mardi 30 septembre 2008

À ceux qui aiment espérer


Il y a un vent de changement. La crise financière met à nu l'ineptie des politiques républicaines du «laisser-faire» économique. Obama fait de magnifiques discours, s'adressant à ce qu'il y a de meilleur en nous. Il inspire.

De son côté, McCain se colle aux politiques de Bush, le président le plus honni de l'histoire américaine. Il commet gaffe sur gaffe, à l'instar de sa co-listière, qui soutient mordicus que les dinosaures cohabitaient avec les humains , il y a 4000 ans.

Avons-nous raison d'espérer ? Non.

Ce qui nous concerne avant tout, nous les voisins des États-Unis, c'est la politique étrangère. Obama maintient le budget militaire stratosphérique à plus de 600 milliards de dollars. Et il se prépare lui aussi à bombarder l'Iran, donc à appliquer une politique militaire impérialiste. C'est plus de 25 % du budget de l'État. Ma conjointe me le faisait remarquer ce matin: c'est comme si un père de famille consacrait 25 % du budget familial en systèmes d'alarme, en caméras de surveillance, en clôtures barbelées, en armes de poing, en fusils de chasse, en habits de camouflage, etc. Les voisins diraient: «Ça va pas la tête ?» Eh oui, nous sommes les voisins des États-Unis.

Hé ! Obama ? Ça va pas la tête ?

Quant à McCain, c'est encore pire. C'est Bush sur les stéroïdes pour ce qui est des aptitudes guerrières. McCain est de plus un joueur avéré, un joueur qui aime parier contre les probabilités, un «looser», quoi ! Un individu fat, narcissique et stupide, à l'orée de la démence sénile, qui nous assène des contre-vérités avec l'assurance de celui qui ne veut rien savoir.

Avons-nous raison d'espérer ? Non.

Il y a deux semaines, Bob Gratton regrettait amèrement d'avoir accepté de franchiser son «gros garage» auprès d'une compagnie pétrolière américaine. Bob, américanophile convaincu, n'avait pas pour autant perdu foi envers «les Amaricains». Il se disait: «Comment ça se fait que, parmi toutes les bonnes compagnies de pétrole amaricaines, je sois tombé sur cette gang de crosseurs ?»

Il y a quelques semaines, un sondage confirmait la profonde plongée aux enfers du président George W. Bush. Précisons que le président Bush, plus encore que Ronald Reagan, a appliqué à fond les préceptes de la philosophie républicaine: le gouvernement n'est pas la solution, c'est le problème; il faut baisser les impôts, dérèglementer; on ne dialogue pas avec les terroristes; qui n'est pas avec nous est contre nous. Croyez-le ou non, les Républicains bon teint affirmaient que le problème, ce n'est pas la philosophie des Républicains, le problème, c'est George W. Bush, la pomme pourrie. Un autre président républicain, un meilleur, va régler leurs problèmes.

Quand on a la foi, ce ne sont pas les réalités qui nous ébranlent.

Avec la crise financière induite par la gabegie de l'administration Bush, là, c'est sûr, les tenants du libre marché auront compris, les apôtres de la «main invisible» se la fermeront pour un bout de temps ?

Ben non ! Cessez d'espérer, amants de l'espoir. Les vrais durs n'ont pas besoin d'espoir pour affronter les lendemains.

Pas plus tard qu'hier matin, le très urbain et disert Jean-Hugho Lapointe nous expliquait dans La Presse que toute cette merde de crise financière, nous la devons à Franklin Delano Rosevelt et à Jimmy Carter, deux présidents démocrates, des «bleeding hearts» émus par les misères des pauvres gens, absorbés par cette idée stupide de créer une classe moyenne vigoureuse en utilisant l'arme honnie entre toutes: LA RÉGLEMENTATION. Roosevelt a créé dans le cadre du New Deal, l'entreprise semi-publique Fannie Mae pour faciliter l'accès à la propriété par les pauvres. Plus tard est venu Freddie Mac, une autre entreprise pour aider les pauvres à avoir des hypothèques. Et vous savez quoi ? "Ces deux entités semi-publiques sont au coeur des récents événements», nous glisse subrepticement l'urbain et disert Jean-Hugho Lapointe.

Toujours selon Jean-Hugho, Jimmy Carter en a rajouté plus tard en instituant le Community Reinvestment Act pour encourager l'accès à la propriété des minorités dévaforisées. Un autre président démocrate, Bill Clinton a, par la suite, forcé les banques à accorder des «subprime loans» aux pauvres qui n'avaient pas de bons dossiers de crédit.

Voilà l'historique de l'actuelle crise financière, selon Jean-Hugho (j'aime bien ce prénom, Jean-Hugho, on voit tout de suite que ses parents le croyaient destiné à de grandes réalisations): trois présidents démocrates, de la réglementation, des pauvres qui veulent des maisons: une recette pour le désastre financier qui va possiblement jeter la planète dans une crise économique sans précédent.

Pouvons-nous penser que les tenants du libre marché à tout crin, les apôtres absolus de la «main invisible» vont se la fermer pour un bout de temps devant l'ampleur du désastre que leurs politiques ont amené ? Pas du tout ! Ils ressortent leurs vieux fantômes, le New Deal, Roosevelt, Carter, Clinton...

Quand on a la foi en la «main invisible», ce ne sont pas les réalités qui nous ébranlent.
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Photo: Adam Smith monument in Edinburgh, par duboff.

3 commentaires:

Zylag a dit…

J'apprends qu'Ann Coulter, la célèbre virago de la droite américaine, prétend elle aussi que la crise financière a été causé par la loi de Carter votée il y a 31 ans, le «Community Reinvestment Act».

Toute la droite conservatrice se raccroche à cette bouée, le CRA, pour détourner l'attention des véritables causes de la crise actuelle.

Guy a dit…

Tu as vraiment perdu confiance en Obama?
Moi, tout ses discours me font tellement vibrer que je regrette presque de ne pouvoir voter là-bas.

Zylag a dit…

Dans le domaine de la politique intérieure, il apportera de bonnes choses aux Américains. En politique étrangère, il sera moins agressif que McCain, c'est certain.

Mais, il maintient le budget militaire, la guerre en Afghanistan, et les menaces à l'endroit de l'Iran, tout en s'alignant unilatéralement sur Israël, comme Bush. tout cela n'annonce rien de bon sur le plan international