Mohammed Halim, un enseignant de 46 ans et père de famille, a été étripé et démembré pour avoir fait la classe aux filles malgré les avertissements des Talibans. Il est le quatrième enseignant à trouver la mort dans la région de Ghazni, au sud-est de Kaboul.
Je vérifie sur mon atlas. Kaboul est en Afghanistan, une région de la planète Terre, celle-là même où je vis. Je regarde le calendrier. Nous sommes le 30 novembre 2006. L'histoire d'Halim a été publiée le 29 novembre 2006 par le journal anglais The Independent. Chez Homo sapiens sapiens, les gens de mon espèce, la civilisation est, dit-on, en progrès constant depuis près de 100 000 ans.
Que dire de ces Talibans ? Qu'ils défendent le maintien de leurs valeurs culturelles archaïques avec acharnement ? Qu'à leur avis, si on instruit les femmes, le taux de natalité va baisser ? Qu'intuitivement, à tort ou à raison, les Talibans pensent que les Afghans vont disparaître de cet environnement difficile, s'ils ne maintiennent pas leur taux de natalité ? Que pour eux, les valeurs utiles à la survie passent avant les valeurs humanitaires ?
Et si on n'a pas la charité de leur attribuer au minimum ces justifications anthropologiques utilisées pour comprendre les tribus primitives, ce sont alors des humains monstrueux, dévoyés et irrécupérables, l'équivalent de bêtes sauvages indomptables qui ne méritent que la mort.
Et si les Talibans sont ces bêtes sauvages, il est honteux pour les nations civilisées que l'OTAN ne consacre que 30 000 hommes à débarrasser la planète des ces "scumbags", comme les appelle notre commandant en chef Hillier.
Il est décidément difficile de discuter politique internationale quand on est submergé par l'émotion.
30 novembre, 2006
29 novembre, 2006
Je vous l'avais dit
J'ai tempêté, j'ai critiqué l'armée américaine, j'ai pesté contre les décisions de George W. Bush, j'ai expliqué que la mission de l'OTAN en Afghanistan était irréalisable, j'ai fait à l'armée canadienne l'aumône de mes conseils, j'ai ridiculisé Stephen Harper, j'ai piqué au vif les commentateurs québécois spécialisés sur les choses militaires et je suis enfin parvenu à mes fins: Jocelyn Coulon et le président Chirac sont de mon avis sur l'Afghanistan.
Jacques Chirac d'abord: "Pour sa part, le président français Jacques Chirac a plaidé hier, dans une tribune publiée dans trente-six journaux, pour la création d'un groupe de contact spécial, composé de plusieurs pays de l'OTAN et de la région, "pour donner à nos forces les moyens de réussir leur mission de soutien des autorités afghanes et recentrer l'Alliance sur la conduite des opérations militaires", tout cela afin de gérer la situation et de revoir les options.
Puis Jocelyn Coulon: "Les États-Unis et le Canada ont demandé aux Européens de faire plus et d'envoyer de nouvelles troupes, et le premier ministre britannique les a invités à faire de même en déclarant que "l'avenir à l'aube du vingt-et-unième siècle du monde" se joue en Afghanistan.
Le défi afghan ne trouvera pas sa solution dans les pronostics ridicules de Tony Blair. Il faut plutôt revoir le travail sur le terrain, avec la population, car, comme le rappelait le commandant de la force de l'OTAN il y a peu, déployer dix mille soldats de plus ne donnera rien si nous perdons l'appui du peuple. C'est bien sur ce plan que les choses se joueront."
J'en suis très fier. Déjà, à l'époque, Jean de La Fontaine parlait de moi:
Le Coche et la Mouche
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un coche.
Femmes, moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une mouche survient, et des chevaux s'approche,
Prétend les animer par son bourdonnement,
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire,
Va, vient, fait l'empressée: il semble que ce soit
Un sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens et hâter la victoire.
La mouche, en ce commun besoin,
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin;
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le moine disait son bréviaire:
Il prenait bien son temps! Une femme chantait:
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait!
Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail, le coche arrive au haut:
«Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt:
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Cà, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.»
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires:
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
Malheureusement pour M. de La Fontaine, depuis la publication de cette fable, on a inventé la démocratie et l'Internet. On ne peut plus chasser les blogueurs. Le reste de la fable n'en demeure pas moins tellement vrai et drôle.
All that jazz...
Jacques Chirac d'abord: "Pour sa part, le président français Jacques Chirac a plaidé hier, dans une tribune publiée dans trente-six journaux, pour la création d'un groupe de contact spécial, composé de plusieurs pays de l'OTAN et de la région, "pour donner à nos forces les moyens de réussir leur mission de soutien des autorités afghanes et recentrer l'Alliance sur la conduite des opérations militaires", tout cela afin de gérer la situation et de revoir les options.
Puis Jocelyn Coulon: "Les États-Unis et le Canada ont demandé aux Européens de faire plus et d'envoyer de nouvelles troupes, et le premier ministre britannique les a invités à faire de même en déclarant que "l'avenir à l'aube du vingt-et-unième siècle du monde" se joue en Afghanistan.
Le défi afghan ne trouvera pas sa solution dans les pronostics ridicules de Tony Blair. Il faut plutôt revoir le travail sur le terrain, avec la population, car, comme le rappelait le commandant de la force de l'OTAN il y a peu, déployer dix mille soldats de plus ne donnera rien si nous perdons l'appui du peuple. C'est bien sur ce plan que les choses se joueront."
J'en suis très fier. Déjà, à l'époque, Jean de La Fontaine parlait de moi:
Le Coche et la Mouche
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un coche.
Femmes, moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une mouche survient, et des chevaux s'approche,
Prétend les animer par son bourdonnement,
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire,
Va, vient, fait l'empressée: il semble que ce soit
Un sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens et hâter la victoire.
La mouche, en ce commun besoin,
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin;
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le moine disait son bréviaire:
Il prenait bien son temps! Une femme chantait:
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait!
Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail, le coche arrive au haut:
«Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt:
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Cà, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.»
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires:
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
Malheureusement pour M. de La Fontaine, depuis la publication de cette fable, on a inventé la démocratie et l'Internet. On ne peut plus chasser les blogueurs. Le reste de la fable n'en demeure pas moins tellement vrai et drôle.
All that jazz...
28 novembre, 2006
Un débat embarrassant
"Comme un homme politique ne croit jamais ce qu'il dit, il est étonné quand il est cru sur parole."
Charles de Gaulle
Je trouve assez comiques les réactions de la classe politique canadienne devant la résolution des Communes sur la nation québécoise. C'est comme si tout le monde se mettait à dire une évidence et s'en trouvait surpris de l'avoir dite. C'est comme si tout le monde s'entendait sur une vérité mais n'en conservait pas moins plein de restrictions mentales. Et maintenant, beaucoup de politiciens sont inquiets des répercussions de cette résolution, s'il fallait l'électorat les croit sincères dans leur reconnaissance de la nation québécoise.
Pour sa part, Claude Charron ne les croit pas. Il réaffirme que le Canada anglais, prêt selon un sondage à reconnaître 50 nations amérindiennes mais pas la nation québécoise, éprouve du mépris pour le Québec. Leurs députés ne représentent pas leur pensée dans la résolution des Communes. Il s'agirait simplement d'une brillante manoeuvre de Harper qui roule le Bloc dans la farine et vient en aide à Ignatieff, le gaffeur qu'il préfère avoir comme adversaire libéral.
Pour Stéphane Dion, il s'agit "d'un débat sémantique gonflé à l'hélium". Il rejoint en cela tous ceux qui n'accordent pas de valeur à la portée juridique, ni politique, ni même symbolique de la résolution. Sémantique seulement. Et encore, gonflée à l'hélium. Le problème pour Stéphane Dion, c'est que seule la population décide de ce qui a valeur symbolique ou politique. Le problème pour Claude Charron, c'est que cette résolution est utile pour clarifier le débat, peu importe la façon dont elle est née.
Se peut-il que Claude Charron soit rendu bien loin, et que Stéphane Dion l'ait toujours été ?
Charles de Gaulle
Je trouve assez comiques les réactions de la classe politique canadienne devant la résolution des Communes sur la nation québécoise. C'est comme si tout le monde se mettait à dire une évidence et s'en trouvait surpris de l'avoir dite. C'est comme si tout le monde s'entendait sur une vérité mais n'en conservait pas moins plein de restrictions mentales. Et maintenant, beaucoup de politiciens sont inquiets des répercussions de cette résolution, s'il fallait l'électorat les croit sincères dans leur reconnaissance de la nation québécoise.
Pour sa part, Claude Charron ne les croit pas. Il réaffirme que le Canada anglais, prêt selon un sondage à reconnaître 50 nations amérindiennes mais pas la nation québécoise, éprouve du mépris pour le Québec. Leurs députés ne représentent pas leur pensée dans la résolution des Communes. Il s'agirait simplement d'une brillante manoeuvre de Harper qui roule le Bloc dans la farine et vient en aide à Ignatieff, le gaffeur qu'il préfère avoir comme adversaire libéral.
Pour Stéphane Dion, il s'agit "d'un débat sémantique gonflé à l'hélium". Il rejoint en cela tous ceux qui n'accordent pas de valeur à la portée juridique, ni politique, ni même symbolique de la résolution. Sémantique seulement. Et encore, gonflée à l'hélium. Le problème pour Stéphane Dion, c'est que seule la population décide de ce qui a valeur symbolique ou politique. Le problème pour Claude Charron, c'est que cette résolution est utile pour clarifier le débat, peu importe la façon dont elle est née.
Se peut-il que Claude Charron soit rendu bien loin, et que Stéphane Dion l'ait toujours été ?
27 novembre, 2006
Ségolène, royale
Ségolène Royal a reçu 60 % des votes des 218 000 militants du Parti socialiste pour les représenter dans l'élection présidentielle de 2007. Ce qui frappe, c'est sa volonté de s'en tenir aux généralités dans ses interventions, ce qui irrite ses adversaires qui voudraient bien la mener à des faux pas. Ce qui frappe aussi, c'est que les gens acceptent bien cette volonté de se tenir au-dessus de la mêlée, comme le ferait une reine qui ne se mêle pas de discuter boutique.
Dans son discours d'investiture, Mme Royal a ressorti la phrase de Kennedy pour montrer qu'elle veut faire des réformes: "Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays". Elle n'est quand même pas allée jusqu'à la mise en garde célèbre de Churchill: "I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat…"
Comme le rapporte aujourd'hui Radio-France: "Dans un discours au ton solennel, Mme Royal, en tailleur blanc, souriante, a repris ses thèmes de prédilection - la place de la France dans le monde, sa volonté de faire de la politique différemment, la nécessité de réformes consenties par tous, la restauration d'une "autorité juste". Mais elle a soigneusement évité tous les sujets polémiques - sur la sécurité, l'économie - qu'elle avait abordés ces derniers mois et qui avaient divisé son propre camp.
S'en tenir aux grands thèmes, offrir de l'espoir, c'est la recette de Bill Clinton, et celle aussi d'un illustre prédécesseur, Charles de Gaulle. Je l'écoutais en fin de semaine dans le documentaire Le Grand Charles de Bernard Stora. Du haut du balcon du gouvernement général d'Alger, dominant la place envahie par des milliers de personnes, des Français et des Algériens, après plusieurs semaines d'agitation politique, le général de Gaulle lançait:
"Je vous ai compris!
Je sais ce qui s'est passé ici.
Je vois ce que vous avez voulu faire.
Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité."
Rester général, offrir de l'espoir. Quand le peuple vous permet de faire cela, quand il vous croit et qu'il en redemande, c'est que votre campagne électorale va bien.
Dans son discours d'investiture, Mme Royal a ressorti la phrase de Kennedy pour montrer qu'elle veut faire des réformes: "Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays". Elle n'est quand même pas allée jusqu'à la mise en garde célèbre de Churchill: "I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat…"
Comme le rapporte aujourd'hui Radio-France: "Dans un discours au ton solennel, Mme Royal, en tailleur blanc, souriante, a repris ses thèmes de prédilection - la place de la France dans le monde, sa volonté de faire de la politique différemment, la nécessité de réformes consenties par tous, la restauration d'une "autorité juste". Mais elle a soigneusement évité tous les sujets polémiques - sur la sécurité, l'économie - qu'elle avait abordés ces derniers mois et qui avaient divisé son propre camp.
S'en tenir aux grands thèmes, offrir de l'espoir, c'est la recette de Bill Clinton, et celle aussi d'un illustre prédécesseur, Charles de Gaulle. Je l'écoutais en fin de semaine dans le documentaire Le Grand Charles de Bernard Stora. Du haut du balcon du gouvernement général d'Alger, dominant la place envahie par des milliers de personnes, des Français et des Algériens, après plusieurs semaines d'agitation politique, le général de Gaulle lançait:
"Je vous ai compris!
Je sais ce qui s'est passé ici.
Je vois ce que vous avez voulu faire.
Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité."
Rester général, offrir de l'espoir. Quand le peuple vous permet de faire cela, quand il vous croit et qu'il en redemande, c'est que votre campagne électorale va bien.
26 novembre, 2006
Une petite lueur de désarroi
En mai dernier, Dominique Poirier interviewait Yvon Deschamps et Judi Richards à l'émission Le Point. Elle leur demanda s'ils s'interrogeaient sur le projet de souveraineté. C'est Yvon Deschamps qui, après son célèbre "Québec fort dans un Canada uni", a encore le mieux incarné l'ambiguité des Québécois sur la question nationale. J'ai cru voir pendant un instant une petite lueur de désarroi dans ses yeux, marquée par une seconde d'hésitation quand il fit la réponse suivante:
"S’ils reconnaissent le Québec, si M. Harper, par exemple, dit : « Très bien, d’ici 6 mois, on reconnaît le Québec. On enchâsse la loi 101 dans la Constitution. Non seulement on protège la culture, et tout ça, mais on en fait la promotion : les Québécois deviennent de vrais Canadiens ! » Peut-être que je vais me poser des questions. Mais je ne pense pas que j’aurai à m’en poser parce que…(ici, lueur de désarroi) jamais ils ne feront ça. Mais pour le Canada, let’s face it, ti-Jos, we are a pain in the buck." (rires)
On l'a assez dit, le Bloc québécois a été passablement désorienté par la proposition de Stephen Harper à l'effet de reconnaître que les Québécois forment une nation. On a bien vu une lueur de désarroi dans les yeux de Gilles Duceppe. Le branle-bas a été général chez les élites nationalistes pour décider comment traiter la chose, et il fut convenu de l'entériner.
De la même façon, on a senti un vent de panique dans les troupes de choc fédéralistes habituées à pourfendre le nationalisme québécois lorsque Michael Ignatieff a ouvert cette brèche dans leur habituel système de défense. Puis Stephen Harper s'est engouffré dans la brèche pour éviter que le Parti libéral du Canada ne soit le seul à en profiter. On a vu une petite lueur de désarroi chez les "trudeauistes" les plus fervents comme son fils Justin, Stéphane Dion et, il n'y a pas d'autre façon de l'interpréter, dans le texte de Lysiane Gagnon qui insiste pour affirmer que Harper ne reconnaît pas comme nation les gens qui vivent au Québec.
Je reviens à l'anecdote des deux chiens et de la clôture: " Lorenz raconte que deux chiens, séparés par une clôture, couraient chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux. Ils se suivaient, chacun de leur côté de la clôture, jusqu'à ce que, subitement, ils se rendent compte qu'il n'y avait plus de clôture. Que firent-ils ? Se sont-ils sauté à la gorge ? Pas du tout. Ils ont fait chacun demi-tour et se sont remis à courir chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux."
J'ai l'impression que nous assistons à un curieux moment de même nature, par les temps qui courent. Fédéralistes et souverainistes courent de chaque côté de la clôture de l'incompréhension depuis des lustres, en se couvrant d'invectives. Soudainement, Ignatieff parle de reconnaître la nation québécoise, Landry parle du Québec comme d'un état-nation fort, Saada s'exclame qu'il y a des limites à ne pas reconnaître l'évidence, Harper propose de reconnaître la nation québécoise, les opposants à l'intérieur du PLC se rallient, tous les partis au Québec approuvent. Les forces fédéralistes et souverainistes sont rendues au bout de la clôture.
Que faire ? Poursuivre vers un rapprochement ou poursuivre vers des voies divergentes ? Croire que tout est possible ou constater qu'on a tout essayé ? Et si tout est possible, comment un ou l'autre des deux protagonistes peut-il faire marche arrière sans penser trahir sa cause ? Il est aussi difficile d'imaginer Jean Charest se ralliant aux souverainistes que Bernard Landry rejoignant le camp fédéraliste.
À une plus petite échelle, en chacun de nous, il y a cette réflexion, ce combat, du moins pour ceux qui ont vu cette petite lueur de désarroi dans le miroir.
"S’ils reconnaissent le Québec, si M. Harper, par exemple, dit : « Très bien, d’ici 6 mois, on reconnaît le Québec. On enchâsse la loi 101 dans la Constitution. Non seulement on protège la culture, et tout ça, mais on en fait la promotion : les Québécois deviennent de vrais Canadiens ! » Peut-être que je vais me poser des questions. Mais je ne pense pas que j’aurai à m’en poser parce que…(ici, lueur de désarroi) jamais ils ne feront ça. Mais pour le Canada, let’s face it, ti-Jos, we are a pain in the buck." (rires)
On l'a assez dit, le Bloc québécois a été passablement désorienté par la proposition de Stephen Harper à l'effet de reconnaître que les Québécois forment une nation. On a bien vu une lueur de désarroi dans les yeux de Gilles Duceppe. Le branle-bas a été général chez les élites nationalistes pour décider comment traiter la chose, et il fut convenu de l'entériner.
De la même façon, on a senti un vent de panique dans les troupes de choc fédéralistes habituées à pourfendre le nationalisme québécois lorsque Michael Ignatieff a ouvert cette brèche dans leur habituel système de défense. Puis Stephen Harper s'est engouffré dans la brèche pour éviter que le Parti libéral du Canada ne soit le seul à en profiter. On a vu une petite lueur de désarroi chez les "trudeauistes" les plus fervents comme son fils Justin, Stéphane Dion et, il n'y a pas d'autre façon de l'interpréter, dans le texte de Lysiane Gagnon qui insiste pour affirmer que Harper ne reconnaît pas comme nation les gens qui vivent au Québec.
Je reviens à l'anecdote des deux chiens et de la clôture: " Lorenz raconte que deux chiens, séparés par une clôture, couraient chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux. Ils se suivaient, chacun de leur côté de la clôture, jusqu'à ce que, subitement, ils se rendent compte qu'il n'y avait plus de clôture. Que firent-ils ? Se sont-ils sauté à la gorge ? Pas du tout. Ils ont fait chacun demi-tour et se sont remis à courir chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux."
J'ai l'impression que nous assistons à un curieux moment de même nature, par les temps qui courent. Fédéralistes et souverainistes courent de chaque côté de la clôture de l'incompréhension depuis des lustres, en se couvrant d'invectives. Soudainement, Ignatieff parle de reconnaître la nation québécoise, Landry parle du Québec comme d'un état-nation fort, Saada s'exclame qu'il y a des limites à ne pas reconnaître l'évidence, Harper propose de reconnaître la nation québécoise, les opposants à l'intérieur du PLC se rallient, tous les partis au Québec approuvent. Les forces fédéralistes et souverainistes sont rendues au bout de la clôture.
Que faire ? Poursuivre vers un rapprochement ou poursuivre vers des voies divergentes ? Croire que tout est possible ou constater qu'on a tout essayé ? Et si tout est possible, comment un ou l'autre des deux protagonistes peut-il faire marche arrière sans penser trahir sa cause ? Il est aussi difficile d'imaginer Jean Charest se ralliant aux souverainistes que Bernard Landry rejoignant le camp fédéraliste.
À une plus petite échelle, en chacun de nous, il y a cette réflexion, ce combat, du moins pour ceux qui ont vu cette petite lueur de désarroi dans le miroir.
25 novembre, 2006
Quebeckers, nous sommes Quebeckers...
(...)
Quebeckers
Nous sommes Quebeckers
Le Quouébec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
Que l'on soit un bleu ou un rouge
Capitaliste ou communiste
Moi je suis un idéaliste
Je crois qu'il faudrait que ça bouge
En devenant plus solidaires
On ne sera plus minoritaires
Pourquoi faut-il se faire
La guerre mes frères ?
Quebeckers
Nous sommes Quebeckers
Le Quouébec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
(...)
______________________________
En hommage à François Guy qui déjà réfutait Lysiane Gagnon dans les années '60 par le seul pouvoir de la chanson. Non, "Quebeckers" n'est pas ce terme qui unit les Québécois francophones avec les Québécois anglophones et les Québécois d'origines diverses. À l'oreille, cela ne fonctionne pas. "Quebeckers" est la simple traduction anglaise de "Québécois", terme qui désigne ceux qui vivent sur le territoire québécois, comme le terme "Français" désigne ceux qui vivent sur le territoire de la France.
Non mais, ce qu'il faut être tordu pour inventer des arguments aussi spécieux afin de nier à tout prix l'existence de la nation québécoise. Mme Gagnon aurait intérêt à lire la prose d'Alain Dubuc, son collègue de la page d'à côté.
Quebeckers
Nous sommes Quebeckers
Le Quouébec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
Que l'on soit un bleu ou un rouge
Capitaliste ou communiste
Moi je suis un idéaliste
Je crois qu'il faudrait que ça bouge
En devenant plus solidaires
On ne sera plus minoritaires
Pourquoi faut-il se faire
La guerre mes frères ?
Quebeckers
Nous sommes Quebeckers
Le Quouébec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
(...)
______________________________
En hommage à François Guy qui déjà réfutait Lysiane Gagnon dans les années '60 par le seul pouvoir de la chanson. Non, "Quebeckers" n'est pas ce terme qui unit les Québécois francophones avec les Québécois anglophones et les Québécois d'origines diverses. À l'oreille, cela ne fonctionne pas. "Quebeckers" est la simple traduction anglaise de "Québécois", terme qui désigne ceux qui vivent sur le territoire québécois, comme le terme "Français" désigne ceux qui vivent sur le territoire de la France.
Non mais, ce qu'il faut être tordu pour inventer des arguments aussi spécieux afin de nier à tout prix l'existence de la nation québécoise. Mme Gagnon aurait intérêt à lire la prose d'Alain Dubuc, son collègue de la page d'à côté.
24 novembre, 2006
Statistiques en libre-service
¤ 40 sénateurs américains sur 100 sont millionnaires.
¤ 123 représentants américains sur 435 gagnent plus d'un million de dollars par an.
¤ Les sénateurs américains gagnent plus à la bourse que tout autre groupe social, les courtiers de Wall Street inclus.
¤ Les différents candidats aux élections du 7 novembre ont dépensé 500 millions de dollars dans la campagne électorale.
¤ 50 % des Américains se partagent 2,5 % de la richesse de la nation; les 10 % les plus riches possèdent 70% de la richesse de la nation.
¤ Le revenu moyen des patrons d'entreprises a atteint 10,5 millions de dollars en 2005, soit 369 fois le salaire moyen de leurs employés; en 1993, il représentait 131 fois le salaire des employés et 36 fois en 1976.
¤ De 1966 à 2001, le salaire moyen, en termes réels, a augmenté de 11 % pour l'ensemble de la population américaine; il a augmenté de 58 % pour les 10 % qui faisaient les plus hauts salaires; de 121 % pour 1 % des hauts salariés, de 256 % pour 0,1 % et de 617 % pour les 0,01 %.
¤ Depuis que le gouvernement américain tient des statistiques sur le Produit National Brut, la part des salaires dans l'ensemble y est maintenant à son plus faible pourcentage; parallèlement, la part des profits est à son plus haut niveau depuis les 50 dernières années.
¤ De 1983 à 2006, la pourcentage des revenus totaux de la nation gagnés par 1 % des Américains les plus riches est passée de 9 % à 16 %.
¤ En 1983, 57 % des Américains pensaient qu'ils pouvaient commencer pauvres dans la vie et finir riches. En 2006, ils étaient 80 % à le penser.
D'après Le Monde Diplomatique
_____________________________
Addendum à 1:55:
L'article très intéressant de Serge Halimi utilise ces statistiques d'une certaine façon. Je les livre en vrac pour que chacun puisse en reconstituer la trame narrative à son gré.
2 ème Addendum le 26 novembre, 23:16:
Bernie Sanders, sénateur du Vermont, veut lever le voile sur ceux qui possèdent et contrôlent la richesse aux États-Unis: "(...) if the Democrats — having this opportunity no one thought they would have — if they do not move boldly and decisively and make a difference in the lives of ordinary Americans, they're going to be in a lot of trouble."
¤ 123 représentants américains sur 435 gagnent plus d'un million de dollars par an.
¤ Les sénateurs américains gagnent plus à la bourse que tout autre groupe social, les courtiers de Wall Street inclus.
¤ Les différents candidats aux élections du 7 novembre ont dépensé 500 millions de dollars dans la campagne électorale.
¤ 50 % des Américains se partagent 2,5 % de la richesse de la nation; les 10 % les plus riches possèdent 70% de la richesse de la nation.
¤ Le revenu moyen des patrons d'entreprises a atteint 10,5 millions de dollars en 2005, soit 369 fois le salaire moyen de leurs employés; en 1993, il représentait 131 fois le salaire des employés et 36 fois en 1976.
¤ De 1966 à 2001, le salaire moyen, en termes réels, a augmenté de 11 % pour l'ensemble de la population américaine; il a augmenté de 58 % pour les 10 % qui faisaient les plus hauts salaires; de 121 % pour 1 % des hauts salariés, de 256 % pour 0,1 % et de 617 % pour les 0,01 %.
¤ Depuis que le gouvernement américain tient des statistiques sur le Produit National Brut, la part des salaires dans l'ensemble y est maintenant à son plus faible pourcentage; parallèlement, la part des profits est à son plus haut niveau depuis les 50 dernières années.
¤ De 1983 à 2006, la pourcentage des revenus totaux de la nation gagnés par 1 % des Américains les plus riches est passée de 9 % à 16 %.
¤ En 1983, 57 % des Américains pensaient qu'ils pouvaient commencer pauvres dans la vie et finir riches. En 2006, ils étaient 80 % à le penser.
D'après Le Monde Diplomatique
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Addendum à 1:55:
L'article très intéressant de Serge Halimi utilise ces statistiques d'une certaine façon. Je les livre en vrac pour que chacun puisse en reconstituer la trame narrative à son gré.
2 ème Addendum le 26 novembre, 23:16:
Bernie Sanders, sénateur du Vermont, veut lever le voile sur ceux qui possèdent et contrôlent la richesse aux États-Unis: "(...) if the Democrats — having this opportunity no one thought they would have — if they do not move boldly and decisively and make a difference in the lives of ordinary Americans, they're going to be in a lot of trouble."
23 novembre, 2006
Définir une nation
Au mois de mai, quelques jours après le 300 ème anniversaire de la fusion des parlements d'Écosse de d'Angleterre, les Écossais iront aux urnes. Ils éliront leurs représentants au parlement que leur a donné Tony Blair en 1997. Le parti souverainiste écossais, le Scottish National Party (SNP), mène dans les sondages avec 51 % des voix.
Le départ des 5 millions d'Écossais ferait passer le Royaume-Uni d'Angleterre, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord à 55 millions d'habitants, plus probablement quelques Écossais du Sud qui parlent de partition et voudraient rester avec les Anglais.
Trois raisons militent en faveur de l'indépendance en Écosse, selon David Goodhart:
¤ Les Écossais sont déçus de la performance de leur parlement aux pouvoirs locaux restreints;
¤ Le sentiment persistant que les Anglais leur ont volé le gaz et le pétrole de la Mer du Nord, dont 75 à 90 % des réserves se retrouve en territoire écossais;
¤ Enfin, ce que l'auteur appelle suavement "the postmodern temptations of identity politics".
Le blogue de l'auteur, publié dans la section PostGlobal du site washingtonpost.com s'est attiré énormément de commentaires et il est intéressant d'observer que les arguments dans ce type de débat ne varient pas beaucoup, que l'on parle du Québec, de l'Écosse ou de la Catalogne.
Mais revenons sur l'expression "identity politics" qui définit assez bien le psychodrame dans lequel est plongé le Canada depuis le pavé dans la mare de Michael Ignatieff, la contre-attaque du Bloc québécois et le coup de canon de Stephen Harper. Je vous prie d'excuser l'incohérence des métaphores car je suis encore déboussolé par la vitesse avec laquelle se déroule l'opération de reconnaissance de la nation québécoise.
Identity politics: the political activity of various social movements for self-determination. It claims to represent and seek to advance the interests of particular groups in society, the members of which often share and unite around common experiences of actual or perceived social injustice, relative to the wider society of which they form part. In this way, the identity of the oppressed group gives rise to a political basis around which they then unite.
(Wikipedia)
Selon cette théorie, certains sous-groupes opprimés vont rechercher l'autonomie et la définition de leur identité sert à déterminer la base politique autour de laquelle ils se rallient. C'est un peu compliqué mais en langage politicien, cela se traduit par "les Écossais forment une nation" ou "les Québécois forment une nation".
Que des politiciens canadiens et fédéralistes parlent de "nation québécoise" nous donne une idée de l'assurance qu'ils ont que la nation québécoise n'est pas opprimée à l'intérieur du Canada et qu'il n'y a pas lieu pour elle de rechercher l'autonomie, même si on reconnaît son existence.
Entre 50 et 60 % des Québécois pensent comme eux, encore.
Quant à l'expression "postmodern temptations", ne comptez pas sur moi pour l'expliquer. Dans le domaine des tentations, j'en suis encore à celles qui datent de la période archaïque, voire même, préhistorique.
Le départ des 5 millions d'Écossais ferait passer le Royaume-Uni d'Angleterre, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord à 55 millions d'habitants, plus probablement quelques Écossais du Sud qui parlent de partition et voudraient rester avec les Anglais.
Trois raisons militent en faveur de l'indépendance en Écosse, selon David Goodhart:
¤ Les Écossais sont déçus de la performance de leur parlement aux pouvoirs locaux restreints;
¤ Le sentiment persistant que les Anglais leur ont volé le gaz et le pétrole de la Mer du Nord, dont 75 à 90 % des réserves se retrouve en territoire écossais;
¤ Enfin, ce que l'auteur appelle suavement "the postmodern temptations of identity politics".
Le blogue de l'auteur, publié dans la section PostGlobal du site washingtonpost.com s'est attiré énormément de commentaires et il est intéressant d'observer que les arguments dans ce type de débat ne varient pas beaucoup, que l'on parle du Québec, de l'Écosse ou de la Catalogne.
Mais revenons sur l'expression "identity politics" qui définit assez bien le psychodrame dans lequel est plongé le Canada depuis le pavé dans la mare de Michael Ignatieff, la contre-attaque du Bloc québécois et le coup de canon de Stephen Harper. Je vous prie d'excuser l'incohérence des métaphores car je suis encore déboussolé par la vitesse avec laquelle se déroule l'opération de reconnaissance de la nation québécoise.
Identity politics: the political activity of various social movements for self-determination. It claims to represent and seek to advance the interests of particular groups in society, the members of which often share and unite around common experiences of actual or perceived social injustice, relative to the wider society of which they form part. In this way, the identity of the oppressed group gives rise to a political basis around which they then unite.
(Wikipedia)
Selon cette théorie, certains sous-groupes opprimés vont rechercher l'autonomie et la définition de leur identité sert à déterminer la base politique autour de laquelle ils se rallient. C'est un peu compliqué mais en langage politicien, cela se traduit par "les Écossais forment une nation" ou "les Québécois forment une nation".
Que des politiciens canadiens et fédéralistes parlent de "nation québécoise" nous donne une idée de l'assurance qu'ils ont que la nation québécoise n'est pas opprimée à l'intérieur du Canada et qu'il n'y a pas lieu pour elle de rechercher l'autonomie, même si on reconnaît son existence.
Entre 50 et 60 % des Québécois pensent comme eux, encore.
Quant à l'expression "postmodern temptations", ne comptez pas sur moi pour l'expliquer. Dans le domaine des tentations, j'en suis encore à celles qui datent de la période archaïque, voire même, préhistorique.
22 novembre, 2006
Comment se fait-il ?
¤ Laetitia Angba, 16 ans, ne veut pas retourner en Côte-d'Ivoire où il y a la guerre civile et où 40 % des jeunes filles sont excisées.
¤ On parle de 300 000 morts au Darfour et de 1,85 million de déplacés.
¤ Le Rwanda a réalisé le génocide le plus rapide de l'histoire, 800 000 morts en 100 jours.
¤ François Bugingo, dans sa chronique Tout le monde en parle pas, chez Bazzo.tv, nous parle des milices islamistes qui viennent de déplacer les seigneurs de guerre en Somalie: elles flagellent les femmes dans le grand stade de Mogadiscio et elles ont crucifié un esclave, parce qu'il y a des esclaves en Somalie, qui s'est rendu prier dans une église à l'insu de son maître.
¤ Dans cette même chronique, il nous parle de 4 millions de morts en République Démocratique du Congo où Joseph Kabila vient d'être élu. Jean-Pierre Bemba, son opposant, risque de ne pas reconnaître le nouvel élu car ses troupes pourraient être accusées du cannibalisme dont elles se sont rendu coupables. La croyance veut en effet que manger des pygmés assure l'invincibilité dans les combats. Par ailleurs, la croyance voulant que coucher avec une vierge prémunisse contre le SIDA est la cause de nombreux viols. Les religieuses polonaises en charge d'un orphelinat ont parlé à Bugingo d'une fillette de 7 mois ayant subi un tel sort, les vierges devenant de plus en plus difficiles à trouver au Congo.
Je m'excuse de le dire crûment comme cela, mais c'était encore pire à la télé. Marie-France Bazzo, livide, semblait sur le point de vomir.
Finalement, pour sortir du continent africain, Seymour Hersh nous informe que Dick Cheney projette de faire exactement ce que le cynique et pervers Spengler d'AsiaTimesonline lui suggère de faire: "When chaos is inevitable, learn to enjoy it." Malgré sa dégelée électorale, Cheney projette encore d'attaquer l'Iran en vertu du principe qui veut qu'il n'y ait aucune infâmie qu'une infâmie plus grande ne puisse faire oublier:
Richard Hétu rapporte:"David Wurmser, principal conseiller du vice-président sur le Moyen-Orient, suggère de " mettre fin au régime " du président Mahmoud Ahmadinejad.
"C'est du moins ce que prétend un " conseiller du Pentagone ". Toujours sous le couvert de l'anonymat, cet individu a confié à Seymour Hersh une analyse qui donne froid dans le dos : " Ils (les faucons) croient qu'en frappant l'Iran, ils feront oublier les pertes en Irak. C'est jouer à quitte ou double." On parle ici d'un potentiel de plusieurs millions de morts s'ils utilisent des bombes "bunker-buster". (N.S.)
Tout ça se passe sur notre planète, ici, dans notre dimension espace-temps, avec des gens de la même espèce que nous, génétiquement compatibles pour fins de reproduction, agissant selon les principes, valeurs et croyances qu'on leur a transmis.
Je me pose la même question que Claude Poirier se pose toujours: "Comment se fait-il ?"
¤ On parle de 300 000 morts au Darfour et de 1,85 million de déplacés.
¤ Le Rwanda a réalisé le génocide le plus rapide de l'histoire, 800 000 morts en 100 jours.
¤ François Bugingo, dans sa chronique Tout le monde en parle pas, chez Bazzo.tv, nous parle des milices islamistes qui viennent de déplacer les seigneurs de guerre en Somalie: elles flagellent les femmes dans le grand stade de Mogadiscio et elles ont crucifié un esclave, parce qu'il y a des esclaves en Somalie, qui s'est rendu prier dans une église à l'insu de son maître.
¤ Dans cette même chronique, il nous parle de 4 millions de morts en République Démocratique du Congo où Joseph Kabila vient d'être élu. Jean-Pierre Bemba, son opposant, risque de ne pas reconnaître le nouvel élu car ses troupes pourraient être accusées du cannibalisme dont elles se sont rendu coupables. La croyance veut en effet que manger des pygmés assure l'invincibilité dans les combats. Par ailleurs, la croyance voulant que coucher avec une vierge prémunisse contre le SIDA est la cause de nombreux viols. Les religieuses polonaises en charge d'un orphelinat ont parlé à Bugingo d'une fillette de 7 mois ayant subi un tel sort, les vierges devenant de plus en plus difficiles à trouver au Congo.
Je m'excuse de le dire crûment comme cela, mais c'était encore pire à la télé. Marie-France Bazzo, livide, semblait sur le point de vomir.
Finalement, pour sortir du continent africain, Seymour Hersh nous informe que Dick Cheney projette de faire exactement ce que le cynique et pervers Spengler d'AsiaTimesonline lui suggère de faire: "When chaos is inevitable, learn to enjoy it." Malgré sa dégelée électorale, Cheney projette encore d'attaquer l'Iran en vertu du principe qui veut qu'il n'y ait aucune infâmie qu'une infâmie plus grande ne puisse faire oublier:
Richard Hétu rapporte:"David Wurmser, principal conseiller du vice-président sur le Moyen-Orient, suggère de " mettre fin au régime " du président Mahmoud Ahmadinejad.
"C'est du moins ce que prétend un " conseiller du Pentagone ". Toujours sous le couvert de l'anonymat, cet individu a confié à Seymour Hersh une analyse qui donne froid dans le dos : " Ils (les faucons) croient qu'en frappant l'Iran, ils feront oublier les pertes en Irak. C'est jouer à quitte ou double." On parle ici d'un potentiel de plusieurs millions de morts s'ils utilisent des bombes "bunker-buster". (N.S.)
Tout ça se passe sur notre planète, ici, dans notre dimension espace-temps, avec des gens de la même espèce que nous, génétiquement compatibles pour fins de reproduction, agissant selon les principes, valeurs et croyances qu'on leur a transmis.
Je me pose la même question que Claude Poirier se pose toujours: "Comment se fait-il ?"
21 novembre, 2006
Le doberman et le chihuahua
Il faudra un jour prendre au sérieux le résumé de la politique étrangère de Stephen Harper, tel qu'énoncé par David Bercuson, spécialiste des questions militaires et stratégiques à l'Université de Calgary: "La relation avec les États-Unis est la seule qui importe pour le Canada. Tout le reste est secondaire. Si vous n'agissez pas en conséquence, vous ne défendez pas les intérêts du Canada."
La récente bourde de Stephen Harper dans ses relations avec la Chine en apporte une preuve de plus. Il est clair que le Canada s'est aligné sur la position agressive des Américains concernant les droits humains. Lors de la visite de George W. Bush en Chine en novembre de l'an dernier, il a insisté sur l'importance des libertés religieuses auprès du président Hu. Condoleezza Rice en rajoutait, affirmant que les États-Unis continueront leur campagne pour les droits humains “quite vociferously with the Chinese government.” Bush récidivait au tout récent Forum Asie-Pacifique en lançant un autre appel à la liberté religieuse.
Jean Chrétien parlait aussi des droits humains, ou disait qu'il en parlait. Mais tout est dans le ton. Stephen Harper n'a pas la même approche. Quand il aborde ce problème, il est en mission pour sa base religieuse, tout comme Bush. Il vise aussi à appuyer la position américaine, pensant ainsi "défendre les intérêts du Canada", selon les mots de David Bercuson. Mais les jappements d'un chihuahua n'ont pas le même poids que le grondement d'un doberman. D'ailleurs, le dragon chinois n'accorde d'importance ni à l'un ni à l'autre. Il tolère le grondement du doberman, mais les jappements du chihuahua l'agacent. D'où, malaise.
La récente bourde de Stephen Harper dans ses relations avec la Chine en apporte une preuve de plus. Il est clair que le Canada s'est aligné sur la position agressive des Américains concernant les droits humains. Lors de la visite de George W. Bush en Chine en novembre de l'an dernier, il a insisté sur l'importance des libertés religieuses auprès du président Hu. Condoleezza Rice en rajoutait, affirmant que les États-Unis continueront leur campagne pour les droits humains “quite vociferously with the Chinese government.” Bush récidivait au tout récent Forum Asie-Pacifique en lançant un autre appel à la liberté religieuse.
Jean Chrétien parlait aussi des droits humains, ou disait qu'il en parlait. Mais tout est dans le ton. Stephen Harper n'a pas la même approche. Quand il aborde ce problème, il est en mission pour sa base religieuse, tout comme Bush. Il vise aussi à appuyer la position américaine, pensant ainsi "défendre les intérêts du Canada", selon les mots de David Bercuson. Mais les jappements d'un chihuahua n'ont pas le même poids que le grondement d'un doberman. D'ailleurs, le dragon chinois n'accorde d'importance ni à l'un ni à l'autre. Il tolère le grondement du doberman, mais les jappements du chihuahua l'agacent. D'où, malaise.
20 novembre, 2006
Bobby
Je n'ai pas vu le film Bobby sur l'assassinat de Robert Kennedy, écrit et dirigé par Emilio Estevez. La presque totalité des 22 personnages du film sont des employés de l'hôtel Ambassador où se déroule l'attentat. Je ne m'attends pas à des dialogues étincelants et à des discussions brillantes autour des politiques envisagées par le candidat charismatique. Je me résigne d'avance au babillage utilitaire qui est de mise entre les employés d'un hôtel et à leurs émotions éplorées à l'annonce du drame. Un cinéphile critique a déjà eu ce mot assassin à propos d'Estevez: "He's no Altman."
Je me suis toujours demandé jusqu'ici pourquoi il n'y a pas eu de théorie conspirationniste à propos de l'attentat contre Robert Kennedy, en tout cas, pas de rumeurs publiques et insistantes comme celles à propos de JFK. Déjà en 1968, un terroriste palestinien comme Shiran Shiran était-il plus crédible que l'espion communiste Lee Harvey Oswald ? Ce fossé vient d'être comblé par les découvertes de Shane O'Sullivan. Après tout, même les paranoïaques ont des ennemis.
Shane O'Sullivan est un scénariste anglais qui faisait des recherches pour un film sur Robert Kennedy, un projet différent de celui d'Estevez. Ses recherches et analyses des bobines de film disponibles lui ont permis d'identifier avec certitude trois agents de la CIA à l'hôtel Ambassador dans les heures où Kennedy a été assasiné. À l'époque, les services secrets n'offraient pas de service de protection aux candidats à la nomination de leur parti.
Que faisaient ces trois agents de la CIA à l'hôtel Ambassador le 5 juin 1968 ? Comment se fait-il que l'autopsie parle d'une balle tirée à un pouce derrière la tête quand Shiran Shiran se trouvait à plusieurs pieds devant ? Pourquoi a-t-on trouvé sur les lieux du crime les traces de plus que 8 balles alors que le revolver de Shiran Shiran n'en avait que 8 ? Pourquoi Shiran Shiran portait-il sur lui de façon bien opportune le mobile de l'attentat, soit un article de journal parlant d'une vente d'arme à Israël ? Pourquoi le principal psychiatre de la défense ne pouvait-il expliquer le comportement erratique de Shiran Shiran que par l'hypothèse d'un comportement induit par un conditionnement hypnotique ?
Et voilà. C'est reparti, comme en 1963.
BBC2 en a fait une émission qui passe ce soir à 22:30, heure de Londres. La BBC, conspirationniste ?
Via Huffington Post.
Je me suis toujours demandé jusqu'ici pourquoi il n'y a pas eu de théorie conspirationniste à propos de l'attentat contre Robert Kennedy, en tout cas, pas de rumeurs publiques et insistantes comme celles à propos de JFK. Déjà en 1968, un terroriste palestinien comme Shiran Shiran était-il plus crédible que l'espion communiste Lee Harvey Oswald ? Ce fossé vient d'être comblé par les découvertes de Shane O'Sullivan. Après tout, même les paranoïaques ont des ennemis.
Shane O'Sullivan est un scénariste anglais qui faisait des recherches pour un film sur Robert Kennedy, un projet différent de celui d'Estevez. Ses recherches et analyses des bobines de film disponibles lui ont permis d'identifier avec certitude trois agents de la CIA à l'hôtel Ambassador dans les heures où Kennedy a été assasiné. À l'époque, les services secrets n'offraient pas de service de protection aux candidats à la nomination de leur parti.
Que faisaient ces trois agents de la CIA à l'hôtel Ambassador le 5 juin 1968 ? Comment se fait-il que l'autopsie parle d'une balle tirée à un pouce derrière la tête quand Shiran Shiran se trouvait à plusieurs pieds devant ? Pourquoi a-t-on trouvé sur les lieux du crime les traces de plus que 8 balles alors que le revolver de Shiran Shiran n'en avait que 8 ? Pourquoi Shiran Shiran portait-il sur lui de façon bien opportune le mobile de l'attentat, soit un article de journal parlant d'une vente d'arme à Israël ? Pourquoi le principal psychiatre de la défense ne pouvait-il expliquer le comportement erratique de Shiran Shiran que par l'hypothèse d'un comportement induit par un conditionnement hypnotique ?
Et voilà. C'est reparti, comme en 1963.
BBC2 en a fait une émission qui passe ce soir à 22:30, heure de Londres. La BBC, conspirationniste ?
Via Huffington Post.
19 novembre, 2006
L'Afghanistan vu de la Tour de Londres
George Galloway est le député du Parti Respect pour la circonscription londonienne de Bethnal Green and Bow, dans laquelle se trouve la Tour de Londres. Du haut de cette Tour, George Galloway voit mieux les choses, développe des perspectives et fait porter sa voix plus loin pour que tous l'entendent.
George Galloway est venu dire aux Canadiens que leurs efforts de guerre en Afghanistan permettent aux Américains de redéployer davantage de forces en Irak et remettent en jeu leur réputation de peuple modéré. Bon. Rien de bien original.
Mais là où il a fait ma journée, c'est quand j'ai lu la mise en garde qui préfaçait son message, rapportée par Jooneed Khan:
"Ne comptez pas sur moi pour dénoncer les États-Unis, les forces armées ou les Juifs. Le peuple juif est victime de cette politique, les soldats sont des lions dirigés par des ânes, et le grand peuple des États-Unis vient d'infliger à Bush la mère de toutes les corrections !"
_________________________________
N.B. 1:
En fouillant sur les circonstances de la tournée de George Galloway, je suis tombé sur cette perle de théorie conspirationniste:
"(...) so keep in mind that I have a theory on the links to the NDP for Maher Arar, CAIR-Canada , Hamas, Hezbollah, Ottawa Mosques, Sheema Khan , Mohamad Elmasry, Shariah-Law Whahabism Muslims in Canada, Arar’s Palestinian/Hamas rufugee wife who ran for the NDP in Ottawa, CAIR’s $400′000′000.00 Law Suit against Canadian taxpayers, Holy Land Fund/bogus charity for terrorism , Khadr family ties to Afghanistan and Taliban , Teacher’s Union backing Islam being taught in Toronto public schools, Olivia Chow/David Miller’s approval to re-direct HRDC money to Sharia friendly Mosques that create the Literature for Islam in the schools , and many of the spin-off Pro-refugee Org.’s that create Refugees by assisting in smuggling people into Canada via the US border at Fort Erie and Niagara Falls N.Y. ."
Avant 1991, le NPD était la cinquième colonne du communisme. Maintenant, c'est la cinquième colonne de l'islamo-fascisme.
N.B. 2:
Les premiers émois passés, il faut avouer que Blogger beta fonctionne vraiment bien.
George Galloway est venu dire aux Canadiens que leurs efforts de guerre en Afghanistan permettent aux Américains de redéployer davantage de forces en Irak et remettent en jeu leur réputation de peuple modéré. Bon. Rien de bien original.
Mais là où il a fait ma journée, c'est quand j'ai lu la mise en garde qui préfaçait son message, rapportée par Jooneed Khan:
"Ne comptez pas sur moi pour dénoncer les États-Unis, les forces armées ou les Juifs. Le peuple juif est victime de cette politique, les soldats sont des lions dirigés par des ânes, et le grand peuple des États-Unis vient d'infliger à Bush la mère de toutes les corrections !"
_________________________________
N.B. 1:
En fouillant sur les circonstances de la tournée de George Galloway, je suis tombé sur cette perle de théorie conspirationniste:
"(...) so keep in mind that I have a theory on the links to the NDP for Maher Arar, CAIR-Canada , Hamas, Hezbollah, Ottawa Mosques, Sheema Khan , Mohamad Elmasry, Shariah-Law Whahabism Muslims in Canada, Arar’s Palestinian/Hamas rufugee wife who ran for the NDP in Ottawa, CAIR’s $400′000′000.00 Law Suit against Canadian taxpayers, Holy Land Fund/bogus charity for terrorism , Khadr family ties to Afghanistan and Taliban , Teacher’s Union backing Islam being taught in Toronto public schools, Olivia Chow/David Miller’s approval to re-direct HRDC money to Sharia friendly Mosques that create the Literature for Islam in the schools , and many of the spin-off Pro-refugee Org.’s that create Refugees by assisting in smuggling people into Canada via the US border at Fort Erie and Niagara Falls N.Y. ."
Avant 1991, le NPD était la cinquième colonne du communisme. Maintenant, c'est la cinquième colonne de l'islamo-fascisme.
N.B. 2:
Les premiers émois passés, il faut avouer que Blogger beta fonctionne vraiment bien.
18 novembre, 2006
L'Afghanistan vu de Londres
Le Canada est un pays à faible densité de population, peu familier avec les questions internationales et les problèmes militaires. Notre ancien rôle de gardien de la paix, planton international pour l'ONU, nous allait bien. Les coûts en étaient raisonnables et les risques bien assumés par la population. Cela contribuait aussi à rehausser l'image du Canada aux yeux des étrangers, mais aux yeux des Canadiens surtout. A feel good army.
Maintenant que notre armée prétend vouloir jouer dans la cour des grands, c'est-à-dire mener des opérations de combat, d'agression et de défense des valeurs canadiennes, les coûts montent en flèche, et les décisions militaires sont beaucoup plus complexes à prendre, de même qu'à faire l'objet de discussions dans la population canadienne.
Or, à part quelques amateurs plus ou moins informés, dans lesquels je m'inclus, il n'y a qu'une poignée d'analystes militaires et d'experts en relations internationales qui peuvent nous renseigner sur la question de l'Afghanistan. Malheureusement, dans un petit pays comme le Canada, la promiscuité faisant mal les choses, presque tous ces experts et ces analystes sont liés d'une façon ou d'une autre avec le gouvernement ou l'armée.
Cela ne signifie pas que les experts vont dire le contraire de ce qu'ils pensent. Cela ne signifie pas non plus qu'ils ne vont pas critiquer une décision de l'armée ou du ministère des affaires étrangères. Mais cela signifie qu'ils vont être extrêmement prudents s'ils s'éloignent du discours officiel et qu'ils auront moins d'hésitation à renforcer un message conforme aux idées reçues de leur environnement économique et social.
Tout ceci pour vous dire que c'est aux Britanniques qu'il faut demander comment ça va en Afghanistan, si on veut avoir l'heure juste. Ils ont une certaine expérience dans les affaires étrangères, qui remonte au moins à Jeanne d'Arc, et peut-être même avant. Pour ce qui est de l'expérience militaire, il faut remonter à Jules César, et peut-être même avant.
En voici un bref aperçu en provenance du Guardian:
UN chief: Nato cannot defeat Taliban by force
Le principal représentant de l'ONU, Tom Koenigs, affirme que l'OTAN, ou toute armée étrangère ne peut pas gagner en Afghanistan.
From soft hats to hard facts in battle to beat Taliban
Après avoir essayé de gagner le coeur des Afghans, l'armée britannique a rapidement été obligée de retraiter et de s'en tenir aux méthodes traditionnelles d'occupation. Les forces des différents pays se chamaillent et on s'en remet finalement aux attaques aériennes pour frapper les Talibans avec 2 000 missions en Afghanistan depuis juin, contre 88 en Irak.
'We made two mistakes. They punished us'
Un escadron revient au pays après 6 mois d'âpres combats avec les Talibans, pour lesquels ils ont développé beaucoup de respect, sur le plan militaire bien sûr.
Afghanistan war is 'cuckoo', says Blair's favourite general
Britain 'risking defeat in Afghanistan'
There is never going to be a Nato victory in Afghanistan
Etc, etc, etc...
Maintenant que notre armée prétend vouloir jouer dans la cour des grands, c'est-à-dire mener des opérations de combat, d'agression et de défense des valeurs canadiennes, les coûts montent en flèche, et les décisions militaires sont beaucoup plus complexes à prendre, de même qu'à faire l'objet de discussions dans la population canadienne.
Or, à part quelques amateurs plus ou moins informés, dans lesquels je m'inclus, il n'y a qu'une poignée d'analystes militaires et d'experts en relations internationales qui peuvent nous renseigner sur la question de l'Afghanistan. Malheureusement, dans un petit pays comme le Canada, la promiscuité faisant mal les choses, presque tous ces experts et ces analystes sont liés d'une façon ou d'une autre avec le gouvernement ou l'armée.
Cela ne signifie pas que les experts vont dire le contraire de ce qu'ils pensent. Cela ne signifie pas non plus qu'ils ne vont pas critiquer une décision de l'armée ou du ministère des affaires étrangères. Mais cela signifie qu'ils vont être extrêmement prudents s'ils s'éloignent du discours officiel et qu'ils auront moins d'hésitation à renforcer un message conforme aux idées reçues de leur environnement économique et social.
Tout ceci pour vous dire que c'est aux Britanniques qu'il faut demander comment ça va en Afghanistan, si on veut avoir l'heure juste. Ils ont une certaine expérience dans les affaires étrangères, qui remonte au moins à Jeanne d'Arc, et peut-être même avant. Pour ce qui est de l'expérience militaire, il faut remonter à Jules César, et peut-être même avant.
En voici un bref aperçu en provenance du Guardian:
UN chief: Nato cannot defeat Taliban by force
Le principal représentant de l'ONU, Tom Koenigs, affirme que l'OTAN, ou toute armée étrangère ne peut pas gagner en Afghanistan.
From soft hats to hard facts in battle to beat Taliban
Après avoir essayé de gagner le coeur des Afghans, l'armée britannique a rapidement été obligée de retraiter et de s'en tenir aux méthodes traditionnelles d'occupation. Les forces des différents pays se chamaillent et on s'en remet finalement aux attaques aériennes pour frapper les Talibans avec 2 000 missions en Afghanistan depuis juin, contre 88 en Irak.
'We made two mistakes. They punished us'
Un escadron revient au pays après 6 mois d'âpres combats avec les Talibans, pour lesquels ils ont développé beaucoup de respect, sur le plan militaire bien sûr.
Afghanistan war is 'cuckoo', says Blair's favourite general
Britain 'risking defeat in Afghanistan'
There is never going to be a Nato victory in Afghanistan
Etc, etc, etc...
17 novembre, 2006
Salade de saison XIV
Military Commissions Act of 2006
Glenn Greenwald rapporte le cas de Ali Saleh Kahlah al-Marri, un citoyen du Qatar, résidant légalement aux États-Unis avec un visa d'étudiant. Il a été interrogé et accusé en décembre 2001 dans la foulée des enquêtes tous azimuts à la suite des attentats du 11 septembre. En juin 2003, il est déclaré "ennemi combattant" un mois avant son procès, ce qui a pour effet qu'il n'est plus couvert par le système de justice américain. Il est depuis disparu dans les cachots de la CIA. C'est ce procédé que le Military Commissions Act of 2006 vient d'entériner, rétroactivement.
Le sénateur Pat Leahy, futur président démocrate du Comité judiciaire du Sénat, a déjà annoncé que cette loi sera amendée.
Ségo candidate
Cette façon inimitable qu'ont les Français d'abréger les dénominations ! Ségolène Royal sera candidate pour le Parti socialiste à l'élection présidentielle. Elle passe au 1er tour, à part ça, avec 60 % des votes. Les socialistes en ont marre des vieux grognons qui font fuir les électeurs et ils veulent gagner.
Nous en parlions déjà ici au mois de mai: les sondages la plaçaient en position de battre Sarkozy. C'est encore le principe de la saucisse fraîche qui a prévalu: Ségo est plus populaire parce qu'elle peut battre Sarko et Ségo peut battre Sarko parce qu'elle est plus populaire. Les vieux grognons appellent cela la pipeulisation de la politique.
Quand à la famille de Ségo, une bande de vieux cathos constipés qui l'ont reniée, ils auraient avantage à méditer sur le dernier slogan de Loto-Québec: "Il faut toujours être gentil avec quelqu'un qui peut devenir président de la France !"
Nathalie aux chiens écrasés
J'ai de la difficulté à croire que le rédacteur en chef, ou tout autre personne remplissant cette fonction au journal La Presse, après avoir assigné Émilie Côté à couvrir une collecte de sang pour chiens, après avoir dépêché Tristan Péloquin à Toronto pour le lancement des Playstation 3, après avoir lancé Bruno Bisson sur les ponts municipaux et Ariane Lacoursière sur l'hôpital Anna-Laberge, se retrouvant subitement dépourvu, se soit tourné en désespoir de cause vers la prestigieuse commentatrice Nathalie Petrowski, qui justement à ce moment-là regardait distraitement au plafond, pour lui demander de se rendre à Contrecoeur dans le but de rapporter sans déformation malveillante pouvant donner prise à de mauvaises interprétations, les propos de Louise Roy sur le déficit des Outgames, lesquels "ont été un succès", de l'avis de la directrice générale de l'événement.
Mutinerie dans le corps journalistique ?
Puisqu'on parle du journal La Presse, une grande opération de réflexion collective sur les problèmes des hommes a été lancée cette semaine en collaboration avec Radio-Canada, l'autre convergence. On a sans doute demandé à tous les chroniqueurs d'insérer ce thème dans leurs billets de la semaine, ce qu'ils ont fait, mais parfois à contrecoeur. Il est des soumissions qui ont l'air de mutineries.
Ronald King: "Le mâle moderne clavarde trop. Gna, gna, gna... Le mâle est IN, le mâle est OUT.
Voilà."
Marc Cassivi: "Laissons aux gourous de la psychologie populaire et autres défricheurs d'épiphénomènes de société le loisir de trouver des réponses toutes faites à des questions qu'ils inventent eux-mêmes.
Je ne suis un spécialiste de rien du tout. Aussi, je me contenterai de dire ceci... "
Il y a encore de la vie dans ce journal.
Glenn Greenwald rapporte le cas de Ali Saleh Kahlah al-Marri, un citoyen du Qatar, résidant légalement aux États-Unis avec un visa d'étudiant. Il a été interrogé et accusé en décembre 2001 dans la foulée des enquêtes tous azimuts à la suite des attentats du 11 septembre. En juin 2003, il est déclaré "ennemi combattant" un mois avant son procès, ce qui a pour effet qu'il n'est plus couvert par le système de justice américain. Il est depuis disparu dans les cachots de la CIA. C'est ce procédé que le Military Commissions Act of 2006 vient d'entériner, rétroactivement.
Le sénateur Pat Leahy, futur président démocrate du Comité judiciaire du Sénat, a déjà annoncé que cette loi sera amendée.
Ségo candidate
Cette façon inimitable qu'ont les Français d'abréger les dénominations ! Ségolène Royal sera candidate pour le Parti socialiste à l'élection présidentielle. Elle passe au 1er tour, à part ça, avec 60 % des votes. Les socialistes en ont marre des vieux grognons qui font fuir les électeurs et ils veulent gagner.
Nous en parlions déjà ici au mois de mai: les sondages la plaçaient en position de battre Sarkozy. C'est encore le principe de la saucisse fraîche qui a prévalu: Ségo est plus populaire parce qu'elle peut battre Sarko et Ségo peut battre Sarko parce qu'elle est plus populaire. Les vieux grognons appellent cela la pipeulisation de la politique.
Quand à la famille de Ségo, une bande de vieux cathos constipés qui l'ont reniée, ils auraient avantage à méditer sur le dernier slogan de Loto-Québec: "Il faut toujours être gentil avec quelqu'un qui peut devenir président de la France !"
Nathalie aux chiens écrasés
J'ai de la difficulté à croire que le rédacteur en chef, ou tout autre personne remplissant cette fonction au journal La Presse, après avoir assigné Émilie Côté à couvrir une collecte de sang pour chiens, après avoir dépêché Tristan Péloquin à Toronto pour le lancement des Playstation 3, après avoir lancé Bruno Bisson sur les ponts municipaux et Ariane Lacoursière sur l'hôpital Anna-Laberge, se retrouvant subitement dépourvu, se soit tourné en désespoir de cause vers la prestigieuse commentatrice Nathalie Petrowski, qui justement à ce moment-là regardait distraitement au plafond, pour lui demander de se rendre à Contrecoeur dans le but de rapporter sans déformation malveillante pouvant donner prise à de mauvaises interprétations, les propos de Louise Roy sur le déficit des Outgames, lesquels "ont été un succès", de l'avis de la directrice générale de l'événement.
Mutinerie dans le corps journalistique ?
Puisqu'on parle du journal La Presse, une grande opération de réflexion collective sur les problèmes des hommes a été lancée cette semaine en collaboration avec Radio-Canada, l'autre convergence. On a sans doute demandé à tous les chroniqueurs d'insérer ce thème dans leurs billets de la semaine, ce qu'ils ont fait, mais parfois à contrecoeur. Il est des soumissions qui ont l'air de mutineries.
Ronald King: "Le mâle moderne clavarde trop. Gna, gna, gna... Le mâle est IN, le mâle est OUT.
Voilà."
Marc Cassivi: "Laissons aux gourous de la psychologie populaire et autres défricheurs d'épiphénomènes de société le loisir de trouver des réponses toutes faites à des questions qu'ils inventent eux-mêmes.
Je ne suis un spécialiste de rien du tout. Aussi, je me contenterai de dire ceci... "
Il y a encore de la vie dans ce journal.
16 novembre, 2006
"Outrage in all English-speaking countries"
Peter Worthington, le commentateur du Toronto Sun, a brièvement visité Guantanamo. Il est d'avis que les 432 prisonniers qui s'y trouvent sont irrécupérables. Depuis que la Cour suprême américaine a statué que les Conventions de Genève s'appliquent à ces détenus, il est devenu très difficile aux préposés de Guantanamo d'en soutirer des informations.
M. Worthington suggère donc que les États-Unis se retirent des Conventions de Genève signées aussi par 188 autres pays. Pour bien faire, il suggère également aux Canadiens, aux Britanniques et aux Australiens de s'en retirer aussi. De toute façon, les ennemis que ces pays risquent d'avoir à affronter ne respectent pas les Conventions de Genève. En plus, elles sont inutiles, car l'opinion publique de tous les pays anglophones ne tolère pas la torture:
"Intimidation, fear, drugs, can be used to extract information but aren't sanctioned by the Geneva Conventions. Using the above isn't pulling out fingernails, or thumb screws, or genital electric shocks which, if done, would cause outrage in all English-speaking countries."
Je n'aurais jamais cru que les acquis de la civilisation dans le domaine du droit international puissent être balancés aussi facilement et de façon aussi désinvolte parmi les déchets de l'histoire. Cela me surprend de la part de Peter Worthington, un vétéran de la IIè Guerre mondiale, qui s'est physiquement battu pour la sauvegarde des valeurs d'un monde civilisé lequel, il faut malheureusement le lui rappeler, va bien au-delà des "English-speaking countries."
Mais revenons au "problème" causé par la Cour suprême américaine. La voie choisie par la Maison Blanche pour contourner la décision de la Cour suprême consiste dans l'adoption d'une loi. Le Military Commissions Act of 2006, adopté rapidement par les deux Chambres, fut signé par le président le 17 octobre 2006. Nous fêterons demain l'anniversaire du premier mois de sa mise en vigueur.
C'est la fameuse loi qui a pour effet de nier aux "combattants ennemis étrangers et illégaux" le droit à l'habeas corpus et aux stipulations des Conventions de Genève. Elle permet aussi à la CIA de continuer son programme de détentions secrètes et de maintenir ses méthodes d'interrogation à l'abri des tribunaux. De torturer, quoi. Amnesty International commente ainsi la loi:
"Si la justice donne son aval à l'application de cette loi, les étrangers détenus par les autorités américaines à Guantánamo et en Afghanistan (on en compte actuellement environ un millier), ou ailleurs, ne pourraient contester devant les tribunaux des États-Unis la légalité de leur détention, ou les conditions de cette dernière."
Un question peut légitimement se poser: "Où serait Maher Arar aujourd'hui si cette loi avait été en vigueur ?" Il serait dans les limbes impénétrables du bras vengeur de la justice américaine, sans aucun droit, ni avocat, ni juge, ni ambassadeur, ni rien.
Un deuxième question peut légitimement se poser: "Les touristes canadiens aux États-Unis qui seraient faussement dénoncés comme terroristes aboutiront où ? Ils n'ont aucun droit à partir du moment où ils sont soupçonnés d'être des terroristes. Mais non, c'est impossible, entendrons-nous. Cette loi s'applique aux "combattants ennemis" capturés en Irak ou en Afghanistan. Détrompez-vous:
"Justice Department lawyers argue that an anti-terrorism law approved by Congress last month allows the government to detain any foreign national declared to be an enemy combatant, even if he is arrested and imprisoned inside the United States."
Une troisième question peut alors se poser: "Si le gouvernement canadien, après analyse, juge que le danger d'emprisonnement des Canadiens en vertu du Military Commissions Act of 2006 est réel, va-t-il émettre une mise en garde aux Canadiens désirant voyager aux États-Unis comme il le fait pour toute autre destination dangereuse ?"
Je sais bien, cela a l'air charrié, un peu, comme ça. Mais je n'en suis même pas sûr.
M. Worthington suggère donc que les États-Unis se retirent des Conventions de Genève signées aussi par 188 autres pays. Pour bien faire, il suggère également aux Canadiens, aux Britanniques et aux Australiens de s'en retirer aussi. De toute façon, les ennemis que ces pays risquent d'avoir à affronter ne respectent pas les Conventions de Genève. En plus, elles sont inutiles, car l'opinion publique de tous les pays anglophones ne tolère pas la torture:
"Intimidation, fear, drugs, can be used to extract information but aren't sanctioned by the Geneva Conventions. Using the above isn't pulling out fingernails, or thumb screws, or genital electric shocks which, if done, would cause outrage in all English-speaking countries."
Je n'aurais jamais cru que les acquis de la civilisation dans le domaine du droit international puissent être balancés aussi facilement et de façon aussi désinvolte parmi les déchets de l'histoire. Cela me surprend de la part de Peter Worthington, un vétéran de la IIè Guerre mondiale, qui s'est physiquement battu pour la sauvegarde des valeurs d'un monde civilisé lequel, il faut malheureusement le lui rappeler, va bien au-delà des "English-speaking countries."
Mais revenons au "problème" causé par la Cour suprême américaine. La voie choisie par la Maison Blanche pour contourner la décision de la Cour suprême consiste dans l'adoption d'une loi. Le Military Commissions Act of 2006, adopté rapidement par les deux Chambres, fut signé par le président le 17 octobre 2006. Nous fêterons demain l'anniversaire du premier mois de sa mise en vigueur.
C'est la fameuse loi qui a pour effet de nier aux "combattants ennemis étrangers et illégaux" le droit à l'habeas corpus et aux stipulations des Conventions de Genève. Elle permet aussi à la CIA de continuer son programme de détentions secrètes et de maintenir ses méthodes d'interrogation à l'abri des tribunaux. De torturer, quoi. Amnesty International commente ainsi la loi:
"Si la justice donne son aval à l'application de cette loi, les étrangers détenus par les autorités américaines à Guantánamo et en Afghanistan (on en compte actuellement environ un millier), ou ailleurs, ne pourraient contester devant les tribunaux des États-Unis la légalité de leur détention, ou les conditions de cette dernière."
Un question peut légitimement se poser: "Où serait Maher Arar aujourd'hui si cette loi avait été en vigueur ?" Il serait dans les limbes impénétrables du bras vengeur de la justice américaine, sans aucun droit, ni avocat, ni juge, ni ambassadeur, ni rien.
Un deuxième question peut légitimement se poser: "Les touristes canadiens aux États-Unis qui seraient faussement dénoncés comme terroristes aboutiront où ? Ils n'ont aucun droit à partir du moment où ils sont soupçonnés d'être des terroristes. Mais non, c'est impossible, entendrons-nous. Cette loi s'applique aux "combattants ennemis" capturés en Irak ou en Afghanistan. Détrompez-vous:
"Justice Department lawyers argue that an anti-terrorism law approved by Congress last month allows the government to detain any foreign national declared to be an enemy combatant, even if he is arrested and imprisoned inside the United States."
Une troisième question peut alors se poser: "Si le gouvernement canadien, après analyse, juge que le danger d'emprisonnement des Canadiens en vertu du Military Commissions Act of 2006 est réel, va-t-il émettre une mise en garde aux Canadiens désirant voyager aux États-Unis comme il le fait pour toute autre destination dangereuse ?"
Je sais bien, cela a l'air charrié, un peu, comme ça. Mais je n'en suis même pas sûr.
15 novembre, 2006
Trente ans déjà ?
Il y a 30 ans, à cette heure-ci, les Québécois étaient en train de voter. Il y aura 30 ans, ce soir, les Québécois assistaient, incrédules, à la victoire du Parti québécois. Demain matin, cela fera 30 ans qu'ils se sont regardés en arrivant au bureau, se demandant qui avait bien pu voter pour Ti-Poil, chacun certifiant que ce n'était pas lui.
Trente ans, c'est long. Nous détiendrions une sorte de record pour avoir milité de façon pacifique et démocratique pendant si longtemps. Quand on pense aux majorités écrasantes obtenues le temps de le dire dans les anciennes républiques soviétiques, la comparaison est facile. Il faut voir que le Canada, ce n'est quand même pas le goulag. Et ce n'est pas moi qui l'ai dit le premier, c'est René Lévesque.
Par contre, il y a l'exemple de la nation écossaise qui a cessé d'être souveraine en 1707 en se joignant à l'Angleterre pour former la Grande-Bretagne. Il y a là 5 millions de personnes dont plusieurs sont nationalistes et manifestent de l'attachement à leur culture propre. Est-ce que cette portion de la nation écossaise attend depuis longtemps le retour à la souveraineté ? En 1998, les Écossais ont retrouvé une partie de leur souveraineté avec un parlement régional disposant de certains pouvoirs fiscaux.
Et les 25 millions de Kurdes répartis dans le Kurdistan turc, le Kurdistan iranien, le Kurdistan irakien et le Kurdistan syrien ? Ils ont 4 pays mais aucun parlement, et ils n'en ont jamais eu. Mais ce peuple existe bel et bien, avec sa langue et ses traditions, depuis toujours, constituant 90 % de la population dans ses différents Kurdistans, donc avec une densité évidente permettant des gouvernements souverains fonctionnels. Il faut cependant avouer que les batailles politiques ne s'y déroulent pas de façon pacifique et démocratique.
Ici au Canada, on ne sait même pas ce que veut dire le terme "nation". Pour les Canadiens anglais, 787 autochtones regroupés en trois villages au nord-ouest de la baie d'Hudson forment une nation, mais pas les Québécois. Si ce n'était que cela ! Mais il y a aussi plein de Québécois qui pensent la même chose. Parce que les francophones ne constituent que 80 % de la population du territoire. Parce qu'il faudrait faire la partition, comme en Irlande du Nord, pour soit-disant préserver la minorité anglophone du nationalisme mesquin des Québécois...Eh misère !
Avec un minimum de culture politique, d'agilité d'esprit et de tolérance pour le fait français, le Canada se serait évité bien des problèmes et nous ne serions pas dans le cul-de-sac politique actuel. Et c'est pour cela que c'est long, 30 ans. Buter tout ce temps sur un problème si facile à régler, dans un sens ou dans l'autre, il y a de quoi perdre patience.
Mais à l'échelle des peuples, il y a des problèmes plus stupides à régler qui requièrent encore plus de temps.
Trente ans, c'est long. Nous détiendrions une sorte de record pour avoir milité de façon pacifique et démocratique pendant si longtemps. Quand on pense aux majorités écrasantes obtenues le temps de le dire dans les anciennes républiques soviétiques, la comparaison est facile. Il faut voir que le Canada, ce n'est quand même pas le goulag. Et ce n'est pas moi qui l'ai dit le premier, c'est René Lévesque.
Par contre, il y a l'exemple de la nation écossaise qui a cessé d'être souveraine en 1707 en se joignant à l'Angleterre pour former la Grande-Bretagne. Il y a là 5 millions de personnes dont plusieurs sont nationalistes et manifestent de l'attachement à leur culture propre. Est-ce que cette portion de la nation écossaise attend depuis longtemps le retour à la souveraineté ? En 1998, les Écossais ont retrouvé une partie de leur souveraineté avec un parlement régional disposant de certains pouvoirs fiscaux.
Et les 25 millions de Kurdes répartis dans le Kurdistan turc, le Kurdistan iranien, le Kurdistan irakien et le Kurdistan syrien ? Ils ont 4 pays mais aucun parlement, et ils n'en ont jamais eu. Mais ce peuple existe bel et bien, avec sa langue et ses traditions, depuis toujours, constituant 90 % de la population dans ses différents Kurdistans, donc avec une densité évidente permettant des gouvernements souverains fonctionnels. Il faut cependant avouer que les batailles politiques ne s'y déroulent pas de façon pacifique et démocratique.
Ici au Canada, on ne sait même pas ce que veut dire le terme "nation". Pour les Canadiens anglais, 787 autochtones regroupés en trois villages au nord-ouest de la baie d'Hudson forment une nation, mais pas les Québécois. Si ce n'était que cela ! Mais il y a aussi plein de Québécois qui pensent la même chose. Parce que les francophones ne constituent que 80 % de la population du territoire. Parce qu'il faudrait faire la partition, comme en Irlande du Nord, pour soit-disant préserver la minorité anglophone du nationalisme mesquin des Québécois...Eh misère !
Avec un minimum de culture politique, d'agilité d'esprit et de tolérance pour le fait français, le Canada se serait évité bien des problèmes et nous ne serions pas dans le cul-de-sac politique actuel. Et c'est pour cela que c'est long, 30 ans. Buter tout ce temps sur un problème si facile à régler, dans un sens ou dans l'autre, il y a de quoi perdre patience.
Mais à l'échelle des peuples, il y a des problèmes plus stupides à régler qui requièrent encore plus de temps.
14 novembre, 2006
Les guerres d'Afghanistan
L'intervention canadienne en Afghanistan fait fonction de révélateur pour le public canadien en matière de politique étrangère. Grosso modo, chaque gouvernement canadien faisait son énoncé de politique étrangère. Depuis bien des années, cela ne changeait pas beaucoup. Puis arrive l'énoncé de politique plus mordant de Paul Martin qui en parallèle nomme un général plus entreprenant, Rick Hillier, à la tête des armées. Exit Paul Martin, Stephen Harper poursuit sur sa lancée.
Le résultat final de ces différentes opérations politiques, c'est que l'armée se retrouve en Afghanistan au coeur d'une bataille où il se tire de vraies balles. Stupeur du public, la chose est débattue 45 minutes à la Chambre des communes, c'est réglé, on est en guerre, la guerre contre le terrorisme. Mais l'opinion publique n'est pas satisfaite et les sondages sont toujours négatifs.
Alors commence un long travail de propagande pour retourner l'opinion publique, travail basé sur la répétition inlassable de quatre mèmes:
¤ le maintien de la paix comme avant n'est plus possible;
¤ notre intervention est légale et sanctionnée par l'ONU;
¤ notre opération est morale et permet aux enfants, notamment les petites filles, de retourner à l'école;
¤ s'y opposer est immoral et dénote de l'anti-américanisme primaire, ou de la lâcheté, ou au minimum de l'insensibilité.
Tous ces arguments sont en partie vrais et ont un certain impact, ici. Le problème, c'est que les forces tribales afghanes et leurs résistances culturelles, indomptées jusqu'ici, sont encore bien vivantes là-bas. Vérité ici, mensonge au-delà. On l'a déjà dit: "(...) on n'impose pas des changements culturels si drastiques par la force des armées, et surtout pas aux Afghans, ces guerriers montagnards qui ont tour à tour réglé le cas des Perses, des Grecs, des Arabes, des Turcs, des Mongols, des Britanniques et des Soviétiques. Ils vont mourir pour faire à leur manière sur cette terre du bout du monde, mais personne d'autre qu'eux ne veut aller mourir pour Kaboul. C'est pour cela qu'ils finissent toujours par gagner."
David Bercuson, spécialiste des questions militaires et stratégiques à l'Université de Calgary, nous rappelait quelques données de base en fin de semaine, via La Presse: "La relation avec les États-Unis est la seule qui importe pour le Canada. Tout le reste est secondaire. Si vous n'agissez pas en conséquence, vous ne défendez pas les intérêts du Canada."
Et encore ceci, toujours de David Bercuson: "Le Canada n'a plus de rôle important à jouer dans le maintien de la paix. Aujourd'hui, ce sont les pays du tiers-monde qui font ce travail pour faire entrer des devises. Et est-ce qu'on veut vraiment voir nos soldats aux côtés des Bangladais ou des Fidjiens?"
Bref, nous montons dans l'échelle du prestige militaire international. Les militaires canadiens ne jouent plus le rôle du planton qui surveille la scène du crime, une vulgaire tâche reléguée aux pays du tiers-monde. Nous faisons maintenant partie de l'unité d'élite, du S.W.A.T., de concert avec nos collègues américains, britanniques et australiens.
Cette orientation mériterait peut-être plus que 45 minutes de discussion aux Communes.
Le résultat final de ces différentes opérations politiques, c'est que l'armée se retrouve en Afghanistan au coeur d'une bataille où il se tire de vraies balles. Stupeur du public, la chose est débattue 45 minutes à la Chambre des communes, c'est réglé, on est en guerre, la guerre contre le terrorisme. Mais l'opinion publique n'est pas satisfaite et les sondages sont toujours négatifs.
Alors commence un long travail de propagande pour retourner l'opinion publique, travail basé sur la répétition inlassable de quatre mèmes:
¤ le maintien de la paix comme avant n'est plus possible;
¤ notre intervention est légale et sanctionnée par l'ONU;
¤ notre opération est morale et permet aux enfants, notamment les petites filles, de retourner à l'école;
¤ s'y opposer est immoral et dénote de l'anti-américanisme primaire, ou de la lâcheté, ou au minimum de l'insensibilité.
Tous ces arguments sont en partie vrais et ont un certain impact, ici. Le problème, c'est que les forces tribales afghanes et leurs résistances culturelles, indomptées jusqu'ici, sont encore bien vivantes là-bas. Vérité ici, mensonge au-delà. On l'a déjà dit: "(...) on n'impose pas des changements culturels si drastiques par la force des armées, et surtout pas aux Afghans, ces guerriers montagnards qui ont tour à tour réglé le cas des Perses, des Grecs, des Arabes, des Turcs, des Mongols, des Britanniques et des Soviétiques. Ils vont mourir pour faire à leur manière sur cette terre du bout du monde, mais personne d'autre qu'eux ne veut aller mourir pour Kaboul. C'est pour cela qu'ils finissent toujours par gagner."
David Bercuson, spécialiste des questions militaires et stratégiques à l'Université de Calgary, nous rappelait quelques données de base en fin de semaine, via La Presse: "La relation avec les États-Unis est la seule qui importe pour le Canada. Tout le reste est secondaire. Si vous n'agissez pas en conséquence, vous ne défendez pas les intérêts du Canada."
Et encore ceci, toujours de David Bercuson: "Le Canada n'a plus de rôle important à jouer dans le maintien de la paix. Aujourd'hui, ce sont les pays du tiers-monde qui font ce travail pour faire entrer des devises. Et est-ce qu'on veut vraiment voir nos soldats aux côtés des Bangladais ou des Fidjiens?"
Bref, nous montons dans l'échelle du prestige militaire international. Les militaires canadiens ne jouent plus le rôle du planton qui surveille la scène du crime, une vulgaire tâche reléguée aux pays du tiers-monde. Nous faisons maintenant partie de l'unité d'élite, du S.W.A.T., de concert avec nos collègues américains, britanniques et australiens.
Cette orientation mériterait peut-être plus que 45 minutes de discussion aux Communes.
13 novembre, 2006
Adieu l'Émile
Le "People Ranker" du Huffington Post donne 68 points à Robert A. Boyd, décédé le 6 novembre à 88 ans et zéro point à Émile Boudreau décédé le 8 novembre à 90 ans. Cela reflète également la notoriété que la presse d'ici a accordé à ces deux personnages qui ont contribué fortement à la mise sur pied de deux institutions au Québec: l'Hydro-Québec pour M. Boyd et la CSST pour M. Boudreau.
Je n'ai connu ni l'un ni l'autre, mais j'ai brièvement rencontré Émile Boudreau. Je savais qu'il était une sorte de célébrité syndicale, le Michel Chartrand de la FTQ. Les célébrités m'impressionnent toujours, c'est pourquoi je me souviens encore de lui. Il souriait tout le temps, mais pas d'un sourire bon, plutôt du sourire de celui à qui on ne la fait pas. Mais il était sûrement bon car il défendait bénévolement des ouvriers devant la CSST, après avoir pris sa retraite.
Il y a quelque chose de spécial dans le fait que que le père d'Émile Boudreau ait été victime d'un accident de travail dans sa jeunesse. Il y a des vengeances qui deviennent un simple retour des choses.
Émile Boudreau a été un précurseur en politique aussi. Après quelques essais pour fonder un parti socialiste, il devient un des membres fondateurs du Parti québécois en 1968. Il est aussi le précurseur des souverainistes opposés au Parti québécois car, en 1973, il démissionne du Parti qui refuse l'adhésion des syndicats.
Bien voilà. Je ne l'ai pas connu mais il me semblait quelqu'un de correct. Et j'en ai parlé plus longtemps que de Robert A. Boyd. Cela va peut-être replacer le "People Ranker".
Je n'ai connu ni l'un ni l'autre, mais j'ai brièvement rencontré Émile Boudreau. Je savais qu'il était une sorte de célébrité syndicale, le Michel Chartrand de la FTQ. Les célébrités m'impressionnent toujours, c'est pourquoi je me souviens encore de lui. Il souriait tout le temps, mais pas d'un sourire bon, plutôt du sourire de celui à qui on ne la fait pas. Mais il était sûrement bon car il défendait bénévolement des ouvriers devant la CSST, après avoir pris sa retraite.
Il y a quelque chose de spécial dans le fait que que le père d'Émile Boudreau ait été victime d'un accident de travail dans sa jeunesse. Il y a des vengeances qui deviennent un simple retour des choses.
Émile Boudreau a été un précurseur en politique aussi. Après quelques essais pour fonder un parti socialiste, il devient un des membres fondateurs du Parti québécois en 1968. Il est aussi le précurseur des souverainistes opposés au Parti québécois car, en 1973, il démissionne du Parti qui refuse l'adhésion des syndicats.
Bien voilà. Je ne l'ai pas connu mais il me semblait quelqu'un de correct. Et j'en ai parlé plus longtemps que de Robert A. Boyd. Cela va peut-être replacer le "People Ranker".
12 novembre, 2006
Les salonnières
On appelle salonnières ces femmes influentes qui, depuis le XVIè siècle, ont tenu salon en France, offrant protection et soutien financier aux écrivains, artistes, penseurs et chercheurs de leur époque.
"Derrière l’apparence légère de ces aristocrates, modernes et intellectuelles qui bousculent les conventions sociales de leur époque apparaissent des intellectuelles qui ouvrent aux plus grands esprits de leur temps leurs salons où se mêlent personnalités politiques, lettrés et scientifiques des deux sexes et de toutes conditions. Instruites et, la plupart du temps, écrivaines elles-mêmes, elles entretiennent une abondante correspondance avec tout ce que l’Europe d’alors pouvait compter d’esprits ouverts." (Wikipédia)
Ainsi, au XVIIè siècle, Ninon de Lenclos recevait tous les jours de 5 à 9. S'y retrouvaient Fontenelle, François de la Rochefoucauld, Paul Scarron, Jean-Baptiste Lully, Jean de La Fontaine, Saint-Simon, le fameux mémorialiste; Huygens, mathématicien et astronome; Charles Perrault; le poète Chapelle; le peintre Nicolas Mignard dont elle fut un modèle; Jean Racine (et sa maîtresse la Champmeslé); Nicolas Boileau, dit Boileau Despréaux ; Condé. Molière lui demandera des conseils pour sa pièce le Tartuffe à l'instar de plusieurs autres auteurs qui bénéficièrent de son jugement.
Au XVIIIè siècle, Madame Suzanne Necker, épouse du banquier Necker et mère de la future Madame de Staël, a tenu un salon célèbre "où l’on discute littérature, mais aussi politique, et qui accueille de nombreux artistes et écrivains : Jean-François Marmontel, La Harpe, Buffon, Grimm, Mably, l'abbé Raynal, Bernardin de Saint-Pierre et les plus grands collaborateurs de l'Encyclopédie, Diderot, d'Alembert. " (Wikipédia)
Bref, vous voyez l'idée. Wikipédia identifie 72 salonnières qui tinrent salon à différentes époques, réunissant autour d'elles les meilleurs esprits de leur temps et leur permettant de discuter, de s'influencer mutuellement et d'agir sur leur environnement social. Il existe peut-être des salons qui jouent le même rôle à Montréal, au moment où j'écris ces lignes, mais je ne les connais pas et je n'ai aucun moyen de les connaître. Le manifeste "Pour un Québec lucide" y est peut-être né, dans un de ces salons, qui sait.
Ce que je sais et ce que je vois, par contre, c'est que Marie-France Bazzo s'impose de plus en plus comme la salonnière télévisuelle de notre petite société québécoise. Autant à Il va y avoir du sport qu'à Bazzo.tv, elle réunit autour d'elle les meilleurs esprits de notre petit monde et de cette brève période de temps: Bernard Landry, Charles-Philippe David, Luc Lavoie, Denis Vaugeois, Stéphane Dion, Jean-Herman Guay, Alain Dubuc, Jean-Pierre Charbonneau, Suzanne Lévesque, Michel Dumont, Serge Bouchard, Jean Dion, Louise Beaudouin, Liza Frulla, Antoine Robitaille, etc, etc, etc, auxquels il faut ajouter plein de gens moins connus mais possédant des expertises pointues dans leurs domaines.
On apprend tranquillement à se parler sans se crier des noms. Avec le temps, nous serons peut-être capables de nous balancer les pires vacheries avec le sourire, comme les Français dans leurs salons littéraires...
"Derrière l’apparence légère de ces aristocrates, modernes et intellectuelles qui bousculent les conventions sociales de leur époque apparaissent des intellectuelles qui ouvrent aux plus grands esprits de leur temps leurs salons où se mêlent personnalités politiques, lettrés et scientifiques des deux sexes et de toutes conditions. Instruites et, la plupart du temps, écrivaines elles-mêmes, elles entretiennent une abondante correspondance avec tout ce que l’Europe d’alors pouvait compter d’esprits ouverts." (Wikipédia)
Ainsi, au XVIIè siècle, Ninon de Lenclos recevait tous les jours de 5 à 9. S'y retrouvaient Fontenelle, François de la Rochefoucauld, Paul Scarron, Jean-Baptiste Lully, Jean de La Fontaine, Saint-Simon, le fameux mémorialiste; Huygens, mathématicien et astronome; Charles Perrault; le poète Chapelle; le peintre Nicolas Mignard dont elle fut un modèle; Jean Racine (et sa maîtresse la Champmeslé); Nicolas Boileau, dit Boileau Despréaux ; Condé. Molière lui demandera des conseils pour sa pièce le Tartuffe à l'instar de plusieurs autres auteurs qui bénéficièrent de son jugement.
Au XVIIIè siècle, Madame Suzanne Necker, épouse du banquier Necker et mère de la future Madame de Staël, a tenu un salon célèbre "où l’on discute littérature, mais aussi politique, et qui accueille de nombreux artistes et écrivains : Jean-François Marmontel, La Harpe, Buffon, Grimm, Mably, l'abbé Raynal, Bernardin de Saint-Pierre et les plus grands collaborateurs de l'Encyclopédie, Diderot, d'Alembert. " (Wikipédia)
Bref, vous voyez l'idée. Wikipédia identifie 72 salonnières qui tinrent salon à différentes époques, réunissant autour d'elles les meilleurs esprits de leur temps et leur permettant de discuter, de s'influencer mutuellement et d'agir sur leur environnement social. Il existe peut-être des salons qui jouent le même rôle à Montréal, au moment où j'écris ces lignes, mais je ne les connais pas et je n'ai aucun moyen de les connaître. Le manifeste "Pour un Québec lucide" y est peut-être né, dans un de ces salons, qui sait.
Ce que je sais et ce que je vois, par contre, c'est que Marie-France Bazzo s'impose de plus en plus comme la salonnière télévisuelle de notre petite société québécoise. Autant à Il va y avoir du sport qu'à Bazzo.tv, elle réunit autour d'elle les meilleurs esprits de notre petit monde et de cette brève période de temps: Bernard Landry, Charles-Philippe David, Luc Lavoie, Denis Vaugeois, Stéphane Dion, Jean-Herman Guay, Alain Dubuc, Jean-Pierre Charbonneau, Suzanne Lévesque, Michel Dumont, Serge Bouchard, Jean Dion, Louise Beaudouin, Liza Frulla, Antoine Robitaille, etc, etc, etc, auxquels il faut ajouter plein de gens moins connus mais possédant des expertises pointues dans leurs domaines.
On apprend tranquillement à se parler sans se crier des noms. Avec le temps, nous serons peut-être capables de nous balancer les pires vacheries avec le sourire, comme les Français dans leurs salons littéraires...
11 novembre, 2006
Ça ne va pas
Je voulais parler soit de Marie-France Bazzo comme salonnière du Québec, célébrant ainsi la fonction indispensable qu'elle occupe dans notre petite "intelligentsia", soit du culot stupide de Bush qui, tout de suite après avoir lancé un appel à la bipartisanerie, demande aux démocrates d'approuver la nomination de Bolton comme ambassadeur à l'ONU.
Après de multiples requêtes, j'ai accepté de changer mon blogue pour utiliser la version bêta de Blogger. Cela donne des é qui sont des Äc et des à qui sont des Ä. Je ne suis pas capable d'endurer cela. D'ici à ce que j'aie trouvé le remède à ces maux, je vous prie d'excuser mon absence de la blogosphère. Et si je ne trouve pas la solution, je devrai malheureusement en disparaître.
Je viens de cliquer sur "Publier". Réponse: "Nous n'avons pas été en mesure de traiter votre demande." La version "inférieure" que j'utilisais avant ne m'a jamais envoyé ce message.
_______________________________
Addendum à 23h 36:
On s'est calmé. La panique est terminée. Cela devrait aller mieux.
Après de multiples requêtes, j'ai accepté de changer mon blogue pour utiliser la version bêta de Blogger. Cela donne des é qui sont des Äc et des à qui sont des Ä. Je ne suis pas capable d'endurer cela. D'ici à ce que j'aie trouvé le remède à ces maux, je vous prie d'excuser mon absence de la blogosphère. Et si je ne trouve pas la solution, je devrai malheureusement en disparaître.
Je viens de cliquer sur "Publier". Réponse: "Nous n'avons pas été en mesure de traiter votre demande." La version "inférieure" que j'utilisais avant ne m'a jamais envoyé ce message.
_______________________________
Addendum à 23h 36:
On s'est calmé. La panique est terminée. Cela devrait aller mieux.
10 novembre, 2006
Humour anglais
Je suis tombé par hasard sur un article présentant un point de vue différent, et franchement divertissant, sur les dernières élections américaines. Il vient de Matthew Parris, chroniqueur pour le Times de Londres et ancien député conservateur:
"How disappointing that the Democrats seem to have clipped George W. Bush’s wings. I was hoping he’d remain free to fly into as many plate-glass windows as possible, right up until the end of his nightmare presidency. (...)
I am serious. A palpable and undisputed sense of national failure is a tremendously creative force when a country needs to think again.(...)
Meanwhile, a moment’s sympathy for Tony Blair. As battle commences between a Republican President and a Democrat Party poised to regain the ascendancy in American politics, Mr Blair will reread his gospels and sorrowfully reflect that no poodle can serve two masters (Matt 6:24, approx.). The spectacle of a British prime minister anxious to kowtow, but confused about whom to kowtow to, will be truly pitiful."
Pour que le ridicule tue, il faut qu'il soit bien aiguisé.
"How disappointing that the Democrats seem to have clipped George W. Bush’s wings. I was hoping he’d remain free to fly into as many plate-glass windows as possible, right up until the end of his nightmare presidency. (...)
I am serious. A palpable and undisputed sense of national failure is a tremendously creative force when a country needs to think again.(...)
Meanwhile, a moment’s sympathy for Tony Blair. As battle commences between a Republican President and a Democrat Party poised to regain the ascendancy in American politics, Mr Blair will reread his gospels and sorrowfully reflect that no poodle can serve two masters (Matt 6:24, approx.). The spectacle of a British prime minister anxious to kowtow, but confused about whom to kowtow to, will be truly pitiful."
Pour que le ridicule tue, il faut qu'il soit bien aiguisé.
09 novembre, 2006
What, me worry ?
Je ne crois pas que la prise de contrôle du Congrès américain par les Démocrates va changer grand-chose. J'ai très peu de REER placés dans les fonds étrangers. Je vais aux États-Unis deux ou trois fois par an seulement et j'ai déjà un passeport. Bon, les procédures d'admission sont plus longues aux frontières, mais les Démocrates risquent d'être aussi parano que les Républicains en ces matières. Franchement, si vous voulez mon avis, l'arrivée des Démocrates ne va pas changer grand-chose.
Si vous faites un tour des journaux de la planète, c'est à peu de choses près ce que tout le monde va vous dire ce matin. Du strict point de vue de ses intérêts personnels et en regardant l'événement par le petit bout de la lorgnette, la victoire totale des Démocrates ne va presque rien changer. C'est d'ailleurs ce que Ralf Nader s'évertuait à vous dire, en 2000.
Sur le plan économique, les Démocrates vont hausser le salaire minimum qui n'a pas bougé depuis 10 ans, mais cela ne nous affectera pas beaucoup. Par contre, ils ont toujours été plus protectionnistes que les Républicains à cause de leurs liens avec le syndicalisme. Et cela risque de faire beaucoup plus mal. Hillary Clinton fait de l'urticaire sur la facilité avec laquelle on entre dans son État chéri à partir du Canada, ce qui fait qu'on ne peut pas s'attendre à des mesures facilitant le commerce transfrontalier.
Au niveau de la politique étrangère, c'est le président et chef des armées qui est le "decider". La Chambre des représentants ne peut que refuser de financer telle ou telle mesure. Vous les voyez refuser de financer l'achat de munitions, de pièces de rechange pour l'équipement, de nourriture, toutes mesures mettant la vie des "boys" en danger dans des circonstances difficiles où ils risquent leur vie pour améliorer le sort des Afghans et des Irakiens et combattre les terroristes là-bas au lieu de les combattre ici ?
Le Sénat, lui, tout de qu'il peut faire, ce sont des lois. Et Bush n'a qu'à y opposer son véto pour que cela n'aille pas plus loin. Il faut les deux-tiers des votes des sénateurs pour passer outre au véto présidentiel. Pensez-vous qu'ils vont réunir les deux-tiers de voix pour quoi que ce soit, quand on pense qu'ils ont besoin de Joe Lieberman, celui que Bush aime bien embrasser, pour en obtenir 51 ?
Nah, ça ne va rien changer, disent les experts, disent les observateurs, disent les porte-parole des ministres, disent les vice-présidents aux affaires publiques. Les Démocrates n'auront pas le culot de lancer une procédure d'impeachment, qui n'a d'ailleurs pas très bien réussi aux Républicains, alors que Clinton caracolait avec un taux d'approbation de 67 % à la même époque. Nah, ça va pas changer le monde, ça va pas le déranger...
Le problème, c'est que la vérité, la justice, le respect du droit international, le respect de la parole donnée, le respect de l'environnement, le respect de la Constitution américaine, eux, ils n'ont pas de porte-parole. S'ils en avaient, ces porte-parole nous diraient leur désespoir face à l'ancien Congrès républicain et leurs espoirs devant ce nouveau Congrès.
Ces porte-parole nous diraient que ce grand peuple, par ses orientations et par l'exemple qu'il donne aux autres nations, a une responsabilité beaucoup plus grande que la simple gestion de son bout de planète. Ils nous diraient que quand l'Amérique s'abaisse aux attaques préventives et à la torture, elle donne ouverture à toutes les autres nations de le faire. Ils nous diraient que depuis le 7 novembre dernier, on peut au moins espérer, et, ne serait-ce que pour cette raison, que tout a changé.
Si vous faites un tour des journaux de la planète, c'est à peu de choses près ce que tout le monde va vous dire ce matin. Du strict point de vue de ses intérêts personnels et en regardant l'événement par le petit bout de la lorgnette, la victoire totale des Démocrates ne va presque rien changer. C'est d'ailleurs ce que Ralf Nader s'évertuait à vous dire, en 2000.
Sur le plan économique, les Démocrates vont hausser le salaire minimum qui n'a pas bougé depuis 10 ans, mais cela ne nous affectera pas beaucoup. Par contre, ils ont toujours été plus protectionnistes que les Républicains à cause de leurs liens avec le syndicalisme. Et cela risque de faire beaucoup plus mal. Hillary Clinton fait de l'urticaire sur la facilité avec laquelle on entre dans son État chéri à partir du Canada, ce qui fait qu'on ne peut pas s'attendre à des mesures facilitant le commerce transfrontalier.
Au niveau de la politique étrangère, c'est le président et chef des armées qui est le "decider". La Chambre des représentants ne peut que refuser de financer telle ou telle mesure. Vous les voyez refuser de financer l'achat de munitions, de pièces de rechange pour l'équipement, de nourriture, toutes mesures mettant la vie des "boys" en danger dans des circonstances difficiles où ils risquent leur vie pour améliorer le sort des Afghans et des Irakiens et combattre les terroristes là-bas au lieu de les combattre ici ?
Le Sénat, lui, tout de qu'il peut faire, ce sont des lois. Et Bush n'a qu'à y opposer son véto pour que cela n'aille pas plus loin. Il faut les deux-tiers des votes des sénateurs pour passer outre au véto présidentiel. Pensez-vous qu'ils vont réunir les deux-tiers de voix pour quoi que ce soit, quand on pense qu'ils ont besoin de Joe Lieberman, celui que Bush aime bien embrasser, pour en obtenir 51 ?
Nah, ça ne va rien changer, disent les experts, disent les observateurs, disent les porte-parole des ministres, disent les vice-présidents aux affaires publiques. Les Démocrates n'auront pas le culot de lancer une procédure d'impeachment, qui n'a d'ailleurs pas très bien réussi aux Républicains, alors que Clinton caracolait avec un taux d'approbation de 67 % à la même époque. Nah, ça va pas changer le monde, ça va pas le déranger...
Le problème, c'est que la vérité, la justice, le respect du droit international, le respect de la parole donnée, le respect de l'environnement, le respect de la Constitution américaine, eux, ils n'ont pas de porte-parole. S'ils en avaient, ces porte-parole nous diraient leur désespoir face à l'ancien Congrès républicain et leurs espoirs devant ce nouveau Congrès.
Ces porte-parole nous diraient que ce grand peuple, par ses orientations et par l'exemple qu'il donne aux autres nations, a une responsabilité beaucoup plus grande que la simple gestion de son bout de planète. Ils nous diraient que quand l'Amérique s'abaisse aux attaques préventives et à la torture, elle donne ouverture à toutes les autres nations de le faire. Ils nous diraient que depuis le 7 novembre dernier, on peut au moins espérer, et, ne serait-ce que pour cette raison, que tout a changé.
08 novembre, 2006
Salade de saison XIII

Ce qui n'est pas arrivé hier
George W. Bush n'a pas ordonné une attaque de l'Iran pour assurer le maintien de son contrôle sur le Congrès. De trois choses l'une: les généraux n'ont pas voulu, Karl Rove perd la main, les sondages démontraient que l'électorat n'aurait pas marché. J'oubliais une 4 ème hypothèse: au cours d'une de ses conversations avec Dieu, George s'est fait dire clairement de ne pas aller en Iran.
Le peuple américain n'a pas franchi le point de non-retour. Il n'a pas avalisé la politique étrangère de la Maison Blanche, il n'a pas approuvé la torture, les attaques préventives, etc. La démocratie a joué, même si les Démocrates ont dû dépenser 1,2 milliard de dollars pour contrer les 1,4 milliard de dollars des Républicains. Je retrouve une partie de ma confiance et de mon estime pour le peuple américain.
Ce qui est arrivé hier
Les Démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants. Nancy Pelosi devient speaker et troisième personnage de la république. Si Cheney fait une crise cardiaque en apprenant que Bush est décédé après une chute à bicyclette, elle devient présidente. Le contrôle du Sénat n'est pas encore exclu au moment d'écrire ces lignes. Dick Cheney est allé à la chasse hier, après avoir affirmé en fin de semaine que peu importe le résultat des élections, rien ne va changer à la Maison Blanche.
Katrina van den Heuvel et une multitude d'invités commentaient les élections hier chez Charlie Rose. Elle est souvent invitée dans les émissions d'affaires publiques pour présenter le point de vue de la gauche aux États-Unis. Pourquoi les Américains ont Katrina van den Heuvel et nous, Françoise David, hein ? Un peu d'aménité n'enlève rien à la qualité du message.
Une Lexus tout équipée, s'il-vous-plait
Toyota se paie trois pages de publicité pour vendre peut être une dizaine de Lexus à 122 700 $, frais de transport, de préparation et d'immatriculation, ainsi que redevances et toutes taxes en sus. Vous imaginez la marge de profit pour se payer une telle publicité avec un si petit volume de ventes.
L'argument principal, le "unique selling proposition", le pitch: "La LS 460 L, très bien équipée à partir de 98 700 $"...
_Ben, j'te cré pas !
_Ben, j'teul dis !
_Ben, j'te cré pas !
_Ben, j'teul dis !
_Ben j'te cré !
Borat en reportage à Montréal
Les hassidim de la congrégation Yetev Lev demandent de givrer les fenêtres d'un YMCA pour éviter que leurs adolescents ne regardent les femmes s'adonner au yoga ou à l'aérobie en tenue légère. Renée Lavaillante n'apprécie pas de faire de l'exercice sous la lumière artificielle et organise une pétition.
Avant d'aller en Cour suprême, on demande au conseiller spécial de la Cour suprême en ces matières, Me Julius Grey, de se prononcer sur la chose. La société québécoise l'a échappé belle: dans un jugement sibyllin semblant donner raison à Mme Lavaillante, Me Julius Grey décrète que les gymnases féminins ne seront pas obligés de faire givrer leurs fenêtres au Québec. Comment les hassidim réagiront-ils à un retour aux anciennes fenêtres ? "Nous allons agir de façon pacifique et amicale, pour parvenir à nos fins."
J'avoue que cette déclaration me rend un peu nerveux.
George W. Bush n'a pas ordonné une attaque de l'Iran pour assurer le maintien de son contrôle sur le Congrès. De trois choses l'une: les généraux n'ont pas voulu, Karl Rove perd la main, les sondages démontraient que l'électorat n'aurait pas marché. J'oubliais une 4 ème hypothèse: au cours d'une de ses conversations avec Dieu, George s'est fait dire clairement de ne pas aller en Iran.
Le peuple américain n'a pas franchi le point de non-retour. Il n'a pas avalisé la politique étrangère de la Maison Blanche, il n'a pas approuvé la torture, les attaques préventives, etc. La démocratie a joué, même si les Démocrates ont dû dépenser 1,2 milliard de dollars pour contrer les 1,4 milliard de dollars des Républicains. Je retrouve une partie de ma confiance et de mon estime pour le peuple américain.
Ce qui est arrivé hier
Les Démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants. Nancy Pelosi devient speaker et troisième personnage de la république. Si Cheney fait une crise cardiaque en apprenant que Bush est décédé après une chute à bicyclette, elle devient présidente. Le contrôle du Sénat n'est pas encore exclu au moment d'écrire ces lignes. Dick Cheney est allé à la chasse hier, après avoir affirmé en fin de semaine que peu importe le résultat des élections, rien ne va changer à la Maison Blanche.
Katrina van den Heuvel et une multitude d'invités commentaient les élections hier chez Charlie Rose. Elle est souvent invitée dans les émissions d'affaires publiques pour présenter le point de vue de la gauche aux États-Unis. Pourquoi les Américains ont Katrina van den Heuvel et nous, Françoise David, hein ? Un peu d'aménité n'enlève rien à la qualité du message.
Une Lexus tout équipée, s'il-vous-plait
Toyota se paie trois pages de publicité pour vendre peut être une dizaine de Lexus à 122 700 $, frais de transport, de préparation et d'immatriculation, ainsi que redevances et toutes taxes en sus. Vous imaginez la marge de profit pour se payer une telle publicité avec un si petit volume de ventes.
L'argument principal, le "unique selling proposition", le pitch: "La LS 460 L, très bien équipée à partir de 98 700 $"...
_Ben, j'te cré pas !
_Ben, j'teul dis !
_Ben, j'te cré pas !
_Ben, j'teul dis !
_Ben j'te cré !
Borat en reportage à Montréal
Les hassidim de la congrégation Yetev Lev demandent de givrer les fenêtres d'un YMCA pour éviter que leurs adolescents ne regardent les femmes s'adonner au yoga ou à l'aérobie en tenue légère. Renée Lavaillante n'apprécie pas de faire de l'exercice sous la lumière artificielle et organise une pétition.
Avant d'aller en Cour suprême, on demande au conseiller spécial de la Cour suprême en ces matières, Me Julius Grey, de se prononcer sur la chose. La société québécoise l'a échappé belle: dans un jugement sibyllin semblant donner raison à Mme Lavaillante, Me Julius Grey décrète que les gymnases féminins ne seront pas obligés de faire givrer leurs fenêtres au Québec. Comment les hassidim réagiront-ils à un retour aux anciennes fenêtres ? "Nous allons agir de façon pacifique et amicale, pour parvenir à nos fins."
J'avoue que cette déclaration me rend un peu nerveux.
07 novembre, 2006
Citations de poids
Il y a parfois des citations devant lesquelles on doit s'incliner et qui demandent qu'on ne fasse pas de commentaire:
L'ambassadeur des États-Unis au Canada
"Peu importe les résultats des élections de mi-mandat d'aujourd'hui, je peux prédire que George W. Bush restera le président pour les deux prochaines années."
Christine Bailey, ménagère à Beech Grove, Indiana
Elle votera pour le candidat républicain, voulant ainsi exprimer son soutien aux "boys": "Je pense qu'il font de l'excellent travail en Irak".
Mario Roy, éditorialiste, La Presse
"...(à tort ou à raison, peu importe) la haine accumulée contre George W. Bush est si intense et si universellement répandue que, par compensation, le passé sanguinaire du dictateur qu'il a délogé a plus ou moins sombré dans l'oubli."
Lysiane Gagnon, commentatrice, La Presse
"Quand un sondage comme celui que publiait récemment La Presse, en collaboration avec les journaux occidentaux les plus respectables, met George W. Bush sur le même pied que le terroriste Oussama ben Laden et les dictateurs iranien et nord-coréen, en demandant lequel constitue le plus grand danger pour le monde, je ne marche plus."
Un haut responsable américain, proche du tribunal de Bagdad
"Nous n'avons rien à voir avec les verdicts ni les sentences."
Le Dr Gilles Julien, devant Roméo Dallaire et son Comité sénatorial permanent des droits de la personne
"Il n'est pas rare que les droits des enfants soient bafoués au Québec. Surtout dans les milieux défavorisés."
Guillaume Latendresse, après le match de samedi
"J'ai connu un mauvais match samedi. Je n'avais jamais eu à composer avec un mur défensif comme celui des Devils. Dans le junior, il y avait toujours un gars qui regardait ailleurs ou qui était trop lent pour t'empêcher de passer. "
L'ambassadeur des États-Unis au Canada
"Peu importe les résultats des élections de mi-mandat d'aujourd'hui, je peux prédire que George W. Bush restera le président pour les deux prochaines années."
Christine Bailey, ménagère à Beech Grove, Indiana
Elle votera pour le candidat républicain, voulant ainsi exprimer son soutien aux "boys": "Je pense qu'il font de l'excellent travail en Irak".
Mario Roy, éditorialiste, La Presse
"...(à tort ou à raison, peu importe) la haine accumulée contre George W. Bush est si intense et si universellement répandue que, par compensation, le passé sanguinaire du dictateur qu'il a délogé a plus ou moins sombré dans l'oubli."
Lysiane Gagnon, commentatrice, La Presse
"Quand un sondage comme celui que publiait récemment La Presse, en collaboration avec les journaux occidentaux les plus respectables, met George W. Bush sur le même pied que le terroriste Oussama ben Laden et les dictateurs iranien et nord-coréen, en demandant lequel constitue le plus grand danger pour le monde, je ne marche plus."
Un haut responsable américain, proche du tribunal de Bagdad
"Nous n'avons rien à voir avec les verdicts ni les sentences."
Le Dr Gilles Julien, devant Roméo Dallaire et son Comité sénatorial permanent des droits de la personne
"Il n'est pas rare que les droits des enfants soient bafoués au Québec. Surtout dans les milieux défavorisés."
Guillaume Latendresse, après le match de samedi
"J'ai connu un mauvais match samedi. Je n'avais jamais eu à composer avec un mur défensif comme celui des Devils. Dans le junior, il y avait toujours un gars qui regardait ailleurs ou qui était trop lent pour t'empêcher de passer. "
06 novembre, 2006
Ortega en avance
Mettons que vous vivez dans un petit pays indépendant de 5,6 millions d'habitants, et que vous exportez du café et des bananes aux États-Unis pour vivre. Mettons que le budget total de votre pays est sensiblement du même ordre que le budget des Affaires municipales de la province de Québec. Mettons que vous vous rappelez que le gouvernement américain déteste votre candidat favori, mais là, à un point tel qu'il a vendu des armes aux mollahs iraniens afin de financer des "bums pis des trimps", des malabars quoi, pour déstabiliser le pays quand Ortega le menait. Mettons que le principal organisateur de cette fiesta macabre, Oliver North, revient vous visiter pour que vous saisissiez clairement qu'Ortega, on n'en veut pas aux États-Unis. Mettons qu'il vous fallait traverser la jungle en pirogue pour voter, ou des marécages insalubres, et que les bureaux de votation ont ouvert parfois trop tard, et que les bureaux de votation ont fermé parfois trop tôt, et que, si vous avez été chanceux, vous avez dû attendre des heures au soleil sans protection pour exercer votre droit de vote. Mettons que votre Chambre de commerce vous ait prédit tous les malheurs possibles pour l'économie, l'emploi, le renouveau économique et l'avenir de vos enfants si vous votez Ortega. Mettons que l'ambassadeur américain vous ait clairement expliqué ce qu'il fallait faire pour conserver vos marchés américains et préserver l'avenir du pays. Mettons qu'on vous ait fait comprendre sans équivoque que de vous enligner sur Hugo Chàvez signifiait de gros problèmes pour vos emplois et le développement économique du pays. Mettons toutes les choses que je ne peux pas vous dire, ou que j'oublie de vous dire. Mettons tout cela.
Et, mettons qu'Ortega soit en avance dans l'élection présidentielle au Nicaragua.
Alors, expliquez-moi, chers Nicaraguéens, ce qu'est le courage politique. Vous le pouvez car vous nous en faites la démonstration. J'ai un urgent besoin de comprendre.
Et, mettons qu'Ortega soit en avance dans l'élection présidentielle au Nicaragua.
Alors, expliquez-moi, chers Nicaraguéens, ce qu'est le courage politique. Vous le pouvez car vous nous en faites la démonstration. J'ai un urgent besoin de comprendre.
05 novembre, 2006
Les souverainistes fatigués
Il y a des réalités qui flottent dans les limbes de la conscience avant d'être nommées. Elles sont là, leur existence influence le cours des choses, comme les trous noirs qui dévient la course des étoiles. Puis, elles prennent la pleine mesure de leur pouvoir quand on les nomme et qu'on les définit.
Martine Tremblay, ancienne directrice de cabinet pour René Lévesque, parle aujourd'hui de "souverainistes fatigués" dans La Presse. L'expression est nouvelle pour moi qui suis bien loin des cercles du pouvoir. L'expression fait allusion bien sûr aux fédéralistes fatigués des années '70 dont le plus célèbre représentant était Léon Dion, père du renommé Stéphane Dion. Ces gens qui ne souhaitaient pas briser le lien avec le Canada pensaient pouvoir amender la constitution pour tenir compte des aspirations du Québec.
Le souverainiste fatigué, sans nécessairement quitter le bateau, prend ses distance avec l'équipage. Il veut bien mourir pour ses idées, mais "de mort lente", explique Mme Tremblay en citant Brassens. Elle le met en opposition aux souverainistes pressés, pour qui "l'impatience tient lieu de stratégie, ce qui les amène à noyer toute possibilité de débat dans de stériles chicanes de calendrier..." J'ai attribué dans un billet passé des intentions suicidaires aux souverainistes pressés, surtout pressés de passer à autre chose. Je n'ai pas changé d'idée là-dessus.
Le souverainiste fatigué... c'est vraiment un beau concept. Il doit rejoindre beaucoup de monde. Il doit rejoindre une grande partie de ceux qui, écoutant Stéphane Dion faire l'apologie du nationalisme canadien pour mieux rejeter le nationalisme québécois, ont un instinctif mouvement de recul devant tant d'outrecuidance. Il faudra qu'on nous explique un jour cette curieuse forme de racisme qui prétend que les Canadiens anglais sont capables d'un nationalisme d'ouverture et d'inclusion alors que le nationalisme des "Canadiens français" dégénérerait forcément en national-socialisme, si on le laissait s'exprimer.
Depuis juin '66, où j'ai distribué des circulaires pour Pierre Bourgault dans le comté de Duplessis à Sept-Îles, cela fait bien longtemps que j'y pense, à la souveraineté. Et je ne suis toujours pas pressé. Si on la fait, ce sera pour longtemps. Alors il vaut mieux que ce soit bien fait. Fatigué ?
Je suis parfois fatigué du spectacle offert par les militants les plus pressés, mais ce n'est pas plus grave que cela.
Martine Tremblay, ancienne directrice de cabinet pour René Lévesque, parle aujourd'hui de "souverainistes fatigués" dans La Presse. L'expression est nouvelle pour moi qui suis bien loin des cercles du pouvoir. L'expression fait allusion bien sûr aux fédéralistes fatigués des années '70 dont le plus célèbre représentant était Léon Dion, père du renommé Stéphane Dion. Ces gens qui ne souhaitaient pas briser le lien avec le Canada pensaient pouvoir amender la constitution pour tenir compte des aspirations du Québec.
Le souverainiste fatigué, sans nécessairement quitter le bateau, prend ses distance avec l'équipage. Il veut bien mourir pour ses idées, mais "de mort lente", explique Mme Tremblay en citant Brassens. Elle le met en opposition aux souverainistes pressés, pour qui "l'impatience tient lieu de stratégie, ce qui les amène à noyer toute possibilité de débat dans de stériles chicanes de calendrier..." J'ai attribué dans un billet passé des intentions suicidaires aux souverainistes pressés, surtout pressés de passer à autre chose. Je n'ai pas changé d'idée là-dessus.
Le souverainiste fatigué... c'est vraiment un beau concept. Il doit rejoindre beaucoup de monde. Il doit rejoindre une grande partie de ceux qui, écoutant Stéphane Dion faire l'apologie du nationalisme canadien pour mieux rejeter le nationalisme québécois, ont un instinctif mouvement de recul devant tant d'outrecuidance. Il faudra qu'on nous explique un jour cette curieuse forme de racisme qui prétend que les Canadiens anglais sont capables d'un nationalisme d'ouverture et d'inclusion alors que le nationalisme des "Canadiens français" dégénérerait forcément en national-socialisme, si on le laissait s'exprimer.
Depuis juin '66, où j'ai distribué des circulaires pour Pierre Bourgault dans le comté de Duplessis à Sept-Îles, cela fait bien longtemps que j'y pense, à la souveraineté. Et je ne suis toujours pas pressé. Si on la fait, ce sera pour longtemps. Alors il vaut mieux que ce soit bien fait. Fatigué ?
Je suis parfois fatigué du spectacle offert par les militants les plus pressés, mais ce n'est pas plus grave que cela.
04 novembre, 2006
Kilomètre zéro
J'ai vu récemment un film kurde irakien d'une heure trente-six minutes où il ne se passe rien. Rien, le film n'est que le récit des gestes manqués et de la fuite en avant du héros principal. Mais le vide qu'on nous donnait à contempler était si fascinant que je n'ai pu en détourner les yeux. Kilomètre zéro, de Hiner Saleem.
Le héros est un kurde irakien et le film commence sur un entrefilet de radio annonçant la libération de Bagdad par l'armée américaine. Il est fou de joie, mais il a déjà quitté l'Irak, où il a refusé de s'engager dans les milices kurdes résistant à Saddam Hussein. Il n'a toujours vu son salut que dans la fuite. Il cherchait à se faire réformer par une blessure qu'il ne pouvait pas s'infliger lui-même: il exposait sa jambe au feu ennemi, dans les tranchées.
L'armée irakienne l'a enrôlé de force dans sa guerre contre l'Iran, réduisant à néant ses plans d'émigration avec sa femme et son fils. Avant l'armée, il ne pouvait pas émigrer parce que sa femme s'occupait de son père grabataire. À l'armée, on lui donne pour mission de rapporter un cadavre à sa famille dans une auto conduite par un chauffeur de taxi arabe. Ils s'engeulent et se battent pour finalement admettre qu'ils se trouvent bien sympathiques, mais que ça leur ferait encore plus plaisir d'égorger l'autre.
Abandonné du chauffeur de taxi, dans une scène digne de Peter Sellers, il se bat avec le drapeau irakien, seul dans le désert. Puis il déserte et retrouve sa femme, son fils... et son beau-père. L'aviation de Saddam bombarde le village et l'une des bombes frappe le beau-père. Le film se termine sur une scène du couple dans leur appartement européen où ils se réjouissent de la libération de l'Irak par l'Amérique.
Le héros est impuissant. C'est la fuite, Saddam ou l'Amérique qui, tour à tour, règlent ses problèmes. On est fasciné par ces paysages de désolation, ces personnage secondaires amputés qui d'un bras, qui d'une jambe. Ces grands espaces arides n'auront pas de printemps pour ressusciter, contrairement à nos champs de neige. Et c'est là que j'ai compris l'origine de ma fascination. C'est l'exotisme.
Ce film kurde, ce cinéma irakien émergeant, c'est le même cinéma que celui de nos pionniers, Claude Jutra, Gilles Groulx, Pierre Perreault, André Forcier, etc. C'est plate, ce n'est pas regardable par les habitants du cru, mais cela a une valeur exotique indéniable pour les étrangers, ce qui leur fait gagner des prix en dehors du pays. Et c'est comme ça, après 40 ans, qu'on sort à peine du préjugé: "Aller voir un film québécois ? Ouan, t'es sûr ?"
Le héros est un kurde irakien et le film commence sur un entrefilet de radio annonçant la libération de Bagdad par l'armée américaine. Il est fou de joie, mais il a déjà quitté l'Irak, où il a refusé de s'engager dans les milices kurdes résistant à Saddam Hussein. Il n'a toujours vu son salut que dans la fuite. Il cherchait à se faire réformer par une blessure qu'il ne pouvait pas s'infliger lui-même: il exposait sa jambe au feu ennemi, dans les tranchées.
L'armée irakienne l'a enrôlé de force dans sa guerre contre l'Iran, réduisant à néant ses plans d'émigration avec sa femme et son fils. Avant l'armée, il ne pouvait pas émigrer parce que sa femme s'occupait de son père grabataire. À l'armée, on lui donne pour mission de rapporter un cadavre à sa famille dans une auto conduite par un chauffeur de taxi arabe. Ils s'engeulent et se battent pour finalement admettre qu'ils se trouvent bien sympathiques, mais que ça leur ferait encore plus plaisir d'égorger l'autre.
Abandonné du chauffeur de taxi, dans une scène digne de Peter Sellers, il se bat avec le drapeau irakien, seul dans le désert. Puis il déserte et retrouve sa femme, son fils... et son beau-père. L'aviation de Saddam bombarde le village et l'une des bombes frappe le beau-père. Le film se termine sur une scène du couple dans leur appartement européen où ils se réjouissent de la libération de l'Irak par l'Amérique.
Le héros est impuissant. C'est la fuite, Saddam ou l'Amérique qui, tour à tour, règlent ses problèmes. On est fasciné par ces paysages de désolation, ces personnage secondaires amputés qui d'un bras, qui d'une jambe. Ces grands espaces arides n'auront pas de printemps pour ressusciter, contrairement à nos champs de neige. Et c'est là que j'ai compris l'origine de ma fascination. C'est l'exotisme.
Ce film kurde, ce cinéma irakien émergeant, c'est le même cinéma que celui de nos pionniers, Claude Jutra, Gilles Groulx, Pierre Perreault, André Forcier, etc. C'est plate, ce n'est pas regardable par les habitants du cru, mais cela a une valeur exotique indéniable pour les étrangers, ce qui leur fait gagner des prix en dehors du pays. Et c'est comme ça, après 40 ans, qu'on sort à peine du préjugé: "Aller voir un film québécois ? Ouan, t'es sûr ?"
03 novembre, 2006
Le point de non-retour
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, ce matin. Les sondages internationaux confirment de plus en plus qu'une majorité de gens sur la planète sont maintenant de mon avis quant à la façon de percevoir Bush. Cela fait maintenant partie de la sagesse conventionnelle d'être un "Bush-hater". Ce blogue est devenu "mainstream", yé !
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, ce matin. Robert Parry nous avise que les États-Unis sont à la veille d'atteindre un point de non-retour. Après les élections de 2000 où les Américains peuvent prétendre s'être fait voler par la Cour suprême, après celle de 2002 où ils peuvent invoquer la panique d'un naïnewonwon encore récent, après 2004 où ils peuvent invoquer la turpitude de Kerry et les machinations de l'Ohio, les Américains ne peuvent plus rien prétendre pour mardi prochain, 7 novembre.
Ce jour-là, l'enjeu est clair. C'est la dernière chance pour les Américains de faire rendre des comptes à ceux qui sont responsables des erreurs de l'administration Bush. C'est leur dernière chance de réaffirmer leur opposition au totalitarisme et à la guerre permanente érigées en système de gouvernement par l'administration Bush. Si les Républicains maintiennent leur domination au Sénat et à la Chambre des représentants, Bush pourra légitimement prétendre que le peuple américain approuve la guerre permanente au terrorisme, les attaques préventives unilatérales, le pouvoir d'emprisonner et de torturer selon le bon vouloir du président, le déplacement du fardeau fiscal vers la classe moyenne, etc.
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, ce matin. J'allais me lancer dans des allégories cinématographiques pour illustrer ce point de non-retour. L'Amérique ne serait plus le bon cowboy qui sauve l'Europe du méchant Hitler, ce serait Al Capone qui se débarrasse de Bugs Moran dans sa montée au pouvoir. L'Amérique ne serait plus le bon cowboy qui débarrasse le monde du vil communisme des apparatchiki, ce serait Meyer Lansky qui élimine Salvatore Maranzano. L'Amérique deviendrait le plus puissant méchant dans un monde de méchants. Il n'y aurait plus de James Bond, seulement des Goldfinger; plus de Wyatt Earp, seulement des Clanton et des Billy the Kid.
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, mais vous savez bien que ce n'est pas le genre de la maison. J'espère encore. Attendons de voir.
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, ce matin. Robert Parry nous avise que les États-Unis sont à la veille d'atteindre un point de non-retour. Après les élections de 2000 où les Américains peuvent prétendre s'être fait voler par la Cour suprême, après celle de 2002 où ils peuvent invoquer la panique d'un naïnewonwon encore récent, après 2004 où ils peuvent invoquer la turpitude de Kerry et les machinations de l'Ohio, les Américains ne peuvent plus rien prétendre pour mardi prochain, 7 novembre.
Ce jour-là, l'enjeu est clair. C'est la dernière chance pour les Américains de faire rendre des comptes à ceux qui sont responsables des erreurs de l'administration Bush. C'est leur dernière chance de réaffirmer leur opposition au totalitarisme et à la guerre permanente érigées en système de gouvernement par l'administration Bush. Si les Républicains maintiennent leur domination au Sénat et à la Chambre des représentants, Bush pourra légitimement prétendre que le peuple américain approuve la guerre permanente au terrorisme, les attaques préventives unilatérales, le pouvoir d'emprisonner et de torturer selon le bon vouloir du président, le déplacement du fardeau fiscal vers la classe moyenne, etc.
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, ce matin. J'allais me lancer dans des allégories cinématographiques pour illustrer ce point de non-retour. L'Amérique ne serait plus le bon cowboy qui sauve l'Europe du méchant Hitler, ce serait Al Capone qui se débarrasse de Bugs Moran dans sa montée au pouvoir. L'Amérique ne serait plus le bon cowboy qui débarrasse le monde du vil communisme des apparatchiki, ce serait Meyer Lansky qui élimine Salvatore Maranzano. L'Amérique deviendrait le plus puissant méchant dans un monde de méchants. Il n'y aurait plus de James Bond, seulement des Goldfinger; plus de Wyatt Earp, seulement des Clanton et des Billy the Kid.
J'allais me lancer dans une tirade anti-républicaine, mais vous savez bien que ce n'est pas le genre de la maison. J'espère encore. Attendons de voir.
02 novembre, 2006
Ni pire ni mieux
En Afghanistan, beaucoup de gens font le circuit touristique sophistiqué réservé à ceux qui ont une accréditation de leur organe de presse. J'ai parlé hier d'Annie Fernandez qui prend bien garde de juger les femmes afghanes du haut de son Occident. Il y a bien sûr Céline Galipeau qui nous délaisse au journal télévisé de fin de semaine, Manon Globensky, Sylvain Desjardins, André Duchesne. Il faudra excuser Richard Latendresse qui ne peut pas être partout, quand même !
Ils vont là-bas, ils parlent à des traducteurs qui parlent à des gens. Ils voient des gens qui parlent à des traducteurs qui gagnent leur vie à parler à des étrangers. Ils parlent à des travailleurs humanitaires, les petits cousins des zumanitaires de Gil Courtemanche, qui gagnent leur vie (assez bien, merci) à aider l'humanité souffrante. Ils parlent à des soldats qui, fatigués d'être tournés en dérision (aucun mort au combat dans les 30 dernières années !), veulent se couvrir de gloire dans la poussière des déserts afghans.
Ben, c'est ça qui est ça, il y en aura pas de facile, lâchons pas, on va les avoir, notre tâche est noble. Annie Fernandez est ni pire ni mieux que les autres. Elle va en Afghanistan, elle rapporte ce qu'on lui dit, elle écrit pour que son public-cible comprenne. Je n'ai pas de problème avec ça.
Là où ça se gâte, c'est quand nos décideurs politiques acceptent de boire le jus de carotte des zumanitaires et de l'armée canadienne malgré tout l'appareil d'analyse et de renseignement qui est censé les appuyer. Enfin, on vit en Amérique et Harper a décidé de ne pas réveiller l'éléphant au sud de la frontière. C'est son choix. Et nous avons la chance d'avoir une démocratie qui nous permettra de ratifier ou de rejeter ce choix.
Ils vont là-bas, ils parlent à des traducteurs qui parlent à des gens. Ils voient des gens qui parlent à des traducteurs qui gagnent leur vie à parler à des étrangers. Ils parlent à des travailleurs humanitaires, les petits cousins des zumanitaires de Gil Courtemanche, qui gagnent leur vie (assez bien, merci) à aider l'humanité souffrante. Ils parlent à des soldats qui, fatigués d'être tournés en dérision (aucun mort au combat dans les 30 dernières années !), veulent se couvrir de gloire dans la poussière des déserts afghans.
Ben, c'est ça qui est ça, il y en aura pas de facile, lâchons pas, on va les avoir, notre tâche est noble. Annie Fernandez est ni pire ni mieux que les autres. Elle va en Afghanistan, elle rapporte ce qu'on lui dit, elle écrit pour que son public-cible comprenne. Je n'ai pas de problème avec ça.
Là où ça se gâte, c'est quand nos décideurs politiques acceptent de boire le jus de carotte des zumanitaires et de l'armée canadienne malgré tout l'appareil d'analyse et de renseignement qui est censé les appuyer. Enfin, on vit en Amérique et Harper a décidé de ne pas réveiller l'éléphant au sud de la frontière. C'est son choix. Et nous avons la chance d'avoir une démocratie qui nous permettra de ratifier ou de rejeter ce choix.
01 novembre, 2006
Du vrai journalisme
Vous connaissez Annie Fernandez ? Elle est journaliste au Journal de Québec. Elle doit vivre le voyage de sa vie car elle est leur envoyée spéciale en Afghanistan. Ses textes n'ont pas de faute d'orthographe mais la syntaxe est à l'avenant. On ne sent pas l'expérience et l'assurance de Céline Galipeau. Mais qui s'en soucie ? La fraîcheur de l'émotion, l'étonnement devant des petits riens, la naïveté des propos compensent largement:
«Nous nous sentons libres lorsque nous portons le burka. Sinon, nous avons peur», nous ont dit ces femmes, mot pour mot, lorsque nous leur avons demandé si elles entrevoyaient le jour où elles n'auraient plus à le porter. (...)
Il faut être femme à Kandahar avant de juger leur mode de vie du haut de notre Occident. On ne peut demander à ces femmes d'être rendues là où nous sommes. Elles n'ont même pas les ressources pour les aider à imaginer ce que ce serait.»
Mon burka pour armure
31 octobre 2006
«Les Afghanes de Kandahar, malgré leurs burkas, ont une opinion sur tout.
Elles ne sont pas contre la présence des forces de la Coalition, mais elles mettent des bémols. «S'ils aident vraiment nos soldats, ça va. Mais s'ils bombardent au mauvais endroit, comme il y a quelques jours, c'est autre chose», prévient Koko.»
Les petites libertés qui ensoleillent
31 octobre 2006
Ce ne serait pas «éthique» de quitter l'Afghanistan dans l'état dans lequel il est, estiment les responsables de l'Équipe canadienne de reconstruction à Kandahar. (...)
«Le problème ici c'est la sécurité. On est tous limités dans nos déplacements, les Nations unies aussi, même la population locale», insiste Hélène Kadi (...)
«La situation est à ce point intense que nous devons être ici pour qu'ils puissent faire leur job», a renchéri le lieutenant colonel Simon Hetherington (...)
«Les Afghans veulent qu'on soit là. Ils veulent de l'aide. Ils ont été laissés de côté par la communauté internationale trop longtemps. (...)
Jusqu'ici, le Canada a déployé 10 civils et 160 militaires au PRT. Trois Afghans trilingues (pachtoune, dari et anglais) ont aussi été embauchés et participent aux réunions stratégiques. «Ils sont très importants. Ils nous aident à comprendre le mode de vie ainsi que la politique et à mettre en place les stratégies d'opération. (...)
À Kandahar, il n'y en aura pas de facile, ni pour les militaires, ni pour les travailleurs au développement. «À Kaboul, nous avons instauré un sentiment de sécurité. Ici, à Kandahar, c'est le coeur du territoire des talibans et c'est plus difficile», convient-il.
À la question «combien de temps cela prendra-t-il?» La réponse est «longtemps»...
L'équipe canadienne de reconstruction en désaccord
30 septembre 2006
Ce n'est peut-être pas du grand journalisme. La perspective est peut-être un peu limitée. Mais c'est du vrai journalisme.
«Nous nous sentons libres lorsque nous portons le burka. Sinon, nous avons peur», nous ont dit ces femmes, mot pour mot, lorsque nous leur avons demandé si elles entrevoyaient le jour où elles n'auraient plus à le porter. (...)
Il faut être femme à Kandahar avant de juger leur mode de vie du haut de notre Occident. On ne peut demander à ces femmes d'être rendues là où nous sommes. Elles n'ont même pas les ressources pour les aider à imaginer ce que ce serait.»
Mon burka pour armure
31 octobre 2006
«Les Afghanes de Kandahar, malgré leurs burkas, ont une opinion sur tout.
Elles ne sont pas contre la présence des forces de la Coalition, mais elles mettent des bémols. «S'ils aident vraiment nos soldats, ça va. Mais s'ils bombardent au mauvais endroit, comme il y a quelques jours, c'est autre chose», prévient Koko.»
Les petites libertés qui ensoleillent
31 octobre 2006
Ce ne serait pas «éthique» de quitter l'Afghanistan dans l'état dans lequel il est, estiment les responsables de l'Équipe canadienne de reconstruction à Kandahar. (...)
«Le problème ici c'est la sécurité. On est tous limités dans nos déplacements, les Nations unies aussi, même la population locale», insiste Hélène Kadi (...)
«La situation est à ce point intense que nous devons être ici pour qu'ils puissent faire leur job», a renchéri le lieutenant colonel Simon Hetherington (...)
«Les Afghans veulent qu'on soit là. Ils veulent de l'aide. Ils ont été laissés de côté par la communauté internationale trop longtemps. (...)
Jusqu'ici, le Canada a déployé 10 civils et 160 militaires au PRT. Trois Afghans trilingues (pachtoune, dari et anglais) ont aussi été embauchés et participent aux réunions stratégiques. «Ils sont très importants. Ils nous aident à comprendre le mode de vie ainsi que la politique et à mettre en place les stratégies d'opération. (...)
À Kandahar, il n'y en aura pas de facile, ni pour les militaires, ni pour les travailleurs au développement. «À Kaboul, nous avons instauré un sentiment de sécurité. Ici, à Kandahar, c'est le coeur du territoire des talibans et c'est plus difficile», convient-il.
À la question «combien de temps cela prendra-t-il?» La réponse est «longtemps»...
L'équipe canadienne de reconstruction en désaccord
30 septembre 2006
Ce n'est peut-être pas du grand journalisme. La perspective est peut-être un peu limitée. Mais c'est du vrai journalisme.
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