ATTENTION --- ATTENTION---ATTENTIONMinizylag, l'auteur de cette chronique, n'est pas critique littéraire. Il ne désire pas que vous lisiez ce livre, mais ne s'y oppose pas non plus. Il a personnellement beaucoup aimé mais c'est son affaire. Il va dévoiler la fin de l'histoire. Si vous préférez l'ignorer, ne lisez pas ce billet.
Je viens de terminer Mille soleils splendides, de Khaled Hosseini. Il m'est difficile de juger des talents littéraires de l'auteur, puisque c'est une traduction. Mais c'est un sacré bon conteur. Il n'y a rien de compliqué dans ce livre. L'histoire est linéaire, simple et fluide. Le vocabulaire est ordinaire, tout inclus dans les 2 000 mots qui nous sont nécessaires, dit-on, pour mener une vie normale. Et on tourne les pages avec hâte et gourmandise.
Les personnages principaux sont Rachid, la soixantaine, père de famille colérique paranoïaque et brutal; Mariam, la trentaine, sa première épouse, soumise, grincheuse et illettrée, dotée d'une faible estime de soi; sa deuxième épouse, Laila, la vingtaine, orpheline, « barefoot, pregnant and hungry » au sens littéral, et qui n'a eu d'autre choix que d'accepter le mariage avec Rachid; Aziza, la fille illégitime de Laila, issue des amours de cette dernière avec le bel unijambiste, Tariq; et finalement Zalmai, le fils de Laila et de Rachid.
C'est la misère, les conditions de vie sont difficiles. Mais il ne faut pas s'y tromper. Le père illégitime de Mariam est un riche commerçant de Hérat. Il lui trouve pour mari un cordonnier en vogue à Kaboul. Les communistes, les talibans et la sécheresse finissent par presque ruiner l'un et l'autre, mais ce ne sont pas de pauvres Afghans. Le père de Laila est moins riche, mais il est professeur et il valorise l'éducation de sa fille. Encore là, on est loin de l'Afghan moyen, si une telle chose existe.
À la fin, je me suis demandé quel avait été mon intérêt à dévorer ce livre. J'étais loin de m'identifier au vieux Rachid atrabilaire ni à aucune de ses deux épouses, bien contentes de mettre la burqa pour se promener dans Kaboul à l'abri de l'insolence des hommes. Toutes les recettes convenues du mélodrame sont utilisées dans ce livre. Les deux épouses qui se détestaient font front commun devant la brutalité d'un mari qui les bat. Un jour fou de rage, il essaie d'étrangler Laila. Mariam l'abat d'un coup de pelle. Mariam est condamnée et exécutée publiquement dans le grand stade de Kaboul. Laila, qui entretemps a retrouvé Tariq, fait un pèlerinage à la maison d'enfance de Mariam, où un imam voisin lui transmet une boîte destinée à Mariam: c'est l'héritage que le père de Mariam, repentant, lui destinait pour se faire pardonner. Laila garde la somme en souvenir de son amie. Tout va donc bien pour le couple Tariq et Laila qui s'installe avec les enfants dans un Kaboul libéré des talibans par les Américains.
C'est sûr, c'est mélo. Mais je dis qu'il ne faut pas bouder son plaisir parce que cela finit bien.
Au reste, l'intérêt principal n'est pas là pour moi. Dans le fond, ce que j'ai le plus aimé, c'est l'exotisme. C'est ce voyage intérieur par diverses familles afghanes à travers l'histoire récente du pays. Le roi Saher Shah, son cousin Daoud, les communistes, les Russes, Massoud et les moudjahidins, les talibans et finalement, les Américains qui tous, comme en sourdine, viennent rythmer le récit de Khaled Hosseini.
Mille soleils splendides. Splendide.























