samedi 25 août 2007

Les intellos


Tout le monde s'y est mis cette semaine. La chose est entendue.

Richard Martineau, Guy A. Lepage, Louise Cousineau, Michel Vastel, Mario Dumont, Pierre Bruneau et Jean-Luc Mongrain sont tous d'accord: quelque part, il y a des élites qui méprisent le peuple. Et en tant que membres de l'élite qui, eux, s'abstiennent de mépriser le peuple ouvertement, ils ne tolèrent pas que d'autres le fassent à leur place.

En quoi des études doctorales et des années à fouiller les problèmes sociaux, à en discuter avec des étudiants et des collègues, en quoi ces minuscules lettres de crédit vous autoriseraient-elles à venir dire, et dans Le Devoir en plus, que vous en savez plus que le peuple sur la question ? Et que, revêtant votre armure d'intellectuel responsable et impliqué socialement, vous n'allez pas simplement transcrire verbatim les doléances des chauffeurs de taxi et des conseillers municipaux, mais que vous allez aussi porter un message d'ouverture dans votre tournée québécoise ?

Et sur l'autre front, qu'est-ce qui autorise les décideurs de TVA à offrir le dimanche soir le spectacle insignifiant des "beautés" pour priver le peuple de la substantifique moelle des entrevues de fond qu'offre Radio-Canada à la même heure, sinon leur mépris des capacités intellectuelles du peuple ? Et ce mépris, n'est-ce pas avec raison qu'il engendre en retour le mépris dans toute âme bien née qui aime le peuple d'un amour sincère, indépendamment, quoiqu'on dise, de l'importance des cotes d'écoute ?

Moi, si j'étais le peuple, j'en aurais plus qu'assez de tout ce mépris. Mais je ne suis pas le peuple. Je ne suis qu'un intello qui regarde tout ça de loin et qui rigole un bon coup.
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photo: Intellectual, par Mo Morgan.

11 commentaires:

Anonyme a dit...

Moi aussi j'en ai tellement marre que l'on dénigre les intellectuels, la performance et tout ce qui sort du scaro-saint ordinaire nivelé parle bas si souvent.

La peur des tant de Québécois : se détacher de la masse...

C'était peut-être dit un peu gauchement, mais les intellectuels ont un travail à faire, selons leurs compétences, leur formation, leurs longues études, un point c'est tout. Je ne m'improviserai pas médecin demain matin. Ni mécanicienne.

Zed :)

Zylag a dit...

Bien d'accord. Pourquoi les élites médiatiques acceptent-elles si mal l'influence des élites universitaires ? Sentent-elles que leur pouvoir sur les masses populaires est menacé ?

Artimon a dit...

moi, j'ai pris le parti, de ne pas lire les jounaux, et de ne plus regarder la télévision. Je trouve que le programme télé est, dans l'ensemble, assez nul et je considère que tour cela est une pure perte de temps, horripilante de surcroît. Alors je lis des livres, que je peux choisir en toute quiètude, et je ne me fait pas de bile. Mais ... à chacun sa manière de passer à travers de son existence, n'est-ce pas? Les billets de certains blogues sont quand même bienvenuis, façon de se confirmer que l'on a pris la bonne direction!

Zylag a dit...

Bienvenu à nouveau sur le blogue, Artimon.

La télé, ce n'est qu'un meuble. On y met ce qu'on veut dedans. TFO, TQc, CinéPop et Artv passent souvent des vieux chefs-d'oeuvre oubliés du cinéma.

J'aime bien le cinéma à la télé.

Artimon a dit...

Zylag,

pour moi, les films c'est pas de la télévision. Le meuble en question n'est que l'interface entre nous et l'imaginaire, dans le cas des films, ou nous et la leçon de choses, dans le cas des programmes. En ce qui concerne les films, heureusement pour nous qu'il y a encore des chaînes sérieuses pour qui la culture c'est un peu plus que le miroir de notre société nord américaine. Mais, hélas, je suis un lève tôt et toutes ces merveilles passent à des heures impossibles pour moi. Les enregistrer? C'est la qualité qui en pâtit. Alors on les loue ou on les achète. Le monde de l'imaginaire, c'est merveilleux. D'ailleurs, on ne devrait jamais cracher sur un roman. C'est tout plein d'un peu de nous même dans ces bouquins.

Je ne dis quand même jamais non pour un bon documentaire sur la nature ou la science.

Cordialement!

Zylag a dit...

Je comprends votre point de vue et je suis à 100% d'accord: rien n'est aussi captivant qu'un bon roman. Mais ils ne sont pas toujours si faciles à trouver.

Pour le cinéma à la télé, il y a cette "nouvelle" technologie, l'enregistreur numérique sur disque dur, avec lequel il est très facile d'enregistrer à toute heure du jour ou de la nuit. Pas de cassettes, pas de disques, pas de problèmes.

"C'est un peu plus cher, mais c'est plus que du bonbon."

Anonyme a dit...

Très pertinent! Il est temps que ceux qui prétendent hyppocritement représenter le « vrai monde » veulent se faire passer pour intellos (sans le mot) soient dénoncés.

J'ignore ce qu'est un intello mais je sais déceler le mépris. En limitant la profondeur d'un propos, d'une entrevue, en présentant des émissions légères ou en publiant des journaux à sensations on fait preuve de mépris.

Facile de traiter n'importe quel intellectuel de snob ou de déconnecté. Le mépris, le vrai, c'est de dire ces mots.

Accent Grave

Artimon a dit...

Zylag,

merci du conseil. Nous avons un système satellitaire (Starchoice) qui nous relie aux chaînes télé et je n'ai pas encore réussi à enregistrer quoique ce soit à partir de ce dernier; je crois que cela prends un espèce de décodeur, ou quelque chose du genre. Je vais quand même me renseigner sur la technologie que vous mentionnez.

Zylag a dit...

@ Accent Grave: Je vous lisais chez vous et je suis content de vous relire ici.

De fait, il me semble entendre Mongrain, Martineau ou Lepage dire à leurs collaborateurs: "Ça, on va pas parler de ça, "ILS" comprendront pas..."

Miss Patata a dit...

Je n'ai rien à dire au sujet des intellectuels, en ce qui me concerne je crois qu'ils sont détestés uniquement pour se préserver d'un certain sentiment d'infériorité. Malgré tout je crois qu'en ce qui concerne ce cas précis il y aurait sans doute eu une meilleure façon de faire passer le message!

Du reste je pense qu'effectivement il y a un certains mépris du peuple chez le décideurs et chez les gens qui pensent le système, celui de santé, celui de l'éducation. Et sans aucun doute en ce qui concerne le monde des communications!

Zylag a dit...

@ miss patata: un point de vue sage et bien balancé. Merci.