lundi 31 mars 2008

En Inde, enfin !

Aujourd'hui, 31 mars 2008, c'est le 49 ème anniversaire de l'arrivée du Dalaï-Lama en Inde. Chassé de son palais où il régnait sur une théocratie administrée par des lamaseries richement entretenues par des serfs et des esclaves illettrés, il se réfugia dans l'état d'Assam où l'attendaient 7 000 Tibétains déjà exilés. Déguisé en domestique, le Dalaï-Lama avait franchi l'Himalaya à dos de yack pour échapper à l'armée chinoise:




Impossible de reconnaître le Dalaï-Lama dans cette photo-là non plus. Il voyage incognito:



À suivre...
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photos: Les éphémérides d'Alcide.

samedi 29 mars 2008

Young-Hae Chang Heavy Industries

Et maintenant, pour voir et entendre un produit culturel vraiment différent, un peu sud-coréen, un peu américain, très internet, mâtiné de dérision anticommuniste et des rêves de Wilhem Reich, dérangeant, sauf pour qui connaît l'état mystique relié aux extases humaines:


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photo: it was all just, par litherland.

vendredi 28 mars 2008

Les états-nation


J'aime bien placer les choses , les gens et les idées en perspective. Une table, ses chaises, sa maison, sa rue... Moi, ma rue, ma province, mon pays, et ma planète qui file dans l'espace... La poursuite d'un état souverain au Québec, les états-nation, les grands blocs culturels, l'ONU...

Le professeur Jerry Z. Muller de la Catholic University of America a développé une théorie intéressante sur la formation des états-nation. Il rappelle que les Américains, grands partisans du «melting pot» culturel, sont assez peu enclins au nationalisme. Il rappelle aussi un narratif courant à l'effet que les guerres mondiales du XX ème siècle ont été causées par le nationalisme et que depuis, les Européens le rejettent et évoluent vers des organismes de regroupement comme la CEE.

Mais l'auteur nous montre que la réalité est toute autre. Les états européens sont devenus en fait des états-nation où une ethnie très majoritaire contrôle les rênes du pouvoir, sauf la Belgique (au bord de l'éclatement) et la Suisse (où les relations ethniques sont fortement réglementées).

Et il n'y a pas que l'Europe où les forces du nationalisme ont refait la carte du monde au siècle dernier. L'éclatement de l'empire ottoman, de l'empire austro-hongrois, de l'empire britannique, et enfin de l'empire des Romanov et de son successeur, l'Union soviétique, ont donné lieu à des brassages ethniques, des migrations, parfois même des génocides qui ont poussé les groupes humains partageant une même identité culturelle à se regrouper en états-nation. Concrètement, la grande tendance sur la planète n'est pas le regroupement dans des organismes supra-nationaux, mais dans la formation d'états-nation. On vient d'observer la naissance du Kosovo (2 200 000 habitants). Frédérick Lavoie nous parle ce matin des républiques d'Abkhazie (300 000 habitants), d'Ossétie du Sud (70 000 habitants) et de Transdniestrie (533 500 habitants) qui sont sur la liste d'attente.

Il faut rester conscient que l'aspiration de certaines sociétés à la souveraineté peut sembler assez peu réaliste compte tenu de leurs faiblesses économiques. Mais on peut avoir des surprises. La Slovaquie semble s'en tirer. L'Irlande fait des jaloux partout en Europe après des décennies de stagnation. La formation d'états-nation n'est pas un anachronisme désuet et irrationnel:

The rise of ethnonationalism, as the sociologist Ernest Gellner has explained, was not some strange historical mistake; rather, it was propelled by some of the deepest currents of modernity. Military competition between states created a demand for expanded state resources and hence continual economic growth. Economic growth, in turn, depended on mass literacy and easy communication, spurring policies to promote education and a common language -- which led directly to conflicts over language and communal opportunities.

Le professeur Muller conclut ainsi son analyse:

Contemporary social scientists who write about nationalism tend to stress the contingent elements of group identity -- the extent to which national consciousness is culturally and politically manufactured by ideologists and politicians. They regularly invoke Benedict Anderson's concept of "imagined communities," as if demonstrating that nationalism is constructed will rob the concept of its power. It is true, of course, that ethnonational identity is never as natural or ineluctable as nationalists claim. Yet it would be a mistake to think that because nationalism is partly constructed it is therefore fragile or infinitely malleable. Ethnonationalism was not a chance detour in European history: it corresponds to some enduring propensities of the human spirit that are heightened by the process of modern state creation, it is a crucial source of both solidarity and enmity, and in one form or another, it will remain for many generations to come. One can only profit from facing it directly.
En termes simples, plusieurs sociologues critiquent le nationalisme parce que la conscience nationale est le résultat de sa promotion par des idéologues et des politiciens. Et jusqu'à un certain point, c'est vrai. Mais cela n'empêche que le sentiment d'identité nationale correspond à quelque chose de réel dans l'esprit des humains. Il permet la solidarité et des réactions d'auto-défense. Il est là pour rester dans les générations à venir.

Bref, les Québécois qui veulent créer un état-nation ne sont pas des extra-terrestres. Ils ne sont pas des nationalistes étroits enfermés dans des valeurs étriquées. Ils s'inscrivent dans le courant de modernité qui parcourt toute la planète depuis maintenant plus d'un siècle.

mercredi 26 mars 2008

Nettoyages ethniques


Voici une liste partielle des génocides, déportations massives et échanges de populations qui ont jalonné l'histoire des humains depuis le début du XX ème siècle. Nous n'avons retenu que les opérations visant à maintenir ou à créer des états ethniquement homogènes, ce qu'on appelle finalement des nettoyages ethniques.

Les guerres des Balkans (1912-1913)

Près de 500 000 personnes ont dû quitter leurs foyers soit volontairement ou par la force. Les musulmans ont fui les régions contrôlées par la Bulgarie, la Grèce et la Serbie. En Macédoine, les Bulgares ont quitté la partie contrôlée par la Grèce et les Grecs ont laissé la partie cédée aux Bulgares et aux Serbes.

Le génocide arménien (1915-1916)

Près de 1,2 million d'Arméniens vivant en Turquie ont été tués et les autres ont été déportés.

Guerre gréco-turque (1919-1922)

Après la Grande Guerre, la Grèce veut agrandir son territoire et la Turquie riposte. À la fin des hostilités, le traité de Lausanne consacre la déportation de 1,5 million de Grecs de Turquie en Grèce et de 500 000 Turcs de Grèce en Turquie.

Les purges de Staline (1936-1940)

Staline déporte les Polonais de Volhynie orientale. C’est la première déportation ethnique dans l’histoire de l’URSS. Puis d'autres peuples suivront: des Allemands de la Volga aux Tchétchènes en passant par les Tatars de Crimée et les Meskhètes furent déportés vers le Kazakhstan.

Massacres nazis (1939-1945)

°°° Génocide de 6 millions de Juifs.
°°° Des centaines de milliers d'enfants européens "germanisables" furent arrachés à leurs familles et transférés dans les Lebensborn.
°°° Euthanasie de 150 000 handicapés allemands, surtout entre 1939 et 1941.
°°° Extermination de 3 millions de Polonais catholiques.
°°° Extermination de 3 millions de prisonniers de guerre soviétiques dans des camps allemands, de 600 000 dans des camps en Russie et de 1,4 million autres prisonniers soviétiques qu'on a laissés mourir de faim.
°°° Extermination d'environ 220 000 Tziganes.

Migrations allemandes (1945-1948)

Près de 16 millions d'Allemands membres de minorités ethniques dans les pays ravagés par les Nazis sont expulsés en Allemagne. Certaines de ces minorités y vivaient depuis des générations, même des siècles. Entre 1 et 3 millions de personnes sont mortes durant l'exode. De l'avis de plusieurs, il s'agit là de la plus importante migration forcée de toute l'histoire européenne.

Autres migrations à la fin de la guerre 39-45

°°° Près de 220 000 Juifs survivants ont regagné la zone américaine en Allemagne, et de là, sont allés en Israël ou aux États-Unis.
°°° Plusieurs populations sont déportées pour refléter les nouvelles frontières. Environ 1,5 million de Polonais vivant maintenant en Union Soviétique sont renvoyés en Pologne. Près de 500 000 Ukrainiens vivant en Pologne sont déportés en Union Soviétique. Les Slovaques vivant en Hongrie sont envoyés en Tchécoslovaquie et les Magyars de Tchécoslovaquie en Hongrie. Un plus petit nombre de Magyars sont revenus de Yougoslavie pendant qu'on y renvoyait les Serbes et le Croates de Hongrie.

La partition de l'Inde (1947)

À peine devenue indépendante, l'Inde doit se séparer car les musulmans veulent aussi un pays. On forma donc un Pakistan oriental et un Pakistan occidental, tous deux à majorité musulmane. L'Inde constitua le réservoir de la majorité hindoue. Près de 15 millions de personnes se sont déplacées pour vivre dans le pays de leur majorité ethnique et près d'un million sont mortes dans les massacres qui ont accompagné l'exode.

La création de l'état d'Israël (1948)

Dans les territoires sous contrôle israélien, 750 000 Arabes ont quitté pour se disséminer dans les états environnants et 150 000 sont restés en Israël. Près de 500 000 Juifs vivant dans les états avoisinants ont par la suite émigré en Israël.

L'indépendance de l'Algérie (1962)

Près de 1 million de Français vivant en Algérie ont été rapatriés en France lors de la déclaration d'indépendance de l'Algérie.

Migrations après l'éclatement de l'Union soviétique (1991-...)

°°°Depuis 1991, les minorités ethniques russes des anciens états soviétiques retournent graduellement en Russie, les Magyars de Roumanie en Hongrie et les quelques Allemands se trouvant encore en Russie sont retournés en Allemagne.
°°° Environ 1 million de Juifs de l'ancienne Union soviétique ont migré en Israël.
°°° La Yougoslavie a éclaté, ce qui a occasionné des guerres et des migrations selon les nouveaux pays créés: Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, la Macédoine, ainsi que la république du Kosovo.

Le génocide rwandais (1994)

Plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés en 100 jours. Il s'agit du génocide le plus «rapide et efficace» perpétré à ce jour.

Les conflits au Congo (1998-2004)

Les divers conflits en République démocratique du Congo ont fait près de 4 millions de morts entre 1998 et 2004. Le tout s'accompagne d'importants flux migratoires difficiles à préciser et à quantifier.

La guerre civile au Darfour (2003-...)

Le conflit au Darfour a provoqué environ 200 000 morts et 1,85 million de déplacés, plus 230 000 réfugiés au Tchad, principalement à l’est du pays. __________________________________________________________

photo: Refugees slum in Bangladesh, par colonos. (Ces réfugiés birmans au Bangladesh sont des illégaux qui ne sont pas aidés par l'ONU)

dimanche 23 mars 2008

Salade de saison XXVIII

Les pauvres vivent moins longtemps

En 1980, les riches avaient une espérance de vie de 75,8 ans et les pauvres de 73,0 ans. En 2000, Les riches étaient passés à 79,2 ans et le pauvres à 74,7 ans. L'écart s'est agrandi en 20 ans.

En 2000, un homme pauvre vivait en moyenne 71,5 ans et une femme riche, 81,3 ans. Un homme pauvre et noir vivait en moyenne 66,9 ans, soit 14 ans de moins qu'une femme riche.

On parle bien sûr d'un pays qui pratique une médecine à plusieurs vitesses, c'est-à-dire des États-Unis.


Mieux vaut donner que recevoir

Trois études sont arrivées à des résultats convergents.

Dans la 1 ère, on a demandé à 632 Américains quel était leur niveau de revenus, comment ils dépensaient leur argent et à quel point ils s'estimaient heureux. Il n'y a pas de corrélation entre le fait d'être riche et le fait d'être heureux. Comme chacun sait, l'argent ne fait pas le bonheur. Par contre la corrélation est forte entre le fait de donner aux autres et le fait d'être heureux, que l'on soit riche ou pauvre.

Dans la 2 ème, on a demandé à 16 employés susceptibles de recevoir un bonus de 3 000$ à 8 000$ d'évaluer leur état de bonheur avant le bonus et leur état de bonheur 6 semaines après le bonus. On leur a aussi demandé comment ils l'avaient dépensé. Il n'y avait pas non plus de corrélation entre la taille du bonus et le bonheur. Ceux qui l'ont dépensé pour les autres ou pour des oeuvres de charité ont indiqué être plus heureux après 6 semaines.

Dans la 3 ème, on a donné entre 5 $ et 20 $ à 46 participants pour qu'ils le dépensent selon leur bon plaisir. Encore une fois, le groupe altruiste s'estimait plus heureux que ceux qui se sont acheté des choses pour eux-mêmes.

Avons-nous plus tendance à donner quand au départ on est heureux et comblé ? Ou devenons-nous simplement plus heureux de voir le bonheur chez ceux que nous favorisons ?


Le concours Miss Tourisme international 2008


Le Quotidien du peuple nous informe que «le 15 mars, la candidate Tong He (milieu) de la province du Henan a remporté le titre de champion de la section Chine du concours Miss Tourisme. Guo Han (province du Zhejiang) (gauche) et Ren Ting (province du Shandong) (droite) se sont classées respectivement deuxième et troisième.»

«En représentant la Chine, [ Tong He ] participera à la finale du concours Miss Tourisme international 2008, qui aura lieu en avril dans la province du Henan. Lors du concours, des candidates d'une centaine de pays et régions du monde se disputeront le titre de champion.»

Enfin des bonnes nouvelles en provenance de la Chine ! On va enfin parler d'autre chose que de ces «tueries cruelles qui ont mis Lhassa à feu et à sang».


Une pensée de Franklin Delano Roosevelt


«La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. Ce qui, fondamentalement est le fascisme, » avertissait le président Roosevelt en avril 1938. En une génération, l’héritage du New Deal a été défait aux USA par la vague libérale. Pourtant, le message de l’homme qui voulait instituer une « charte des droits économiques » (...), reste plus que jamais d’actualité.» Contre Info.
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photo du Concours Miss Tourisme International 2008 par le Quotidien du peuple en ligne.

vendredi 21 mars 2008

Liberté, liberté chérie

Nathalie Elgrably publiait hier un commentaire dans lequel elle faisait les constats suivants:

°°° L'Alberta est riche, le Québec est pauvre.

°°° «Évidemment, on aime bien attribuer la richesse de l'Alberta au pétrole et la pauvreté du Québec à un mauvais tour du destin. On oublie alors que nous avons l'hydroélectricité, une richesse aussi considérable que le pétrole albertain, sinon plus.»

°°° «Cette province [L'Alberta] met en évidence un phénomène que les preuves empiriques ne cessent de démontrer, mais que plusieurs refusent obstinément d'accepter, à savoir que les économies libres sont plus prospères que celles où l'État s'ingère dans la société civile. Que cela plaise ou non, si l'Alberta est si riche, c'est essentiellement parce que les gens y sont plus libres de faire leurs propres choix et de prendre leurs propres décisions.»

Cela me surprendra toujours à quel point les tenants du laisser-faire en économie ont des yeux pour ne pas voir. L'Alberta vend sont pétrole au prix international. Les Albertains ne bénéficient pas d'un prix spécial à la pompe. L'Alberta Heritage Savings Trust Fund, fondé en 1976, a amassé des sommes formidables provenant des royautés du pétrole pendant des années, si bien qu'aujourd'hui, ses revenus de placement remplacent les taxes que les Albertains n'ont plus à payer, après que le fonds eût épongé les dettes de leur gouvernement.

Le Québec a malheureusement fait un autre choix, celui du laisser-faire. Premièrement, l'Hydro-Québec vend l'électricité aux Québécois 6,1 ¢/kWh, soit 4,2 ¢/kWh en bas du prix à l'exportation de 10,3 ¢/kWh. Ayant vendu aux Québécois pour 173,2 TWh d'électricité en 2007, cela veut dire que l'Hydro a laissé sur la table 7,3 milliards de dollars qu'il aurait pu verser au gouvernement pour réduire notre dette et nos impôts, en plus des 2,1 milliards de dollars qu'il va verser au gouvernement cet année.

L'Alberta poursuit ce stratagème depuis 1976. Il n'est pas étonnant qu'ils en aient fini avec la taxe de vente et qu'ils aient plein d'argent pour inciter les entreprises à venir chez eux malgré un taux de chômage de 3,2 %, ce qui est tout le contraire du laisser-faire. Le Québec du laisser-faire a au contraire choisi de laisser 7 milliards de dollars dans les poches du contribuable, lequel s'en est servi pour s'acheter des BMW, des monster houses pour deux personnes, des chips BBQ et des Q-Tips. Pensez où nous en serions si depuis 1976 nous avions mis 1 ou 4 ou 7 milliards de dollars dans un «Fond Héritage du Québec» à chaque année.

C'est donc l'intervention énergique de l'état albertain qui est à l'origine de la situation enviable dans laquelle se trouve cette province. Et c'est notre laisser-faire malavisé qui laisse les Québécois dans ce marasme où les taux d'électricité à rabais financent un peu n'importe quoi, selon leurs propres choix et leurs propres décisions. Pour mémoire, les Français paient leur électricité 17,0 ¢/kWh par rapport à nos 6,1 ¢/kWh.

Encore tout récemment, Eliot Spitzer expliquait que la crise des subprimes est due au laisser-faire et au relâchement des organismes réglementant les prêts hypothécaires. Madame Elgrably citait les pays riches suivants: «La Suisse, le Japon, le Luxembourg et Hong Kong ne disposent ni de pétrole ni de ressources naturelles, pourtant ils sont parmi les plus riches au monde.» J'ai de forts doutes que si ces pays sont riches, «c'est essentiellement parce que les gens y sont plus libres de faire leurs propres choix et de prendre leurs propres décisions.» Les administrations suisses et japonaises ne sont pas reconnues pour être des modèles de laxisme et de libéralité.

De façon générale, les libertariens, les supply-siders, les néocons et autres partisans du laisser-faire ne vont jamais cesser de déformer les faits pour les rendre conformes à leurs théories, à leurs écrans de boucane. En effet, ils ne sont pas là pour prendre en compte la réalité de façon à permettre une meilleure gestion de l'économie. Ils sont là simplement pour enlever les obstacles devant ceux font déjà beaucoup d'argent et qui veulent en faire encore plus. À tous nos brillants hommes d'affaires qui souhaitent opérer dans des pays disposant de très peu de réglementation, des pays prônant un vrai laisser-faire, je pourrais conseiller la Somalie, ou le Libéria. La Sierra Leone est pas mal non plus. Selon madame Elgrably, ces pays de la liberté économique sont promis à un grand avenir.
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photo: Nathalie Elgrably, HEC Montréal.

mercredi 19 mars 2008

How I Learned to Stop Worrying and Love the Republicans


Les faits

Malgré le prix payé en Irak, Bush prévoit une "victoire majeure"

Il est un fait que George W. Bush a déclaré que le changement de stratégie opéré en 2007 (surge) «a fait plus que renverser la situation en Irak. Il a ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme.» Aucune personnalité politique ne l'a encore contredit là-dessus. Un sondage Pew a trouvé que 53 % des Américains pensent que l'Amérique va atteindre ses buts en Irak. Le président a encore raison, aux yeux d'une majorité d'Américains.

Vice President fishing on Oman sultan's yacht Wednesday

Informé par l'animatrice d'ABC à Good Morning America que les deux tiers des Américains pensent que la guerre en Irak n'en vaut plus la peine, le vice-président Dick Cheney a répondu: «So ?» C'est comme si Jean Charest avait répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur son salaire du PLQ: «Et puis ?» Pour ajouter l'insulte à l'injure, le vice-président Cheney est aujourd'hui à la pêche dans le Golfe Persique, à bord du yacht royal du Sultan d'Oman. J'avoue que c'est le politicien le plus arrogant qu'on puisse imaginer. C'est quand même une qualité, ça, quand on pense à tous les autres qui se contorsionnent pour ne déplaire à personne.

5 mars 2008­­_ McCain devancé par Clinton et Obama, selon un sondage

Selon un sondage Wahington Post-ABC News, «Obama devancerait McCain de 12 points, avec 52% contre 40%, et Clinton le battrait avec un écart de six points - 50% contre 44%.» Durant ces deux dernières semaines, John McCain a prouvé qu'il ne connaissait pas grand chose à la politique internationale en affirmant que les troupes d'Al-Qaïda (des Sunnites fanatiques) étaient entraïnées en Iran, un pays notoirement chiite. Pendant le même temps Barak Obama faisait un discours digne de Lincoln et de Kennedy (selon le New York Times). Quel est le résultat des courses:

19 mars 2008_ Poll: McCain pulls ahead of both Democrats

Le pacifique Obama a perdu son avance de 14 points sur la guerrière Hillary. L'écart entre le deux se situe maintenant dans la marge d'erreur statistique. Mais ce qui est beaucoup plus significatif, McCain les bat maintenant tous les deux dans une course à la présidence. McCain mènerait par 47-40 contre Obama et par 48-40 contre Clinton. Les Américains doivent savoir quelque chose que j'ignore dans le choix de leur président et dans l'orientation qu'ils veulent donner à leur pouvoir exécutif. Sidéré, étourdi par tant de faits convergents, je m'incline. D'autant plus que:


Plusieurs se souviennent encore comment la machine républicaine a transformé deux authentiques héros de guerre, John Kerry et Max Cleland, en activistes anti-américains et en suppôts de ben Laden. La même machine s'en promet avec le pasteur Jeremiah Wright, officiant de l'église où pratique Barak Obama depuis 20 ans. Ce pasteur a fait des déclarations peu originales, qu'on entendait partout ces dernières années:

°°° À propos du naïnewonwon: "The stuff we have done overseas is brought right back into our homes".
°°° Dans d'autres sermons: "The government lied about inventing the HIV virus as a means of genocide against people of color".
°°° Et encore: "The government gives them the drugs [referring to the Iran-Contra Affair], builds bigger prisons, passes a three-strike law and then wants us to sing 'God Bless America.' No, no, no, God damn America, that's in the Bible for killing innocent people...


La conclusion

Le peuple américain doit savoir quelque chose que j'ignore, je l'ai déjà dit. Personnellement, je crois que leurs meilleurs «commanders in chief» ont été deux démocrates, W. Wilson (1917-1918) et F. D. Roosevelt (1941-1945). Au plan économique, les partisans du laisser-faire, Coolidge et Hoover, ont amené le désastre de la Grande Crise de 1929. Les partisans du laisser-faire de la fin du XXe siècle et du début du XXIe, Reagan, Bush I et Bush II sont en train de nous livrer la 2e Grande Crise. Les seules vraies périodes de responsabilité fiscale et de prospérité de la classe moyenne correspondent aux présidences de F. D. Roosevelt et de Bill Clinton.

Mais les Américains doivent avoir leurs raisons de penser que les administrations républicaines fournissent les meilleurs «commanders in chief» et les meilleurs politiciens qui ne gaspillent pas l'argent des contribuables. Je le promets, jamais plus je ne vitupérerai le peuple américain et ses choix politiques. Je me contenterai d'observer et de me réjouir des merveilleux effets secondaires issus de leurs maladresses, lorsqu'il me sera possible d'en trouver.

What, me worry ? Allons en paix et soyons heureux.
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Illustration: Le logo du Parti républicain.

mardi 18 mars 2008

On peut en rire aussi


Jon Stewart a ridiculisé de belle façon le traitement médiatique donné à l'affaire Spitzer. C'est moins sérieux qu'un exposé philosophique sur l'hypocrisie de la société, mais c'est tout aussi efficace et bien plus réjouissant !

À voir, ici.
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photo: OMG, Jon Stewart is on Jack's Big Music Show, par ninjapoodles.

dimanche 16 mars 2008

Le gouverneur assassiné


Eliot Spitzer n'est pas mort. Il est vivant. Il est multi-millionnaire. Il a trois filles qui l'aiment. C'est connu, les filles aiment leurs papas, surtout s'ils sont gentils. Et si ce n'est pas à 15 ans, ce le sera plus tard. Il a une femme qui l'aime. J'ai cherché pour quelles raisons elle se tenait à côté de lui quand il a confessé à l'Amérique ses foucades. Des millions de dollars l'attendent si elle se donne la peine de prendre un avocat. Elle pourra garder l'appartement de Manhattan. Pourquoi se donnait-elle la peine d'accompagner Eliot à la conférence de presse ? Il n'y a qu'une raison: elle l'aiiiiime. Et je n'en ris pas. Quand vous aimez vraiment quelqu'un, ce ne sont pas ces incartades mineures qui vous affectent.

Eliot est donc multi-millionnaire, en santé, aimé de ses enfants et de son épouse. Son papa qui, dit-on, vaut 500 millions de dollars, l'aime aussi. Il a financé toutes ses aventures politiques. Personne n'a parlé de sa maman. Eliot est juif. Si sa maman ne l'aime pas, il serait le premier enfant juif que sa maman n'aime pas. Il faut donc présumer que sa maman l'aime. Par conséquent, Eliot est aimé de son papa, de sa maman, de son épouse et de ses trois filles. Et, on l'a assez dit, il est lui-même multi-millionnaire.

Le problème, c'est que le gouverneur de New York a été assassiné. Eliot, le gouverneur de New York a dû démissionner parce qu'il a fréquenté les déesses de la sensualité. Hé manant ! Que me baillez-vous là ? À 5 000 dollars l'heure, aucune femme n'est une prostituée. C'est au minimum une artiste, au mieux une déesse. Et à tous les péquenots et les paysans qui ne se sont pas éloignés du cul de la vache de plus de 1 000 mètres et qui vont déjeuner chez Sexy Roxie parce que la serveuse a des gros «totons» , je vous demande de considérer ceci: quand vous connaîtrez le stress que comporte la fonction de gouverneur de l'état de New York, quand vous connaîtrez le stress d'affronter l'administration Bush visière découverte, quand vous aurez des millions de dollars en poche et que pour vous, Kristen la déesse ne vous demande justement que cela, de l'argent de poche, vous saurez me dire ce que vous auriez fait à la place d'Eliot. Je ne sais même pas pourquoi je dis cela. Vous n'aurez jamais la faculté d'imaginer pourquoi Eliot a eu besoin de Kristen quand il avait son papa, sa maman, sa femme et ses trois filles.

Le gouverneur de New York est mort, assassiné par l'administration Bush. Le gouverneur de New York a attaché le grelot de la crise des subprimes aux basques de George W. Bush. Et les laquais de W., l'OCC, l'IRS et le FBI l'ont descendu, de belle façon à part ça. L'Amérique entière et une grande partie du monde civilisé, celle-là qui malgré ses prétentions à l'universalité, ne s'est jamais éloignée à plus de 1 000 mètres du cul de la vache, s'est éclatée d'un rire homérique en apprenant que le pur et dur Spitzer couchait avec des putains. Il n'y a pas que les Républicains qui sont cons. Tous ceux qui ont rigolé en apprenant cette nouvelle sont objectivement des Républicains.

And, frankly my dear, I don't give a damn.

Pour survivre en ce monde frelaté tout en restant de bonne humeur, il ne me reste plus que ces options: vous observer détruire votre environnement en prétendant le sauver, vous observer vous détruire les uns les autres en prétendant sauver vos valeurs, vous observer réaliser toutes les prédictions des prophètes de malheur en prétendant aspirer à un monde meilleur.

Sur mon lit de mort, ironique, mordant, désespéré et impénitent, je m'écrierai: «Je le savais
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photo: Spitzer and family watching band perform for them , par Jaxphotography.
Addendum au 23 mars 2008: la thèse du complot républicain contre Spitzer se précise.

samedi 15 mars 2008

La lettre d'adieu d'Eliot

Le 14 février 2008, le Washington Post publiait une lettre du gouverneur de l'État de New York, Eliot Spitzer. C'était une dénonciation sans réserve de l'administration Bush au sujet de la crise des subprimes. Oui oui, celle-là même. Cette crise dont on entend parler partout, et qui va déstabiliser l'économie américaine, et qui par effet d'entraînement va déstabiliser l'économie mondiale, et qui par effet d'entraînement va déstabiliser la géopolitique de la planète, cette crise-là même dont on parle sans cesse en Europe, cette crise dont les effets seront bien plus importants que la connerie de la guerre en Afghanistan, que la crétinerie de la guerre en Irak, et de bien d'autres guerres. Eliot Spitzer a clairement dit dans le Washington Post que la crise des subprimes a été créée de toutes pièces par l'administration Bush. L'administration Bush ! Que dis-je ? par Bush !

Maintenant que l'on connaît le sort qu'a connu Eliot Spitzer à la suite du travail d'investigation fourni conjointement par l'Internal Revenue Service (IRS) et par le Federal Bureau of Investigation (FBI), nous ne pouvons que conclure que cette lettre au Washinton Post était en fait une lettre d'adieu. Spitzer a refusé d'avaler le Kool-Aid vendu par tous les chroniqueurs économiques de l'Amérique à l'effet que la crise des subprimes a été causée par des emprunteurs trop gourmands qui bientôt n'eurent pas les moyens de rembourser leurs prêts. C'était trop simple de blâmer les victimes.

Dans sa lettre, Spitzer raconte:
Il y a plusieurs années, les ministres de la justice des états et plusieurs autres personnes impliquées dans la protection des consommateurs ont noté une augmentation marquée de la variété des pratiques frauduleuses utilisées par les prêteurs hypothécaires. Certains donnaient une fausse représentation des termes du prêt, ou accordaient des prêts sans tenir compte de la capacité de rembourser, ou accordaient des prêts avec des intérêts minimes qui plus tard explosaient de façon astronomique, ou parsemaient leurs prêts de charges et de frais cachés, ou même payaient des primes illégales aux futurs emprunteurs.

Ces pratiques, et plusieurs autres, avaient des effets désastreux sur les acheteurs de maison. De plus, l'étendue même de ces pratiques, si on les laissait proliférer, menacaient nos marchés financiers.

Même si les prêts frauduleux devenaient un problème national, l'administration Bush détournait son regard et ne fit rien pour protéger les propriétaires de maison américains. De fait, le gouvernement a plutôt choisi de s'acoquiner avec les banques qui fraudaient les consommateurs. (N. T.)
Et Spitzer nous explique que devant l'inertie du gouvernement fédéral, les 50 états se sont mis à faire des lois plus sévères contre les prêteurs frauduleux et à multiplier les poursuites pour en restreindre l'étendue. Et là, par l'intermédiaire d'un obscur organisme, l' Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l'administration Bush a réagi violemment. Mise en place pendant la Guerre de Sécession, l'OCC avait pour fonction de vérifier si les bilans des banques balançaient. En 2003, l'OCC réactiva une vieille loi datant de 1863 empêchant les états de légiférer sur le caractère frauduleux des prêts. L'OCC a aussi promulgé de nouvelles règles qui mettaient les banques nationales à l'abri des règlementations des états sur la protection des consommateurs.

Et Spitzer de conclure:

Quand l'histoire va nous conter l'épisode de la crise des subprimes et va nous rappeler ses effets désastreux sur plusieurs innocents propriétaires de maison, on ne jugera pas l'administration Bush de façon favorable. Ce n'est pas encore terminé, mais quand la poussière sera retombée, on sera d'avis que cette administration a été une complice empressée de ces prêteurs prêts à tout dans leur recherche du profit. Une complice si empressée en fait qu'elle a utilisé le pouvoir du gouvernement fédéral dans un assaut sans précédent contre les législatures d'état, aussi bien que contre les ministres de la justice des états et finalement contre quiconque avait à coeur l'intérêt des consommateurs. (N. T.)

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photo: Eliot Spitzer, Ex-Governor, par Daniella Zalcman.

jeudi 13 mars 2008

Une équation politique


A= 53 % des Américains pensent que les États-Unis vont atteindre leurs buts en Irak selon un sondage Pew. Par rapport à l'an passé, la proportion de ceux qui pensent que la guerre en Irak va «très bien» ou «assez bien» est passée de 30 % à 48 %. Cela n'a jamais été aussi élevé depuis 2006.

B= 28 % seulement des Américains peuvent dire qu'à peu près 4 000 soldats sont morts en Irak (3 987 en date d'aujourd'hui). La même étude, de Pew également, établit aussi que seulement 3 % de la couverture médiatique porte sur la guerre en Irak.

C= 40 % des Américains qui sont d'accord avec l'invasion de l'Irak sont du même avis à l'effet qu'il faut poursuivre l'effort de guerre, selon Gallup. Les opposants à la guerre en Irak (60 %) sont divisés en 4 groupes quant à la suite des choses: (a) se retirer maintenant, (b) se retirer après avoir stabilisé l'Irak, (c) se retirer après 5 ou 10 ans, (d) se retirer selon un agenda préétabli peu importe les conséquences.

A + B + C = D ésastre. Si la guerre est bien perçue et si les opposants sont divisés, McCain se présente comme le meilleur commander in chief devant Obama et Clinton et il passe comme une «balle». On va finir par penser que ce peuple est décidément très belliqueux. Il ne restera plus que les faibles pour les vaincre...
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photo: boots exhibit_10_weissfineart, par Weissfineart. ("Eyes Wide Open". Fallen US Soldiers boots were taken on Memorial Day 2007 in Grant Park, Chicago.)

mercredi 12 mars 2008

La loi du plus faible

Martin Van Creveld est un professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem et un historien militaire réputé mondialement. Il a établi que les guerres classiques entre états se feront de plus en plus rares, se transformant en conflits de basse intensité où la séparation entre armées, gouvernements et populations devient confuse:

Les conflits de basse intensité, par le brouillage constant qu’ils effectuent entre combattants et populations, populations et gouvernements, gouvernements et politique, politique et religion, sapent littéralement les fondements de la dimension politique de la guerre. La célèbre définition de Clausewitz à propos de « la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens » n’est plus opératoire pour rendre compte de la nature et de la finalité des conflits actuels (...)

Dans les rapports du faible au fort, ce sont les faibles qui finissent par l’emporter, remarque Van Creveld, méditant sur les bénéfices politiques de la première Intifada. A partir du moment où leur adversaire n’est pas, comme elles [les armées] le sont, des entités repérables et distinctes de la population, les armées les plus puissantes et les mieux équipées sont inadaptées à la guerre non trinitaire [armée, gouvernement, population]. En vertu de quoi, avec le temps comme principal allié et l’acceptation préalable de pertes importantes, c’est le faible qui finit par l’emporter. Une armée puissante n’est pas à l’abri, loin s’en faut, de la lassitude, et surtout du dégoût d’elle-même né d’un rapport de force trop à son avantage. Vient ensuite le rejet de l’opinion publique, et l’armée s’effondre comme un château de cartes. L’approche psychologique des combattants est toujours minorée : pour qu’une armée soit assez solide pour se battre efficacement, encore faut-il qu’elle soit convaincue du bien-fondé de sa cause.
«Vient ensuite le rejet de l'opinion publique». J'ai trouvé sur MuzzleWatch, un site internet finaliste pour le prix Jewish and Israeli Blog Awards de 2007, le commentaire suivant sur le massacre de la Guerre des 5 jours, comme certains ont appelé la récente intervention de l'armée israélienne à Gaza:

It is simply stunning to consider the level of pathological denial required to bemoan “a mushrooming of Judeophobia” while completely ignoring the possibility that maybe, just maybe, a genuinely disturbing rise in anti-Jewish sentiment might have something to do with the Israeli government’s habit of dropping bombs on the heads of Palestinians, appropriating land it has no legal right to, demolishing thousands of homes it does not own, and seemingly doing its best to systematically destroy an entire culture, all in the name of a Jewish state.

Notre traduction:Il est tout simplement renversant de considérer le niveau de déni pathologique requis pour déplorer «la croissance rapide de l'antisémitisme» tout en ignorant complètement la possibilité que peut-être, seulement peut-être, une hausse véritablement inquiétante du sentiment anti-juif puisse avoir quelque chose à voir avec l'habitude du gouvernement israélien de lancer des bombes sur la tête des Palestiniens, de s'approprier une terre sur laquelle il n'a aucun droit légal, de démolir des milliers de maisons qu'il ne possède pas et, semble-t-il, de faire de son mieux pour détruire systématiquement toute une culture, et le tout au nom d'un état juif.
L'auteur du blogue, Cecilie Surasky, déplore ensuite un éditorial du Jerusalem Post qui tire à boulets rouges sur les self-hating Jews, ceux qui voient clairement que de bombarder des enfants déjà mal nourris, des vieillards, des femmes et des pères à Gaza ne correspond pas aux préceptes du judaïsme et nourrit l'antisémitisme dans le monde. Uri Avnery, le célèbre chroniqueur israélien est bien d'accord avec madame Surasky. Il commente l'état de déni dans lequel se retrouve tout un pan de la population israélienne en nous racontant l'histoire suivante:

Cette semaine, je me suis rappelé une vieille légende à propos d’une mère juive faisant ses adieux à son fils, qui a été appelé sous les drapeaux de l’armée du Tsar contre les Turcs.

“Ne t’expose pas trop”, le prévient-elle, “tue un turc, puis repose-toi. Tue-en un autre, puis repose-toi encore...”

“Mais mère, s’exclame-t-il, et si le turc me tue ?”

“Te tuer ? s’écrie-t-elle, et pourquoi ? Que lui as-tu fait ?”
Ce matin, Louis-Bernard Robitaille nous fait part de la controverse qui entache la tenue du Salon du livre à Paris. Pour célébrer le soixantième anniversaire de la création de l'État d'Israël cette année, la littérature israélienne est l'invitée d'honneur: des littérateurs, des éditeurs, des imprimeurs de papier, des gens de culture, bien souvent et peut-être même en majorité, des intellos qui s'opposent aux politiques de l'État d'Iraël. Eh bien, croyez le ou non, on devra déployer tout un arsenal de mesures de sécurité simplement pour que cette joyeuse bande de «brasseur d'idées»et de «conteurs d'histoires» aient droit de cité au Salon du livre.

C'est la faute à l'antisémitisme !, disent les uns. C'est la faute à l'État d'Israël !, disent les autres. Et il y en a d'autres encore qui vont mettre la faute sur les Palestiniens, ces faibles qui ont gagné la guerre contre les forts.

Aujourd'hui, et pas seulement dans le domaine militaire, c'est la loi du plus faible qui prévaut. Je ne le dis pas pour le déplorer. Je ne le dis pas pour m'en réjouir. Je constate. Et je constate aussi que que ceux qui veulent l'ignorer sont les perdants de demain.
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photo: le professeur Martin Van Creveld, lors d'un forum au Danemark.

lundi 10 mars 2008

Ils l'ont pas, l'affaire

Hier, à la cérémonie des Jutra, la fine fleur du cinéma québécois, Rémy Girard, Élise Guilbault, Yves Jacques, Sylvie Moreau et Normand Brathwaite chantaient avec dérision: «Ils l'ont-tu l'affaire, les Amaricains !» C'était évidemment une allusion au film de Pierre Falardeau, Elvis Gratton II: Miracle à Memphis. En entendant leur chanson, mon sang «bushophobe» mais américanophile n'a fait qu'un tour. Le problème du cinéma québécois, ce n'est pas le cinéma américain !

Le cinéma américain fait des films ordinaires de consommation qui vont du bide au blockbuster. Il fait aussi des films d'auteur qui pour la plupart sont des «indies», des films tournés en dehors des grands studios. Certains cinéastes renommés tournent avec les grands studios mais avec une telle autonomie que leurs films peuvent aussi être considérés comme du cinéma d'auteur. Ce n'est pas aussi simple que cela, mais cela ressemble à cela dans les grandes lignes.

La plupart des films couronnés aux Oscars ne sont pas des oeuvres ayant connu beaucoup de succès. Les «Gone with the Wind» et les «Titanic», deux blockbusters ayant gagné l'Oscar du meilleur film, sont très rares. Les artisans du cinéma américain, membres de l'Académie, votent selon le critère de la qualité, selon leurs critères de qualité.

Le cinéma américain n'a pas obtenu son succès mondial en faisant du cinéma «amaricain». Dès les débuts, il a fait appel aux meilleurs, qu'ils soient anglais (Charlie Chaplin) ou québécois (Mack Sennett). Cela n'a pas changé depuis, de Greta Garbo à Cate Blanchett, de Claude Rains à Jude Law, de Fritz Lang à Yves Simoneau, le cinéma qui se tourne aux États-Unis va chercher les meilleurs au monde. Et Marion Cotillard pourra vous confirmer qu'ils récompensent ceux qu'ils croient être les meilleurs au monde, «amaricains» ou pas.

Alors, quand je vois les artisans de notre cinéma célébrer le cinéma d'auteur plate et endormant en se gaussant des «amaricains», quand je les vois mettre en nomination le film de Patrick Huard dans 13 catégories sauf celle de meilleur réalisateur, quand je vois un critique patenté (M.-A. Lussier) recommender aux artisans d'éviter à l'avenir de mettre un film comme «Les 3 p'tits cochons» en nomination si souvent, je me dis que l'industrie n'est pas encore prête à faire des films pour nous. Nous, on est prêt. Le public préfère les bons films québécois. Il l'a prouvé. Il y a eu Les boys, Elvis Gratton, Miracle à Memphis, Séraphin, un homme et son péché, Maurice Richard, Les invasions barbares, C.R.A.Z.Y., Bon cop, bad cop, Nitro, Les 3 p'tits cochons.

Tant que nos artisans chanteront «Ils l'ont-tu l'affaire, les Amaricains !», tant qu'il vont vouloir niaiser les films québécois qui bougent en les accusant de faire «amerloque», tant qu'ils vont chercher à humilier publiquement un authentique artisan de notre cinéma comme Patrick Huard, ils nous feront la preuve qu'ils l'ont pas, l'affaire.

En allant remettre avec panache le Jutra de la meilleure réalisation à Stéphane Lafleur, Patrick Huard s'est grandi, hier. Le score de la soirée est le suivant: Patrick Huard 1, cinéma québécwa 0.

samedi 8 mars 2008

Au sujet de Louise Arbour


Il m'est arrivé de temps en temps d'exprimer mon admiration pour Louise Arbour. Son franc-parler ne date pas d'hier. Au collège, les autorités trouvaient déjà ses articles dans le journal étudiant un peu trop irrévérencieux. Plusieurs témoins ajoutent que la fermeté de Louise Arbour est tempérée par un sens de la diplomatie et une chaleur naturelle dans ses relations avec les gens.

Je ne reviendrai pas sur ses exploits. Son travail au Tribunal pénal international sur le Rwanda, la mise en accusation de Milosevic, son départ de la Cour suprême du Canada pour devenir haut-commissaire au Haut-Commissariat des Nations unies sur les droits de l'homme et pour mettre sur pied le nouveau Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Pendant les sept années de la présidence de Georges W. Bush, l'administration américaine s'est faite un malin plaisir de contrarier l'action de l'ONU partout où elle le pouvait. Cette administration s'est en plus comportée comme un état-voyou, entraînant dans son exemple plusieurs autres états pour qui il est devenu normal de violer la souveraineté des voisins, de torturer, de malmener l'habeas corpus, etc. Bref, avec un vaurien comme Bush à la tête de l'état le plus influent de la planète, les droits de l'homme et le développement du droit international en ont pris un coup ces dernières années.

Louise Arbour est une une architecte et une bâtisseuse du droit international. Presque tous les pays, à un moment ou un autre, ont critiqué madame Arbour. Des observateurs bornés ridiculisent le Conseil des droits de l'homme. Mais ne nous y trompons pas. Seuls un consensus sur le droit international et un appui universel des organismes chargés de le définir et de l'appliquer courent encore une chance de sauver cette planète. Ils sont la seule chance de diminuer l'impact des conflits armés et de mettre en place une règlementation environnementale efficace. Et encore...
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photo: Louise Arbour.

vendredi 7 mars 2008

Qu'ont-ils à répondre ?



L'armée israélienne est entrée dans Gaza et a bombardé diverses cibles pour y faire cesser les tirs de roquettes Kassam sur les villes du sud. Elle s'en est retirée sans avoir fait cesser les tirs, mais après avoir tué plus de 120 personnes, dont environ la moitié sont des femmes, des enfants et des bébés:
Le Conseil des droits de l'homme: «condamne les constantes attaques et incursions israéliennes dans le territoire palestinien occupé, et particulièrement les plus récentes dans la Bande de Gaza occupée qui se sont soldées par la perte de plus de 125 vies et des blessés parmi les civils palestiniens, dont des femmes, des enfants et des bébés». Il est à noter que sur les 47 pays membres du Conseil, le Canada a été le seul à voter contre la résolution.

Louise Arbour, Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme: «a condamné devant les 47 pays membres du Conseil "les tirs de roquettes de militants palestiniens contre des cibles israéliennes civiles, tout comme l'usage disproportionné de la force par l'armée israélienne».

Le Conseil de sécurité de l'ONU: «a condamné le week-end dernier les violences à Gaza et dans le sud d'Israël, lors d'une réunion d'urgence convoquée à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas».

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU: a dénoncé l'«escalade profondément alarmante de la violence à Gaza et dans le sud d'Israël, avec un terrible bilan des victimes civiles».

Amnesty international GB, Care international GB, l’Organisation Catholique pour le Développement d’Outre-mer (CAFOD), Christian Aid, Médecins du Monde GB, Oxfam, Save The Children GB et l’Agence irlandaise de charité et de Développement (Trocaire): «La situation des 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza est la pire depuis le début de l’occupation militaire israélienne de 1967 (...) Elles demandent au Royaume-Uni et à l’UE de "condamner vivement la poursuite du blocus de Gaza et l’utilisation, par le gouvernement israélien, d’une punition collective, ainsi que les violations du droit humanitaire international" qui en résultent.»
Les roquettes Kassam sont des engins rudimentaires qui ont très peu de précision. On est loin des «frappes chirurgicales» des armes américaines. Les roquettes tombent donc un peu au hasard, faisant très peu de victimes. Mais c'est agaçant de vivre sous leur menace. À toutes fins pratiques, cette arme n'a aucune valeur militaire, aucun poids dissuasif. C'est uniquement une arme de propagande qui sert à rappeler au monde que cela ne va pas bien à Gaza, que les Palestiniens y vivent dans la misère, sous la menace constante de punitions collectives, et que cela ne peut pas continuer comme ça.

Il y a des observateurs israéliens qui regardent tout cela avec tristesse, en hochant la tête. Certains expriment leur opposition aux politiques israéliennes. Mais il faut bien admettre qu'ils sont peu nombreux et qu'ils n'ont pas beaucoup d'influence parce que le comportement des autorités israéliennes ne change pas peu importe le parti au pouvoir. Il y a donc une majorité d'Israéliens qui favorise la ligne dure envers les Palestiniens.

Qu'ont-ils a répondre à l'opinion internationale ?

On les entend très peu, sinon à travers des communiqués alambiqués sortis des officines gouvernementales. Mais les gens ordinaires, qu'en disent-ils ? L'internet peut nous en donner une petite idée:
Hélène Keller-Lind, Hamas Israël : où est la disproportion ? :

°°° (...) comment les médias français rapporteraient-ils les mêmes événements si des localités françaises frontalières étaient ainsi prises pour cibles au quotidien des mois durant ?

°°° Or, entre les 15 et 31 mai 2007 plus de 300 Kassams tirées depuis la Bande de Gaza ont atteint la population civile de la ville frontalière de Sdérot . Il y a eu 2 morts, des blessés, 179 civils sont traités en 15 jours. Qui en parle ici ? Avez-vous jamais vu ces images, disponibles ici, sur les chaînes de télévision françaises ?

°°° Le Hamas se livre pendant des mois à des exactions effroyables contre les Palestiniens du Fatah, assassinant enfants, femmes, hommes. Disproportion ? Indéniablement ! On entend un tenant du Fatah raconter des assassinats terribles et dire sur France 3 que « même les Israéliens n'ont pas été aussi violents que nos frères palestiniens.... »Depuis lors on imagine aisément ce qu'ont dû être le droit des femmes dans la Bande de Gaza....Qui proteste ?

°°° Israël ferme les passages avec la Bande de Gaza, laissant toutefois passer vivres et médicaments pour prévenir toute crise humanitaire. Et fournissant la Bande en électricité. Toujours pour des raisons humanitaires. Tout en sachant, pourtant, que cela permet aux terroristes de continuer à fabriquer leurs roquettes Kassam made in Gaza....D'aucuns, « bonnes âmes, » protestent contre ces fermetures de sécurité partielles. ils voudraient sans doute que l'on mette à la disposition des terroristes des limousines pour leur faciliter le passage et aller tuer des civils israéliens dans des bus, des centres commerciaux ou des écoles comme cela a été fait si souvent par le passé...

°°° Les dirigeants terroristes, pourtant bien nourris de toute évidence, crient à la crise humanitaire. Ils font filmer des magasins vides par les journalistes palestiniens qui travaillent pour les chaînes occidentales ou de rares journalistes occidentaux emmenés pour des visites soigneusement guidées et qui ne tiennent pas du tout à être enlevés pour « mauvaise conduite. » Ils organisent aussi des clichés de Palestiniens, femmes et enfants, éclairés à la bougie. On découvrira que cela s'est fait....en plein jour... Bref, tout pour faire pleurer dans les chaumières occidentales.

°°° Et les dirigeants [palestiniens] intensifient les tirs....Jusqu'à ce qu'Israël lance une offensive. Qui reste mesurée puisque des troupes israéliennes sont envoyées sur le terrain...et que des soldats israéliens sont tués ou blessés. Alors qu'une offensive purement aérienne aurait été possible. Mais aurait entraîné plus de morts civiles palestiniennes. L'Occident en sait-il gré à Israël ? Bien sûr que non !
Est-il possible d'écrire tout cela en étant de bonne foi ? J'imagine que oui. Mais cela commence à se savoir: je suis assez imaginatif à l'occasion.
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photo du haut: The Wall Will Fall, par FREEPAL.

photo du bas: Western (Wailing) Wall - Jerusalem, par cromacom.

mercredi 5 mars 2008

Le «pauv' con» de Sarko

Laurent Ruquier a levé le voile sur le «pauv' con» de Sarkozy à son émission «On n'a pas tout dit». Il s'agit... de cette quotidienne dont a parlé Louise Cousineau dans sa chronique télé, une quotidienne qui passe à 13:00 heures. Je l'ai prise hier pour la première fois sur l'enregistreur numérique. Je l'ai regardée hier soir. Surprise ! L'invitée spéciale était nulle autre qu'Isabelle Boulay, belle, royale, lumineuse et allumée. En deux mots, naturelle et confiante. C'est tribal je sais, mais j'étais fier d'elle.

Il y a eu ce moment: la chroniqueuse Christine Bravo demande à Isabelle Boulay si elle fait sa lessive elle-même, j'imagine, pour blaguer, comme ça. Devant la réponse affirmative de la chanteuse, madame Bravo en est restée baba, comme si les vedettes de la stature d'Isabelle Boulay ne s'abaissaient pas à de si humbles tâches. «Bien sûr, je n'ai pas de planche à laver, ajoute la belle Isabelle avec un sourire en coin, mais j'ai de bonnes machines...»

Cet enregistreur numérique, c'est une vraie merveille. Avec cet outil, je ne regarde jamais la télévision. Une télévision, c'est un meuble. Je ne m'assois jamais en face du buffet pour le regarder. Je ne regarde pas le poêle non plus. L'enregistreur me permet de regarder Bazzo.tv tous les jours sans m'impatienter. Je ne retiens que ce qui m'intéresse. Je passe à la vitesse grand «V» sur «Les filles dans le jell-o», les entrevues d'artisses et les «Tit-coqs». «La bande des quatre» est le bijou de cette émission, pas loin devant le duo Facal-Marissal et le monologue de Dany Laferrière. L'intelligence et la bonne humeur inaltérable de l'animatrice sont aussi les bienvenues.

Enfin, quoi ! Revenons à nos moutons. Le «pauv' con» de Sarkozy. L'actualité est au ralenti, ces temps-ci. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Alain Dubuc lui-même:

L'étude de l'IEDM, à laquelle on a sans doute accordé une attention démesurée pour combler le vide d'information en ce début de semaine de congé scolaire, est trop sommaire pour constituer une base de discussion.
L'élection du président de la Russie, ce n'est pas de la nouvelle. Ce qui sera une nouvelle, c'est le poste qu'occupera bientôt Vladimir Poutine. Le dépôt du rapport sur «Les conditions de vie réservées aux personnes âgées» n'est pas vraiment une nouvelle. La nouvelle, ce sera la vitesse avec laquelle le Conseil du trésor le passera à la déchiqueteuse. Ce n'est pas une nouvelle non plus que Bush et Rice aient financé et armé le Fatah pour combattre le Hamas, avec le résultat que le Hamas a foutu le Fatah en dehors de Gaza. La nouvelle, ce sera la nouvelle façon que l'administration Bush trouvera pour faire gober cette bourde majeure aux médias américains.

Il ne se passe rien. C'est un peu pour cela que je traite ces jours-ci de sujets mineurs, comme la musique, le cinéma, la poésie, la boucane du tabac, la télé, toutes des patentes bien agréables mais qui ne servent à rien. Tenez, le «pauv' con» de Sarkozy, c'est du même ordre. Pensez-vous qu'on en parlerait encore si Israël bombardait l'Iran ?

Ah oui, parlant du «pauv' con» de Sarkozy, c'est Laurent Ruquier qui a levé le voile sur lui à son émission «On n'a pas tout dit». Et il s'est servi des connaissances d'Isabelle Boulay pour confirmer les données de base de son enquête. Je vous le donne en mille: le «pauv' con» de Sarkozy est un Québécois ! C'est un Québécois. Laurent Ruquier a demandé à Isabelle Boulay: «Est-ce que vous dites ça, chez vous: «Touche-moi pas, tu vas me salir ?» Et Isabelle de confirmer: «Oui, on dit ça: «Touche-moé pas !»

Pour l'instant, on n'en sait pas plus. C'est un Québécois. L'enquête se poursuit. J'ai l'impression que Laurent Ruquier ne nous a pas tout dit...
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photo: Isabelle Boulay, par Blog Story.

mardi 4 mars 2008

Janis chante le blues

Ah, I’m a mean, mean woman
And I don’t mean no one man, no good, no.
I’m a mean, mean woman,
I don’t mean no one man, no good.
I just treats ‘em like I wants to
I never treats ‘em, honey like I should.

Oh, Lord, I once had a daddy,
He said he’d give me everything in sight.
Once had a daddy,
Said he’d give me everything in sight.
Yes, he did
So I said, “Honey, I want the sunshine,
you take the stars out of the night.
Come on and give ‘em to me, babe, ‘cause I want ‘em right now.”

I ain’t the kind of woman
Who’d make your life a bed of ease, ha ha ha ha!
No, no, no, no, no, no, no, no, no.
I’m not the kind of woman, no,
To make your life a bed of ease.
Yeah, but if you, if you just wanna go out drinkin’, honey,
Won’t you invite me along please.
Oh, I’ll be so good to ya babe, yeah!
Whoa, go on!

I guess I’m just like a turtle
That’s hidin’ underneath its horny shell.
Whoa, whoa, oh yeah, like a turtle
Hidin’ underneath its horny shell.
But you know I’m very well protected —
I know this goddamn life too well.

Oh! Now call me mean, you can call me evil, yeah, yeah,
I’ve been called much of some things around,
Honey, don’t ya know I have!
Whoa, call me mean or call me evil
I’ve been called much of some things, all things around,
Yeah, but I’m gonna take good care of Janis, yeah,
Honey, ain’t no one gonna dog me down.
Alright, yeah.

lundi 3 mars 2008

Les musiques de Kubrick


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photo: Malcolm McDowell and Stanley Kubrick, par Bande à Part.

dimanche 2 mars 2008

Les religions des Américains


Les gens du Pew Forum on Religion & Public Life ont fait passer des entrevues à 35 000 Américains pour en connaître les affiliations religieuses. Les sondages publiés dans les médias de masse comptent des échantillons de population d'environ mille personnes. L'étude du Pew Forum est donc un véritable travail de moine et nous donne une idée précise du comportement religieux du peuple américain. À lire les journeaux, et ce blogue, on a parfois l'impression qu'il n'y a là-bas que des créationnistes et des sautés qui attendent le jugement dernier. Ce n'est pas le cas:

Pour expliquer quelques élément du tableau, cette page-ci donne plus de détails. Ainsi, il y a des méthodistes, des presbytériens, des baptistes, etc. dans les deux groupes protestants: «Evangelical churches» et «Mainlines churches». La différence, c'est que les dénominations «évangéliques» ont plus tendance à prendre la bible au pied de la lettre, à vivre leur foi ardemment et à enrichir les faux jetons qui savent bien les manipuler dans leurs temples luxueux.

Voici brièvement d'autres conclusions:

°°° L'industrie de la religion est très compétitive aux États-Unis. Les gens changent constamment de religion. Les divers groupes perdent des fidèles ou en gagnent. L'Église catholique en perd plus qu'elle n'en gagne.

°°° Les Hindous et les Mormons sont ceux qui se marient le plus avec des conjoints de la même religion.

°°° Les Mormons et les Musulmans sont ceux qui ont le plus d'enfants.

°°° Les Hindous (50 %) et les Juifs (33 %) ont le plus haut taux de diplomation au niveau des études post-graduées quand on les compare avec la population en général (10 %). Ils ont aussi les meilleurs revenus.
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photo: Faith... monochrome, par 'YourGuide.

samedi 1 mars 2008

Le dictame


La Pipe

Je suis la pipe d'un auteur;
On voit, à contempler ma mine
D'Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J'enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame
Qui charme son coeur et guérit
De ses fatigues son esprit.

Charles Baudelaire
Les fleurs du mal, 1868.
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Illustration: La Trahison des images, par René Magritte, 1929.