mercredi 29 août 2007

Une balle de ping pong rose

Ti-Guy: Une fois c'est un ti-gars qui vient au monde. I arrive en première année. I arrive premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en deuxième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose." I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en troisième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en quatrième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait encore tous les magasins. I en trouve pas.

I arrive en cinquième année. I arrive encore premier. Son père i dit: "Quesse-tu veux comme cadeau ?" I dit: "Une balle de ping pong rose". I fait tous les magasins. I en trouve pas."

C'est long et ennuyant, n'est-ce pas ? C'est un extrait tiré de L'eau chaude l'eau frette (1976) d'André Forcier, un film classé 12 ème au palmarès des meilleurs films québécois de tous les temps et artistiquement décrit comme suit: "L’eau chaude, l'eau frette est une poésie de la cruauté, une célébration de l'anarchie ou amis et ennemis se trouvent attablés dans un bar de Saint-Denis en l'honneur du quarante-troizième anniversaire de Polo." Ce même groupe de 50 experts a aussi classé La guerre des tuques ex aequo au 87 ème rang avec Québec-Montréal.

André Forcier nous offre aussi des répliques inimitables comme:
¤ Francine (13 ans, découvrant ses premières règles): "Aie, Ti-Guy, je coule !"
¤ Ti-Guy (15 ans, frustré par un refus): "Fourre-toé lé dans l'cul !"
¤ Francine (expliquant à Julien le livreur comment coucher avec sa mère): "T'as veux-tu, ma mère ?"

Forcier nous donne aussi une longue scène d'une intensité cinématographique écoeurante quand Ti-Guy (~15 ans) fait lascivement l'amour avec Francine (~13 ans) devant Julien le livreur qui se masturbe en les regardant. On entend les soupirs voluptueux des enfants mais on ne voit que le visage de Jean Pierre Bergeron en gros plan, huileux, boutonneux, plein de cicatrices d'acné, la bouche ouverte de plaisir et montrant de mauvaises dents. C'est tellement dégoûtant que, pour soigner un déviant sexuel, la castration chimique serait encore moins efficace que de lui faire voir cette scène en boucle.

Et l'usurier ! Tu parles d'un usurier ! Il n'a même pas l'argent pour s'acheter une laveuse et une sécheuse; il va faire sa lessive à la laverie automatique. Il se fait payer en nature par ses clientes. Il se fait donner la bascule. Quarante-trois fois, à part ça ! Le personnage central du film n'est absolument pas crédible. Les images sont floues, le scénario décousu, c'est n'importe quoi, on n'a pas de budget, on garde la scène, ça va faire pareil...

Et la balle de ping pong rose ? Qu'advient-il de cette histoire ? Rien, il n'arrive rien. Cela tombe à plat. C'est tout. Il n'arrive rien. Il n'y a pas d'histoire. C'est là. C'est tout. C'est un contexte. La poésie du néant. Une célébration de l'anarchie. De n'importe quoi, qui va faire pareil...

3 commentaires:

Anonyme a dit...

1. Encore un qui attend la peinture une couche

2. Des plans pour qe les Chinois s'emparent de l'idée et nous en concoctent avec du plomb dans l'aile (chez Dollarama)

3. C'est une allusion supide à la gaieté?

4. Je me tiens le plus loin possible du cinoche québécois : cul, hockey, religion...

Concoctions diverses qui reviennent toujours au même : comment se sortir de notre petite misère (idéologique) ou comment en rire sans rien changer.

Exception pour de grands films : L'homme et son péché et La grande séduction, ce dernier ayant en plus le mérite, pour une fois, de parler d'actualité.

Nation jeune... Nous excellions dans le cinéma d'animation et le documentaire de style cinéma-vérité. Pas évident de se taper un documentaire de deux ou trois heures, par contre, sur la petite vie de l'un ou le machin truc de l'autre. Mais bon.

Il parait que le secret est dans la sauce. Hihihi!

Zed :)

Zylag a dit...

Le vieux cinéma québécois faisait vraiment dur. Mais on s'améliore. Comme vous dites, nous étions une nation jeune.

Anonyme a dit...

Vous connaissiez pas le blague de la balle de ping-pong rose, hein? Les parents dans la blagues ne sauront jamais pourquoi l'enfant voulait des balles de ping-pong roses... et nous non plus, le cinéaste ayant décidé de ne pas nous la faire connaître au complet : il coupe une blague pas de fin. Bref, deux enfants se comptent des blagues dans un films, c'est tout, on est pas obligé de savoir la fin anyway.

Finalement, le film est mauvais parce qu'il est vulgaire, selon vous? Ça va pas loin votre argumentation.

« Le personnage central n'est pas crédible. » En fait, tous les personnages sont exagérés, mais en même temps tellement vrais, justement parce qu'ils débordent du réalisme « normal ». Si vous ne reconnaissez personne là-dedans, faites un tour en dehors de Laval, marchez un après-midi dans les petites rues d'Hochelaga, prenez une patate dans un casse-croûte, et vous comprendrez un peu mieux de quoi il retourne concernant ces personnages de paumés. (Et l'usurier d'une bande de paumés, c'est un paumé quand même, ce n'est pas absurde qu'il se rende au lav-o-mat, surtout que la femme qui le paye en nature y travaille.)

Des images floues... Franchement, vous l'avez écouté en VHS sur une télé en fin de vie? Un scénario décousu? C'est sûr que le cinéaste ne nous tient pas par la main comme s'il nous prenait pour des imbéciles. C'est pas trop dur à suivre, faites un effort. Sa force est justement de nous faire connaître une multitude de personnages et nous permettre de tous bien les rendre vivants (ce que plusieurs cinéastes ont de la diffuclté à faire : insuffler la vie aux personnages secondaires).