dimanche 31 décembre 2006
1984+23=2007
L'économie mondiale risque de connaître une année périlleuse
Les États-Unis connaîtront une récession causée par l'inflation et la baisse des prix dans les secteur domiciliaire. Cette récession s'ajoutera à l'instabilité géopolitique et à la hausse des prix de l'énergie pour faire de 2007 une triste année pour l'économie mondiale.
Le Pakistan pourrait devenir le prochain cauchemard américain
Deux fois plus populeux que l'Iran, important foyer de l'extrémisme islamique causé par la pauvreté et l'analphabétisme entretenus par la gabegie des dirigeants, propriétaire d'armement nucléaire et de missiles balistiques, le Pakistan risque de devenir le prochain cauchemard des Américains si jamais les Islamistes prennent le pouvoir dans ce pays de 166 millions d'habitants.
La Chine étouffe sous l'essor de son industrie charbonnière
La Chine, avide d'énergie, développe son industrie charbonnière à un rythme accéléré. C'est à un point tel que l'on peut voir de l'espace des immenses nuages toxiques traversant le Pacifique et se dirigeant vers la Californie. Ces nuages contiennent de fines particules de produits chimiques pouvant causer le cancer, des maladies cardiaques ou des maladies pulmonaires.
La Chine prévoit construire 500 nouvelles centrales électriques au charbon qui s'ajouteront aux 2 000 déjà en opération, lesquelles rejettent de la fumée, du bioxyde de carbone et du bioxyde de soufre dans l'atmosphère.
N.B. Et je ne vous dis pas les horreurs écologiques causées par le barrage hydroélectrique des Trois-Gorges. Il faudra un jour expliquer à ces Chinois insouciants qu'ils ne peuvent pas rêver à atteindre le même niveau de vie que les Nord-Américains. Les ressources de la planète n'y suffiraient pas.
2007- L'année de la démence
L'auteur, Larry Beinhart, après avoir fait une des meilleures descriptions que j'aie lues de l'illégalité des politiques étrangères américaines, explique qu'il est impossible à George W. Bush de se retirer d'Irak. Cette guerre impopulaire se poursuivant, le pays connaîtra des tensions politiques qui marqueront l'année 2007.
Sondage- Les Américains sont moroses et pessimistes pour 2007
Un sondage Associated Press-AOL News a demandé aux Américains ce qu'il voyaient dans leur boule de crystal pour 2007:
¤ 70 % pensent que les États-Unis vont connaître une autre désastre naturel majeur;
¤ 70 % pensent que le réchauffement global va empirer;
¤ 60 % pensent qu'ils seront victimes d'un autre attentat terroriste majeur;
¤ 60 % pensent que les méchants ("bad guys") vont lancer une bombe chimique ou nucléaire quelque part dans le monde;
¤ 35 % pensent que la conscription sera mise en vigueur;
¤ 29 % pensent que Bush va retirer les troupes d'Irak;
¤ 25 % pensent que le second avènement du Christ va se faire cette année.
Que faire ce soir ?
Faudra-t-il se taper les enfantillages de Jean-René Dufort à Infoman et les gags d'adolescents attardés des quinquagénaires de RBO dans le seul but de pouvoir en parler avec la parenté ? Ou pour éviter de paraître snob en lançant: "RBO ? Je ne sais pas, je dormais." Ou le pire de tout, pour se laisser aller au plaisir vicieux de voir les millionnaires de RBO "bitcher" le pauvre monde qui n'a pas eu l'heur de plaire à nos divas de l'humour ? Ouache.
Mais j'admets, il y a des dilemmes pires que celui-là.
samedi 30 décembre 2006
Intermède
Les chats
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Charles BAUDELAIRE
vendredi 29 décembre 2006
Fiers d'être fiers d'être Canadiens
John Manley, ancien ministre libéral des Affaires étrangères: «On ne peut pas s'asseoir à la table du G8 et se rendre aux toilettes lorsque la facture arrive».
Jack Granatstein, ancien militaire, ancien historien militaire, ancien directeur du Musée canadien de la Guerre: «Les combats souvent désespérés en plein désert et la détermination affichée par le pays en dépit des pertes subies ont exercé un effet purificateur sur le psyché des militaires canadiens et du pays dans son ensemble, à la suite de près de deux décennies de négligence».
Jack Granatstein: «Le fait de tenir bon à Kandahar, face aux insurgés talibans, a permis de démontrer à nouveau que «ce pays a des dents».
Jack Granatstein: «Pendant longtemps, nous avons été des parasites. Le reste du monde en avait plus qu'assez de nous».
Rick Hillier, chef d'état-major de la Défense: «Je n'ai plus peur de trouver un officier général pour la structure de commandement de l'OTAN afin de m'assurer que nous soyons visibles et que nous ayons de l'influence».
Cela n'est pas clair, mais il semble que ce soit Murray Brewster qui conclut: «Tant au pays qu'à l'étranger, 2006 passera à l'histoire comme ayant été l'année au cours de laquelle le Canada a payé l'addition, avec le sang et la sueur de ses soldats, et souvent avec les larmes de leurs familles».
Pour rappel, les pays du G8 sont les États-Unis et le Royaume-Uni, puis la Russie, l'Italie, la France, l'Allemagne, le Japon et le Canada.
Pour rappel également, les pays fondateurs de l'OTAN sont: les États-Unis et le Royaume-Uni, puis la France, la Belgique, les Pays--Bas, le Luxembourg, l'Italie, le Danemark, la Norvège, le Portugal, l'Islande et le Canada. Quatorze pays ont par la suite joint l'OTAN et vingt autres ont des accords souples avec l'Organisation dans le cadre du Partenariat pour la Paix.
La Presse Canadienne et les intellectuels de haut vol qu'elle nous cite veulent nous faire croire que nous sommes enfin sur un pied d'égalité avec les autres nations du G8 et de l'OTAN dans notre effort de guerre. Soyons clairs. Nous avons simplement joint l'axe anglo-saxon américano-britannique dans son hystérie guerrière. Aucun des autres pays mentionnés n'appuie les guerres de Bush avec enthousiasme et leurs contributions à tous sont minimales.
jeudi 28 décembre 2006
Le dilemme somalien
Bashir Goth invoque plusieurs raisons pour stopper les islamistes somaliens, notamment une application sauvage de la charia, l'oppression des femmes, la fermeture des écoles secondaires pour enrôler les adolescents dans leur armée, le bannissement de la musique, du cinéma et de la télédiffusion des matchs sportifs. Les appels au jihad des Tribunaux islamiques contre l'Éthiopie et les États-Unis doivent inquiéter la communauté internationale. On ne devrait pas permettre l'instauration d'un deuxième état-voyou islamiste après celui des Talibans.
C'est pourquoi, en fin de compte, Bashir Goth prône une frappe préventive "à la George Bush" de l'Éthiopie contre la Somalie:
"The question of whether Ethiopia should intervene is irrelevant. No sovereign country in the world would allow a hostile and ideologically driven regime to threaten its existence. Crushing the Islamist militia while it is still in a nebulous stage will be less costly for the Somali people, for Ethiopia, and indeed for the whole world than to let the Islamists march into Ethiopia and wreck havoc to a nation of 70 million and more than 80 ethnic groups. Letting Ethiopia crumble will not only create another Yugoslavia in the heart of Africa but will also deal a devastating blow to the economies of Djibouti, Somaliland and Somalia."
Le problème, c'est que la résolution 1725 du Conseil de sécurité de l'ONU favorise un règlement politique négocié entre les combattants des Tribunaux islamiques et les troupes gouvernementales somaliennes. La force de maintien de la paix lancée en vertu du Chapître VII, lequel permet de passer outre à la non-ingérence dans un pays souverain, tarde à se concrétiser. De toutes parts fusent les appels à la paix sans que rien de concret n'aboutisse, sauf l'avancée des troupes gouvernementales somaliennes appuyées par les forces éthiopiennes. Elles viennent d'entrer dans Mogadiscio.
Il est là, le dilemme.
Peut-on appuyer une cause sympathique (i.e. plus conforme à nos valeurs) défendue par des moyens qui violent le droit international ? Doit-on au contraire laisser des populations entières se faire opprimer pour respecter la souveraineté des États membres de l'ONU ?
Il est à noter que le devoir de protection contre les génocides, les crimes de guerre et le nettoyage ethnique, tel que voté par l'assemblée générale de l'ONU en 2005, ne couvre pas toutes les situations où des populations sont opprimées, en plus évidemment de ne permettre que des interventions tardives. Il est aussi à noter que la défense d'une cause sympathique menée en contravention du droit international, a conduit à l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003.
Alors ?
mercredi 27 décembre 2006
La condition féminine ici et là
"Les femmes font-elles des perçées réelles dans votre pays, ou est-ce toujours un pas en avant et deux pas en arrière pour la moitié de la population du globe ?" (Ma traduction)
De Jordanie, Daoud Kuttab: Le système des quotas a donné plus de visibilité aux femmes en politique mais tarde à donner des résultats concrets pour les femmes. Les organisations féminines s'occupent surtout des problèmes des femmes de l'élite pendant que les leaders religieux font reculer la cause des femmes en général.
De Hongrie, Miklos Vamos: La langue hongroise n'a pas d'équivalent pour les pronoms "il" et "elle", et elle n'en a jamais eu. Dans un poste équivalent, les femmes gagnent moins que les hommes, mais en théorie seulement puisqu'elles obtiennent rarement des postes équivalents. Les femmes qui se risquent dans les domaines des hommes n'aiment pas qu'on les traite comme les autres hommes. Les Hongroises sont pressées si l'on considère qu'il y a 60 ans à peine le pays vivait à toutes fins pratique sous un système féodal.
Du Pakistan, Samina Ahmed: Le gouvernement vient d'abolir la loi sur le viol stipulant que celles qui portaient plainte pour viol étaient accusées d'adultère et de fornication si elles ne pouvaient pas prouver le viol avec quatre témoins mâles. Les groupements féministes ont pris la rue en exigeant que l'ensemble des ordonnances Hudood basées sur la charia soient aussi révoquées.
À la campagne, les Pakistanaises sont traitées comme des bêtes de somme et on s'attend à ce qu'elles fassent le gros de l'ouvrage tout en étant mal nourries. À la ville, on les oblige à laisser les études ou à laisser leur emploi après le mariage.
De la Corée du sud, Shim Jae Hoon: Ici les femmes obtiennent des postes d'influence dans la culture, la politique et les affaires. Le premier ministre est une femme, ainsi que le chef de l'opposition. Le principal facteur de la libéralisation des femmes est l'industrialisation. Mais l'éducation au respect et à l'égalité des femmes aussi compte pour beaucoup. Au Japon et en Indonésie, l'industrialisation n'a pas libéré les femmes alors qu'elle l'a fait en Corée du sud et en Chine.
De Grèce, Nikos Konstandaras: L'éducation et la technologie ont éliminé l'avantage de la force brute tandis que la médecine contribuait elle aussi. Il existe des sociétés qui sont plus rigides dans leur oppression des femmes partiellement à cause de la religion mais aussi parce que les femmes en sont elles-mêmes des éléments très conservateurs. Cependant, les communications s'améliorant, elles voient ce qui se passe ailleurs et leur pensée évolue. Les religions qui croient arrêter l'émancipation des femmes sont appelées à être un jour délaissées par leurs fidèles.
Du Brésil, Miriam Leitao: L'éditeur d'un grand journal a été reconnu coupable d'avoir assassiné sa maîtresse et condamné à 18 ans de prison. Six ans plus tard, il n'est toujours pas incarcéré parce qu'il conteste la durée de la sentence. Les conseils d'administration sont composés d'hommes à 90 % et le Congrès, à 93 %. Le gouvernement Lula essaie de donner plus de pouvoir aux femmes mais on assiste en parallèle à une recrudescence de la violence contre les femmes. Les deux sont-ils liés ?
D'Iran, Ali Ettefagh: Ce n'est pas la religion qui est le principal frein à l'émancipation des femmes, mais l'absence d'éducation. Depuis la Révolution Islamique, les femmes ont le droit de travailler en Iran, contrairement à certains états voisins. Plus de 50 % des étudiants universitaires sont des femmes. En politique, les progrès sont lents mais vont dans le bon sens dans diverses officines gouvernementales.
De Russie, Masha Lipman : Chez nous, la libération de la femme a été imposée par les bolchéviques en 1917. Elles pouvaient voter, occuper n'importe quel emploi, étudier à l'université, sauf qu'elles devaient en plus élever les enfants, tâche considérée exclusivement féminine. La pénurie ou la mauvaise fabrication des condoms a entraîné un taux très élevé d'avortements.
Quand le communisme s'est effondré, certaines femmes ont délaissé le travail et sont entrées à l'université en disant ouvertement qu'elles allaient y dénicher de riches maris. Elles étaient hantées par l'image de leurs mères débordées, mal habillées, vieillies prématurément. D'autres par contre ont très bien réussi dans le nouvel environnement compétitif. Les résistances sont encore très vives en politique.
D'Afrique du sud, William M. Gumede: Sur l'égalité des femmes, le pays a une constitution progressiste, des lois décentes et plein de bonnes intentions. Sauf que les hommes y ont depuis toujours considéré les femmes comme leur propriété, ce qui ne se change pas avec des lois. Un haut dignitaire politique accusé de viol vient d'être acquitté. Il a affirmé que la victime semblait vouloir du sexe avec une jupe qui lui descendait aux genoux. Malgré la médiatisation du procès, tous les partis politiques se sont tus. Les mentalités évoluent très peu.
De Somalie, Bashir Goth: Les intellectuels arabes et musulmans ont toujours refusé d'admettre que l'Islam fait partie du problème de l'oppression des femmes que l'on constate dans les crimes d'honneur, les lois familiales issues de la charia, les mutilations génitales, l'isolement social et la discrimination politique à leur endroit. Tous les hommes prétendent que la mutilation génitale est contraire à l'Islam mais aucun d'entre eux n'accepterait d'épouser une femme qui n'est pas circoncise.
De fait, on invoque toujours l'Islam quand ils s'agit de refuser à la femme le droit de conduire, d'aller à l'école, d'hériter de sa juste part, de marier l'homme qu'elle aime, de participer à la vie politique ou tout simplement de s'habiller comme elle le veut.
_________________________________
N.B. Un professeur d'anglais me donnerait zéro comme traducteur. J'ai seulement tenté de refléter fidèlement l'essentiel de leurs interventions.
mardi 26 décembre 2006
Les nations d'ailleurs
On peut se consoler, le Canada n'est pas le seul pays où on discute "nation". Je suis tombé par hasard sur le terme "Poles" dans Wikipedia. Je vais donner une traduction libre de ce texte parce qu'il résume clairement et sans passion ce qu'on peut dire sur le sujet:
"Les Polonais sont un peuple slave de l'ouest habitant le pays appelé Pologne, ainsi qu'un certain nombre d'états divers dans le monde où ils constituent une diaspora significative.
Il n'existe pas de définition des Polonais acceptée par tous. Selon le préambule de la Constitution de la Pologne, la nation polonaise comprend tous les citoyens de la Pologne. Cependant, comme dans la plupart des autres pays européens, plusieurs limitent la nation polonaise à ceux dont la langue maternelle est le polonais et qui en partagent la culture et les traditions, ou des gens qui partagent un bagage ethnique commun provenant de la Pologne."
Pour simplifier la discussion sur la "nation", il y a des nations sans état souverain comme les Palestiniens, les Kurdes et les Québécois. Il y a des états qui incluent plusieurs nations, comme le Royaume-Uni qui a les Anglais, les Gallois et les Écossais. Il y a l'état fédéré qui n'est pas considéré comme une nation, tel les cantons suisses et les Länder allemands. Finalement, il y a cette chose toute simple qu'on appelle l'état-nation unitaire dont l'exemple le plus souvent cité est la France, laquelle compte soixante-dix-sept langues régionales, 1 200 variétés de fromage et 6 millions de musulmans.
lundi 25 décembre 2006
Pour la paix
Pour tous les Kosovars, Tchétchènes, Palestiniens, Israéliens, Libanais, Libériens, Irakiens, Soudanais, Somaliens, Ivoiriens, Éthiopiens, Congolais, Basques, Serbes, Rwandais, Indonésiens, Burundais, Érythréens, Slovènes, Géorgiens, Cachemiris, Afghans, Irlandais, Tamouls, Tibétains, Bougainvillais, Timorais, Croates, Colombiens, Népalais, Coréens, Kurdes, ainsi que pour les personnes affectées par les 48 autres conflits régionaux que je n'ai pas nommés,
Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.
dimanche 24 décembre 2006
Meilleurs Voeux

samedi 23 décembre 2006
Nuages noirs
The Independant, 21 décembre 2006
"The trip [ of Blair to the Middle East ] has been overshadowed by a growing perception that Mr Blair's relationship with President Bush is very much a "one-way street" in which Britain gets very little in return for his unwavering public backing for Washington."
Brown's first job must be to break free of US shackles
The Guardian, 21 décembre 2006
"It would be logical for Brown [futur premier ministre du Royaume-Uni] to announce in the first weeks of his premiership that British troops will quit southern Iraq by, at the latest, the end of 2007. He could draw a line under the Bush-Blair partnership, and dramatically highlight the fact that he will do things differently. Most of the British people would applaud. Brown would signal the abandonment of Britain's cringe-making role as poodle to the most disastrous US president of modern times. Yet it seems extremely doubtful that Brown will do any such thing. (...)
Yet there is a strong case for urging that he should do it - not stridently pick a fight with Washington, but commit himself to British withdrawal from Iraq. Sooner or later, and almost certainly while Brown is prime minister, the troops will have to leave and the bloody consequences faced."
US tests call-up system but denies return to conscription
The Guardian, 23 décembre 2006
"The Bush administration is planning a test run of America's emergency military call-up, stoking speculation about a return to a draft at a time when the White House is considering sending more troops to Iraq.
The secretary of state, Condoleezza Rice, provided further evidence that the administration was leaning towards sending more troops to Iraq, acknowledging the high financial and human toll of the war so far, and indicating there would be further costs to bear."
Les Anglais en ont marre de faire rire d'eux et de se faire mener par un allié qui ne parle qu'à Dieu. Les Américains parlent d'envoyer plus de soldats en Irak et testent leur machine à fabriquer des conscrits. Mais cela ne veut rien dire: "Officials were adamant there were no plans to bring back conscription."
À la suite de l'ouragan Katrina, Bush a modifié la loi "Insurrection Act". De nouvelles circonstances peuvent justifier l'intervention de l'armée sur le territoire américain: un désastre naturel, une épidémie ou toute autre urgence liée à la santé publique, une attaque ou un incident terroriste ( terrorist attack or incident).
Cela risque d'aller moins bien avant d'aller mieux.
vendredi 22 décembre 2006
L'éternel retour
George W. Bush, décembre 2006
"The Vietcong did not win by a knockout, but neither did we."
Walter Cronkite, février 1968.
La guerre du Vietnam s'est poursuivie pendant 5 autres années après le constat d'un match nul là-bas. Il semble que l'histoire va se répéter en Irak. Bush, après avoir souligné qu'il y aura davantage de morts, envisage d'augmenter le nombre de soldats américains sur le terrain. C'est Frederick W. Kagan qui sonne la charge pour lui.
Éternel retour ?
jeudi 21 décembre 2006
Je blogue, tu blogues...
Ce qui m'amène au sujet du jour: la demande de fonds par digby. C'est vraiment triste à lire:
"(...) I'm here once again, stocking in hand, to ask that if you have your credit card out and it isn't maxed, you might send a little Christmas cheer my way once again.
I wish the blog was a self sustaining commercial enterprise, but sadly, there are only a handful of them that can claim such success and they are much, much bigger than this one. So, I'm going directly to you, my readers, in the hopes that you'll help me keep this little site rolling for another year.
I spent much of the last year working on deals to move the blog to various MSM-style projects that never materialized. (...)"
Peut-on imaginer ? Hullabaloo est un site très primé avec une bonne circulation dans la blogosphère américaine et il n'arrive pas à faire ses frais. Les grands médias n'en veulent pas non plus pendant que foisonnent les blogues qu'ils mettent de l'avant. Vigile.net connaît aussi des problèmes de financement mais le marché est petit, ici. Pour beaucoup de gens, et pour longtemps, tenir un blogue demeurera une forme de loisir, au mieux une forme de bénévolat.
mercredi 20 décembre 2006
La guerre, par d'autres moyens
Cette vidéo de YouTube me fait justement penser que Mme Renée Fleming, une jolie cantatrice de 47 ans demandée par toutes les maisons d'opéra pour le sfumato de sa voix et sa présence sur scène, chantait à Montréal hier. Les données techniques sur cette prestation nous sont fournies ici par le critique musical Claude Gingras: "ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL et CHOEUR DE L'OSM (dir. Michael Zaugg). Chef d'orchestre : Kent Nagano. Soliste : Renée Fleming, soprano. Concert de Noël, hier soir, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. (Radiodiffusion : Radio-Canada, 25 décembre, 13 h.)"
Pensant me reposer de la guerre civile en Irak, du génocide au Darfour et des vacheries de nos parlementaires, je me risque à lire le reportage de M. Gingras. Et là, je réalise bien que le milieu de la culture est lui aussi le théâtre de drames humains qui ont peu à envier à la cruauté des champs de bataille. [Je sais, l'image est un peu forte. Je ne l'aime pas tellement moi-même.] Voici quelques extraits de l'article de Claude Gingras:
¤ La popularité de Renée Fleming reste un mystère.
¤ La blonde chanteuse américaine...
¤ La longue robe rouge à traîne rouge Noël (...) tient finalement lieu de présence...
¤ (...) Madame en réajuste fréquemment l'étole, en n'oubliant jamais de sourire, bien sûr.
¤ (...) tant est insondable le vide de son «interprétation».
¤ La voix est assez jolie, quoique l'âge commence à y laisser des marques...
¤ (...) [elle] sourit aux premières rangées, comme si elle poussait une chansonnette.
Et le critique de conclure:
"Bref, l'insignifiance à peu près totale que nous avons devant nous me suggère ce rapprochement : Renée Fleming serait une sorte de Céline Dion de l'opéra en ce sens que, dans les deux cas, le grand public et le gros public aiment ce côté «girl-next-door» auquel ils s'identifient."
Madame Renée Fleming s'en relèvera-t-elle?
mardi 19 décembre 2006
10 histoires oubliées
1. Les passeports piratés
Le Département d'État américain a commencé en octobre à émettre des passeports électroniques contenant un micro-chip. Le problème, c'est qu'on peut facilement en pirater les données pour fabriquer plusieurs clones du passeport.
2. Le remède pire que la maladie ?
À la suite de la mort de 10 Canadiens qui avaient pris du Tamiflu pour se préserver de la grippe aviaire, Santé Canada a publié une mise en garde contre le médicament.
3. Les grands du pétrole laissent tomber le $ US
La Banque des règlements internationaux rapporte que les pays de l'OPEP ont changé 5 milliards de dollars de leurs avoirs en euros et en yens. La Russie fait maintenant la plupart de ses dépôts en euros. La dévaluation du $ US qui en résulte risque d'amener une poussée inflationniste qui ferait très mal au portefeuille des Américains.
4. La situation des femmes s'améliore
En politique, Bachelet, Merkel, Royal et Clinton démontrent qu'elles ont leur place. Compte tenu qu'il y a un corrélation étroite entre l'éducation des filles et le succès économique d'une société, c'est une bonne chose que de plus en plus de filles aient accès à l'éducation en Amérique latine et en Asie.
5. Israël et l'Iran sont en négociation
Les autorités israéliennes et suisses ont confirmé qu'Israël et l'Iran négocient la dette de plusieurs centaines de millions de dollars dus à l'Iran pour du pétrole livré à Israël avant la Révolution islamique de 1979.
6. Les États-Unis financent les Talibans
Bien involontairement. Quand les villageois reçoivent de l'argent pour reconstruire, les mollahs leur demandent de le redonner aux Talibans. Un officier canadien chargé de redistribuer les sommes confirme que des millions de dollars sont ainsi disparus depuis 5 ans.
7. Course aux armements en Amérique latine ?
La Russie a récemment conclu des ventes d'équipement militaire avec le Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Mexique, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela. Peu après la conclusion d'une vente d'armes au Brésil, le ministre des affaires étrangères russe annonçait que la Russie appuierait la candidature du Brésil au Conseil de sécurité de l'ONU.
8. Bush et la loi martiale
Après Katrina, Bush a changé la loi lui permettant d'intervenir militairement en sol américain. Il a étendu les circonstances lui permettant d'intervenir sans l'accord du gouverneur d'un État. Le sénateur Patrick Leahy a bien vu la manoeuvre qu'il déclare contraire aux fondements de la démocratie américaine.
9. La Chine prête aux Africains
Au dernier sommet du G8, les pays riches ont promis d'effacer 40 milliards de dollars sur la dette des pays pauvres. La Chine a déjà prêté 12,5 milliards de dollars en Afrique et a récemment annoncé un programme pour des prêts de 5 milliards de dollars d'ici 2009. Des questions ?
10. L'Inde aide l'Iran à construire la bombe
L'administration Bush a imposé des sanctions à deux firmes indiennes qui ont fourni des pièces de missile à Téhéran. Deux autres compagnies indiennes ont fourni de l'information à l'Iran sur de l'armement chimique et deux scientifiques indiens ont transmis de la technologie nucléaire sur l'eau lourde toujours à Téhéran. Malgré tout, Bush valide la coopération atomique et un «nouveau partenariat» avec l'Inde.
lundi 18 décembre 2006
Feu le baiji
Les coupables présumés de cette mort appréhendée sont la surpêche, l'augmentation du traffic fluvial, le barrage des Trois-Gorges, en fin de compte, un développement économique accéléré de la région. L'économiste August Pfluger qui dirige baiji.org, un groupe environnemental, pense que c'est une tragédie, une perte pour la Chine et pour le monde entier.
Dorénavant, il y aura une espèce de moins sur le 1,5 million d'espèces animales répertoriées et sur les 100 millions d'espèces que l'on estime composer la biosphère. Au rythme où les nouvelles espèces sont apparues à travers les âges, nous pouvons nous compter chanceux que les espèces soient mortelles, elles aussi. Personnellement, je ne m'ennuie pas des dinosaures et je me passerais bien d'Anopheles gambiae ainsi que d'Anopheles funestus. Je sais bien qu'ils nourissent les chauves-souris, mais ils propagent aussi le paludisme. Je n'aimerais pas non plus que les espèces d'hominidés qui ont permis l'arrivée d'Homo sapiens sapiens traînent encore dans le décor. Il y a déjà assez de confusion comme cela dans nos sociétés désorientées.
Les dauphins sont des mammifères très sympathiques. Ils sont intelligents comme des enfants de 2 ans qui, comme chacun sait, sont adorables à cet âge. La disparition d'une espèce de dauphin n'est pas un événement heureux mais elle ne fera pas pleurer les 400 millions de Chinois qui vivent dans la vallée du fleuve Yangtze ni les familles des 300 000 personnes décédées seulement pendant les crues de l'automne 1998. En plus de produire une énergie propre, le barrage des Trois-Gorges aide à régulariser le débit de ce fleuve géant.
Quand je pense froidement à ma mort, à la mort des espèces, à la mort des civilisations, je réalise que le processus est non seulement nécessaire, mais qu'il va presque toujours amener quelque chose de mieux. Je désapprouve cette course à la jeunesse éternelle qui va au-delà de l'ambition de mourir en santé. Après avoir vu Apocalypto, on réalise que c'est une bonne chose que les civilisations soient mortelles. S'il fallait que les 300 dauphins de Chine répertoriés en 1986 meurent pour que le barrage de Trois-Gorges soit, alors, ainsi soit-il.
Un jour, je tenterai de comprendre et d'expliquer comment quelqu'un de sensé apparemment, un économiste, en arrive à dire que la disparition de l'espèce Lipotes vexillifer est une tragédie pour la planète en entier. Cela doit remonter loin dans le Moi, le Surmoi et le Ça.
_____________________________
Texte ajouté à 20 h 55:
WWF: 52 new species discovered on Borneo
"The more we look the more we find," said Stuart Chapman...
dimanche 17 décembre 2006
Voyages...attention...danger
Le site américain Les Enragés. org donne ici la version courte d'une interprétation de la décision. Le toujours très pertinent et très compétent avocat new-yorkais Glenn Greenwald en donne ici la version longue.
Puisque Maher Arar est encore sur la liste noire de la CIA, il pourrait être arrêté et détenu sans procès et sans recours pour le restant de ses jours dans les geôles du gouvernement américain. Je ne sais pas si les gens d'ici savent cela. Beaucoup de Canadiens et de Québécois ont une psysionomie de type arabe ou sémite et voyagent au Moyen Orient pour affaires ou pour revoir la parenté restée là-bas. S'il sont dénoncés malicieusement comme terroristes, ils peuvent disparaître comme Maher Arar lors d'un voyage aux États-Unis.
Le gouvernement canadien, par son ministère des affaires étrangères, ne devrait-il pas mettre en garde ses ressortissants, comme il le fait pour tous les autres pays où règnent des dictatures qui mettent de côté l'état de droit ?
samedi 16 décembre 2006
Deux anniversaires
Ils étaient 300 fonctionnaires à manifester hier devant un parlement vide pour crier, de concert avec leurs leaders syndicaux:
" Parti libéral, parti du patronat ",
" Le trip du Parti libéral, c'est d'imposer des lois spéciales ",
" Le retrait de 142, on va l'avoir parce qu'on le veut ",
" Au printemps prochain, on dit à Jean Charest : Ton temps est fini! ",
" Nous sommes ici pour dire à ce gouvernement : bye-bye ",
" Oui, l'élection s'en vient; oui, le jugement de la population s'en vient ".
Le parlement était vide parce que le gouvernement Charest a imposé le baillon aux députés. Les députés n'ont pas déchiré leurs chemises sur la place publique et sont tombés plus rapidement en congé. L'an passé, les 500 000 fonctionnaires étaient outrés que le gouvernement ait baillonné leurs syndicats. Ils étaient 300 à s'en rappeler hier.
Se peut-ils que les rites traditionnels de la démocratie québécoise soient en train de changer ? Se peut-il qu'on en ait marre des grand-messes solennelles avec diacre et sous-diacre (les chefs syndicaux en prison, les saccages de chantiers, les malades qu'on refuse aux urgences) pour s'en remettre dorénavant aux messes basses marmonnées en vitesse (lois spéciales décrétant des conventions et procédures de baillon pour adopter des lois fourre-tout) ?
L'autre anniversaire, c'est celui de la mise en place de ce blogue. J'y parlais avec tous les trémolos d'usage de l'adoption scélérate de la loi 142.
vendredi 15 décembre 2006
États d'âme
De plus, le caractère confidentiel de ce blogue minimisera les répercussions négatives potentielles de ces révélations sur l'histoire de notre nation et sur la réalisation de notre destinée manifeste. Il ne faut pas rire de ces choses-là. Il se trouve des gens pour penser que le battement d'aile d'un papillon javanais est à l'origine de l'ouragan qui a dévasté la Nouvelle-Orléans.
Je ne me sens pas bien ces jours-ci. La musique de Noël emplit l'air du temps de nostalgies déplaisantes. Je fais hélas partie de cette portion de l'humanité pour qui le temps des Fêtes n'est qu'un mauvais moment à passer. Mais ce n'est pas le pire. Un sondage nous apprend que 57 %
des Québécois pensent que l'élection de Stéphane Dion est une bonne chose pour le Québec, contre 29 % qui pensent le contraire. Un autre sondage nous apprend que le choix de Stéphane Dion propulse le PLC à un sommet de popularité et que M. Dion serait premier ministre du Canada s'il y avait des élections maintenant.
Je me sens un peu comme Lucien Bouchard quand, après avoir tenté d'expliquer aux Québécois l'horreur de la partition, l'Irlande du Nord et toutes ces sortes de choses, les Québécois lui ont répondu par un sondage disant à 60% que si une région du Québec veut rester dans le Canada, elle avait beau jeu de le faire. Je me sens un peu comme Lucien Bouchard quand, après avoir tenté d'expliquer que la Loi sur la clarté était une horreur et après avoir prédit que les Québécois voteraient massivement pour le Bloc québécois pour cette raison, il s'est fait désavouer par le peuple qui réduisit la députation du Bloc de 44 à 38.
Stéphane Dion populaire, pur de tout scandale, intelligent, cultivé, porté bientôt à la tête du Canada, faisant ainsi la fierté de sa nation..., pardon, de son peuple..., pardon, de sa tribu, on a déjà vu cela. Le même sentiment tribal prévaut que lors de la montée de Pierre Elliott Trudeau. Et cela fonctionne encore... Je ne me sens pas bien, ces jours-ci.
Et mes porte-parole n'offrent rien qui puisse me consoler du passé et me rassurer sur l'avenir. André Boisclair a fait de son mieux et j'ai tu jusqu'ici ce que j'en pensais. J'ai bien fait de me taire car il est devenu évident pour tous que cela ne va pas. Cela s'est imposé par soi-même. Pauline Marois est sur toutes les tribunes. Bernard Landry ne rate pas un micro. François Legault en mène large à l'Assemblée nationale: si sa femme échappe sa laisse, ne vous ôtez pas de là, vous n'en aurez pas le temps.
Au niveau fédéral, Gilles Duceppe devient difficile à décoder. Il refuse d'appuyer le NPD qui propose un retrait des troupes en Afghanistan "fait de manière responsable, en collaboration avec nos partenaires internationaux, afin d’assurer la transition." Il propose maintenant la même chose, ce qui va faire porter au Bloc l'odieux d'une élection qui va coûter 200 millions de dollars. Il y a sans doute des contraintes internes ou externes que je ne vois pas pour mener à une telle décision. Je concède qu'il y a souvent de mauvaises raisons de prendre une bonne décision, mais je n'ai jamais pu accepter qu'il y ait de bonnes raisons pour prendre une mauvaise décision.
Parfois, quand les situations sont désespérées sans être trop importantes, j'essaie de prendre de la hauteur pour avoir une meilleure vision du problème. Bon, voyons voir. En Amérique du Nord, 91 États représentant 440 millions de personnes sont regroupés en trois fédérations: le Canada, les États-Unis d'Amérique et les État-Unis du Mexique. L'anglais est la principale langue d'usage chez 59 d'entre eux, pour 31, c'est l'espagnol et pour 1 d'eux, c'est le français.
L'État français, le Québec, unique comme les 90 autres se sentent uniques, mais quand même plus unique en vertu de la langue d'usage, ressent plus fort que les autres ce qu'on pourrait définir comme "the postmodern temptations of identity politics". C'est à dessein que j'utilise cette expression, car je ne sais pas exactement ce qu'elle veut dire. Tout comme les 90 autres États d'Amérique du Nord ne savent pas ce que parler français sur ce continent veut dire. Cela décrit notre malaise et le leur devant cette réalité, ce fait brut: il y a ici 6 millions de personnes qui parlent français.
Nous avons voulu continuer de parler français pour conserver notre religion, parce qu'on ne peut pas ou ne veut pas apprendre l'anglais, ou l'espagnol, parce qu'on est fier de cet héritage culturel, parce qu'on aime Balzac, parce qu'on pense apporter une couleur de plus dans la palette nord-américaine, parce qu'on aime ça, être différent, ou vraiment, mais vraiment, simplement parce que c'est plus simple comme ça.
Alors simplement, 6 millions de personnes continuent de parler français. En même temps, ils sont pour la partition, ils sont tannés du Bloc québécois et des leaders du PQ, ils sont fiers de Stéphane Dion, et la Loi sur la clarté clarifie la situation. En effet, il y a encore des gens qui pensent que le PQ ne veut pas faire la souveraineté. Une chance que le gouvernement fédéral a tiré cela au clair...
Je ne me sens pas bien ces jours-ci. Et je ne sais même pas exactement pourquoi.
jeudi 14 décembre 2006
Le temps a laissé son manteau
Oui, pour un temps seulement,
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en parure jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie ;
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.
Charles d’Orléans (1394-1465)
mercredi 13 décembre 2006
Les Républicains modérés ont peur
Republican War Critics Find Cover
Oregon's Sen. Smith Shows How Iraq Report Can Spur A Shift Among Moderates.
(...) The most prominent recent critic is Republican Sen. Gordon Smith of Oregon, a former supporter of the war and two-term senator facing re-election in 2008, who now says he has come to see it as unwinnable and derides U.S. policy in Iraq as "absurd" and "criminal."
(...) But other centrist Republicans, apparently fearful of the war's impact on their re-election prospects, also are using the report to explain changes in war postures. New Hampshire's Republican senators, Judd Gregg and John Sununu, for instance, were once strong backers.
(...) Last week, however, Mr. Gregg hailed the report as "an important step forward in our efforts to try to resolve the morass that has become Iraq." Mr. Sununu simply said it showed "we are not winning the struggle in Iraq."
FOX News Special Report With Brit Hume
SEN SAM BROWNBACK (Republican), KANSAS: Well, I think there's growing in patients across the country but what is taking place in Iraq as it seems to breakdown more on sectarian lines, and it's not been just what Gordon Smith is saying, it's everybody. And the country has been pretty patient on Iraq, but now it's time to move things forward.
The Lonely President
(...) For rarely has a president stood more alone at a moment of high crisis than does our president now as he makes his crucial policy decisions on the Iraq War. His political opponents stand triumphant, yet barren of useful guidance. Many -- if not most -- of his fellow party men and women in Washington are rapidly joining his opponents in a desperate effort to save their political skins in 2008. Commentators who urged the president on in 2002-03, having fallen out of love with their ideas, are quick to quibble with and defame the president.
(...) Not surprisingly the most recent polls show just 21 percent approval of his handling of the war -- an 8 percent drop since the election, and that mostly from Republicans and conservatives. Overall, his job approval level is down to 31 percent. If Washington gossip is right, even many of the president's own advisers in the White House and the key cabinet offices have given up on success.
The GOP's Iraq Two-Step
(...) There is, of course, a category of Republican officials who don't have to worry about their party's presidential primaries but are petrified at the prospect of being tossed out by the general electorate if the Iraqi occupation persists through November 2008: congressmen and senators. To save themselves, not to mention American troops, many of them may yet join with congressional Democrats to try to bring our men and women home before the next election, however mightily the president resists them.
(...) Bush would surely say this would happen over his dead body, but politically, Republican officials might have to choose between his dead body and their own.
mardi 12 décembre 2006
La drôle de guerre
Dans son dernier reportage, il s'est rendu dans la région de Kandahar rencontrer un commandant taliban qui a perdu une jambe, deux bras et un peu de sa vision en combattant les Russes. Avec ce machisme inimitable des vétérans, le vieux soldat nous balance que c'était plus amusant de se battre contre les Russes. Ils étaient plus déterminés. Les Américains ne cherchent pas à savoir d'où viennent les coups de feu qu'ils entendent. Ils restent dans leurs bases.
Syed Saleem Shahzad remarque que, s'il est question d'idéologie dans les échelons élevés de la hiérarchie talibane, sur le terrain des opérations, il n'y a plus d'idéologues. Ce sont les mêmes combattants qui se sont battus contre les Russes. Se battre contre les étrangers fait simplement partie de la tradition afghane.
Le journaliste s'est ensuite déplacé pour recontrer un autre commandant, plus jeune celui-là. Arrivé au village ou réside le commandant, village d'où on peut apercevoir la base de L'OTAN, il demande à un jeune garçon où est le commandant. "Taliban ?", dit le garçon, et il lui désigne une maison. Là, le frère du commandant accueille le journaliste en attendant que le commandant puisse le rencontrer.
Les Talibans n'attaquent pas. Les forces de l'OTAN non plus. Les Talibans se promènent avec leurs armes au vu et au su des soldats coalisés, lesquels ont par ailleurs cessé de faire des fouilles et des recherches qui indisposent la population. Les Talibans ont cessé d'attaquer directement parce que l'OTAN envoie alors des avions pour les bombarder. On s'observe.
La base est approvisionnée en nourriture par hélicoptère parce que les routes sont peu sûres. Toutes les nuits, les soldats de l'OTAN tirent en l'air et envoient des fusées éclairantes pour montrer qu'ils veillent. Bien sûr, cela dérange le sommeil des Talibans, et quand ils n'arrivent pas à dormir, ils s'installent pour observer les balles traçantes et les flashes des fusées sur un fond de ciel étoilé.
Il n'y a pas de cessez-le-feu. On s'observe. Les Talibans ne sont pas pressés. Les soldats de l'OTAN s'ennuient. C'est comme ça.
C'est la drôle de guerre.
_______________________________
Drôle de guerre:
La drôle de guerre est la période de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen entre la déclaration de guerre par la France et le Royaume-Uni (les Alliés) à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939 et l'invasion par cette dernière de la France, de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas le 10 mai 1940. Elle reçut ce surnom du journaliste Roland Dorgelès reprenant une expression utilisée dans un reportage sur les armées alliées qui attendaient l'offensive dans leurs retranchements et notamment la ligne Maginot en trompant l'ennui. Les communiqués des armées ne faisaient état d'aucune activité notoire, tout au plus quelques escarmouches.
lundi 11 décembre 2006
Salade de saison XV
Il y a les coups de coeur, il y a les coups de masse. Les uns et les autres ne s'embarrassent pas de savantes analyses. Richard Martineau non plus. Il a toujours été ce genre de chroniqueur, dans de multiples médias bien sûr, mais tous quasiment confidentiels. Il publie maintenant au Journal de Montréal, un média où les coups de masse ont beaucoup plus d'impact.
Pendant combien de temps pourra-t-il maintenir ce rythme, et dans ce style:
"Oui, on peut être contre les idées de Stéphane Dion. On peut les combattre, les dénoncer. Reste que son élection annonce un tournant.
On sort enfin de l'ère du populisme à la Chrétien pour entrer dans celle des idées.
Des idées que l'on défend ou que l'on pourfend, mais des idées.
C'est pas une bonne nouvelle, ça ?"
"Mais qu'est-ce que la Ligue des Noirs fait là-dedans ?
Pensez-vous vraiment que la police de Montréal a porté des accusations contre ces cinq gars juste parce qu'ils avaient la peau foncée ? Voyons !
Ils auraient été jaunes picotés verts que les flics auraient agi de la même façon !"
Réjean Tremblay prend des risques
Dans un magnifique éloge funèbre qui est en même temps une ode à la paternité et au courage indomptable du directeur général du Club Canadien de Montréal, Réjean Tremblay rappelle les problèmes passés de Laura Gainey et son retour à une vie normale. Il souligne la solitude du père devant l'épreuve:
"Et hier, Gainey ne pouvait pas compter sur un groupe d'entraide pour l'appuyer.
Pourtant, j'ai des confrères et des amis qui ont perdu des enfants. Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils étaient parfois tourmentés, mais ils étaient aimés."
En parlant des risques que prend M. Tremblay, je ne parle pas des risques d'être ridicule avec son style "pompier". Mais dans d'autres médias , on rapporte que les recherches pour trouver Laura Gainey se poursuivent. Un père a toujours espoir tant qu'il n'a pas l'évidence de la mort de son enfant. L'éloge funèbre de Laura Gainey est sans doute prématuré. Voilà un scoop dont tous se seraient bien passé, Bob Gainey le premier.
Google sait tout
J'ai parfois des scrupules à fouiller partout sur le Net avec Google, n'ayant aucun moyen de vérifier les sources, sauf en utilisant Google pour trouver de l'information sur les sources, etc.
Mes scrupules se sont envolés. Le Département d'état américain utilise aussi Google pour trouver les responsables du programme nucléaire iranien. Il fallait en effet identifier des Iraniens à blâmer pour paufiner la résolution de l'ONU sur les sanctions à imposer à l'Iran qui poursuit son programme nucléaire.
Euh... à moins que mes scrupules ne soient justifiés et que ce soit du Département d'état américain que l'on doive se méfier...
dimanche 10 décembre 2006
La minute Cronkite
En février 1968, le célèbre chef d'antenne de CBS, Walter Cronkite, revenait du Vietnam après la bataille importante de l'offensive du Tet. Il y avait de la solennité dans son topo "Report from Vietnam":
"Tonight, back in more familiar surroundings in New York, we'd like to sum up our findings in Vietnam, an analysis that must be speculative, personal, subjective.(...)
We have been too often disappointed by the optimism of the American leaders, both in Vietnam and Washington, to have faith any longer in the silver linings they find in the darkest clouds. (...)
To say that we are closer to victory today is to believe, in the face of the evidence, the optimists who have been wrong in the past. To suggest we are on the edge of defeat is to yield to unreasonable pessimism."
La "minute Cronkite" n'a pas arrêté la guerre du Vietnam qui a duré encore 5 longues années avant que le dernier soldat américain ne soit évacué. Deux fois plus de soldats (39 000) sont morts après l'arrivée de Richard M. Nixon qu'avant le départ de Lyndon B. Johnson (18 000). Mais il fut impossible après l'intervention de Cronkite de tenir de façon crédible un discours triomphant annonçant une éventuelle victoire sur les les combattants Viêt Công.
Le respecté journaliste James Fallows pense que le rapport Baker jouera peut-être le même rôle pour la guerre en Irak que le topo de Cronkite pour la guerre au Vietnam. Déjà un ami de Fallows, le journaliste Robert Kaplan, se prononce maintenant contre cette guerre après s'être prononcé en faveur en 2003. Comme bien d'autres, notamment Hillary Clinton, il cherche à sauver la face en plaidant que l'invasion de l'Irak est une bonne décision mal exécutée.
Le bloggeur Booman du Booman Tribune ajoute un point de vue intéressant. Comme chacun sait, les bloggeurs sont comme des écrans radars où apparaissent plein de petits points blancs. Parfois ce sont des avions de chasse qui reviennent à leur porte-avion, parfois ce sont des avions kamikases qui attaquent: toute l'utilité du radar réside dans les capacités d'interprétation de l'opérateur.
Ainsi donc, Booman avance que l'effet du rapport Baker va plus loin que celui de la "minute Cronkite": il incitera les républicains modérés à désirer ardemment un virage à 180° en vue de leur réélection personnelle en 2000. Comme Booman pense que George W. Bush va rejeter le rapport, ce en quoi il rejoint l'opinion générale, il prédit que les républicains modérés vont entrer en collision frontale avec le président.
Et là, Booman fait une hypothèse qu'il faudra surveiller avec intérêt:
"If Bush doesn't make a dramatic change of course, he will leave the GOP no choice but to accede to impeachment proceedings. The exact pretext for Bush and Cheney's removal, and the make-up of the caretaker government, will have to be quietly worked out, but you can be sure that the long knives are out and many power players are going to be spending the holidays plotting out scenarios that will get us out of this nightmare...and fast." (Mes soulignés)
samedi 9 décembre 2006
Maureen la Mitraille
Dans ce film, on meurt pour des rondelles de fer, pour des femmes infidèles, pour des amis assassinés, et finalement, pour rien, parce que c'est comme ça. Le tout se termine sur de grands éclats de rire accompagnés d'une envoûtante ballade mexicaine. Si La Horde sauvage est l'éloge funèbre du western, c'est un bel hommage à d'autres très grands films.
Le cerveau est une curieuse machine à faire des associations. Quand Pike fait cadeau de la mitrailleuse Gatling au général Mapache et que ce dernier se met à tirer partout, j'ai pensé à Maureen Dowd et à sa chronique d'aujourd'hui sur George W. Bush. Je n'ai franchement jamais vu autant de vacheries au pouce carré, et des plus malicieuses avec ça. Nous avons ici, à Montréal, des commentateurs crypto-républicains qui invoquent l'anti-américanisme primaire quand on ose s'en prendre à George W. Bush. Une chance pour eux qu'ils ne lisent pas le New York Times ni Maureen Dowd, ils en feraient bien une jaunisse.
Maureen Dowd imagine un cercle d'intimes réunis autour de W. dans le bureau ovale pour essayer de le raisonner. Les allusions à l'actualité récente abondent. Papa sanglote, Laura vitupère Oscar de la Renta pour sa fausse robe exclusive à 8 400 $US, maman lui jette un regard lugubre qui pourrait geler le Potomac, le Tigre et l'Euphrate, Scowcroft essaie de dormir pendant que Kissinger lui murmure des conseils à l'oreille.
James Baker, le "Deprogrammer for the Decider", essaie de ramener Bush dans le monde réel mais ce dernier résiste, appelant à son secours son caniche anglais et son terrier écossais, Blair et Barney. Il accuse les "réalistes" d'être irréalistes de penser que l'Iran et la Syrie vont accepter de négocier avec lui. Baker prend les grands moyens, il enferme Junior dans une salle attenante et refuse de lui donner son oreiller en plume pour lui faire comprendre le sérieux de la situation...
Cela se poursuit ainsi d'une allusion sarcastique à l'autre pour se terminer sur un délire de truismes analogues à ceux que Bush vient de lancer en conférence de presse: "Pour réussir, nous devons avoir du succès" etc. Maureen Dowd est-elle démocrate? J'en doute car elle attaquait Clinton de façon ausi malicieuse. Maureen Dowd est simplement elle-même.
vendredi 8 décembre 2006
Microsociologie
Le feu danse dans la cheminée ...
(...)
Le Père Noël s'est mis en route
Sur son traîneau chargé de jouets et de cadeaux
Et les petits le guettent et ils écoutent
La ronde folle des rennes dans le ciel
(...)
Sauf que...
après une enquête exhaustive menée auprès de ma famille et de ma belle-famille, je constate que nous arrivons aux données suivantes en regroupant les statistiques:
- 1 grand-mère de 80 ans, les 3 autres grands-parents étant décédés;
- 10 enfants entre 50 et 65 ans, plus leurs 7 conjoints du même âge = 17;
- 15 petits-enfants de 20 ans à 40 ans, plus leurs 7 conjoints = 22;
- 6 arrière-petits-enfants d'un à 12 ans = 6.
Si on faisait venir le Père Noël pour animer une soirée du temps de Fêtes avec les deux familles réunies, nous serions 40 adultes à regarder 6 enfants développer leurs cadeaux.
Mais il ne faut jamais généraliser à partir d'un échantillon statistique trop petit et il n'y a pas raison de paniquer sur une soi-disant dénatalité qui sévirait au Québec.
jeudi 7 décembre 2006
C'est 12 à 6 en Amérique latine
Le score de la partie qui se joue dans ce coin de la planète est actuellement de 12 à 6 pour la gauche.
À gauche:
- Cuba------------Fidel Castro------------1959
- Nicaragua-------Daniel Ortega----------2006
- Costa Rica-------Oscar Arias------------2006
- Panama---------Martin Torrijos-------- 2004
- Venezuela-------Hugo Chavez-----------2006
- Équateur--------Rafael Correa---------- 2006
- Pérou----------- Alan Garcia------------ 2006
- Bolivie-----------Evo Morales----------- 2006
- Brésil------------Lula da Silva----------- 2006
- Uruguay---------Tabare Vazquez--------2005
- Argentine--------Nestor Kirchner--------2003
- Chili------------- Michelle Bachelet-------2006
À droite:
- Mexique--------- Felipe Calderon---------2006
- Guatemala-------Oscar Berger------------2003
- Honduras--------Manuel Zelaya---------- 2005
- El Salvador-------Elias Saca---------------2005
- Colombie---------Alvero Uribe------------2006
- Paraguay---------Nicanor Duarte--------- 2003
Il n'y a pas de doute qu'Hugo Chavez est la figure centrale de ce mouvement. D'après Pepe Escobar, globe-trotter et journaliste à Asia Times Online, Chavez serait même devenu une icône de la gauche à l'instar de Che Guevara, notamment dans les pays arabes. Les superlatifs s'accumulent au sujet du personnage, autant à gauche comme à droite. Il faut vraiment lire l'article d'Escobar si le personnage vous intéresse.
Mais on ne peut pas attribuer ce vaste mouvement des peuples latins à un seul personnage. Il faudra que je fouille si je veux en savoir d'avantage.
mercredi 6 décembre 2006
Ailleurs, par le cinéma
Vous vous rappelez également que, n'étant pas critique de cinéma, j'ai le droit de dévoiler la fin d'un film et de gloser sur le message envoyé par le cinéaste. À cinq heures de l'après-midi est vraiment un film beau et triste. On n'y voit pratiquement que des vieillards, des femmes et des enfants. Le film lui-même ne développe pas d'intrigue dramatique, il est simplement le témoin des drames quotidiens d'un pays en guerre. Afflux de réfugiés, manque de nourriture, décès d'être chers.
J'ai appris beaucoup de choses sur les Afghans par de petites scènes en apparence anodines mais révélatrices. Il y a ce petit notable d'une bourgade éloignée qui se rend à Kandahar participer à la réunion du mollah Omar où on doit décider de livrer, ou pas, Oussama ben Laden aux Américains. Son âne est en train d'agoniser dans le désert et il ne sait pas encore que les Talibans sont partis. Autre exemple: l'héroïne du film qui rêve de devenir présidente de l'Afghanistan pense que Benazir Bhutto est encore en poste au Pakistan, alors que cette dernière a quitté depuis 1996. Le temps n'a pas la même valeur là-bas, et les actualités y sont intemporelles.
J'ai appris aussi qu'il n'y a pas que les Talibans sanguinaires qui refusent l'éducation aux filles. C'est toute la culture ambiante qui le veut. Le doux vieillard qui est le père de l'héroïne se cache les yeux quand il voit passer une femme dévoilée sur la rue. Il peste contre les blasphèmes qui s'affichent partout et il ne veut pas que sa fille aille à l'école.
Finalement, la vraie leçon que j'ai reçue de ce film: je ne verrai plus jamais le mot "malnutrition" de la même façon. La bru du vieillard a un fils de quelques mois. Elle n'a plus de lait parce qu'elle est affamée et déshydratée. Tout le long du film, elle voit son enfant dépérir. À un moment donné, l'enfant n'est plus capable de pleurer. Puis, il n'est plus capable de lutter contre le froid, même si le vieillard fait brûler sa charrette pour le réchauffer. Puis la mère se rend compte qu'il ne bouge plus. Il est mort. On l'enterre dans un trou de seulement 40 centimètres, tellement le sol est difficile à creuser.
La malnutrition, cela veut dire assister pendant des semaines à la mort lente de son enfant sans pouvoir rien faire.
Les tortues volent aussi n'est pas un film beau, mais ce n'est pas un film "platte" non plus. Il y a de l'action, des personnages attachants, des scènes irrésistiblement comiques et un sombre drame à vous arracher le coeur. Les personnages sont presque tous des enfants vivant de divers expédients dans un camp de réfugiés au nord de l'Irak, tout juste avant l'arrivée des Américains, qu'on voit justement à la fin. Il faut réaliser que pour les Kurdes, les Américains sont des libérateurs, et je penserais comme eux, à leur place.
Kak Satellite, environ 15 ans, hâbleur, baratineur, mythomane, est le chef de cette bande d'enfants dont plusieurs sont éclopés: ils gagnent leur vie à déminer les champs et à vendre leurs mines à la ville. C'est Kak Satellite qui négocie le troc de toutes les radios du village contre une antenne satellite permettant de savoir quand les Américains vont arriver. Et c'est encore lui qui va troquer de belles mines américaines première qualité contre la location pour trois mois de 2 mitraillettes lourdes, toujours en prévision de la guerre à venir.
Le sombre drame est le suivant. Il concerne 3 enfants réfugiés et orphelins: Hangow, 15 ans et sans bras, sa soeur Agrine, 13-14 ans, mère d'un enfant aveugle résultant d'un viol, et le petit enfant lui-même. Le film débute sur une scène où Agrine demande une corde à Kak Satellite. Puis on voit tout le long du film qu'Agrine est incapable d'aimer son enfant, malgré les encouragements d'Hangow. Le film se termine sur le petit aveugle au fond d'un étang, attaché à une pierre par la corde, et sur le suicide d'Agrine.
Je ne sais pas ce qui est le plus difficile à regarder dans le film, le rejet constant du petit aveugle par sa mère-enfant, ou le désarroi et le suicide de la mère-enfant.
mardi 5 décembre 2006
Québec solidaire n'arrive pas
Joseph Facal énumère le coût de certaines des mesures préconisées par Québec solidaire:
¤ élimination des frais de scolarité: 533 millions de dollars;
¤ abaissement du nombre d'élèves par classe: 420 millions de dollars;
¤ prestations d'aide sociale au même niveau que les gens ayant des contraintes sévères à l'emploi: 800 millions de dollars;
¤ gratuité des médicaments aux prestataires d'aide sociale: quelques 100 millions de dollars;
¤ le salaire minimum passe de 7,60 $ à 10 $.
Pour financer le tout, Québec solidaire évalue pouvoir aller chercher de 2 à 3 milliards de dollars chez les riches et dans les entreprises. Joseph Facal rappelle que 133 000 personnes gagnent plus de 100 000 $ au Québec, soit 2 % de ceux qui font une déclaration d'impôt. Ces 2 % que l'on pourrait qualifier de "riches" paient déjà 25 % des impôts reçus par le gouvernement. Si l'on augmentait de 10 % l'impôt à payer sur la tranche de leurs revenus qui dépasse 100 000 $, le gouvernement recevrait un maigre 184 millions de dollars, sur un budget total de 60 milliards de dollars.
Quant aux impôts des entreprises, Joseph Facal avance que 95 % des entreprises paient un impôt au Québec, soit sur les profits, soit sur le capital ou soit en contributions au Fonds de santé. Il est vrai que 50 % des entreprises ne paient pas d'impôts sur les profits, mais c'est tout simplement pour la raison que 50 % des entreprises au Québec ne font pas de profits.
Québec solidaire n'arrive pas à boucler son budget et Joseph Facal le déplore, car on lui avait promis une "nouvelle gauche". Le slogan "Faisons payer les riches" était populaire chez les groupuscules marxistes-léninistes des années '70 et il ne voit pas où est la nouveauté chez Québec solidaire.
La démonstration est sans appel. Elle semble impeccable. La pensée est cartésienne et son expression, claire. Elle inclut même cette admission qu'un parti comme Québec solidaire joue le rôle de chambre d'incubation des idées qui structurent la rectitude politique, qui définissent l'air du temps.
Joseph Facal ne tient cependant pas compte que Québec solidaire parle de mise en place graduelle des divers éléments de son programme. N'importe quel programme politique paraîtra irresponsable et démagogique si on fait l'hypothèse de sa mise en oeuvre dès la première année de la prise de pouvoir. Souvenons-nous du "Budget de l'An Un".
Je ne dis pas que que j'approuve les orientations de Québec solidaire. Simplement je trouve la démonstration de son irréalisme par M. Facal un peu bâclée. Je ne crois pas que le Québec soit une société assez riche pour donner la priorité à la redistribution de la richesse. Dans le domaine de la redistribution, nous sommes déjà en avance sur les 9 provinces canadiennes et les 50 États américains qui nous entourent.
Pour ce qui concerne la création de la richesse, comme le dit Lucien Bouchard, nous ne travaillons pas assez au Québec, exception faite bien sûr de François Avard qui ne manque jamais de souligner qu'il travaille trop, lui-même, personnellement en personne. Cela se voit, il ne trouve même pas le temps de se peigner. À moins qu'il ne faille parler de savant décoiffé.
lundi 4 décembre 2006
Le temps long
L'exemple donné par un nouvel élu dont le fils est en Irak, le sénateur James Webb, n'est pas courant, comme en témoigne l'échange suivant:
GWB: How’s your boy?
JW: I’d like to get them out of Iraq, Mr. President
GWB: That’s not what I asked you. How’s your boy?
JW: That’s between me and my boy, Mr. President.
George Will continue de s'incliner bien bas devant son président. Il a trouvé le nouveau sénateur bien impoli.
Même James Baker, le consigliere de la famille Bush, que l'on aurait pu croire plus indépendant en étant armé de l'appui de Barbara Bush, se prépare à livrer un rapport édulcoré et mou sur les travaux du Groupe d'Étude sur l'Irak: on suggérerait que le président pourrait commencer à retirer les troupes dans un avenir indéfini.
Les conseillers seniors de Bush envisagent en plus de rejeter avec condescendance ce rapport bidon. Bush maintient qu'il ne quittera pas l'Irak et Paul Krugman s'indigne du fait que les soldats américains devront mourir encore, et cela uniquement pour sauver la face de Bush et nourrir son ego. Il reste 2 ans à courir au mandat de ce président.
Que ceci nous serve de leçon, ainsi qu'à tous ceux qui veulent américaniser nos institutions pour rejeter le modèle du parlementarisme britannique. Les mandats à date fixe sont une abomination. Avec un fonctionnement à la britannique, la prise de contrôle du Congrès par les Démocrates aurait permis de donner une suite concrète à la grogne populaire, de dégommer le président Bush et de baser les nouvelles politiques sur les volontés de la population sans plus attendre.
_____________________________
N.B. On peut maintenant trouver les commentateurs du New York Times sur Pottersville.
dimanche 3 décembre 2006
L'homme qui court dans l'escalier
Le fantôme de ce congrès à la chefferie, celui qu'on ne voyait pas mais qui était présent dans l'esprit de tous, c'est le débat sur la "nation québécoise". Les clans Dion et Kennedy, adversaires en fait de la reconnaissance de la nation québécoise, ont fait un pacte d'aide mutuelle. Le clan Ignatieff représentait le risque d'une ouverture envers le Québec, l'audace de tenter un nouveau dialogue. Ce genre de non-débat omniprésent polarise facilement une assemblée politique, beaucoup plus que la responsabilité fiscale et l'investissement dans les infrastructures.
Je suis convaincu que, rendu à l'affrontement final Ignatieff-Dion, le congrès choisissait entre le renouveau et la continuité, entre le nouvel arrivant et le relativement vieux routier de 10 ans, entre l'ouverture au Québec et la ligne dure envers "la" province comme les autres. Les militants libéraux ont clairement choisi par 2521 voix contre 2084 de faire "business as usual". Ils se sont rabattus encore une fois sur la vieille recette de nommer un authentique canadien-français pour remettre le Québec à sa place, c'est-à-dire sur le même pied que l'Île-du-Prince-Édouard.
Le corollaire de cette décision, comme le faisait remarquer Michael Fortier, c'est que pour la première fois au Canada, un candidat vainqueur à la chefferie d'un parti n'amène pas les délégués de sa province à voter pour lui. Il est difficile pour un parti qui n'a que 13 sièges sur 75 au Québec de prendre le pouvoir au Canada. Et il sera difficile au PLC d'améliorer son sort au Québec avec Stéphane Dion à sa tête.
Stéphane Dion est un homme intelligent et cultivé. Mais il ne semble pas avoir donné signe de posséder l'intelligence émotionnelle qui est la qualité première d'un politicien, d'être capable de véhiculer un message d'espoir de façon crédible. L'historique de ses relations orageuses avec diverses têtes d'affiche du Québec est bien rempli. Jean Charest, Benoît Pelletier, Thomas Mulcair, Bernard Landry ont tour à tour goûté à sa médecine. En effet, un des grands problèmes d'être aussi intelligent, c'est d'avoir toujours raison. Enfin presque.
Doit-on se réjouir de cette nomination ? Je ne le sais pas. Je n'ai en effet aucune idée de la capacité stratégique de Gilles Duceppe et d'André Boisclair à utiliser les faiblesses de Stéphane Dion. Le concept d'évolution historique inéluctable développé par Bernard Landry jouera-t-il:
¤ avec Trudeau: 40 %;
¤ avec Chrétien: 50%;
¤ avec Dion: 60% ?
samedi 2 décembre 2006
Vive la Rupert, o gué, o gué !
Ariane Lacoursière rapportait que "l'acteur Roy Dupuis a quant à lui précisé que la bataille [de la Rupert] n'est pas finie: «Trois villages cris affectés par ce projet tiendront des référendums dans les prochaines semaines. Ce n'est pas parce qu'un comité dit qu'un projet est bon qu'il se fera automatiquement», affirme-t-il."
Mario Girard rapporte aujourd'hui que Roy Dupuis a gagné. Reniant leur parole donnée, leur signature et le référendum tenu auprès de l'ensemble des Cris, 2 200 personnes réparties dans trois villages ont piétiné la Paix des Braves intervenue en 2002. Elles se basent sur un rapport de Santé Canada expliquant que les Cris risquent de manger plus de poissons contaminés au mercure qu'Hydro-Québec ne l'avait prédit.
Les renégats espèrent ainsi bloquer les investissements de quatre milliards de dollars qui allaient permettre la création de 27 000 emplois, de façon à pouvoir manger plus de poissons contaminés avec moins de mercure. Le gouvernement ne dit rien. L'Hydro-Québec ne dit rien. On attend.
Perplexe, le Grand Conseil des Cris réfléchit.
vendredi 1 décembre 2006
Un soldat russe
En voici quelques uns, en vrac:
¤ Like them [les soldats canadiens], I went to Afghanistan believing in "fighting terrorism" and "liberating Afghans."
¤ In my mind, our presence was "helping Afghans," particularly with educating women and children.
¤ My combat unit participated in "humanitarian aid" - accompanying doctors and delivering food, fuel, clothing, school and other supplies to Afghan villages.
¤ It is hard to kill people without demonizing them.
¤ People of the villages hit by our air strikes became hostile and turned to the resistance.
¤ More attacks by insurgents led to more Soviet strikes.
¤ And the Canadian media coverage seemed like an echo of the Soviet press. "Positive changes are evident. However, it would be premature to say that Kandahar is not a ’hot spot’ any more," the Soviets said in the 1980s.
¤ Like the Soviet-Afghan war, this one is fought in the name of state security, a peaceful Afghanistan, and women’s rights. Canadians fight the same people the Soviets fought between 1979 and 1989 : "terrorists, extremists, insurgents, and bandits."
Finalement, Nikolai Laline conclut comme beaucoup de gens de bon sens: "If, in willful or blind ignorance, we do not challenge our government to change the role of our troops from aggression to genuine peacekeeping and reconstruction, we are all responsible for the Afghan and Canadian lives about to be lost."
Ce qui m'a surtout frappé dans cette lettre, c'est la remarque suivante: "It is hard to kill people without demonizing them." Je me suis alors rendu compte qu'avec la meilleure bonne foi du monde, j'ai participé hier à l'entreprise visant à présenter les Talibans comme des démons. Ceux qui ont étripé et démembré l'enseignant en sont peut-être, mais cela ne désigne pas tous les Talibans. Beaucoup d'observateurs, et pas des moindres, suggèrent que les forces coalisées devraient négocier avec les Talibans. Il doit donc y avoir des gens, et pas des moindres, qui pensent que les Talibans sont capables d'un dialogue constructif.







