vendredi 31 août 2007

L'enterrement de l'affaire Haditha


Le 19 novembre 2005, 24 civils irakiens sans arme ont été massacrés par la Compagnie Kilo du 1er Régiment de Marines, en représailles de la mort d'un des leurs causée par l'explosion d'une bombe artisanale, près de la ville de Haditha. En mai 2006, l'affaire est revenue dans l'actualité car le représentant démocrate John P. Murtha dénonçait les tentatives du corps des Marines d'enterrer l'affaire. Aujourd'hui, il semble bien que la grand-messe ait été dite et qu'on en soit à donner les derniers coups de pelle à l'enterrement de l'affaire Haditha.

Au total, 8 Marines ont été mis en accusation. Quatre l'ont été pour avoir tué les 24 civils irakiens, et quatre autres pour avoir mal enquêté sur l'affaire. Le 9 août 2007, le commandement des Marines annonce l'abandon de toutes les charges pesant contre le capitaine Randy W. Stone,un avocat militaire de 35 ans accusé d'avoir failli à son devoir dans l'enquête sur le massacre d'Haditha. Le cas des 3 autres Marines accusés d'avoir mal enquêté reste à venir. Le précédent étant établi, il y a fort à parier que les 3 autres enquêteurs s'en tireront aussi bien que le capitaine Stone.

Quant aux responsables du massacre proprement dit, le sergent Sanick De La Cruz a été relâché en avril 2007 pour insuffisance de preuves. L'officier d'enquête chargé du 2ème dossier, celui du caporal Justin Sharratt, a également recommandé l'abandon des charges, ce qui fut fait au début d'août 2007. Dernièrement, le 24 août 2007, l'officier enquêteur du 3ème cas, le lieutenant colonel Paul Ware, recommendait l'abandon des charges contre le premier caporal Stephen Tatum, même si le témoignage d'Humberto Mendoza incriminait clairement ce dernier. Le corps des Marines annoncera plus tard s'il accepte la recommandation du lieutenant colonel Paul Ware.

Finalement, il ne reste plus à statuer que sur le commandant du détachement de la Compagnie Kilo qui dirigeait les opérations ce jour-là, le sergent Frank Wuterich. Or, qui préside aux audiences sur le cas de Frank Wuterich ? Le lieutenant colonel Paul Ware, celui-là même qui n'a pas cru aux dénonciations d'Humberto Mendoza dans le cas Tatum. Et qui témoigne contre Frank Wuterich ? Humberto Mendoza.

L'affaire est pour le moins mal engagée.
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photo: Le massacre d'Haditha, du blogue Dear Kitty, Some Blog.

jeudi 30 août 2007

Le cinéma québécwa

J'haguis le cinéma québécwa. J'haguis André Forcier et la masturbation de son Julien, Gilles Carle et les turpitudes de tous ses personnages , Francis Mankiewicz et sa conasse de Manon qui nous fait "xhier" pendant 114 minutes, Jean-Claude Lauzon et la merde de sa maman, et la connerie de son stupide pôpa. J'ai toujours hagi le cinéma québécwa.

Le cinéma québécwa m'a toujours ennuyé. C'est par devoir que je m'astreins, encore aujourd'hui, à regarder ces merdes, pour me rassurer sur le manque de jugement de tous les critiques patentés qui nous en vantaient les mérites, se contentant du fait que nous n'y serions pas contaminés par le cinéma d'Hollywood.

J'ai toujours été contaminé par les "Amaricains". J'aimais que Zorro fouette les méchants avec un Z quand j'entrais à la salle paroissale pour 10 cents. J'aimais quand Eastwood disait : "Make my day ...", ou quand il descendait Gian Maria Volonte, le fumeur de pot. J'aimais la déchéance de ce vieil alcoolo de Doc Holiday, ou le mal absolu incarné par Henry Fonda dans Once upon a Time in the West. Je déteste les huileux boutonneux qui se masturbent en regardant des adolescents qui baisent, il n'y a pas d'autre mot. Mes valeurs "amaricaines" sont incapables d'assimiler Forcier, Carle, Mankiewicz, Lauzon, and, en plus de ça, "frankly, my dear, I don't give a damn."

Ma québécitude inclut cette forme de cinéma, ce cinéma "full amerloque", et elle exclut ce cinéma de merde celui de Groulx, de Forcier, de Lauzon, de Carle. Le vieux cinéma québécwa. Un jour, Arcand a compris, Trogi a brassé la cage, C.R.A.Z.Y. est arrivé, Bélanger a simplement tourné, et un cinéma normal, intelligent, aimable est apparu. Ma québécitude inclut aussi leur forme de cinéma. Et Patrick Huard, et Colm Feore, et Nitro, et la belle Lucie Laurier.

Dieu qu'on revient de loin !

mercredi 29 août 2007

Une balle de ping pong rose

Ti-Guy: Une fois c'est un ti-gars qui vient au monde. I arrive en première année. I arrive premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en deuxième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose." I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en troisième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en quatrième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait encore tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en cinquième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas."

C'est long et ennuyant, n'est-ce pas ? C'est un extrait tiré de L'eau chaude l'eau frette (1976) d'André Forcier, un film classé 12 ème au palmarès des meilleurs films québécois de tous les temps et artistiquement décrit comme suit: "L’eau chaude, l'eau frette est une poésie de la cruauté, une célébration de l'anarchie ou amis et ennemis se trouvent attablés dans un bar de Saint-Denis en l'honneur du quarante-troizième anniversaire de Polo." Ce même groupe de 50 experts a aussi classé La guerre des tuques ex aequo au 87 ème rang avec Québec-Montréal.

André Forcier nous offre aussi des répliques inimitables comme:
¤ Francine (13 ans, découvrant ses premières règles): "Aie, Ti-Guy, je coule !"
¤ Ti-Guy (15 ans, frustré par un refus): "Fourre-toé lé dans l'cul !"
¤ Francine (expliquant à Julien le livreur comment coucher avec sa mère): "T'as veux-tu, ma mère ?"

Forcier nous donne aussi une longue scène d'une intensité cinématographique écoeurante quand Ti-Guy (~15 ans) fait lascivement l'amour avec Francine (~13 ans) devant Julien le livreur qui se masturbe en les regardant. On entend les soupirs voluptueux des enfants mais on ne voit que le visage de Jean Pierre Bergeron en gros plan, huileux, boutonneux, plein de cicatrices d'acné, la bouche ouverte de plaisir et montrant de mauvaises dents. C'est tellement dégoûtant que, pour soigner un déviant sexuel, la castration chimique serait encore moins efficace que de lui faire voir cette scène en boucle.

Et l'usurier ! Tu parles d'un usurier ! Il n'a même pas l'argent pour s'acheter une laveuse et une sécheuse; il va faire sa lessive à la laverie automatique. Il se fait payer en nature par ses clientes. Il se fait donner la bascule. Quarante-trois fois, à part ça ! Le personnage central du film n'est absolument pas crédible. Les images sont floues, le scénario décousu, c'est n'importe quoi, on n'a pas de budget, on garde la scène, ça va faire pareil...

Et la balle de ping pong rose ? Qu'advient-il de cette histoire ? Rien, il n'arrive rien. Cela tombe à plat. C'est tout. Il n'arrive rien. Il n'y a pas d'histoire. C'est là. C'est tout. C'est un contexte. La poésie du néant. Une célébration de l'anarchie. De n'importe quoi, qui va faire pareil...

mardi 28 août 2007

Le réflexe du colonisé: un exemple

Être Québécois francophone et, en opposition à ses compatriotes, penser comme les Canadiens anglophones qui administrent le Canada, c'est cela "être colonisé". C'est de s'approprier, souvent sans le savoir, les façons de penser de ses maîtres politiques, même aux dépens de ses propres intérêts.

L'équipe éditoriale de La Presse véhicule depuis des mois l'idée que les Québécois, contrairement aux Canadiens, sont opposés à la guerre en Afghanistan parce que, et là je sais que j'arrondis un peu,

¤ les Québécois ont toujours eu peur de la guerre. Déjà en '41 on se sauvait dans les bois pour échapper aux MP. On était contre la guerre au nazisme et on avait tort, comme on a tort d'être contre la guerre au terrorisme;

¤ les Québécois sont aveuglés par leur antiaméricanisme hystérique. La seule mention du nom de Bush les empêche de raisonner logiquement et de conclure au caractère noble et généreux de la guerre en Afghanistan;

¤ la pacifistes québécois sont très actifs et réussissent par leurs manifestations agressives à faire pencher l'opinion publique de leur côté.

Alors, il y avait cette petite tribu de Québécois francophones un peu déconnectée qui, contrairement au reste du monde, s'opposait très fortement à la guerre en Afghanistan. Nous étions en quelque sorte la justification de la vindicte francophobe qui avait frappé l'Amérique: les freedom fries et les French pea soups étaient au menu de la presse anglo-saxonne... et de La Presse.

Et survint le jour de ce sondage Angus Reid: Les Canadiens (49%) expriment moins de scepticisme sur la mission (en Afghanistan) que les Britanniques (63%), les Français (63%), les Italiens (66%) et les Allemands (69%). Mon premier réflexe a été de m'exclamer intérieurement: "Coudonc, chose, c'est nous autres qu'était normal !" Car je dois l'avouer, mon for intérieur ne parle pas toujours bien le français.

Voilà. C'est ça l'exemple dont je voulais parler. Se désolidariser de ses compatriotes pour penser comme ses maîtres politiques, c'est cela être colonisé. Sur ce point précis de la guerre en Afghanistan, les éditorialistes de La Presse ont écrit en colonisés.

Il n'y a pas de hargne ni de colère dans ce constat. Dans La Presse, les informations sur la guerre sont fouillées, honnêtes, fréquentes. Les pages 2 et 3 sont magnifiques. Tous les points de vue sont véhiculés par les chroniqueurs, les lettres au journal et les manchettes choisies. Jooneed Khan nous fait toujours ses petits topos sur l'état du monde. Ça reste un sacré bon journal. Et de classe mondiale à part ça. Je ne boude pas mon plaisir mais cette démonstration du mécanisme de la pensée du colonisé était trop éclatante pour que je n'en parle pas.

dimanche 26 août 2007

Voici Minizylag

La rédaction d'un blogue est chose complexe. Il faut parfois la sensibilité d'un poète, la rigueur d'un analyste, la sagesse (au sens de conventional wisdom) d'un éditorialiste, l'imagination d'un réformiste social et l'audace intellectuelle d'un... intello.

Quand vous devez être tout cela à la fois, mais pas le même à chaque jour, cela finit par dérouter le lecteur: "Est-ce de l'ironie ?" "C'est drôlement charrié, mais les sources semblent impeccables..." "Ouais, on l'a vu partout, ce clip..." "Dis donc, il est vraiment sérieux, ce matin !", etc.

Pour illustrer mon propos d'hier sur les intellos, je suis tombé par hasard sur cette photo de Mo Morgan que j'ai trouvée appropriée:


Puis il m'est venu à l'idée que, pour mieux guider le lecteur dans le dédale des humeurs du blogueur, je pourrais me servir de l'image de ce petit gorille, qu'on pourrait appeler Minizylag, pour signer des propos d'intello, vachement prétentieux, complètement déconnectés des préoccupations du peuple, à la limite du mépris même, s'il le faut, et qui ne seraient tenus bien sûr qu'en vue de son éducation...

Ainsi, dans son premier message, Minizylag informe tous les environnementalistes que, si l'humanité ne s'autodétruit pas à la suite de la disparition des énergies fossiles et si l'humanité peut s'adapter à la nouvelle ère glaciaire prévue dans 30 000 ans, elle ne pourra tout de même pas échapper à son destin qui est l'anéantissement total.

En effet, Minizylag vient d'apprendre que la galaxie d'Andromède fonce sur nous, habitants de la Voie lactée, à la vitesse de 40 km/s. Il est prévu que nous serons frappés dans quatre milliards d'années. (1)

Sur le plan concret, au niveau des préoccupations de ceux qui ont besoin d'acheter de la peinture à l'huile aux Galeries Laval cet après-midi, cela semble loin, 4 milliards d'années. C'est comme quand on a 16 ans en qu'on nous dit que l'espérance de vie au Canada est de 80 ans. On se dit qu'on a le temps. Mais sur le plan intellectuel, philosophique même, cela pose le problème de l'inéluctabilité de la mort.

De savoir que l'humanité, malgré ses pitoyables efforts pour survivre, lesquels vont du recyclage des boîtes de petits pois sans papier à la mise en place d'une grande organisation comme l'ONU, est confrontée à l'inéluctable destin de disparaître, cela devrait faire réfléchir. Même les voyages interplanétaires ne nous sauveront pas. Les religions et leurs vies éternelles ont-elles encore un sens ? L'Histoire n'a plus de direction, les peuples n'ont plus de destinée manifeste, les morales ne sont plus que des modus vivendi, temporaires et ajustables, à l'intention des groupes sociaux.

"Sommes-nous capables d'affronter sans broncher le vide intersidéral de l'absurdité de l'existence ? " nous demande Minizylag.
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(1) REEVES, Hubert, Chroniques des atomes et des galaxies, Paris, Seuil/France Culture, 2007, page 98.

samedi 25 août 2007

Les intellos


Tout le monde s'y est mis cette semaine. La chose est entendue.

Richard Martineau, Guy A. Lepage, Louise Cousineau, Michel Vastel, Mario Dumont, Pierre Bruneau et Jean-Luc Mongrain sont tous d'accord: quelque part, il y a des élites qui méprisent le peuple. Et en tant que membres de l'élite qui, eux, s'abstiennent de mépriser le peuple ouvertement, ils ne tolèrent pas que d'autres le fassent à leur place.

En quoi des études doctorales et des années à fouiller les problèmes sociaux, à en discuter avec des étudiants et des collègues, en quoi ces minuscules lettres de crédit vous autoriseraient-elles à venir dire, et dans Le Devoir en plus, que vous en savez plus que le peuple sur la question ? Et que, revêtant votre armure d'intellectuel responsable et impliqué socialement, vous n'allez pas simplement transcrire verbatim les doléances des chauffeurs de taxi et des conseillers municipaux, mais que vous allez aussi porter un message d'ouverture dans votre tournée québécoise ?

Et sur l'autre front, qu'est-ce qui autorise les décideurs de TVA à offrir le dimanche soir le spectacle insignifiant des "beautés" pour priver le peuple de la substantifique moelle des entrevues de fond qu'offre Radio-Canada à la même heure, sinon leur mépris des capacités intellectuelles du peuple ? Et ce mépris, n'est-ce pas avec raison qu'il engendre en retour le mépris dans toute âme bien née qui aime le peuple d'un amour sincère, indépendamment, quoiqu'on dise, de l'importance des cotes d'écoute ?

Moi, si j'étais le peuple, j'en aurais plus qu'assez de tout ce mépris. Mais je ne suis pas le peuple. Je ne suis qu'un intello qui regarde tout ça de loin et qui rigole un bon coup.
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photo: Intellectual, par Mo Morgan.

jeudi 23 août 2007

Encore les Hilton !


Le Far West avait les Dalton. Le Québec a les Hilton.

Déjà en juin 2006, Paris Hilton s'offrait José Théodore. Je sais, ce n'est pas la faute de Mme Hilton si José est parti au Colorado, mais c'est de sa faute si José a perdu au Québec les derniers fans qu'il lui restait, c'est-à-dire les jeunes filles adolescentes.

De son côté, Dave Hilton a été arrêté lundi pour bris de conditions, voies de fait simple sur son amie et menaces de mort. Son frère, Matthew Hilton a comparu mardi au sujet de la plainte de l'amie de Dave. Il a été relâché sous promesse de comparaître à nouveau. Quant à leur frère Alex Hilton, il connaîtra le 17 septembre prochain sa sentence suite à des voies de fait survenues peu de temps après qu'il soit sorti de prison.

Enfin, nous apprenons ce matin que le juge Allan Hilton, l'ancien avocat d'Alliance Québec, a rendu de concert avec son collègue Dalphond une décision permettant à quiconque veut investir 10 000$ sur l'inscription du premier enfant dans une école anglaise non subventionnée, d'obtenir le privilège d'envoyer toute sa famille et toute sa descendance à l'école anglaise subventionnée.

Et dire qu'il en a qui pensent que c'est une décision en faveur des riches ! Je ne trouve pas. C'est au contraire toute une aubaine. Avez-vous pensé à tout l'argent économisé en frais de cours d'anglais de l'Institut linguistique provincial. On paye 10 000$ pour le premier et tout le reste est gratuit jusqu'à la fin des temps ! Pour toute la famille et pour ses descendants !

Et en plus, cela va régler le problème du français au Québec. Pensez à toutes les économies que cela représente pour le Canada, ainsi que pour nos entreprises qui doivent toutes traduire un paquet d'affaires, là, qui coûtent cher, là... Faut être compititifs, là...

Comme dirait Joe Dassin:

Tagada, tagada, voilà les Hilton
Tagada, tagada, voilà les Hilton
C'étaient les Hilton
Tagada, tagada, y a plus personne
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photo: Jason's Hammer of Justice, par lilapants.

mercredi 22 août 2007

La SQ imite la GRC ?


Trois agents provocateurs, entre autres, ont cherché à perturber les manifestations à Montebello. On les voit ici, sur ce vidéo de YOU TUBE, se réfugier auprès de leurs confrères policiers pour se faire faussement arrêter. Il y aura conférence de presse là-dessus:

OTTAWA, le 22 août /CNW Telbec/ - Un enregistrement vidéo de l'arrestation de policiers se faisant passer pour des manifestants à Montebello le 20 août sera montré aujourd'hui pendant une conférence de presse qui aura lieu dans les bureaux du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier. "Nous avons la preuve que les trois individus censément arrêtés après avoir été démasqués en tant qu'agents provocateurs étaient, en fait, des membres de la Sûreté du Québec", dit Dave Coles, président du SCEP, "et nous entendons faire tout ce qu'il faudra pour qu'un tribunal soit saisi de cette affaire".

Voilà qui clôt le Sommet de Montebello en beauté. Depuis le temps qu'on se doute qu'il y ait des agents provocateurs qui infiltrent les altermondialistes, cela fait du bien de pouvoir le prouver.
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photo: Montebello, par katerkate.
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Addendum: L'opposition veut une enquête sur la présence d'agents provocateurs au sommet.

Addendum II: Montebello : trois policiers de la SQ parmi les manifestants.

mardi 21 août 2007

Partir d'Afghanistan


Partons des constats suivants: la mission de l'OTAN en Afghanistan est conforme aux règles du droit international. La mission est noble et généreuse, c'est-à-dire utopique et coûteuse: on n'y instaurera pas la démocratie et on ne pourra pas accompagner les fillettes à l'école jusqu'à la fin des temps. La mission est impossible, pour des tas de raisons, et une foule de gens plus informés que moi l'ont déjà dit dans de multiples citations rapportées dans ce blogue.

Rien qu'à la pensée d'en faire une fois de plus la démonstration, je me sens légèrement nauséeux. Je ne la referai donc pas. Il y a un petit moteur de recherche dans l'espace blanc en haut à gauche. Si vous y écrivez Afghanistan et cliquez ensuite sur RECHERCHER LE BLOG, vous y verrez plein d'articles sur la question.

Les hommes politiques canadiens ont vu dans cette mission une façon d'amadouer le gouvernement Bush, surtout après avoir refusé d'aller en Irak. C'est la réalité, et cela fait partie de leur tâche de rester en bons termes avec le Grand Voisin. Je les comprends. Ça n'a pas sûrement pas été facile pour Harper d'annoncer hier à Bush que le Canada se retirerait d'Afghanistan en février 2009 s'il n'avait pas l'appui de la Chambre des Communes.

Les hauts gradés de l'armée canadienne savent que la mission est pratiquement irréalisable, mais cette guerre est une occasion en or pour équiper leurs unités de neuf, et ils ne vont pas la laisser passer. De plus, cela offre de l'action aux soldats qui n'en avaient pas eu depuis des lustres, ce qui donne du tonus aux troupes et améliore leurs curriculum vitae.

Autrement dit, même s'il est impossible d'instaurer en Afghanistan un état démocratique partageant des valeurs de droit comme on l'entend ici, il existe une foule de raisons pour que la mission de notre armée s'y poursuive. Mais ce sont des raisons que l'on ne peut pas avouer publiquement.

Alors, ils nous reste la dernière des raisons, la plus irrationnelle, mais la plus immédiatement perceptible parce que nous l'avons tous vécu intimement: nous nous demandons: "Que vont-ils faire sans nous ?" Nous nous demandons comment les Afghans vont faire pour se débrouiller sans nous, alors que la présence de nos armées, aujourd'hui encore après 5 ans d'occupation, est la cause même de la popularité des Talibans et de la guérilla qui s'intensifie. Est-ce assez illogique?

Comment vont-ils se débrouiller si nous ne sommes pas là? Papa et maman regardent fiston partir étudier dans la grande ville, et c'est bien la question qu'ils se posent. C'est aussi la question que pose le colonisateur quand le colonisé veut prendre ses affaires en main. Beaucoup de Français posaient cette question lors de l'indépendance d'Algérie, ou les Belges à propos du Congo, ou l'establishment anglophone du Québec avant l'arrivée de Québec Inc. Sont-ils capables, ces Afghans, de gérer convenablement leur pays? Vont-ils abolir la culture du pavot? Vont-ils chasser Al-Qaida? Ou vont-ils faire sauter la tour Eiffel?

Pendant que nous nous posons ces questions, il ne nous vient pas à l'idée qu'Al-Qaida est plus fort que jamais, que le pays fait des récoltes record de pavot et que la corruption règne en maître, le tout, au nez et à la barbe des forces d'occupation. Si cela va si mal pendant qu'on est là, qu'est-ce que ce sera si on part ?

Cela ne pourra pas être pire. Peut-être qu'aujourd'hui, ils nous regardent prendre leurs choses en main et que cela les fait bien rire. Si les armées étrangères partent, si nous partons, ils devront s'occuper sérieusement de leurs affaires, et les leçons des 5 dernières années, on peut l'espérer, porteront fruit. Si par contre nous ne partons pas, nous ne saurons jamais s'ils peuvent le faire, et cela continuera d'aller de mal en pis comme maintenant.

Quand on réalise qu'on est dans le trou, la première chose à faire, c'est d'arrêter de creuser.
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photo: Défense nationale.
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Addendum: J'oubliais. La mort du soldat Longtin n'a inspiré aucune des phrases écrites plus haut. La guerre est un métier dangereux et les soldats canadiens sont tous volontaires. Ceci dit, je respecte le courage de Simon Longtin et la douleur de ses proches.

lundi 20 août 2007

1 journée de silence, S.V.P.


Au lendemain de la mort du soldat Simon Longtin, la décence veut que l'on se taise.

Dont acte.
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photo: le soldat Simon Longtin, Défense nationale.

samedi 18 août 2007

Salade de saison XX

Les taux baissent !
Les prophètes de malheur ont toujours raison. Seulement, leurs prévisions prennent plus ou moins de temps à se réaliser. Je rapportais récemment les propos de Paul Craig Roberts à l'effet que les taux d'intérêt resteraient élevés à cause du contentieux américain avec la Chine. La Fed vient d'abaisser son taux d'escompte (le taux utilisé par la Fed pour prêter aux banques) de 6,25 à 5,75%, ce qui a soulagé les banques, et les marchés boursiers menacés par les pertes des banques.

Cependant, le taux directeur (celui qui permet de conduire la politique monétaire) est resté fixé à 5,25%. Si je comprends bien, à moins qu'on ne m'explique le contraire, les banques et le marché boursier sont pour l'instant soulagés, mais les taux payés par les consommateurs vont rester élevés.


Six pieds sous terre s'enfonce

Ce sera la grande finale de Six pieds sous terre la semaine prochaine à Séries Plus. J'ai aimé ces émissions, les personnages, leurs problèmes. Maintenant il est temps que cela finisse avant que je ne les déteste tous. Le stupide bellâtre Nate sort continuellement de sa tombe pour nous asséner sa philosophie de boucane ("N'écoute pas l'électricité statique..."). La sèche et constipée Ruth ennuie tout le monde avec ses lubies mal assumées. David se tient entre les frontières de la psychose et des symptômes pré-menstruels. Claire boit trop et perd la tête, son emploi, son petit ami et son auto, dans cet ordre. Brenda, enceinte jusqu'aux oreilles, a des phantasmes d'inceste avec son frère. Le seul qui tient le coup, c'est le mari de Ruth, et encore, c'est parce qu'il prend ses pilules...

La série s'est voulue en quelque sorte une spécialiste du deuil. Merci aux auteurs de nous aider à faire le deuil des personnages en nous les montrant si détestables avant que cela ne se termine.


Démagogue peut-être, mais habile

Il y a des démagogues qui n'ont pas la manière. Mario Dumont, lui, il l'a. Il répétait pendant la campagne électorale qu'on a bien le droit d'être qui on est (ici, placer un clin d'oeil), mais que l'ADQ va simplement mettre en vigueur les recommandations de la Commission Bouchard-Taylor. Il dit maintenant qu'il entre bien assez d'immigrants au Québec, mais que c'est parce que le gouvernement Charest n'investit pas assez dans les structures d'accueil.

Est-ce que c'est cette habileté à flatter les préjugés populaires sans se mettre les pieds dans les plats qui met en rogne les adversaires politiques, et même des commentateurs en théorie politiquement agnostiques (Richard Martineau, Vincent Marissal) ? La seule bonne réfutation que j'aie lu, à date, des clips de Mario Dumont a été écrite par le démographe-sociologue Victor Piché dans La Presse de ce matin.


La "patience" de Gilles Proulx

L'animateur a déclaré, comme le rapporte la chronique Entracte:"Je signe mon dernier contrat; 46 ans, c'est assez. À tous les jours, tu ressasses les mêmes maudites nouvelles déprimantes." Il a bien du mérite d'avoir ressassé les mêmes nouvelles pendant 46 ans.

J'en parlais déjà 1 an après le début de ce blogue, et encore ici. Cela fait trois fois, là. C'est promis, je n'en parlerai plus. Et puis, j'aime ça, de la soupe à l'alphabet.

vendredi 17 août 2007

Souvenirs...


Charles Foster Kane: Read the cable.
Bernstein: "Girls delightful in Cuba. Stop. Could send you prose poems about scenery, but don't feel right spending your money. Stop. There is no war in Cuba, signed Wheeler." Any answer?
Charles Foster Kane: Yes. "Dear Wheeler: you provide the prose poems. I'll provide the war.".

Ilsa: Play it once, Sam. For old times' sake.

Michael: It's not personal, Sonny. It's strictly business.

Scarlett: Rhett... if you go, where shall I go, what shall I do?
Rhett Butler: Frankly, my dear, I don't give a damn.

T.E. Lawrence: No prisoners! No prisoners!

Terry: You don't understand. I coulda had class. I coulda been a contender. I coulda been somebody

Norma Desmond: We didn't need dialogue. We had faces!

Colonel Nicholson: We can teach these barbarians a lesson in Western methods and efficiency that will put them to shame. We'll show them what the British soldier is capable of doing.

Pike Bishop: We're not gonna get rid of anybody. We're gonna stick together, just like it used to be. When you side with a man, you stay with him. And if you can't do that, you're like some animal, you're finished. We're finished. All of us.

Henry Niles: I don't know my way home.
David Sumner:That's okay. I don't either.
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photo: Rialto Cinema, par rightee.

jeudi 16 août 2007

Qui finance les guerres de Bush ?


Essayons de voir les choses clairement et de les dire simplement.

Dans les pays développés, entre 1 et 4 % des gens composent la population rurale. Quarante-neuf % des 1,3 milliards de Chinois vivent à la campagne. L'économie chinoise réussit à intégrer 12 à 15 millions de paysans dans les villes chaque année sans bouleversements sociaux majeurs. En Afrique et en Amérique du sud, l'afflux en ville de paysans désorientés a transformé certains coins de pays en véritables champs de tir.

La Chine est comme un avion. En bas d'une certaine vitesse de croisière, elle s'écrase. Les pires scénarios catastrophe sont alors possibles. Un groupe de sénateurs américains, appuyé par le puissant Comité des finances du Sénat, veut imposer des barrières tarifaires aux pays qui "manipulent" les taux de change de leur monnaie. Les sénateurs pensent que le yuan, qu'ils trouvent trop faible, est manipulé, ce qui faciliterait injustement les exportations chinoises et maintiendrait artificiellement l'expansion économique de la Chine.

Pour donner à réfléchir au Sénat, deux porte-parole seniors du Parti communiste chinois affirment que la Chine peut se servir de sa réserve en devises de mille trois cents trente milliards de dollars US (1 330 000 000 000$ US) et de sa réserve en bons du Trésor américain de neuf cent milliards de dollars US (900 000 000 000$ US) comme d'armes politiques pour contrer les menaces du Sénat. Si la Chine vend ses devises américaines, le dollar US va s'effondrer et déclencher une grave crise économique. Au total, 44 % de la dette nationale américaine est sous contrôle étranger, le Japon étant l'autre principal détenteur de réserves US après la Chine.

Paul Craig Roberts fait remarquer que la Chine n'a pas besoin de mettre ses menaces à exécution pour que les marchés réagissent. Ces déclarations suffisent: les taux d'intérêts vont rester élevés malgré les problèmes du marché immobilier américain.

Roberts signale aussi qu'essentiellement, c'est la Chine qui finance les guerres en Irak et en Afghanistan, dont le coût total projeté s'élèvera à 811 milliards de dollars selon une étude du Congressional Budget Office. Le taux d'épargne des particuliers est à zéro, plusieurs millions d'entre eux sont étouffés par leurs hypothèques, il n'y a pas de marge pour hausser les impôts et le gouvernement fait déficit sur déficit: il ne reste plus que les étrangers, et surtout la Chine, pour financer les guerres de Bush en achetant des bons du Trésor.

La Chine va-t-elle financer une troisième guerre, celle que Cheney, Israël et les néo-cons veulent déclencher en Iran ? J'ai des doutes. L'Iran joue de plus en plus la carte de l'Asie centrale dont il cherche à se rapprocher. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad assiste présentement au Sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï. Il n'y a pas de doute que les Chinois écouteront poliment quelqu'un qui est assis sur 10% des réserves pétrolières mondiales, et sur 15% des réserves de gaz.

Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit dans les journaux. Mais à la suite de la déclaration intempestive des deux porte-parole seniors chinois, il est amusant de voir ces manchettes publiées le même jour, 15 août 2007:

US: Military action on Iran 'not being contemplated' (traduction libre: "Vous voulez qu'on dise que la guerre en Iran, on n'y pense même pas ? Ben, on le dit, là !")

China affirms dollar's reserve status (traduction libre: "OK d'abord. On va dire qu'on garde nos $ US et qu'on ne vous jettera pas en récession. Puis le bill du Sénat, il a besoin de ne pas avoir de dents !")

C'est comme si la Chine et les États-Unis s'étaient parlé. Comme si. Mais moi, ce que j'en dis, vu de loin comme ça...

mardi 14 août 2007

Douiouspiquinegliche ?



On se rappelle les difficultés de Jean Chrétien avec la langue anglaise. George W. Bush vient d'avouer qu'il peut à peine parler l'anglais. Stéphane Dion a lui aussi des problèmes avec son anglais, et incidemment le chinois. Mais vous n'aurez rien entendu sur la question avant d'entendre Nicolas Sarkozy s'escrimer avec la langue d'Élizabeth II. (Cliquer sur les images pour comparer)

lundi 13 août 2007

La pipolisation

Paraphrasant Wikipédia, on pourrait définir la pipolisation de la politique comme la multiplication dans la presse écrite et les médias d'information en général de sujets mettant en avant la personnalité et la vie privée (famille, amis, vacances...) des responsables politiques, souvent au détriment de sujets se rapportant aux politiques défendues par ces personnages.

La politique s'est pipolisée en France de façon dramatique, et ça n'est pas toujours la faute aux médias. Ainsi, François Hollande, secrétaire général du Parti socialiste et conjoint de fait de Ségolène Royal, la mère de ses 4 enfants, avait une maîtresse journaliste dont la tâche aurait consisté à couvrir les activités du Parti socialiste. Excédée de cette relation qui aurait duré depuis 2005, Ségolène Royal demande à sa famille et à ses amis de choisir entre Hollande et elle. C'est ainsi que s'est constituée l'équipe de base qui l'a menée à la candidature du Parti. Les journalistes du journal Le Monde Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué ont raconté l'histoire dans La femme fatale.

Si les questions personnelles ne sont pas venues occulter les orientations politiques dans la saga Royal-Hollande, on ne saura jamais ce qu'est la pipolisation. Mais attendez, attendez. Et encore, là, ce n'est rien à côte de la pipolisation de la politique par le couple Sarkozy, Nicolas et Cécilia.

Par exemple,vous êtes en vacances à 80 km de la résidence secondaire du Maître du Monde qui vous invite pour un brunch de hot dogs. Vous voulez briser une longue tradition d'affrontement entre les deux pays. Votre femme Cécilia, qui n'a pas hésité à sonner les cloches à Kadhafi pour libérer les infirmières bulgares, décide qu'elle n'a pas envie de se taper Laura Bush et déclare qu'elle a mal à la gorge. Le lendemain, bien à l'aise, elle se promène en short et en t-shirt dans les rues de Wolfeboro, va à la plage et fait un peu de shopping. Tant d'inconstance ne valent à la première dame de France que les qualificatifs de mystérieuse et imprévisible, pour l'instant.

C'est une première dame qui a fait une escapade extra-conguale, qui n'a pas voté pour son mari aux élections et qui ne sait pas encore ce qu'elle veut faire à l'Élysée. Florence Foresti trace d'elle un portrait inoubliable ici. La satire est ravageuse, mais n'ayez crainte, Florence Foresti n'a pas de préjugés et elle ne rate pas Ségolène Royal non plus dans ce clip "tordant".

Nicolas Sarkozy n'est pas en reste de tendance à la pipolisation. Il se démarque tellement du rôle et de l'attitude de ses prédécesseurs que Super Sarko commence à faire beaucoup jaser. Son "running", ses engueulades avec les journalistes, ses amitiés publicisées avec les milliardaires de ce monde, ses liens personnels avec Johnny Halliday, Jean Reno et Doc Gynéco, son aller-retour Wolfeboro-Paris-Kennebunkport attirent l'attention des médias bien davantage sur sa personne que sur les politiques dont il veut doter la France.

Et c'est peut-être là le but de l'opération, occulter les manoeuvres politiques derrière les problèmes personnels de la classe politique. Il semble qu'à l'inverse des pays anglo-saxons où ce sont les médias qui cherchent à pipoliser l'information pour mieux vendre leurs journaux, en France, c'est la classe politique elle-même qui verse dans la pipolisation pour faire diversion devant des journalistes un peu trop vigilants.

dimanche 12 août 2007

La soupe à l'alphabet


Suivre l'actualité, c'est comme brasser de la soupe à l'alphabet. On voit bien que ça n'est jamais pareil, mais c'est toujours la même chose.

À preuve:

¤ La campagne médiatique pour une attaque américaine contre l'Iran prend de l'ampleur, soulevant de plus en plus d'inquiétude;

¤ Cheney gagne la bataille bureaucratique contre Condoleezza Rice pour frapper l'Iran;

¤ Michael Gordon, le correspondant militaire du New York Times qui nous a vendu la guerre en Irak avec Judith Miller, est sur les dents pour nous vendre la guerre en Iran, et avec le même "coffre à outils" en plus: la citation de sources anonymes non corroborées;

¤ Robert Mugabe, le roi-soleil du Zimbabwe, adopte une loi lui permettant d'intercepter le courrier, les communications téléphoniques et les e-mails. L'opposition crie à la dictature. Le ministre des communications zimbabwéen Christopher Mushowe réplique que le même programme vient d'être adopté aux États-Unis;

¤ Patrick Lagacé réalise que Mario Dumont est le roi de la clip. Malgré ce talent évident, Mario témoigne de notre crise identitaire collective en butant sur la définition de "Québécois";

¤ Le colonel Christian Juneau prévoit que les combats vont se poursuivre en Afghanistan;

¤ L'OTAN est durement frappé en Afghanistan;

¤ La chronique de François Gagnon sur le retour du défenseur Patrice Brisebois à Montréal a suscité 1051 commentaires sur son blogue;

¤ J'ai réentendu récemment la discussion entre Pierre Foglia et Pierre Falardeau diffusée le 4 juillet 2005 à l'émission L'autre midi à la table d'à côté. Une question se pose à l'écoute de ce dialogue: "Comment deux requins font-ils l'amour ?" Avec beaucoup de précautions, peut-être;

¤ Le ROC ne pense pas de la même façon que le Québec;

¤ Le ROC ne pense pas de la même façon que le Québec;

¤ Le ROC ne pense pas de la même façon que le Québec;

¤ J'allais oublier l'Irak: "Cinq soldats américains tués lors d'une nouvelle journée de violences en Irak".

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photo: Alphabet-soup par ck arts.

samedi 11 août 2007

La malédiction de la vis

Ceux qui ont eu la patience de me lire depuis le début, ou la curiosité de lire mes vieux bloqgues depuis le début, savent que je suis frappé par la malédiction de la vis. Cette vis fantôme dont je m'étais débarrassé en février 2006 est revenue cet hiver, j'en suis certain. J'ai frappé trop souvent une vis en déblayant la galerie, et c'était dans la même région qu'auparavant. J'en suis certain, c'est elle. Elle est revenue. Elle me poursuit de sa malédiction.

J'essaie de comprendre. Je ne suis qu'un bricoleur occasionnel, et de plus, récalcitrant. Mais je suis également un homme de devoir et quand il faut bricoler, je bricole, quoi ! Ainsi, j'ai un petit atelier dans lequel se trouvent des casiers pour ranger les vis et les clous. Depuis 20 ans que j'ai cet espace de rangement, je n'ai jamais jeté une vis excédentaire à la suite d'un travail quelconque.

Je les conserve pour une circonstance comme aujourd'hui. J'ai des vis pour le bois et des vis pour le métal. J'ai des vis minuscules et j'ai des vis de 3 pouces. J'ai des vis, mais des vis ! Vraiment, toutes sortes de vis. Mon travail d'aujourd'hui consistait à visser des planches d'érable sur un panneau de pin.

En passant, je le dis comme ça, avez-vous déjà essayé d'acheter une planche d'érable dans une cour à bois ? Il n'y en a pas. L'érable est une essence de bois exotique au Québec. Charitable, le commis de le quatrième cour à bois me glisse à l'oreille: "Avant d'aller virer chez Langevin-Forest sur Pie IX, va donc chez Réno à Rosemère. Eux, ils tiennent ça." Ce que je fis. Ils tenaient ça: 18,00 $ pour une planche de 2½"X¾"X6'.

Je taille mes morceaux, je les sable, voilà, je suis prêt à visser. Cela me prend des vis à bois d'un pouce et demi. C'est pour une journée comme aujourd'hui que je ramasse mes vis depuis 20 ans. Je fouille, je classe, je compte. J'ai une cinquantaine de vis d'un pouce et trois quarts, une trentaine d'un pouce et quart, mais seulement deux d'un pouce et demi...

Là, je me suis senti comme un millionnaire. Comme ce millionnaire qui, après avoir accumulé des sous pendant 20 ans, réalise en fin de compte qu'il n'a pas encore ce dont il a vraiment besoin.
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photo: The Usual Suspects, par Big-E-Mr-G.

vendredi 10 août 2007

RSF au pays du Lotus bleu


Supposons que le Cercle des Fermières de Vimont, pour marquer son accord avec la Coop fédérée, principal exportateur canadien de denrées agricoles, à l'effet qu'il y a trop d'importations de denrées agricoles, décide de bloquer le boulevard Ste-Rose avec une manifestation monstre de 250 personnes, il doit en aviser le Service de police de Laval, et, qui plus est, en demander l'autorisation.

Alors, quand Reporters sans frontières a décidé de manifester à Pékin devant l'édifice administratif des Jeux Olympiques de 2008 sans autorisation, qu'elle y convoque une quarantaine de journalistes occidentaux pour déblatérer contre le pays hôte des jeux, j'ai l'impression que la police pékinoise a senti la moutarde lui monter au nez. Et elle a fait ce que toutes les polices du monde savent faire: déplacer le problème. On a remis les malpropres dans l'avion en partance pour Paris parce qu'ils n'avaient pas d'autorisation.

De l'avis d'âmes charitables, les aventures du charismatique Robert Ménard au pays du Lotus bleu auraient été un désastre, n'eût été de l'intervention policière à deux heures de la nuit, laquelle lui a permis de prétendre que la liberté d'expression n'a pas droit de cité en Chine. On pense tout de suite au communiqué indigné du Cercle des fermières de Vimont si le Service de police de Laval avait mal réagi à leur manifestation non-autorisée sur le boulevard Ste-Rose.

Pour ceux qui en ont marre de la propagande anti-castriste, anti-chinoise et anti-vénézuélienne de l'ancien communiste Robert Ménard, voir Vivas, Fékih, Meyssan et Lamrani.
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photo: Maria Belchior

jeudi 9 août 2007

100 %


Hier, je me suis dit: "Le sort du monde attendra..." Je me suis perdu dans les archives de Radio-Canada où j'ai vu le début de la 3 ème période de la partie entre les Red Wings de Détroit et le Canadien de Montréal. C'était le 11 octobre 1952, il était 21 heures et René Lecavalier assurait la description de la toute première émission de la Soirée du hockey.

C'est aussi avec grand plaisir que j'ai regardé l'émission qui est l'ancêtre de 110% qu'on peut voir à TQS: La Ligue du vieux poêle, avec un vrai vieux poêle comme décor. L'émission aurait pu s'appeler 100% car les participants en donnent beaucoup moins qu'à TQS. Ils finissent leurs phrases, le ton ne hausse jamais et on n'interrompt pas l'interlocuteur.

Jean-Maurice Bailly anime la discussion entre Jacques Beauchamp, Charles Maillé et Camille Desroches que l'on présente naïvement mais honnêtement comme "le publiciste du Forum". Et ça y va. Qui sont les vedettes de la LNH ? Sans doute Gordie Howe avec 47 buts et 45 assistances... oui mais Maurice Richard attire plus de monde dans les arénas... Ted Lindsay, oui d'accord, mais as-tu remarqué qu'il est moins fougueux depuis que Maurice Richard lui a appliqué le... Et ainsi de suite, comme aujourd'hui. Sauf que ça fumait, et la fumée ne venait pas du vieux poêle.

Ces archives ! Des clips pour tout le monde. Une entrevue avec Joséphine Baker, ou avec un Marlon Brando très gentil qui se débrouille assez bien en français. Et ce splendide vieux con de Léo Ferré qui en avait marre des humains et leur préférait son chimpanzé Pépée...
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photo: Archive par blandname.

mardi 7 août 2007

Ignatieff et le Moindre Mal


Le 2 mai 2004, un an après le début de la guerre en Irak, Michael Ignatieff écrivait ceci dans le New York Times Magazine:


But thinking about lesser evils is unavoidable. Sticking too firmly to the rule of law simply allows terrorists too much leeway to exploit our freedoms. Abandoning the rule of law altogether betrays our most valued institutions. To defeat evil, we may have to traffic in evils: indefinite detention of suspects, coercive interrogations, targeted assassinations, even pre-emptive war. These are evils because each strays from national and international law and because they kill people or deprive them of freedom without due process. They can be justified only because they prevent the greater evil. The question is not whether we should be trafficking in lesser evils but whether we can keep lesser evils under the control of free institutions. If we can't, any victories we gain in the war on terror will be Pyrrhic ones.(N.S.)

En fin de compte, sa théorie est à l'effet que les démocraties peuvent mettre les lois nationales et internationales de côté s'il en résulte un Moindre Mal que celui qui serait survenu suite à l'action des terroristes, le tout s'exerçant sous le contrôle d'institutions démocratiques reconnues à cet effet.

Le 5 août 2007, dans le même New York Times Magazine, il nous dit que ce sont les émotions, et non pas la théorie du Moindre Mal, qui l'ont conduit à appuyer la guerre en Irak:

The lesson I draw for the future is to be less influenced by the passions of people I admire — Iraqi exiles, for example — and to be less swayed by my emotions. I went to northern Iraq in 1992. I saw what Saddam Hussein did to the Kurds. From that moment forward, I believed he had to go. My convictions had all the authority of personal experience, but for that very reason, I let emotion carry me past the hard questions, like : Can Kurds, Sunnis and Shiites hold together in peace what Saddam Hussein held together by terror ?

Michael Ignatieff brûle ses vaisseaux dans cet article. Il renie ses activités d'intellectuel, ses théories, ses grandes idées:

The philosopher Isaiah Berlin once said that the trouble with academics and commentators is that they care more about whether ideas are interesting than whether they are true. (...) In politics, everything is what it is and not another thing. Specifics matter more than generalities. Theory gets in the way.

Si jamais il retourne enseigner, nul doute qu'on lui remettra ces phrases sur le nez. Par contre, en avouant de cette façon son erreur de jugement sur la guerre en Irak, il évite de remettre en cause sa fameuse (fumeuse ?) théorie du Moindre Mal pour justifier la mise au rancart des lois nationales et internationales. J'aurais nettement préféré qu'il explique son erreur sur l'Irak en rejetant cette théorie qu'en mettant tout sur le compte de l'émotion.

Michael Ignatieff apprend à contrôler ses émotions ces jours-ci. Il réalise qu'il n'y a rien de personnel en politique, que c'est du théâtre, qu'on peut aller prendre une bière avec un collègue que l'on a voué aux gémonies. Don Macpherson, après avoir constaté le leadership vacillant de Stéphane Dion, nous souligne que les réflexions d'Ignatieff dans le New York Times Magazine sont davantage celles d'un chef de parti que celles d'un simple député. Je suis du même avis que tout le monde: Ignatieff n'attend qu'un faux pas de Dion pour qu'on le couronne chef du parti.

Alors, comment notre premier ministre Ignatieff, en plein contrôle de ses émotions, compte-t-il mettre en place et utiliser sa Théorie du Moindre Mal dans le contexte canadien, puisqu'il semble penser que cette théorie tient toujours ?
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photo par terfe .

lundi 6 août 2007

Karzaï et l'Iran

Le président afghan, Hamid Karzaï, en entrevue sur CNN, dimanche:

Jusqu'à présent, l'Iran a été une aide et une solution... Nous avons des relations très très bonnes, très très étroites (avec l'Iran)... L'Iran a été un soutien pour l'Afghanistan, dans notre processus de paix et dans la lutte contre le terrorisme et contre le trafic de drogue.

Et la riposte américaine:
---Robert Gates, secrétaire à la Défense, sur CNN: "L'Iran joue sur les deux tableaux dans les rues d'Afghanistan... Je pense qu'ils agissent pour aider le gouvernement afghan. Je pense qu'ils agissent pour aider les talibans, y compris en fournissant des armes."
---Condoleezza Rice, secrétaire d'État, dimanche: "Je ne pense que quiconque puisse douter du fait que l'Iran constitue un défi majeur en matière de sécurité pour nos amis, nos alliés, et par conséquent pour nos intérêts dans la région du Golfe."
---George W. Bush, lundi: "A cause des agissements de ce gouvernement, ce pays (l'Iran) est isolé et nous continuerons à travailler à son isolement parce qu'il n'est pas une force du bien et comme nous pouvons le voir, ils (les Iraniens) ont une influence déstabilisatrice où qu'ils soient."

C'est ce qui s'appelle se faire passer un message... Rien n'empêche, Hamid Karzaï n'est pas un idiot, il connaissait la position américaine sur l'Iran et c'est sans doute volontairement qu'il a affronté le gouvernement Bush sur la question. Je me demande bien ce qu'il a négocié avec l'Iran pour se positionner si ouvertement pro-iranien.
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photo: Wikipédia

dimanche 5 août 2007

Un pays incroyable













Le 1er août dernier, le sénateur Barack Obama, candidat potentiel de la gauche américaine, déclare qu'il violera la souveraineté du peuple pakistanais pour bombarder Al-Qaida si le président Musharraf ne veut pas le faire.

C'est déjà le coup de pied dans la fourmillière. Les Pakistanais brûlent le drapeau américain, le ministre des Affaires étrangères proteste. Bush le pacifiste appelle Musharraf pour lui dire que ces propos dégoûtants ont été prononcés dans un contexte de campagne électorale. Nul doute que si le président Barack Obama bombarde vraiment le Pakistan un jour, ce sera en plus le coup de bâton dans le nid de guêpes.

Le lendemain, 2 août, la sénatrice Hillary Clinton, candidate potentielle de la gauche américaine, réplique à l'autre candidat potentiel de la gauche qu'elle est prête à lancer une frappe nucléaire contre un pays non-nucléaire si besoin est. Enhardi, un candidat de la droite, Tom Tancredo, se dit prêt à bombarder La Mecque ou Médine si, comme il le prévoit pour bientôt, les terroristes attaquent encore une fois les États-Unis.

Et qui plus est, tout cela n'est que pipi de chat, crotte de bique et roupie de sansonnet. Les élections primaires et les inflations verbales afférentes ne sont même pas commencées. Comme le fait remarquer Robert Parry:
For years now – arguably for decades – the dominant ideology of Washington has been what could be called “tough-guy-ism,” which usually consists of politicians and pundits competing for the most belligerent pose on any given foreign policy issue.
On ne le dirait pas, mais les citoyens américains, qui pourtant choisissent leurs représentants politiques en fonction de leur capacité à torturer et bombarder les ressortissants des autres pays, savent faire montre d'humanité entre eux. Ainsi, c'est avec un oeil ému que le compatissant George W. Bush racontait à Minneapolis:
J'ai rencontré un homme qui était sur le pont quand il s'est effondré, a-t-il dit aux journalistes après sa visite. Son réflexe a été de courir vers un autobus où des enfants criaient et de les aider à sortir de là. Nous avons un pays incroyable, où le premier instinct des gens est de sauver des vies.
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photos par seiu international.

samedi 4 août 2007

Salade de saison XIX

No new taxes !

Richard Hétu rapporte que le gouverneur républicain du Minnesota vient de faire un Mike Harris de lui-même. On se souvient que l'ami Mike, premier ministre de l'Ontario, a manqué d'argent pour faire inspecter l'eau des municipalités, ce qui a conduit au désastre de Walkerton.

Le gouverneur Tim Pawlenty s'est fait élire sur le slogan No new taxes !, refusant spécifiquement de hausser les taxes sur l'essence pour financer les infrastructures routières. Et plouf, il y a le pont de Minneapolis qui tombe à l'eau !

Bilan provisoire: 5 morts et 79 blessés. Les médias sont sur les dents.


Ceteris paribus

Depuis plusieurs années, des économistes sérieux nous inondent d'études prévoyant que, ceteris paribus, toutes choses étant égales par ailleurs, notre système de santé va faire exploser les dépenses du gouvernement. Le professeur François Béland jette un pavé dans leur mare par un texte publié dans le Journal de l'Association médicale canadienne: leurs prévisions se sont avérées exagérées et ils ne tiennent pas compte de tous les facteurs. Les économistes sérieux répliquent. Un éditorialiste fait la part des choses.

(Bref aparté: j'aime ça, moi aussi, faire des éditoriaux de temps en temps en utilisant la formule "d'une part, les uns n'ont pas complètement tort, d'autre part, les autres ont en partie raison". Cela me donne l'impression d'être Claude Ryan.)

Un des problèmes de ces études, c'est le ceteris paribus. Les générations à venir, en tous cas je le leur souhaite, n'auront pas les mêmes tabous que nous sur la question des soins de santé. Les générations futures, il faut en être certain, ne paieront de toute façon que ce qu'ils auront les moyens de payer pour la santé. Beaucoup de facteurs ne seront plus les mêmes que ceux d'aujourd'hui et nous n'avons aucun moyen de savoir quels seront les facteurs importants dans 50 ans.


Armes françaises contre infirmières bulgares ?

Nurses were freed after French arms deal, Gadhafi son says
Infirmières bulgares : l'achat d'armes à la France "n'est pas une contrepartie", selon le fils de Kadhafi
Polémique autour de la vente d'armes à Kadhafi

Nous polémiquerions pour moins que ça...


Bof

La mousson dans le sud de l'Asie est dévastatrice cet année. Bilan provisoire: 216 morts, 10 millions de sinistrés sans abri et sans eau potable, 35 millions de personnes sont touchées, 300 000 hectares de récoltes sont affectés... Où est CNN ?

...para bellum ou 9mm Parabellum ?


La France a mis sa diplomatie au service de la paix au Liban, comme on l'a vu dans cet envoi. Mais il semble que les États-Unis aient mis tous leurs moyens, qui sont grands, au service de la guerre au Moyen-Orient. Le proverbe dit: "Si vis pacem, para bellum", mais il n'est pas clair que les Américains veulent la paix par leur distribution intensive d'armements dans toute la région, ce qui inclut sûrement un tas de munitions 9 mm Parabellum.

Condoleezza Rice et Robert Gates viennent de rencontrer les autorités saoudiennes pour confirmer une vente d'armes de 20 milliards de dollars s'échelonnant sur les 10 prochaines années. Le Washington Post rapporte que des ententes de coopération militaire permettront la fourniture de 30 milliards de dollars d'armement à Israël et de 13 milliards de dollars à l'Égypte pour les prochaines 10 années également. Tous les pays du GCC (Gulf Cooperation Council) recevront des armes, soit l'Arabie Saoudite déjà mentionnée, les Émirats Arabes Unis, le Koweit, Qatar, Bahrain et Oman.

Les représentants américains ne font pas mystère de la raison de cette distribution d'armes: "... the common goal of the military aid packages and arms sales is to strengthen pro-Western countries against Iran at a time when the hard-line regime seeks to extend its power in the region." Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a dit de façon plus diplomatique la même chose jeudi, dans la conférence de presse clôturant sa tournée au Moyen-Orient: "Plus nous avons des pays dans le monde qui coopèrent pour (appliquer) les sanctions de l'ONU et exercer des pressions sur ce gouvernement (iranien), dont les politiques sont diamétralement opposées aux intérêts de tous ses voisins, le mieux nous serons."

Des observateurs se sont fait un malin plaisir de souligner que le gouvernement Bush, après avoir posé en missionnaire de la démocratie, n'a pas été long à se transformer en vulgaire marchand d'armes auprès de dictatures tribales. D'autres doutent de la sagesse de financer davantage le régime wahhabite d'Arabie saoudite, lequel travaille en sous-main contre les intérêts américains en fournissant des rebelles sunnites en Irak et en finançant les madrassas du Pakistan. On a bien vite oublié que 15 des 19 terroristes du naïnewonwon étaient des Saoudiens.

Ces ventes massives ont-elles pour but de calmer les représentants et les sénateurs américains qui ont des usines militaires dans leurs circonscriptions, et qui seront bientôt sollicités pour voter sur l'impeachment du président? Ai-je oublié une autre raison, si basse qu'elle en deviendrait évidemment la seule vraie raison, pour justifier une telle distribution d'armes dans ce qui est déjà la poudrière de l'humanité ?
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photo: Bullets par bullish1974.

vendredi 3 août 2007

Un stationnement à Laval ?


À Laval, ça n'est pas le stationnement qui manque. Ainsi, nous disposons d'un stationnement pour extraterrestres. Ils peuvent y laissser qui sa soucoupe volante, qui sa fusée de lancement...

La photo intitulée Space est de Martin Ujlaki qui possède un oeil formidable pour voir ce qui est caché aux simples mortels.

jeudi 2 août 2007

B-A-Ba de la crise libanaise


La Constitution libanaise stipule que:

--- Le président (aujourd'hui Émile Lahoud) doit être maronite, le premier ministre (Fouad Siniora) doit être sunnite, le président de l'Assemblée nationale (Nabih Berri) doit être chiite;
--- L'armée relève du président et la police dépend du premier ministre;
--- Le premier ministre gouverne avec un cabinet qui doit inclure des représentants de tous les principaux groupes religieux du Liban;
--- Le président de l'Assemblée dispose de pouvoirs lui permettant de faire en sorte que les représentants musulmans soient aussi nombreux que les chrétiens et lui permettant aussi d'ajuster le pouvoir entre les trois principales confessions: maronite, sunnite et chiite;
--- Le président du pays est élu par un vote des deux tiers de l'Assemblée nationale.


La crise libanaise réside en ceci que:

--- Depuis novembre 2006, les ministres chiites du gouvernement Siniora ont démissionné. En l'absence des représentants d'une des principales confessions religieuses au Conseil des ministres, le président Lahoud a déclaré inconstitutionnel le gouvernement Siniora ainsi que toutes ses décisions;
--- Le mandat du président Lahoud se termine dans 2 mois, en septembre 2007, et on se dirige vers une impasse constitutionnelle encore plus grande que celle de maintenant, pouvant facilement dégénérer en guerre civile selon les observateurs;
--- La coalition pro-syrienne, dont le Hezbollah, dit qu'il n'y aura pas quorum à l'Assemblée nationale tant que le premier ministre Siniora n'aura pas démissionné. Par conséquent, l'Assemblée nationale, sans quorum, ne pourra pas élire le président. L'Alliance du 14 mars, la coalition anti-syrienne, exprime la position inverse.


La petite histoire de cet imbroglio retient que:

---Rafiq Hariri, self-made man multimilliardaire et premier ministre de son pays pendant 10 ans est assassiné le 14 février 2005. Il était résolument anti-syrien et se querellait souvent avec Emile Lahoud;
--- Rafiq Hariri était un ami personnel de Jacques Chirac, lequel s'est d'ailleurs installé dans un appartement de 180 m2 sur les quais de Seine appartenant à la famille Hariri, après son départ de la présidence de la France;
--- La France sous Chirac demande à l'ONU d'enquêter sur l'attentat contre Hariri et les enquêteurs onusiens retiennent la filière syrienne;
--- Le 14 mars 2005, une manifestation imposante d'un million de personnes protestent contre la présence syrienne au Liban. C'est de là que vient le nom d'une coalition de divers organismes anti-syriens: l'Alliance du 14 mars;
--- À la suite de différentes pressions, tractations, événements, etc., l'armée syrienne se retire du Liban;
--- Du 12 juillet au 14 août 2006 se déroule le conflit israélo-libanais;
--- Le 30 mai 2007, le conseil de sécurité de l'ONU décide de créer un tribunal spécial chargé de juger les assassins d'Hariri. La tension monte chez les élites libanaises.
--- Nicolas Sarkozy est élu président de la France et fait nommer le socialiste Bernard Kouchner ministre des Affaires étrangères.


La France tente de prévenir le conflit:

--- Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Fillon de Nicolas Sarkozy, a reçu les représentants libanais une première fois à Paris en juillet 2007;

--- Kouchner est retourné les voir à Beyrouth la semaine dernière et a pris note, entre autres choses, que sur la formation du nouveau cabinet, l'Alliance du 14 mars prône le formule "19+10+1", soit 19 ministres de l'Alliance, 10 pro-syriens et un indépendant, tandis que le Hezbollah et les pro-syriens favorisent la combinaison "17+13". Je rappelle que les Libanais sont les descendants des Phéniciens, ces fameux marchands de l'Antiquité qui ont créé le commerce international avant même que les nations ne soient inventées.

--- Kouchner maintient le mince espoir que les partis ne se battront pas tant que les discussions vont se poursuivre. Il reste disponible et Nicolas Sarkozy n'est pas loin, tapi dans l'ombre pour sauter sur un succès diplomatique éclatant si d'aventure la crise libanaise finit par se résoudre grâce à la France.

Que l'ambition, l'amour-propre et la vanité soient au service de la paix dans le monde, je n'ai rien contre.