vendredi 29 juin 2007

L'autre parc


En revenant du village, je suis passé à travers l'autre parc près de chez nous. En bordure de son triangle, on a planté il y a longtemps 24 érables argentés aujourd'hui magnifiques, d'un diamètre variant entre 18 et 24 pouces. Les deux seuls bancs présents ne se voisinent pas, se tenant à distance respectueuse l'un de l'autre. La pelouse, d'un vert jaunâtre et incertain, se compose principalement de pissenlit, de trèfle, de plantain et de prêle. Il reste encore ici et là quelques descendants des fétuques qui jadis régnaient sans partage sur un environnement chimiquement préparé pour eux.

Maintenant, entretenu sans produit chimique, l'environnement est sain, propre à accueillir les chiens et les enfants qui pourraient y batifoler. Mais le terrain est dur, inégal, propre aux foulures de la cheville. Et les chiens, ils ne peuvent pas y assouvir leurs besoins naturels. De fait, trois jeunes filles jouaient au ballon dans la rue bordant le parc quand je suis passé tout à l'heure. De fait, je n'ai jamais vu personne dans ce parc, depuis toutes ces années où je le parcours.

Le parc est bordé à l'est par la rue Clarence-Gagnon, au sud, par la rue Petit et au nord-ouest, par la rue Clarence-Gagnon. On l'a appelé Parc Gagnon. Je ne saisis pas trop la logique de la chose. Avait-on peur de se répéter ? C'est comme si le fonctionnaire qui nomme les rues et les parcs s'était dit: "On a déjà la rue Clarence-Gagnon qui croise la rue Clarence-Gagnon, on ne va tout de même pas en rajouter en nommant ce parc le Parc Clarence-Gagnon !... Cela va faire trop de Clarence-Gagnon. On va l'appeler le Parc Gagnon."

Et c'est ainsi que Clarence Gagnon n'a pas de parc à son nom dans mon village. Personnellement, cela ne me dérange pas trop. Je n'aime pas tellement son style de peinture ni le genre de vie que l'artiste a mené.

Dans le fond, il me plaît bien ce Parc Gagnon bordé par deux rues Clarence-Gagnon qui se croisent. Cela met une touche de désordre artistique dans la toponymie municipale.
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photo: ANDI2.....

jeudi 28 juin 2007

Têtes d'oiseaux

Aujourd'hui, mes pensées vont au courageux petit pinson familier



qui, dans la mangeoire, se faufile entre les quiscales bronzés



pour prendre ce qui lui revient.
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photos: R. Larose et ericbegin2000

mercredi 27 juin 2007

On attend

Louis XVI


L'ancien guérillero Joaquín Villalobos affirmait dans son commentaire anti-Chávez: "Anticapitalist revolutions are fueled more by dictatorships than by poverty." Ayant été chef de guérilla pendant 20 ans dans un pays pauvre d'Amérique Centrale, il doit savoir de quoi il parle, au moins quand il parle de ce sujet. L'arrogance des dirigeants est un plus grand facteur de motivation pour des changements sociaux importants que tout autre considération liée aux aléas de la vie quotidienne.

C'est l'attitude arrogante du tandem Chrétien-Dion, jumelée à l'indignation bien modulée du tribun Lucien Bouchard, qui a conduit le Québec aux portes de la souveraineté, et non pas la perspective d'avoir un siège à l'ONU. Alors, quand j'entends Mme Marois dire en substance: "Nous allons être bien concrets, nous allons bien expliquer aux gens ce que ça change, la souveraineté, dans leur vie de tous les jours", je ne peux pas croire qu'elle pense réellement que c'est la façon d'accéder à la souveraineté. C'est peut-être ce qu'il y a de mieux à faire en attendant que Stéphane Dion ne prenne le pouvoir et recommence à provoquer les Québécois. Mais c'est tout.

Et ce ne sont pas les sondages de ce matin qui vont contredire ces affirmations. En cette période d'accalmie sur le front des relations Québec-Ottawa, " 32 % des gens auraient voté oui cette semaine à un référendum demandant « que le Québec devienne un pays souverain ». " Mince consolation pour ceux qui ne cessent d'affirmer que l'option est plus populaire que le parti: ils ont encore raison. L'option souverainiste est à 32 % et le Parti québécois à 29 %.

Une fois qu'on a bien assimilé le concept que les grands bouleversements sociaux sont davantage dûs à l'arrogance, la stupidité et l'incompétence des dirigeants qu'à tout autre facteur lié aux contingences de la vie quotidienne, on cesse de mépriser le peuple québécois pour ses hésitations, ses atermoiements et ses retours en arrière sur la question nationale. Il ne va rien bouleverser sans de bonnes raisons, claires et évidentes. Il est en cela comme tous les autres peuples de la terre, sans plus, ni moins.

mardi 26 juin 2007

La loi de Zylag



Jacques Beauchamp demandait ce midi, à La Tribune de Radio-Canada, si Pauline Marois allait sortir le Parti québécois de la crise qu'il traverse, à la suite de son couronnement présumé, ce soir, à 17 heures. Pendant qu'on interviewait Mme Marois, j'ai noté deux instants qui auraient pu être comiques s'ils n'étaient pas si tragiques.

Mme Marois exposait ses priorités: on ne veut pas faire des référendums, on veut faire un pays, on veut gouverner aussi, quand même un petit peu et surtout, surtout, on veut être à l'écoute des gens. Et patati, on va écouter ici, et patata, on va écouter là. Fin renard, Jacques Beauchamp lui lance en substance: "Oui, c'est bien beau le clientélisme, mais qui va s'occuper du leadership, qui va dire à la nation où on s'en va ?" Et là, Mme Marois, comme le haut fonctionnaire aguerri qu'elle est finalement, saute sur l'occasion pour ajouter, en substance: "Bien sûr, écouter, ce n'est là que la première étape. Dans un second volet, nous allons, suite à cette écoute, proposer au peuple des solutions, nous allons travailler sur les deux fronts, ... et patapon... et patapon..."

Venant d'un chef de parti, c'est comique. Venant du leader d'un mouvement souverainiste, c'est tragique.

Toujours fin renard, Jacques Beauchamp souligne que Mme Marois a conclu après sa défaite du 15 novembre 2005 que les Québécois n'étaient pas prêts à élire une femme à la tête d'un parti politique et il lui demande pourquoi les Québécois seraient maintenant prêts, deux ans plus tard, à élire une femme comme premier ministre du Québec. S'ensuit une brève scéance de patinage artistique amateur: "Il y a depuis eu Angela Merkel, Ségolène Royal, Hillary Clinton, il y a le Chili... Peut-être que ma bataille pour faire davantage de place aux femmes commence à porter fruit... " N'importe quoi sauf l'admission naïve et sincère qu'elle n'aurait pas dû blâmer les électeurs du parti en 2005. C'est du déjà vu comme attitude d'homme politique. Been there, heard that.

Je ne sais toujours pas comment définir le charisme. Mais au seul son de la voix de Mme Marois dans cette entrevue avec Jacques Beauchamp, il est clair qu'elle ne l'a pas. Sa voix agace, on ne la recherche pas, on ne souhaite pas en entendre davantage. Et pourtant, les membres du PQ sont dithyrambiques (en vrac, des auditeurs de La Tribune):

¤ Pauline Marois a tous les atouts pour redonner au Parti Québécois une orientation qui colle aux préoccupations immédiates des Québécois dans le respect de sa raison d'être. Son expérience du parti et de l'État, son leadership à la tête de plusieurs ministères importants et sa capacité d'écoute de la population. Elle a l'âge qui assure une maturité et l'énergie nécessaire au poste de première ministre. Elle a tout pour réussir et inspirer la confiance aux électeurs.

¤Quelle crise au PQ? Quand Boisclair est arrivé, le PQ était à 50% dans les sondages, et M.Boisclair a finalement compris le message le mois dernier. Le problème est déjà réglé.

¤Je ne sais pas si Mme Marois réussira, mais, une chose est certaine, si quelqu'un peut réussir, c'est bien elle.

Ce qui m'amène à la Loi de Zylag. Ce n'est pas une loi votée par un parlement, c'est une loi scientifique, découverte suite à l'observation empirique des groupes sociaux. Je me propose d'ailleurs de faire une communication à ce sujet au prochain Congrès de sociologie appliquée qui se tiendra à Montréal. Je vous en livre dès maintenant un résumé (Abstracts):

"L'auteur a procédé à une comparaison détaillée:

1) de la situation des infirmières au Québec et de la situation des cols bleus de la ville de Montréal;

2) de la situation des professeurs au Québec et de la situation des employés d'entretien de la Société de transport de Montréal.

Il en a conclu que l'intelligence collective d'un groupe de personnes est inversement proportionnelle à l'intelligence moyenne des membres de ce groupe, ce qu'il appelle la Loi de Zylag. Une des pistes pouvant mener à comprendre ce paradoxe réside dans le fait que plus les gens rationalisent, moins ils comprennent les nécessités réelles de l'action. Mais d'autres voies sont ouvertes aussi pour appuyer la profondeur de cette loi."

Appliquée à la situation du Parti québécois, cette loi explique beaucoup de choses...
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photo: La file d'attente pour le vote de confiance à Bernard Landry, par Rantes.

lundi 25 juin 2007

Destin d'un ex-guérillero


Prenons par exemple le cas de Joaquín Villalobos (1951- ). Il a fondé à 21 ans l'ERP (Armée révolutionnaire du peuple) au Salvador et il l'a dirigé pendant 20 ans. La principale expérience de vie de Villalobos fut donc celle d'un chef de guérilla.

Parmi les divers groupes révolutionnaires salvadoriens, l'ERP avait l'orientation la plus militariste, tandis que les autres visaient davantage l'action politique. Cette orientation militariste s'est concrétisée en 1975 quand les dirigeants de L'ERP, dont Villalobos, ont assassiné le grand poète salvadorien Roque Dalton et son groupe d'amis, lesquels souhaitaient davantage d'action politique. Ces assassinats donnèrent naissance au RN (Résistance Nationale) qui poursuivit son action selon les orientations de Dalton.

En 1980, les quatre mouvements révolutionnaires et le Parti communiste se regroupèrent dans le FLMN (Front Farabundo Martí de libération nationale). La guerre civile dura encore 12 ans au bout desquels survinrent des accords de paix à l'instigation de Javier Pérez de Cuéllar. Le FLMN accepta de se transformer en parti politique et il a participé à toutes les élections depuis, devenant un parti majeur au Salvador.

Mal à l'aise avec les autres leaders du FLMN et favorisant des orientations plus à droite, Joaquín Villalobos fonde en 1995 un Parti démocrate qui n'a pas beaucoup de succès. Puis il s'en va quelque temps étudier à l'Université d'Oxford en Angleterre. Il devient consultant en matière de guérilla. Il siège aujourd'hui avec Jimmy Carter, Brent Scowcroft, Bill Richardson, Joe Clark, Barbara J. McDougall et Sylvia Ostry à l'Inter-American Dialog, un organisme qui favorise les échanges dans les Amériques.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

C'est que l'hebdomadaire The Nation, le prestigieux phare de la gauche américaine depuis 1865, vient de publier un commentaire de Joaquín Villalobos sur Hugo Chávez. Il faut voir:

¤ Hugo Chávez a commis une "grave erreur" en fermant RCTV (le canal 10 local), portant ainsi un coup à l'identité culturelle des Vénézuéliens.

¤ Hugo Chávez croit qu'il a fait une révolution alors qu'il a simplement remporté quelques élections. Et ces victoires sont davantage dues à l'arrogance d'une opposition sans soutien populaire qu'à Chávez lui-même.

¤ En période révolutionnaire, la violence devient prédominante d'abord sous la forme d'une rébellion, puis par la contre-révolution. Au Venezuela, la violence a été plus verbale que matérielle.

¤ Chávez renforce le rôle économique de l'État, redistribue les revenus pétroliers et forme de nouvelles élites économiques, le tout mélangé avec des relents de populisme, de corruption et d'opportunisme d'affaires. C'est nouveau, mais ce n'est pas une révolution, ni du socialisme.

¤ Chávez ne contrôle pas de parti révolutionnaire ni d'armée révolutionnaire. Il couche avec une armée ennemie qu'il adoucit en lui fournissant de l'armement. Il insulte George W. Bush pour redorer son blason révolutionnaire. Il a besoin d'ennemis extérieurs pour cacher la corruption de ses fonctionnaires, l'incompétence de son gouvernement, la division entre ses partisans et le manque de sécurité dans les rues de Caracas.

¤ L'argent du pétrole peut aider Chávez à faire plusieurs choses, mais cela ne sera jamais assez pour lui acheter une révolution.

Le texte de Villalobos est un chef-d'oeuvre d'ambiguïté. Il y a là tout le mépris du chef de guérilla pour les élections et l'action politique, toute la rancoeur de celui qui n'a jamais réussi à gagner une élection ainsi que tout le venin du commentateur et consultant de droite qui gagne dorénavant sa vie à critiquer les gouvernements et les mouvements de gauche en Amérique. C'est vraiment spécial. On voit rarement un texte où la vérité et le mensonge sont aussi habilement imbriqués.

Comment ce texte a-t-il pu se retrouver dans The Nation ? Chávez commencerait-il à devenir moins populaire dans la gauche américaine ?
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photo: Hugo Chavez, par tj scenes
Addendum: L'Aut'Journal nous raconte bien l'histoire de la fermeture de RCTV.

samedi 23 juin 2007

La bonne humeur nationale


Le blogue Après tout... a déjà célébré de belles photos. De beaux poèmes.

Aujourd'hui, le blogue rend hommage à la phrase, la phrase bien envoyée. Il y aurait bien sûr des millions de belles phrases à souligner dans tout le corpus littéraire francophone. Mais il n'y a rien comme la phrase toute fraîche, celle de ce matin dans le journal, qui s'adresse à moi pour la circonstance, ici et maintenant, quand elle mérite de s'ajouter au bouquet des plus jolies et des plus pertinentes.

La voilà:

"Une fête Molson X, c'est un truc pépère qui se déroule sous le signe de la bonne humeur parce que l'humeur du peuple est stable et que ce dernier s'accommode raisonnablement de sa vie et de ses contradictions, les fesses bien assises sur une chaise pliante aux couleurs du Québec, mais fabriquée en Chine pour Canadian Tire."

Nathalie Petrowski, La Presse, 23 juin 2007.

Bonne fête nationale à tous !

vendredi 22 juin 2007

Un pacifisme guerrier ?


Dans un billet précédent sur les pacifismes, j'avais fait la distinction entre 9 manières de s'opposer à la guerre. J'ajoutais à la fin : "Cette liste n'est pas exhaustive, car l'inventivité de l'esprit humain n'a pas de limite." Je n'allais pas être déçu.

M. Mario Roy, dans La Presse de ce matin, parle de pacifisme occidental, de "pacifisme-prétexte" et de pacifisme guerrier. Le pacifisme occidental, hummm..., je n'ai rien contre. Placer le mot "occidental" dans un texte vous donne tout de suite une certaine élévation. En plus, c'est tellement général que cela ne peut pas vous valoir d'ennemis trop pointus. Les orientaux pourraient se sentir exclus, mais eux, ils ne lisent pas La Presse.

Le "pacifisme-prétexte" lui, selon l'auteur, est à sens unique, n'accable que l'Occident et entretient un agenda dont il faut deviner la teneur. Là je tique un peu. C'est quand même vaste et ce n'est pas clair. Je m'abstiendrai donc de le qualifier.

Enfin, dans la péroraison de son envolée, M. Roy utilise l'antilogie audacieuse "pacifistes guerriers" pour vilipender de paisibles fonctionnaires de la région de Québec qui ont la ferme intention de marcher dans les rues. Décidément, certains mots en "isme" ont le don de faire perdre le sens de la mesure, comme pacifisme, séparatisme, souverainisme, socialisme, gauchisme, progressisme.

Comme chacun sait, depuis que Talleyrand l'a dit la première fois, "tout ce qui est exagéré est insignifiant". Restons calmes. L'armée canadienne trouvera sans doute en elle la force et le courage d'affronter résolument ces "pacifistes guerriers".
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photo: Stoned soldiers, par jurek d.

jeudi 21 juin 2007

Socio-diversité


Je parlais l'autre jour de créationnisme et je vous faisais part de cette absurdité qui a conduit des Américains adultes et vaccinés à investir 27 millions de dollars dans le Creation Museum. Ces gens-là sont convaincus qu'Ève, vêtue d'une nuisette bien sage, batifolait dans le paradis terrestre au milieu de vélociraptors végétariens.

Je posais alors la question: "Pourquoi le Bible Belt dans une nation par ailleurs si souvent à l'avant-garde de ce qui se fait de mieux chez les humains ?" J'ai aussi mes faiblesses et il m'arrive de me poser des questions stupides, du genre: "Pourquoi le monde est sans amour ?" Il y a des interrogations qui ne font pas de sens et qui témoignent uniquement du fait qu'on soit complètement déconnecté d'avec la réalité. Cette question sur le Bible Belt en était une.

J'ai entrevu une partie de la solution à mon problème de créationnisme et de Bible Belt en posant l'hypothèse que l'ensemble des conditions socio-économiques d'une société forme un écosystème répondant, mutatis mutandi, aux mêmes règles environnementales qu'un milieu physique donné. Les taigas, les déserts, les forêts tropicales et les profondeurs marines vont permettre le développement de différentes formes de vie, en plus ou moins grande quantité, et selon des caractéristiques qui leur sont propres.

Nous viendrait-il à l'idée de poser la question: "Pourquoi cet isopode géant (illustré par la photo ci-haut) alors qu'il existe de si belles créatures tels les dauphins, ou mêmes les humains (dans certaines phases de leur existence) ?" La question n'a pas de sens. L'isopode a évolué au cours de centaines de millions d'années pour en arriver à cet état-là aujourd'hui. Au hasard de ses mutations génétiques, soumis à la nécessité de survivre et de se reproduire, il en est là, maintenant, au fond de ses mers profondes.

Les sociétés humaines pourraient être considérées comme des écosystèmes permettant le développement de certains types de personnes, liées au hasard de leur lieu de naissance et soumises à la nécessité de s'y adapter. Les États-Unis, pays riche et diversifié, peuvent facilement être assimilés à une forêt tropicale qui se permet une variété phénoménale d'espèces vivantes. L'impressionnante bio-diversité des tropiques correspondrait à la vaste socio-diversité des États-Unis. Tous ces individus, les géniaux comme les tarés, peuvent s'y côtoyer sans menacer l'écosystème social américain.

Par contre, des pays pauvres comme l'Afghanistan vont permettre un moins grand foisonnement d'espèces (ou de genres de personnes) et vont exiger d'eux de s'en tenir à des coutumes tribales traditionnelles et limitées. Là-bas, hors de l'Islam, point de salut; et la place de la femme, c'est à la maison !

C'est ainsi que dans ce grand melting pot américain qui nous produit des "prix Nobel" autant qu'on veut, de même que plein de choses belles et merveilleuses, les isopodes créationnistes peuvent prospérer et se reproduire sans problème parce que ce milieu est riche et foisonnant de vie.

Je sais bien, au fond, que je ne viens pas de faire une si grande découverte. J'ai un frère qui depuis plus de 30 ans passe tous ses hivers en Floride. Il m'a toujours dit: "T'sé, aux États, y a plusse de toutte dans toutte !"
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photo: Isopode géant par coda

mardi 19 juin 2007

Dion d'Ottawa


Dans le douzième livre de son oeuvre, les Vies parallèles des hommes illustres, l'historien grec Plutarque raconte les vies de Dion de Syracuse, vainqueur du tyran Denys et de Marcus Brutus, l'un des conjurés contre le tyran César. Le grand historien ne pouvait pas se douter qu'en écrivant la vie de Dion de Syracuse, il traçait le portrait d'une troisième vie parallèle, celle de Dion d'Ottawa.

Pour la suite du billet, je vous cite ce que dit Plutarque dans la traduction de Bernard Latzarus et vous faites vous même le lien avec ce que vous savez de Dion d'Ottawa.

°°°Le petit provincial Dion a fait de grandes études, notamment à Athènes auprès de Platon: "Dion, très jeune encore, était pourtant de beaucoup, entre tous ceux qui approchèrent Platon, le plus capable d’être instruit et le plus prompt à profiter de sa prédication morale, comme l’a écrit Platon lui-même."

°°°Au début de sa carrière politique, malgré son franc parler, Dion jouissait de la confiance entière de son mentor le tyran Denys l'Ancien: " Dion eut à remplir les plus grandes ambassades ; et, envoyé à Carthage, il s’y attira une admiration extraordinaire. Il était à peu près le seul dont le tyran supportât le franc-parler et qu’il laissât dire hardiment ce qui lui venait à l’esprit."

°°°Quoique sage et d'une grande probité, Dion est plutôt isolé, cassant et malhabile socialement: "Dion était donc, comme de juste, à charge aux flatteurs, parce qu’il ne se livrait à aucun des plaisirs du jeune âge. Aussi le diffamaient-ils en appliquant à ses vertus des noms de vices, bien choisis, nommant mépris sa gravité, et sa franchise, insolence. S’il les réprimandait, c’était les accuser ; refuser de prendre part à leurs excès, c’était les dédaigner. (...)
Sa conversation manquait de charme et était même pénible ; beaucoup de ses amis les plus intimes, tout en appréciant la simplicité et la noblesse de son caractère, lui reprochaient ses façons, et surtout son attitude avec les solliciteurs, qu’il accueillait avec trop de brusquerie et de raideur pour un homme d’État."

°°°Dion reste imperturbable devant les supplications de ses proches à l'effet d'arrêter les combats: "Quand on lut ces lettres, l’idée ne vint pas aux Syracusains, comme il eût été juste, de s’étonner du calme et de la grandeur d’âme de Dion, qui, par amour de la vertu et de la justice, se raidissait contre ses affections de famille. Loin de là : ils conçurent à son égard des soupçons et un commencement de crainte."

°°°Dion accepte qu'Héraclide, son plus farouche opposant, devienne son plus proche collaborateur: "Puis Dion convoqua lui-même une nouvelle assemblée où il nomma Héraclide amiral et décida les citoyens à donner au nouveau dignitaire une garde du corps, comme lui-même en avait déjà une. L’autre, en paroles et en apparence, faisait la cour à Dion et reconnaissait lui devoir de la gratitude. Il l’escortait humblement et exécutait ses ordres ; mais en sous-main, il corrompait la masse et les révolutionnaires, et, tout en excitant des troubles, il circonvenait Dion, qu’il réduisit à une impuissance complète. "

°°°Vaincu après une nouvelle trahison, Héraclide demande un pardon que les amis de Dion ne veulent pas accorder. Dion leur tient ce langage: "Je veux me montrer supérieur à Héraclide moins en puissance et en intelligence qu’en bonté et en justice. Car la supériorité réelle consiste en cela ; et les avantages de la guerre, même s’il n’y a pas un homme pour vous les disputer, vous sont au moins contestés par la Fortune. Si Héraclide est devenu méchant et déloyal par envie, il ne faut certes pas que Dion laisse gâter sa propre vertu par la passion. "

°°°Dion ne sait pas utiliser favorablement ses concessions politiques: "Dion fit cette concession (aux marins et aux ouvriers) et rendit le commandement naval à Héraclide ; mais il se les aliéna en s’opposant à leur campagne pour le partage de la terre et des maisons, et même en abrogeant les mesures votées auparavant dans ce sens, ce dont Héraclide tira un nouveau prétexte d’agitation."

°°°Après le départ de la garnison de Denys, au sommet de sa gloire, Dion peine à composer avec la popularité: "Il s’obstinait cependant à ne rien retrancher ni relâcher de sa hauteur dans les compagnies et de sa rigidité envers le peuple, bien que la situation exigeât de la bonne grâce de sa part et que Platon lui fît remarquer sévèrement dans une lettre, comme nous l’avons dit, que l’infatuation est la compagne de la solitude."

°°°Lors d'une réception, Dion, entouré de conspirateurs venus pour l'assassiner, réalise que pas un de ses invités ne lève la main pour venir à son secours: "Comme les conjurés ne venaient pas à bout de Dion, ils demandèrent une épée. Nul, du dedans, n’osait ouvrir les portes. Car, si les compagnons de Dion à l’intérieur étaient nombreux, chacun d’eux croyait qu’en le sacrifiant il assurerait son propre salut ; personne n’osait donc le secourir. Du temps s’écoula ; et enfin Lycon de Syracuse tendit par la fenêtre à l’un des Zacynthiens un poignard avec lequel ce misérable immola, comme une victime, Dion, dominé depuis longtemps et épouvanté."
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photo: Plutarque, Wikipédia.

lundi 18 juin 2007

Stephen ou Stéphane


J'ai toujours pensé, et je crois encore, que Stephen Harper ne pourra pas vendre les valeurs républicaines américaines aux Ontariens. Les chapeaux de cowboys sont pas mal moins populaires à l'est du Manitoba qu'on ne le pense.

Au Québec, Stephen Harper a pu profiter d'une légère embellie sur un fond de fédéralisme plus pragmatique, mais cela n'ira pas plus loin qu'il ne le faut. Plusieurs observateurs annoncent la fin de la lune de miel des Canadiens avec le gouvernement Harper.

Ce qui annonce des élections et le retour du Parti libéral du Canada au pouvoir. Ce qui veut dire que Stéphane Dion pourra pendant les 5 prochaines années nommer les juges de la Cour suprême, les sénateurs, les candidats de son parti à la députation, les ministres du gouvernement, le général en chef de l'armée, le commissaire principal de la GRC et tout ceux qui ont quelqu'influence dans l'administration courante du pays.

La stratégie de base de Stéphane Dion pour maintenir l'unité du pays repose sur le postulat que les Québécois sont des lâches et des pleutres. Il suffit de rendre la séparation plus difficile et plus menaçante pour qu'ils renoncent à leur projet. Le spectre de la guerre civile évoqué par la partition de Wesmount et du Nouveau-Québec les fera reculer. Il n'est donc pas besoin de faire quelque concession que ce soit au Québec, d'autant moins que le Canada est une fédération déjà très décentralisée selon les critères dionesques.

J'ai bien hâte de voir ça.
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dimanche 17 juin 2007

Ève et le vélociraptor


"If anybody wants to believe that they are the descendants of a primate, they are certainly welcome to do it."

Ainsi parle Mike Huckabee, fier candidat à l'investiture républicaine pour la présidence des États-Unis. Deux autres candidats, Sam Brownback et Tom Tancredo sont du même avis.

Cherchant à expliquer une prise de position aussi extrême, la maison Gallup a raffiné les questions habituelles qu'elle posait sur ces matières, dans son sondage du 21 mai 2007. On y apprend que 68 % des républicains, ces orgueilleux membres du parti qui règne sur l'Amérique, laquelle règne sur la planète, et même sur une partie de l'univers extra-terrestre, rejettent absolument l'idée qu'ils descendent du singe.

C'est particulièrement ironique quand on pense que ce peuple descend des rebuts de l'Europe, les extrémistes religieux, les bagnards, les psychopathes, les scrofuleux, les pauvres, les affamés et les putains qui encombraient les ruelles insalubres du vieux continent.

Ce qui m'est tout-à-fait incompréhensible dans toute cette affaire de créationnisme, c'est qu'on ne s'en étonne pas. Bon, voilà, on fait un sondage qui explique pourquoi trois candidats à la présidence du pays le plus puissant de la terre refusent de descendre du singe et on conclut qu'ils sont du même avis que leurs électeurs potentiels. C'est normal, c'est simple, c'est clair. Avez-vous d'autres questions ?

Nicolas Bérubé (La Presse, samedi, 16 juin 2007) va visiter un musée créationniste récemment ouvert dans la banlieue de Cincinnati simplement pour prendre "un bain de culture", comme ça. Il nous informe qu'il en coûte 20 $ pour entrer, mais qu'on peut avoir un rabais de 5 $ si... etc. On ajoute que le Vatican et le professeur de physique Krauss critiquent le créationnisme, mais que des millions d'Américains prennent ça au sérieux. Eh oui, il y avait des dinosaures dans l'arche de Noé. Il n'y a pas de problème.


J'aimerais seulement qu'on m'explique la popularité du créationnisme dans une société où la scolarité est obligatoire jusqu'à 16 ans et où tous les enfants sont exposés aux rudiments de la science avant d'atteindre l'âge adulte. Pourquoi le Bible Belt dans une nation par ailleurs si souvent à l'avant-garde de ce qui se fait de mieux chez les humains ?
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photo: Eve and a vegetarian velociraptor, par Dr JonboyG, dont je vous invite à visiter le site, lequel contient beaucoup de photos du déjà célèbre Creation Museum.
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Addendum: Qu'est-ce qui étonne le plus, la nuisette d'Ève ou un vélociraptor végérarien dans le paradis terrestre ?

samedi 16 juin 2007

Tragi-comédie au palais


La procureure de la couronne Anne Aubé, tel un Javert tenace et rigoureux, poursuit Rouba El-Mehrebi Fahd pour avoir acheté un billet d'avion à son fils qui venait de commettre un délit. La procureure s'attendait à ce que la mère fasse le 911 et déclare:"Au secours, police, venez chercher mon enfant, il vient de m'avouer un crime ".
L'enfant a déjà été accusé, condamné, emprisonné et par la suite relâché au terme de sa peine pour un crime qui n'a fait aucun mort ni blessé. Que recherche la procureure ? La maman a tenté d'aider son fils recherché par la police. Et alors ? De mon point de vue, c'est la maman qui dénoncerait son fils qu'on devrait emprisonner.

Or donc, ce procès se poursuit. Mais voilà que le fils tente d'aider sa mère en faisant de toute évidence un faux témoignage. Il affirme que c'est pour "des raisons personnelles" et non pas pour échapper à la justice que sa mère lui a acheté un billet d'avion à destination du Brésil, un pays qui n'a pas de traité d'extradition avec le Canada.

Nul doute, donc, qu'Anne-Javert-Aubé, après avoir foutu la mère en prison, poursuivra par la suite le fils qui vient de faire un faux témoignage et qu'elle le foutra de nouveau en prison pour avoir tenté d'aider sa maman. On s'attend à ce que, lors du futur procès intenté au fils pour faux témoignage, la mère soit obligée de témoigner contre son fils.
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photo: discola

vendredi 15 juin 2007

Laval vu par...


En cherchant des photos sur un tout autre sujet, je suis tombé par hasard sur ce bijou, que je m'empresse de vous transmettre, toutes affaires cessantes. Si, si, c'est une photo prise à Laval...

L'auteur en est Martin Ujlaki.

jeudi 14 juin 2007

Les petites vieilles


J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les personnes agées de sexe féminin. Il n'y a pas de "mais...". J'en ai encore toujours beaucoup. Sauf que...

Je vous raconte. Au comptoir pharmaceutique de mon Jean Coutu, là où s'affairent 5 ou 6 professionnels et techniciens à remplir les ordonnances, il y a 4 guichets: "donnez", "recevez", "commandes téléphoniques" et "consultation". Ce matin j'avais besoin de consulter un pharmacien. Je me rends au guichet "consultation" où se trouve déjà une personne agée de sexe féminin d'environ 70 ans, 90 livres toute mouillée et mesurant au maximum 4 pieds et 11 pouces.

Bien que me tenant à une distance d'environ 10 pieds et souffrant d'une demi-surdité liée à... enfin, laissons faire les détails, j'ai fini par comprendre qu'elle souffrait d'un problème de transit intestinal. Vrai, elle a jasé avec la pharmacienne au minimum 10 minutes. J'attendais patiemment. Depuis que je fréquente les établissements de santé, j'ai appris comment il est de bon ton d'attendre. Il ne faut jamais lever les yeux au ciel ni soupirer fortement. Il faut se tenir là, l'air distrait, comme un ectoplasme qui aurait mal à ses nucléoides, légèrement ahuri lorsque vient son tour d'exposer son problème.

Je me faisais la réflexion, pendant cette longue consultation sur la régulation des transits intestinaux, que cette personne agée de sexe féminin devait avoir été particulièrement chanceuse pour n'éprouver ce genre de problème pour la première fois qu'à 70 ans, ou qu'elle devait être particulièrement stupide pour ne pas savoir encore à 70 ans comment régler ce genre de problème, ou simplement que sa fille avait dû oublier de l'appeler hier et qu'elle avait le goût de jaser avec quelqu'un.

Ce qu'elle ne savait pas, et ce que je n'ai appris qu'après son départ, c'est que malgré sa faible stature elle cachait un écriteau qui demandait à ceux qui voulaient parler à la pharmacienne d'aller donner leur nom au quichet "donnez", le tout, j'imagine, afin de mieux gérer les demandes de consultation. Et là, manque de pot, une autre personne agée de sexe féminin d'environ 65 ans, 5 pieds 2 pouces maximum, 145 livres, était en grande consultation avec la préposée. J'attends, maîtrisant à la perfection les techniques d'attente apprises précédemment et dont j'ai parlé plus tôt. Finalement je donne mon nom pour une demande de consultation et je vais m'asseoir dans la salle d'attente attenante.

Au bout d'un quart d'heure, la présence d'une personne agée de sexe féminin au quichet "consultation" attire mon attention. On n'avait appelé le nom de personne, et elle avait obtenu sa consultation, comme ça, sans aller au guichet "donnez", simplement parce qu'elle était une personne agée de sexe féminin et qu'elle s'était présentée au guichet "consultation".

En plus d'attendre sans faire de vagues, j'ai aussi appris que, dans le merveilleux monde de la santé au Québec, il ne fallait pas protester. Comme je n'avais plus le temps d'attendre, j'ai quitté la pharmacie sans plus attendre. Et croyez-moi, c'était la chose à faire. Si j'avais protesté, on se serait souvenu de moi, et on me l'aurait fait payer chèrement à ma prochaine visite.

Évidemment, les contraintes dont je vous parle ne concernent que les femmes de 60 ans et moins ainsi que les hommes agés de 0 à 77 ans. Les personnes agées de sexe féminin peuvent se présenter à tous les quichets, à toute heure, et pour toutes les mauvaises raisons du monde. Elles ont sans doute dû porter un jour le lourd fardeau de la maternité ou, pire encore, de l'éducation d'un adolescent, ce qui les a rendu confuses. Et la société reconnaissante doit en tenir compte.
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photo: Leo Prieto

mercredi 13 juin 2007

Pour un chef d'État


Le Canada est encore, me semble-t-il, un regroupement d'États qui ont choisi de s'associer dans une confédération. Ces États étant par trop hétéroclites, la fonction publique fédérale, et ses politiciens associés, en a profité pour établir son pouvoir centralisateur en jouant parfois les besoins des petites provinces contre les ressources des grandes provinces, et parfois en jouant la puissance des grandes provinces contre la faiblesse des petites provinces . Le Canada fonctionne à toutes fins pratiques comme un État unitaire occupé à gérer 10 provinces plus ou moins récalcitrantes. Mais ces "provinces" sont tout de même des États.

Et les États ont besoin de chefs d'État. Ceux qui veulent faire la séparation du Québec pour épargner le salaire de 113 000$ du chef de l'État du Québec, oubliez ça. En conservant un chef d'État dégagé des devoirs de l'administration courante, le Québec ne serait pas plus arriéré que la Suède avec Charles Gustave XVI, la Norvège avec Harald V, le Danemark avec Marguerite II, les Pays-Bas avec Béatrix I, l'Espagne avec Juan Carlos I et même la Grande-Bretagne avec Élisabeth II.

Les pays qui accordent des pouvoirs exécutifs importants au chef de l'État, sans contre-pouvoirs significatifs, risquent davantage de se retrouver avec des dirigeants souffrant du syndrome de Louis XIV. Je pense à de Gaulle, Mitterand, George W. Bush.

Les chefs d'État n'ont bien sûr pas besoin d'être issus d'une monarchie constitutionnelle, et c'est le cas dans la majorité des démocraties. Ils n'ont pas besoin non plus d'être parfaits pour que le poste en soit conservé. Mme Lise Thibault, sur 10 ans, a réclamé pour 700 000$ de frais sans justifications valides. Sur 10 ans. Dans les derniers 10 ans, le gouvernement québécois a dépensé au minimum 500 milliards de dollars en frais de toutes sortes. Pensez-vous que c'était toujours justifié ?

Et que penser du président de l'État d'Israël, Moshe Katsav, que l'on a accusé de viol, de harcèlement sexuel, d'abus de pouvoir et de détournement de fonds ? En a-t-on aboli la fonction ? Mais non. Pour l'instant il est simplement suspendu et son immunité pénale est valide tant que dure sa suspension.

On a bien expliqué que les "Votre excellence", les ronds de jambe et les baisemains ont pu monter à la tête de Mme Lise Thibault qu'on qualifie de potiche. Mais qu'est-ce qu'un chef d'État sans une certaine pompe ? Quel intérêt a le pouvoir, si l'on ne peut en abuser, au moins un peu ? Un pauvre fonctionnaire grisonnant dans un habit gris acheté aux Galeries de l'habit aura tôt fait de susciter l'ennui, sinon le mépris chez ceux dont il incarne l'État.

Alors, il faudra savoir. Veut-on un chef d'État ? À quelles bonnes oeuvres peut-il servir en attendant de donner des sanctions présidentielles ? Quel est son budget ? Voilà, c'est simple. Il n'est pas besoin d'hyperventiler hypocritement sur le cas de Mme Lise Thibault.
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mardi 12 juin 2007

Un vrai politicien


Joe Lieberman est le sénateur du Connecticut à Washington. Il est aujourd'hui indépendant mais en 2000, Al Gore l'avait choisi comme co-listier dans sa candidature à la présidence des États-Unis. Lieberman étant juif et ne faisant pas campagne le jour du sabbat, on avait loué à l'époque l'audace et l'ouverture d'esprit de Gore pour son geste. Lieberman s'était par la suite misérablement écrasé devant Cheney lors du débat des candidats à la vice-présidence.

Fortement contesté dans les rangs démocrates pour ses prises de positions extrêmes en faveur de la guerre en Irak, il en perdra l'investiture en 2006. Il gagne tout de même l'élection du Connecticut et siège maintenant comme indépendant. Il en appelle ces jours-ci à la guerre contre l'Iran et il poursuit inlassablement son travail de lobbyiste pro-Israël. Ceux qui doutent encore du rôle de Lieberman dans le paysage politique américain n'ont qu'à googliser "Joe Lieberman" et "Israel" en anglais pour se faire une idée.

Alberto Gonzales a joué le rôle de conseiller juridique personnel de George W. Bush, et ce, des années même avant l'arrivée de ce dernier à la présidence. En 2005, il remplace le très prude John Ashcroft comme ministre de la justice. Gonzales est le type même de l'avocat retors qui va inventer n'importe quoi pour faire plaisir à son client. Il est brillant et amoral, trouvant toujours le langage juridique qui lui permet de détourner l'esprit des lois à l'avantage de son client. La Constitution américaine et la Convention de de Genève ne sont plus que des bouts de papier sous sa gouverne.

Alberto Gonzales s'est fait beaucoup d'ennemis dans son zèle à servir le président et le parti républicain. Il s'est récemment accroché les pieds dans les fleurs du tapis d'une sombre affaire de nominations partisanes et le Sénat veut avoir sa tête. Mais voilà, si une majorité des 101 voix du Sénat suffit à le dégommer, il faut 60 voix sur 101 pour que la motion de non-confiance à son endroit soit discutée sur le plancher du Sénat. Le vote vient de se tenir et 53 sénateurs seulement sont prêts à en discuter.

Pourquoi je vous parle de tout cela ?

C'est que je suis tombé par hasard, en furetant ici et là, sur le communiqué de presse de Joe Lieberman expliquant à ses électeurs pourquoi il a voté contre la motion Gonzales. Il s'y fait l'allié objectif de l'administration Bush mais il ne veut pas que cela paraisse trop. C'est à mon avis un chef-d'oeuvre d'hypocrisie et de mauvaise foi, même selon les standards de la politique américaine en ce domaine:

"My vote against going ahead with more debate on this no confidence resolution is not an expression of confidence in Attorney General Gonzales. It is an expression of opposition to spending any more time on a resolution that will accomplish nothing, instead of going ahead with the next item of business, which is energy legislation."
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photo: Joe Lieberman, par bedheaded.

lundi 11 juin 2007

Politiquement perturbé

J'ai toujours pensé que c'était un péché capital contre la démocratie que de laisser les autres s'occuper à ma place de notre destin collectif. Je me suis fais un devoir de voter à toutes les élections qui me concernaient.

Toujours ému et reconnaissant envers notre bon roi George III qui, déjà complètement fou à l'époque mais conseillé par William Pitt le second, nous avait accordé le droit de voter en 1791 en donnant la sanction royale à cette loi du parlement britannique appelée l'Acte constitutionnel de 1791, bien conscient qu'il n'y avait rien là de généreux quand on pense aux difficultés que la Grande-Bretagne éprouvait avec les rebelles de ses colonies de Virginie et les forcenés de la Révolution française, mais réalisant tout de même que nous autres, pauvres péquenots francophones d'Amérique, avions ainsi acquis un droit de nous prononcer sur notre destin alors qu'en France on discutait encore du caractère divin de l'autorité royale, je n'ai jamais douté de l'impératif catégorique de voter dans toute élection où je figurais comme électeur inscrit.

Bien que partisan souverainiste, déjà convaincu qu'il n'y a rien à faire avec cette bande de rednecks stupides qui composent le ROC, lesquels sont incapables d'apprécier la valeur au minimum touristique de présenter au monde une minorité francophone bien conservée, source et garantie de leur différence identitaire d'avec les électeurs de George W. Bush, et bien qu'émotivement désengagé de l'avenir et de la réputation de ce que le monde appelle le Canada, je ne peux m'empêcher de chercher à évaluer qui, de Stephen Harper ou de Stéphane Dion, ferait le meilleur premier ministre du Canada tout en servant au mieux les intérêts de la province de Québec.

Qu'est-ce que j'en ai à cirer que le Canada ne se plante pas en Afghanistan ? En quoi cela m'importe-t-il que le Québec ait 23, 24 ou 25 % des députés de la Chambre des communes ? Pourquoi un nouveau Sénat élu pouvant contrebalancer les pouvoirs de cette Chambre de députés honnie pourrait-il me concerner ?

Harper ou Dion, quelle importance ? Mes vieux réflexes trotskistes remontent à la surface. Lequel des deux, poursuivant la politique du pire, pourra le mieux nous conduire à l'indépendance du Québec ? Stephen "La bédaine" Harper ou Stéphane "Fais-les souffrir" Dion ?

Et en même temps, je l'avoue, pourquoi ai-je le souci que le Canada n'ait pas l'air complètemet toton sur le plan environnemental, dans le concert des nations ? Fais-je encore partie de ce groupe de personnes qui ne relèvent pas de George W. Bush en Amérique du Nord ? En ferai-je toujours partie, quoiqu'il arrive ? Quoi !?! Le Québec sera-t-il toujours partie de cette Amérique ?

Duceppe ou Layton, quelle importance ? Choisir notre perdant nous définit-il plus précisément ?

Je suis politiquement perturbé. Je suis contre le déclenchement d'élections fédérales, à ce moment-ici...

dimanche 10 juin 2007

Ça brasse au G8 !



Sarkozy, tout comme Bush, a la réputation de ne jamais prendre d'alcool.

Et c'est très possible. Pour quelqu'un qui n'est pas habitué, trinquer avec Poutine risque de vous donner le tournis.

Mais quel sommet ! Bush est pour sa part soupçonné d'avoir bu de la bière. Cette Angela, elle sait recevoir.

samedi 9 juin 2007

L'état de grâce


J'ai revu récemment un vieux film en noir et blanc datant de 1961: The Misfits de John Huston. J'en avais gardé le souvenir d'un film finalement peu intéressant mais important. Parce que John Huston l'a réalisé. Parce qu'Arthur Miller l'a écrit. Parce que Clark Gable et Marilyn Monroe y jouent leurs dernières scènes. Parce que Montgomery Clift y joue ses avant-dernières scènes. Ce film marquait la fin d'une époque en parlant de la fin d'une époque.

Dans mon souvenir, on y parlait des vieux cowboys rendus inutiles parce que les chevaux sont devenus inutiles. On y magnifiait le combat rétrograde et vain de l'homme fort qui veut retrouver l'animal en lui, qui veut prouver sa valeur en dominant un animal fort, l'étalon sauvage, le mustang qui hante encore les plaines de l'Ouest américain. Dans mon souvenir, c'était un film beau et nostalgique. Je devais être en état de grâce quand je l'ai vu la première fois.

Cette semaine, j'y ai vu trois comparses qui ne pensent qu'à boire et à fêter et qui vivent de tous les expédients qu'ils peuvent trouver pour éviter de s'ennuyer dans un boulot régulier. Des bougons avant Avard, quoi ! Gable est un vieux beau quinquagénaire qui console des riches divorcées. Clift est le fils de famille déshérité qui collectionne les commotions cérébrales d'un rodéo à l'autre et Wallach se paie un avion d'antiquité en magouillant dans on ne sait quels traffics.

Et Marilyn, bien c'est Marilyn. C'est l'ancienne stripteaseuse récemment divorcée, un peu nunuche mais belle comme un coeur, légèrement déprimée et pleurnichant pour un rien. Et nos trois vauriens veulent tous se la faire mais c'est le vieux beau qui l'a finalement, au terme d'un combat épique avec l'étalon sauvage, assez joliment filmé il faut dire.

Dans la scène finale, le quinquagénaire qui a gagné sa vie en capturant des mustangs pour les fabricants de viande à chien et la trentenaire divorcée ainsi que stripteaseuse obsolète roulent en camion vers un avenir radieux où ils se promettent de fonder une famille et de faire des enfants.

Pathétique !

Dans la scène la plus triste du film, les trois compères sont complètement saouls dans un débit de boisson minable. Clift est allé vomir dans la ruelle et Monroe l'a suivi pour l'assister. Gable rapplique et insiste après de Monroe pour revenir à l'intérieur afin de lui présenter ses deux enfants qu'il vient d'y rencontrer par hasard. Monroe revient avec Gable mais les deux enfants ont déjà filé. Et là, Gable se précipite dehors et les appelle, criant leurs noms d'une voix incertaine d'ivrogne, en équilibre instable sur le capot d'une auto, au milieu des badauds indifférents. Puis il s'écroule sur le trottoir.

Pathétique !

Quand on n'est pas en état de grâce...
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vendredi 8 juin 2007

Afghan, pauvre et sans-papiers... en Iran


J'aime bien quand Syed Saleem Shahzad me parle d'Afghanistan. Parfois il en parle en partant du Pakistan. Parfois il en parle à partir de l'Iran. Il parle des gens, il placote avec le monde. Il n'a jamais besoin de citer un militaire canadien ou britannique pour nous montrer qu'il est allé sur le terrain et qu'il a travaillé fort.

Dans son dernier article, il nous raconte que le président Karzai a dégommé le gouverneur de la province d'Herat, Ismail Khan, un légendaire combattant contre l'occupation russe dans les années '80. Dans cette province à majorité tadjike de religion sunnite, il a nommé comme gouverneur Sayed Hussain Anwari, un Hazara chiite aux traits mongoloïdes. J'imagine la réaction au Québec si Stephen Harper avait nommé Don Cherry comme lieutenant-gouverneur de la province...

Bref, les petits potentats du coin, les seigneurs de guerre locaux, farouches partisans de Khan, ne sont pas contents et la résistance talibane risque de s'intensifier dans la région du nord-ouest, là où les forces de l'OTAN sont en vacances depuis quelques années. Pour ajouter des fers au feu, Ismail Khan qui jouit d'une bonne audience auprès des forces de l'OTAN, dénonce et fait bombarder ses ennemis personnels par les forces d'occupation, même s'ils ne sont pas talibans. Vous devinerez que la parenté et le clan tribal des 136 Afghans du village de Bakht décédés à la fin d'avril à la suite de bombardements sont assez mal disposés pour embrasser les valeurs canadiennes.

Enfin, le million de réfugiés afghans à majorité sunnite installés dans l'Iran chiite n'est pas sans causer quelque souci aux autorités iraniennes. Pour soulager la pression, l'Iran retourne les sans-papiers afghans dans la province d'Herat. La mission de l'ONU a compté que 98 712 clandestins ont été retournés en Afghanistan depuis le 23 avril dernier. Ces réfugiés proviennent d'une zone favorable aux Talibans et on note une recrudescence des activités d'insurrection depuis leur retour en Afghanistan.

Voila encore plus d'action pour les forces de l'OTAN qui se la coulaient douce jusqu'ici dans la province d'Herat.

Sans blague, sans rire, il y a encore des gens qui pensent qu'un jour les armées occidentales auront terminé là-bas leur mission civilisatrice et qu'elles quitteront l'Afghanistan au soleil couchant, marchant sur un tapis de fleurs et sous les bravos émus d'une population reconnaissante.
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photo: Tracy Hunter

jeudi 7 juin 2007

La paille et la poutre

Il y a des semaines où on assiste à des situations parallèles amusantes.

Hier, Condoleezza Rice s'est vu refuser par l'Organisation des États Américains d'enquêter sur le non-renouvellement de la licence de RCTV (le Canal 10 des Vénézuéliens) par le gouvernement Chávez. Ceux qui ont suivi ce débat savent que le Département d'État américain et ses fidèles alliés, dont Reporters sans Frontières, tentent de faire croire que Chávez veut museler la presse d'opposition.

La réalité, c'est qu'il n'y a pas de censure au Venezuela, là où 95 % des médias s'opposent au gouvernement. Les médias détenus par des intérêts privés comprennent 5 chaînes télé faisant 90 % du marché, tous les 118 journaux ainsi que 706 stations radio sur 709.

RCTV a perdu sa licence pour avoir incité ses téléspectateurs à la violence et au renversement par la force d'un gouvernement démocratiquement élu. Lors du coup d'État de 2002, RCTV n'a pas seulement appuyé les putchistes, mais a contribué à l'orchestration de la manoeuvre par la diffusion de fausses nouvelles et d'annonces invitant la population à descendre dans la rue.

Notre bon Canal 10 n'aurait pas non plus conservé sa licence du CRTC.

Le parallèle amusant réside en ceci que, lundi dernier, une Cour d'appel américaine a rejeté les tentatives du gouvernement américain de censurer les réseaux de télé en imposant des amendes de 325 000 $US pour chaque fuck, fucking et tout autre simonaque de juron vulgaire diffusé à l'écran. (... à l'écran ?)

La Cour estime que le CRTC américain, la FCC, a agi de façon arbitraire et capricieuse en changeant sa politique sur l'utilisation des gros mots, n'ayant pas réussi à articuler une argumentation raisonnable pour ce faire.

Ah ces chers Républicains du Bible Belt... Toujours sur la brèche à surveiller la paille dans l'oeil du voisin !

mercredi 6 juin 2007

Pardonnez-lui

La condamnation de Lewis «Scooter» Libby ressemble à un pétard mouillé. Le procureur Patrick Fitzgerald a enquêté pendant des années pour trouver les responsables qui ont identifié publiquement Valerie Plame comme une espionne de la CIA, ce qui est un crime aux États-Unis. Personne ne doute aujourd'hui que Bush, Cheney, Rove étaient tous dans le coup. Je me souviens encore de la conférence de presse où Bush disait vouloir démasquer lui-même le coupable...

Finalement, l'adjoint de l'adjoint au président est condamné à 30 mois de prison et à 250 000$ d'amende, non pas pour avoir dévoilé l'espionne, mais pour avoir menti à Patrick Fitzgerald. Comme Libby fait appel de cette décision, il n'ira pas en prison. Des observateurs présument que la procédure d'appel durera aussi longtemps que nécessaire pour obtenir un pardon présidentiel et éviter la prison.

Marty Kaplan écrit un savoureux petit billet sur l'éventuel pardon de Libby:

"Je veux que Bush pardonne Libby.(...)
Je veux que les violations continuelles de la Constitution par le président reçoivent une illustration perpétuelle par un geste significatif d'une arrogance évidente.(...)
Je veux que la crédibilité d'Alberto Gonzales et celle d' Orrin Hatch soient à tout jamais fatalement compromises pour leur soumission à une administration qui confond loyauté et justice.(...)
"Je veux que tous les bozos de la blogosphère soient obligés de miner leur propre crédibilité, maintenant et pour toujours, en recyclant sans fin leurs mensonges à l'effet que Valerie Plame n'était pas une espionne et en prétendant -faussement, cruellement, de façon délicieusement auto-destructrice- qu'un pardon présidentiel n'est pas une présomption de culpabilité." (Ma traduction)

Sur les violations de la Constitution par l'administration Bush, ainsi que sur onze autres failles de cette présidence, Rodrigue Tremblay (oui, oui, l'ancien ministre péquiste...) a produit ce texte magnifique de précision et de concision: "The Twelve Main Failures of the Bush-Cheney Administration: A Terrible Legacy."

mardi 5 juin 2007

Je m'excuse

J'ai cessé de publier le 17 janvier 2007. J'ai fermé le blogue avec ce que je croyais un bon mot: "Le gorille vous salue bien". C'est le titre d'un autre vieux film français en noir et blanc, plein de bruit et de fureur, comme je les aime bien.

Déçu que tant d'efforts de recherche pour étoffer mes envois ne recoivent pas la reconnaissance du New York Times, révolté que mes indignations sur les turpitudes de la politique internationale ne suscitent pas plus de rassemblements publics vigoureux, agréablement surpris et sincèrement désolé que mes blogues les plus populaires traitent de sujets banals et triviaux, accablé de travaux domestiques comme le lavage, le repassage, l'époussetage, la peinture (de murs), la préparation des repas, le pelletage de la neige en avant des marches et la réfection de la galerie arrière, j'avais finalement jeté le manche après la cognée.

Bien sûr l'Akratique espérait que je "ne souffre que de la panne bloguiste habituelle." Mais dans ma tête, je n'étais pas comme les autres blogueurs. Qu'est-ce que c'est que ça ? La panne bloguiste habituelle... Non mais...

Puis les élections québécoises sont arrivées. Et la démission de Boisclair. Ce que j'étais content de ne pas bloguer. Que de conneries auraient pu s'inscrire à jamais comme des taches indélébiles sur le blason de ce blogue qui a reçu les honneurs d'"Aphorismes et calembredaines" (I et II).

Mais une petite voix me tarabustait: "Tiens, j'aurais fait un bon blogue avec ça", ou "Ça ne se peut pas que personne ne réponde à ça !" Et j'ai réalisé que je n'étais qu'un blogueur comme les autres. Que je ne vivais que "la panne bloguiste habituelle".

Alors je m'excuse. Je ne suis qu'un blogueur comme les autres et je demande pardon à tous les autres blogueurs qui savent qu'ils sont comme les autres blogueurs. Je reprends le collier, le manche et la cognée.