jeudi 31 janvier 2008

Le vent se lève III


Le film de Ken Loach, The Wind That Shakes the Barley, raconte les derniers combats des indépendantistes irlandais avant la création de l'État libre d'Irlande, de même que la guerre civile qui s'ensuivit entre les indépendantistes nationalistes favorables au Traité de Londres et les indépendantistes républicains qui s'y opposaient.

L'histoire des indépendantistes irlandais et le film qui la raconte peut nous apprendre beaucoup sur notre propre situation, ici au Québec, cette lointaine province de l'un des seize royaumes du Commonwealth. J'utiliserai donc certaines scènes du film pour éclairer certains débats qui ont cours actuellement et qui donnent sa coloration à l'air du temps.

L'assassinat de Micheail O'Sullivan

Le film commence par une partie de hockey sur gazon jouée entre amis. À leur retour à la maison, un groupe d'entre eux se font interroger par les Black and Tans, sous prétexte que tout rassemblement est interdit. Quand on lui demande son nom, Micheail O'Sullivan répond en gaélique, la seule langue qu'il sait. Le chef des Black and Tans le prend comme un geste de défi.
Micheail est poussé à l'intérieur de la maison et assassiné.

On l'a souvent dit sur ce blogue, à propos de l'Afghanistan entre autres. Les guerres de contre-insurrection sont très impopulaires et ne servent souvent qu'à susciter leur propre opposition. Je me souviens encore de cet ancien guérillero, aujourd'hui conseiller militaire, qui affirmait que les insurrections n'avaient pas pour origine la pauvreté et la misère, mais la stupidité et l'arrogance des dirigeants, de même que celles de leurs représentants sur le terrain.

Au Québec, nous avons eu peu d'épisodes sanglants qui ont fouetté l'ardeur nationaliste. Après la révolte des Patriotes en 1837, la pendaison de Louis Riel et la crise de la conscription en 1917, les nationalistes n'ont pu profiter que de la stupidité de Donald Gordon qui ne trouvait pas de Québécois capables d'administrer le CN, de celle des petits vieux orangistes de Sault-Ste-Marie qui piétinaient le drapeau du Québec et de l'arrogance de Pierre Trudeau qui donné son essor au Parti québécois. Notre dernier espoir pour revitaliser le nationalisme québécois repose sur l'arrogance ou la stupidité, à votre choix, de Stéphane Dion qui pourrait bien prendre le pouvoir aux prochaines élections.

Comme l'affirmait le héros du film, vers la fin: «C'est facile de savoir contre quoi on est, mais c'est difficile de savoir en quoi on croit.» On peut facilement mobiliser les foules contre quelque chose. Mais il est très difficile de les enflammer pour un but précis.


L'exécution de Chris Reilly

Chris Reilly, un jeune ouvrier agricole de 17 ans, faisait partie de l'IRA et travaillait pour le propriétaire terrien du coin. Le propriétaire, ayant remarqué les activités suspectes de Chris, fit venir les Anglais pour l'interroger. Sous la torture, Chris dévoila la cachette des indépendantistes rebelles qui furent tous arrêtés. Ces derniers s'évadèrent et poursuivirent leurs actions de guérilla. Mais ils reçurent l'ordre d'exécuter le propriétaire terrien ainsi que Chris Reilly. C'est Damien O'Donovan, le jeune médecin qui est le héros du film, qui doit tuer Chris, même s'il le connait depuis qu'il est tout petit:
Chris: Promise me, Damien. Promise me you won't bury me next to him?
[il montre le propriétaire]
Damien: The chapel. Do you remember, on the way up? Do you remember?
Chris: Yeah.
Damien: In there.
Chris: Tell Teddy I'm sorry. I'm scared, Damien.
Damien: [soupir] Have you said your prayers?
Chris: Yeah.
Damien: I'll protect you.
Damien: Give me your letters, Chris. [les lettres d'adieu]
[Damien tend la main; Chris le regarde]
Damien: Give me your letters, Chris!
Chris: I didn't know what to write. And Mam can't read.
[Damien laisse tomber les bras et soupire]
Chris: Just tell her I love her. And where I'm buried.
Et Damien abat Chris. Plus tard, Damien raconte qu'il est allé voir la mère de Chris pour lui faire part de ce qui s'était passé. Elle est allée voir la tombe de Chris, puis elle a dit à Damien: «Je ne veux plus jamais te voir.»

Pourquoi je raconte tout ça ? C'est pour essayer de redonner aux mots leur poids réel. Guerroyant dans le «combat» indépendantiste québécois, nous avons «les Louis Riel du dimanche, les décapités de salon, les pendus de fin de semaine, les martyrs du café du coin, les révolutavernes et les molsonnutionnaires». Ces gens-là font parfois abus de termes comme officine, totalitaire, bombe, sbire, régime, ennemi, traître. Ils ont le respect des interlocuteurs assez léger et l'anathème plutôt pesant.

Trahir, c'est livrer ceux à qui on doit fidélité, c'est abandonner son camp, passer à l'ennemi. Chris Reilly a-t-il trahi ? Le propriétaire est-il un traitre ? Le propriétaire n'est pas passé à l'ennemi, il est l'ennemi. Chris n'est pas non plus passé à l'ennemi, il a livré ses amis sous la torture. Fallait-il qu'en plus d'être torturé par ses ennemis, il soit tué par ses amis ? Même dans une situation dramatique comme celle illustrée par le film, le mot «traître» est ambigu. C'est pourquoi je tique un peu quand je vois ce mot utilisé à tort et à travers dans les débats. Les débats n'ont pas pour but de tuer l'adversaire, mais de le convaincre. Et ce n'est jamais une bonne idée de traiter quelqu'un de «traître», ou «d'ennemi» quand on veut le convaincre.

La métaphore hargneuse est davantage le signe de la faiblesse de vos arguments que de l'indignité de votre interlocuteur.
Message à ceux qui n'ont pas vu le film.

Les paragraphes suivants dévoilent la fin de l'histoire. Si vous préférez vous en garder la surprise, il est préférable de passer à un autre article.



L'exécution de Damien O'Donovan

Teddy O'Donovan est le frère de Damien. Il avait rang d'officier dans l'IRA et maintenant, il est aussi officier dans l'armée irlandaise mise sur pied par l'État libre d'Irlande. Teddy est un nationaliste, il accepte le statut de dominion pour l'Irlande et il se soumet au serment d'allégeance à la royauté. Damien s'est battu davantage pour que l'Irlande devienne une république et un état socialiste. Il rejette le Traité de Londres et il continue de se battre contre l'État libre d'Irlande et pour ses idéaux.

Lors d'une fouille pour trouver des armes, Damien est capturé par l'armée irlandaise. En prison, la même que celle du début de l'histoire, c'est son frère Teddy qui l'interroge. Teddy lui fait voir que la vie pourrait être magnifique pour Damien, soigner ses compatriotes, vivre avec Sinead et élever ses enfants. Damien répond qu'il a tué Chris Reilly pour avoir dénoncé ses amis et que jamais il ne le fera. La logique de guerre est enclenchée entre les deux frères. Teddy fait fusiller Damien à l'aube.

Je ne suis pas personnellement un extrémiste, et même, je pourrais dire que cette sorte de personnes me rend plutôt méfiant. D'ailleurs, depuis un certain Ben Laden, les extrémistes religieux ou politiques ont plutôt mauvaise presse. Mais je ne condamne pas le jusqu'auboutisme de Damien. Il s'est impliqué fortement dans la guérilla. Il a vu des enfants mourir de faim. Il a assisté impuissant à la torture de sa compagne. Il a tué des ennemis, mais des amis aussi. Cela change un homme. Plus on s'est engagé, plus il est difficile d'arrêter.

Mais cette situation nous apprend quelque chose sur nous, sur le Parti québécois, sur les «purs-et-durs». Un jour, peut-être, il faudra négocier avec les représentants de la fédération canadienne. Voyons par un exemple: pour éviter la partition, nos négociateurs accordent un droit de passage illimité entre l'Ontario et le Nouveau-Brunswick, le tout afin de permettre au reste de la fédération canadienne de fonctionner. Il y aura des purs-et-durs pour contester cette perte de souveraineté. Et ainsi de suite sur différents éléments de juridiction.

Ce que le film de Ken Loach m'a fait réaliser, c'est qu'il n'y aura jamais de lendemains qui chantent, que des lendemains qui déchantent. Pour certains Québécois, la future souveraineté ne sera jamais assez complète. Et vous pouvez être certains qu'on les entendra !
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photo: «Le 3 mai», tableau de Goya, 1814.

mercredi 30 janvier 2008

Le vent se lève II

Il y a trois raisons pour lesquelles j'ai reproduit les paroles de la chanson The Wind That Shakes the Barley dans le blogue d'hier. Tout d'abord, c'est un bel objet culturel. C'est beau, même dans sa traduction trop littérale. C'est curieux: ce qui est gauche dans la traduction littérale d'un texte en prose donne plus de sens et de profondeur à un texte poétique.

Ensuite, réalisant que le personnage irlandais de la chanson posait ses «gestes de souveraineté» en 1798, soit 124 ans avant l'accession de l'Irlande partitionnée au statut de dominion de l'Empire britannique, je me suis pris à penser que ceux qui discutent du nombre de mois devant s'écouler entre la prise du pouvoir du PQ et le déclenchement d'un référendum, manquaient sérieusement de perspective historique. Déjà le pauvre amoureux du poème était las de «supporter encore la honte des chaînes étrangères» plus de cent ans avant la création de l'État libre d'Irlande. Je suggère aux souverainistes pressés qui se lèvent la nuit pour haïr les «Anglais» et les traîtres qui se font les défenseurs de leurs intérêts, de veiller à l'amélioration de leurs habitudes de sommeil, sinon ils risquent de devenir très désagréables pour leurs proches et leurs collègues de travail.

Enfin, la chanson The Wind That Shakes the Barley a inspiré le réalisateur anglais Ken Loach pour donner un titre à son film sur l'histoire de l'accession des Irlandais à l'indépendance. Le film évoque les derniers moments du soulèvement de 1918 causé par le refus des Britanniques d'accepter la victoire du parti Sinn Féin aux élections et la proclamation d'indépendance par le gouvernement Dáil Éireann issu de ce parti.

Le pouvoir britannique dissout le parlement irlandais et envoie 16 000 Black and Tans pour aider la police et l'armée à mater la rébellion menée par l'IRA, bras armé du Sinn Féin. Les violences racistes de ces mercenaires démobilisés de la 1 ère Guerre Mondiale ne font que mobiliser davantage les indépendantistes irlandais.

Pendant ce temps, le gouvernement britannique négocie avec Éamon de Valera et Michael Collins l'entente qui s'appellera le Traité de Londres et créera l'État libre d'Irlande, un dominion de l'Empire amputé de l'Irlande du Nord et soumis au serment d'allégeance à la royauté. Le gouvernement Dáil Éireann, à bout de ressources, ratifie le traité. Les élections de 1922 confirment la victoire des nationalistes, partisans du Traité.

Cependant, un fort groupe de militants d'orientation républicaine et socialiste refuse d'accepter l'entente, s'opposant ainsi au groupe dit simplement nationaliste. Les républicains se fractionneront à leur tour entre ceux qui ne veulent pas tirer sur leurs «frères irlandais» et ceux qui sont prêts à aller jusqu'au bout pour leurs idéaux.

Et c'est dans ce contexte que se déroule la dernière partie du film: la Guerre civile d'Irlande, laquelle fera 4 000 morts en 1922 et en 1923. Elle met en scène des indépendantistes irlandais contre des indépendantistes irlandais. Le film montre bien l'absurdité de la situation. Il met en scène un républicain masqué du nom de Rory qui attaque des soldats irlandais habillés en soldats anglais. Les soldats reconnaissent immédiatement cet ami malgré son masque et lui demandent de laisser tomber. Il met en scène le frère contre le frère dans la même prison où ils furent jadis détenus conjointement. Et le film va plus loin encore, jusqu'à l'insoutenable.

La discussion entre les indépendantistes irlandais nationalistes et les indépendantistes irlandais républicains n'est pas escamotée. Les premiers en ont marre de la guerre et veulent simplement vivre leur nouvelle liberté politique, incomplète bien sûr, mais acceptable à leurs yeux. Les autres, après s'être impliqués fortement, après avoir tué, après avoir vu leurs proches torturés, sont incapables d'accepter le statut politique de dominion. Ils se disent: «C'est pour ça qu'on s'est battu ?»

Ce vieux marxiste non repenti de Ken Loach m'a encore eu. Il m'a raconté une histoire intéressante, émouvante, complexe, sans m'ennuyer une seconde.
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photo: Ken Loach, par startinghere71.

mardi 29 janvier 2008

Le vent se lève I


The Wind That Shakes the Barley
Le vent qui secoue l'orge (chanson irlandaise)

Je me suis assis dans la vallée verte, je me suis assis avec mon véritable amour
Mon coeur triste est tiraillé entre les deux, l'ancien amour et le nouvel amour
L'ancien pour elle, le nouveau qui me fait penser très cher à l'Irlande
Alors que doucement le vent souffle dans la vallée et secoue l'orge doré

Il fut difficile de formuler les mots douloureux pour briser les liens qui nous liaient
Mais encore plus difficile de supporter encore la honte des chaînes étrangères sur nous
Et donc j'ai dit, "La vallée montagneuse je chercherais tôt le matin
Et rejoindrais les hardis hommes unis", alors que des vents doux secouent l'orge

Alors que triste j'embrassais ses larmes, mes bras affectueux autour d'elle tremblotant
Des rafales de tir de l'ennemi sifflant à nos oreilles depuis les bois
Une balle transperça mon véritable amour dans le jeune printemps de sa vie, si tôt
Et sur ma poitrine ensanglantée elle mourut alors que des vents doux secouent l'orge

Je l'ai portée à un ruisseau de montagne, et beaucoup l'été fleurissent
J'ai placé des branches douces et vertes sur sa poitrine tachée de sang
J'ai pleuré et embrassé son corps froid comme l'argile puis rué par monts et par vaux
Ma vengeance contre l'ennemi à détruire alors que des vents doux secouent l'orge

Mais le sang pour le sang sans remords j'ai pris à Oulart Hollow
Et couché le corps froid comme l'argile de mon véritable amour que je pourrais suivre très prochainement
Autour de sa tombe j'erre morne, à midi, la nuit et tôt le matin
Avec le coeur brisé comme jamais j'entends le vent qui secoue l'orge.

Robert Dwyer Joyce (1798)

Traduction par Wikipédia
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photo: Green sea, par Jasmic.

lundi 28 janvier 2008

Le dernier Tout le monde en parle

Le dernier vrai «Tout le monde en parle», le seul où ce salopard d'Ardisson a semblé ému, le seul où ce saligaud de Baffie a paru humain, le dernier des «Tout le monde en parle» où on n'a jamais sacrifié la rigueur intellectuelle sur l'autel des cotes d'écoute.

dimanche 27 janvier 2008

Une soirée Foresti

Supposons qu'on est dimanche soir. Demain matin, ce sera lundi matin. Vous avez le choix entre Céline Dion et France Beaudoin à la télé. Vous avez lu que les prescriptions d'antidépresseurs ont doublé ces dernières années. Vous ne voulez pas faire partie des statistiques. Alors vous écoutez ce clip de Florence Foresti. Et tous les autres que vous verrez liés à celui-là. Vous n'aurez jamais tant ri.

vendredi 25 janvier 2008

Exit final


Vous vous souvenez d'Exit final, le livre de Derek Humphry préfacé par Hubert Reeves. Le livre nous expliquait comment mourir dans la dignité. Il nous donnait comme recette un tas de produits chimiques aux noms barbares qu'il fallait aller acheter soit en Hollande ou aux Philippines ou dans des ruelles aux coins sombres fréquentées par des trafiquants véreux. Pour être bien certain de mourir, il fallait en plus se mettre un sac de plastique sur la tête: l'horreur.

Personnellement, je suis comme les Gaulois, à cette différence près qu'au lieu d'avoir peur que le ciel ne me tombe sur la tête, j'ai peur d'étouffer. Je suis pour le droit à une mort volontaire, pour le droit à mourir dans la dignité, mais je ne veux pas manquer d'air. On m'a déjà dit que je ne manquais pas d'air, et j'en suis fort aise. Bref, le livre fut une déception pour moi et selon la formule cheapo consacrée par un célèbre chroniqueur montréalais, je devrais m'exclamer: «Vous me devez 12,95 $, monsieur Humphry.»

Mais, voyez, c'est ça qui est le problème avec la blogosphère, les blogueurs n'ont pas de discipline. Ce n'est pas vraiment du livre Exit final dont je voulais vous parler. Exit final s'adresse aux particuliers. Je voulais vous parler d'un autre Exit final, rédigé celui-là pour l'ensemble des humains. Le titre en est «Vers une grande stratégie pour un monde incertain».

Ce manifeste est le résultat de la pensée de cinq militaires de haut rang, des spécialistes de la mort: «le général John Shalikashvili, ancien Chef d’Etat Major US et ex commandant en chef de l’OTAN en Europe, le général Klaus Naumann, ancien chef des forces armées allemandes et ex président du comité militaire de l’OTAN, le général Henk van den Breemen, ancien Chef d’Etat Major hollandais, l’amiral Jacques Lanxade, ancien Chef d’Etat Major en France, et Lord Inge, maréchal et ancien Chef d’Etat Major au Royaume Uni.» (N.S.)

Le manifeste a été remis dernièrement au Pentagone et au secrétaire général de l'OTAN pour être vraisemblablement discuté au sommet de Bucarest, en avril prochain. Eh oui, ce même sommet où Stephen Harper est censé leur dire que le Canada en a marre de se faire taper dessus à Kandahar, là où en plus les »Joe Louis» sont trop souvent en rupture de stock.

Les galonnés nommés plus haut ont écrit leur manifeste après avoir constaté que nos valeurs occidentales et notre mode de vie sont menacés par quatre principaux facteurs:
°°° Le fanatisme politique et le fondamentalisme religieux.
°°° La « face sombre » de la mondialisation, c’est-à-dire le terrorisme international, le crime organisé et la prolifération des armes de destruction massive.
°°° Le changement climatique, potentiellement responsable de migrations « environnementales » de masses et la sécurité énergétique, entraînant une lutte pour les ressources.
°°° L’affaiblissement des Etats nations et des organisations internationales comme l’ONU, l’OTAN et l’Europe.

Que recommandent-ils pour régler ces problèmes ?
°°° Les frappes nucléaire préemptives. Pendant la guerre froide, personne ne tirait le premier; mais si quelqu'un tirait, la riposte anéantissait tout le monde. Maintenant, les galonnés nous disent: on tire les premiers, mais si vite que personne ne va riposter...
°°° La substitution du vote majoritaire à la règle du consensus à l'OTAN.
°°° Pour une opération donnée à l'OTAN, si tu ne participes pas, tu ne votes pas.
°°° L’usage de la force sans autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Si je résume tout cela: au lieu de renforcer les institutions internationales devant les problèmes qui s'en viennent, on les affaiblit pour pouvoir mieux utiliser notre force. On frappera les premiers avec des bombes nucléaires mais personne ne va répliquer, c'est garanti. On va utiliser ad nauseam les forces militaires pour contrer le terrorisme (comme en Afghanistan... ) et le crime organisé (comme en Colombie... ). On va contrôler les migrations de masse avec des murs, des miradors et des mitraillettes, et non pas par des pourparlers dans un ONU renforcé. On va assurer notre sécurité énergétique en contrôlant militairement les champs de pétrole, comme en Irak. Et personne ne va rien dire parce qu'on est les plus forts.

Il me semble entendre nos cinq penseurs galonnés prendre un bon digestif après un souper bien arrosé:
°°° La Chine ? Une bande de paysans illettrés.
°°° La Russie ? Une bande d'ivrognes qui meurent d'éthylisme à 60 ans.
°°° L'Inde ? Y sont même pas capables de faire du steak haché avec leurs vaches.
°°° Le Pakistan, le Venezuela, l'Iran ? Y a rien là.
°°° C'est nous qu'on est les plus forts.

Ce n'est quand même pas rien. Ces petits génies ont rédigé le manuel pour faire disparaître l'espèce humaine de la surface de la terre. C'est leur Exit final. Et cela ne se fera pas dans la dignité. On en sera peut-être réduits, au cours du long hiver nucléaire, à souhaiter avoir des sacs de plastique à notre disposition.

Si nos hommes politiques leur laissent la bride sur le cou...
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photo: Nuclear Winter, par Christopher Chan (Travelling in Japan).


jeudi 24 janvier 2008

Ombres sombres


Une peinture de Nancy Merkle intitulée Dark Shadows -- Original American landscape Oil Painting.

mercredi 23 janvier 2008

La mission des Américains


La revue Foreign Affairs a récemment demandé aux candidats à la présidence des États-Unis de définir par écrit les principaux éléments de leur politique étrangère. Alors que la planète entière en a marre de les voir se conduire en délinquants internationaux, de les voir se mêler de tout et de bousculer tout ce qui entre en conflit avec leurs intérêts, les Américains vivent encore dans ce rêve d'être les sauveurs de l'humanité et d'accomplir les desseins de Dieu sur terre. Les six principaux candidats, peut importe le parti, ont tous une très haute vision de la mission des États-Unis dans le monde: (Notre traduction)

· Hillary Clinton: "The world still looks to the United States for leadership. American leadership is wanting, but it is still wanted." «Le monde se tourne encore vers les États-Unis pour du leadership. Le leadership américain est faible mais on le désire encore.»
· Barack Obama: "We must lead the world, by deed and by example -- the American moment is not over, but it must be seized anew." «Nous devons mener le monde, par l'action et par l'exemple -- le momentum de l'Amérique n'est pas perdu, mais nous devons le relancer à nouveau.»
· John Edwards: "We must lead the world by demonstrating the power of our ideals, not by stoking fear about those who do not share them." «Nous devons conduire le monde en illustrant le pouvoir de nos idéaux et non pas en nourissant la peur chez ceux qui ne les partagent pas.»
· Rudy Giuliani: "It is clear that we need to do a better job of explaining America's message and mission to the rest of the world." «Il est clair que nous devons faire un meilleur travail pour expliquer le message et la mission de l'Amérique au reste du monde.»
· John McCain: "Our next president will need to rally nations across the world around common causes as only America can." «Notre prochain président aura besoin de rallier les nations de partout dans le monde autour de causes communes comme seule l'Amérique peut le faire.»
· Mitt Romney: "In no area is our leadership more important and more urgently needed than the Islamic world. . . . We are a unique nation, and there is no substitute for our leadership." «Nulle part ailleurs que dans le monde islamique notre leadership n'est-il plus important ni nécessaire de façon plus urgente... Nous sommes une nation unique, et il n'y a pas de substitut à notre leadership.»

Les observateurs chevronnés de la scène politique américaine vont mettre de côté ces déclarations de principe en disant que ce sont là des lieux communs que tout le monde se doit de dire quand on est candidat. Ils ajouteront que ce n'est pas là qu'on va retrouver les éléments qui vont distinguer les candidats les uns des autres. Et là, ils y vont de savantes analyses disant que McCain ne va jamais se retirer d'Irak, Romney peut-être, Clinton très graduellement, Obama graduellement mais plus vite que Clinton, et Edwards le plus rapidement possible.

Les observateurs chevronnés avaient-ils prévu les années de guerre du war president lorsque Bush a déclaré pendant le débat avec Al Gore en 2000: "If we're an arrogant nation, they'll view us that way, but if we're a humble nation, they'll respect us." «Si nous sommes une nation arrogante, ils vont nous percevoir de cette façon, mais si nous sommes une nation humble, ils vont nous respecter.»

Les observateurs avaient-ils prévu qu'après avoir menacé tout le monde («avec nous ou contre nous...»), après avoir pourri le dossier palestinien, après avoir mis le Moyen-Orient à feu et à sang, après avoir relancé le terrorisme islamique au Asie Centrale, avait-ils prévu, dis-je, que notre ami Bush aurait le culot de déclarer: "I’m sure people view me as a warmonger. And I view myself as a peacemaker.” «Je suis certain que les gens me voient comme un fauteur de guerre. Et je me vois personnellement comme un pacificateur

Un président américain dispose d'une très grande latitude d'action, surtout si le Congrès est faible. Il est à mon avis impossible de prévoir la future politique étrangère de quelque candidat que ce soit. Mais on peut d'ores et déjà prédire qu'elle s'inspirera du grand dessein que Dieu a réservé à ce peuple unique dont le monde attend le leadership avec empressement.
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photo: Pygargue à tête blanche.

D'après Maybe the world's not looking for missionary America to lead, de Pierre Tristam.

mardi 22 janvier 2008

Cantouque menteur


Cantouque menteur

les Louis Riel du dimanche
les décapités de salon
les pendus de fin de semaine
les martyrs du café du coin
les révolutavernes
et les molsonnutionnaires
mes frères mes pareils
hâbleurs de fond de cour un jour
on en aura soupé
de faire dans nos culottes
debout sur les barricades
on tirera des tomates aux Anglais
des oeufs pourris des Lénine
avant d'avoir sur la gueule
la décharge de plombs du sergent Dubois
du royal Vanndouze
à l'angle des rues Peel et Saint'Cat
c'est une chanson de tristesse et d'aveu
fausse et menteuse comme une femme
et pleureuse itou avec un fond de vérité
je m'en confesse à dieu tout puissant
mon pays mon Québec
la chanson n'est pas vraie
mais la colère si
au nom du pays de la terre
et des seins de Pélagie

Gérald Godin

Les Cantouques, Poèmes en langue verte, populaire et quelquefois française,
« Paroles », Parti pris, 1967, 56 p.
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photo: PAH, par loonatic.

lundi 21 janvier 2008

Gestes de souveraineté

Il y avait quelque chose de comique à voir l'empressement et la hargne des penseurs fédéralistes qui dénonçaient la stratégie des «gestes de souveraineté» préconisée par Pauline Marois. Et que dire des barricades qu'ils ont montées contre le «Nous» et la crise identitaire. Sans parler de l'horreur dont ils furent pris à la seule pensée d'une citoyenneté québécoise qui aurait pu empêcher un unilingue sri-lankais d'être candidat aux mêmes commissions scolaires que l'ADQ veut abolir sans que personne n'y trouve à redire.

Nos penseurs fédéralistes font de l'hyperventilation, ce qui peut amener des difficultés de concentration, la sécheresse des muqueuses, des palpitations, des douleurs thoraciques et de la fatigue. «L'hyperventilation peut aller jusqu'à la perte de connaissance, la tétanie par contraction musculaire, ou l'arythmie cardiaque.»

Je leur recommande la lecture de l'histoire du Québec pour retrouver un certain calme en constatant qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, que le soleil brillera demain et que pierre qui roule n'amasse pas mousse. Tenez, la simple lecture des Éphémérides d'Alcide pour aujourd'hui, 21 janvier, est un rappel que beaucoup de «gestes de souveraineté» ont été posés par nos ancêtres dans le passé, sans même savoir qu'ils faisaient du «Gérald Larose»:

°°° 21 janvier 1721. Naissance de James Murray.

Soldat britannique et administrateur des colonies; gouverneur de la province de Québec de 1764 à 1766. Murray a servi sous les ordres de Wolfe lors de la prise de Québec en 1759 et il a occupé la ville comme gouverneur militaire jusqu'à la conclusion de la guerre de Sept Ans en 1763. En 1764, il a été nommé premier gouverneur civil de la province de Québec. En cette qualité, il favorisait les habitants canadiens-français aux dépens des marchands britanniques fraîchement arrivés. Les marchands ont présenté une pétition demandant sa destitution, ce qui a mené à son rappel. On lui a donné raison mais il n'est pas retourné au Québec. Ses recommandations visant le maintien du droit civil français dans la province et l'ouverture des postes gouvernementaux aux catholiques ont été adoptées dans l'Acte de Québec de 1774. (N.S.)


°°° 21 janvier 1793. Le débat sur les langues

Le Débat sur les langues fut un des premiers débats de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada (aujourd'hui, le Québec), tenu le 21 janvier 1793. À cette occasion, il fut décidé de tenir le procès-verbal de la Chambre en français et en anglais, sans préséance de la seconde langue (pourtant langue du pouvoir britannique) sur la première. (N.S.)


°°° 21 janvier 1891. Décès de Calixa Lavallé

En 1880, le Congrès national des Canadiens-Français lui commande «Ô Canada» pour la fête de la Saint-Jean, les paroles étant écrites par Adolphe-Basile Routhier. «Ô Canada» fut exécuté par trois corps de musique réunis lors d'un banquet au pavillon des Patineurs de Québec, le 24 juin 1880, et obtint un succès décisif. (N.S.)


°°° 21 janvier 1948. Le drapeau du Québec flotte sur le Parlement

Le 21 janvier 1948, le Fleurdelisé devient le drapeau officiel du Québec à l'initiative de l'Assemblée Législative de la province (l'actuelle Assemblée Nationale du Québec) La province est alors sous la gouverne de Maurice Duplessis. La bannière reçoit ensuite la sanction royale le 9 mars 1950. Cette procédure est nécessaire car le Canada, Québec compris, est membre du Commonwealth britannique. Le Canada lui-même aura son propre drapeau seize ans plus tard, le 15 décembre 1964, lorsque le Premier Ministre libéral, Leaster B. Pearson, proposera un drapeau unifolié à la feuille d'érable pour remplacer la Red Ensign de la marine britannique. (N.S.)

°°° 21 janvier 1964. Fin du jeûne de Marcel Chaput

En novembre 1963, le chef du Parti républicain du Québec (PRQ), Marcel Chaput, avait entrepris un jeûne afin d'amasser des fonds pour sa formation et la défense de la cause indépendantiste. Chaput, pressé par un comité spécial de 23 personnalités qui lui demande de renoncer à son projet, décide finalement de mettre un terme à son jeûne. À ce moment, il a récolté 20 000 des 50 000 $ qu'il espérait obtenir. (N.S.)
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photo: Marcel Chaput en 1961, auteur inconnu.

samedi 19 janvier 2008

Le parcours d'André Pratte


Surfant sur le net, je suis tombé l'autre jour sur le carnet résistant de Renart L'éveillé. Le blogueur parlait d'une entrevue donnée par André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse, à Richard Martineau, chroniqueur vedette du Journal de Montréal et animateur des Francs Tireurs pour la circonstance. Les deux personnages qui semblaient au départ antipathiques à l'auteur du blogue lui sont devenus sympathiques par la candeur et l'ouverture de l'entrevue.

On peut revoir l'entrevue sur Dailymotion, en 2 parties:
C'est mediawatchqc qui a fait parvenir ces vidéos à Dailymotion.

André Pratte a voté OUI deux fois aux deux référendums sur la souveraineté. Puis il a cessé de croire que les Québécois fourniraient un jour une majorité confortable au Parti québécois pour faire un pays. Et il est passé à autre chose, notamment inciter ses concitoyens à passer à autre chose. André Pratte aime son pays. Il aime le Québec. Je respecte sa démarche.

Plein de gens s'interrogent. Philippe Navarro s'interroge dans Cessons ce vacarme, comme nous le rappelle artimon. Les idéologies sont embrouillées parce que certains pensent qu'il faut détester les Québécois pour être fédéraliste. Et d'autres, tout aussi confus, estiment qu'il faut détester le Canada pour s'en séparer. Or beaucoup de souverainistes aiment bien le Canada et tout autant de fédéralistes ont une réelle affection pour notre coin de pays. Le résultat, c'est l'échec des idéologies, l'impasse des émotions, le cul-de-sac politique. Et ce qui n'aide pas, le tout trempe dans cette grande baignoire de guimauve fondue qu'on appelle le bonheur.
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photo: Félix Leclerc, 1980 par merlinprincesse.

vendredi 18 janvier 2008

Et il fera - 20°C


Bonne chance aux NY Giants...

mercredi 16 janvier 2008

Ce serait lui

On le sait maintenant, il n'y a pas eu «d'incident du détroit d'Ormuz». Que Bush, Rice et Gates aient utilisé ce non-incident pour dénoncer le harcèlement des Iraniens en dit long sur l'état de paranoïa de l'administration américaine, et de la nation américaine.

John Byrne de therawstory nous rapporte que Gareth Porter d'asiatimesonline a débrouillé l'histoire de ce non-événement.

Non mais, regardez-moi la tête d'ahuri qui aurait, selon ces informations, failli déclencher la troisième guerre mondiale. Il s'agirait de Bryan Whitman, le principal responsable des relations avec les médias au Pentagone.

Cela me fait penser aux films de guerre américains. Pendant que les nobles soldats de la patrie, marines, GI ou espions, se battent sur le terrain, il y a presque toujours un traître à Washington, un bureaucrate ou un «politique», pour nuire ou pour saboter leur travail.

mardi 15 janvier 2008

George W. et ses amis arabes


Pendant que les F-18 américains jouent aux avions tamponneurs au-dessus du Golfe Persique, et ce en toute discrétion dans les mainstream medias, on faisait grand bruit de la conférence de presse où la marine américaine montrait les bandes vidéos et audios de «l'incident» du détroit d'Ormuz. Des vedettes rapides iraniennes ont demandé aux imposants navires de guerre blindés de la flotte américaine de s'identifier. Bush, Rice et Gates sont montés aux crénaux pour dénoncer le harcèlement iranien.

C'est déjà rigolo de voir des F-18 entrer en collision tellement ils sont nombreux dans le Golfe Persique, surtout qu'il n'y a pas eu mort d'homme. Mais la suite est encore plus drôle. Sur la bande audio dévoilée en conférence de presse, on entend assez clairement:

I am coming at you. You will explode in a few minutes.

Mais pendant ce bout de phrase, on n'entend plus le moteur de la vedette rapide. L'explication est simple. C'est le Filipino Monkey, un opérateur radio situé à terre qui s'introduit dans les conversations et lance toutes sortes d'insanités aux Américains. La marine américaine a admis que cette hypothèse est plausible.

Mais attendez, attendez, vous n'avez pas fini de rigoler. Et dire qu'il y en a qui me trouvent funèbre ! En réponse aux demandes d'identification des vedettes iraniennes, le commandant américain a répondu:


I am engaged in transit passage in accordance with international law.
Bon, je ne suis pas un expert en droit de la mer, mais il y a quand même des choses faciles à comprendre. Sur les détroits internationaux, comme le détroit d'Ormuz, la Convention des Nations Unies dit ceci:
A) On ne peut pas interdire le passage à quiconque dans un détroit international;
B) En contrepartie, celui qui passe doit le faire avec diligence, ne pas faire de recherches, ne pas menacer les riverains, etc.

Près de 160 pays ont signé et ratifié l'entente. Les États-Unis l'ont signée mais ne l'ont pas ratifiée. Et cela leur permet, pensent-ils, de dire aux Iraniens qu'ils ont un droit de passage parce qu'ils ont signé la convention, et en même temps d'utiliser leur sonar et de menacer les populations riveraines parce qu'il n'ont pas ratifié la convention. N'est-ce pas bien songé ? Comme délinquant international, on fait difficilement mieux.

Evidemment, le fait que les vedettes iraniennes appartiennent au Corps des Gardiens de la révolution islamique n'est pas une circonstance atténuante pour l'administration Bush, laquelle vient de voter une loi décrétant que cette organisation est de nature terroriste. Le problème, c'est que le Sunday Times vient de publier un article affirmant qu'on vient de voir le major général Mohammed Ali Jafari, le grand patron des Gardiens de la révolution islamique et un des individus inscrits sur la liste des personnes les plus recherchées, se promener comme ça à Baghdad et entrer dans la Zone Verte pour se rendre à l'ambassade américaine.

Tous les alliés des Américains dans la région se demandent ce que les Américains sont en train de concocter avec les Iraniens. Et avec quelle oreille ont-ils écouté Bush lorsqu'il tentait de rassurer ses alliés dans sa conférence de presse à Abu Dhabi:

Bush said the US is strengthening its "security commitments with our friends in the Gulf" and "rallying friends around the world to confront this danger". He also called Iran "the world's leading state sponsor of terror".
Le vieux sage indien, M K Bhadrakumar, conclut devant tous ces événements:

In the Arab world, perceptions matter the most, and nothing hurts more than being made to look foolish. The Filipino Monkey and Jafari have caused havoc on US standing in the Persian Gulf. Washington looks foolish. The Arabs have assessed that the right thing to do is to bide their time until a new president moves into the White House.

lundi 14 janvier 2008

Le football américain

Ce matin, je me sens comme si on m'avait chargé de retourner le botté d'envoi dans le match Patriots-Jaguars. Mais l'une des deux équipes s'est trompé et voilà que tous les joueurs sur le terrain courent vers moi pour me couper la tête. Trop nerveux, j'en oublie de demander l'immunité... Et voilà le résultat: je suis courbaturé, j'ai mal partout, je suis congestionné, je garde le lit (un peu) et je bois beaucoup de liquide.

Si vous pensez savoir ce qu'est une grippe d'homme, attendez d'avoir une grippe d'amateur de football américain !

Sinon, de ce point de vue, ce fut une fin de semaine de rêve. Tout d'abord le »vieux» Brett Favre bat son ancien coach Mike Holmgren avec trois passes de touché et un lancer de balle de neige. Holmgren trouvait que Favre n'était pas assez sérieux à l'époque. Et le tout, après avoir donné 14 points gratis aux Seahawks à la suite de deux échappées de Ryan Grant. (42-20, Packers)

Puis les Patriots en ont fait juste assez pour battre les Jaguars. Tout le monde s'extasie devant le record de 26 passes complétées sur 28 par Tom Brady et ses trois passes de touché. Mais on ne sait plus par quel bout prendre les Patriots. Ils ont un jeu aérien hors pair et les Jaguars un jeu au sol irrésistible. Mais voilà que le «petit» porteur de ballon Laurence Maroney (5' 11") des Patriots franchit 122 verges et le tandem dévastateur des Jaguars, Fred Taylor et Maurice Jones-Drew, ne fait que 66 verges. Quoi ? Les Patriots savent aussi courir ? (31-20, Patriots)

Les yeux encore un peu rougis des deux parties de la veille et le sort du monde ne requérant pas mon attention immédiate, je m'installe devant le téléviseur pour le match Colts-Chargers. Je les surveille car j'ai un plan secret: je veux que les Empaqueteurs du «vieux» Brett Favre affrontent les Patriots du vétéran Tom Brady au Super Bowl de cette année. Je veux que ces deux quarts-arrières de légende nous donnent un Super Bowl de légende. Favre, l'éternel gamin qui s'amuse d'un rien contre Tom Brady, le Terminator au sang d'antigel.

Dimanche donc, ce fut la victoire du courage contre le talent. Les Chargers de San Diego ont débordé les Colts d'Indianopolis malgré la perte de leur quart-arrière partant et de leur porteur de ballon étoile. (28-24, Chargers) Même histoire pour les Giants de New York qui ont choisi de se battre à mort dans une cause perdue contre les Patriots, dans la dernière partie de la saison. Ils ont perdu deux joueurs réguliers mais ils y ont reçu le vaccin «fierté». Depuis, ils ne perdent plus. (21-17 NYGiants)

Le problème des Chargers et des Giants, deux équipes courageuses, c'est qu'ils vont affronter en fin de semaine deux équipes talentueuses et courageuses. Et moi j'aurai mon Super Bowl de rêve: les Patriots de la Nouvelle-Angleterre contre les Packers de Green Bay. Ce sera leur deuxième rencontre à cet événement.
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photo: Snow Football, par Tostie14. Le match Packers-Seahawks avait parfois les allures de cette photo.

samedi 12 janvier 2008

Les ploutocrates

Ploutocratie, n.f.: Gouvernement par les plus fortunés. (Le petit Robert)

«La ploutocratie : (du grec ploutos : richesse ; kratos : pouvoir) consiste en un système de gouvernement où l'argent constitue la base principale du pouvoir. D'un point de vue social, cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité.
Actuellement, ce système est essentiellement une conception théorique et polémique, même s'il est courant de voir une très forte corrélation entre le pouvoir politique et la richesse. La qualification de "ploutocratie" est donc plutôt un argument dans le débat politique qu'un régime à proprement parler. Il existe cependant de multiples exemples historiques d’États où le pouvoir est exercé par une oligarchie (un petit nombre de personnes) de la richesse : quelques cités grecques, des cités-États de l’Italie médiévale (Gênes, Venise, Florence), ou la Ligue hanséatique.» (Wikipédia)

Les rédacteurs de Wikipédia semblent penser qu'aux États-Unis, l'argent ne constitue pas la base principale du pouvoir, qu'il ne s'y retrouve pas une oligarchie de riches et qu'il n'y a pas de fortes inégalités de revenus. Je les trouve bien polis.

Voici l'avoir net pour les principaux candidats à la présidence des États-Unis.
Chez les Démocrates:
Hillary Clinton: 34,9 millions de dollars
John Edwards: 54,7 millions de dollars
Barack Obama: 1,3 million de dollars

Chez les Républicains:
Mitt Romney: 202 millions de dollars
John McCain: 40,4 millions de dollars
Rudi Giuliani: 52,2 millions de dollars
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photo: Pièce d'or American Eagle, certifiée par le Gouvernement américain.

vendredi 11 janvier 2008

Du nouveau !

Le 9 janvier 1876

Les fleurs et les arbres commencent à bourgeonner dans le sud de l'Ontario et du Québec, par suite du temps exceptionnellement chaud qui sévit depuis trois semaines. Les températures ont souvent dépassé 15 degrés Celsius, comme ce fut surtout le cas entre le 31 décembre et le 2 janvier. Hamilton a connu la plus chaude température de cette vague de chaleur avec 21,6 degrés Celsius.

Le 10 janvier -49

Jules César franchit le Rubicon. La rivière avait une résonance toute particulière dans le droit romain car aucun général n'avait l'autorisation de la franchir avec une armée. Elle devint célèbre quand Jules César traversa la rivière avec ses légions en armes le 10 janvier 49 av. J.-C. sur les traces de Gnaeus Pompeius Magnus. Il viola la loi du Sénat romain. Si l'on en croit Suétone, il lança en franchissant la rivière la célèbre formule : « Le sort en est jeté » («Alea jacta est»).

Le 11 janvier 1913

La première voiture de type berline (quatre portes) est dévoilée au National Automobile Show de New York; elle est fabriquée par la Hudson Motor Company.


Le 12 janvier 1951

Albert Guay, 33 ans, monte sur l’échafaud. Albert Guay est pendu après avoir été reconnu coupable de meurtre dans l'affaire de l'explosion d'un avion à Sault-au-Cochon. Guay voulait alors se débarrasser de sa femme qui prenait place à bord de l'avion.L'explosion du DC-3 de CP Air, survenu le 9 septembre 1949, était l'oeuvre d'une conspiration entre Albert Guay et deux autres complices, Marguerite Pitre et son frère Généreux Ruest. Les deux complices seront également condamnés à monter sur l'échafaud. Après une tentative de suicide ratée, Marguerite Pitre sera pendue à la prison de Bordeaux, le 9 janvier 1953. L'affaire a inspiré en partie le scénario du film Le crime d'Ovide Plouffe (1984) tourné par Denys Arcand.

Les éphémérides d'Alcide

J'ai trouvé cette merveille grâce à Vigile. C'est l'une des multiples rubriques du site internet de L'école De La Petite-Bourgogne. Qui dit mieux parmi les blogueurs amateurs ? Plus de 9 millions de visiteurs !

J'ai tellement aimé ces éphémérides abondamment et intelligemment illustrées que j'ai placé un lien sur mon blogue, en bas de la galerie de portraits. Une belle façon de perdre son temps sans devenir idiot.

jeudi 10 janvier 2008

Conspirationnons II

Je dois rappeler la signification du néologisme «conspirationner». Il s'agit pour nous, simples mortels qui observons les agissements des grands hommes politiques et qui essayons de comprendre la logique de leurs mensonges disparates, d'élaborer les théories qui expliquent leurs conspirations. Conspirationner devient donc un exercice légitime et nécessaire devant les écrans de fumée et les shows de boucane dont ils entourent leurs activités coupables.

L'américaine d'origine iranienne Sibel Edmonds a été embauchée par le FBI après le naïnewonwon pour traduire un tas de documents en langues orientales qui s'empilaient sur les tablettes. Titulaire d'un doctorat en commerce international et d'une licence en criminologie, elle parle l'anglais, le turc, le farsi et l'azéri. Whistleblower audacieuse, madame Edmonds fut remerciée sans cause par le FBI à la suite des révélations et des dénonciations qu'elle a rendues publiques «sans jamais avoir outrepassé le ‘State Secret Privilege’ qui lui a été imposé» par les juges.

Le Times de Londres est un journal britannique conservateur fondé en 1785, soit 4 ans avant le début de la Révolution française. Il tire aujourd'hui à 650 000 exemplaires par jour et il appartient à un ami de Bush, le milliardaire Rupert Murdoch. Si le blogue Après tout... publiait en exclusivité de nouvelles révélations de la part de Sibel Edmonds, vous auriez jusqu'à un certain point raison d'avoir des doutes, étant donné que je n'ai pas d'équipe de recherche ni de vérification pour m'assurer du sérieux des allégations de madame Edmonds.

Mais si le Times publie en exclusivité: "For sale: West’s deadly nuclear secrets", pouvons-nous légitimement commencer à conspirationner ? Tout d'abord, pourquoi seul un journal anglais ose-t-il publier cette nouvelle ? La presse américaine en est-elle rendue à ce degré de servilité qu'il faille traverser l'océan pour échapper au courroux de George W., the war president ? Ou pour déjouer l'attention de son propagandiste Rupert Murdoch ?

Sibel Edmonds explique dans l'article du Times qu'au fil de ses traductions, elle a pris connaissance que des personnages très haut placés de l'administration Bush au sein du Pentagone et du Département d'état ont vendu des informations ulta-secrètes sur les armes nucléaires:
“If you made public all the information that the FBI have on this case, you will see very high-level people going through criminal trials.”
Edmonds poursuit en expliquant que les secrets nucléaires transitaient par les services secrets turcs et/ou israéliens avant d'être acheminés à l'acheteur véritable, soit le général Mahmoud Ahmad, chef des services secrets pakistanais, l'ISI. Oui, oui, celui-là même qui a effectué un virement de 100 000 $ à Mohammed Atta, le terroriste du naïnewonwon.

Sibel Edmonds continue de parler de cette affaire parce que les enquêtes du FBI ont été étouffées et que les audiences du Congrès n'ont rien donné, malgré que les Démocrates dominent dans les deux chambres. Seul Lawrence Franklin, un ancien analyste du Pentagon, a jusqu'ici été condamné pour avoir passé de l'information classée secrète à un diplomate israélien.
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photo: Sibel Edmonds.

mardi 8 janvier 2008

Le ridicule n'a pas tué

L'administration Bush est en train de sombrer dans le ridicule le plus complet.

Cela fait longtemps qu'on dit que la concentration des forces militaires américaines dans le Golfe Persique va finir par causer une catastrophe maritime et déclencher la guerre avec l'Iran. Le 6 janvier dernier, on a qualifié d'incident irano-américain le fait que des vedettes iraniennes demandent aux navires américains de s'identifier. La Maison Blanche estime qu'on harcèle ses navires et avertit Téhéran de ne plus faire cela.

Mais le plus drôle, c'est qu'il y a tellement d'armes, de bateaux et d'avions américains dans le Golfe que, finalement, ce sont deux avions américains qui sont entrés en collision l'un avec l'autre:
Téhéran. Irna. 8 janvier 2008.

Deux avions de chasse F-18 du porte-avions américain USS Harry Truman se sont écrasés dans le Golfe persique lundi après être entrés en collision dans les airs.

Les membres d équipage sont sains et saufs, a indiqué la Marine américaine.

"Les trois pilotes ont été récupérés sains et saufs à bord de l USS Harry Truman", a déclaré le vice-amiral Kevin Cosgriff, commandant de la Vème flotte américaine, basée à Bahreïn, lors d une téléconférence avec la presse.

Un responsable du Pentagone s exprimant sous couvert d anonymat a souligné qu il n y avait "aucun lien" entre cet accident et l'incident naval survenu dimanche entre des vedettes iraniennes et des navires de guerre américains dans le détroit d Ormuz.
De plus en plus, les États-Unis deviennent la risée du monde entier et le successeur de Bush devra donner des coups de barre décisifs et spectaculaires pour que ce pays regagne la confiance des autres Terriens.

M K Bhadrakumar explique ici à quel point les États-Unis se sont embourbés au Pakistan et en Iran.

David Olive, chroniqueur financier au Star de Toronto, est d'avis que la période de l'hégémonie américaine est déjà terminée et qu'on devra dorénavant composer avec 5 blocs: les États-Unis, l'Europe, la Russie, la Chine et l'Inde.
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lundi 7 janvier 2008

Tireur d'élites

Dans le film «Tireur d'élite», Mark Wahlberg (5' 7") assume sa virilité. Il est crédible en Bob Lee Swagger, un tireur d'élite et un commando spécialisé. Le réalisateur Antoine Fuqua y veille. De son côté, Ned Beatty excelle dans le rôle du sénateur Charles F. Meachum qui à lui seul représente bien les élites politiques républicaines. Je vous présente la quintessence de la pensée républicaine telle qu'exprimée par le sénateur:

Senator Charles F. Meachum: There's always a confused soul that thinks that one man can make a difference. And you have to kill him to convince him otherwise. That's the hassle with democracy.


Senator Charles F. Meachum: You got any plans after this? You have a rather unique skill set. I'd be interested in offering you a job.
Bob Lee Swagger: Work? For you?
Senator Charles F. Meachum: It's not really as bad as it seems. It's all gonna be done in any case. You might as well be on the side that gets you well paid for your efforts.
Nick Memphis: And what side are you on?
Senator Charles F. Meachum: There are no sides. There's no Sunnis and Shiites. There's no Democrats and Republicans. There's only HAVES and HAVE-NOTS.

Senator Charles F. Meachum: This is a country, where the Secretary of Defense can go on T.V., and tell the American public, oh, that "This is about freedom! It's not about oil!" And nobody questions him, cuz they don't wanna hear the answer, because it's a lie! There are only so many places at the table, Gunnie. Now, are you on the INSIDE, or are you on the OUT?

Et à la fin, lorsque le sénateur Meachum rigole avec ses complices, bien certain d'être protégé par les lois et les forces policières du pays, Bob Lee Swagger débarque et tue tout le monde. Il garde la sénateur pour la fin:

Senator Charles F. Meachum: Are you out of your mind? Are you out of your damn mind? I am a United States Senator!
Bob Lee Swagger: Exactly. (Kapow !)

Cela fait 7 ans que l'on s'échine contre la dialectique pourrie et à la limite du mépris que l'administration Bush déverse sur l'Amérique et sur le monde sans que rien n'influence en quoi que ce soit ses orientations. Les 11 millions de personnes qui ont protesté en 2003 contre la guerre en Irak ont été traitées de «focus group». Alors on en vient parfois à penser qu'il n'y a que la méthode de Bob Lee Swagger qui soit la bonne.

Quelle a été, d'après vous, la première sensation qu'a éprouvée Bob Lee Swagger après avoir tiré sur le sénateur ?

Le recul de l'arme.
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photo: Camoflauged Sniper, par Chewk.

vendredi 4 janvier 2008

L'auto qui roule à l'air pur

Elle coûte 7 000$, elle roule â 110 km/h, le plein coûte 3$ et vous permet de parcourir 200 km... Vous êtes partant ?

jeudi 3 janvier 2008

Bush voyage


Du 8 au 18 janvier, George W. Bush doit se rendre en Israël, en Cisjordanie, au Koweït, au Bahrain, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Egypte. On l'attend en Afrique en février pour faire des «photo op» sur la lutte contre le SIDA. Il sera présent en avril au sommet de l'OTAN en Roumanie, en juillet à la réunion du G8 au Japon, en août aux Jeux olympiques à Pékin et en novembre au sommet de l'APEC au Pérou.

Qu'est ce que George W. Bush peut accomplir pendant cette année de voyages dans la dernière année de sa présidence ? Je pense la même chose que vous, là-dessus. C'est comme si incurious George venait de se rendre compte que c'est sa dernière chance de faire le tour du monde sur le bras des payeurs de taxes américains. Ou peut-être que ses avocats lui ont dit de voyager maintenant, protégé par son titre de président des États-Unis, étant donné qu'il sera plus tard recherché comme criminel de guerre par la moitié des pays de la planète.

Que pourra accomplir Bush en Israël où il laisse pourrir les problèmes depuis 7 ans ? Annapolis n'a rien conclu, n'a fixé aucune échéance. Ce désintérêt pour le processus de paix s'est jumelé à un appui inconditionnel à Israël et à Ariel Sharon (qui, rappelons-le, n'est pas encore mort...) et à une mise à l'écart irréversible de Yasser Arafat jusqu'à la mort de ce dernier. Pauvre Arafat ! Pauvre malgré les millions qu'il a volés à son peuple, parce qu'au lieu de conclure au sommet avec Bill Clinton et Ehud Barak tenu en 2000, il a préféré attendre 2001 en pensant obtenir plus du fils de George H W Bush. Depuis, la portion palestinienne en Israël se réduit sans cesse au profit des colonies de peuplement et le mur consacre physiquement la ségrégation des populations arabes dans la région.

Pensez-vous que George W Bush aura la force morale et la prestance de Ronald Reagan pour lancer à son vis-à-vis israélien: "Mr. Olmert, open this gate! Mr. Olmert, tear down this wall!" ? Au contraire, il devra se cacher derrière le plus important dispositif de sécurité jamais déployé en Israël. Plus de 8 000 policiers seront sur les dents, la ville de Jérusalem sera à toutes fins pratiques immobilisée, l'autoroute entre Tel-Aviv et Jérusalem sera fermée, etc etc.

Et le plus drôle de tout, on va même conscrire les terroristes des Brigades des Martyrs d'Al Aqsa pour assurer la sécurité du président américain. En effet, les membres des forces de sécurité du Fatah, qui relèvent du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, sont aussi, à temps partiel, membres des Brigades terroristes. J'aimerais voir la tête du chef de la sécurité américaine en train de négocier avec les terroristes le partage des tâches afin de protéger Bush !
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photo: The Wall-Israel, Bethlehem, par jamestraceur.


mercredi 2 janvier 2008

Le mystère RBO éclairci



Le 23 décembre 2007, je m'interrogeais: «Je suis sincère. Je ne fais pas d'ironie. J'aimerais qu'on m'explique pourquoi le monde aime l'humour d'adulescents attardés de ces quatre quadragénaires qui composent le groupe RBO.»

Marc André Joanisse, journaliste au Droit, nous dit pourquoi il «accorde un gros «A» bien réfléchi à RBO et à son Bye Bye 2007». Il nous informe que le spectacle fut à la hauteur de ses attentes, suffisamment mordant, suffisamment mesquin et «bitch». Il est d'avis que «les gars de RBO ont été chiants comme ils en sont capables». Lucide, le journaliste précise que «c'est du RBO, alors le cabotinage doit être au rendez-vous.»
Joanisse parsème son article d'expressions comme «juste assez méchant», «pissant», «avec ses filles "boostées"», «digne de grand baragouinage», «impossible de trouver plus racoleur et condescendant».

On constate par ailleurs que si le journaliste a apprécié à ce point le spectacle, c'est qu'il semble faire partie du public cible de RBO. Son article contient des fautes d'orthographe et plein de phrases boîteuses qui sont autant d'indices des failles de sa pensée:

«On l'a vu traqué (sic) Vincent Lacroix dans le costume de la mascotte du Groupe Évasion et causé (sic) avec la ministre de l'Environnement du Québec...»
«la moitié des téléspectateurs sera d'accord et l'autre, nous tapera dessus.»
«L'olympienne en laisse et au crochet de son gourou ne laissera personne pantois.»
«Le groupe n'a pas épargné (...), Mario Dumont et son choix d'un député et ex-employé d'un Couche-Tard, comme critique des finances, ...»
«Ce Bye Bye a caché sa part de perles...»

En résumé, RBO s'adresse à ceux d'entre nous qui sont mesquins, «bitchs», chiants, cabotins, méchants, pissants, baragouineurs et racoleurs, ou à cette partie de nous qui l'est.

J'ai bien conscience que ce billet pourra sembler prétentieux et condescendant à plusieurs lecteurs. Mais vous pouvez être certains que je ne peux pas être plus prétentieux et condescendant que RBO et Radio-Canada, lesquels vous ont présenté ce triste spectacle en se pinçant le nez et en se disant: «Si c'est cela que le peuple veut, donnons-le lui !»
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photo: Four Christmas Dogs, par ccindigirard.

mardi 1 janvier 2008

Bonne année !


Bonne année à tous ! Quant à savoir si elle sera heureuse, il n'en tient qu'à vous. La grand-maman de Janette Bertrand disait déjà, à l'époque: « Le bonheur, c'est comme la confiture; quand on en veut, on s'en fait. »

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photo: Champagne Cork, par Paul Ingles.