Ce raccourci historique est fascinant:
D'autres raccourcis se retrouvent sur le site Maps of War.
mercredi 30 juillet 2008
dimanche 27 juillet 2008
Obama, «The One»

Minizylag est déçu, déçu, déçu.
Le blogueur intello croyait avoir trouvé les justifications rationnelles de la montée de Barack Obama dans un texte sophistiqué rédigé par un consultant politique américain. Ce dernier annonçait le début de l'ère post-politique. Avouez qu'en ce siècle post-industriel marqué par le post-modernisme, cela fait vachement songé.
Mais, ne voilà-t-il pas que Noam Chomsky, dans une entrevue de mai 2008 , mais publiée seulement le 25 juillet, nous dit les mêmes choses que Steve, que Gore Vidal, que Zylag, que le professeur Tremblay, que Minizylag, que le consultant américain: les États-Unis sont une ploutocratie dirigée alternativement par les rudes (stupides) Républicains et par les gentils (rusés) Démocrates qui maintiennent le peuple américain dans la sujétion par la politique-spectacle pratiquée dans les médias de masse.
Minizylag est déçu. C'est très embêtant que tous ces intervenants fassent du «Chomsky» sans le savoir. Dès que vous dites «Chomsky», la plupart des bien-pensants décrochent. Chomsky, Chomsky, Chomsky, vous ne trouvez pas que cela fait un peu russe ? Enfin, la vérité est la vérité, d'où qu'elle vienne.
Je terminais mon précédent blogue par cette phrase:
Le blogueur intello croyait avoir trouvé les justifications rationnelles de la montée de Barack Obama dans un texte sophistiqué rédigé par un consultant politique américain. Ce dernier annonçait le début de l'ère post-politique. Avouez qu'en ce siècle post-industriel marqué par le post-modernisme, cela fait vachement songé.
Mais, ne voilà-t-il pas que Noam Chomsky, dans une entrevue de mai 2008 , mais publiée seulement le 25 juillet, nous dit les mêmes choses que Steve, que Gore Vidal, que Zylag, que le professeur Tremblay, que Minizylag, que le consultant américain: les États-Unis sont une ploutocratie dirigée alternativement par les rudes (stupides) Républicains et par les gentils (rusés) Démocrates qui maintiennent le peuple américain dans la sujétion par la politique-spectacle pratiquée dans les médias de masse.
Minizylag est déçu. C'est très embêtant que tous ces intervenants fassent du «Chomsky» sans le savoir. Dès que vous dites «Chomsky», la plupart des bien-pensants décrochent. Chomsky, Chomsky, Chomsky, vous ne trouvez pas que cela fait un peu russe ? Enfin, la vérité est la vérité, d'où qu'elle vienne.
Je terminais mon précédent blogue par cette phrase:
Encore un autre auteur qui écrit exactement comme si la démocratie américaine était conduite par les riches et pour les riches. Et c'est un consultant politique de haut niveau qui le dit. Comme si, en fait, c'était une ploutocratie. Cela va finir par se savoir. Et si les Américains l'apprenaient...
Chomsky nous le dit trois fois dans l'interview rapportée plus haut: le peuple américain le sait déjà:
Lors de la dernière élection, en 2004, la plupart des électeurs de Bush se trompaient sur ses positions sur des sujets importants – pas parce qu’ils sont stupides ou qu’ils ne s’y intéressent pas, mais parce que les élections ne sont qu’un système de marketing commercial. Cette société est dirigée comme une entreprise : on commercialise des biens de consommation, on commercialise des candidats. Le public en est la victime, et il le sait. C’est pourquoi 80% de la population pense, avec plus ou moins de justesse, que le pays est dirigé par quelques gros qui ne servent que leurs propres intérêts. Les gens ne se font donc pas d’illusions, c’est juste qu’ils ne voient pas d’alternatives. (N. S.)
Chomsky commente aussi la candidature d'Obama dans la même veine que les intervenants mentionnés plus haut, mais rappelons-le, deux mois plus tôt:
... je crois que le phénomène Obama reflète la désaffection de la population que l’on retrouve dans les sondages : 80 % pensent que le pays est dirigé par une poignée de gros intérêts. Obama annonce qu’il va tout changer, mais il ne donne aucun élément précis pour indiquer en quoi consistera le changement. En fait, les institutions financières, qui sont ses principaux bailleurs de fonds, trouvent qu’il est très bien. Il n’y a donc aucune indication de changement. (...)
L’administration Bush a reçu aussi beaucoup de critiques pour son extrémisme, pour ne pas dire son nationalisme radical extrémiste, et McCain est probablement sur les mêmes positions. Obama reviendra très probablement à une politique de centre-droite, comme l’administration Clinton.
En tant que tel, la doctrine de Bush, celle de la guerre préventive – vous savez, le mépris non dissimulé envers nos alliés, etc – est un exemple intéressant. Cependant, cette doctrine n’était pas une nouveauté. Celle de Clinton était encore pire, littéralement. La doctrine officielle de Clinton était que les Etats-Unis avait le droit de recourir à la force pour protéger leurs accès aux marchés et aux ressources naturelles et ça, ça va plus loin que la doctrine de Bush. Mais l’administration de Clinton l’a présenté poliment, posément, d’une manière qui préservait les relations avec nos alliés. Les Européens ne pouvaient pas faire semblant de ne pas comprendre. Ils avaient évidemment compris et même, probablement, les dirigeants européens l’approuvaient. Mais l’arrogance, le culot, l’extrémisme et l’ultranationalisme de l’administration Bush a offensé le centre des classes dominantes aux Etats-Unis et en Europe. Il y a donc des manières plus polies pour mener la même politique. (N. S.)
Voilà. Vous qui entrez dans la deuxième décennie de ce siècle, vous qui avez cru aux aurores radieuses qu'annonçait la fin de la Guerre froide, vous qui croyez encore aux princes charmants de la politique et qui espérez parce que vous aimez l'espoir, rappelez-vous les paroles de Dante:
Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate !
Pour ma part, ce sera probablement mon dernier commentaire sur Obama pour un bon bout de temps. Tout lasse, on le sait. Je rappelle ma prédiction: McCain par un nez, because Diebolt, because les entourloupettes, because «l'effet Bradley», etc. Les lumières de la rectitude politique ne pénètrent pas dans la solitude de l'isoloir.
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photo: Noam Chomsky, auteur inconnu.
jeudi 24 juillet 2008
Minizylag récidive
Je parlais l'autre jour d'un article du professeur Rodrigue Tremblay qui nous expliquait qu'il n'y avait pas lieu de s'attendre à de grands changements avec l'éventuelle arrivée au pouvoir de Barack Obama. Violations de la constitution, écoutes électroniques illégales, financement des activités religieuses, déni de l'énergie nucléaire à l'Iran, maintien du budget militaire à un niveau stratosphérique sont tous au programme de l'élégant charmeur de serpents. Obama s'apprête à faire subir la même chose que Bush au reste du monde, mais avec de la vaseline. C'est en gros pourquoi M. Tremblay conclut que «Sen. Obama may be a better alternative than Sen. McCain».Pour sa part, Minizylag vient de trouver un article vachement songé qui explique, lui, pourquoi Obama doit conserver le programme de Bush s'il veut se faire élire. L'article nous parvient par l'intermédiaire de Joe Bageant et il a été écrit par un consultant politique américain de haut niveau qui travaille pour les deux partis, d'où l'anonymat de l'auteur.
Le consultant anonyme constate d'abord qu'il était impossible au départ de la course à l'investiture démocrate de prédire qu'un jeune sénateur noir allait l'emporter sur l'expérimentée Hillary Clinton, laquelle avait l'appui de son populaire mari et des bonzes du parti. On a par la suite expliqué le résultat de la course par la manière dont les deux candidats ont mené campagne. Hillary a fait des faux pas et elle avait voté pour la guerre en Irak en 2002. Barack a mené une campagne innovatrice et inspirante qui a attiré beaucoup de jeunes et de nouveaux venus en politique.
Le consultant concède que c'est en partie vrai, mais cela laisse dans l'ombre les changements sociaux de base qui ont rendu possible la campagne et le succès d'Obama:
The underlying social change that led to the Obama victory is the unprecedented extent to which the narrative of popular consumer culture, and the media that drives it, has become the dominant influence on how Americans think, formulate their ideas and understand the world around them.Minizylag se demande si l'espoir est encore possible en politique quand les consultants de haut niveau, ceux qui recommandent les slogans, les textes des discours, les gestes médiatiques à poser, quand ces gens-là, dis-je, intègrent à leur système de pensée et d'action le cynisme et la lucidité de ceux qui ne croient plus en la politique, et qu'en plus, cela fonctionne bien pour eux.
The most important result of this process has been the steady and consistent depoliticization of American society, to an extent that we can make the case that we are living at the dawn of the post political age.
Le changement social de base qui a conduit à la victoire d'Obama, c'est la dimension sans précédente avec laquelle le narratif de la culture populaire de consommation, et les médias qui le soutiennent, est devenu le facteur dominant en vertu duquel les Américains pensent, formulent leurs idées et comprennent le monde qui les entoure.
Le résultat le plus important de ce processus, c'est la dépolitisation graduelle et inexorable de la société américaine, au point où l'on peut affirmer que nous vivons à l'aube d'une ère post-politique. (Notre traduction)
L'auteur poursuit:
The two primary features of the post political age are a politics completely drained of all its contents and ability or willingness to be used as an agent of change in social or economic policy, and its full integrations into the world of American popular, consumer and entertainment culture. To such an extent that there exists today a seamless web between our political, economic, media and consumer cultures wherein the modes and values of one are completely integrated and compatible with the others.Le consultant anonyme conclut que les gestionnaires de la campagne d'Obama ont mieux compris et utilisé ces réalités en ne misant pas sur le contenu mais sur des gadgets de communication et des nouvelles technologies. Obama lui-même est devenu non pas un acteur politique, mais un produit qui aide ses partisans à se sentir mieux, qui leur donne satisfaction.
Il y a deux principales caractéristiques à l'ère post-politique. La première, c'est que la politique est complètement vidée de son contenu, ainsi que de sa capacité ou de sa volonté de servir d'agent de changement dans le domaine social ou économique. La deuxième, c'est l'intégration complète de la politique dans le monde de la culture populaire de la consommation et du divertissement. C'est au point où il existe aujourd'hui une toile tissée serrée entre les cultures véhiculées par la politique, l'économie, les médias et la consommation, au sein de laquelle les modes et les valeurs de l'un sont complètement intégrées et compatibles avec celles des autres. (N. T.)
Barack Obama is in short order a far more reassuring prospect for the continued dominance of the financial elite than another four years of neo-conservative rule which in an almost historically unique combination of greed, ill will, incompetence and stupidity have brought the country to the edge of disaster.Mais qu'est-ce qu'ils ont tous ? se demande Minizylag. Encore un autre auteur qui écrit exactement comme si la démocratie américaine était conduite par les riches et pour les riches. Et c'est un consultant politique de haut niveau qui le dit. Comme si, en fait, c'était une ploutocratie. Cela va finir par se savoir. Et si les Américains l'apprenaient...
Audacity yes, change hardly.
À court terme, Barack Obama est de loin le meilleur candidat pouvant assurer la domination de l'élite financière, beaucoup mieux que quatre autres années de gouvernance néo-conservatrice laquelle, dans le cadre d'une alliance historiquement presqu'unique de cupidité, de mauvaise foi, d'incompétence et de stupidité, a conduit le pays au bord du désastre.
De l'audace, oui, du changement, à peine. (N. T.)
lundi 21 juillet 2008
Sur la honte

Quelques esprits chagrins n'ont pas apprécié que les citadins habitant la ville de Québec invitent un artiste britannique pour fêter le 400 ème anniversaire de la fondation de leur agglomération. La nouvelle de cette modeste critique a fait le tour du monde. Et, encore là, il s'est trouvé des gens pour répéter le mantra des éternels perdants:
Tenez, c'est comme en Papouasie. Là-bas, il y a des papous papa et des papous pas papa. Mais chez les papous il y a aussi des poux, donc chez les papous y'a des papous papa à poux, des papous papa pas à poux, des papous pas papa à poux et des papous pas papa pas à poux. Chez les poux il y a des poux papa et des poux pas papa. Mais chez les papous, il y a des papous papa à poux papa...
Tenez, c'est comme la droite et la gauche. À l'intérieur d'un mouvement de gauche ou à l'intérieur d'un mouvement de droite, il y a une gauche et une droite. Il y a la droite de la droite et la gauche de la droite. Il y a la droite de la gauche et la gauche de la gauche. Dans la droite de la droite, il y a la droite et il y a la gauche et dans la gauche de la droite, il y a la droite et il y a la gauche...
Tenez, c'est comme les pacifismes. Il y a le pacifisme idéaliste, le pacifisme idéologique, le pacifisme humanitaire, le pacifisme politique, le pacifisme diplomatique, le pacifisme moral, le pacifisme réaliste et le pacifisme opportuniste, sans compter toute autre forme de pacifisme que l'on pourra inventer dans l'avenir selon les nécessités du moment...
Alors, c'est un peu le cas aussi pour les divers nationalismes qui fleurissent dans le terreau de notre société riche et diversifiée. Je peux m'accommoder assez bien du nationalisme grinçant de Falardeau, du nationalisme vieillot de Michaud, du nationalisme ronflant de Landry, du nationalisme civique de Boisclair, du nationalisme frileux de Bock-Côté, etc. Et même, je l'avoue, le nationalisme cauteleux de Denis Coderre, fier Québécois et fier Canadien, arrive à me faire sourire.
Mais s'il vous plait, de grâce, n'ayez plus honte d'être Québécois, et n'ayez pas même honte de ces Québécois qui ont honte d'être Québécois.
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photo: Honte, par Tleilaxus.
J'ai honte d'être Québécois ! (ici) (ici) et (ici), et enfin, (ici).Je crois au contraire qu'il n'y a pas lieu de s'exciter pour ce nouveau témoignage de la socio-diversité du nationalisme québécois. Il y a des nationalismes québécois de toutes les sortes, vous savez.
Tenez, c'est comme en Papouasie. Là-bas, il y a des papous papa et des papous pas papa. Mais chez les papous il y a aussi des poux, donc chez les papous y'a des papous papa à poux, des papous papa pas à poux, des papous pas papa à poux et des papous pas papa pas à poux. Chez les poux il y a des poux papa et des poux pas papa. Mais chez les papous, il y a des papous papa à poux papa...
Tenez, c'est comme la droite et la gauche. À l'intérieur d'un mouvement de gauche ou à l'intérieur d'un mouvement de droite, il y a une gauche et une droite. Il y a la droite de la droite et la gauche de la droite. Il y a la droite de la gauche et la gauche de la gauche. Dans la droite de la droite, il y a la droite et il y a la gauche et dans la gauche de la droite, il y a la droite et il y a la gauche...
Tenez, c'est comme les pacifismes. Il y a le pacifisme idéaliste, le pacifisme idéologique, le pacifisme humanitaire, le pacifisme politique, le pacifisme diplomatique, le pacifisme moral, le pacifisme réaliste et le pacifisme opportuniste, sans compter toute autre forme de pacifisme que l'on pourra inventer dans l'avenir selon les nécessités du moment...
Alors, c'est un peu le cas aussi pour les divers nationalismes qui fleurissent dans le terreau de notre société riche et diversifiée. Je peux m'accommoder assez bien du nationalisme grinçant de Falardeau, du nationalisme vieillot de Michaud, du nationalisme ronflant de Landry, du nationalisme civique de Boisclair, du nationalisme frileux de Bock-Côté, etc. Et même, je l'avoue, le nationalisme cauteleux de Denis Coderre, fier Québécois et fier Canadien, arrive à me faire sourire.
Mais s'il vous plait, de grâce, n'ayez plus honte d'être Québécois, et n'ayez pas même honte de ces Québécois qui ont honte d'être Québécois.
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photo: Honte, par Tleilaxus.
vendredi 11 juillet 2008
Berlusconi n'est pas content

Je vous assure que je ne fais pas exprès. Je ne suis pas obsédé par la ploutocratie ni par les ploutocrates. Seule l'actualité guide mon blogue de ce matin.
La Maison Blanche donne aux journalistes qui accompagnent le président des notes biographiques sur les participants du G8, de façon à faciliter leur travail. Le Corriere de la Serra rapporte que les notes données aux journalistes américains sur le président Berlusconi sont carrément insultantes:
La Maison Blanche donne aux journalistes qui accompagnent le président des notes biographiques sur les participants du G8, de façon à faciliter leur travail. Le Corriere de la Serra rapporte que les notes données aux journalistes américains sur le président Berlusconi sont carrément insultantes:
«un des dirigeants les plus controversés de l’histoire d’un pays connu pour ses vices et sa corruption»(...) «Homme d’affaires aux gigantesques holdings et à la grande influence dans les médias internationaux», (...)considéré «par beaucoup comme un dilettante de la politique qui n’a obtenu son poste que grâce à sa considérable influence dans les médias nationaux», (...)«forcé à quitter le pouvoir en 2006», (...)«détesté par beaucoup mais respecté par tous, au moins pour son style personnel et sa force de caractère, Berlusconi a construit grâce à son sens des affaires et à son influence un empire personnel qu’il a utilisé comme tremplin pour diriger le gouvernement le plus long de l’histoire de l’Italie et devenir l’homme le plus riche du pays.»
Je reviens à mon vieux «petit Robert»: Ploutocrate, n.m. Personnage très riche qui exerce par son argent une influence politique. Plus j'y pense, la Maison Blanche vient de dire sans le dire que Berlusconi est le parfait ploutocrate. Mais, c'est que c'est très insultant, tout ça.
L'ambassade d'Italie à Washington proteste. La Maison Blanche s'excuse. Libération raconte que le porte-parole de la Maison Blanche a fourni cette explication:
L'ambassade d'Italie à Washington proteste. La Maison Blanche s'excuse. Libération raconte que le porte-parole de la Maison Blanche a fourni cette explication:
«quelqu’un est allé sur Internet, y a pris des biographies et ne les a pas lues. Personne ne les a lues avant qu’elles ne soient mises dans la brochure. On a supposé qu’elles étaient de source respectable».
Rappelons que le gouvernement américain dispose de 16 agences de renseignement qui lui coûtent littéralement des milliards de dollars. Ce recherchiste de la Maison Blanche qui fouille sur le Net, ce doit être le même qui avait trouvé des armes de destruction massive en Irak...
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photo: Bellaciao.
lundi 7 juillet 2008
L'effet Bradley

En 1982, le maire démocrate de Los Angeles, l'afro-américain Tom Bradley, se présente au poste de gouverneur de la Californie. Il est en avance dans les sondages pendant la campagne mais il perd par une faible marge. Des études fines démontrent qu'un plus faible pourcentage d'électeurs blancs que prévu ont voté pour lui. De plus, une plus forte proportion d'électeurs indécis que normalement sont allés chez son opposant républicain. Des chercheurs ont posé l'hypothèse que les sondages ont été biaisés par les répondants qui affirmaient vouloir voter pour Bradley (ou être indécis) par peur de passer pour des racistes. Cette hypothèse a reçu le nom d' effet Bradley.
Plusieurs autres cas sont documentés. Harold Washinton qui voulait être maire de Chicago en 1983 a gagné son élection de justesse après avoir mené par 14 points dans les sondages. Si l' effet Bradley se vérifie dans les luttes électorales entre blancs et noirs aux États-Unis, les Américains ne sont pas les seuls à fausser les sondages pour éviter de passer pour des racistes et avoir l'air politiquement correct. Les Canadiens connaissent cela aussi.
En 1976, Flora MacDonald se présente à la chefferie du Parti progressiste-conservateur. Il y a lors du vote un tel écart entre les sondages et le résultat final que les commentateurs parlent d'un Flora syndrome. Les personnes sondées ont eu peur d'avoir l'air sexistes et disaient vouloir voter pour Flora. À leurs yeux, avouer ne pas vouloir voter pour cette femme-là, c'était avouer de ne pas vouloir voter pour une femme. Mais les Canadiens ne sont pas les seuls à fausser les sondages pour avoir l'air politiquement correct. Les Québécois connaissent cela aussi.
Plusieurs autres cas sont documentés. Harold Washinton qui voulait être maire de Chicago en 1983 a gagné son élection de justesse après avoir mené par 14 points dans les sondages. Si l' effet Bradley se vérifie dans les luttes électorales entre blancs et noirs aux États-Unis, les Américains ne sont pas les seuls à fausser les sondages pour éviter de passer pour des racistes et avoir l'air politiquement correct. Les Canadiens connaissent cela aussi.
En 1976, Flora MacDonald se présente à la chefferie du Parti progressiste-conservateur. Il y a lors du vote un tel écart entre les sondages et le résultat final que les commentateurs parlent d'un Flora syndrome. Les personnes sondées ont eu peur d'avoir l'air sexistes et disaient vouloir voter pour Flora. À leurs yeux, avouer ne pas vouloir voter pour cette femme-là, c'était avouer de ne pas vouloir voter pour une femme. Mais les Canadiens ne sont pas les seuls à fausser les sondages pour avoir l'air politiquement correct. Les Québécois connaissent cela aussi.
Le 15 novembre 2005, le Parti québécois élit à la chefferie André Boisclair, un homosexuel déclaré qui admet aussi avoir consommé de la cocaïne. D'août 2006 à janvier 2007, les sondages sur les intentions de vote sont constants: Parti québécois, autour de 38%; Parti libéral, autour de 34%; Action démocratique, autour de 15%. Le jour de l'élection, le 26 mars 2007, le résultat final donne: Parti libéral, 33%; Action démocratique, 31%; Parti québécois, 28%. Le Parti libéral conserve le pouvoir et le Parti québécois perd même son statut d'opposition officielle.
Se faire demander si on allait voter contre le Parti québécois, c'était se faire demander si on était homophobe. Les commentateurs ont trouvé plein de facteurs pour expliquer la déconfiture du Parti québécois, sauf l' effet Boisclair. Mais je crois bien que le désir d'avoir l'air correct politiquement a faussé les sondages.
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samedi 5 juillet 2008
Quelle Obamamania ?
Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate !
Vous qui entrez, perdez tout espoir.
(Dante, La Divine Comédie)
Je ne suis plus seul à parler de la ploutocratie américaine. Le professeur Rodrigue Tremblay, auteur de The New American Empire, vient de publier un article dans son blogue sur les orientations du candidat Obama. Il décrit à quel point les orientations de la politique étrangère d'Obama sont semblables à celle de McCain:
"...[The] “danger from Iran is grave, [and I would] do everything in my power to prevent Iran from obtaining a nuclear weapon - everything. (...) I know that when I visit with AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), I am among friends. Good friends. Friends who share my strong commitment to make sure that the bond between the United States and Israel is unbreakable today, tomorrow, and forever." Sen. Barack Obama, June 4, 2008, before the annual AIPAC Conference, Washington D.C.
Le professeur Tremblay poursuit:
"As of now, it is widely recognized that candidate Obama has begun his official presidential campaign on the wrong foot by disillusioning his own progressive political base by wavering on issues.
Indeed, on June 4, candidate Obama went before the 2008 annual AIPAC conference and mimicked nearly word for word his hawkish Republican opponent, candidate McCain.
In fact, you would not believe from the quotes placed above this article that the two main American presidential candidates are from two different parties, at least, as they position themselves toward AIPAC's political agenda regarding U.S. foreign policy. When it comes to AIPAC, both presidential candidates seem to have the same speechwriters and they behave as if they were members of a common plutocratic one party political system. (N. S.)
They both would not hesitate to bomb Iran and they both are pledging to make the world safe for Israel. One can also expect that neither would refrain from fomenting armed conflicts around the world. Even on some crucial domestic issues, such as government warrantless electronic surveillance, both candidates seem to be in agreement. Indeed, Sen. Obama has sided with the AIPAC-inspired so-called Bush Democrats in approving warrantless surveillance of citizens by the government. On that issue, he has flip-flopped in approving immunity for George W. Bush and the telecom companies who wiretapped American citizens without a warrant before 9/11. Both candidates also rely on rich lobbyists for political advice. (...)
On constitutional matters, Sen. Obama would not be that reluctant in emulating George W. Bush by using public funds to finance church-run activities. Indeed, he even wants to expand tax-financed faith based programs. The American military-industrial complex has also little to fear from an Obama presidency, since Sen. Obama intends to maintain the high level of U.S. military spending.
All this smacks of some improvisation, despondency and an absence of firm ideological commitments on Sen. Obama's part, and this plays into his opponent's charges. But more risky for him, this may persuade some voters that the two main presidential candidates are only marginally different and are controlled by the same plutocratic interests."
(N. S.)
Si on résume la chose, nous aurons une politique étrangère américaine calamiteuse avec McCain parce qu'Obama ne sera pas élu à cause de l'effet Bradley. Et même si Obama est élu, il va poursuivre en gros la politique étrangère de Bush, tout comme McCain.
Vous qui entrez, perdez tout espoir.
(Dante, La Divine Comédie)
Je ne suis plus seul à parler de la ploutocratie américaine. Le professeur Rodrigue Tremblay, auteur de The New American Empire, vient de publier un article dans son blogue sur les orientations du candidat Obama. Il décrit à quel point les orientations de la politique étrangère d'Obama sont semblables à celle de McCain:
"...[The] “danger from Iran is grave, [and I would] do everything in my power to prevent Iran from obtaining a nuclear weapon - everything. (...) I know that when I visit with AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), I am among friends. Good friends. Friends who share my strong commitment to make sure that the bond between the United States and Israel is unbreakable today, tomorrow, and forever." Sen. Barack Obama, June 4, 2008, before the annual AIPAC Conference, Washington D.C.
Le professeur Tremblay poursuit:
"As of now, it is widely recognized that candidate Obama has begun his official presidential campaign on the wrong foot by disillusioning his own progressive political base by wavering on issues.
Indeed, on June 4, candidate Obama went before the 2008 annual AIPAC conference and mimicked nearly word for word his hawkish Republican opponent, candidate McCain.
In fact, you would not believe from the quotes placed above this article that the two main American presidential candidates are from two different parties, at least, as they position themselves toward AIPAC's political agenda regarding U.S. foreign policy. When it comes to AIPAC, both presidential candidates seem to have the same speechwriters and they behave as if they were members of a common plutocratic one party political system. (N. S.)
They both would not hesitate to bomb Iran and they both are pledging to make the world safe for Israel. One can also expect that neither would refrain from fomenting armed conflicts around the world. Even on some crucial domestic issues, such as government warrantless electronic surveillance, both candidates seem to be in agreement. Indeed, Sen. Obama has sided with the AIPAC-inspired so-called Bush Democrats in approving warrantless surveillance of citizens by the government. On that issue, he has flip-flopped in approving immunity for George W. Bush and the telecom companies who wiretapped American citizens without a warrant before 9/11. Both candidates also rely on rich lobbyists for political advice. (...)
On constitutional matters, Sen. Obama would not be that reluctant in emulating George W. Bush by using public funds to finance church-run activities. Indeed, he even wants to expand tax-financed faith based programs. The American military-industrial complex has also little to fear from an Obama presidency, since Sen. Obama intends to maintain the high level of U.S. military spending.
All this smacks of some improvisation, despondency and an absence of firm ideological commitments on Sen. Obama's part, and this plays into his opponent's charges. But more risky for him, this may persuade some voters that the two main presidential candidates are only marginally different and are controlled by the same plutocratic interests."
(N. S.)
Si on résume la chose, nous aurons une politique étrangère américaine calamiteuse avec McCain parce qu'Obama ne sera pas élu à cause de l'effet Bradley. Et même si Obama est élu, il va poursuivre en gros la politique étrangère de Bush, tout comme McCain.
Je comprends le professeur Tremblay de dire que cela se passe comme si le système politique américain était une ploutocratie. Il ne peut pas l'affirmer sans de plus amples preuves car il est un universitaire sérieux. Mais le simple observateur que je suis se fie au vieux dicton: «Si ça marche comme un canard, si ça parle comme un canard... »
Pour paraphraser Dante, vous qui entrez dans la période des élections présidentielles américaines, perdez tout espoir.
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illustration: Museu de Arte Contemporânea. Bernard Buffet: L'Enfer de Dante - Lucifer 1976.
vendredi 4 juillet 2008
Moribund on the 4 th of July

Comment souhaiter bonne fête au peuple américain ?
Ce peuple-là même qui a élu George W. Bush sans savoir qui il était, et qui l'a réélu en sachant qui il était, et qui va le réélire en la personne de John McCain, lequel poursuit sans honte les mêmes politiques que George W. Bush? Bill Clinton vous le crie à demi-mot: les petits blancs, pauvres, frustrés et exploités ne vont pas voter pour un noir instruit, intelligent et cultivé. Et s'il y a un homme politique américain, après F. D. Roosevelt, qui a su faire le lien entre la politique politicienne et le politique, c'est bien Bill Clinton.
Je ne souhaite pas bonne fête au peuple américain. Je souhaite bon courage aux Américains de bonne volonté qui vont poursuivre le combat contre les maîtres de cette ploutocratie belliqueuse et dégoûtante.
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photo: American Bald Eagle, par MCS_flickr.
Je n'en pense pas moins

Je n'allais pas rester indéfiniment sur mon 666 ème blogue. C'était par trop menaçant, apocalyptique, satanique. Enfin, les ados me comprendront, s'il en existe qui me lisent.
Depuis le Grand Dérangement de ma petite tribu, je peinture, je scie, je cloue, je visse, je frotte et je creuse. Je pense aussi, mais surtout de façon à peinturer, scier, clouer, visser, frotter et creuser le moins possible. Et ce n'est pas fini..., j'aurai eu le temps de me rendre à la planète Mars avant que ce ne le soit.
J'ai réinstallé le poteau, la mangeoire et le plateau de graines de maïs pour les oiseaux. Comme mes fenêtres ont un effet miroir dans le jour, le tout se campe à 5 pieds de la fenêtre et les oiseaux abondent sans être gênés par mes regards indiscrets. Ils ne savent pas qu'un humain les regarde. Lorsqu'ils sont malgré tout effrayés par un bruit quelconque, ils se réfugient dans la haie. Il y en a tellement que ma cour est devenue une véritable volière, mais sans filet.
La nouvelle maison est située sur un coin de rue achalandé. Ce ne sont pas tous les gens du 514 qui peuvent en dire autant. Et pourtant, je n'ai jamais eu droit à autant d'intimité. On est chez soi dans toutes les pièces. Devant, personne ne peut stationner son auto parce qu'il y a l'arrêt d'autobus. Et à côté, personne ne peut stationner parce qu'il y a une piste cyclable. Ce qui m'ouvre la porte pour raconter une anecdote lavalloise, car je sais que vous en êtes friands. Il n'y a pas que St-Élie-de-Caxton qui fascine les bougalous.
L'autre jour, alors que j'arrachais des pissenlits en bordure de mon terrain avec mon coupe-racine-pivot-de-pissenlit (ce qu'il ne faut jamais faire, j'en conviens, car les permières plantes de remplacement seront d'autres mauvaises herbes), un quidam arrête son 4x4 près de moi et me demande où sont les glissades d'eau de Ste-Rose. Trois petits garçons passablement écoeurés d'avoir chaud occupent les bancs-arrière. Et le papa semble passablement impatient de trimballer les trois petits garçons écoeurés.
Manque de pot, il n'y a pas, à ma connaissance, de glissade d'eau à Ste-Rose. Les prochaines sont à St-Sauveur, à une demi-heure d'ici. Et c'est là que se situe le drame. Pour me poser cette question, le papa du 4x4 a dû se stationner sur la piste cyclable adjacente à mon terrain. J'imagine qu'en toute bonne foi, depuis qu'il se fait seriner que les automobilistes doivent partager la route avec les cyclistes, le papa pensait qu'il pouvait partager les pistes cyclables avec les adeptes de la bicyclette, le temps de poser une brève question d'information.
Ben non.
Survient un couple de cyclistes. Le mâle du couple à pédales lance au papa du 4x4: "Ké ka fait là là ?" Et la femelle du couple à pédales surenchérit, quelques secondes plus tard (car dans les couples à pédales, les mâles précèdent toujours les femelles, comme en Afghanistan): "Ôte-toé de d'là !" Puis, insaissisables, ils disparurent dans le lacis inextricable des pistes cyclables de Laval.
Je me perdis en conjectures. Car tout peintre, scieur, utilisateur de clous, de vis ou de chiffons que je sois ces jours-ci, je n'en pense pas moins. Je me posai les questions suivantes:
°°° Ce couple, apparemment bien assorti, représente-t-il les boubous modernes qui essaient de perdre quelques kilos en s'achetant des casques ridicules, des chandails serre-seins et des culottes serre-couilles ?
°°° Sont-ce plutôt des anciens automobilistes qui envoyaient les cyclistes dans le décor au temps où c'était la mode d'être épais ?
°°° Doit-on conférer un caractère politique à ce fascisme de la rectitude qui s'exprime par la lutte en faveur de la bicyclette, des rivières du nord, de la lutte anti-tabac, du combat pour la vie et pour la liberté absolue d'entreprendre ?
°°° Où simplement, ne s'agit-il là que du comportement d'un gars de pédale qui se prend pour un gars de bécyk, soutenu par une fille de gars de bécyk ?
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photo: A Lego fish on a Lego bicycle, par oskay.
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