mercredi 26 novembre 2008

iPub

iPub= idée pour un blogue.

Il me vient parfois des illuminations, des idées, toutes croches et requérant beaucoup de recherche pour être correctement exprimées. Ce sont des iPubs. Mais si je ne les note pas immédiatement, elles se perdent à jamais. Voici des exemples d'iPubs.

J'hallucine de voir la quantité de commentateurs qui n'ont jamais écrit contre les lubies de Bush et qui, depuis l'élection d'Obama, ne trouvent pas assez de mots pour qualifier l'ineptie de «W».

Cela me déstabilise de voir la quantité de gens qui auraient souhaité un débat rationnel hier, sans esclandre, feutré, poli, entre Charest, Dumont et Marois. Et de lire la quantité de gens qui souhaitaient des exposés honnêtes, sans charriage, sans exgération, basés sur des statistiques faisant l'unanimité... Dans quel monde vivent-ils, ces gens qui souhaitaient un débat rationnel ? Le choix du monde ordinaire se porte sur les leaders qui survivent au chaos.

Les mesures contre la crise financière et la crise économique appréhendées: 700 milliards de dollars par ici, 500 milliards de dollars par là, et 300 milliards de dollars par ailleurs, et encore 700 milliards de dollars pour untel, et 50 milliards de dollars pour unetelle. Avez-vous idée de ce qu'est un milliard de dollars ? Qui va financer cette boulimie interventionniste ?
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illustration: Publishing Technology.

lundi 24 novembre 2008

Money Talks


Il y a quelques jours, essayant de me placer dans la peau d'un bon américain moyen, je me suis demandé comment Obama pourrait faire le bien et éviter le mal pendant son mandat. Et curieusement, j'ai vu deux petites lumières au bout du tunnel de mon ignorance.

L'une provenait de Paul Craig Roberts, ancien sous-secrétaire d’état au trésor sous Ronald Reagan. «Supply-sider» impénitent, il croit toujours que l'état doit réduire les impôts pour les riches, de façon à ce que ceux-ci investissent davantage dans la production de biens et services, ce qui ferait tomber les prix et créerait plus d'emplois. Mais à part ce vice fondamental de la pensée, il lui arrive d'avoir des éclairs qui cernent bien les problèmes.

L'autre petite lumière venait de Nathalie Elgrably, chroniqueuse au Journal de Montréal. Je la connais très peu. Elle était (ou est encore ?) chercheuse associée à l'Institut économique de Montréal, elle est maintenant chargée de formation à l'Institut d'économie appliquée des HEC. Je ne peux pas dire qu'elle est libertarienne ou néo-libérale, mais elle annonce toujours des désastres quand l'état se mêle d'intervenir dans la vie économique. Mais à part ce vice fondamental de la pensée. il lui arrive d'avoir des éclairs qui cernent bien les problèmes.

Nathalie Elgrably souligne dans une chronique un point que peu de gens connaissent: «Le dimanche 9 novembre, la Chine a annoncé un plan de relance budgétaire de 586 milliards de dollars américains jusqu'à la fin de 2010 afin de stimuler la demande intérieure et de remédier ainsi au ralentissement économique et à la stagnation de ses exportations provoqués par la crise financière mondiale.»

Madame Elgrably explique par la suite que le gouvernement chinois dispose de plus de 1 500 milliards de dollars en devises américaines, surtout des bons du trésor. Pourquoi le gouvernement chinois financerait-il son plan de relance avec des hausses d'impôt, ou des emprunts, ou en imprimant de l'argent quand il dispose d'une telle somme en devises américaines, payable sur demande ? Et que va-t-il arriver aux États-Unis quand le trésor américain, déjà en grandes difficultés, devra rembourser les Chinois ?

De son côté, Paul Craig Roberts constate que le gouvernement américain dispose de très peu de marge de manoeuvre pour se sortir de la crise économique qui s'amorce. Hausser le impôts pendant que le chômage monte en flèche n'est pas une bonne idée. Les taux d'intérêts réels sont presqu'à zéro, donc on ne peut plus les baisser. Le déficit est énorme et on ne peut plus l'augmenter avec des programmes d'infrastructures ou des mesures sociales, qui d'ailleurs seraient financés par des bons du trésor achetés, peut-être, par les Chinois ou les Japonais. Mais même cela n'est plus certain. La Chine a déjà manifesté son désir de diversifier les devises étrangères qu'elle détient. Et si la voie de l'emprunt est fermée au gouvernement américain, il lui faudra imprimer de la monnaie, ce qui va causer de l'inflation.

Alors que faire ? Paul Craig Roberts ne voit plus qu'une issue: sabrer dans le budget militaire annuel de 600 milliards de dollars. Voilà une occasion qu'Obama pourrait saisir: « My fellow Americans, the wars are over !» Cela ne serait-il pas faire le bien et éviter le mal, tout en instituant une mesure de conservatisme fiscal de bon aloi ?
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photo: Money talks, par akhater.

samedi 22 novembre 2008

Je choisis


C'est à dessein que j'ai terminé le blogue d'hier sur une pirouette. Malgré tous les discours sur la chose, il reste que voter, c'est faire un choix. Et choisir les Jets de New York n'est pas fondamentalement différent du fait de choisir Pauline Marois. Le cerveau limbique se met en marche, fait jouer ses petits mécanismes, les hormones, les émotions, la mémoire et les habitudes pour finalement déterminer ce qu'il préfère. Puis, dépendamment de son niveau de culture et de la puissance de son néocortex, l'individu détenteur du cerveau en question annonce avec forces arguments, ou jurons, ou grognements indistincts, son choix final.

Les explications rationnelles ne déterminent pas le choix, elles en sont la conséquence.

Il en est de même pour ceux qui ne votent pas. Il y a ceux qui ne savent même pas qu'il y a des élections. Il y a ceux qui restent à la maison le jour du vote en pestant contre les taxes. Il y a ceux qui trouvent qu'il y a trop d'élections. Puis il y a Marie-France Bazzo, dont le puissant néocortex a assimilé tout un tas d'éléments culturels, qui nous offre ce beau papier: «Pourquoi je ne voterai pas». C'est, en résumé, parce que nous sommes une foule sentimentale et que nous avons soif d'idéal. J'aime bien.

En tous cas, c'est mieux que les grognements indistincts de Pierre Foglia: «Je ne vote même pas. Anyway, si je votais, je voterais Mario.»


Nouvelles brèves


--- Les médias québécois ont lu au 1er degré le communiqué de Jean Charest déclenchant les élections provinciales: «Le Québec a besoin d'un gouvernement majoritaire pour passer à travers la crise qui s'en vient». Il aurait fallu lire: «J'ai besoin d'une majorité au parlement pour survivre au mécontentement populaire causé par la crise qui s'en vient».

--- Martine Aubry obtient une majorité de 30 voix auprès des 134 784 militants du Parti socialiste français qui ont voté. Le parti hésite à se renouveler. Les militants socialistes me font penser aux Québécois lors du référendum de 1995.

--- La militariste Clinton va mettre en oeuvre la politique militariste d'Obama. Je plains les ministres des affaires étrangères de la planète qui auront à négocier avec elle...

--- Las Vegas favorise les Titans pour gagner aux dépends des Jets, mais les trois experts en football de La Presse favorisent les Jets. Quand je vous disais que c'est le cerveau limbique qui choisit...
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illustration: carte du cerveau humain, par l'Université d'Indiana.

vendredi 21 novembre 2008

Je vote


Je vote Ségolène Royal pour son charisme et son aplomb lors du débat avec Sarkozy. Et aussi parce que Jospin la déteste et l'a toujours prise «pour une gourde». Hier, le résultat de l'élection à la «chefferie» du Parti socialiste français a été:
° Ségolène Royal: 42,45%
° Martine Aubry: 34,73%
° Benoît Hamon: 22,83% .
Hamon a demandé à ses partisans de reporter leurs votes sur Aubry, aujourd'hui. Nous verrons.

Je vote Pauline Marois pour sa longue expérience et son aplomb lorsqu'elle envoie promener les «purzédurs», ce que peu de leaders péquistes ont osé faire. Et aussi parce que tout ce que Jacques Parizeau a trouvé à dire d'elle, c'est qu'elle était «persistante», ce qui n'est pas une qualité, en politique. Un mal de dent peut être persistant, et non pas persévérant.

Je trouve drôle de voir ces vieux bonzes qui ont mené leurs partis au désastre se prononcer sur ceux qui vont peut-être réussir là où ils ont échoué. Ceci dit, le reste de l'intervention de «Monsieur» à TLMP était fort intéressante, surtout quand il soulignait, alors que tous les pays du G20 ont décidé d'intervenir dans leurs économies, que Jean Charest continue de refuser de se servir du levier financier des Québécois: la Caisse de dépôt.

Et, comble du ridicule, Jean Charest ne bronche toujours pas aujourd'hui, alors qu'on apprend que le PDG de la Caisse est en congé de maladie et que 10 gestionnaires de haut niveau ont été congédiés. «Qu'il y ait des changements au niveau de l'organisation, c'est normal», dit-il.

Je ne vote pas Jean Charest.

Je n'ai pas voté Obama. Je ne croyais pas ce dernier capable de faire un vrai virage en politique internationale. Je ne croyais pas non plus le peuple américain capable de voter pour un noir. Mais oui, il en est capable, je me suis trompé là-dessus. Mais ce noir sera-t-il capable même seulement de ralentir la montée du militarisme et du fascisme en Amérique ? Notons que c'est Nixon qui a ouvert le dialogue avec la Chine communiste et que c'est ce vieux Texan de Johnson qui a mis en place la «Great Society» pour contrer le racisme et la pauvreté.

Je n'ai pas voté Obama. Je ne peux pas non plus faire semblant que je suis heureux de son élection. Il y a encore 48 millions d'Américains qui ont voté pour Palin, la créationniste. Ils n'ont pas encore compris. Cela leur aurait pris au moins encore 8 ans de gouvernance républicaine pour commencer à ouvrir les yeux. Enfin...

Mais j'entrevois des occasions qu'Obama pourra saisir pour faire le bien et éviter le mal. Je reviendrai là-dessus.

Enfin, je vote aussi pour les Jets de New York qui affronteront les Titans du Tennessee dans un match de la NFL, dimanche prochain. Ce serait trop bon de voir le vieux Favre sauter de joie pour des touchés et mettre fin à la série de victoires de ces ploucs républicains.
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photo par Myki Roventine. (Désolé Myki, je sais que ce n'est pas ta meilleure photo, mais...)

jeudi 20 novembre 2008

Cherchez l'erreur