lundi 24 novembre 2008

Money Talks


Il y a quelques jours, essayant de me placer dans la peau d'un bon américain moyen, je me suis demandé comment Obama pourrait faire le bien et éviter le mal pendant son mandat. Et curieusement, j'ai vu deux petites lumières au bout du tunnel de mon ignorance.

L'une provenait de Paul Craig Roberts, ancien sous-secrétaire d’état au trésor sous Ronald Reagan. «Supply-sider» impénitent, il croit toujours que l'état doit réduire les impôts pour les riches, de façon à ce que ceux-ci investissent davantage dans la production de biens et services, ce qui ferait tomber les prix et créerait plus d'emplois. Mais à part ce vice fondamental de la pensée, il lui arrive d'avoir des éclairs qui cernent bien les problèmes.

L'autre petite lumière venait de Nathalie Elgrably, chroniqueuse au Journal de Montréal. Je la connais très peu. Elle était (ou est encore ?) chercheuse associée à l'Institut économique de Montréal, elle est maintenant chargée de formation à l'Institut d'économie appliquée des HEC. Je ne peux pas dire qu'elle est libertarienne ou néo-libérale, mais elle annonce toujours des désastres quand l'état se mêle d'intervenir dans la vie économique. Mais à part ce vice fondamental de la pensée. il lui arrive d'avoir des éclairs qui cernent bien les problèmes.

Nathalie Elgrably souligne dans une chronique un point que peu de gens connaissent: «Le dimanche 9 novembre, la Chine a annoncé un plan de relance budgétaire de 586 milliards de dollars américains jusqu'à la fin de 2010 afin de stimuler la demande intérieure et de remédier ainsi au ralentissement économique et à la stagnation de ses exportations provoqués par la crise financière mondiale.»

Madame Elgrably explique par la suite que le gouvernement chinois dispose de plus de 1 500 milliards de dollars en devises américaines, surtout des bons du trésor. Pourquoi le gouvernement chinois financerait-il son plan de relance avec des hausses d'impôt, ou des emprunts, ou en imprimant de l'argent quand il dispose d'une telle somme en devises américaines, payable sur demande ? Et que va-t-il arriver aux États-Unis quand le trésor américain, déjà en grandes difficultés, devra rembourser les Chinois ?

De son côté, Paul Craig Roberts constate que le gouvernement américain dispose de très peu de marge de manoeuvre pour se sortir de la crise économique qui s'amorce. Hausser le impôts pendant que le chômage monte en flèche n'est pas une bonne idée. Les taux d'intérêts réels sont presqu'à zéro, donc on ne peut plus les baisser. Le déficit est énorme et on ne peut plus l'augmenter avec des programmes d'infrastructures ou des mesures sociales, qui d'ailleurs seraient financés par des bons du trésor achetés, peut-être, par les Chinois ou les Japonais. Mais même cela n'est plus certain. La Chine a déjà manifesté son désir de diversifier les devises étrangères qu'elle détient. Et si la voie de l'emprunt est fermée au gouvernement américain, il lui faudra imprimer de la monnaie, ce qui va causer de l'inflation.

Alors que faire ? Paul Craig Roberts ne voit plus qu'une issue: sabrer dans le budget militaire annuel de 600 milliards de dollars. Voilà une occasion qu'Obama pourrait saisir: « My fellow Americans, the wars are over !» Cela ne serait-il pas faire le bien et éviter le mal, tout en instituant une mesure de conservatisme fiscal de bon aloi ?
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photo: Money talks, par akhater.

5 commentaires:

Artimon a dit…

ce serait très bien en effet, sauf que ce n'est manifestement pas cela qu'il a dit qu'il ferait

mais c'est un politicien, au même titre que nos bouffons provinciaux ...

Zylag a dit…

Merci de la référence.

Par ailleurs, Churchill a dit: «To improve is to change. To be perfect is to change often.»

Tinky a dit…

Et s'il y avait des bandes de Robins des Bois qui se manifestaient partout dans le monde afin de dépouiller les riches pour mieux distribuer aux pauvres ? Elle est là, la solution, et pas ailleurs ! Tant qu'il y aura une fourchette des salaires qui ira de un à mille, le monde sera comme une cocotte minute, près d'exploser !
Tinky qui en a marre de l'indécence des riches et des gens célèbres et de voir des petits vieux fouiller dans les poubelles pour manger !!!

Guy a dit…

Le problème c'est que avec des attentats comme ceux de Mumbai... Obama ne pourra pas baiser les armes. "La guerre, la guerre, ce n'est pas une raison de se faire mal". Malheureuse, ça ne s'applique pas.
On ne peut pas se passer de policier dans une société civilisé, mais on peut se passer de ripoux.
Je souhaitais qu'Obama arrive, mais je ne veux pas que les États-Unis baissent les armes.

Zylag a dit…

@ Tinky: Ces bandes de Robins des Bois existent. On les appelle «partis socialistes», car en principe, ils ont à coeur de redistribuer la richesse nationale.

@ Guy: Bien sûr, il ne faut pas désarmer devant le terrorisme. Mais la quincaillerie militaire du Pentagone est de très peu d'utilité pour le combattre. Les techniques policières traditionnelles leur sont de beaucoup supérieures.