dimanche 16 septembre 2007

Irak: les carottes sont cuites

Rappelons-nous que l'Irak se compose d'une région sud chiite possédant du pétrole et la majorité de la population irakienne, d'une région centre sunnite qui n'a pas de pétrole ni de majorité au parlement mais qui a toujours dirigé le pays jusqu'ici, et d'une région nord kurde possédant du pétrole et un gouvernement régional largement autonome. Les seuls revenus gouvernementaux proviennent pratiquement du pétrole et pour que l'Irak survive avec ses trois composantes, il faut que le parlement central réussisse à voter une loi partageant les ressources pétrolières entre chiites, kurdes et sunnites.

On peut comprendre que les chiites et les kurdes qui ont été malmenés durement par les sunnites pendant des décennies n'aient pas plus le goût qu'il ne faut de partager leurs ressources et, de fait, la fameuse loi sur le pétrole vient encore de s'échouer sur les récifs du parlement irakien mercredi dernier. Pendant ce temps, le gouvernement semi-autonome du kurdistan irakien, au nord, travaille de concert avec des compagnies de pétrole et avance ses dossiers. Et surtout, il vient de signer une entente avec Hunt Oil Co., de Dallas, pour des explorations géologiques à la fin de 2007 et pour le forage d'un puits en 2008.

Voici comment le commentateur du New York Times Paul Krugman interprète la chose. Ray L. Hunt, président-directeur-général de Hunt Oil Co., est un allié politique de George W. Bush. Il a fait des levées de fonds pour Bush, collectant environ 100 000 dollars lors de la campagne présidentielle de 2000. Ray L. Hunt est maintenant membre d'un comité consultatif très près du président, le Foreign Intelligence Advisory Board. À ce titre, Ray L. Hunt est l'insider du milieu pétrolier sans doute le mieux informé sur ce qui se passe vraiment en Irak.

Or, Hunt Oil Co. place son argent chez les Kurdes malgré les protestations du gouvernement central irakien qui déclara la transaction illégale. En fait, Ray L. Hunt fait un pari de plusieurs millions de dollars que le gouvernement central irakien ne va pas survivre. Il gage que l'Irak ne survivra pas en tant que nation et va se désagréger en trois parties à plus ou moins long terme.

L'investisseur avisé sait que la tentative de ce printemps (surge) a échoué, que la guerre est perdue et que l'Irak va subir le même sort que la Yougoslavie. Krugman pense que l'administration Bush le sait, et probablement Bush aussi, vu qu'ils laissent aller les choses et interviennent très peu pour corriger les erreurs du premier ministre Nouri al-Maliki. Bush ne se comporte pas en leader qui veut gagner la guerre. Il veut simplement tenir le temps d'ici la fin de son mandat et passer les problèmes à son successeur pour le blâmer de n'avoir pas su les résoudre.
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Source principale: Nick Juliano de The Raw Story.
Photo: derrick par visual infrastructure.

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