulée «Scenes we'd like to see». L'affaire de la chaussure en Irak a déclenché un rire planétaire. L'imagination s'emballe.

J'aurais aimé voir Helen Thomas lancer sa chaussure à Bush en pleine conférence de presse à la Maison Blanche. Et la même chose par Bernard Derome lors d'une entrevue avec Harper. Et Michèle Ouimet, la némésis de nos politiciens municipaux, devrait en faire autant avec le maire Tremblay...

samedi 13 décembre 2008

Carte postale

Les critiques sont unanimes. Chez Bazzo, Jean Barbe, Pascale Navarro et Réjean Thomas ont bien aimé La haine de l'Occident par Jean Ziegler. De 2001 à 2008, le sociologue a été rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation. Il a rencontré dans des villages déshérités des gens qui ne parlent pas et qui ont faim. Il a participé à des rencontres internationales où les gens parlent beaucoup et n'ont pas faim.

En général, je me méfie de la théorie du battement d'aile de papillon qui veut que si j'achète du café Maxwell House ( 4,99$/kg chez Jean Coutu cette semaine), un paysan misérable va mourir de faim quelque part sur la planète. Je ne vois tellement pas d'alternative à l'organisation capitaliste (civilisée) des relations économiques entre les individus et les états que j'ai en général des problèmes à digérer les dénonciations échevelées de notre opulence en regard de la misère des populations démunies.

Mais je ne suis pas complètement insensible. Et je veux bien que Jean Ziegler me brasse les idées et réveille ma mauvaise conscience de nanti. Quand je dis nanti, je parle de ma condition d'Occidental bénéficiant d'une petite retraite et d'un toit pour abriter mes vieux os perclus d'arthrose. Nanti..., nanti..., faudrait quand même pas charrier. Alors, c'est dit, je vais chez Renaud-Bray acheter cet après-midi La haine de l'Occident pour savoir ce qu'on a fait aux gens du Sud pour qu'ils nous détestent, nous, les Occidentaux.

Dans le magasin, je flâne, je traîne, je furète. Tiens, des cartes postales. Tiens, un poème de Verlaine sur une carte postale. Il parle de samedis après-midi à Laval. Il parle de vagues déambulations dans des corridors bordés de boutiques d'où entrent et sortent plein de gens au regard perdu. Comment le poète a-t-il pu savoir comment nous serions aujourd'hui ? C'est, en fait, une carte postale qu'il nous envoie:

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie
O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi! nulle trahison?
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine!

Verlaine

Romances sans paroles
1874
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photo: Paul Verlaine, par un inconnu

mercredi 10 décembre 2008

Gérer l'économie (iPub)


Cette iPub m'a frappé aujourd'hui: au Québec, au Canada et aux États-Unis, il y a ce préjugé dans la population que les partis politiques de droite savent mieux gérer l'économie. Le gouvernement Charest vient de remporter ses élections en se présentant comme celui qui va le mieux gérer l'économie, de façon à passer à travers la crise économique qui pointe à l'horizon. Et les gens l'ont cru.

Pourtant, c'est le PQ sous Lucien Bouchard qui a fait disparaître le déficit quasi structurel de 5 milliards de dollars que le Québec enregistrait année après année. C'est le PQ sous Bernard Landry qui a abaissé le taux de chômage sous la barre des 8% alors qu'il planait depuis des années autour de 10%. Parallèlement, le PLQ sous Charest échappe le Cirque du Soleil, une entreprise de Montréal qui rayonne partout à travers le monde sauf ici, et il n'est même pas capable de construire un hôpital universitaire à Montréal. Enfin, comme le répète à regret «Monsieur» Parizeau, le PLQ ne sait absolument pas comment se servir des outils économiques que l'État québécois s'est donné dans les années '70.

Et notre bon peuple, imprégné de la sagesse populaire que tous évoquent au lendemain d'une élection, pense encore que ça nous prend le PLQ pour gérer l'économie.

La situation est la même aux États-Unis où le préjugé en faveur de la droite républicaine est encore plus fort quand vient le temps de décider qui peut le mieux gérer l'économie. Pourtant, on se souvient encore des années fastes de la décennie Clinton, laquelle s'était terminée en plus par un gouvernement qui avait atteint le «déficit zéro» sans trop de douleur pour la population. Et la comparaison ne tient même pas avec les années sous Bush jr, lequel a creusé des déficits de trilliards de dollars, et qui termine son mandat en déclenchant une crise financière mondiale. Des études à long terme confirment l'évidence des dernières années.

Alors ?
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photo: Coal Miner Family, par un inconnu.

mardi 9 décembre 2008

Salade de saison XXX

Retour à la maison

Le Parti québécois a mis dehors, en 2005, un «papa» grognon qui parlait trop souvent latin. Les excités ont pris le contrôle du parti. Ils exigeaient un référendum dans les mois qui suivent la prise de pouvoir. Ils ont mis à la tête du parti quelqu'un qui défendrait ce point de vue, et qui l'a fait. Résultat: le parti a même perdu son statut d'opposition officielle.

Le pire de tout ça, c'est que les excités en question n'ont même pas l'excuse de la jeunesse. Ce sont de vieux ronchonneurs qui ont rendu la vie impossible à tous les grands leaders que la cause souverainiste a inspirés. Maintenant mélancoliques (les ronchonneurs), ils vident leurs ballons de cognac en se lamentant qu'ils ne verront pas «le pays» de leur vivant.

Le temps a fait son temps, comme toujours. Le PQ en lambeaux est revenu à la maison, lécher ses plaies chez «moman», une femme à l'air sévère mais pleine de coeur et d'expérience, que l'on connaissait mal. On l'a découverte lors du débat et à la fin de la campagne électorale.

Bonne chance, Pauline. Vous avez quatre ans pour rénover le parti.


Acalculie

Cela s'est passé très rapidement hier, et je crois que c'est Jean Lapierre qui l'a dit: en substance, bonne élection mauvaise élection, le Parti libéral recueille 1 200 000 voix. Les anglophones et les allophones se font un devoir d'aller voter. Hier, 33% des francophones ont voté pour Jean Charest et seulement 57% de la population inscrite est allé voter. Les francophones ont laissé les anglophones et les allophones prendre le pouvoir, alors qu'ils n'avaient qu'à se pencher pour le ramasser.

À ce niveau là, l'abstentionnisme relève de l'acalculie.


La menace de Québec Solidaire

J'ai lu quelque part que la présence de Québec Solidaire a dilué le vote souverainiste pour permettre à Jean Charest de se faufiler. On aura beau faire toutes les additions qu'on veut, on n'arrivera jamais à justifier une telle affirmation. Un autre malheureux qui souffre d'acalculie.

Je ne peux dire mieux que Pierre Foglia sur l'arrivée d'Amir Khadir à l'Assemblée nationale: «Et puis il demande à la foule la permission de sortir de son texte, juste 30 secondes, dit-il, juste le temps de réciter la chanson de Claude Dubois Comme des millions de gens...

Du Amir tout craché. Du grand Amir? Il est toujours comme ça. Ils vont en avoir plein les bras à Québec. Ils ne se doutent pas à quel point. Ils ne se doutent combien ce type est tenace. Intelligent. Ils ne se doutent pas de ce qu'un homme tout seul comme celui-là peut faire.»


Jean Dion avec les «grands»

Je lis occasionnellement Jean Dion, le chroniqueur sportif du Devoir. Je le trouve brillant et drôle. À Bazzo.tv l'an passé, il l'était encore plus dans le rôle ingrat et un peu clownesque de débatteur sur des sujets «pas rap».

Et je tombe ce matin sur le site EVENE.fr qui, dans sa section «Citations» m'offre un condensé de l'humour et de la sagesse de Jean Dion depuis les dernières années. Quel trésor:

°°° Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il savoir qu'on l'est.

°°° Il en va de la politique comme du reste, ça a toujours l'air mieux dans les catalogues.

°°° Le drame réel et insoutenable est que la femme épouse l'homme en espérant qu'il va changer, et il ne change pas, alors que l'homme épouse la femme en espérant qu'elle ne changera pas, et elle change.

°°° Le dimanche soir, l'un des pires moments que l'on puisse imaginer : encore en congé mais déjà au travail, toute la force du capitalisme à l'oeuvre.

°°° Les athlètes, contrairement aux artistes, ne disent jamais qu'ils aiment leur public.

°°° Nous croyons aux coïncidences, mais pas lorsqu'elles se produisent en même temps.


Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada

Le 26 mars 2006, j'annonçais que Michael Ignatieff deviendrait chef du PLC. C'est fait.

Je l'ai toujours dit: «L'avantage d'être pessimiste, c'est qu'à plus ou moins long terme on finit toujours par avoir raison».

lundi 8 décembre 2008

Bas de page

Ce matin, je trouve un entrefilet en bas de la page A17 de mon journal:
ISRAËL
«Progromes»

Le premier ministre israélien de transition, Ehoud Olmert, s'est vivement élevé hier contre les exactions perpétrées jeudi par des colons juifs contre des Palestiniens à Hébron (Cisjordanie) qu'il a qualifiées de «progromes». «En tant que juif, j'ai honte de ces scènes de juifs ouvrant le feu contre des Arabes innocents à Hébron Il n'y a pas d'autre définition que le terme «progrome» pour qualifier ce que nous avons vu», a affirmé M. Olmert en scéance hebdomadaire de cabinet.

Il n'y a pas complot dans les médias pour diminuer l'importance de la nouvelle. Pour moi, c'est important qu'enfin une personnalité juive se lève pour critiquer les extrémistes de la cause sioniste.

Mais cela n'est pas important pour tout le monde. Il y a les élections québécoises, la crise financière et économique, la coalition à Ottawa, etc.

Dans le fond, si toutes les nouvelles en provenance du Moyen-Orient se retrouvaient en bas de page, incluant celles où des extrémistes palestiniens commettent aussi des «exactions», nous nous en porterions peut-être mieux, et les populations du Moyen-Orient également.

Sans le relais des médias pour leur propagande, les extrémistes ont tendance à moins s'exciter.

Elle est pas mal, celle-là


Julien Martin, de Rue89, nous raconte cette histoire:


L'institutrice présente à la classe un nouvel élève arrivant du Japon: Sakiro Suzuki. Le cours commence.

L'institutrice: "Bon, voyons qui maîtrise l'histoire de la culture franco-américaine. Qui a dit 'Donnez-moi la liberté ou la mort'?"
Pas un murmure dans la salle. Suzuki lève la main: "Patrick Henry, en 1775 à Philadelphie."

L'institutrice: "Très bien Suzuki! Et qui a dit 'L'Etat est le peuple, le peuple ne peut pas sombrer'?"
Suzuki lève la main: "Abraham Lincoln, en 1863 à Washington."

L'institutrice: "Excellent, Suzuki! Maintenant, qui a dit 'Je vous ai compris'?"
Suzuki lève la main et dit: "Charles de Gaulle!"
L'institutrice regarde les élèves et dit: "Honte à vous! Suzuki est Japonais et il connaît l'histoire française et américaine mieux que vous!"

On entend alors une petite voix au fond de la classe: "Allez tous vous faire f..., connards de Japonais!"
"Qui a dit ça?", s'insurge l'institutrice.
Suzuki lève la main et, sans attendre, dit: "Général Mc Arthur, 1942, au Canal de Panama et Lee lacocca, 1982, lors de l'assemblée générale de General Motors."

Dans la classe plongée dans le silence, on entend un discret: "Y'm'fait vomir..."
L'institutrice hurle: "Qui a dit ça?"
Et Suzuki répond: "George Bush Senior au Premier ministre Tanaka pendant un dîner officiel à Tokyo en 1991."

Un des élèves se lève alors et crie: "Pomp'moi l'gland!!!"
Et Suzuki, sans sourciller: "Bill Clinton à Monica Lewinsky, 1997, dans la salle ovale de la Maison Blanche, à Washington."

Un autre élève lui hurle alors: "Suzuki, espèce de merde!"
Et Suzuki: "Valentino Rossi, lors du Grand Prix de Moto en Afrique du Sud en 2002..."

La salle tombe littéralement dans l'hystérie, l'institutrice perd connaissance, la porte s'ouvre et le directeur de l'école apparaît: "Merde, je n'ai encore jamais vu un bordel pareil!"

Et Suzuki: "Martine Aubry en arrivant à la tête du Parti Socialiste!!"
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photo: Martine Aubry et Ségolène Royal, par le Parti socialiste.

dimanche 7 décembre 2008

Africans, par Nneka

Le texte de la chanson «Africans» m'a surpris. La Nigérienne Nneka invite les Africains à cesser de blâmer les anciens colonisateurs pour leurs problèmes et à se prendre en main: «Wake up africa wake up and stop blaming».

U keep pushing the blame on our colonial fathers
U say they came and they took all we had pocessed
They have to take the abuse that they have caused our present state with their intruding history
Use our goodness and nourishment in the Name of missionary
Lied to us,blinded slaved us,misplaced us,strengthen us,hardened us then
they replaced us now we got to learn from pain
Now it is up to us to gain some recognition
If we stopp blaming we could get a better condition

Refrain
Wake up world!!
Wake up and stop sleeping
Wake up africa!!
Wake up and stop blaming
Open ur eyes!!
Stand up and rise
Road block oh life penalty


Why do we want to remain where we started
And how long do we want to stop ourselves from thinking
We should learn from experience that what we are here for this existence
But now we decide to use the same hatred to oppress our own brothers
It is so comfortable to say racism is the cause
but this time it is the same colour chasing and biting us
Knowledge and selfishness that they gave to us,this is what we use to abuse us
(Refrain)

Those who have ears let them hear
Brothers who are not brainwashed takt ruins and rest
Pick them up and stick them back together
This is the only way we can change this african weather
Lied to us,blinded slaved us,misplaced us,strengthen us,hardened us then
they replaced us now we got to learn from pain
(Refrain)

you got to wake up please
youuuuu got tooo
(wake up africa wake up and stop blaming)
blaming ha ha ha
open yours eyes your eyes
stand up and riise
road block oh life penalty
wake up...

samedi 6 décembre 2008

Obamatopia

Je sais, c'est un peu exagéré, mais c'est drôle.

Ce qui est moins amusant, ce sont les références suivantes:

Obama Doesn't Plan to End the Iraq Occupation
Rollback on Torture? Not So Easy for Obama

Ses nominations au prochain cabinet ne plaisent pas tellement à la masse de ses fidèles partisans non plus: Emanuel, Gates, Jones, Clinton,Napolitano... Cela fait beaucoup de chevaux rétifs à maîtriser. Mais, peut-être qu'Obama, lui, le peut.

vendredi 5 décembre 2008

La pitié

Quelle tristesse ! Il est vrai que Stéphane Dion n'est pas un homme très aimable ni sympathique. Il a donné sa vie pour le Canada. Il est prêt à servir son pays «nuit et jour», «comme toujours».

Mais cela n'a pas de sens de voir comment tout le monde le rejette, les Québécois au premier chef, bien sûr, mais aussi ses amis et compatriotes Canadiens. Tous les commentateurs, et même les animateurs «neutres et objectifs», en parlent ouvertement comme d'un lamentable échec, un poids mort qui enlève toute crédibilité à quelque projet que ce soit.

Et le plus triste, c'est que Stéphane Dion ne le voit pas. Il poursuit sa démarche titubante comme un zombi qui ne sait pas qu'il est mort.

Je l'ai déjà détesté. Maintenant, je ne le peux plus. J'ai pitié.

mardi 2 décembre 2008

Eh Canada, quo vadis ?


Ainsi que je le disais, le cerveau limbique choisit et le néocortex justifie.

La chose est évidente au Parti québécois depuis longtemps. Je n'ai pas de lien hypertexte pour donner un exemple, et je n'en ai pas besoin. Depuis le temps que j'ai choisi le Québec et que je me cherche des arguments rationnels pour maintenir ce choix, je sais comment cela fonctionne.

La crise au Parti socialiste français est un bon exemple. Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon ont gagné contre Ségolène Royal par 102 voix auprès de plus de 130 000 militants. Derrière Martine Aubry la bien née, fille de Jacques Delors, un des chefs de file qui ont bâti l'Europe, se profilent les «éléphants» qui visent la candidature à la présidence en 2012. Les luttes sont discrètes et féroces. Mais tous ces gens sont fondamentalement des socialistes. On aime plus ou moins la tête de l'un ou la robe de l'autre, et on s'invente plein d'arguments songés et rationnels pour justifier ses choix. Boulechite. C'est le cerveau limbique qui choisit. Au PS, on n'aime pas les rouleaux compresseurs, il fallait écarter Royal, même s'il faut pour cela supporter la férule de Sarkozy.

Le régime parlementaire britannique du Canada vit actuellement une crise qui s'explique aussi par la même théorie. On parlera encore de cette crise dans les chaumières canadiennes dans cent ans, si les humains se rendent jusque-là. Elle fournira de la jurisprudence aux manuels juridiques traitant de constitution dans les différents régimes parlementaires issus de la colonisation britannique. Les superlatifs pour qualifier la situation où se retrouvent les partis politiques canadiens abondent: «putsch», «coup d'État», «dictature», «trahison», «imposture». Nous n'en ajouterons pas, la cour est pleine.

Le gouvernement conservateur minoritaire présente, fin novembre, un «énonçé économique» qui annonce quelques mesures qu'il entend prendre en attendant le dépôt du budget en février. Au Canada, la crise financière n'est pas aiguë. Le système bancaire se tient debout, les secteurs manufacturiers et forestiers chancellent, mais la création nette d'emplois est positive pour 2008. Il faut faire quelque chose, mais l'idée n'est pas mauvaise de voir venir pour s'ajuster à ce que les États-Unis vont faire. Jusque-là, tout baigne.

Mais Stephen Harper a la mauvaise idée de couper dans son énoncé économique le budget de financement des partis politiques, une misérable économie de 28 millions de dollars sur le budget global du Canada, soit 220 milliards de dollars, lequel, en passant, n'est qu'à peu près le tiers du budget du Pentagone.

La réaction des 3 partis est si vive qu'ils décident en quelques jours de former une coalition pour défaire le gouvernement en chambre et se répartir les ministères pour gouverner sans se faire élire, si la représentante de la reine de Grande-Bretagne le veut bien. Ces mêmes partis avalent les couleuvres de Harper depuis 2 ans sans réagir. Mais à l'annonce de la coupure de financement des partis, le cerveau limbique des députés s'est mis en marche pour rejeter Harper. Et depuis, on cherche et on trouve toutes sortes d'arguments «rationnels» pour justifier une coalition aussi bizarre que ridicule.

Harper a retiré son projet de couper les subventions aux partis, mais comme ces derniers affirmaient que la coupure n'y était pour rien et que leur raisons pour prendre le pouvoir étaient plus nobles, ils se voient forcés de poursuivre leur démarche de coalition.

Le suspense est palpitant. Harper, Dion, Duceppe, Layton et Michaëlle Jean dansent un set carré endiablé pendant que Leblanc, Ignatieff et Rae sont assis sur les bancs à côté de la piste de danse, et que Chrétien discute au bar avec Broadbent. Il n'y a pas longtemps, les commentateurs s'émerveillaient des splendeurs de la «politique-spectacle» des Américains. Il y a aussi de quoi s'amuser au nord du 45ème.
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photo: Remembrance Day, par preciouskhyatt.