
Les vents de folie emportent les foules. Ces temps-ci, c'est la Chine qui n'est pas fine et ce sont les membres du clergé le plus réactionnaire de la planète, les lamas tibétains, qui sont fins. Hier, c'était les membres du Falun Gong qui étaient fins. Et quand il n'y aura plus de problèmes, il y en aura encore.
Ce matin, tenez, je vois dans le journal un article sous la plume de madame Gruda portant le titre suivant: «Les JO déclenchent une vague de répression en Chine». La photo accompagnant l'article nous montre, on n'en doute pas, un Tibétain et son amie en train de se faire tabasser par des policiers, chinois sans doute. «Répression en Chine» oblige. Eh bien non ! Si on lit les petites lignes, ce sont des policiers népalais qui tentent de maîtriser des manifestants tibétains, donc étrangers, qui viennent faire du grabuge chez eux.
Dans un autre «coin» de notre Terre vit un charmant jeune homme très populaire qui a vu le prix du pétrole passer de 15 $/baril à plus de 100 $/baril et qui a renégocié la rente pétrolière de son pays pour la faire passer de 1 % à 33 %. Il s'appelle Hugo Chávez. Il consacre des millions de dollars à créer des coopératives de production, à baisser le prix des denrées de base, à importer des médecins cubains pour les pauvres, à bâtir des écoles. Il s'est fait élire et réélire, il a subi un putsch, il a survécu à un référendum sur sa destitution, il s'est plié au verdict d'un référendum qu'il a perdu sur la réforme constitutionnelle. On devrait aimer ce bon démocrate qui aide les pauvres.
Eh bien non, on ne l'aime pas !
Chávez parle trop fort. Il engueule le président Bush publiquement. Il se chicane avec Exxon, et avec le roi d'Espagne. Il reçoit chez lui Mahmoud Ahmadinejad. Steve Lendman remarque que le New York Times a un parti pris évident contre Chávez et il donne plusieurs exemples de la désinformation opérée par son correspondant Simon Romero à Caracas. Le site Axis of Logic, pour sa part, note que le Washington Post donne une couverture biaisée du Venezuela, spécialement dans la section «Opinions» dirigée par l'éditorialiste Jackson Diehl. Quand ces deux institutions journalistiques soufflent dans le même sens que le Département d'état, le reste des grands médias suit, et les vents de folie emportent les foules.
Et Mahmoud Ahmadinejad, est-ce qu'on l'aime, lui ? Encore un autre pas fin qui a dit qu'il voulait éliminer les Juifs. Si on le laisse construire la bombe nucléaire qu'il veut à tout prix, c'est sûr qu'il va la faire tomber sur Israël sans même s'occuper des vents dominants ce jour-là, des vents dominants qui risquent de pousser le nuage radioactif sur l'Iran ! Non mais, quel imbécile, cet Ahmadinejad ! On ne l'aime pas, lui non plus. Tiens, si ce n'était que de moi, on devrait bombarder l'Iran. Tous les journaux le disent, c'est un pas fin, lui non plus. Et les vents de folie emportent les foules.
Et Vladimir Poutine, lui, est-ce qu'on l'aime ? Non, on ne l'aime pas. Ce n'est pas un «vrai démocrate». Il a peut-être sauvé la Russie de la banqueroute et de la mafia des oligarques, mais on ne l'aime pas. On aimait plus la bonne bouille d'Eltsine. Il est impossible de lire un article sur Poutine sans qu'on nous explique que ce n'est pas un «vrai démocrate». Les Russes sont passés de l'empire des Romanov à la dictature du prolétariat, puis au Far-West des oligarques. Quand auraient-ils eu le temps d'apprendre la démocratie ? Poutine, c'est un pas fin. Surveillez-le, il va continuer de tout régenter même quand il sera parti. Y en a même qui disent qu'il est multimilliardaire. On ne peut pas se fier à lui. Il a l'air sournois.
Et les vents de folie emportent les foules.
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photo: Strong Against the Wind, par SpringChick.








2 commentaires:
Plus que d'accord avec toi!
Merci.
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