vendredi 11 juillet 2008

Berlusconi n'est pas content


Je vous assure que je ne fais pas exprès. Je ne suis pas obsédé par la ploutocratie ni par les ploutocrates. Seule l'actualité guide mon blogue de ce matin.

La Maison Blanche donne aux journalistes qui accompagnent le président des notes biographiques sur les participants du G8, de façon à faciliter leur travail. Le Corriere de la Serra rapporte que les notes données aux journalistes américains sur le président Berlusconi sont carrément insultantes:

«un des dirigeants les plus controversés de l’histoire d’un pays connu pour ses vices et sa corruption»(...) «Homme d’affaires aux gigantesques holdings et à la grande influence dans les médias internationaux», (...)considéré «par beaucoup comme un dilettante de la politique qui n’a obtenu son poste que grâce à sa considérable influence dans les médias nationaux», (...)«forcé à quitter le pouvoir en 2006», (...)«détesté par beaucoup mais respecté par tous, au moins pour son style personnel et sa force de caractère, Berlusconi a construit grâce à son sens des affaires et à son influence un empire personnel qu’il a utilisé comme tremplin pour diriger le gouvernement le plus long de l’histoire de l’Italie et devenir l’homme le plus riche du pays.»
Je reviens à mon vieux «petit Robert»: Ploutocrate, n.m. Personnage très riche qui exerce par son argent une influence politique. Plus j'y pense, la Maison Blanche vient de dire sans le dire que Berlusconi est le parfait ploutocrate. Mais, c'est que c'est très insultant, tout ça.

L'ambassade d'Italie à Washington proteste. La Maison Blanche s'excuse. Libération raconte que le porte-parole de la Maison Blanche a fourni cette explication:

«quelqu’un est allé sur Internet, y a pris des biographies et ne les a pas lues. Personne ne les a lues avant qu’elles ne soient mises dans la brochure. On a supposé qu’elles étaient de source respectable».
Rappelons que le gouvernement américain dispose de 16 agences de renseignement qui lui coûtent littéralement des milliards de dollars. Ce recherchiste de la Maison Blanche qui fouille sur le Net, ce doit être le même qui avait trouvé des armes de destruction massive en Irak...
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photo: Bellaciao.

6 commentaires:

Steve a dit...

"La Maison Blanche donne aux journalistes qui accompagnent le président des notes biographiques sur les participants du G8, de façon à faciliter leur travail."

Zylag, croyez-vous réellement ce que vous avez écrit? :-)

Voilà ce que cette "erreur" nous montre encore une fois: la Maison Blanche dit à ses serviles journalistes quel est son point de vue sur les dirigeants étrangers. C'est la ligne de l'Administration. Quand vous écrirez vos papiers, vous pourrez élaborer en tenant compte de ce script.

Le contrôle de la pensée est très efficace en démocratie mais il arrive quelquefois des dérapages.

Zylag a dit...

:-)

Admettons qu'il y a un peu de laisser-aller de ma part à parler de ces notes comme une façon d'aider les journalistes...

Quoique..., les observateurs les plus charitables disent que les journalistes ont trop de choses à faire pour fouiller leurs articles; d'autres, plus méchants, disent que les journalistes sont paresseux et qu'il faut faire le travail à leur place.

Ce qui donne à la Maison Blanche, et à tous les organisateurs de conférences de presse, l'occasion de vendre leur salade.

Tinky a dit...

Ce qui n'empêche pas hélas l'Italie d'être gangrenée par la mafia, la camorra, j'en passe et des pires... Et je ne sais pas si M. Berlusconi arrivera à se débarrasser de cette plaie, ou s'il fait de savants compromis avec. Ce qu'il y a de sûr c'est que, comme les cafards, quand on en détruit un nid, les mafieux reviennent, plus teigneux et pourris qu'avant !!! La seule officinel capable de lutter efficacement contre cette cochonnerie est Interpol ou le FBI, puisque la mafia a des ramifications aux USA... Et encore, ça n'a pas l'air facile... Tant que des machins comme ça séviront, comme des présidents qui noyautent tout, la démocratie n'est plus qu'une vue de l'esprit !!!

Guy a dit...

hahahahaha J'adore

Moi, ce qui me trouble, c'est que l'Italie l'aime sont Berlusconi parce qu'elle vote tout de même pour lui. Quoiqu'il en soit l'Italie, mafia ou pas, reste un des pays les plus agréable au monde.

Lorsque j'enseignais les relations publiques je disais aux étudiants "Les journalistes sont généralement trop "occupés" (comprendre paresseus), vous devez leur faciliter la chance. Si vous écrivez l'article pour eux, il y a de forte chance qu'il se retrouve copier/coller dans le journal"

Anonyme a dit...

Qu'est-ce que la démocratie?

Zed

Zylag a dit...

J'ai parfois l'impression que les Italiens aiment bien les «hommes forts» en politique parce qu'ils se sont dotés d'une constitution qui donne un régime parlementaire instable et des gouvernements instables.

Il y aurait trop de démocratie, en somme, pour que le pays soit gouvernable.

D'où la question à la fois pertinente et insoluble de Zed. («Qu'est-ce que la démocratie ?»)

Naissantes, dévoyées, mourantes, inefficaces, démagogiques, ploutocrates, vigoureuses, les démocraties sont tout ce que l'ensemble des citoyens veulent bien en faire.