Dès la première page de La haine de l'Occident, par Jean Ziegler, je trouve ceci:«Les giboulées de mars s'abattaient sur les arbres centenaires du chemin de l'Ermitage à Genève. Une fine couche de neige mouillée recouvrait les éclats rouges des buissons de magnolias, le rose des cerisiers du Japon et les branches d'or des forsythias.Il ne peut pas faire un froid polaire si la neige est mouillée. Il est rigoureusement impossible que des froids polaires et des giboulées se produisent en même temps.
Minuit approchait, il faisait un froid polaire.»
Bon, je sais, «froid polaire» est une image. L'auteur veut dire que, n'étant pas convenablement habillé pour se promener dans les rues de Genève par une température de -2°C, il avait froid comme s'il était au pôle nord, ou au pôle sud, à votre goût. Je le sais, vous le savez, mais le petit Africain qui lit Aimé Césaire et Jean Ziegler le sait-il ?
La morale de cette remarque préliminaire qui me saute aux yeux à la première page de l'avant-propos du livre, c'est que les hyperboles ne sont pas innocentes. J'ai l'impression, mauvaise, que Ziegler a tendance à en user abondamment. On verra. Je n'ai pas de préjugés mais je suis sur mes gardes.
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photo: Snow Fall on Magnolias, par nhojjohn58.








2 commentaires:
Cher Zylag,
A mon avis, l'auteur n'a pas souvent vu de neige de sa vie... A moins que , comme Bush, il ne croie que les chaussures soient une nouvelle forme de neige polaire ! :-)
Cette histoire m'a bien fait rire ! Il et vrai que si on s'amuse à relever les absurdités commises lors des métaphores des écrivains, on en a pour un bon moment; les plus grands eux-mêmes sont parfois tombés dans ce travers, mais c'est tellement savoureux !!!
Rions !
Tinky :-)
Merci de prendre cette remarque avec humour.
Beaucoup perdent le sens de l'humour lorsqu'on critique Ziegler si peu que ce soit.
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