
Jacques Beauchamp demandait ce midi, à La Tribune de Radio-Canada, si Pauline Marois allait sortir le Parti québécois de la crise qu'il traverse, à la suite de son couronnement présumé, ce soir, à 17 heures. Pendant qu'on interviewait Mme Marois, j'ai noté deux instants qui auraient pu être comiques s'ils n'étaient pas si tragiques.
Mme Marois exposait ses priorités: on ne veut pas faire des référendums, on veut faire un pays, on veut gouverner aussi, quand même un petit peu et surtout, surtout, on veut être à l'écoute des gens. Et patati, on va écouter ici, et patata, on va écouter là. Fin renard, Jacques Beauchamp lui lance en substance: "Oui, c'est bien beau le clientélisme, mais qui va s'occuper du leadership, qui va dire à la nation où on s'en va ?" Et là, Mme Marois, comme le haut fonctionnaire aguerri qu'elle est finalement, saute sur l'occasion pour ajouter, en substance: "Bien sûr, écouter, ce n'est là que la première étape. Dans un second volet, nous allons, suite à cette écoute, proposer au peuple des solutions, nous allons travailler sur les deux fronts, ... et patapon... et patapon..."
Venant d'un chef de parti, c'est comique. Venant du leader d'un mouvement souverainiste, c'est tragique.
Toujours fin renard, Jacques Beauchamp souligne que Mme Marois a conclu après sa défaite du 15 novembre 2005 que les Québécois n'étaient pas prêts à élire une femme à la tête d'un parti politique et il lui demande pourquoi les Québécois seraient maintenant prêts, deux ans plus tard, à élire une femme comme premier ministre du Québec. S'ensuit une brève scéance de patinage artistique amateur: "Il y a depuis eu Angela Merkel, Ségolène Royal, Hillary Clinton, il y a le Chili... Peut-être que ma bataille pour faire davantage de place aux femmes commence à porter fruit... " N'importe quoi sauf l'admission naïve et sincère qu'elle n'aurait pas dû blâmer les électeurs du parti en 2005. C'est du déjà vu comme attitude d'homme politique. Been there, heard that.
Je ne sais toujours pas comment définir le charisme. Mais au seul son de la voix de Mme Marois dans cette entrevue avec Jacques Beauchamp, il est clair qu'elle ne l'a pas. Sa voix agace, on ne la recherche pas, on ne souhaite pas en entendre davantage. Et pourtant, les membres du PQ sont dithyrambiques (en vrac, des auditeurs de La Tribune):
¤ Pauline Marois a tous les atouts pour redonner au Parti Québécois une orientation qui colle aux préoccupations immédiates des Québécois dans le respect de sa raison d'être. Son expérience du parti et de l'État, son leadership à la tête de plusieurs ministères importants et sa capacité d'écoute de la population. Elle a l'âge qui assure une maturité et l'énergie nécessaire au poste de première ministre. Elle a tout pour réussir et inspirer la confiance aux électeurs.
¤Quelle crise au PQ? Quand Boisclair est arrivé, le PQ était à 50% dans les sondages, et M.Boisclair a finalement compris le message le mois dernier. Le problème est déjà réglé.
¤Je ne sais pas si Mme Marois réussira, mais, une chose est certaine, si quelqu'un peut réussir, c'est bien elle.
Ce qui m'amène à la Loi de Zylag. Ce n'est pas une loi votée par un parlement, c'est une loi scientifique, découverte suite à l'observation empirique des groupes sociaux. Je me propose d'ailleurs de faire une communication à ce sujet au prochain Congrès de sociologie appliquée qui se tiendra à Montréal. Je vous en livre dès maintenant un résumé (Abstracts):
"L'auteur a procédé à une comparaison détaillée:
1) de la situation des infirmières au Québec et de la situation des cols bleus de la ville de Montréal;
2) de la situation des professeurs au Québec et de la situation des employés d'entretien de la Société de transport de Montréal.
Il en a conclu que l'intelligence collective d'un groupe de personnes est inversement proportionnelle à l'intelligence moyenne des membres de ce groupe, ce qu'il appelle la Loi de Zylag. Une des pistes pouvant mener à comprendre ce paradoxe réside dans le fait que plus les gens rationalisent, moins ils comprennent les nécessités réelles de l'action. Mais d'autres voies sont ouvertes aussi pour appuyer la profondeur de cette loi."
Appliquée à la situation du Parti québécois, cette loi explique beaucoup de choses...
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photo: La file d'attente pour le vote de confiance à Bernard Landry, par Rantes.








4 commentaires:
En fait, en politique les gens agissent comme ils achètent. Ils achètent pour 2 raisons. Pour la BONNE et pour la VRAIE. La première est toujours rationnelle. La bonne raison, c'est de satisfaire un besoin.
La deuxième c'est la VRAIE raison. Celle-ci est émotionnelle et elle est habituellement reliée à ce qu'ls veulent ou à ce qu'ils désirent.
C'est l'émotion qui incite ardemment les gens à passer à l'action.
Votre remarque est fort juste.
Cette loi a une exception: le collège des medecins
Mais, vous avez cent fois raison ! Et je n'y avais pas pensé. C'est vraiment bien trouvé...
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