David Sanger, depuis 24 ans au New York Times et l'un de ses journalistes senior, dirige le bureau de Washington pour le journal. Il sait de quoi il parle quand il parle de l'administration Bush. Est-ce qu'il nous dit tout ? Ça, c'est une autre question. vendredi 28 septembre 2007
Soyons réalistes, voyons !
David Sanger, depuis 24 ans au New York Times et l'un de ses journalistes senior, dirige le bureau de Washington pour le journal. Il sait de quoi il parle quand il parle de l'administration Bush. Est-ce qu'il nous dit tout ? Ça, c'est une autre question. jeudi 27 septembre 2007
L'amendement Kyl-Lieberman

Mohamed Ali a dit: « I ain't got no quarrel with them Viet Cong ... They never called me nigger. » Mais qu'est-ce que les Iraniens ont fait aux Américains ?
Je l'avoue. Je suis profondément perturbé par le pointage de 76 à 22 obtenu au Sénat américain par les partisans d'une guerre avec l'Iran. Soixante-seize d'entre eux ont voté avant-hier à 12:44 PM pour l'amendement Kyl-Lieberman, pour en fait dire que (1) c'est la politique du gouvernement américain de combattre en Irak les activités violentes et déstabilisatrices de l'Iran et de ses satellites tels le Hezbollah; (2) que le Sénat approuve l'usage prudent de tous les instruments, y compris l'armée, pour mettre en vigueur la politique décrite en (1) concernat l'Iran et ses satellites; (3) que les États-Unis désignent les Gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste.
Hillary Clinton, représentante du 2 ème État juif sur la planète, l'État de New York, a voté pour. Barack Obama, représentant des noirs qui pensent qu'il faut être gentil avec les blancs, n'a voulu choquer personne et s'est abstenu. Le Parti démocrate, digne membre participant de la ploutocratie américaine, s'est encore effondré. On est parti pour une autre guerre. Si vous en doutez encore, considérez ceci: quand le président d'une université prestigieuse comme Columbia insulte ouvertement un chef d'état invité, fut-il Mahmoud Ahmadinejad, il y a là un symptôme. Mais quand tout le monde aux États-Unis le félicite de son geste courageux au lieu de le blâmer pour son incivilité, on a là un syndrome, celui d'une maladie mortelle en phase terminale, celui du déclin de l'empire américain.
Gareth Porter analyse ici, en détail, que l'amendement Kyl-Lieberman ne repose sur aucun fondement réaliste. Ce n'est basé que sur du vent et des mensonges. Les milices shiites n'ont pas été entraînées en Iran, l'Iran ne les contrôle pas et ne leur fournit pas d'armes, de l'avis de la communauté américaine du renseignement.
Chris Durang nous met ici en garde contre l'utilisation que l'administration Bush peut faire de l'amendement Kyl-Lieberman:
It is non-binding, but it is a "sense of the Senate" amendment basically saying the Senate views Iran as a danger to our war in Iraq, and that it is hunky-dory for the president to use everything at his benighted fingertips to oppose Iran, including military options, which means bombing and war.Mais ne voient-ils pas ? Les Américains ne voient-ils pas où leur folie meurtrière va conduire l'humanité ? Un jour ou l'autre, ils vont finir par écraser le petit orteil ou de la Russie ou de la Chine. Et alors ? Non mais, quelle bande de ploucs et d'idiots ! Collectivement, bien entendu !
___________________________________________________________
Photos, à gauche, le républicain Jon Kyl et à droite, l'indépendant Joe Lieberman. Source: Wikipédia dans les deux cas.
mercredi 26 septembre 2007
mardi 25 septembre 2007
Escarmouches pour une guerre

dimanche 23 septembre 2007
Le mystère du raid israélien en Syrie

Et la machine à rumeurs s'emballe. On apprend de sources gouvernementales américaines qu'il s'agissait d'une usine servant à produire des armes nucléaires avec l'aide de la Corée du Nord. John Bolton affirme que le site sert à cacher du matériel nucléaire que la Corée du Nord veut soustraire à l'inspection de l'Agence internationale de l'Énergie atomique. Il est question d'un navire nord-coréen qui a livré sa cargaison trois jours plus tôt dans un port syrien. Pour d'autres, c'est un avertissement à la Syrie de ne pas réarmer les milices du Hezbollah. Il s'agissait, dit-on, d'un convoi d'armes à destination du Liban. Pour certains, il n'était question que de vols de reconnaissance photographique, pour d'autres, d'une attaque à caractère stratégique qui a permis à l'état hébreu d'anéantir, pour le moment, la menace syrienne.
Pendant que les organes de presse occidentaux se livraient aux pires rumeurs décrites ci-haut, le gouvernement Olmert se livrait avec la Syrie au jeu de la diplomatie. Il se disait prêt à ouvrir des négociations de paix sans conditions préalables. Le premier ministre israélien déclara le 11 septembre sur le réseau Al-Arabiyya:
I am ready to sit with you and talk about peace, not war. I will be happy if I could make peace with Syria. I do not want to wage war against Syria.
We are ready for dialogue with Damascus.
Curieux, hein ? Ça explique peut-être la réaction modérée des Syriens. Mais l'affaire n'en reste pas là.
Vous sous souvenez de cette remarque étonnante de Paul Wolfowitz au sujet des mille et une raisons d'envahir l'Irak:
For bureaucratic reasons, we settled on one issue, weapons of mass destruction, because it was the one reason everyone could agree on.
Israeli commandos seized nuclear material of North Korean origin during a daring raid on a secret military site in Syria before Israel bombed it this month, according to informed sources in Washington and Jerusalem.
The attack was launched with American approval on September 6 after Washington was shown evidence the material was nuclear related, the well-placed sources say.
They confirmed that samples taken from Syria for testing had been identified as North Korean. This raised fears that Syria might have joined North Korea and Iran in seeking to acquire nuclear weapons.
vendredi 21 septembre 2007
Dion

Prenons à témoin ce bref échange, qui n'est pas verbatim, mais pas loin:
C.G.: À court terme, qu'est-ce que vous aller changer si vous voulez regagner la confiance des Québécois ?
S.D.: On va faire le débat au sujet de Stéphane Dion, qui je suis, qu'est-ce que je veux faire.
C.G.: Pas sur les erreurs que vous auriez pu commettre lors des élections partielles ?S.D.: La principale erreur, c'est que j'ai hésité à me mettre au devant du débat. Je suis une personne très collégiale...
Le problème, par exemple, c'est que les gens pensent que je ne reconnais pas l'identité québécoise, alors que j'ai été le premier à parler de la nation québécoise, que le bureau de M. Harper m'a appelé pour savoir..., pour faire en sorte que ce soit bien fait. M. Dubuc dans son article dit que M. Dion ne reconnaît pas la nation québécoise. Si quelqu'un d'aussi bien informé que lui croit cela, combien de gens sont dans l'erreur à mon endroit ?
P.M.: En pleine campagne au leadership où vous êtes le seul candidat québécois, arrive une résolution qui est réclamée, Marc Garneau (...) a dit que cette résolution, cette préoccupation de la nation québécoise a surgi dans le débat. Or, vous avez voté contre, alors que votre adversaire principal, M. Ignatieff, lui, a voté pour.
S.D.: (...) M. Maisonneuve, je vous demanderais de me donner votre définition du mot nation, qui ne figure pas dans cette résolution.(...)
P.M.: Est-ce qu'il existe une nation écossaise ?
S.D.: On peut certainement trouver une définition pour ça.(...)
P.M.: (...) Il y a actuellement un débat politique. Reconnaissez-vous la nation québécoise ?
S.D.: (...) Ça c'est le genre de question... si vous dites non, ça veut dire que vous n'aimez pas le Québec.(...) Il faut sortir de ça, c'est de la sémantique. Je peux trouver une définition comme quoi il n'y a qu'une seule nation au Québec, comme je peux en trouver une comme quoi il y a plusieurs nations, comme la nation anglo-québécoise, pourquoi pas ? Qui sommes-nous pour dire que certains vont avoir le monopole de la définition du mot nation ?
jeudi 20 septembre 2007
Sagesse persane
mercredi 19 septembre 2007
La subversion par le meurtre

Le dernier acte est aussi désespérant de maladresse que choquant. Mais n'en disons pas plus pour préserver (tout de même) le contenu de ce dénouement. Simplement, disons qu'il est à des lustres de la finesse et de l'intelligence de celui de The Crying Game. Et que les questions morales jusque-là soulevées y trouvent une réponse qui distille un discours aussi malheureux que discutable.
Lors d'une visite à un dépanneur, elle voit un client tuer la caissière et elle abat le client qui cherche à l'éliminer comme témoin. Il y a ici un clin d'oeil à Taxi Driver où de Niro tue un voleur dans un dépanneur. Puis elle descend deux voyous qui la menacent dans le métro, tard le soir. Ensuite, dans un parc, encore le soir, elle libère une prostituée d'un client violent et elle le tue quand ce dernier cherche à les assassiner pour se venger. Enfin, elle élimine violemment le criminel que le policier ( Terrence Howard ) cherche en vain à coincer depuis des années avec les outils de la loi.
Tout l'art de Jordan et de Foster consiste à bien montrer la progression de l'obsession de vengeance d'Erica, en parallèle avec l'amitié qui se développe entre elle et le policier. Et il n'y aura qu'un critique de cinéma provenant de la ville de Québec pour trouver irréaliste qu'une fille qui se promène tard le soir à New York dans des endroits mal famés se fasse agresser autant:
Trop souvent à la mauvaise place au mauvais moment — point faible du scénario — Erica s’en servira pour régler ses comptes, avec le sentiment de faire le ménage parmi la canaille. Au troisième tableau, on a bien du mal à croire que tout cela peut arriver à la même personne, aussi malchanceuse soit-elle.
C'est cette conclusion « qui distille un discours aussi malheureux que discutable ». Pourtant, des scènes de crime arrangées par des policiers ripoux, on en voit souvent sans qu'on s'en formalise. Pourtant, dans Sudden Impact, Dirty Harry donne un laissez-passer à l'héroïne qui vient d'assassiner les 4 violeurs qui ont empoisonné sa vie et rendu folle sa jeune soeur. Si la conclusion de L'épreuve du courage dérange tant, et elle dérange, c'est parce que le film est efficace.
mardi 18 septembre 2007
Les Pats all the way !

Mais nous, on se sent ridicule. Ridicule de les avoir vantés...
On connaît l'histoire. Les Patriots ont été trouvés coupables d'avoir enregistré les signaux défensifs d'une équipe adverse. L'entraîneur-chef Bill Belichick a été condamné à une amende de 500 000 $ et l'équipe des Patriots à 250 000 $ d'amende, plus la perte de certains choix au repêchage.
Et là, Miguel Bujold rejoue les défaites des Lions, des Eagles, des Steelers, des Jets et des Colts en expliquant tout par la tricherie. Il nous rappelle que l'entraîneur-chef Bill Belichick gagnait un match aux deux mois avec les Browns et que le quart-arrière Tom Brady devrait bientôt se mettre à jouer comme le choix de sixième ronde qu'il est.
Le soir où paraîssait son article, les Patriots rencontraient les Chargers de San Diego, sur lesquels Miguel Bujold a déjà écrit:
L’équipe la plus talentueuse de la NFL est fort probablement à San Diego. Elle n’est pas parfaite, mais la qualité des meilleurs effectifs de cette équipe est à ce point remarquable qu’elle en devient dominante.
LaDanian Tomlinson a une dent contre les Patriots. Il a trouvé les tricheurs arrogants après le match éliminatoire de janvier dernier, à San Diego. L.T. enragé, ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'adversaire. On a vraiment hâte de voir ce que ça donnera maintenant que les Patriots n'auront plus le livre de jeux de l'adversaire dans leurs mains.
Plus que le résultat, c'est la manière qui aura étonné: une victoire qui n'a jamais fait de doute, une victoire décisive remportée contre les Chargers, généralement considérés comme l'une des puissances du football américain. (...)
Hier soir en tout cas, la supériorité de Belichick et des Patriots aura été évidente d'un bout à l'autre.
lundi 17 septembre 2007
Iran: on fait bouillir l'eau
Attaque virulente de l'Iran contre Sarkozy et Kouchnerdimanche 16 septembre 2007
Irak: les carottes sont cuites
Rappelons-nous que l'Irak se compose d'une région sud chiite possédant du pétrole et la majorité de la population irakienne, d'une région centre sunnite qui n'a pas de pétrole ni de majorité au parlement mais qui a toujours dirigé le pays jusqu'ici, et d'une région nord kurde possédant du pétrole et un gouvernement régional largement autonome. Les seuls revenus gouvernementaux proviennent pratiquement du pétrole et pour que l'Irak survive avec ses trois composantes, il faut que le parlement central réussisse à voter une loi partageant les ressources pétrolières entre chiites, kurdes et sunnites.On peut comprendre que les chiites et les kurdes qui ont été malmenés durement par les sunnites pendant des décennies n'aient pas plus le goût qu'il ne faut de partager leurs ressources et, de fait, la fameuse loi sur le pétrole vient encore de s'échouer sur les récifs du parlement irakien mercredi dernier. Pendant ce temps, le gouvernement semi-autonome du kurdistan irakien, au nord, travaille de concert avec des compagnies de pétrole et avance ses dossiers. Et surtout, il vient de signer une entente avec Hunt Oil Co., de Dallas, pour des explorations géologiques à la fin de 2007 et pour le forage d'un puits en 2008.
samedi 15 septembre 2007
Un pan de la vie de Rice
Dans la série « Ce qu'ils sont bizarres, ces républicains ! », le correspondant du Washington Post au Département d'État, Glenn Kessler, vient de publier un livre où il affirme que Condoleezza Rice partage une maison et une ligne de crédit avec une autre femme.Avant d'être recrutée par George W. Bush, le Dr Condoleezza Rice avait enseigné à l'Université Stanford de Californie à compter de 1981. De 1993 à 1996, elle y occupait la fonction de principal, en charge d'un budget de 1,5 milliard de dollars et du programme académique de 14 000 étudiants.
De son côté, Mme Randy Bean, l'amie du Dr. Rice partageant une maison avec elle, occupe le poste de productrice exécutive pour les projets de documentaires télévisuels à l'Université Stanford de Californie. Glenn Kessler explique dans The Confidante: Condoleezza Rice and the Creation of the Bush Legacy qu'il a fait cette découverte en fouillant dans les registres de biens immobiliers.
vendredi 14 septembre 2007
Un haut fonctionnaire dévoilé
En l'an 1170, l'archevêque de Canterbury Thomas Becket est mort pour s'être opposé à la volonté royale. Son bon ami, le roi Henry II, était certain d'obtenir l'accord de Thomas pour accorder davantage de pouvoirs à l'autorité royale aux dépens des privilèges de l'Église. Mais Thomas Becket refusa obstinément de signer les constitutions de Clarendon qui redéfinissaient les pouvoirs royaux en ce sens.En l'an 1535, le chancelier du royaume d'Angleterre Thomas More est mort pour s'être opposé à la volonté royale. Son bon ami, le roi Henry VIII, a été fort déçu de constater que Thomas refusait de reconnaître la suprématie spirituelle du roi sur l'Église. Comme on sait, le roi était en conflit avec le pape parce que ce dernier refusait de dissoudre son mariage avec Catherine d'Aragon, ce qui lui était nécessaire pour épouser Anne Boleyn, de qui il s'était amouraché. Mais Thomas More fut inflexible et resta fidèle au pape malgré son amitié avec le roi.
En l'an 2007, dans une ancienne colonie, le Canada, Becket et More viennent de trouver un digne émule, le haut fonctionnaire Marc Mayrand:
Je veux seulement réitérer que la loi n'oblige pas à l'identification visuelle de l'électeur.
C'est une question fondamentale. Nous vivons dans un régime de droit. Tant que la loi n'aura pas été modifiée selon les règles parlementaires habituelles, je ne modifierai pas cette loi. (...) Ce n'est pas à moi de choisir entre deux droits fondamentaux qui sont accordés par notre Constitution.(...) J'estime qu'à ce moment-ci il n'y a pas de raison pour moi d'exercer mon pouvoir d'adaptation de la loi.
1. Tout comme Becket et More, Mayrand possède en lui la fibre du martyre;
2. Mayrand est atteint de la folie des grandeurs et pense pouvoir victorieusement tenir tête à 33 millions de personnes;
3. Mayrand est simplement un haut fonctionnaire crypto-libéral, comme des milliers d'autres, et pense ainsi pouvoir nuire aux conservateurs, ce qui, dans son idée, lui sera remis au centuple lorsque les libéraux reviendront au pouvoir.
jeudi 13 septembre 2007
Le blogueur capote
Le blogueur jurassicpork qui nous accueille sur le site Welcome to Pottersville est dans tous ses états. Welcome to Pottersville est le site qui ose reproduire les chroniques du New York Times ( Krugman, Dowd, et al. ) pour qu'on puisse les lire sans frais. Le blogueur, qui fait lui même de très bons textes, réalise que le clip d'une jeune fille prenant la défense de Britney Spears a obtenu plus de 2,3 millions de touches sur YouTube.Pendant ce temps, le texte de jurassicpork commentant l'anniversaire du naïnewonwon, qui par ailleurs a été aussi publié sur des sites prestigieux comme Daily Kos, Brilliant at Breakfast et Out of Iraq Bloggers Caucus, n'a obtenu qu'un seul commentaire dans la première demi-journée de sa publication.
L'auteur déplore que le peuple américain choisisse mal ses priorités. J'ai parfois aussi des sursauts d'indignation du même ordre au sujet du peuple québécois. Sont-ce des frustrations futiles d'intellos déconnectés ?
Minizylag s'interroge. De par leur nature, les foules sont-elles en mesure d'éprouver autre chose que des émotions primaires, indépendamment de la qualité des gens qui en font partie ?
mercredi 12 septembre 2007
Le Bluff de Cheech
J'ai vu coup sur coup Bluff et Cheech, hier. Je vous le dis tout de suite, le bateau du cinéma québécwa ne vogue pas vers des aurores radieuses aux doigts de rose. Depuis la dernière fois où j'ai regardé jouer le club de hockey Canadien, je n'ai jamais vu autant de personnages inconsistants, minables et méprisables réunis par le scénario de parties perdues d'avance.mardi 11 septembre 2007
Bill et Brian
Lundi le 3 septembre, Brian Mulroney publiait son autobiographie intitulée « Brian Mulroney: mémoires 1939-1993 » et dimanche le 9, il participait à « Triomphes et trahisons », une émission de 2 heures animée par Paul Arcand à TVA. Entre ces deux dates, William Jefferson Clinton se retrouvait mercredi chez Larry King pour, entre autres choses, parler de son livre « Giving _ How Each of Us Can Change the World ».
Le contraste est frappant entre le « Comeback Kid » de 61 ans qui fait campagne pour se retrouver à la Maison Blanche par épouse interposée et le vieux bagarreur de Baie-Comeau qui, à 68 ans, panse encore les blessures reçues lors de ses combats politiques:
On sait que le sénateur républicain Larry Craig vient de plaider coupable à une accusation d'avoir posé des gestes homosexuels dans les toilettes d'un aéroport. Larry King demande à Clinton s'il éprouve une satisfaction de voir le sort réservé au sénateur Larry Craig, celui-là même qui pendant la procédure d'impeachment a utilisé des termes dégradants à son endroit (ma traduction) :
_ Non.L'entrevue se poursuit. Clinton a une bonne parole pour chacun des adversaires de sa femme à la candidature démocrate. Il a également plein de bons mots pour les candidats à l'investiture républicaine. Le tout bien gentiment, sans sous-entendus malicieux. Il commente savamment la situation en Irak et en Afghanistan. Et à la fin, Larry King lui demande s'il aimerait que l'histoire retienne qu'il a été un grand philanthrope, qui par ailleurs a aussi été président des États-Unis:
_ Non ?
_ Non, parce que je savais que plusieurs d'entre eux avaient déjà été démasqués comme hypocrites. Tout le monde savait que la procédure était artificielle et qu'ils ne faisaient que profiter d'une erreur de ma part.Cela m'a donné l'occasion de réfléchir à ces occasions dans le passé où j'avais jugé des personnes trop sévèrement parce qu'ils avaient des problèmes que je n'avais pas. (...) Je me suis promis de ne jamais refaire cela. Et j'essaie de tenir cette promesse. C'est pourquoi, honnêtement, je ne ressens pas de satisfaction. Je n'aime pas voir une personne souffrir de blessures qu'elle s'inflige elle-même à cause de son incapacité à résoudre ses conflits intérieurs.
Non. Je voudrais qu'elle dise qu'à la fin de mon terme, j'ai laissé l'Amérique dans une meilleure situation qu'au début; et qu'après mon mandat, en tant que simple citoyen, j'aidé mes compatriotes à s'organiser pour améliorer leur sort.(...)J'espère également aider ma femme dans le processus de réconciliation qu'elle a amorcé au Sénat, afin que Démocrates et Républicains trouvent des terrains d'entente sur les grandes questions comme l'énergie, les soins de santé...
Bill Clinton va vers l'avant, à grand train, malgré son quadruple pontage. Les problèmes de santé de Brian Mulroney sont probablement plus graves, et le petit gars de Baie-Comeau n'a pas l'énergie de Clinton, ni son optimisme. Les blessures politiques infligées à Mulroney sont, somme toute, beaucoup moins graves que celles reçues par Clinton, et la résilience de Mulroney semble plus faible:
C'est la plus grande déception de ma vie, il a cessé d'exister dans ma vie. [moment de silence] Lorsque j'ai commencé ma carrière, je m'étais juré que j'écrirais un mémoire et que je ferais ça avec Lucien. [...] Je l'ai traité de tout temps comme un frère et quand je me suis retourné, il n'était plus là.(...)Brian Mulroney vit dans le passé, un passé amer. Les Canadiens applaudissent un Trudeau qui n'a laissé que des problèmes à son départ et ils honnissent un Mulroney qui a cherché, et réussi partiellement, à y remédier. Il y a de quoi être amer. Mais Mulroney n'aurait pas dû le laisser paraître car c'est cette image de lui qui restera.
Son départ [de mon parti] était un coup monté. Pendant qu'il était dans mon gouvernement, il travaillait avec d'autres gens au Québec et il sabotait mon gouvernement. [...] Je n'aime pas le mot trahison, mais c'est une définition assez précise de ce qui est arrivé. Il a trahi mon amitié. Pour moi qui l'aimais comme un frère, c'était comme un décès dans la famille. [...] M. Bouchard n'a jamais remis de lettre de démission, c'est moi qui l'ai congédié [après avoir appris qu'il planifiait son départ du Parti conservateur pour fonder le Bloc québécois].(...)
Même si la majeure partie du monde libre, incluant le Canada, reconnaissait la nature destructrice et criminelle de la machine de guerre nazi, Trudeau ne l'a pas fait.(...)
Pierre Trudeau n'a pas voulu contribuer à Meech parce qu'il ne voulait pas que je réussisse là où il avait échoué. [...] Il a affaibli le gouvernement fédéral avec ses politiques de défense et il a laissé un Canada central faible avec un héritage criblé de dettes.
Je vois encore Clinton témoigner devant une mascarade d'hypocrites, en buvant son Coke diète. Je le vois repentant, avec son groupe de pasteurs noirs, s'accusant d'avoir péché. Et je le vois aujourd'hui, rayonnant devant Larry King. Le contraste ! C'est l'ultime « Comeback Kid ».
À l'inverse, je revois les succès diplomatiques de Brian Mulroney en Afrique du Sud, avec les présidents américains, surtout Reagan avec qui il a chanté « When Irish Eyes are Smiling ». Et maintenant, cette entrevue avec Arcand où il fait montre de peu de vitalité et s'attarde à vilipender de vieux fantômes. L'ancien bagarreur joue à la victime. Il s'est écrasé. Il a reçu trop de coups.
Triste spectacle.
____________________________________________________________
photo de Brian Mulroney: Gouvernement du Canada
photo de Bill Clinton: White House
lundi 10 septembre 2007
Salade de saison XXI
Let's go, PatsLes Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont écrasé et dominé les Jets de New York 38 à 14. On est allé chercher de bons receveurs de passe pour Tom Brady. Le directeur général des Patriots a trouvé des joueurs d'impact cet été, contrairement à des directeurs généraux de clubs de hockey que nous aurons la charité de ne pas nommer parce qu'ils travaillaient très fort dans les coins, au temps où ils jouaient...
Chaque fois que les Pats gagnent, j'entends la péroraison d'Alan Shore, l'avocat de Justice à Boston, plaidant contre la peine de mort devant la Cour suprême du Texas. Et je l'entends comme une petite musique: "And I would sincerely, sincerely, sincerely, hope that you don’t penalize my client, simply because his lawyers happen to be from Massachusetts. (He moves to sit down, then rises.) The home of the New England Patriots, who could kick ass with any football team you’ve got in the good state of Texas. May it please the court."
Justice à Boston revient à Séries + avec de nouveaux épisodes. Il y a peu d'émissions, parmi celles qui me sont accessibles, qui offrent des textes aussi allumés, brillants et actuels. Et la prétention, le cynisme et le machiavélisme des personnages ! À côté d'eux, Gérard Bouchard est un aimable pedzouille.
À bas les élites médiatiques
Je suis toujours fasciné de voir que de grands commentateurs culturels ne font pas encore la différence entre les Gémeaux et les Artis, entre les Oscars et les People's Choice Awards, entre François en série et Km/h, entre Minuit le soir et Virginie.
C'est incompréhensible. Pourtant, même le monde qui regarde TVA ou TQS a bien saisi la chose.
Le taylorisme de Martineau
La méthode de travail de Richard Martineau traite les personnes et les sujets d'actualité avec rapidité, avec efficacité, en supprimant toute réflexion inutile, le tout constituant finalement l'essence même du taylorisme dans le domaine du prêt-à-penser.
Si j'avais écrit ce qu'il a écrit au sujet de Charles Taylor, ce qui aurait pu arriver tellement je tiens les religions pour une des pires tares sociales de l'espèce humaine, et si on m'avait répondu ce qu'ont répondu Yves Boisvert et Pierre Nepveu, j'avoue qu'il ne me resterait qu'à froisser mes petits papiers et à les jeter à la poubelle. Noircir une personne par association n'était pas joli venant du sénateur Joseph McCarthy qui s'en prenait aux « communistes ». Ça ne l'est pas plus pour s'en prendre aux « rongeux de balustres ».
La question qui tue: « Que va faire Richard Martineau à la suite des commentaires de Boisvert et Nepveu ? »
vendredi 7 septembre 2007
Essai de causerie populaire
Pierre Godin invoque trois raisons au comportement de Lévesque. Il était d'abord physiquement incapable de tolérer sa présence. Il se dandinait, il se tortillait sur sa chaise en présence de Bourgault. Ensuite, il détestait le mode d'action préféré de Bourgault, c'est-à-dire les manifestations dans la rue. Finalement, il y avait un désaccord profond sur la question des droits linguistiques des anglophones et sur l'association avec le Canada.
De son côté, Jean-François Nadeau est d'avis que c'est probablement Lévesque qui a fait de Bourgault un marginal. Il ne lui a jamais offert un comté prenable, il ne lui a jamais offert de poste de ministre, ni de poste de responsabilité au sein du gouvernement. Rappelant le comportement exemplaire et solidaire de Bourgault au sein de l'exécutif du parti en 1971, Jean-François Nadeau pense qu'un poste de responsabilité aurait peut-être pu assagir le puissant tribun.
Il est frappant de voir comme rien n'a changé dans la dynamique des différentes factions péquistes. Il y a même un partisan du nouveau Parti indépendantiste qui a appelé pendant l'émission pour traiter Lévesque (Dieu ait son âme !) de confédéraliste. On nous a aussi rappelé que ce sont les militants qui, par leur travail acharné, ont valu au Parti québécois ses plus belles victoires. Le leadership, la vision et le charisme des dirigeants, c'est optionnel, dans leur esprit.
La dialectique et le vocabulaire des partisans du nouveau Parti indépendantiste me rappelle, toutes proportions gardées, « ceteris pas pantoute paribus », la dialectique et le vocabulaire d'un groupe de révolutionnaires attaqués et vilipendés par mon vieux sage russe préféré, Vladimir Ilitch Oulianov, lequel a justement écrit en 1920 un essai de causerie populaire sur la stratégie et la tactique marxistes (2). Je vous avais avertis, il y a quand même une transposition à faire pour pouvoir comparer.
De brèves citations vont illustrer mon propos:
¤ « La conclusion est claire : rejeter les compromis "en principe", nier la légitimité des compromis en général, quels qu'ils soient, c'est un enfantillage qu'il est même difficile de prendre au sérieux. L'homme politique désireux d'être utile au prolétariat révolutionnaire, doit savoir discerner les cas concrets où les compromis sont inadmissibles (...) »
¤ « Les communistes allemands dont nous aurons maintenant à parler ne se donnent pas le nom de communistes de "gauche", mais, si je ne me trompe, celui "d'opposition de principe". Mais qu'ils présentent des symptômes caractérisés de cette "maladie infantile, le gauchisme", c'est ce qu'on verra dans l'exposé ci-après. »
¤ N.D.L.R.: Une brochure du Parti communiste allemand affirmait ceci:
"... Ainsi, deux partis communistes se trouvent maintenant en présence : L'un est le parti des chefs, qui entend organiser la lutte révolutionnaire et la diriger par en haut, acceptant les compromis et le parlementarisme, afin de créer des situations permettant à ces chefs d'entrer dans un gouvernement de coalition qui détiendrait la dictature. L'autre est le parti des masses, qui attend l'essor de la lutte révolutionnaire d'en bas qui ne connaît et n'applique dans cette lutte que la seule méthode menant clairement au but ; qui repousse toutes les méthodes parlementaires et opportunistes; cette seule méthode est celle du renversement résolu de la bourgeoisie, afin d'instituer ensuite la dictature prolétarienne de classe et réaliser le socialisme. "
" ..Là, c'est la dictature des chefs; ici, c'est la dictature des masses! Tel est notre mot d'ordre."
Oulianov réplique:
Telles sont les thèses essentielles qui caractérisent les vues de l'opposition dans le Parti communiste allemand. Tout bolchevik qui a consciemment participé au développement du bolchevisme, ou l'a observé de près depuis 1903, dira aussitôt, après avoir lu ces raisonnements: "Quel vieux fatras connu de longue date! Quel enfantillage de "gauche"!
jeudi 6 septembre 2007
Avec des alliées comme ça...

Ca veut dire qu'on a laissé partir une femme qui, dans l'histoire politique du Québec, a eu plus d'expérience qu'aucune autre femme avant elle. N'est-ce pas? C'est ça que ça voulait dire. Ca prouve évidemment que le Québec est une société qui n'est pas prête à avoir une femme à sa tête. Et on peut se dire: « Mon Dieu, c'est vrai, il faudrait qu'un gai qui affirme qu'il est gai puisse accéder au pouvoir, mais à condition qu'il soit un homme.» Parce que là, on voit bien qu'on préfère un... Si on préfère les gais aux femmes, on peut penser que peut-être qu'une femme viendrait avant, n'est-ce pas? Mais...La déclaration légèrement ambigüe semble hésiter entre le regret que le Québec refuse d'avoir une femme à sa tête ou l'indignation qu'on préfère même un gai à une femme pour cette fonction. Denise Bombardier est une femme engagée qui s'est souvent prononcée en faveur de la promotion de la femme. Elle ne pouvait que déplorer le départ de Pauline Marois.
lundi 3 septembre 2007
Édition spéciale !
Le président Bush est en Irak ? Et alors ! On tue la une !Demain, à 14:00 heures, ils se passera quelque chose, chez vous, dans votre salon !
Voulez-vous voir comment on part une révolution ? Comment on libère un peuple du joug de ses oppresseurs pour lui en donner d'autres ?
Voulez-vous assister à cette leçon d'économie où le grand capital explique aux petits entrepreneurs que l'esclavage n'est pas un mode de production économique ?
Voulez-vous une démonstration sur la façon de créer des héros nationaux pour ensuite les démolir quand ils sortent naïvement de leur rôle préétabli ?
dimanche 2 septembre 2007
Le PQ, hier comme aujourd'hui
Février 1971. Si les yeux de René Lévesque avaient été des pistolets...
samedi 1 septembre 2007
Hillary, la pauvre petite fille riche
Jeudi soir, Hillary Clinton jasait avec David Letterman. Cela m'a rappelé des conversations que j'ai déjà eues avec des "matantes". Hillary parlait toute seule et semblait prendre grand plaisir à s'écouter. Elle alignait des platitudes qui s'harmonisaient parfaitement avec son ensemble beige, sable et « drabe ». Letterman laissait tourner la cassette. On n'interrompt pas quelqu'un qui peut devenir président des États-Unis.Hillary semblait à l'aise, mais d'une aisance qui manquait de naturel. Dans la journée de jeudi, Arianna Huffington bloguait ceci:
Tonight will be an opportunity for her to highlight Hillary 2.0: relaxed, easy, comfortable in her own skin. One of the biggest knocks against her coming into this race was that she was stiff and uncomfortable. But no longer. Hillary is probably one of the few people who can decide to diligently work to become relaxed -- and succeed.Une aisance travaillée: rien ne définit mieux Hillary Clinton. Tout en elle est travaillé, calculé. Tout est fait et dit en fonction de l'atteinte d'un objectif. Et je ne serais pas autrement surpris qu'elle ne se soit promis à 12 ans de devenir la femme du président des États-Unis en vue de se servir de cette position comme d'un marchepied pour la présidence.







