Ce matin, je mélange tout. Chávez, les islamo-fascistes d'ici, les Canadiens en Afghanistan, l'interdiction de fumer dans les bars, Bush en Irak, l'Éthiopie en Somalie et l'ONU qui n'est pas au Darfour.
À l'occasion de ce qu'il faudra maintenant appeler l'intronisation d'Hugo Chávez, l'AFP
rapporte: "Le président vénézuélien Hugo Chávez a annoncé hier qu'il allait déposer un projet de réforme constitutionnelle permettant un renouvellement indéfini du mandat présidentiel.
«Nous sommes en train de rédiger la proposition pour la réélection indéfinie du président», a déclaré M. Chávez au cours de la cérémonie de prestation de serment pour un nouveau mandat de six ans. «Si la majorité du peuple refusait [ce projet], je serai le premier à l'applaudir», a toutefois ajouté le chef de l'État."
Je suivais jusqu'ici avec intérêt et sympathie les aventures du chevalier sans peur et sans reproche Hugo Chávez. Je les suivrai dorénavant avec intérêt seulement. Rien selon moi, rien ne justifie, pas même une modification constitutionnelle démocratiquement consentie, la mise en place d'un pouvoir totalitaire.
L'approche totalitaire consiste à prendre totalement en charge. On vous prend en charge et on va régler votre problème, malgré vous s'il le faut.
Totalitaire, comme George Bush qui débarrasse les Irakiens de Saddam Hussein en violant le droit international et en ridiculisant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Totalitaire, comme l'État qui intervient par la contrainte en santé publique dans des domaines non urgents, comme le tabac, les gras trans, le foie gras, la construction d'un casino et bientôt l'obésité. Qu'on se concentre donc sur la recrudescence des MTS, les maladies nosocomiales et les campagnes de vaccinations collectives.
Totalitaire, comme le Canada en Afghanistan qui, afin de combattre des coutumes tribales ancestrales, tue les pères pour permettre à leurs petites filles d'aller à l'école.
Totalitaire, comme l'extrémiste militant, de quelque groupe qu'il soit, qui utilise la tolérance de notre société pour imposer son intolérance.
Totalitaire, comme l'environnementaliste qui pour notre bien s'oppose par principe à tout projet de développement ayant des impacts sur la nature, sans même tenter de porter de jugement sur la balance des avantages et des inconvénients du projet.
Totalitaire, comme l'Éthiopie qui appuie militairement les forces gouvernementales en Somalie sans se préoccuper de la souveraineté territoriale de la Somalie, du droit international et de l'ONU.
Totalitaires comme tous ceux qui empêchent l'ONU d'intervenir au Darfour, lequel se retrouve dans une situation où le
devoir de protection de la communauté internationale est clair.
Ce monde n'est pas parfait. La liberté de penser bien ou mal, d'agir en héros, de faire des niaiseries, de se tromper, d'être malade et de mourir permet de trouver un intérêt à ce long séjour d'environ 80 ans sur la planète. C'est comme dans un téléroman, quand l'intrigue s'étire et devient ennuyeuse, on amène un accident, une naissance, un crime, etc.
Mais les États eux, ils vivent longtemps. Ils n'ont pas à faire d'erreurs pour retrouver le sel de la vie. Je suis fortement partisan de l'affirmation du droit international, de responsabilités accrues pour l'ONU et de moyens d'action plus efficaces pour elle. Je suis pour le respect de la souveraineté territoriale selon le droit reconnu, même si cela entraîne des situations qui heurtent mes valeurs. Et je suis pour le maintien des garde-fous constitutionnels qui empêchent les généraux d'exercer indéfiniment leur pouvoir bienveillant sur les masses populaires.
Ce matin, vraiment, je mélange tout.
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
P.S._Une petite voix: Oui mais Jean Charest, lui, il peut être réélu indéfiniment et cela n'en fait pas un dictateur.
_
Moi, en tant que moi: Oui mais nous, nous vivons dans une démocratie parlementaire de type britannique. Ce n'est pas la même chose. Il ne faut pas tout mélanger, quand même !