jeudi 6 septembre 2007

Avec des alliées comme ça...


En mars 2006, Pauline Marois quittait la politique à la suite de l'arrivée d'André Boisclair à la tête du Parti québécois. Denise Bombardier déclarait à TVA:
Ca veut dire qu'on a laissé partir une femme qui, dans l'histoire politique du Québec, a eu plus d'expérience qu'aucune autre femme avant elle. N'est-ce pas? C'est ça que ça voulait dire. Ca prouve évidemment que le Québec est une société qui n'est pas prête à avoir une femme à sa tête. Et on peut se dire: « Mon Dieu, c'est vrai, il faudrait qu'un gai qui affirme qu'il est gai puisse accéder au pouvoir, mais à condition qu'il soit un homme.» Parce que là, on voit bien qu'on préfère un... Si on préfère les gais aux femmes, on peut penser que peut-être qu'une femme viendrait avant, n'est-ce pas? Mais...
La déclaration légèrement ambigüe semble hésiter entre le regret que le Québec refuse d'avoir une femme à sa tête ou l'indignation qu'on préfère même un gai à une femme pour cette fonction. Denise Bombardier est une femme engagée qui s'est souvent prononcée en faveur de la promotion de la femme. Elle ne pouvait que déplorer le départ de Pauline Marois.

Aujourd'hui, Pauline Marois revient. Ses adversaires dans le comté de Charlevoix prétendent qu'elle y possède une luxueuse résidence secondaire qui serait l'équivalent d'un château. Elle invite le journaliste Robert Plouffe à visiter les lieux pour rétablir les faits: il s'agit d'un modeste chalet acheté il y a 3 ans sur un emplacement d'une beauté à couper le souffle. Les faits sont rétablis. Pauline Marois explique que beaucoup de résidents ne sont pas nés dans Charlevoix et qu'ils ont, comme elle, à coeur de participer à son développement. Rien de bien malin.

Et là, il y a la Denise Bombardier qui prend le crachoir à TVA pour accuser Pauline Marois de vouloir tromper la population. Je n'ai pas le texte exact mais le journaliste Michel Hébert rapporte que, selon elle, Pauline Marois a joué la comédie. Je me souviens cependant du ton faussement maternel où Denise Bombardier explique qu'il n'y a pas de mal à être riche et à faire de la politique et que Pauline Marois n'aurait simplement pas dû chercher à donner faussement l'impression qu'elle est de condition modeste.

Comme si quelqu'un au Québec ignorait que le couple Marois-Blanchet est, pour le moins, très à l'aise financièrement. Alors ?

Pauline Marois avait-elle le droit de répondre aux insinuations sur la soi-disant splendeur de son chalet, sans se faire accuser de jouer à celle qui a des moyens modestes ? Denise Bombardier avait-elle conscience qu'en étirant la sauce pour accuser Pauline Marois de tromperie, elle la poignardait dans le dos d'une façon beaucoup plus violente que les insinuations somme toute bénignes de ses adversaires politiques ?

Je ne sais pas comment les choses fonctionnent entre femmes, mais il y a un coin de ce voile qui a été soulevé par l'émission Beautés désespérées. Il paraît, c'est ce que ma conjointe m'explique pendant le débriefing qui suit une émission, que les femmes ont des façons d'attaquer les autres femmes mortellement sans que l'agressivité ne transpire, sous des airs gentils et compatissants.

Cela m'a pris plusieurs heures pour voir la chose. Je me demande ce matin: « Est-ce que Denise Bombardier, dans le fond, ne s'est pas livrée à une attaque sauvage contre Pauline Marois dans son commentaire d'hier, à TVA ? »
___________________________________________________________

photo: Refueling a B-52 par capturinglight.

2 commentaires:

Artimon a dit...

C'est bon ça.

Cette Bombardier peut être assez garce à ses heures, malgré les airs de 'femme de coeur' qu'elle essaye de se donner.

Ps. petit fait anodin, en aparte: saviez-vous que denise Bombardier a déjà été la blonde de Lucien Bouchard, quand il était ambassadeur du Canada à Paris.

Zylag a dit...

J'avoue que c'est un des beaux épisodes de sa vie. À la fin de la relation, à son retour au Canada, elle avait participé à un spectacle à Radio-Canada. Elle avait descendu un grand escalier en chantant: «Non, je ne regrette rien...» d'Édith Piaf.

Du panache et de la classe!