vendredi 30 novembre 2007

Mille soleils splendides

ATTENTION --- ATTENTION---ATTENTION
Minizylag, l'auteur de cette chronique, n'est pas critique littéraire. Il ne désire pas que vous lisiez ce livre, mais ne s'y oppose pas non plus. Il a personnellement beaucoup aimé mais c'est son affaire. Il va dévoiler la fin de l'histoire. Si vous préférez l'ignorer, ne lisez pas ce billet.

Je viens de terminer Mille soleils splendides, de Khaled Hosseini. Il m'est difficile de juger des talents littéraires de l'auteur, puisque c'est une traduction. Mais c'est un sacré bon conteur. Il n'y a rien de compliqué dans ce livre. L'histoire est linéaire, simple et fluide. Le vocabulaire est ordinaire, tout inclus dans les 2 000 mots qui nous sont nécessaires, dit-on, pour mener une vie normale. Et on tourne les pages avec hâte et gourmandise.

Les personnages principaux sont Rachid, la soixantaine, père de famille colérique paranoïaque et brutal; Mariam, la trentaine, sa première épouse, soumise, grincheuse et illettrée, dotée d'une faible estime de soi; sa deuxième épouse, Laila, la vingtaine, orpheline, « barefoot, pregnant and hungry » au sens littéral, et qui n'a eu d'autre choix que d'accepter le mariage avec Rachid; Aziza, la fille illégitime de Laila, issue des amours de cette dernière avec le bel unijambiste, Tariq; et finalement Zalmai, le fils de Laila et de Rachid.

C'est la misère, les conditions de vie sont difficiles. Mais il ne faut pas s'y tromper. Le père illégitime de Mariam est un riche commerçant de Hérat. Il lui trouve pour mari un cordonnier en vogue à Kaboul. Les communistes, les talibans et la sécheresse finissent par presque ruiner l'un et l'autre, mais ce ne sont pas de pauvres Afghans. Le père de Laila est moins riche, mais il est professeur et il valorise l'éducation de sa fille. Encore là, on est loin de l'Afghan moyen, si une telle chose existe.

À la fin, je me suis demandé quel avait été mon intérêt à dévorer ce livre. J'étais loin de m'identifier au vieux Rachid atrabilaire ni à aucune de ses deux épouses, bien contentes de mettre la burqa pour se promener dans Kaboul à l'abri de l'insolence des hommes. Toutes les recettes convenues du mélodrame sont utilisées dans ce livre. Les deux épouses qui se détestaient font front commun devant la brutalité d'un mari qui les bat. Un jour fou de rage, il essaie d'étrangler Laila. Mariam l'abat d'un coup de pelle. Mariam est condamnée et exécutée publiquement dans le grand stade de Kaboul. Laila, qui entretemps a retrouvé Tariq, fait un pèlerinage à la maison d'enfance de Mariam, où un imam voisin lui transmet une boîte destinée à Mariam: c'est l'héritage que le père de Mariam, repentant, lui destinait pour se faire pardonner. Laila garde la somme en souvenir de son amie. Tout va donc bien pour le couple Tariq et Laila qui s'installe avec les enfants dans un Kaboul libéré des talibans par les Américains.

C'est sûr, c'est mélo. Mais je dis qu'il ne faut pas bouder son plaisir parce que cela finit bien.

Au reste, l'intérêt principal n'est pas là pour moi. Dans le fond, ce que j'ai le plus aimé, c'est l'exotisme. C'est ce voyage intérieur par diverses familles afghanes à travers l'histoire récente du pays. Le roi Saher Shah, son cousin Daoud, les communistes, les Russes, Massoud et les moudjahidins, les talibans et finalement, les Américains qui tous, comme en sourdine, viennent rythmer le récit de Khaled Hosseini.

Mille soleils splendides. Splendide.

mercredi 28 novembre 2007

Feu feu, joli feu


À Sidikan, là où se rejoignent les frontières turques, irakiennes et iraniennes, on peut entendre depuis août dernier le barrage de l'artillerie iranienne qui pilonne les forces du « Parti pour une Vie Libre au Kurdistan » (PJAK) tapies dans les collines.

Nelson Rand d'Asia Times Online rapporte que les Forces Spéciales (SF) de l'armée américaine sont à l'oeuvre dans la région, de même que la Division des Activités Spéciales (SAD) de la CIA, cette même division dont le gouvernement américain va nier avoir jamais commandité les actions. D'ailleurs Téhéran accuse le gouvernement américain de financer et de former la guérilla du PJAK, ce que le gouvernement américain nie formellement, bien entendu. Mais quand on demande au chef de la police locale si la CIA est à l'oeuvre dans la région, il répond:

I am allowed to say no, but I am not allowed to say yes.
Fort de 4 000 membres et prétendant avoir tué 150 soldats iraniens, le PJAK dit recruter régulièrement parmi les 3,7 millions de Kurdes iraniens qui se sentent opprimés par Téhéran. Son but n'est pas de faire sécession, mais de renverser le gouvernement des mollahs.

Le PJAK entretient des liens avec le PKK, le mouvement kurde qui fait la guérilla en Turquie. Cela pose des problèmes à la province kurde irakienne qui est pratiquement autonome et qui redoute l'attaque de la Turquie parce que les membres du PKK viennent se réfugier en Irak.

On voit le tableau. La Turquie menace de frapper en Irak. L'Iran pilonne le PJAK dans les collines frontalières de l'Iran et de l'Irak. Le PKK harcèle Istambul et le PJAK fait de même avec Téhéran. Et qui s'amuse comme des petits fous dans ce joyeux bordel ? Les SF de la US Army et la SAD de la CIA.

On joue avec le feu, là.

lundi 26 novembre 2007

Données simples


Si on est partisan d'accéder à l'indépendance par référendum, il faut que le PQ prenne d'abord le pouvoir, car aucun autre parti, quoiqu'on en pense, ne tiendra un référendum sur la souveraineté. Dans ce cas, voter QS, ADQ, Vert ou même PI, c'est laisser le PQ dans l'opposition et c'est une autre façon de dire que l'on n'y croit plus.

Si on est partisan d'accéder à l'indépendance à la suite d'une élection référendaire, il faudra d'abord rallier toutes les forces souverainistes sous cette bannière, ce qui est très improbable, et par la suite gagner une élection pour déclarer la souveraineté, ce qui est impossible. Une fois engagé dans ce cul-de-sac, le « parti souverainiste » perdra élection sur élection et se dissoudra comme l'Union nationale. S'engager dans cette voie, c'est le baroud d'honneur, c'est une autre façon, plus flamboyante, de dire que l'on n'y croit plus.

Il n'y a qu'une façon d'accéder à la souveraineté, quand on y croit encore, c'est la fidélité si bête et inconditionnelle qu'elle soit au Parti québécois, comme l'avait bien vu Pierre Bourgault quand il a sabordé le RIN.

Le Parti québécois, fort de la fidélité de ses membres, devra se trouver un chef charismatique pour inspirer les autres citoyens du Québec et négocier sa place en Amérique du Nord avec le Canada et les États-Unis.

Si on pense faire la souveraineté en butinant sur les priorités environnementales, en flirtant avec des préoccupations sociales ou en se contentant de revendications autonomistes, si on pense faire la souveraineté en gagnant une élection référendaire avec une majorité de comtés et une minorité des votes, c'est que l'on n'y croit déjà plus.

Il y a bien des façons de rationaliser la chose, une fois que l'on ne croit plus.

jeudi 22 novembre 2007

La beauté de ces couleurs

Notre photographe d'hier, l'ingénieur français Maxime Gendre, maîtrise les couleurs de façon époustouflante:







mercredi 21 novembre 2007

Bonheurs en péril II

Il me faut apporter des précisions au blogue d'hier.

Je parlais de la « Terre » comme d'un astronef engagé dans une course folle. La terre tourne autour du soleil à la vitesse de 30 km/sec. Le soleil tourne autour du trou noir central de la Voie lactée à la vitesse de 230 km/sec. La Voie lactée s'éloigne de son point d'origine à la vitesse de 550 km/sec par rapport au « fond diffus ». Pendant les périodes où tout est bien aligné, nous voyageons dans l'espace à la vitesse de 810 km/sec, soit 2 916 000 km/heure, sans même se faire décoiffer, s'il n'y a pas de vent. Et encore, je n'ai pas tenu compte de la vitesse de rotation de la terre sur elle-même ni des excès de vitesse sur l'autoroute 40 qui peuvent s'ajouter si, encore une fois, tout est bien aligné.

Puisqu'on parle d'astronef, comment réagirait-on à un épisode de Star Trek où le capitaine Kirk ferait la vidange d'huile pour la jeter dans la réserve d'eau potable, où monsieur Spock saboterait le régénateur d'air et où le docteur McCoy se débarrasserait de ses déchets bio-médicaux dans l'armoire à balais ? C'est à peu de choses près ce qu'on fait avec la « Terre », qui est pour l'instant le seul astronef dont on dispose.

Je dois aussi apporter une autre précision concernant le ton pessimiste, et même un peu alarmiste du blogue d'hier. Je concède que d'autres blogues sont plus rigolos. Mais il faut me concéder que d'autres sont plus alarmistes encore. Je prends à témoin ce texte de Stephen Pizzo qui ne dort plus parce que:

- The world population increased from 3 billion in 1959 to 6 billion by 1999, a doubling that occurred over 40 years. The world population is projected to grow from 6 billion in 1999 to 9 billion over the next 30 years.

- It takes an average of 25 gallons of water to produce one pound of wheat. It takes 5,214 gallons of fresh water to produce one pound of beef. (Ummmmmmm steakkkkkk)

- It would take six Earths to provide the resources required to support every person on earth today if they lived and consumed like the average US citizen.

- Today over 800 million people - one sixth of the developing world's population - suffers from hunger and the fear of starvation.

- Global warming will add at least another 250 million to that number, mostly in Africa.
Et ainsi de suite...

Enfin, comme le dit zed blog en commentaire:
Être heureux et reconnaissants, si ça peut donner de la force et du courage pour participer aux changements qui pourraient faire en sorte que plus de gens le soient...
Pour vous donner un peu de bonne humeur, je vous offre ce clip de Mozinor. C'est plutôt débile au début, mais cela devient irrésistible vers la fin.
__________________________________________________________

photo: Voie lactée, par MaxFG.

mardi 20 novembre 2007

Bonheurs en péril


Le sud-est des États-Unis est frappé par la sécheresse et le gouverneur de Géorgie organise des prières publiques pour faire tomber la pluie.

Nous avons un gouvernement minoritaire à Québec. L'oppositions peut le faire tomber n'importe quand, c'est-à-dire aussitôt que les sondages seront favorables.

George W. Bush est déterminé à bombarder l'Iran et plusieurs observateurs sont d'avis qu'il est allé trop loin dans ses menaces pour reculer. Sous peine de sombrer dans le ridicule, il devra maintenant s'exécuter.

Le dollar américain risque de s'effondrer et les conséquences de son effondrement sont incalculables.

Nous avons un gouvernement minoritaire à Ottawa. Il peut être renversé n'importe quand, aussitôt que cela fera l'affaire des partis d'opposition.

Le pic pétrolier a été atteint en 2005. Dorénavant, la production de brut n'augmentera plus. Le nouveau pétrole coûtera de plus en plus cher à extraire. Les grandes puissances vont se positionner géopolitiquement pour s'assurer un approvisionnement, avec leurs armées s'il le faut.

La glace des deux poles est en train de fondre à la vitesse grand V, à un rythme qui surprend même les scientiques les plus pessimistes.

La guerre en Afghanistan ne va nulle part. Même ses plus farouches défenseurs au Canada commencent à parler de « mission impossible ».

Au Pakistan, les Islamistes intégristes se réjouissent de la lutte entre Bhutto et Musharraf. Tapis dans l'ombre, ils se préparent à prendre le pouvoir et le contrôle de l'arme atomique.

La Russie est passablement agacée des ouvertures de l'OTAN envers les anciens pays de l'URSS. Poutine commence à hausser le ton, ce qui amène des relents de guerre froide.

Sur l'astronef « Terre » qui poursuit sa course folle dans un espace en expansion, des humains vaquent à leurs occupations quotidiennes, insouciants des menaces qui les entourent. Au Québec, 88 % d'entre eux sont heureux. Et pourquoi pas ?
________________________________________________________

photo: World Happiness par Mike fj40.

vendredi 16 novembre 2007

Le problème II

J'ai récemment pris connaissance d'un texte extrait d'un essai publié dans la revue Argument, repris par le journal Le Devoir, puis numérisé et envoyé sur le web par Vigile. Il s'agit de Doit-on en finir avec l'indépendance ? du philosophe Daniel Jacques. Le sujet m'intéresse. Je trouve un peu dommage que la réaction sur Vigile, jusqu'ici, hésite entre « Coudonc chose, tu te penses-tu au-dessus de nous autres ? » et « Ben si t'es fatigué, va donc te coucher ! »

Il reste tout de même que le texte du philosophe Daniel Jacques n'est pas facile à lire. J'ai donc demandé au petit gorille Minizylag, mon avatar d'intello, de traduire le texte du philosophe en langage courant sans le déformer, autant que possible, et sans non plus introduire d'éléments satiriques.
Doit-on en finir avec l’indépendance ? Telle est la question qui s’impose à nous aujourd’hui et à laquelle nous avons le devoir de nous attaquer. En abordant un tel sujet, il faut d’abord reconnaître, après deux référendums successifs sur la souveraineté, l’existence de ce que je nommerais, en reprenant certains termes de l’équation formulée par Aquin, la fatigue politique du Québec français.
Constatons d'abord qu'après deux reférendums perdus, les gens sont fatigués d'entendre parler de la souveraineté.

J’estime, pour ma part, que cette faiblesse constitue un indice précieux de notre condition actuelle et que l’interprétation de ce phénomène récurrent ouvre la voie à une compréhension plus juste de notre situation historique. Davantage, c’est cette réalité, que nous avons peine à accepter, voire à formuler, qui explique les louvoiements si nombreux de nos politiques depuis plus de 40 ans, eux qui n’ont jamais pu envisager sérieusement de s’engager sur la voie d’une véritable révolution nationale, faute du soutien populaire nécessaire.
Il faut faire l'admission de cette fatigue généralisée des gens pour la chose politique afin de comprendre notre situation actuelle et d'expliquer pourquoi nos leaders politiques n'ont pas pu nous amener plus loin: ils n'ont pas eu assez d'appui populaire.

Sachant que la réalisation de l'indépendance est très peu probable, quels sont les coûts et les bénéfices de poursuivre quand même le rêve de la souveraineté ? Sans nier qu'il existe des avantages stratégiques à viser la souveraineté même si on sait que cela n'arrivera pas, l'auteur mentionne trois désavantages que cette option comporte: la mauvaise foi, le mépris de soi et le déni du réel.

Le jeu politique est fait de contacts humains. Si on est de mauvaise foi en politique, on perd la confiance de ses collègues, on devient cynique et à terme, le fonctionnement de la démocratie est vicié. Cela finit par se savoir qu'on y croit plus.

Viser la souveraineté en sachant que c'est un idéal impossible engendre le mépris de soi. Que pensez-vous de ce peuple qui s'est dit NON deux fois, qui n'est même pas capable de se lever le matin pour aller voter, qui peut saisir la souveraineté comme une fleur, sans coup férir, et qui ne se donne même pas la peine de le faire ? Le mépris de soi.

La poursuite de cette illusion nous conduit enfin au déni du réel:

Le fait de poursuivre la réalisation d’un rêve que nous savons sourdement menacé d’échec (...) peut nous conduire, à terme, à vivre dans le déni de la réalité, préférant la poursuite de l’idéal, si nécessaire dans l’échec, à la lourde réalité de ce monde changeant et désormais voué à la réalisation d’autres projets.

Nous pouvons bien avoir un musée national, une capitale nationale et bientôt, si le parti souverainiste reprend le pouvoir, une constitution nationale, il demeure que nous n’avons pas de pays au sens proprement politique et que nous résidons toujours dans une province.
Et pendant qu'on se confine dans le rêve, le pays réel, lui, se construit ailleurs.

Certains vont choisir l'option de poursuivre leur idéal, attendant une improbable gaffe de nos concitoyens canadiens du ROC pour « acculer » les Québécois à leur souveraineté. D'autres vont accepter de reviser leur option pour toutes sortes de raisons qui leur appartiennent et accepter de faire à nouveau partie du Canada, ou comme dit l'auteur, « d’amorcer un retour raisonnable et raisonné au Canada français dans le cadre d’une politique de reconnaissance mutuelle ».

Je réfléchis. Où est la vérité ? Et si cette vérité ne me plaît pas, suis-je capable de vivre avec ?

mercredi 14 novembre 2007

Le problème


Le voilà, notre problème: nous sommes heureux.

Maisonneuve en direct nous l'a dévoilé, ce midi:
La majorité des Québécois, soit 88 %, sont plutôt heureux, selon un sondage de Léger Marketing réalisé pour le compte de l'Institut du Nouveau Monde. L'enquête a été menée en début d'année auprès de 2006 personnes. La marge d'erreur est de 2,1 %, 19 fois sur 20.
Dirigé par Michel Venne, l'Institut du Nouveau Monde ne saurait être accusé de se complaire dans la propagande fédéraliste canadienne. S'il constate que les Québécois sont heureux dans le Canada, c'est que force lui est de constater que les Québécois sont heureux dans le Canada.

Je le redis. Le Québec est un pays de Cocagne qui a toujours vécu à la périphérie des grands empires de façon à en retirer tous les bénéfices et sans avoir à en payer le prix. Il y eut d'abord l'empire français qui nous a subventionnés jusqu'en 1763, bien peinards ici, à l'abri des guerres, des famines et de la peste qui ravageaient l'Europe. Puis l'empire anglais a suivi, lui qui nous a beaucoup concédé, y compris la démocratie et le développement économique, pour éviter que l'on se joigne aux colonies américaines rebelles. Enfin, l'empire américain s'est pointé, et ses richesses débordent chez nous pendant qu'on se paye un système de santé universel et qu'on n'est pas obligé de s'armer de pistolet pour se défendre, ni de s'enrôler pour faire de sales guerres.

Bref, on est heureux au Canada. Pourquoi changer ça ?

Le désir d'indépendance ressemble à une démangeaison. On se gratte avec un référendum, et ça nous passe. Quoi ? Est-il honteux d'être heureux ?


mardi 13 novembre 2007

Ershi yi shiji

Ershi yi shiji veut dire 21 ème siècle, en mandarin. On a appelé Quattrocento le 15 ème siècle, celui de la Renaissance italienne. Certains observateurs commencent à parler du 21 ème siècle comme celui de la Renaissance chinoise. D'autres, des idéologues de la démocratie, sont d'avis qu'il ne peut sortir rien de bon d'une dictature communiste.

Considérons ce fait brut: sur les 1 300 millions de Chinois, 100 millions font maintenant partie de la classe moyenne, c'est-à-dire qu'ils n'en sont plus à consommer que le strict nécessaire. Ils achètent plein de choses futiles, comme vous et moi, et ils épargnent, comme la culture chinoise les y incite. Il y a donc plus de gens de classe moyenne en Chine qu'au Canada. Cela pèse d'un certain poids sur l'économie mondiale.

J'aime bien à l'occasion extraire des données en vrac à partir d'articles divers pour voir la nouvelle trame narrative qui se reconstruit d'elle même à partir des faits. En voici quelques uns sur la Chine d'aujourd'hui:


° Les prochains Jeux Olympiques d'été commencent le 8 août 2008 dans un stade de 91 000 personnes construit à Pékin.

° La ville de Pékin reçoit chaque année 120 millions de touristes, dont 3 millions sont des étrangers.

° Près de 4 millions de guides touristiques parlant anglais sont à l'entraînement pour aider les visiteurs attendus pour les Jeux.

° Shanghai tiendra une exposition universelle en 2010, deux ans seulement après les Jeux Olympiques.

° La semaine passée, Pékin a tenu un sommet grandiose réunissant 48 leaders africains. Le président Hu Jintao leur a donné 10 milliards de dollars en aide bilatérale. La Chine se procure maintenant 30 % de son pétrole en Afrique. L'Angola vient de dépasser l'Arabie Saoudite comme principal fournisseur de la Chine.

° La Chine courtise également le Venezuela et l'Iran.

° Le surplus commercial de la Chine pour le 3 ème trimestre se chiffre à 102 milliards de dollars et ses réserves monétaires dépassent les mille milliards de dollars, devançant ainsi le Japon sur cette question.

° La Chine continue de financer les États-Unis et persiste à soutenir le dollar autant que possible pour éviter que ses propres réserves en dollars ne se dévaluent.

° L'argent coule à flot et il se fait beaucoup d'investissements spéculatifs, surtout dans l'immobilier. L'État cherche à ralentir cette suractivité pour éviter la surcapacité de production et la déflation qui en découle.

° Les entreprises privées sont efficaces mais les entreprises d'État sont des dinosaures; l'argent n'est pas alloué efficacement car les banques prêtent pour servir leurs intérêts politiques et non pas pour le bénéfice financier de la banque.

° La Chine s'occidentalise à vitesse grand V dans le domaine des vêtements, de la nourriture et du management. L'anglais est populaire.

° La culture chinoise est résiliente. Elle absorbe toutes les influences pour les transformer selon ses propres schémas culturels.

° Les capitales européennes s'éveillent à l'importance de la Chine. En témoignent les événements suivants: « L'année de la Chine en France » en 2004, les célébrations « China in London 2006 », « L'année de la Chine » en Russie en 2007.

° On estime à 30 millions le nombre de personnes non-chinoises qui apprennent le mandarin dans le monde. La Chine met en place un peu partout des Instituts Confucius, sur le modèle des Alliances françaises.

° Le chinois est la deuxième langue parlée sur le Web avec 100 millions d'internautes.

° Des artistes d'origine chinoise atteignent de plus en plus la renommée internationale: Zhang Yimou, Ang Lee, Wong Kar Wai, le compositeur Tan Dun, Yoyo Ma, Cai Guoqiang, le prix Nobel Gao Xingjian. Les actrices Gong Li, Zhang Ziyi and Maggie Cheung sont connues en Europe et aux États-Unis.

° Les entreprises chinoises ont investi 75 milliards de dollars dans 160 pays.
___________________________________________________________

photo: Chinese Railway Workers in Canada, par matthewfromtoronto.

lundi 12 novembre 2007

Salade de saison XXIV

Il l'a encore fait !

L'ultime comeback kid a encore réussi son coup. Bill Clinton est allé dîner avec le milliardaire Richard Mellon Scaife. Après une aimable conversation de deux heures, ce dernier a rédigé un chèque substantiel à l'intention de la fondation William J. Clinton. Le milliardaire n'est pas encore prêt à financer la campagne d'Hillary mais son avocat, Yale Gutnick, est dorénavant en mesure d'affirmer que Bill et Richard sont maintenant membres de la même société d'admiration mutuelle.

Où est l'exploit ? Richard Mellon Scaife est le propriétaire du Pittsburgh Tribune-Review et du site web Newsmax qui ont fouillé partout, cherchant des scandales pour ternir la présidence de Bill Clinton. Il a aussi financé le magazine American Spectator qui cherchait des impropriétés du côté financier, de même que l'Arkansas Project qui voulait démontrer que Clinton, ancien gouverneur de l'Arkansas, protégeait les vendeurs de drogue, à l'époque. Enfin, un tas de fric a servi à mousser les rumeurs à l'effet que le couple Clinton y était pour quelque chose dans la mort de leur collaborateur Vince Foster.

Bref, le chef de la « vast right-wing conspiracy », c'était lui, Richard Mellon Scaife. Quelqu'un a déjà dit que Bill Clinton ne supporte pas qu'on ne l'aime pas. Si on lui laisse assez de temps, il va reconquérir la planète.


À TLMEP, Angélique sauve Jean-François

Si je ne l'avais pas vu, je ne l'aurais pas cru. Tout était en place pour faire de Jean-François Lisée le plat de résistance du « dîner de cons » du dimanche soir, à TLMEP. Le fou du roi avait commencé à déstabiliser M. Lisée avec des blagues idiotes sans rapport avec le sujet. Patrick Huard, tendu comme une corde de piano, s'apprêtait à le charger avec la même agressivité qui avait désarçonné Gérald Larose dans l'affaire du manuel scolaire sur la souveraineté. Vous vous souvenez ? «Moé, je veux pas que ma fille lise ça, OK-là ! »avait clamé M. Huard, en substance.

On le sait, le projet de la citoyenneté québécoise n'a pas fait l'unanimité et la levée de boucliers des forces fédéralistes fait hésiter plus d'un souverainiste. Jean-François Lisée, communicateur hors pair, expliquait bien l'idée, mais ce n'est qu'une idée, assez abstraite quand même. Et après tout, M. Lisée, ce n'est qu'un intellectuel. Pire que tout, ce n'est qu'un péquiste, il n'est pas neutre. Enfin, ce n'est qu'un Québécois, comme nous, qu'est-ce qu'il sait de plus que nous, là-dessus ? Bref, on sentait l'auditoire vaciller en studio.

Et là arrive Angélique et sa magnifique envolée sur sa fierté de béninoise qui parle français (et de multiples autres langues), sur l'assurance tranquille d'un peuple qui peut et doit poser les conditions nécessaires à sa survie. Angélique Kidjo, chanteuse internationale, venue du Bénin et vivant aux États-Unis, est allée insuffler aux Québécois un peu de son enthousiasme extraordinaire, et c'est sous les applaudissements qu'elle a enlevé le morceau. Le fou du roi s'est tu. Huard ravala sa bile. Le roi, dont les yeux deviennent de plus en plus petits au fur et à mesure que l'émission avance, changea de sujet.


Match Dieudonné-Martineau au 3950

Se présenter à TLMEP, c'est du sport mais aller au 3950, c'est un sport extrême ! Dieudonné, qui semble adorer être au centre des controverses, et Richard Martineau, qui adore être au centre des controverses, ont volé la vedette. Il se sont engueulés, ils se sont coupé la parole, ils ont ridiculisé l'opposant, pour finir le tout par des paroles gentilles en se serrant la main, avec des « Richard » longs comme le bras et des petits « Dieudo » pleins d'affection. J'exagère, je sais. Mais pas de beaucoup.

Quel debater, ce Dieudonné. Il est si catégorique et incisif qu'il vous oblige presqu'à l'affronter. Et il est si pertinent et intelligent qu'il vous oblige à dire des bêtises si vous l'affrontez. Un dilemme que n'a pas su résoudre Richard Martineau. Ce que Martineau a véhiculé comme lieux communs en si peu de temps (!) : Le Pen est presque négationniste, s'afficher avec lui c'est donner prise à l'accusation d'antisémitisme, il n'est pas bien de rencontrer le président d'Iran, on oblige les Iraniennes à se voiler, en démocratie on peut critiquer, en Iran on ne peut pas, le président de l'Iran veut annihiler Israël... etc. Enfin, tous les clichés de la pensée unique au sujet de laquelle il affirme qu'elle n'existe pas.

François Bogingo a par contre résolu le dilemme dans lequel Dieudonné place les gens. Il a exprimé ses points de vue de façon éloquente, mais sans insister là où Dieudonné avait un bon point. Bogingo réagissait vite et donnait rapidement raison là où il n'y avait pas lieu de discuter. Cela a donné de beaux échanges. Je l'aime bien, ce Bogingo, plus que l'organisation (Reporters sans frontières) dont il est vice-président.


Kucinich les surveille

Le représentant Dennis Kucinich, candidat à l'investiture démocrate, surveille le langage utilisé dans le Defense Authorization Bill de 2008. Tel que rédigée, la loi permettrait à l'armée d'intervenir sur le territoire américain à la demande des autorités civiles:
The Secretary of Defense shall determine the military-unique capabilities needed to be provided by the Department of Defense to support civil authorities in an incident of national significance or a catastrophic incident.
On ne parle plus seulement de catastrophes naturelles. C'est vaste comme portée, un incident d'envergure nationale...


Doudou accuse

Doudou Diène, juriste sénégalais occupant la fonction de Rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a fait part devant une commission de l'Assemblée générale de l'ONU de son désarroi devant une tendance récente à "légitimation intellectuelle du racisme (…) sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale". (N.S.)

Il cite à titre d'exemple le discours du président Sarkozy à Dakar où ce dernier affirmait:

Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. (...) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (...) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
M. Diène réplique:

Dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes.
Ciel et pattes de gazelles ! S'il fallait que Doudou Diène entende parler de la Commission Bouchard-Taylor, on est bons pour se faire imposer une troupe de 10 000 Casques bleus pakistanais afin de nous remettre dans le droit chemin de la rectitude onusienne...

vendredi 9 novembre 2007

Bouchard-Taylor vu par Facal-Tremblay

Comme deux échos qui de loin se confondent, deux textes intéressants sur la Commission Bouchard-Taylor sont sortis concurremment de nos deux empires de presse. Il s'agit de Les vierges offensées de Joseph Facal et de Le regard des autres de Martine Tremblay.

Les deux auteurs concluent à la maturité et à la modération de la grande majorité des interventions du « peuple » devant les commissaires. N'étant pas tombés de la dernière pluie ni l'un ni l'autre, ils constatent aussi, comme je l'avais déjà fait ici, que les problèmes reliés à l'intégration des immigrants sont beaucoup plus aigus ailleurs et qu'on ne saurait traiter le peuple québécois de xénophobe sans faire la démonstration par le fait même de sa propre ignorance en ces matières.

Et les deux auteurs, Facal et Tremblay, constatent que les élites médiatiques québécoises ont fait montre de bien des réticences devant le caractère ouvert et populiste des multiples audiences tenues un peu partout sur le territoire, souvent en direct et sans le filtre de la rectitude journalistique. Joseph Facal attribue ces réticences au caractère ombrageux des élites médiatiques qui n'aiment pas que le peuple prenne lui-même la parole:
Je vais vous confier un secret: ce qui heurte vraiment les apôtres du multiculturalisme chartiste, qu’ils soient universitaires ou journalistes, ce n’est pas seulement que le peuple ne dit pas ce qu’ils voudraient entendre, même quand son propos n’a rien de raciste. C’est le fait même que le peuple prenne la parole. Mais ils ne l’avoueront évidemment jamais.

Pour eux, le peuple, par définition, ne peut rien avoir à dire de vraiment intéressant qu’ils ne sachent déjà, et ces graves et délicates questions devraient être laissées aux sages qui s’y connaissent vraiment. Eux-mêmes.
Martine Tremblay pour sa part explique que les réticences viennent du caratère timoré de nos élites et de sa peur du qu'en-dira-t-on :

Bref, dans certains milieux, on se préoccupe à ce point de notre image face aux autres qu'on oublie que ces mêmes autres vivent les mêmes problèmes, débattent des mêmes questions, avec des risques souvent bien plus grands de dérapage, et qu'ils ne se soucient pas le moins du monde de notre opinion.
Les deux explications ne sont pas contradictoires et même se complètent bien. Ce qui fait en plus la saveur de ces textes, ce sont les légères piques dont ils sont parsemés:

¤ Fatigués des «dîners de cons» organisés sur le plateau de Tout le monde en parle, ... (M. T.)
¤ Et quand on cesse de craindre l'avis des étrangers, on sollicite celui des illustres disparus. (M. T.)

¤ Bien sûr, cette frilosité, cette gêne associée à la hantise du regard des autres sont le fait d'une minorité, mais combien visible, influente et causante. (M. T.)

¤ Cela n’empêche pas les propagandistes du multiculturalisme à la canadienne de jouer les vierges offensées. (J. F.)

¤ ... alors ils prennent un air grave pour nous dire leur «inquiétude». (J. F.)

¤ Aujourd’hui, les curés laïcs du multiculturalisme se réveillent et découvrent avec stupéfaction qu’ils étaient totalement déconnectés du peuple, et que celui-ci ne pense pas nécessairement comme eux. (J. F.)
___________________________________________________________

photo: Philips El 3757, par Devlin Thompson.

jeudi 8 novembre 2007

Le véto est RE-FU-SÉ !

En démocratie américaine, le corps législatif composé de la Chambre des représentants et du Sénat prépare et vote les projets de loi. Les deux chambres doivent s'entendre entre elles avant de présenter leurs projets à l'exécutif, c'est-à-dire au président. Ce dernier peut simplement les accepter pour les mettre en vigueur, ou opposer son véto. Par contre, un vote des deux tiers dans chacune des Chambres à l'encontre de la volonté du président peut annuler le véto présidentiel.

Jusqu'ici, Bush n'a utilisé son droit de véto que quatre fois, dont un pour refuser un programme d'assurance-santé aux enfants pauvres. Il vient d'en signifier un cinquième à un projet de loi de 23 $ milliards visant à résoudre un peu partout de multiples problèmes reliés aux cours d'eau, notamment pour réparer les dégâts de l'ouragan Katrina et pour restaurer les Everglades en Floride. Le Water Resources Development Act (WRDA), puisqu'il faut l'appeler par son nom, a maintenant réussi ce miracle: le pouvoir législatif américain a mis le pied à terre et s'est opposé victorieusement au pouvoir exécutif.

En effet, mardi, la Chambre des représentants votait à 361 voix contre 54 le rejet du véto présidentiel et aujourd'hui, le Sénat faisait la même chose par un vote de 79 à 14. Le WRD Act sera donc mis en vigueur malgré l'opposition du président. Je ne sais pas si les élus américains n'ont pas été le premiers surpris de voir qu'ils détenaient un pouvoir et qu'ils pouvaient l'exercer. J'espère que cela va les enhardir et qu'après les problèmes de l'eau, qui sont bien réels, ils s'attaqueront bientôt à d'autres problèmes tout aussi réels, notamment dans le domaine de la politique étrangère. Qui sait jusqu'où ils pourront aller ?

Pour placer la chose dans son contexte, il faut dire que dans l'histoire de la vie politique américaine, les présidents ont opposé leur véto 2555 fois, lesquels ne furent renversés par les Chambres que 107 fois. Il vient donc de se passer quelque chose d'important.
__________________________________________________________

photo: Bush's Veto, par MotherPie.

mardi 6 novembre 2007

L'opinion d'Elvis sur la crise identitaire

sur la souveraineté...

sur l'immigration...

sur la consommation...

lundi 5 novembre 2007

Proclamation


WHEREAS there is visible ascendancy in the activities of extremists and incidents of terrorist attacks, including suicide bombings, IED explosions, rocket firing and bomb explosions and the banding together of some militant groups have taken such activities to an unprecedented level of violent intensity posing a grave threat to the life and property of the citizens of Pakistan;

WHEREAS there has also been a spate of attacks on State infrastructure and on law enforcement agencies;

WHEREAS some members of the judiciary are working at cross purposes with the executive and legislature in the fight against terrorism and extremism thereby weakening the Government and the nation’s resolve and diluting the efficacy of its actions to control this menace;

WHEREAS there has been increasing interference by some members of the judiciary in government policy, adversely affecting economic growth, in particular;

WHEREAS constant interference in executive functions, including but not limited to the control of terrorist activity, economic policy, price controls, downsizing of corporations and urban planning, has weakened the writ of the government; the police force has been completely demoralized and is fast losing its efficacy to fight terrorism and Intelligence Agencies have been thwarted in their activities and prevented from pursuing terrorists;

WHEREAS some hard core militants, extremists, terrorists and suicide bombers, who were arrested and being investigated were ordered to be released. The persons so released have subsequently been involved in heinous terrorist activities, resulting in loss of human life and property. Militants across the country have, thus, been encouraged while law enforcement agencies subdued;

WHEREAS some judges by overstepping the limits of judicial authority have taken over the executive and legislative functions;

WHEREAS the Government is committed to the independence of the judiciary and the rule of law and holds the superior judiciary in high esteem, it is nonetheless of paramount importance that the Honourable Judges confine the scope of their activity to the judicial function and not assume charge of administration;

WHEREAS an important Constitutional institution, the Supreme Judicial Council, has been made entirely irrelevant and non est by a recent order and judges have, thus, made themselves immune from inquiry into their conduct and put themselves beyond accountability;

WHEREAS the humiliating treatment meted to government officials by some members of the judiciary on a routine basis during court proceedings has demoralized the civil bureaucracy and senior government functionaries, to avoid being harassed, prefer inaction;

WHEREAS the law and order situation in the country as well as the economy have been adversely affected and trichotomy of powers eroded;

WHEREAS a situation has thus arisen where the Government of the country cannot be carried on in accordance with the Constitution and as the Constitution provides no solution for this situation, there is no way out except through emergent and extraordinary measures;

AND WHEREAS the situation has been reviewed in meetings with the Vice President, Governors of all states, and with Chairman Joint Chiefs of Staff Committee, Chiefs of the Armed Forces, Vice-Chief of Army Staff and Corps Commanders of the American Army;

NOW, THEREFORE, in pursuance of the deliberations and decisions of the said meetings,

1. I George W. Bush, Commander in chief, proclaim Emergency throughout the United States of America.

2. I hereby order and proclaim that the Constitution of the United States of America shall remain in abeyance.

3. This Proclamation shall come into force at once.
__________________________________________________________

N.B. Ceci est le texte de la proclamation du Général Pervez Musharraf adaptée pour les fins de ce billet à une situation théorique où pourraient se retrouver les États-Unis. Considérant la longue série de batailles perdues par les Démocrates, incluant la dernière avec la nomination de Michael Mukasey comme ministre de la Justice, de même que l'acceptation tacite de la torture que cette nomination implique, que feraient-ils de concret advenant une proclamation semblable par George W. Bush ?

Et le peuple américain, apeuré et abruti par sept années de mensonges manufacturés par l'administration Bush, étayés par les think tanks de droite et véhiculés par une presse complaisante, ne serait-il pas mûr pour qu'on lui confisque des élections où le taux d'abstention est déjà alarmant, afin de permettre au « Decider » de continuer la « guerre au terrorisme » qui menace la civilisation occidentale ?

Je vous entends dire: « Oh non, cela ne se peut pas ! »
__________________________________________________________

photo: Sans titre, par MatthewBradley.

dimanche 4 novembre 2007

Sans commentaire

Nations Unies A/C.1/62/L.18/Rev.1
Assemblée générale
Distr. limitée
31 octobre 2007

Soixante-deuxième session
Première Commission
Point 98 de l’ordre du jour: Désarmement général et complet


Effets de l’emploi d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri


L’Assemblée générale,
Guidée par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et les règles du droit international humanitaire,

Résolue à promouvoir le multilatéralisme en tant que moyen essentiel de faire progresser les négociations sur la réglementation des armements et le désarmement,

Convaincue que, l’humanité ayant davantage conscience de la nécessité de prendre immédiatement des mesures pour protéger l’environnement, il faut, face à tout événement risquant de compromettre ces efforts, s’employer d’urgence à mettre en oeuvre les mesures nécessaires,

Tenant compte des effets potentiellement néfastes de l’emploi d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri sur la santé et sur l’environnement,

1. Prie le Secrétaire général de solliciter les vues des États Membres et des organisations internationales compétentes sur les effets de l’emploi d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri, et de lui présenter un rapport sur la question à sa soixante-troisième session;

2. Décide d’inscrire à l’ordre du jour provisoire de sa soixante-troisième session le point intitulé « Effets de l’utilisation d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri ».
_________________________________________
Résultats du vote:

POUR: 122 pays
CONTRE: États-Unis, Israël, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, République tchèque.
ABSTENTIONS: Canada, Australie et 33 autres pays.

vendredi 2 novembre 2007

Ah ça ira, ça ira, ça ira...


C'est aujourd'hui la date limite pour s'inscrire aux primaires du New Hampshire. Cela veut dire que les élections américaines s'en viennent. Je n'ai pas grand espoir que cela va changer grand chose, quelqu'en soit le résultat. Rudolf Giuliani ou Hillary Clinton ? Giuliani pourra porter les vêtements de Hillary, et Hillary ceux de Giuliani, qu'on ne s'en apercevra pas.

Je veux dire, on ne s'en apercevra pas pour les choses qui comptent. Aucun des deux, pas plus qu'aucun des autres candidats, n'a ce qu'il faut pour mettre fin à la « guerre au terrorisme », pour calmer la paranoïa du peuple américain et le mener aux verts pâturages du multilatéralisme et de la paix dans le monde. Tout le reste est roupie de sansonnet et ne servira à rien lorsque nous chercherons du bois de chauffage pour passer à travers l'hiver nucléaire.

Et ce n'est pas la gauche américaine qui va mettre de la pression sur Hillary. La gauche américaine est en effet bien mal partie. Le journal The Daily Telegraph vient de faire la liste des 100 personnalités « libérales » de l'heure. Voyez par vous-mêmes et cherchez à espérer:

_ au 8 ème rang: Arnold Schwarzenegger, gouverneur républicain de Californie;
_ aux 9 ème, 15 ème et 21 ème rangs, les multi-milliardaires Oprah Winfrey, George Soros et Warren Buffett; je n'ai rien contre les milliardaires, on a même démontré que la gauche caviar a joué un rôle important dans l'histoire, mais tout de même !...
_ au 23 ème rang: Colin Powell, le « bon soldat » de George W. Bush...
_ au 25 ème rang: Michael Bloomberg, maire républicain de New York et multi-milliardaire;
_ au 36 ème rang: Maureen Dowd, un « loose cannon », prête à tout pour un « bon » mot;
_ au 38 ème rang: Chris Matthews... hein ? Chris Matthews...
_ au 47 ème rang: Joe « Bomb Iran » Lieberman;
_ au 55 ème rang: Ralf Nader, le gars qui a fait élire George W. Bush;
_ au 58 ème rang: John Abizaid, le général de Bush qui a raté l'occupation de l'Irak;
_ au 60 ème rang: Michael O'Hanlon, auteur de « A War We Might Just Win », célébrant les prouesses de l'armée américaine en Irak.

Peuple à genoux, voici tes sauveurs. Here they are...

À ceux qui mettraient en doute la méthodologie du Daily Telegraph, je ferai remarquer que cette dernière semble impeccable, vu que le journal a placé George W. Bush seulement au 21 ème rang des personnalités conservatrices les plus influentes, ce qui confirme son rôle de simple haut-parleur. Le journal a aussi démasqué l'ancien trotskyste et joyeux buveur Christopher Hitchens, malgré son déguisement d'athée, pour le placer au 27 ème rang des conservateurs les plus en vue.
__________________________________________________________

Illustration: Hillary Clinton guidant le peuple américain.

jeudi 1 novembre 2007

Hotel du Nord


J'ai revu Hotel du Nord (1938) hier. Rien que de réentendre la plus célèbre réplique du cinéma français a fait mon bonheur. Louis Jouvet joue Monsieur Edmond, un ancien bandit et Arletty est Raymonde, la prostituée au grand coeur:

_Raymonde: Pourquoi qu'on part pas pour Toulon ? Tu t'incrustes, tu t'incrustes. Ça finira par faire du vilain.
_Edmond: Et après ?
_Raymonde: Ah, t'as pas toujours été fatalitaire.
_Edmond: Fataliste.
_Raymonde: Si tu veux. Le résultat est le même. Pourquoi que t'as la caille ? On n'est pas heureux tous les deux ?
_Edmond: Non !
_Raymonde: T'en es sûr ?
_Edmond: Oui !
_Raymonde: T'aimes pas notre vie ?
_Edmond: Tu l'aimes, toi, notre vie ?
_Raymonde: Faut bien, je m'y suis habituée. Par terre, on se dispute mais au lit, on s'explique. Et sur l'oreiller, on se comprend. Alors ?...
_Edmond: Alors rien. J'en ai assez, tu saisis, je m'asphyxie, tu saisis, je m'asphyxie !
_Raymonde: Partons pour Toulon. Puisqu'il y a la mer, tu respireras mieux.
_Edmond: Partout où on ira, ça sentira le pourri.
_Raymonde: Allons à l'étranger, aux colonies.
_Edmond: Avec toi ?
_Raymonde: C't'idée !
_Edmond: Alors ce sera partout pareil. J'ai besoin de changer d'atmosphère, et mon atmosphère, c'est toi !
_Raymonde: C'est la première fois qu'on me traite d'atmosphère... Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?
__________________________________________________________
photo: L'Hotel du Nord, aujourd'hui.