"La nation québécoise possède et contrôle déjà un puissant État-nation, celui-là même que Jean Lesage appelait précisément " l'État du Québec ". Notre État-nation même sans la souveraineté complète est même plus puissant à certains égards que bien des États-nations formellement souverains ne le sont en réalité. Notre État dispose déjà d'importants moyens juridiques et financiers qui supportent des actions cruciales pour notre société dans les domaines de la culture, de l'éducation, de la solidarité sociale, de l'économie, de l'environnement, de la justice, du rayonnement international et nombre d'autres."
Une nation? Yes, sir!
Bernard Landry
"C'est par la vie que Bob Rae connaît le Québec. (...)
Le 24 juin dernier, pendant le défilé de la Saint-Jean à Gatineau, un journaliste de Radio-Canada lui demande: " Le Québec est-il une nation? " Cohérent par rapport à son passé, il répond très simplement " oui ". Pour lui, c'est tout simplement naturel. L'assemblée législative du Québec s'appelle bien l'Assemblée nationale depuis des décennies...(...)
Le défi de Bob Rae sera d'expliquer que la reconnaissance du Québec devra un jour se faire, parce qu'il y a des limites à ne pas reconnaître l'évidence, et qu'il est normal que le reste du Canada puisse vouloir se familiariser avec les termes de cette reconnaissance et qu'il y a oeuvre pédagogique à faire."
La roulette russe
Jacques Saada
Je me souviens vaguement de Konrad Lorenz qui parlait des rituels de nos chiens et de nos chats dans: "Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons". Une anecdote m'avait frappé. Les chiens obéissent à des rituels précis pour marquer leur agressivité territoriale. Lorenz raconte que deux chiens, séparés par une clôture, couraient chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux. Ils se suivaient, chacun de leur côté de la clôture, jusqu'à ce que, subitement, ils se rendent compte qu'il n'y avait plus de clôture. Que firent-ils ? Se sont-ils sauté à la gorge ? Pas du tout. Ils ont fait chacun demi-tour et se sont remis à courir chacun de leur côté de la clôture en jappant à qui mieux mieux.
J'ai l'impression que nous venons d'assister à un curieux moment de même nature, par les temps qui courent. Fédéralistes et souverainistes courent de chaque côté de la clôture de l'incompréhension depuis des lustres, en se couvrant d'invectives. Soudainement, Ignatieff parle de reconnaître la nation québécoise, Landry parle du Québec comme d'un état-nation fort, Saada s'exclame qu'il y a des limites à ne pas reconnaître l'évidence, etc.
Comme si elles étaient arrivées au bout de la clôture d'incompréhension, les deux parties sont soudainement face à face, sans faux-fuyant. Que vont-elles faire ? Vont-elles profiter de ce moment pour régler leurs différends ? Les humains sont également des animaux qui ont besoin de rituels. Il y a fort à parier que les parties vont faire demi-tour et recommencer à s'invectiver chacun de leur côté de la clôture.
mardi 31 octobre 2006
lundi 30 octobre 2006
Mourir pour Kaboul ?
Au moment où j'écris ce billet, un reportage de Céline Galipeau parle de ces jeunes femmes afghanes qui se suicident par le feu pour échapper aux mariages forcés, aux viols et à la violence conjugale. Le taux de suicide des femmes y est en hausse de 30 % depuis deux ans. Et je vous jure qu'il faut vraiment avoir un coeur de pierre pour ne pas être ému devant le sort de ces femmes.
Aujourd'hui, l'OTAN et l'armée américaine ont de 35 000 à 40 000 hommes au total sur le terrain, en Afghanistan. Cela inclut les combattants et les corps de soutien, l'intendance en somme. Les soldats de la coalition occidentale gagnent toutes les batailles conventionnelles mais sont incapables de gagner la guerre. Les Talibans se regroupent et surgissent de partout. Kaboul est en partie contrôlée mais la campagne appartient aux Talibans. La présence de la coalition occidentale s'étire depuis 5 ans. Le gouvernement Karzai n'arrive pas à s'imposer, pas plus que l'armée afghane.
Faisons un peu d'histoire.
En 1978, le parti communiste afghan prend le pouvoir à la suite d'un coup d'état. Il devient très vite impopulaire en voulant réformer l'institution du mariage et le système scolaire. Il demande par 18 fois aux Soviétiques d'intervenir et d'envahir l'Afghanistan. Léonid Brejnev finit par accepter en décembre 1979 et Zbigniew Brzezinski, conseiller de Carter, jubile car il a réussi à entraîner l'URSS dans le piège afghan.
Pendant 10 ans, les Soviétiques ont maintenu entre 80 000 et 104 000 hommes sur le terrain, en Afghanistan. Pour ce faire, si on tient compte des remplacements et de la rotation des troupes, 620 000 soldats soviétiques ont été utilisés dans cette mission. Le bilan humain pour les Soviétiques se solde à 14 400 morts, 53 700 blessés, dont 10 700 affectés de façon permanente.
Les partisans de la guerre en Afghanistan disent que c'est épouvantable la façon dont ce pays traite ses femmes et ses enfants, ce en quoi ils ont raison. Les communistes pensaient la même chose et voulaient eux aussi sortir le pays de ses vieilles ornières culturelles pour l'amener au XXème siècle. Les partisans de la guerre en Afghanistan, devant la résurgence des Talibans, proposent aujourd'hui qu'on augmente le nombre de soldats...
Cela m'arrache le coeur de le constater, mais on n'impose pas des changements culturels si drastiques par la force des armées, et surtout pas aux Afghans, ces guerriers montagnards qui ont tour à tour réglé le cas des Perses, des Grecs, des Arabes, des Turcs, des Mongols, des Britanniques et des Soviétiques. Ils vont mourir pour faire à leur manière sur cette terre du bout du monde, mais personne d'autre qu'eux ne veut aller mourir pour Kaboul. C'est pour cela qu'ils finissent toujours par gagner.
On ne sauvera pas les femmes afghanes en tuant leurs maris, on n'éduquera pas les enfants afghans en tuant leurs pères. L'Islam n'a rien à y voir. Ces moeurs tribales remontent à beaucoup plus loin dans le temps que l'arrivée du prophète Mohammed en Arabie.
Le paradoxe de cette mission, impossible, c'est sa beauté. Elle a toutes les allures d'une quête romantique et ceux qui s'y opposent ont l'air de comptables qui surveillent le budget militaire et de peureux qui craignent les difficultés.
Le pacifisme est difficile à vivre et à défendre quand c'est lui qui est réaliste.
Aujourd'hui, l'OTAN et l'armée américaine ont de 35 000 à 40 000 hommes au total sur le terrain, en Afghanistan. Cela inclut les combattants et les corps de soutien, l'intendance en somme. Les soldats de la coalition occidentale gagnent toutes les batailles conventionnelles mais sont incapables de gagner la guerre. Les Talibans se regroupent et surgissent de partout. Kaboul est en partie contrôlée mais la campagne appartient aux Talibans. La présence de la coalition occidentale s'étire depuis 5 ans. Le gouvernement Karzai n'arrive pas à s'imposer, pas plus que l'armée afghane.
Faisons un peu d'histoire.
En 1978, le parti communiste afghan prend le pouvoir à la suite d'un coup d'état. Il devient très vite impopulaire en voulant réformer l'institution du mariage et le système scolaire. Il demande par 18 fois aux Soviétiques d'intervenir et d'envahir l'Afghanistan. Léonid Brejnev finit par accepter en décembre 1979 et Zbigniew Brzezinski, conseiller de Carter, jubile car il a réussi à entraîner l'URSS dans le piège afghan.
Pendant 10 ans, les Soviétiques ont maintenu entre 80 000 et 104 000 hommes sur le terrain, en Afghanistan. Pour ce faire, si on tient compte des remplacements et de la rotation des troupes, 620 000 soldats soviétiques ont été utilisés dans cette mission. Le bilan humain pour les Soviétiques se solde à 14 400 morts, 53 700 blessés, dont 10 700 affectés de façon permanente.
Les partisans de la guerre en Afghanistan disent que c'est épouvantable la façon dont ce pays traite ses femmes et ses enfants, ce en quoi ils ont raison. Les communistes pensaient la même chose et voulaient eux aussi sortir le pays de ses vieilles ornières culturelles pour l'amener au XXème siècle. Les partisans de la guerre en Afghanistan, devant la résurgence des Talibans, proposent aujourd'hui qu'on augmente le nombre de soldats...
Cela m'arrache le coeur de le constater, mais on n'impose pas des changements culturels si drastiques par la force des armées, et surtout pas aux Afghans, ces guerriers montagnards qui ont tour à tour réglé le cas des Perses, des Grecs, des Arabes, des Turcs, des Mongols, des Britanniques et des Soviétiques. Ils vont mourir pour faire à leur manière sur cette terre du bout du monde, mais personne d'autre qu'eux ne veut aller mourir pour Kaboul. C'est pour cela qu'ils finissent toujours par gagner.
On ne sauvera pas les femmes afghanes en tuant leurs maris, on n'éduquera pas les enfants afghans en tuant leurs pères. L'Islam n'a rien à y voir. Ces moeurs tribales remontent à beaucoup plus loin dans le temps que l'arrivée du prophète Mohammed en Arabie.
Le paradoxe de cette mission, impossible, c'est sa beauté. Elle a toutes les allures d'une quête romantique et ceux qui s'y opposent ont l'air de comptables qui surveillent le budget militaire et de peureux qui craignent les difficultés.
Le pacifisme est difficile à vivre et à défendre quand c'est lui qui est réaliste.
dimanche 29 octobre 2006
Chanson d'automne
Aujourd'hui, journée triste de froid, d'automne et de grands vents têtus, je cède la parole à Verlaine:
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte.
N.B. À ceux qui douteraient encore du pouvoir de la poésie, je rappelle que la première strophe de ce poème déclencha la plus puissante offensive militaire de l'histoire de l'humanité.
______________________________________
Addendum, lundi le 30 octobre, 18h05.
Dans La boîte aux lettres de La Presse d'aujourd'hui, Mme France Marcotte de Montréal demande Des poètes pour le temps qu'il fait:
"Avec l'automne revenu, le temps qu'il fait touche autrement que de coutume. Et c'est par la littérature que souvent l'on apprend qu'il y a plus d'une manière de percevoir un ciel gris. J'aimerais tant pour passer l'hiver que ce soit des poètes qui, tous les matins, nous parlent avec sensibilité du temps qu'il fait plutôt que ces technocrates météorologues à la voix tonitruante qui nous poussent à croire qu'un amas de nuages n'est qu'une absence de soleil et dont on n'attend qu'une seule chose, c'est qu'il passe. (...) "
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte.
N.B. À ceux qui douteraient encore du pouvoir de la poésie, je rappelle que la première strophe de ce poème déclencha la plus puissante offensive militaire de l'histoire de l'humanité.
______________________________________
Addendum, lundi le 30 octobre, 18h05.
Dans La boîte aux lettres de La Presse d'aujourd'hui, Mme France Marcotte de Montréal demande Des poètes pour le temps qu'il fait:
"Avec l'automne revenu, le temps qu'il fait touche autrement que de coutume. Et c'est par la littérature que souvent l'on apprend qu'il y a plus d'une manière de percevoir un ciel gris. J'aimerais tant pour passer l'hiver que ce soit des poètes qui, tous les matins, nous parlent avec sensibilité du temps qu'il fait plutôt que ces technocrates météorologues à la voix tonitruante qui nous poussent à croire qu'un amas de nuages n'est qu'une absence de soleil et dont on n'attend qu'une seule chose, c'est qu'il passe. (...) "
samedi 28 octobre 2006
L'électorat américain
Dans sa rubrique sur les magazines à Bazzo.tv, Pierre Thibeault parlait d'un article de James Wolcott dans Vanity Fair traitant des électeurs américains. Je suis allé voir. Wolcott nous fait faire un méchant "tour de sécheuse" dans Red State Babylon. Utilisant différentes études statistiques, enquêtes sociologiques et essais politiques, il nous trace un portrait désespérant des Red States, les états qui votent républicain, la chair à canon des néo-conservateurs et des millionnaires américains.
En vrac, et de façon très résumée, les Red States:
¤ ont les plus hauts taux d'incarcération par 100 000 habitants;
¤ ont le monopole de l'application de la peine de mort;
¤ ont plus de décès causés par les armes à feu;
¤ ont plus de drogués à la méthamphétamine;
¤ ont les plus hauts taux de suicide;
¤ ont les plus gros marchés offrant des jeux de hasard;
¤ ont les plus hauts taux de divorce;
¤ ont le plus de filles-mères;
¤ ont les plus hauts pourcentages d'obésité;
¤ ont les plus faibles budgets per capita en éducation.
C'est cette portion-là de l'Amérique qui dirige la plus importante armée qui ait jamais existé, qui contrôle la Maison Blanche et les deux Chambres du Congrès et qui donne le pas à toutes les nations du monde.
Conscient lui-même qu'une telle énumération risquait de faire augmenter les taux de suicide à la parution de l'article, James Wolcott termine l'article en citant Morris P. Fiorina, l'auteur de Culture War? The Myth of a Polarized America, à l'effet que ce sont les élites politiques qui sont polarisées, et non pas les masses apathiques qui les regardent se démener.
C'est drôle, cela ne m'a pas rassuré que les masses américaines ne soient pas polarisées et qu'elles regardent d'un oeil uniformément apathique et bovin les ruminations uniformes de Fox News, CNN, MSNBC, ABC, CBS et NBC.
En vrac, et de façon très résumée, les Red States:
¤ ont les plus hauts taux d'incarcération par 100 000 habitants;
¤ ont le monopole de l'application de la peine de mort;
¤ ont plus de décès causés par les armes à feu;
¤ ont plus de drogués à la méthamphétamine;
¤ ont les plus hauts taux de suicide;
¤ ont les plus gros marchés offrant des jeux de hasard;
¤ ont les plus hauts taux de divorce;
¤ ont le plus de filles-mères;
¤ ont les plus hauts pourcentages d'obésité;
¤ ont les plus faibles budgets per capita en éducation.
C'est cette portion-là de l'Amérique qui dirige la plus importante armée qui ait jamais existé, qui contrôle la Maison Blanche et les deux Chambres du Congrès et qui donne le pas à toutes les nations du monde.
Conscient lui-même qu'une telle énumération risquait de faire augmenter les taux de suicide à la parution de l'article, James Wolcott termine l'article en citant Morris P. Fiorina, l'auteur de Culture War? The Myth of a Polarized America, à l'effet que ce sont les élites politiques qui sont polarisées, et non pas les masses apathiques qui les regardent se démener.
C'est drôle, cela ne m'a pas rassuré que les masses américaines ne soient pas polarisées et qu'elles regardent d'un oeil uniformément apathique et bovin les ruminations uniformes de Fox News, CNN, MSNBC, ABC, CBS et NBC.
vendredi 27 octobre 2006
Je le savais !
Puis-je, le temps de ce billet, laisser de côté la partie frontale de mon cerveau pour m'en tenir aux réflexes reptiliens venus de la nuit des temps ? J'ai la réaction incontrôlable de dire: "Je le savais !" après la dernière décision du BAPE.
Cette réaction instinctive est du même ordre que celle qui faisait dire à mon père: "Je vous l'avais dit !" En effet, il s'était opposé à la nationalisation de l'électricité parce que l'électricité allait coûter plus cher. Pendant toutes les années '70, il n'a cessé de nous rappeler que l'électricité coûtait plus cher qu'en 1962 !
J'ai mes réflexes instinctifs, incontrôlables, irrationnels, injustifiables mais sans cesse nourris par la brutale réalité des faits: dans le domaine de l'énergie, l'angélisme des environnementalistes est vraiment agaçant, carrément contreproductif et franchement ridicule. Ne trouvent grâce à leurs yeux que les mesures d'économie d'énergie, à la condition que les matériaux d'isolation ne soient pas faits à partir de sous-produits pétroliers.
Pas de centrale au gaz, pas de centrale nucléaire, pas de barrage hydro-électrique sur nos belles rivières, pas d'exportation, pas de lignes de transport dans nos belles vallées campagnardes, pas de chauffage au bois, pas rien. Il ne nous reste qu'à importer de l'électricité américaine faite avec des centrales au charbon qui nous balancent des milliers de tonnes de pluies acides sur nos érablières.
Ah oui, j'oubliais, il nous reste l'éolien. Mais non, oubliez ça aussi:
L'éolien a du plomb dans l'aile
"Le projet éolien de 350 M$ de la firme torontoise SkyPower à Rivière-du-Loup, qui avait déjà du plomb dans l'aile, vient d'être rejeté par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, qui blâme sévèrement le promoteur pour la façon dont il a mené son dossier.(...)
En plus de contrevenir à la réglementation de la MRC de Rivière-du-Loup, «le projet constitue un risque pour le paysage, la faune ailée, le climat sonore, l'agriculture et il ne reçoit pas l'appui consensuel de la communauté qui habite le territoire», concluent-ils."
Je le savais !
Cette réaction instinctive est du même ordre que celle qui faisait dire à mon père: "Je vous l'avais dit !" En effet, il s'était opposé à la nationalisation de l'électricité parce que l'électricité allait coûter plus cher. Pendant toutes les années '70, il n'a cessé de nous rappeler que l'électricité coûtait plus cher qu'en 1962 !
J'ai mes réflexes instinctifs, incontrôlables, irrationnels, injustifiables mais sans cesse nourris par la brutale réalité des faits: dans le domaine de l'énergie, l'angélisme des environnementalistes est vraiment agaçant, carrément contreproductif et franchement ridicule. Ne trouvent grâce à leurs yeux que les mesures d'économie d'énergie, à la condition que les matériaux d'isolation ne soient pas faits à partir de sous-produits pétroliers.
Pas de centrale au gaz, pas de centrale nucléaire, pas de barrage hydro-électrique sur nos belles rivières, pas d'exportation, pas de lignes de transport dans nos belles vallées campagnardes, pas de chauffage au bois, pas rien. Il ne nous reste qu'à importer de l'électricité américaine faite avec des centrales au charbon qui nous balancent des milliers de tonnes de pluies acides sur nos érablières.
Ah oui, j'oubliais, il nous reste l'éolien. Mais non, oubliez ça aussi:
L'éolien a du plomb dans l'aile
"Le projet éolien de 350 M$ de la firme torontoise SkyPower à Rivière-du-Loup, qui avait déjà du plomb dans l'aile, vient d'être rejeté par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, qui blâme sévèrement le promoteur pour la façon dont il a mené son dossier.(...)
En plus de contrevenir à la réglementation de la MRC de Rivière-du-Loup, «le projet constitue un risque pour le paysage, la faune ailée, le climat sonore, l'agriculture et il ne reçoit pas l'appui consensuel de la communauté qui habite le territoire», concluent-ils."
Je le savais !
jeudi 26 octobre 2006
BAZZO-POING-TV
Trente-trois collaborateurs pour vingt-trois rubriques entourent des invités prestigieux, ou simplement pertinents, dans une quotidienne d'une heure, le midi, à Télé-Québec. C'est un débarquement, une invasion d'idées et de réflexions qui font une percée dans l'aride paysage audiovisuel québécois. Et en prime, cette émission d'entrevues et de débats nous offre les plus beaux sourires en sachant ne pas se prendre trop au sérieux.
J'aime bien personnellement le sourire de Marie-France Bazzo, mais il y a quelque chose d'encore plus spécial dans son regard intense, lorsqu'elle écoute ses invités. C'est la concentration de celle qui écoute, pas de celle qui prépare sa prochaine question. Et c'est ce qui fait l'intérêt de ses entrevues, débats, tables rondes. Elle écoute. C'est aussi ce qui fait qu'elle saura faire asseoir Barbara Kay à la même table que Michel Bergeron, René-Daniel Dubois, Alain Dubuc et Jean-François Lisée, mais pas tous en même temps, bien sûr.
Ceux qui perfidement se désolent de constater la filiation entre Indicatif Présent et BAZZO.TV ont déjà oublié les frustrations qu'on éprouvait à ne pas voir la tête des débatteurs du Vindicatif Présent. C'est maintenant corrigé avec La bande des 4. Et on peut dire la même chose de la rubrique Ti-Coq.TV. À la radio, nous aurions manqué la robe ultra-rouge libéral de Liza Frulla, le défilé de mode des musulmanes, et les gestes de désespoir témoignant de la difficulté réelle de mettre fin à l'entrevue de Jean-Daniel Lafond.
Marie-France Bazzo a la profondeur de la culture et l'élégance du verbe pour animer des débats difficiles et permettre l'échange d'idées controversées. Elle le fait déjà très bien à Il va y avoir du sport. BAZZO.TV est une émission dont la force suggère le poing, mais dont la beauté suggère la rose. Le logo Le poing et la rose aurait pu être son emblème, s'il n'avait déjà été pris par le Parti socialiste français.
J'aime bien personnellement le sourire de Marie-France Bazzo, mais il y a quelque chose d'encore plus spécial dans son regard intense, lorsqu'elle écoute ses invités. C'est la concentration de celle qui écoute, pas de celle qui prépare sa prochaine question. Et c'est ce qui fait l'intérêt de ses entrevues, débats, tables rondes. Elle écoute. C'est aussi ce qui fait qu'elle saura faire asseoir Barbara Kay à la même table que Michel Bergeron, René-Daniel Dubois, Alain Dubuc et Jean-François Lisée, mais pas tous en même temps, bien sûr.
Ceux qui perfidement se désolent de constater la filiation entre Indicatif Présent et BAZZO.TV ont déjà oublié les frustrations qu'on éprouvait à ne pas voir la tête des débatteurs du Vindicatif Présent. C'est maintenant corrigé avec La bande des 4. Et on peut dire la même chose de la rubrique Ti-Coq.TV. À la radio, nous aurions manqué la robe ultra-rouge libéral de Liza Frulla, le défilé de mode des musulmanes, et les gestes de désespoir témoignant de la difficulté réelle de mettre fin à l'entrevue de Jean-Daniel Lafond.
Marie-France Bazzo a la profondeur de la culture et l'élégance du verbe pour animer des débats difficiles et permettre l'échange d'idées controversées. Elle le fait déjà très bien à Il va y avoir du sport. BAZZO.TV est une émission dont la force suggère le poing, mais dont la beauté suggère la rose. Le logo Le poing et la rose aurait pu être son emblème, s'il n'avait déjà été pris par le Parti socialiste français.
mercredi 25 octobre 2006
What does Canada reject ?
Il se passe des escarmouches intéressantes sur le front constitutionnel. Les partisans du candidat Ignatieff à la chefferie du Parti libéral du Canada ont voté pour une résolution demandant au parti d'entreprendre des démarches conduisant à une reconnaissance formelle du Québec comme nation.
Stéphane Dion s'y est opposé, sachant à l'avance que le Canada anglais n'est pas prêt pour une telle reconnaissance, ce qui frustrera les Québécois et amènera de l'eau au moulin des indépendantistes. Dans un texte publié dans La Presse, il explique qu'avant de demander une telle reconnaissance, il faut que les Québécois se mettent d'accord sur trois point:
¤ M. Dion affirme qu'un nombre indéterminé de groupes humains (! ? !) font pression pour être reconnus comme nations eux aussi. Les Québécois sont-ils prêts à les reconnaître ?
¤ La reconnaissance du statut de nation est-elle nécessaire ou seulement souhaitable ? Si elle n'est que souhaitable, il n'est pas question de se séparer du Canada pour si peu.
¤ Veut-on une reconnaissance symbolique ou comportant des pouvoirs assortis d'une assiette fiscale suffisante pour les assumer ?
J'aime bien la rhétorique de M. Dion, et sa façon de définir les règles du jeu de manière à toujours gagner. On dit que Napoléon a gagné beaucoup de batailles en choisissant le terrain de l'affrontement. Mais il n'est pas certain que les impératifs définis par M. Dion soient bien ceux qui conviennent dans les circonstances.
Pourquoi faudrait-il que les Québécois, pour la millième fois, répondent à la question: "What does Quebec want ?" Pourquoi faudrait-il que ce soit les Québécois qui définissent les termes de la reconnaissance du Québec comme nation ? C'est pourquoi je trouve intéressant que l'initiative vienne du Parti libéral du Canada, et du candidat le plus en avance dans la course.
Il sera intéressant de voir jusqu'où les Québécois fédéralistes et les Canadiens libéraux sont prêts à aller dans la reconnaissance du Québec comme nation. Qu'est-ce qu'ils rejettent précisément dans le débat constitutionnel canadien ? Le fait français simplement ? Le faux bilinguisme, là où le nombre ne le justifie pas à leurs yeux ? Le sort des anglophones du Québec ? Des pouvoirs trop grands pour la province de Québec ? Le côté intolérable de la souveraineté culturelle ? What does Canada reject ?
Jusqu'ici, le Canada s'est contenté d'un NON indifférencié, plutôt grogné que parlé, aux demandes du Québec. Il serait intéressant que le peuple canadien s'exprime clairement sur la question et le Parti libéral du Canada n'est pas un si mauvais véhicule pour le faire. Surveillons Michael Ignatieff dans sa démarche, cela risque d'être intéressant.
Stéphane Dion s'y est opposé, sachant à l'avance que le Canada anglais n'est pas prêt pour une telle reconnaissance, ce qui frustrera les Québécois et amènera de l'eau au moulin des indépendantistes. Dans un texte publié dans La Presse, il explique qu'avant de demander une telle reconnaissance, il faut que les Québécois se mettent d'accord sur trois point:
¤ M. Dion affirme qu'un nombre indéterminé de groupes humains (! ? !) font pression pour être reconnus comme nations eux aussi. Les Québécois sont-ils prêts à les reconnaître ?
¤ La reconnaissance du statut de nation est-elle nécessaire ou seulement souhaitable ? Si elle n'est que souhaitable, il n'est pas question de se séparer du Canada pour si peu.
¤ Veut-on une reconnaissance symbolique ou comportant des pouvoirs assortis d'une assiette fiscale suffisante pour les assumer ?
J'aime bien la rhétorique de M. Dion, et sa façon de définir les règles du jeu de manière à toujours gagner. On dit que Napoléon a gagné beaucoup de batailles en choisissant le terrain de l'affrontement. Mais il n'est pas certain que les impératifs définis par M. Dion soient bien ceux qui conviennent dans les circonstances.
Pourquoi faudrait-il que les Québécois, pour la millième fois, répondent à la question: "What does Quebec want ?" Pourquoi faudrait-il que ce soit les Québécois qui définissent les termes de la reconnaissance du Québec comme nation ? C'est pourquoi je trouve intéressant que l'initiative vienne du Parti libéral du Canada, et du candidat le plus en avance dans la course.
Il sera intéressant de voir jusqu'où les Québécois fédéralistes et les Canadiens libéraux sont prêts à aller dans la reconnaissance du Québec comme nation. Qu'est-ce qu'ils rejettent précisément dans le débat constitutionnel canadien ? Le fait français simplement ? Le faux bilinguisme, là où le nombre ne le justifie pas à leurs yeux ? Le sort des anglophones du Québec ? Des pouvoirs trop grands pour la province de Québec ? Le côté intolérable de la souveraineté culturelle ? What does Canada reject ?
Jusqu'ici, le Canada s'est contenté d'un NON indifférencié, plutôt grogné que parlé, aux demandes du Québec. Il serait intéressant que le peuple canadien s'exprime clairement sur la question et le Parti libéral du Canada n'est pas un si mauvais véhicule pour le faire. Surveillons Michael Ignatieff dans sa démarche, cela risque d'être intéressant.
mardi 24 octobre 2006
Léonidas, nous voici !
Aujourd'hui, 2 486 ans après la bataille de Thermopyles, où le tyran iranien Xerxès massacra Léonidas et ses 300 braves Spartiates, le commentateur Spengler lance un cri de vengeance et en appelle à la guerre en Iran:
"As for the Persians: they have been rather a nuisance since Thermopylae in 480 BC, and it is time that someone taught them a lesson."
Spengler fait son analyse de la situation. Toutes les options pour mettre fin au conflit en Irak sont humiliantes ou irréalistes, comme le conclut le professeur Eliot Cohen dans un article du Wall Street Journal:
¤ Demander la collaboration de l'Iran et de la Syrie;
¤ Se retirer purement et simplement;
¤ Envoyer plus de troupes américaines;
¤ Garder les troupes dans les casernes pendant que la guerre civile se poursuit;
¤ Placer un dictateur à la tête du pays;
¤ Faire la partition de l'Irak.
Mais il en existe une autre que personne n'ose suggérer: déstabiliser l'Iran en bombardant ses sites nucléaires, ce qui aura pour effet
¤ de relancer la guerre au Liban, mais sérieusement cette fois-ci;
¤ de s'assurer que les Shiites du Sud de l'Irak ne prendront pas le contrôle du pétrole;
¤ de permettre aux Kurdes du Nord, alliés fidèles, d'en prendre le contrôle;
¤ de déstabiliser le régime syrien débordé par un afflux massif de réfugiés;
¤ de se débarrasser enfin du régime iranien délaissé par les masses qui se rallieront au vainqueur américain.
Spengler conclut sur ce conseil au président américain:
"Like or not, the US will get chaos, and cannot do anything to forestall it. My advice to President George W Bush: When chaos is inevitable, learn to enjoy it. Take a weekend at Camp David with a case of Jack Daniel's and Dashiell Hammett's Red Harvest." (Mes soulignés)
Ce que moi j'en conclus ? Spengler est un malade et un individu méprisable. Ça m'apprendra à me laisser séduire par les belles phrases et les brillantes références d'un tordu de ce genre. Souhaiter la mort de millers de personnes pour que ses prédictions se réalisent... Devant le chaos irakien, suggérer d'étendre le chaos davantage... Il n'y a pas de malheur si grand qu'un plus grand malheur ne puisse faire oublier, disent les cyniques.
Chacun ses limites. Spengler va au-delà des miennes. Il est out.
"As for the Persians: they have been rather a nuisance since Thermopylae in 480 BC, and it is time that someone taught them a lesson."
Spengler fait son analyse de la situation. Toutes les options pour mettre fin au conflit en Irak sont humiliantes ou irréalistes, comme le conclut le professeur Eliot Cohen dans un article du Wall Street Journal:
¤ Demander la collaboration de l'Iran et de la Syrie;
¤ Se retirer purement et simplement;
¤ Envoyer plus de troupes américaines;
¤ Garder les troupes dans les casernes pendant que la guerre civile se poursuit;
¤ Placer un dictateur à la tête du pays;
¤ Faire la partition de l'Irak.
Mais il en existe une autre que personne n'ose suggérer: déstabiliser l'Iran en bombardant ses sites nucléaires, ce qui aura pour effet
¤ de relancer la guerre au Liban, mais sérieusement cette fois-ci;
¤ de s'assurer que les Shiites du Sud de l'Irak ne prendront pas le contrôle du pétrole;
¤ de permettre aux Kurdes du Nord, alliés fidèles, d'en prendre le contrôle;
¤ de déstabiliser le régime syrien débordé par un afflux massif de réfugiés;
¤ de se débarrasser enfin du régime iranien délaissé par les masses qui se rallieront au vainqueur américain.
Spengler conclut sur ce conseil au président américain:
"Like or not, the US will get chaos, and cannot do anything to forestall it. My advice to President George W Bush: When chaos is inevitable, learn to enjoy it. Take a weekend at Camp David with a case of Jack Daniel's and Dashiell Hammett's Red Harvest." (Mes soulignés)
Ce que moi j'en conclus ? Spengler est un malade et un individu méprisable. Ça m'apprendra à me laisser séduire par les belles phrases et les brillantes références d'un tordu de ce genre. Souhaiter la mort de millers de personnes pour que ses prédictions se réalisent... Devant le chaos irakien, suggérer d'étendre le chaos davantage... Il n'y a pas de malheur si grand qu'un plus grand malheur ne puisse faire oublier, disent les cyniques.
Chacun ses limites. Spengler va au-delà des miennes. Il est out.
lundi 23 octobre 2006
Malaises devant TLMEP
Il faut dire au départ que je n'ai jamais été un amateur d'humour bête et méchant. La revue Hara-Kiri, Gaboury dans la revue CROC et RBO n'ont jamais fait la liste de mes favoris. Je ne prêtais pas attention à Guy A. Lepage, jusqu'à ce qu'il fasse "Un gars, une fille". J'ai aimé cette vision dépoussiérée du couple, un peu acidulée, pendant les 2 ou 3 premières années. Les dernières émissions sont retombées dans la tonalité bête et méchante, et j'ai décroché.
J'appréciais le TLMEP d'Ardisson, surtout pour le sens de la répartie de l'animateur et de ses invités et pour ses longues entrevues avec des intellos de bon niveau. Cela m'amusait bien aussi d'observer la flagornerie des Français devant les vedettes internationales américaines.
Les malaises que j'éprouvais devant les TLMEP de Lepage depuis l'an passé ont trouvé un premier diagnostic avec la fameuse lettre de Victor-Lévy Beaulieu: c'était la joie méchante d'assister au lynchage d'une personnalité. Il y avait de ça. Il y a eu aussi cette remarque d'un autre concepteur d'émissions télé, disant en substance: "La formule est habile, on sort le vin, les heures d'enregistrement sont longues, les invités se sentent en confiance et là... "
Une fois les yeux ouverts, les petits défauts apparaissent plus clairement. Par exemple, Baffie n'intervenait jamais dans les entrevues sérieuses, alors que notre Fou du roi vient déconcentrer les peu d'invités de haut niveau qu'on passe ici, notamment David Servan-Schreiber. Et il s'en est vanté, en plus, à l'émission suivante ! D'ailleurs la dénomination de Fou du roi qu'on voulait bien accepter, faute de mieux, ne sied plus du tout à Dany Turcotte depuis que Guy A. Lepage se prend véritablement pour le Roi des ondes. Il y a un deuxième niveau qui n'existe plus dans la dénomination de Fou du roi, ce qui fait qu'elle n'est plus humoristique.
J'ajouterais, sur cette question des invités "intellos" venus "ploguer" un livre, que la liste impressionne peu jusqu'ici: Sophie Chiasson, Alfonso Gagliano, Jacques Duchesneau, Marc Levy, Jill Côté, Dominique Michel. Je doute fort que leurs livres obligent les autorités scolaires à remanier les cours de Littérature 101.
Les petits malaises se multiplient. Pourquoi ne coupe-t-on pas au montage les :"Vous restez avec nous ?"... Et cette familiarité exagérée avec Roger Auque: "C'est que nous sommes amis, et hétérosexuels... " et notre ami Guy A. qui essaie pendant le reste de la soirée de brancher son ami Roger à toute la gent féminine de Montréal. Et ce trophée de l'ADISQ en bois "gossé" qui surgit soudainement à côté de Guy Chevrette... on cherche le lien... bien sûr, il y a Richard Desjardins, la forêt, Chevrette, le lancer du trophée de l'ADISQ par Guy A., mais ce n'est pas clair. Qu'a-t-on coupé au montage qui établisse un lien entre toutes ces vagues réminiscences ?
Finalement, ces petits malaises ressemblent à ceux qu'on éprouve quand on n'aime plus.
J'appréciais le TLMEP d'Ardisson, surtout pour le sens de la répartie de l'animateur et de ses invités et pour ses longues entrevues avec des intellos de bon niveau. Cela m'amusait bien aussi d'observer la flagornerie des Français devant les vedettes internationales américaines.
Les malaises que j'éprouvais devant les TLMEP de Lepage depuis l'an passé ont trouvé un premier diagnostic avec la fameuse lettre de Victor-Lévy Beaulieu: c'était la joie méchante d'assister au lynchage d'une personnalité. Il y avait de ça. Il y a eu aussi cette remarque d'un autre concepteur d'émissions télé, disant en substance: "La formule est habile, on sort le vin, les heures d'enregistrement sont longues, les invités se sentent en confiance et là... "
Une fois les yeux ouverts, les petits défauts apparaissent plus clairement. Par exemple, Baffie n'intervenait jamais dans les entrevues sérieuses, alors que notre Fou du roi vient déconcentrer les peu d'invités de haut niveau qu'on passe ici, notamment David Servan-Schreiber. Et il s'en est vanté, en plus, à l'émission suivante ! D'ailleurs la dénomination de Fou du roi qu'on voulait bien accepter, faute de mieux, ne sied plus du tout à Dany Turcotte depuis que Guy A. Lepage se prend véritablement pour le Roi des ondes. Il y a un deuxième niveau qui n'existe plus dans la dénomination de Fou du roi, ce qui fait qu'elle n'est plus humoristique.
J'ajouterais, sur cette question des invités "intellos" venus "ploguer" un livre, que la liste impressionne peu jusqu'ici: Sophie Chiasson, Alfonso Gagliano, Jacques Duchesneau, Marc Levy, Jill Côté, Dominique Michel. Je doute fort que leurs livres obligent les autorités scolaires à remanier les cours de Littérature 101.
Les petits malaises se multiplient. Pourquoi ne coupe-t-on pas au montage les :"Vous restez avec nous ?"... Et cette familiarité exagérée avec Roger Auque: "C'est que nous sommes amis, et hétérosexuels... " et notre ami Guy A. qui essaie pendant le reste de la soirée de brancher son ami Roger à toute la gent féminine de Montréal. Et ce trophée de l'ADISQ en bois "gossé" qui surgit soudainement à côté de Guy Chevrette... on cherche le lien... bien sûr, il y a Richard Desjardins, la forêt, Chevrette, le lancer du trophée de l'ADISQ par Guy A., mais ce n'est pas clair. Qu'a-t-on coupé au montage qui établisse un lien entre toutes ces vagues réminiscences ?
Finalement, ces petits malaises ressemblent à ceux qu'on éprouve quand on n'aime plus.
dimanche 22 octobre 2006
Salade de saison XII
Théo en a laissé passer 8
Incompréhensible. Je ne regarde pas le hockey, enfin, pas plus que des clips de 15 secondes. Je n'aime pas le hockey. Les hauts et les bas de l'équipe locale ne m'intéressent pas, sauf si "ça sent la Coupe". Je ne comprends toujours pas pourquoi je ne souhaitais pas que Théo gagne la première partie à son retour à Montréal dans l'uniforme de l'Avalanche.
Ma conjointe ne le souhaitait pas non plus, parce que Théo a tenu la main de Paris Hilton. Pour ma part, je souhaitais probablement, par amalgame, conjurer le fantôme de Patrick Roy qui rôde encore dans la maison hantée de mes mauvais souvenirs. C'est enfin réglé: Théo a laissé passer 8 rondelles, tout juste une de moins que Patrick Roy, le fameux soir... Eh bien voici l'histoire: cela se passait le 2 décembre 1995 au Forum de Montréal, le Canadien affrontait les Red Wings de Détroit dans le 2ème match d'une série aller-retour...
Stéphane Dion: le Québec n'est pas une nation
"J'ai voté contre, non pas parce que j'ai de la difficulté à trouver une définition au mot nation, mais parce qu'on est en train de faire déraper le débat vers des questions symboliques qui peuvent faire faire aux gens bien des erreurs, comme croire qu'ils ne sont pas respectés dans le Canada, qu'ils ne peuvent pas réussir à moins que la Constitution ne soit amendée", a déclaré Stéphane Dion.
En termes simples, il a voté contre la reconnaissance de la nation québécoise pour éviter que les Québécois pensent qu'ils ne sont pas respectés dans le Canada. Ne cherchons pas à comprendre, c'est de la haute stratégie politique, des réminiscences de la période Chrétien.
Bon voyage, mon frère
J'ai un frère qui n'est pas comme tout le monde. Il est retraité, il est bilingue et il passe ses hivers dans le sud. Mais il n'est pas riche, il ne parle pas anglais et il ne connaît pas la Floride.
Il a choisi la qualité de vie et la petite retraite des départs anticipés, il parle couramment le français et l'espagnol et il passe ses hivers au Pérou, ou en Équateur, quelque part entre la montagne et la mer. Il part demain.
Tener un buen viaje, mi hermano !
Avoir le sens de l'humour
J'avoue avoir beaucoup de difficulté avec l'humour facile qui a accueilli les déclarations de Lucien Bouchard. Cet humour a fait bien plus que les anathèmes pour en atténuer la force du message. Cela démontre une fois de plus qu'on peut être sincère et donner prise au ridicule.
Comme souvent quand je suis déçu, je me réfugie dans la poésie:
(...)
"Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;(...)
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;(...)
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils."
Bon, j'admet que Rudyard Kipling en met un peu trop, surtout vers la fin, mais cela me remonte quand même le moral.
Incompréhensible. Je ne regarde pas le hockey, enfin, pas plus que des clips de 15 secondes. Je n'aime pas le hockey. Les hauts et les bas de l'équipe locale ne m'intéressent pas, sauf si "ça sent la Coupe". Je ne comprends toujours pas pourquoi je ne souhaitais pas que Théo gagne la première partie à son retour à Montréal dans l'uniforme de l'Avalanche.
Ma conjointe ne le souhaitait pas non plus, parce que Théo a tenu la main de Paris Hilton. Pour ma part, je souhaitais probablement, par amalgame, conjurer le fantôme de Patrick Roy qui rôde encore dans la maison hantée de mes mauvais souvenirs. C'est enfin réglé: Théo a laissé passer 8 rondelles, tout juste une de moins que Patrick Roy, le fameux soir... Eh bien voici l'histoire: cela se passait le 2 décembre 1995 au Forum de Montréal, le Canadien affrontait les Red Wings de Détroit dans le 2ème match d'une série aller-retour...
Stéphane Dion: le Québec n'est pas une nation
"J'ai voté contre, non pas parce que j'ai de la difficulté à trouver une définition au mot nation, mais parce qu'on est en train de faire déraper le débat vers des questions symboliques qui peuvent faire faire aux gens bien des erreurs, comme croire qu'ils ne sont pas respectés dans le Canada, qu'ils ne peuvent pas réussir à moins que la Constitution ne soit amendée", a déclaré Stéphane Dion.
En termes simples, il a voté contre la reconnaissance de la nation québécoise pour éviter que les Québécois pensent qu'ils ne sont pas respectés dans le Canada. Ne cherchons pas à comprendre, c'est de la haute stratégie politique, des réminiscences de la période Chrétien.
Bon voyage, mon frère
J'ai un frère qui n'est pas comme tout le monde. Il est retraité, il est bilingue et il passe ses hivers dans le sud. Mais il n'est pas riche, il ne parle pas anglais et il ne connaît pas la Floride.
Il a choisi la qualité de vie et la petite retraite des départs anticipés, il parle couramment le français et l'espagnol et il passe ses hivers au Pérou, ou en Équateur, quelque part entre la montagne et la mer. Il part demain.
Tener un buen viaje, mi hermano !
Avoir le sens de l'humour
J'avoue avoir beaucoup de difficulté avec l'humour facile qui a accueilli les déclarations de Lucien Bouchard. Cet humour a fait bien plus que les anathèmes pour en atténuer la force du message. Cela démontre une fois de plus qu'on peut être sincère et donner prise au ridicule.
Comme souvent quand je suis déçu, je me réfugie dans la poésie:
(...)
"Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;(...)
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;(...)
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils."
Bon, j'admet que Rudyard Kipling en met un peu trop, surtout vers la fin, mais cela me remonte quand même le moral.
samedi 21 octobre 2006
Bizarre autant qu'étrange
Le Middle East Media Research Institute (MEMRI) tente d'abolir la barrière de la langue entre le Moyen-Orient et les pays occidentaux. Cet organisme sans but lucratif offre donc des traductions de clips de télé en langue arabe, persane ou turque. Il nous offre une vue directe sur le monde musulman et sa façon de voir les choses. À nos yeux d'occidentaux, c'est souvent bizarre autant qu'étrange.
Polygamy Is the Solution to Homosexuals and the Surplus of Women in New York and around the World
(...) New York alone has one million females more than males. Out of the population of New York - the statistics tell us - one third are gays. "Gays" means Sodomites. It means the people of Lt. That means they wouldn't like to have females as life partners. There are more than 25 million gays, Sodomites, in America, in the USA. Another problem.(...)
The Rationale for Supporting Female Suicide Bombers
(...) This fatwa [against female suicide bombers] had a negative effect in Palestine, I'm sad to say, because many mothers - good, dear mothers – began to fear that if their daughters did this, they would be committing a sin, so they told them that this sheik forbade it. A long debate ensued, but, Allah be praised, eventually people ignored this fatwa.(...)
Wife-Beating Is Permitted by Islam in Muslim Countries, but Is Forbidden in the West
Wife-beating is associated with the cultural status of women in the different societies. Women in some cultures are not averse to beatings. They consider it as an expression of masculinity, and as a kind of control, which she herself desires. In other societies, it is the exact opposite. We must follow reason. (...) If in their culture, this constitutes aggression towards women, then we are forbidden to be aggressive towards women. (...)
Egyptian Experts on Islamic Religious Law Debate Female Circumcision
(...)
Khifadh circumcision is not meant for all girls, only for some.
Interviewer: Which girls?
Dr. Muhammad Wahdan: I will tell you which girls. A girl phoned me once - A woman called me - there is no shame in asking questions about religion... A girl called me and said: When I take the Metro, wearing tight jeans... The Metro in Egypt jolts about like this... She said: I get really aroused. What should I do?
Dr. Malika Zarrar: God help her....
Dr. Muhammad Wahdan: I asked a doctor, I'm telling you what happened... I asked a doctor, who told me this girl's clitoris was very high, and that a small part of it must be cut off.
(...)
Les extraits présentés ci-haut n'ont pas pour but de rire des personnes qui pratiquent la religion musulmane. Il s'agit simplement de montrer à quel point le fossé culturel est large entre leur façon de voir les choses et la nôtre. Cela montre aussi comment l'Islam peut être interprété et vécu différemment d'un pays à l'autre, en fonction des pratiques culturelles en vigueur dans ces différents pays.
______________________________________
Addenda, à 23 h 46.
Un lecteur allumé et bien informé me signale que Le Monde diplomatique nous en apprend plus long sur le MEMRI:
"Memri TV Monitor Project « surveille » les principales chaînes de télévision arabes et iraniennes. L’institut réalise de manière ponctuelle le sous-titrage et la distribution de courts extraits, soigneusement sélectionnés, de ces télévisions, qu’il fournit gratuitement aux chaînes occidentales.
Toute l’opération tient dans la sélection des textes et des séquences que l’institut choisit de traduire. Il a tendance à présenter comme majoritaires des courants d’idées très minoritaires dans la presse et les médias arabes. Ainsi, le lecteur non arabophone qui se contenterait de la lecture de ces traductions aurait l’impression que les médias arabes sont dominés par un groupe d’auteurs fanatiques, antioccidentaux, antiaméricains et violemment antisémites que combattraient quelques braves mais rares journalistes, que le Memri qualifie de « libéraux ou progressistes »."
Finalement, ça aussi c'est bizarre autant qu'étrange. Dans quel monde vivons-nous si on ne peut pas se fier aux Internets ?
Polygamy Is the Solution to Homosexuals and the Surplus of Women in New York and around the World
(...) New York alone has one million females more than males. Out of the population of New York - the statistics tell us - one third are gays. "Gays" means Sodomites. It means the people of Lt. That means they wouldn't like to have females as life partners. There are more than 25 million gays, Sodomites, in America, in the USA. Another problem.(...)
The Rationale for Supporting Female Suicide Bombers
(...) This fatwa [against female suicide bombers] had a negative effect in Palestine, I'm sad to say, because many mothers - good, dear mothers – began to fear that if their daughters did this, they would be committing a sin, so they told them that this sheik forbade it. A long debate ensued, but, Allah be praised, eventually people ignored this fatwa.(...)
Wife-Beating Is Permitted by Islam in Muslim Countries, but Is Forbidden in the West
Wife-beating is associated with the cultural status of women in the different societies. Women in some cultures are not averse to beatings. They consider it as an expression of masculinity, and as a kind of control, which she herself desires. In other societies, it is the exact opposite. We must follow reason. (...) If in their culture, this constitutes aggression towards women, then we are forbidden to be aggressive towards women. (...)
Egyptian Experts on Islamic Religious Law Debate Female Circumcision
(...)
Khifadh circumcision is not meant for all girls, only for some.
Interviewer: Which girls?
Dr. Muhammad Wahdan: I will tell you which girls. A girl phoned me once - A woman called me - there is no shame in asking questions about religion... A girl called me and said: When I take the Metro, wearing tight jeans... The Metro in Egypt jolts about like this... She said: I get really aroused. What should I do?
Dr. Malika Zarrar: God help her....
Dr. Muhammad Wahdan: I asked a doctor, I'm telling you what happened... I asked a doctor, who told me this girl's clitoris was very high, and that a small part of it must be cut off.
(...)
Les extraits présentés ci-haut n'ont pas pour but de rire des personnes qui pratiquent la religion musulmane. Il s'agit simplement de montrer à quel point le fossé culturel est large entre leur façon de voir les choses et la nôtre. Cela montre aussi comment l'Islam peut être interprété et vécu différemment d'un pays à l'autre, en fonction des pratiques culturelles en vigueur dans ces différents pays.
______________________________________
Addenda, à 23 h 46.
Un lecteur allumé et bien informé me signale que Le Monde diplomatique nous en apprend plus long sur le MEMRI:
"Memri TV Monitor Project « surveille » les principales chaînes de télévision arabes et iraniennes. L’institut réalise de manière ponctuelle le sous-titrage et la distribution de courts extraits, soigneusement sélectionnés, de ces télévisions, qu’il fournit gratuitement aux chaînes occidentales.
Toute l’opération tient dans la sélection des textes et des séquences que l’institut choisit de traduire. Il a tendance à présenter comme majoritaires des courants d’idées très minoritaires dans la presse et les médias arabes. Ainsi, le lecteur non arabophone qui se contenterait de la lecture de ces traductions aurait l’impression que les médias arabes sont dominés par un groupe d’auteurs fanatiques, antioccidentaux, antiaméricains et violemment antisémites que combattraient quelques braves mais rares journalistes, que le Memri qualifie de « libéraux ou progressistes »."
Finalement, ça aussi c'est bizarre autant qu'étrange. Dans quel monde vivons-nous si on ne peut pas se fier aux Internets ?
vendredi 20 octobre 2006
La marine américaine est obsolète
epsilon nous en avait déjà parlé le 5 octobre dernier:
"...les« carrier group » sont désormais considérés obsolètes par beaucoup d’experts militaires depuis l’apparition des missiles et torpilles russes de dernière technologie.
Parmi les armes antinavires modernes acquises par les iraniens, citons le missile Moskit, énorme fusée qui vole en zigzaguant à fleur d’eau à la vitesse de Mach 2 et peut transporter une charge conventionnelle de 320 Kg ou ogive nucléaire tactique de 120 kilotonnes. http://en.wikipedia.org/wiki/P-270_Moskit
Il y a aussi la torpille Shkval, qui atteint la vitesse de 360 km sous l’eau grâce à un nuage de vapeur émis à la pointe de l’engin, ce qui diminue dramatiquement la traînée de ce missile sous marin.
http://en.wikipedia.org/wiki/Shkval
Selon certains experts, il n’y a pas encore de parade connue à ces armes. Elles sont complètement invisibles aux radars, leur grande vitesse donnant très peu de chance de riposte aux navires visés."
Victor N Corpus est un brigadier général à la retraite et un ancien chef du renseignement de l'armée philippine. Dans un article en deux parties, il discute en détail des points faibles où les ennemis des États-Unis peuvent frapper: America's Acupuncture Points.
La première partie parle d'attaques technologiques, d'embargo sur le pétrole et d'actions contre le dollar américain. La deuxième partie décrit la puissance d'un axe Chine-Russie-Iran, la faiblesse de la position géostratégique américaine, sa vulnérabilité dans une guerre asymétrique et se termine sur la description de l'obsolescence des 12 porte-avions américains, le pilier de base de la suprématie militaire américaine.
Cinq armes peuvent envoyer les 12 porte-avions et leur escorte par le fond:
¤ les missiles DF 21s/CSS-5s qui peuvent frapper un navire se situant à 2 500 km de distance avec une précision de plus ou moins 10 mètres;
¤ des missiles voyageant à 2,5 fois la vitesse du son qui peuvent être lancés de partout, même à partir d'un simple camion, dont epsilon a déjà parlé;
¤ les torpilles Shkval, dont il a également parlé;
¤ de puissantes mines sous-marines mues par des fusées et conçues pour détruire les porte-avions;
¤ les milliers d'avions de combat désuets qui peuvent être modifiés pour voler sans pilote, tirer des missiles anti-navires et finalement s'écraser sur leur cible.
Je constate la situation. Je ne me réjouis pas de la situation et je n'en suis pas attristé, je constate. Il faut relire le billet du 5 octobre et les commentaires d'epsilon. Le porte-avions Eisenhower et son escorte seront bientôt en vue du Golfe persique.
Musique !
"...les« carrier group » sont désormais considérés obsolètes par beaucoup d’experts militaires depuis l’apparition des missiles et torpilles russes de dernière technologie.
Parmi les armes antinavires modernes acquises par les iraniens, citons le missile Moskit, énorme fusée qui vole en zigzaguant à fleur d’eau à la vitesse de Mach 2 et peut transporter une charge conventionnelle de 320 Kg ou ogive nucléaire tactique de 120 kilotonnes. http://en.wikipedia.org/wiki/P-270_Moskit
Il y a aussi la torpille Shkval, qui atteint la vitesse de 360 km sous l’eau grâce à un nuage de vapeur émis à la pointe de l’engin, ce qui diminue dramatiquement la traînée de ce missile sous marin.
http://en.wikipedia.org/wiki/Shkval
Selon certains experts, il n’y a pas encore de parade connue à ces armes. Elles sont complètement invisibles aux radars, leur grande vitesse donnant très peu de chance de riposte aux navires visés."
Victor N Corpus est un brigadier général à la retraite et un ancien chef du renseignement de l'armée philippine. Dans un article en deux parties, il discute en détail des points faibles où les ennemis des États-Unis peuvent frapper: America's Acupuncture Points.
La première partie parle d'attaques technologiques, d'embargo sur le pétrole et d'actions contre le dollar américain. La deuxième partie décrit la puissance d'un axe Chine-Russie-Iran, la faiblesse de la position géostratégique américaine, sa vulnérabilité dans une guerre asymétrique et se termine sur la description de l'obsolescence des 12 porte-avions américains, le pilier de base de la suprématie militaire américaine.
Cinq armes peuvent envoyer les 12 porte-avions et leur escorte par le fond:
¤ les missiles DF 21s/CSS-5s qui peuvent frapper un navire se situant à 2 500 km de distance avec une précision de plus ou moins 10 mètres;
¤ des missiles voyageant à 2,5 fois la vitesse du son qui peuvent être lancés de partout, même à partir d'un simple camion, dont epsilon a déjà parlé;
¤ les torpilles Shkval, dont il a également parlé;
¤ de puissantes mines sous-marines mues par des fusées et conçues pour détruire les porte-avions;
¤ les milliers d'avions de combat désuets qui peuvent être modifiés pour voler sans pilote, tirer des missiles anti-navires et finalement s'écraser sur leur cible.
Je constate la situation. Je ne me réjouis pas de la situation et je n'en suis pas attristé, je constate. Il faut relire le billet du 5 octobre et les commentaires d'epsilon. Le porte-avions Eisenhower et son escorte seront bientôt en vue du Golfe persique.
Musique !
jeudi 19 octobre 2006
Dérives nihilistes
Il y a parfois de ces coïncidences qui amènent des idées et des émotions diverses à faire d'étranges compagnons de lit. Ainsi, Janis Joplin, Fernando Meirelles et Katia Gagnon en sont venus à me faire douter de l'adage de Rousseau: l'homme est bon, la société le corrompt.
J'écoutais, comme je le fais à l'occasion, Janis Joplin, sur les divers sites de clips vidéo. Ce qui me frappe toujours chez elle, c'est l'impuissance et le désespoir, criés plus que chantés de sa voix rauque, si bien qu'ils en deviennent beaux. On frôle des abîmes qui donnent le vertige, on a pendant 30 secondes la sensation que rien ne sert à rien, puis on retourne à son confort bourgeois et on fait la vaisselle:
"...I mean, if you got a cat for one day, man — I mean, if you, say, say, if you want a cat for 365 days, right — You ain't got him for 365 days, you got him for one day, man. Well I tell you that one day, man, better be your life, man. Because, you know, you can say, oh man, you can cry about the other 364, man, but you're gonna lose that one day, man, and that's all you've got. You gotta call that love, man. That's what it is, man. If you got it today you don't want it tomorrow, man, 'cause you don't need it, 'cause as a matter of fact, as we discovered in the train, tomorrow never happens, man. It's all the same fucking day, man."
Pendant que vous écoutez cet hymne au néant, vous avez des réminiscences de La cité de Dieu (2003) que vous venez de voir. Des bambins psychopathes de 8, 10, 12 ans, armés de revolvers gros comme ça, terrorisent une banlieue pauvre de Rio. Leur avenir à tous est pratiquement bloqué et on les entend discuter ouvertement de leur choix de devenir bandit ou non. C'est un choix conscient pour eux. Ceux qui ne le veulent pas admettent avoir peur de la violence. Ceux qui choisissent le crime rejettent une petite vie morne et misérable.
Ce matin dans La Presse, Katia Gagnon et Émilie Côté nous parlent des jeunes filles des Centres jeunesse, vulnérables et victimes des gangs de rue, qu'il faut protéger contre elles-mêmes. J'admire le travail fait par les éducateurs des Centres jeunesse, leur patience et leur dévouement. Leurs efforts vont sans doute aider quelques jeunes à s'en sortir. Mais la prostitution est tout de même le plus vieux métier du monde et ce n'est pas demain la veille où cela va s'arrêter.
Les criminels sont-ils tous des victimes de la société ? La société semble faire tout ce qu'elle peut pour les récupérer, les réhabiliter. La voie criminelle est-elle un choix conscient, excitant, où on a tout tout de suite, où on est certain de ne jamais s'ennuyer ? J'aimerais connaître le mécanisme de l'esprit humain qui amène à choisir le crime, à rejeter la plate monotonie d'une vie honnête.
La vie de criminel est-elle une dérive nihiliste, mais sans la beauté de l'art ?
J'écoutais, comme je le fais à l'occasion, Janis Joplin, sur les divers sites de clips vidéo. Ce qui me frappe toujours chez elle, c'est l'impuissance et le désespoir, criés plus que chantés de sa voix rauque, si bien qu'ils en deviennent beaux. On frôle des abîmes qui donnent le vertige, on a pendant 30 secondes la sensation que rien ne sert à rien, puis on retourne à son confort bourgeois et on fait la vaisselle:
"...I mean, if you got a cat for one day, man — I mean, if you, say, say, if you want a cat for 365 days, right — You ain't got him for 365 days, you got him for one day, man. Well I tell you that one day, man, better be your life, man. Because, you know, you can say, oh man, you can cry about the other 364, man, but you're gonna lose that one day, man, and that's all you've got. You gotta call that love, man. That's what it is, man. If you got it today you don't want it tomorrow, man, 'cause you don't need it, 'cause as a matter of fact, as we discovered in the train, tomorrow never happens, man. It's all the same fucking day, man."
Pendant que vous écoutez cet hymne au néant, vous avez des réminiscences de La cité de Dieu (2003) que vous venez de voir. Des bambins psychopathes de 8, 10, 12 ans, armés de revolvers gros comme ça, terrorisent une banlieue pauvre de Rio. Leur avenir à tous est pratiquement bloqué et on les entend discuter ouvertement de leur choix de devenir bandit ou non. C'est un choix conscient pour eux. Ceux qui ne le veulent pas admettent avoir peur de la violence. Ceux qui choisissent le crime rejettent une petite vie morne et misérable.
Ce matin dans La Presse, Katia Gagnon et Émilie Côté nous parlent des jeunes filles des Centres jeunesse, vulnérables et victimes des gangs de rue, qu'il faut protéger contre elles-mêmes. J'admire le travail fait par les éducateurs des Centres jeunesse, leur patience et leur dévouement. Leurs efforts vont sans doute aider quelques jeunes à s'en sortir. Mais la prostitution est tout de même le plus vieux métier du monde et ce n'est pas demain la veille où cela va s'arrêter.
Les criminels sont-ils tous des victimes de la société ? La société semble faire tout ce qu'elle peut pour les récupérer, les réhabiliter. La voie criminelle est-elle un choix conscient, excitant, où on a tout tout de suite, où on est certain de ne jamais s'ennuyer ? J'aimerais connaître le mécanisme de l'esprit humain qui amène à choisir le crime, à rejeter la plate monotonie d'une vie honnête.
La vie de criminel est-elle une dérive nihiliste, mais sans la beauté de l'art ?
mercredi 18 octobre 2006
Le constable
Il n'y a aucun lien étymologique entre constat et constable. Il n'est cependant pas moins vrai que les constables font des constats, même si tous les constats ne sont pas nécessairement faits par des constables. Cela est incontestable.
Je retiens du paragraphe précédent qu'il est naturel, par amalgame, d'établir un lien entre quelqu'un qui fait un constat et la fonction de constable. Et c'est ce qui arrive à Lucien Bouchard.
Lucien Bouchard fait des constats qui sont en général incontestables, comme la dénatalité, la baisse de la productivité, l'impossibilité pour un État de faire un déficit de 5 à 6 $ milliards par année sur un budget total de 50 $ milliards, surtout si cet État a pour projet de se présenter devant le concert des nations pour affirmer sa capacité à se gérer lui-même.
Lucien Bouchard n'est évidemment pas un homme de droite ni un néo-libéral, pour ceux qui savent ce que ces mots veulent dire. Une estimation conservatrice permet de dire que le Québec a épargné près de 45 $ milliards par l'opération Déficit zéro. Ces dollars ont retenu l'envol des frais sur la dette, permis des réinvestissements dans la santé, maintenu des programmes sociaux valables, etc.
Pour une grande partie de la population, la lucidité de Lucien Bouchard en a fait un "lucide", et ses constats, un constable.
Voyant ce qui arrive aux citoyens sincères et de bonne foi qui s'impliquent dans les choses de la nation, qui pensez-vous intéresser à une carrière politique, sinon les carriéristes politiques ? Jean Charest, Mario Dumont et André Boisclair, les trois quadragénaires qui veillent sur nos destinées, n'ont jamais travaillé avec du vrai monde dans la vraie vie. Ils n'ont jamais fait autre chose que de la politique.
Je retiens du paragraphe précédent qu'il est naturel, par amalgame, d'établir un lien entre quelqu'un qui fait un constat et la fonction de constable. Et c'est ce qui arrive à Lucien Bouchard.
Lucien Bouchard fait des constats qui sont en général incontestables, comme la dénatalité, la baisse de la productivité, l'impossibilité pour un État de faire un déficit de 5 à 6 $ milliards par année sur un budget total de 50 $ milliards, surtout si cet État a pour projet de se présenter devant le concert des nations pour affirmer sa capacité à se gérer lui-même.
Lucien Bouchard n'est évidemment pas un homme de droite ni un néo-libéral, pour ceux qui savent ce que ces mots veulent dire. Une estimation conservatrice permet de dire que le Québec a épargné près de 45 $ milliards par l'opération Déficit zéro. Ces dollars ont retenu l'envol des frais sur la dette, permis des réinvestissements dans la santé, maintenu des programmes sociaux valables, etc.
Pour une grande partie de la population, la lucidité de Lucien Bouchard en a fait un "lucide", et ses constats, un constable.
Voyant ce qui arrive aux citoyens sincères et de bonne foi qui s'impliquent dans les choses de la nation, qui pensez-vous intéresser à une carrière politique, sinon les carriéristes politiques ? Jean Charest, Mario Dumont et André Boisclair, les trois quadragénaires qui veillent sur nos destinées, n'ont jamais travaillé avec du vrai monde dans la vraie vie. Ils n'ont jamais fait autre chose que de la politique.
mardi 17 octobre 2006
Lucien Bouchard en remet !
Françoise David va bien en faire une jaunisse. Lucien Bouchard vient de déclarer: "On ne travaille pas assez. On travaille moins que les Ontariens, infiniment moins que les Américains! Il faut qu'on travaille plus." Ces affirmations, toutes les données statistiques vont les confirmer, peut importe comment on va essayer de les triturer.
On va lui répondre par des arguments sur la qualité de vie, les valeurs culturelles, etc, de façon à ne rien changer à notre mode de vie actuel que l'on veut conserver intact. Et c'est Lucien Bouchard qu'on traite de conservateur !
On n'aime pas se faire dire qu'avec une dette de 120 $ milliards, les Québécois se sont payés la traite et qu'on devrait mettre en pénitence tous ceux qui disent:"J'ai payé des impôts toute ma vie..." Ils n'en ont pas payé assez, on est dans le trou. On n'aime pas se faire dire que des provinces riches qui ont moins de programmes sociaux que nous hésitent à contribuer à la peréquation canadienne pour remplir ce qui leur apparaît comme un gouffre sans fond.
Cela fait plus de 10 ans que les entreprises et les travailleurs sont en vacances, à cause de la faiblesse du $ canadien. On pouvait exporter facilement, sans trop se forcer. On se doutait bien que la catastrophe nous attendait avec la remontée du $ canadien. A-t-on réinvesti en machinerie plus efficace? A-t-on assoupli les modalités des conventions collectives ? On a rien fait. Et aujourd'hui, bras ballants et bouche bée, on se tourne vers Québec.
Un jour, un jour si j'en ai le temps, je développerai ma thèse à l'effet que les Québécois et leurs ancêtres ont été le peuple le plus choyé de la planète. Au XVII ème siècle, pendant la mini-période glaciaire d'Europe, où les terres sont épuisées, nos ancêtres se réfugient ici sur des terres fertiles. On a le scorbut, ils ont la peste noire et le typhus. L'hiver, il n'y a rien d'autre à faire que jouer du violon, danser le rigodon et vider la réserve de sirop d'érable.
Après la conquête de 1763, les Anglais nous donnent tout ce qu'on veut, même un parlement en 1791, pour éviter qu'on se joigne à la révolution américaine. Pendant ce temps, la France en arrache et les gens ont peine à se nourrir, si bien qu'ils se révoltent en 1789.
L'Angleterre adopte officiellement une politique de libre-échange en 1846 et commande systématiquement tout ce qu'elle peut dans ses colonies. Les industries se développent ici concuremment. Après la 1ère guerre mondiale, les États-Unis prennent graduellement la relève de l'Angleterre comme marché d'exportation et comme investisseur.
Les Québécois ont toujours été assez près d'un empire pour en tirer des bénéfices, sans avoir à payer le prix de faire partie de l'empire. Et ça fait longtemps que ça dure. Et beaucoup se demandent pourquoi il faudrait que cela cesse.
On va lui répondre par des arguments sur la qualité de vie, les valeurs culturelles, etc, de façon à ne rien changer à notre mode de vie actuel que l'on veut conserver intact. Et c'est Lucien Bouchard qu'on traite de conservateur !
On n'aime pas se faire dire qu'avec une dette de 120 $ milliards, les Québécois se sont payés la traite et qu'on devrait mettre en pénitence tous ceux qui disent:"J'ai payé des impôts toute ma vie..." Ils n'en ont pas payé assez, on est dans le trou. On n'aime pas se faire dire que des provinces riches qui ont moins de programmes sociaux que nous hésitent à contribuer à la peréquation canadienne pour remplir ce qui leur apparaît comme un gouffre sans fond.
Cela fait plus de 10 ans que les entreprises et les travailleurs sont en vacances, à cause de la faiblesse du $ canadien. On pouvait exporter facilement, sans trop se forcer. On se doutait bien que la catastrophe nous attendait avec la remontée du $ canadien. A-t-on réinvesti en machinerie plus efficace? A-t-on assoupli les modalités des conventions collectives ? On a rien fait. Et aujourd'hui, bras ballants et bouche bée, on se tourne vers Québec.
Un jour, un jour si j'en ai le temps, je développerai ma thèse à l'effet que les Québécois et leurs ancêtres ont été le peuple le plus choyé de la planète. Au XVII ème siècle, pendant la mini-période glaciaire d'Europe, où les terres sont épuisées, nos ancêtres se réfugient ici sur des terres fertiles. On a le scorbut, ils ont la peste noire et le typhus. L'hiver, il n'y a rien d'autre à faire que jouer du violon, danser le rigodon et vider la réserve de sirop d'érable.
Après la conquête de 1763, les Anglais nous donnent tout ce qu'on veut, même un parlement en 1791, pour éviter qu'on se joigne à la révolution américaine. Pendant ce temps, la France en arrache et les gens ont peine à se nourrir, si bien qu'ils se révoltent en 1789.
L'Angleterre adopte officiellement une politique de libre-échange en 1846 et commande systématiquement tout ce qu'elle peut dans ses colonies. Les industries se développent ici concuremment. Après la 1ère guerre mondiale, les États-Unis prennent graduellement la relève de l'Angleterre comme marché d'exportation et comme investisseur.
Les Québécois ont toujours été assez près d'un empire pour en tirer des bénéfices, sans avoir à payer le prix de faire partie de l'empire. Et ça fait longtemps que ça dure. Et beaucoup se demandent pourquoi il faudrait que cela cesse.
lundi 16 octobre 2006
Les sonneries martiales de la retraite
Je regardais un vieux film en fin de semaine, Cromwell (1970) de Ken Hughes. Cela racontait l'accession au pouvoir de Cromwell. Lors de sa première bataille contre les armées de Charles I, Cromwell n'était pas le commandant en chef, et le comte de Strafford, pour éviter l'anéantissement de son armée de paysans, ordonna de sonner la retraite. Cromwell était furieux et accusa le comte de Strafford de complicité avec le roi.
Dans une bataille subséquente, Cromwell, nommé commandant en chef, vainquit le prince Rupert qui avait été chargé par le roi de défendre Bristol. Le prince tenta de justifier sa décision de sonner la retraite par le fait qu'il avait conservé une armée de 2 000 hommes, prêts à se battre dans de futures batailles. Rien n'y fit, le roi le condamna à l'exil.
Puis je me suis rappelé le célèbre échange dans l'Horace de Pierre Corneille:
Le vieil Horace.
(...)
Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront
Que sa fuite honteuse imprime à notre front ;
Pleurez le déshonneur de toute notre race,
Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace.
Julie.
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?
Le vieil Horace.
Qu'il mourût !
C'est difficile de sonner la retraite, beaucoup plus difficile que de sonner la charge. Trop tôt, vous êtes un lâche et un traître; trop tard, vous êtes un lâche et un imbécile. Cela prend du courage, bien sûr, pour déclencher les sonneries martiales de la retraite, mais cela prend aussi de la stature et de la prestance, pour pouvoir regarder calmement vos détracteurs bien en face, après l'avoir fait. Souvenez-vous du général de Gaule: "Fraaaançais, fraaançaises, nous quittons l'Algérie..." Personne n'a osé le traiter de pleutre.
George W. Bush a déclaré forfait d'emblée. Il a admis n'avoir ni le courage ni la stature nécessaires pour retirer l'armée américaine d'Irak. Il laisse ce travail au prochain président.
C'est très embêtant parce qu'il lui reste encore deux ans à son mandat. Le vieux stratège militaire W. S. Lind se demande:" Vont-ils laisser des milliers de jeunes Américains se faire tuer ou blesser uniquement pour que George W. évite de faire face aux conséquences de ses propres folies ?" (Ma traduction)
C'est aussi très embêtant pour les Anglais. Le chef d'état-major de l'armée vient de déclarer que l'armée britannique doit se retirer d'Irak rapidement et Blair ne sait plus quoi faire. Il voit bien que cela va faire de la peine à Bush, mais il ne peut pas désavouer carrément le chef des armées. S'ajoutent à cela les propos du commandant britannique des forces de l'OTAN en Afghanistan: "Si la communauté internationale tarde à satisfaire les attentes de la population afghane, les Afghans risquent de devenir hostiles aux troupes étrangères, a averti dimanche le commmandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général britannique David Richards. " "Les Afghans risquent de devenir hostiles..." J'aime bien l'humour britannique.
Bref, aussitôt que quelqu'un parle d'autre chose que "stay the course", quelqu'un crie "cut and run". Parfois le président du Sénat s'essaie, parfois c'est un démocrate, parfois c'est le NPD, parfois c'est un député libéral, je sais, je mélange tout, le Canada, les États-Unis, l'Irak, l'Afghanistan. Mais les réflexes sont les mêmes, partout, depuis toujours. Ils nous viennent de la nuit des temps.
Dans une bataille subséquente, Cromwell, nommé commandant en chef, vainquit le prince Rupert qui avait été chargé par le roi de défendre Bristol. Le prince tenta de justifier sa décision de sonner la retraite par le fait qu'il avait conservé une armée de 2 000 hommes, prêts à se battre dans de futures batailles. Rien n'y fit, le roi le condamna à l'exil.
Puis je me suis rappelé le célèbre échange dans l'Horace de Pierre Corneille:
Le vieil Horace.
(...)
Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront
Que sa fuite honteuse imprime à notre front ;
Pleurez le déshonneur de toute notre race,
Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace.
Julie.
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?
Le vieil Horace.
Qu'il mourût !
C'est difficile de sonner la retraite, beaucoup plus difficile que de sonner la charge. Trop tôt, vous êtes un lâche et un traître; trop tard, vous êtes un lâche et un imbécile. Cela prend du courage, bien sûr, pour déclencher les sonneries martiales de la retraite, mais cela prend aussi de la stature et de la prestance, pour pouvoir regarder calmement vos détracteurs bien en face, après l'avoir fait. Souvenez-vous du général de Gaule: "Fraaaançais, fraaançaises, nous quittons l'Algérie..." Personne n'a osé le traiter de pleutre.
George W. Bush a déclaré forfait d'emblée. Il a admis n'avoir ni le courage ni la stature nécessaires pour retirer l'armée américaine d'Irak. Il laisse ce travail au prochain président.
C'est très embêtant parce qu'il lui reste encore deux ans à son mandat. Le vieux stratège militaire W. S. Lind se demande:" Vont-ils laisser des milliers de jeunes Américains se faire tuer ou blesser uniquement pour que George W. évite de faire face aux conséquences de ses propres folies ?" (Ma traduction)
C'est aussi très embêtant pour les Anglais. Le chef d'état-major de l'armée vient de déclarer que l'armée britannique doit se retirer d'Irak rapidement et Blair ne sait plus quoi faire. Il voit bien que cela va faire de la peine à Bush, mais il ne peut pas désavouer carrément le chef des armées. S'ajoutent à cela les propos du commandant britannique des forces de l'OTAN en Afghanistan: "Si la communauté internationale tarde à satisfaire les attentes de la population afghane, les Afghans risquent de devenir hostiles aux troupes étrangères, a averti dimanche le commmandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général britannique David Richards. " "Les Afghans risquent de devenir hostiles..." J'aime bien l'humour britannique.
Bref, aussitôt que quelqu'un parle d'autre chose que "stay the course", quelqu'un crie "cut and run". Parfois le président du Sénat s'essaie, parfois c'est un démocrate, parfois c'est le NPD, parfois c'est un député libéral, je sais, je mélange tout, le Canada, les États-Unis, l'Irak, l'Afghanistan. Mais les réflexes sont les mêmes, partout, depuis toujours. Ils nous viennent de la nuit des temps.
dimanche 15 octobre 2006
9 Palestiniens tués
Nouveau raid aérien israélien dans la bande de Gaza
Agence France-Presse
Gaza
"Neuf Palestiniens ont été tués samedi dans une offensive lancée par l'armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza, après des tirs de roquettes à partir de ce territoire ayant fait trois blessés en Israël.
Depuis que les militaires israéliens ont obtenu jeudi le feu vert du gouvernement pour intensifier leurs opérations, 22 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon un bilan palestinien.
Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a, selon la radio publique, confirmé l'ordre à l'armée de «renforcer l'offensive» peu après que trois Israéliens eurent été légèrement blessés vendredi par l'explosion de roquettes dans la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, près de la bande de Gaza.
Depuis le début de l'Intifada palestinienne en septembre 2000, plus d'un millier de roquettes artisanales sont tombées sur Sdérot (24.000 habitants), dans le désert du Néguev, tuant cinq personnes dont trois enfants, et faisant des dizaines de blessés.
L'armée israélienne a lancé son opération, avant l'aube, dans le camp de réfugiés de Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza. Sept Palestiniens ont été tués et 18 blessés, dont quatre grièvement, lors d'un raid aérien israélien et des échanges de tirs, selon des sources de sécurité palestiniennes."
___________________________________
P.S. Je lisais tranquillement le journal, ce matin. J'ai vu, en haut à gauche, le titre d'une nouvelle brève internationale: Gaza. Je vous jure que je me suis dit: "Ah non, pas eux autres..." et que je suis passé à la nouvelle suivante: "Deux autres Canadiens meurent en Afghanistan."
Puis je me suis senti coupable, coupable d'indifférence, je pense bien. Et je suis allé lire la nouvelle sur Gaza. Au cas où elle vous aurait échappé, à vous aussi, je reproduis ici une partie de l'article d'AFP qui a servi à rédiger la nouvelle brève.
C'est lourd, hein ?
Je me demande pourquoi les Palestiniens tirent des roquettes. Ils ont tué 5 personnes en 6 ans, même pas une par année. C'est plus bas que le taux d'assassinat dans la ville de Montréal, pourtant réputée paisible. Les Palestiniens ont eu 240 tués à Gaza depuis trois mois, depuis l'enlèvement du soldat Shalit. Pourquoi tirent-ils des roquettes ?
Est-ce un cas de suicide collectif commandé par un désespoir collectif ? On pense à cette scène qu'on voit parfois dans les films policiers: un désespéré sort armé de sa cachette et fait mine de tirer sur les 20 policiers qui le tiennent en joue. Le geste est aussi dérisoire que celui des Palestiniens à Gaza.
Agence France-Presse
Gaza
"Neuf Palestiniens ont été tués samedi dans une offensive lancée par l'armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza, après des tirs de roquettes à partir de ce territoire ayant fait trois blessés en Israël.
Depuis que les militaires israéliens ont obtenu jeudi le feu vert du gouvernement pour intensifier leurs opérations, 22 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon un bilan palestinien.
Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a, selon la radio publique, confirmé l'ordre à l'armée de «renforcer l'offensive» peu après que trois Israéliens eurent été légèrement blessés vendredi par l'explosion de roquettes dans la ville de Sdérot, dans le sud d'Israël, près de la bande de Gaza.
Depuis le début de l'Intifada palestinienne en septembre 2000, plus d'un millier de roquettes artisanales sont tombées sur Sdérot (24.000 habitants), dans le désert du Néguev, tuant cinq personnes dont trois enfants, et faisant des dizaines de blessés.
L'armée israélienne a lancé son opération, avant l'aube, dans le camp de réfugiés de Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza. Sept Palestiniens ont été tués et 18 blessés, dont quatre grièvement, lors d'un raid aérien israélien et des échanges de tirs, selon des sources de sécurité palestiniennes."
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P.S. Je lisais tranquillement le journal, ce matin. J'ai vu, en haut à gauche, le titre d'une nouvelle brève internationale: Gaza. Je vous jure que je me suis dit: "Ah non, pas eux autres..." et que je suis passé à la nouvelle suivante: "Deux autres Canadiens meurent en Afghanistan."
Puis je me suis senti coupable, coupable d'indifférence, je pense bien. Et je suis allé lire la nouvelle sur Gaza. Au cas où elle vous aurait échappé, à vous aussi, je reproduis ici une partie de l'article d'AFP qui a servi à rédiger la nouvelle brève.
C'est lourd, hein ?
Je me demande pourquoi les Palestiniens tirent des roquettes. Ils ont tué 5 personnes en 6 ans, même pas une par année. C'est plus bas que le taux d'assassinat dans la ville de Montréal, pourtant réputée paisible. Les Palestiniens ont eu 240 tués à Gaza depuis trois mois, depuis l'enlèvement du soldat Shalit. Pourquoi tirent-ils des roquettes ?
Est-ce un cas de suicide collectif commandé par un désespoir collectif ? On pense à cette scène qu'on voit parfois dans les films policiers: un désespéré sort armé de sa cachette et fait mine de tirer sur les 20 policiers qui le tiennent en joue. Le geste est aussi dérisoire que celui des Palestiniens à Gaza.
samedi 14 octobre 2006
Une foule de petites choses ?
J'entendais encore à la radio un écolo paternaliste nous chanter la petite chanson:"Le respect de l'environnement, c'est une foule de petites choses..."
Jeudi dernier, François Cardinal nous apprenait qu'à elles seules, "les 300 entreprises les plus polluantes du Canada émettent plus de gaz à effet de serre en une année que l'ensemble des autos, des camions, des trains et des avions qui sillonnent le pays." Et les ministres qui laissent cet état de chose se perpétuer se promènent en Prius !
L'analyse de PollutionWatch démontre aussi que les entreprises d'Alberta produisent 40 % des 278,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre des grandes entreprises, là où se concentre l'extraction du charbon et des sables bitumineux. En pratique, quand le premier ministre Stephen Harper traîne la réputation du Canada dans la boue en dénonçant l'accord de Kyoto comme irréaliste, ce qu'il dit, finalement, c'est que les entreprises qu'il représente ne veulent pas payer leur droit de polluer, et qu'il les appuie.
On sait à quel point les Albertains se méfient d'Ottawa et de ses visées centralisatrices, ou en d'autres termes, à quel point ils tiennent à leur butin et veulent protéger leur manne pétrolière. Ils se souviennent encore du Programme National d'Énergie de Pierre Elliott Trudeau, lequel les obligeait à vendre leur pétrole aux provinces de l'Est à un prix inférieur à celui du marché mondial. Leur premier ministre Lougheed avait alors tout simplement annoncé à la télévision qu'il coupait les livraisons de pétrole à L'Est du Canada.
L'attachement des Albertains au Canada est certainement moins fort que l'attachement aux privilèges que leur confère leur statut d'Émirat nord-américain. Le sentiment sécessionniste y grimpe facilement quand ils ont l'impression qu'Ottawa vient fouiller dans leur portefeuille. La conclusion est facile à tirer: un gouvernement conservateur ne voudra pas mettre l'Alberta au pas et un gouvernement libéral ne le pourra pas. Kyoto est mort au Canada.
Alors que fait-on ? Un foule de petites choses, puisqu'on ne peux pas faire les vraies grandes choses. On s'achète une bicyclette, une Civic, une Prius. On cesse de boire du lait parce que la digestion des vaches produit des gaz. On mange bio. On recycle. On enlève les étiquettes sur les boîtes de soupe aux pois. Et les Albertains sont morts de rire quand leur gouvernement leur annonce que, grâce à une saine gestion, ils n'ont plus de dette provinciale.
Jeudi dernier, François Cardinal nous apprenait qu'à elles seules, "les 300 entreprises les plus polluantes du Canada émettent plus de gaz à effet de serre en une année que l'ensemble des autos, des camions, des trains et des avions qui sillonnent le pays." Et les ministres qui laissent cet état de chose se perpétuer se promènent en Prius !
L'analyse de PollutionWatch démontre aussi que les entreprises d'Alberta produisent 40 % des 278,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre des grandes entreprises, là où se concentre l'extraction du charbon et des sables bitumineux. En pratique, quand le premier ministre Stephen Harper traîne la réputation du Canada dans la boue en dénonçant l'accord de Kyoto comme irréaliste, ce qu'il dit, finalement, c'est que les entreprises qu'il représente ne veulent pas payer leur droit de polluer, et qu'il les appuie.
On sait à quel point les Albertains se méfient d'Ottawa et de ses visées centralisatrices, ou en d'autres termes, à quel point ils tiennent à leur butin et veulent protéger leur manne pétrolière. Ils se souviennent encore du Programme National d'Énergie de Pierre Elliott Trudeau, lequel les obligeait à vendre leur pétrole aux provinces de l'Est à un prix inférieur à celui du marché mondial. Leur premier ministre Lougheed avait alors tout simplement annoncé à la télévision qu'il coupait les livraisons de pétrole à L'Est du Canada.
L'attachement des Albertains au Canada est certainement moins fort que l'attachement aux privilèges que leur confère leur statut d'Émirat nord-américain. Le sentiment sécessionniste y grimpe facilement quand ils ont l'impression qu'Ottawa vient fouiller dans leur portefeuille. La conclusion est facile à tirer: un gouvernement conservateur ne voudra pas mettre l'Alberta au pas et un gouvernement libéral ne le pourra pas. Kyoto est mort au Canada.
Alors que fait-on ? Un foule de petites choses, puisqu'on ne peux pas faire les vraies grandes choses. On s'achète une bicyclette, une Civic, une Prius. On cesse de boire du lait parce que la digestion des vaches produit des gaz. On mange bio. On recycle. On enlève les étiquettes sur les boîtes de soupe aux pois. Et les Albertains sont morts de rire quand leur gouvernement leur annonce que, grâce à une saine gestion, ils n'ont plus de dette provinciale.
vendredi 13 octobre 2006
À l'intérieur de rien
"C'est marrant: le monde est à l'intérieur de rien.
Je veux dire, on a son coeur, son âme à l'intérieur de soi.
Les bébés sont à l'intérieur de leur mère.
Les poissons, là, ils sont dans l'eau.
Mais le monde, il est à l'intérieur de rien.
Je ne sais pas si j'aime ce que je viens de dire..."
Dexter Gordon
un film de Bertrand Tavernier
______________________________________
Addendum, vendredi 13 octobre 2006:
Ceux qui sont intéressés à voir une démonstration de PING-PONG GLOBAL peuvent consulter le Globe and Mail, le Montreal Gazette, le Calgary Herald, La Presse (page A20), ce site internet, etc. La Canadian Coalition for Democraties n'est pas un joueur de finesse, mais quand il s'agit de smasher, elle n'a pas son pareil !
jeudi 12 octobre 2006
Ping-pong global
Vous avez sans doute déjà assisté, peut-être même participé, à une réunion de famille dysfonctionnelle où tout le monde veut parler mais où personne n'écoute. Cela donne toute une série d'affirmations sans suite qui rebondissent sur les raquettes de l'indifférence générale, dans une grande partie de ping-pong à 7 ou 8 participants.
Je vais tenter de lever le voile (déjà ! "voile", ça commence bien !) sur la grande partie de ping-pong qui se joue sur notre planète dysfonctionnelle:
¤ L'Iran menace la paix mondiale. Il a l'intention de fabriquer une bombe atomique.
¤ L'Iran respecte le traité de non-prolifération nucléaire et a droit à cette technologie. On ne peut en priver tout un peuple sur de simples présomptions.
¤ On a vu ce qui est arrivé en Corée du Nord. Kim Jong-il et Ahmadinejad, même combat.
¤ Qui menace la paix, en plaçant trois pays dans l'Axe du mal et en annonçant son intention d'utiliser la guerre préventive ?
¤ L'islamo-fascisme empêche l'établissement de démocraties au Moyen-Orient et menace d'infiltrer nos démocraties occidentales.
¤ L'Islam est une religion d'amour et d'entraide. Les extrémistes islamiques sont une minorité.
¤ L'Islam prêche aussi le jihad, la minorité extrémiste est très active et beaucoup de mollahs l'encouragent.
¤ Les insultes à l'Islam, comme les caricatures de Mahomet ou les écrits de Roger Redeker, n'aident par à maintenir le calme. Vous avez vos extrémistes aussi.
¤ Nos "extrémistes" ont le droit de s'exprimer et nous allons défendre ce droit.
¤ Près de 650 000 Irakiens sont morts dans une guerre pour la démocratie et le droit d'expression. Le droit à la vie n'est-il pas un droit supérieur au droit de s'exprimer ?
¤ "L'ennemi mortel de l'Islam, c'est l'intégrisme", selon Haddad. Les principales victimes de vos intégristes sont d'autres musulmans.
¤ Nous estimons avoir droit au maintien de nos traditions culturelles, fussent-elles arriérées à vos yeux. Vous donnez bien le droit à vos autochtones de maintenir des traditions remontant à l'époque préhistorique des cueilleurs -chasseurs.
¤ Toutes les cultures ne se valent pas. Le relativisme culturel sape les bases de notre société. Nous faisons des courbettes inutiles devant l'autel du muticulturalisme.
¤ Je reconnais bien là le terrain commun où les néo-conservateurs et la gauche impérialiste ont fait leur jonction: la supériorité intrinsèque des valeurs occidentales.
¤ Nous avons fait une promesse au peuple afghan. Tous les enfants ont droit à l'école, y compris les filles. Nous n'avons pas le droit de les décevoir.
¤ Une démocratie et les valeurs de la démocratie ne s'imposent pas par la force, surtout quand cette force porte l'uniforme d'un pays étranger.
¤ Lorsqu'une démocratie est en danger et que l'urgence l'impose, il faut concentrer les pouvoirs entre les mains de l'exécutif. Les palabres des parlementaires et les fleurs du tapis juridique menacent la nation.
¤ Les civilisations sont mortelles, et les démocraties aussi.
Je pourrais continuer longtemps. Ce n'est pas grave. Cela ne dérange personne. Personne n'écoute les autres au grand jeu du ping-pong global.
Je vais tenter de lever le voile (déjà ! "voile", ça commence bien !) sur la grande partie de ping-pong qui se joue sur notre planète dysfonctionnelle:
¤ L'Iran menace la paix mondiale. Il a l'intention de fabriquer une bombe atomique.
¤ L'Iran respecte le traité de non-prolifération nucléaire et a droit à cette technologie. On ne peut en priver tout un peuple sur de simples présomptions.
¤ On a vu ce qui est arrivé en Corée du Nord. Kim Jong-il et Ahmadinejad, même combat.
¤ Qui menace la paix, en plaçant trois pays dans l'Axe du mal et en annonçant son intention d'utiliser la guerre préventive ?
¤ L'islamo-fascisme empêche l'établissement de démocraties au Moyen-Orient et menace d'infiltrer nos démocraties occidentales.
¤ L'Islam est une religion d'amour et d'entraide. Les extrémistes islamiques sont une minorité.
¤ L'Islam prêche aussi le jihad, la minorité extrémiste est très active et beaucoup de mollahs l'encouragent.
¤ Les insultes à l'Islam, comme les caricatures de Mahomet ou les écrits de Roger Redeker, n'aident par à maintenir le calme. Vous avez vos extrémistes aussi.
¤ Nos "extrémistes" ont le droit de s'exprimer et nous allons défendre ce droit.
¤ Près de 650 000 Irakiens sont morts dans une guerre pour la démocratie et le droit d'expression. Le droit à la vie n'est-il pas un droit supérieur au droit de s'exprimer ?
¤ "L'ennemi mortel de l'Islam, c'est l'intégrisme", selon Haddad. Les principales victimes de vos intégristes sont d'autres musulmans.
¤ Nous estimons avoir droit au maintien de nos traditions culturelles, fussent-elles arriérées à vos yeux. Vous donnez bien le droit à vos autochtones de maintenir des traditions remontant à l'époque préhistorique des cueilleurs -chasseurs.
¤ Toutes les cultures ne se valent pas. Le relativisme culturel sape les bases de notre société. Nous faisons des courbettes inutiles devant l'autel du muticulturalisme.
¤ Je reconnais bien là le terrain commun où les néo-conservateurs et la gauche impérialiste ont fait leur jonction: la supériorité intrinsèque des valeurs occidentales.
¤ Nous avons fait une promesse au peuple afghan. Tous les enfants ont droit à l'école, y compris les filles. Nous n'avons pas le droit de les décevoir.
¤ Une démocratie et les valeurs de la démocratie ne s'imposent pas par la force, surtout quand cette force porte l'uniforme d'un pays étranger.
¤ Lorsqu'une démocratie est en danger et que l'urgence l'impose, il faut concentrer les pouvoirs entre les mains de l'exécutif. Les palabres des parlementaires et les fleurs du tapis juridique menacent la nation.
¤ Les civilisations sont mortelles, et les démocraties aussi.
Je pourrais continuer longtemps. Ce n'est pas grave. Cela ne dérange personne. Personne n'écoute les autres au grand jeu du ping-pong global.
mercredi 11 octobre 2006
Un air de déjà vu
Le 14 février 2002, après avoir rejeté l'accord de Kyoto qui aurait coûté 400 milliards de dollars et jeté 4,9 millions de personnes à la rue, le président Bush annonçait son programme en matière d'environnement. Il l'a intitulé "Clear Skies & Global Climate Change Initiatives".
Le programme se voulait réaliste car si les sociétés ne font pas de profit, elles ne pourront pas réinvestir dans la protection de l'environnement: c'est le gros bon sens qui veut cela. "[Clear Skies] legislation will constitute the most significant step America has ever taken -- has ever taken -- to cut power plant emissions..."
Après avoir réalisé que le projet de Clear Skies Act abaissait les normes déjà existantes du vénérable Clean Air Act administré par l'EPA, l'opposition s'est bien sûr mobilisée. Et le résultat, c'est que quatre ans plus tard, le projet de Clear Skies Act est encore empêtré dans une commission sénatoriale du Congrès, ce qui était peut-être le résultat désiré depuis le début, par ailleurs.
Dans un passage particulièrement savoureux du discours, George W. Bush indique qu'il n'a pas l'intention de nuire aux pays qui ont choisi de signer l'accord de Kyoto, mais qu'il souhaite travailler avec les autres pays, spécialement ceux qui sont pauvres et en train de se développer, pour montrer au monde qu'il existe une meilleure approche que Kyoto.
Le 10 octobre 2006, après avoir rejeté l'accord de Kyoto qui ne proposait pas des objectifs réalistes à l'économie canadienne, le premier ministre Stephen Harper annonçait son projet de loi "Clean Air Act". Le projet qui propose une approche "exhaustive et intégrée" risque selon beaucoup d'observateurs de rester longtemps dans les cartons du gouvernement...
Le programme se voulait réaliste car si les sociétés ne font pas de profit, elles ne pourront pas réinvestir dans la protection de l'environnement: c'est le gros bon sens qui veut cela. "[Clear Skies] legislation will constitute the most significant step America has ever taken -- has ever taken -- to cut power plant emissions..."
Après avoir réalisé que le projet de Clear Skies Act abaissait les normes déjà existantes du vénérable Clean Air Act administré par l'EPA, l'opposition s'est bien sûr mobilisée. Et le résultat, c'est que quatre ans plus tard, le projet de Clear Skies Act est encore empêtré dans une commission sénatoriale du Congrès, ce qui était peut-être le résultat désiré depuis le début, par ailleurs.
Dans un passage particulièrement savoureux du discours, George W. Bush indique qu'il n'a pas l'intention de nuire aux pays qui ont choisi de signer l'accord de Kyoto, mais qu'il souhaite travailler avec les autres pays, spécialement ceux qui sont pauvres et en train de se développer, pour montrer au monde qu'il existe une meilleure approche que Kyoto.
Le 10 octobre 2006, après avoir rejeté l'accord de Kyoto qui ne proposait pas des objectifs réalistes à l'économie canadienne, le premier ministre Stephen Harper annonçait son projet de loi "Clean Air Act". Le projet qui propose une approche "exhaustive et intégrée" risque selon beaucoup d'observateurs de rester longtemps dans les cartons du gouvernement...
mardi 10 octobre 2006
Faits divers dans le 850
L'indicatif téléphonique de la Corée du Nord est le 850.
La Chine et la Corée du Sud s'opposent toujours aux sanctions économiques contre la Corée du Nord pour la simple raison qu'ils ne veulent pas que les Nord-coréens, déjà affamés, ne viennent se réfugier chez eux par millions.
Les seules sources de devises étrangères de la Corée du Nord, nécessaires pour acheter des produits de base et des médicaments essentiels sur le marché international, sont la vente de missiles, la vente de technologie nucléaire et l'impression de fausse monnaie américaine.
Près de 95 % des Nord-coréens n'ont jamais connu d'autre régime politique que celui des Kim, père et fils. Toute la population a vécu toute sa vie sous la domination de la propagande des Kim.
Avant que la Corée du Nord ne fasse son essai le 8 octobre, le journaliste Donald Kirk, un observateur des deux Corées depuis plus de 30 ans, écrivait en substance ceci: "L'isolement de la Corée du Nord, que la plupart des experts prédisent à la suite d'un essai nucléaire, n'ira probablement pas au-delà de dénonciations et de récriminations véhémentes, après quoi la Chine et la Corée du Sud reprendront leur train-train habituel, pendant que le Japon et les États-Unis continueront de menacer de resserrer leurs propres sanctions. Rien ne bougera au plan militaire, sinon des mises en état d'urgence."
Lire ce que Donald Kirk écrivait le 5 octobre, c'est comme lire le journal d'aujourd'hui.
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien les intérêts du premier ministre japonais Shinzo Abe qui veut modifier sa constitution "pacifiste" pour remilitariser le Japon.
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien la propagande iranienne dans la rue musulmane, où on entend couramment: "Voyez la Corée du Nord, ils ont la bombe atomique, et les Américains n'osent pas les attaquer."
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien la campagne électorale démocrate, qui en profite pour dénoncer l'ineptie de la politique étrangère d'un gouvernement incapable d'empêcher la Corée du Nord de développer la bombe.
Finalement, il n'y a que les Nord-coréens à qui cela ne sert pas. Mais ils ne le savent pas.
La Chine et la Corée du Sud s'opposent toujours aux sanctions économiques contre la Corée du Nord pour la simple raison qu'ils ne veulent pas que les Nord-coréens, déjà affamés, ne viennent se réfugier chez eux par millions.
Les seules sources de devises étrangères de la Corée du Nord, nécessaires pour acheter des produits de base et des médicaments essentiels sur le marché international, sont la vente de missiles, la vente de technologie nucléaire et l'impression de fausse monnaie américaine.
Près de 95 % des Nord-coréens n'ont jamais connu d'autre régime politique que celui des Kim, père et fils. Toute la population a vécu toute sa vie sous la domination de la propagande des Kim.
Avant que la Corée du Nord ne fasse son essai le 8 octobre, le journaliste Donald Kirk, un observateur des deux Corées depuis plus de 30 ans, écrivait en substance ceci: "L'isolement de la Corée du Nord, que la plupart des experts prédisent à la suite d'un essai nucléaire, n'ira probablement pas au-delà de dénonciations et de récriminations véhémentes, après quoi la Chine et la Corée du Sud reprendront leur train-train habituel, pendant que le Japon et les États-Unis continueront de menacer de resserrer leurs propres sanctions. Rien ne bougera au plan militaire, sinon des mises en état d'urgence."
Lire ce que Donald Kirk écrivait le 5 octobre, c'est comme lire le journal d'aujourd'hui.
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien les intérêts du premier ministre japonais Shinzo Abe qui veut modifier sa constitution "pacifiste" pour remilitariser le Japon.
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien la propagande iranienne dans la rue musulmane, où on entend couramment: "Voyez la Corée du Nord, ils ont la bombe atomique, et les Américains n'osent pas les attaquer."
L'essai nucléaire nord-coréen sert bien la campagne électorale démocrate, qui en profite pour dénoncer l'ineptie de la politique étrangère d'un gouvernement incapable d'empêcher la Corée du Nord de développer la bombe.
Finalement, il n'y a que les Nord-coréens à qui cela ne sert pas. Mais ils ne le savent pas.
lundi 9 octobre 2006
Des signataires prestigieux
La semaine dernière, l'émission Désautels signait un reportage intitulé Pour en finir avec le conflit israélo-arabe. Durant 60 ans, ce conflit nous a été rappelé presqu'à tous les jours. Il fait partie du paysage médiatique.
Alors, quand j'ai vu ce titre, j'ai sursauté. Qui pouvait vouloir et prétendait pouvoir "en finir avec le conflit isaraélo-palestinien" ? Une liste prestigieuse d'une cinquantaine de personnalités a signé une pétition pour demander la tenue d'une conférence internationale sur le conflit. Michel Rocard, signataire lui-même, explique qu'il s'agit à son avis de la plus prestigieuse liste de signataires qu'il ait jamais vu: Carter, Gorbatchev, Jospin, de Klerk, Kouchner, Brzezinski, Delors, Shirin Ebadi, Boutros-Ghali, McNamara, etc.
Ce qu'il y a d'original dans ce projet de conférence internationale, c'est qu'il propose d'ajouter l'initiative de la Ligue arabe de 2002 à la feuille de route proposée en 2003 par ce qu'on appelle le Quartet (ONU, Etats-Unis, Union européenne et Russie). Cela pourrait rassurer la partie palestinienne tout en étant plus contraignante pour elle quant au respect des futures ententes.
Mais la petite musique de cette pétition, si prestigieuse soit-elle, est couverte par le bruit des tambours qui résonnent autour de l'Iran. (via Vigile.net)
Alors, quand j'ai vu ce titre, j'ai sursauté. Qui pouvait vouloir et prétendait pouvoir "en finir avec le conflit isaraélo-palestinien" ? Une liste prestigieuse d'une cinquantaine de personnalités a signé une pétition pour demander la tenue d'une conférence internationale sur le conflit. Michel Rocard, signataire lui-même, explique qu'il s'agit à son avis de la plus prestigieuse liste de signataires qu'il ait jamais vu: Carter, Gorbatchev, Jospin, de Klerk, Kouchner, Brzezinski, Delors, Shirin Ebadi, Boutros-Ghali, McNamara, etc.
Ce qu'il y a d'original dans ce projet de conférence internationale, c'est qu'il propose d'ajouter l'initiative de la Ligue arabe de 2002 à la feuille de route proposée en 2003 par ce qu'on appelle le Quartet (ONU, Etats-Unis, Union européenne et Russie). Cela pourrait rassurer la partie palestinienne tout en étant plus contraignante pour elle quant au respect des futures ententes.
Mais la petite musique de cette pétition, si prestigieuse soit-elle, est couverte par le bruit des tambours qui résonnent autour de l'Iran. (via Vigile.net)
dimanche 8 octobre 2006
Jour de bonheur, prise 8
Le soleil d'automne a décrété qu'aujourd'hui sera un jour de bonheur.
Je vais me promener dans le bois.
Je vais me promener dans le bois.
samedi 7 octobre 2006
Knockouté par "Le 7ème round"
Il ne se fait apparamment plus de séries télévisées à 1 million de dollars par épisode. Alors je me demande où les producteurs ont trouvé l'argent pour tourner le 1er épisode de la série Le 7ème round. Des vedettes crédibles, un ring, la foule, un combat haletant, des conférences de presse et des réceptions réalistes. Comment font-ils, les gens de Productions Pixcom Trois Inc. ?
Comment font-ils ? Ils ont du talent. J'aimerais dire "Ils ont du talent" comme John Houseman disait dans la célèbre publicité de Smith Barney: "They earn it."
Je m'excuse à l'avance auprès de tous les artisans du cinéma, mais tout commence au départ par cet individu mal fagoté, un peu insécure socialement, qui passe ses journées devant un clavier d'ordinateur. Michelle Allen a imaginé des personnages complexes, avec des qualités et des défauts. On cherchait en vain qui sera le méchant, dans la série. Ils seront tous méchants à tour de rôle. Et ils seront tous bons à tour de rôle aussi. Elle nous a présenté les personnages dans le 1er épisode, sans être didactique et elle a trouvé le moyen de nous laisser sur un punch cynique mais bien typique du milieu de la boxe. Le talent et l'expérience.
Et la mise en scène, les choix d'images, le combat de boxe, le grain rude quand il le faut, lisse et factuel quand il le faut. Sylvain Archambault m'avait déjà épaté dans Le négociateur, lui qui avait su obtenir de Guillaume Lemay-Thivierge sa remarquable prestation de preneur d'otage paumé. Une autre série qui brassait beaucoup de boucane avec peu de moyens. Quand je pense que l'auteur des immortelles Mémoires affectives lève le nez sur les productions télé après nous avoir gratifié de Nos étés. Il y a plusieurs jeunes réalisateurs de génie qui travaillent honnêtement à la télévision. Sylvain Archambault est de ceux-là.
Je m'extasie encore, seulement à penser à la performance d'Isabel Richer, quand son mari meurt, performance génialement filmée de loin, d'autant plus efficace. J'avoue une petite larme au coin de l'oeil. Micheline Lanctôt en gars de la gang. Sébastien Delorme en petit fendant, plein de suffisance suite à sa victoire. Gilles Renaud, Julie Lebreton, Denis Bernard...
Ce n'est pas une série de gars, c'est une série d'émotions, comme la boxe. De la même façon, Rumeurs n'est pas un téléroman de filles, c'est un téléroman cérébral et brillant, comme... son auteure.
Comment font-ils ? Ils ont du talent. J'aimerais dire "Ils ont du talent" comme John Houseman disait dans la célèbre publicité de Smith Barney: "They earn it."
Je m'excuse à l'avance auprès de tous les artisans du cinéma, mais tout commence au départ par cet individu mal fagoté, un peu insécure socialement, qui passe ses journées devant un clavier d'ordinateur. Michelle Allen a imaginé des personnages complexes, avec des qualités et des défauts. On cherchait en vain qui sera le méchant, dans la série. Ils seront tous méchants à tour de rôle. Et ils seront tous bons à tour de rôle aussi. Elle nous a présenté les personnages dans le 1er épisode, sans être didactique et elle a trouvé le moyen de nous laisser sur un punch cynique mais bien typique du milieu de la boxe. Le talent et l'expérience.
Et la mise en scène, les choix d'images, le combat de boxe, le grain rude quand il le faut, lisse et factuel quand il le faut. Sylvain Archambault m'avait déjà épaté dans Le négociateur, lui qui avait su obtenir de Guillaume Lemay-Thivierge sa remarquable prestation de preneur d'otage paumé. Une autre série qui brassait beaucoup de boucane avec peu de moyens. Quand je pense que l'auteur des immortelles Mémoires affectives lève le nez sur les productions télé après nous avoir gratifié de Nos étés. Il y a plusieurs jeunes réalisateurs de génie qui travaillent honnêtement à la télévision. Sylvain Archambault est de ceux-là.
Je m'extasie encore, seulement à penser à la performance d'Isabel Richer, quand son mari meurt, performance génialement filmée de loin, d'autant plus efficace. J'avoue une petite larme au coin de l'oeil. Micheline Lanctôt en gars de la gang. Sébastien Delorme en petit fendant, plein de suffisance suite à sa victoire. Gilles Renaud, Julie Lebreton, Denis Bernard...
Ce n'est pas une série de gars, c'est une série d'émotions, comme la boxe. De la même façon, Rumeurs n'est pas un téléroman de filles, c'est un téléroman cérébral et brillant, comme... son auteure.
vendredi 6 octobre 2006
Le choix d'Oliver
Ce jour-là, 12 août 2006, on était au lendemain du dévoilement "d' un complot terroriste qui visait à provoquer des destructions et des pertes humaines incalculables", selon le numéro 2 de Scotland Yard. Des bombes liquides allaient faire sauter 10 avions. On attend encore des preuves, soit dit en passant.
C'était vraiment l'hystérie partout. Je suis d'un naturel assez placide et je dois dire que le bombardement de ces nouvelles m'a un peu ébranlé. C'est pourquoi j'ai écrit ce billet: "Fais-nous peur, Oliver", où je notais que la peur se répandait partout. De façon un peu moqueuse, je lançai qu'on la recherchait presque, vu que les critiques de cinéma reprochaient à Oliver Stone d'avoir fait un banal bon film-catastrophe sur le naïnewonwon, au lieu de dénoncer des complots:
"Et les critiques sont déçus. Quoi ? Pas de complot, pas de sombre machination, pas de vrai vrai méchant ? Tu ne nous as pas assez fait peur, Oliver.
Et si c'était justement ça, le message d'Oliver Stone aux Américains ? Le naïnewonwon, c'est seulement une catastrophe. Arrêtez d'avoir peur. Ce n'est pas une raison de ravager le reste de la planète pour autant."
Hier, naviguant au hasard sur les eaux calmes de l'Internet par un soir désoeuvré, je tombe sur une déclaration d'Oliver Stone publiée le 1er septembre par La Libre Belgique, à l'occasion du Festival de cinéma de Venise. Je livre en vrac quelques phrases clefs aux lecteurs pressés:
¤ Mon point de vue depuis 2001, et je n'ai jamais manqué de le dire, est que nous avons réagi de façon disproportionnée. (...)
¤ Je crois qu'avec des actions policières appropriées, on peut contrer le terrorisme. Sans envoyer des troupes en Irak. (...)
¤ Tout le problème est d'avoir effectivement parlé de «guerre au terrorisme». Comment fait-on la guerre à la terreur? Comme on a fait la guerre à la pauvreté ou à la drogue avant?(...)
¤ Ça, c'est politiser le film. Mais ce n'est pas un film politique. C'est un compte rendu des faits.(...)
¤ Ce n'est pas parce que je rapporte ce qui a été dit ou fait ce jour-là que je porte un jugement dessus ou que je l'approuve.
Je précise qu'il n'y a qu'une simple coïncidence entre mon billet et les propos d'Oliver Stone.
C'était vraiment l'hystérie partout. Je suis d'un naturel assez placide et je dois dire que le bombardement de ces nouvelles m'a un peu ébranlé. C'est pourquoi j'ai écrit ce billet: "Fais-nous peur, Oliver", où je notais que la peur se répandait partout. De façon un peu moqueuse, je lançai qu'on la recherchait presque, vu que les critiques de cinéma reprochaient à Oliver Stone d'avoir fait un banal bon film-catastrophe sur le naïnewonwon, au lieu de dénoncer des complots:
"Et les critiques sont déçus. Quoi ? Pas de complot, pas de sombre machination, pas de vrai vrai méchant ? Tu ne nous as pas assez fait peur, Oliver.
Et si c'était justement ça, le message d'Oliver Stone aux Américains ? Le naïnewonwon, c'est seulement une catastrophe. Arrêtez d'avoir peur. Ce n'est pas une raison de ravager le reste de la planète pour autant."
Hier, naviguant au hasard sur les eaux calmes de l'Internet par un soir désoeuvré, je tombe sur une déclaration d'Oliver Stone publiée le 1er septembre par La Libre Belgique, à l'occasion du Festival de cinéma de Venise. Je livre en vrac quelques phrases clefs aux lecteurs pressés:
¤ Mon point de vue depuis 2001, et je n'ai jamais manqué de le dire, est que nous avons réagi de façon disproportionnée. (...)
¤ Je crois qu'avec des actions policières appropriées, on peut contrer le terrorisme. Sans envoyer des troupes en Irak. (...)
¤ Tout le problème est d'avoir effectivement parlé de «guerre au terrorisme». Comment fait-on la guerre à la terreur? Comme on a fait la guerre à la pauvreté ou à la drogue avant?(...)
¤ Ça, c'est politiser le film. Mais ce n'est pas un film politique. C'est un compte rendu des faits.(...)
¤ Ce n'est pas parce que je rapporte ce qui a été dit ou fait ce jour-là que je porte un jugement dessus ou que je l'approuve.
Je précise qu'il n'y a qu'une simple coïncidence entre mon billet et les propos d'Oliver Stone.
jeudi 5 octobre 2006
Le dilemme de Bush
On l'a remarqué, le président Bush se tient tranquille sur le front des attaques verbales contre l'Iran, ces temps-ci. C'est bien sûr à cause de la fameuse corrélation entre le prix de l'essence et la popularité du président. Les Saoudiens font tout ce qu'il peuvent pour faire baisser les prix, mais toute menace de Bush contre l'Iran fait monter les prix. Alors on se calme le pon-pon pour l'instant.
D'un autre côté, des malheurs domestiques viennent de frapper la campagne électorale républicaine. L'affaire Hastert, dans la foulée de l'affaire Foley, prend des proportions énormes dans les médias. Il s'agit évidemment d'un autre épisode du feuilleton préféré des Américains: "Sex, Politic and Cover-up". Cela n'annonce rien de bon pour le 7 novembre.
Prudent comme tout, le stratège en chef Karl Rove s'était ménagé un plan B. Toute une flotte navale est actuellement en route pour le Golfe persique et devrait y arriver vers le 21 octobre: le porte-avions nucléaire Eisenhower et son escorte de croiseurs, contre-torpilleurs, frégates et sous-marins. Un groupe de navires équipés pour miner des ports est aussi en route.
Même Whiskey Bar, un des sites les plus lucides sur la politique américaine, ne peut pas croire que Rove se prépare à bombarder l'Iran pour plonger le pays dans une hystérie guerrière et gagner l'élection: " I still find it hard to believe an American president and his political hit team would deliberately use a war, and the inevitable war hysteria, to hold on to a few more marginal seats in Pennsylvania and Connecticut."
Mais si Bush bombarde l'Iran, le prix de l'essence va monter, jusqu'à 200 $US le baril, dit-on. Avouez qu'il y a là un bon dilemme. Qu'est-ce qui met les Américains le plus en colère, les prix à la pompe ou Mahmoud Ahmadinejad ?
D'un autre côté, des malheurs domestiques viennent de frapper la campagne électorale républicaine. L'affaire Hastert, dans la foulée de l'affaire Foley, prend des proportions énormes dans les médias. Il s'agit évidemment d'un autre épisode du feuilleton préféré des Américains: "Sex, Politic and Cover-up". Cela n'annonce rien de bon pour le 7 novembre.
Prudent comme tout, le stratège en chef Karl Rove s'était ménagé un plan B. Toute une flotte navale est actuellement en route pour le Golfe persique et devrait y arriver vers le 21 octobre: le porte-avions nucléaire Eisenhower et son escorte de croiseurs, contre-torpilleurs, frégates et sous-marins. Un groupe de navires équipés pour miner des ports est aussi en route.
Même Whiskey Bar, un des sites les plus lucides sur la politique américaine, ne peut pas croire que Rove se prépare à bombarder l'Iran pour plonger le pays dans une hystérie guerrière et gagner l'élection: " I still find it hard to believe an American president and his political hit team would deliberately use a war, and the inevitable war hysteria, to hold on to a few more marginal seats in Pennsylvania and Connecticut."
Mais si Bush bombarde l'Iran, le prix de l'essence va monter, jusqu'à 200 $US le baril, dit-on. Avouez qu'il y a là un bon dilemme. Qu'est-ce qui met les Américains le plus en colère, les prix à la pompe ou Mahmoud Ahmadinejad ?
mercredi 4 octobre 2006
Multiculturalisme revisited
Essor du multiculturalisme
Le multiculturalisme a été inventé par Pierre Elliott Trudeau en 1971. Quand la Commission Laurendeau-Dunton a remis son rapport sur le bilinguisme et le biculturalisme, après 6 ans de labeur, les 30 000 Doukhobors de l'Ouest, ainsi que d'autres groupes ethniques, ont protesté. Leur apport culturel au Canada était aussi important que celui des francophones.
Pour tenir compte de leurs revendications, Trudeau annonce la mise en oeuvre d'une politique de multiculturalisme à l'intérieur d'un cadre bilingue. Mais je l'imagine très bien aller prendre un verre de scotch avec Jean Chrétien, le soir après cette annonce:
Trudeau: Alors, Chrétien, que pensez-vous de cette idée de multiculturalisme ?
Chrétien: Ben, je trouve ça pas pire pantoute. Ça coûtera pas trop cher en plus. On va leur financer quelques soirées de danses folkloriques pis des drapeaux canadiens pis l'affaire va être ketchup.
Trudeau: Si si, bien sûr. Mais il faut voir plus loin. Je balance le multiculturalisme dans les gencives des séparatistes et ils seront furieux. Les Canadiens-français deviennent un groupe ethnique parmi d'autres. Mais le plus beau, c'est qu'il ne peuvent pas trop protester, sous peine de passer pour des xénophobes et des racistes.
L'idée fut trouvée excellente aussi dans d'autres pays, afin d'approcher les différentes communautés ethniques et favoriser leur intégration: la Grande-Bretagne, l'Australie, certains États américains, les Pays-Bas, l'Allemagne et plusieurs autres pays où, sans être la politique officielle, le multiculturalisme influençait les mesures gouvernementales.
Déclin du multiculturalisme
Arrive l'attentat du World Trade Center, la montée de l'intégrisme islamique, l'assassinat de Pim Fortuyn en 2002 et de Theo van Gogh en 2004 aux Pays-Bas, lesquels réalisent soudainement que 55 % de la jeune population d'Amsterdam est d'origine turque ou marocaine. Les Pays-Bas abandonnent officiellement leur politique de multiculturalisme.
En Grande-Bretagne, après les attentats coordonnés dans le métro qui firent 52 morts en 2005, le multiculturalisme est fortement critiqué. On réalise que ce sont quatre jeunes anglais qui se sont constitués "martyrs d'Allah" pour aller batifoler avec 72 vierges aux yeux sombres, quelque part dans le ciel. L'intégration a raté son coup et les valeurs britanniques n'ont pas pénétré le ghetto musulman d'où provenaient ces jeunes.
La grande majorité des musulmans qui ont émigré à l'Ouest sont pacifiques et veulent s'intégrer. Mais dans tous ces mêmes pays, il y a une frange de la jeunesse musulmane qui pense se revaloriser ou exprimer sa révolte en embrassant l'intégrisme islamique. Les populations d'origine deviennent de plus en plus nerveuses et impatientes sous la pression démographique. Les contrôles de l'immigration et les méthodes d'intégration peuvent être discutées sans se faire traiter de raciste. Le multiculturalisme perd des plumes.
Tout le monde a un quota
Devant l'enfant turbulent, certains parents interviennent au bout de deux minutes, d'autres au bout d'une demi-heure. La façon d'intervenir peut être douce ou forte, mais tout le monde a un quota de ce qu'il peut tolérer, et ce n'est pas le même pour tous.
Le procédé est plus complexe mais analogue en matière d'immigration et d'intégration des immigrants. Chaque pays a son quota, et il intervient de manière douce ou forte. Par exemple, à une extrémité du continuum, il y a l'Afghanistan où le quota est zéro et la manière, forte. L'article 3 de la constitution dit ceci: "In Afghanistan, no law can be contrary to the beliefs and provisions of the sacred religion of Islam". On a vu ce qui est arrivé à l'hurluberlu qui s'était converti au christianisme: il n'a sauvé sa tête que parce qu'on l'a déclaré fou, à la demande d'une coalition armée de 30 pays.
À l'autre extrémité du continuum, il y a la Californie où plus de 25 % des habitants sont nés en dehors des États-Unis. Les méthodes de contrôle de l'immigration et de la population immigrée semblent plutôt douces, mais il y a tout un débat sur cette question là-bas, un signe que la Californie s'approche de son quota.
Entre les deux, il y a le Canada où près de 20 % de la population est d'origine étrangère et les méthodes de contrôle plutôt tolérantes et dictées par la politique officielle du multiculturalisme. Les Pays-Bas sont aussi à 20 % de la population née à l'extérieur et viennent de rejeter le multiculturalisme. On voit bien qu'il n'y a pas que le facteur "tolérance" de la population d'origine, il y a aussi le facteur "adaptation" de la population immigrée. L'intégrisme musulman est beaucoup plus virulent aux Pays-Bas qu'au Canada. Les Pays-Bas ont atteint leur quota, et le Canada, pas encore.
Le multiculturalisme à toutes les sauces
Certains commentateurs conservateurs et néo-conservateurs ont fait du multiculturalisme leur bête noire. Pour eux, le multiculturalisme met sur le même pied les cultures issues des superstitions des peuplades animistes et la culture occidentale prônant l'État de droit et tout son bataclan démocratique. Avec un ennemi défini de cette façon, ils sont certains de gagner tous les débats sur la question.
Le multiculturalisme est un concept mou, polymorphe, à plusieurs usages. C'est l'huile WD-40 de la pensée politique moderne. Né comme une arme dans le combat contre les souverainistes québécois, le multiculturalisme a aussi eu pour but de calmer les tensions ethniques et de faciliter l'intégration des immigrants.
Il n'a parfois servi qu'à créer des ghettos culturels, faire reculer les droits des femmes immigrantes et autoriser de spectaculaires dérapages en matière de rectitude politique. On se souvient encore de cette juge qui avait accepté comme circonstance atténuante, dans une affaire de viol, le fait que les trois inculpés noirs considèrent comme normal le fait de prendre une femme de force, selon la culture de leur pays d'origine, disaient-ils.
Mais l'utilisation la plus tordue que j'aie vu, à date, c'est celle des néo-conservateurs et d'une certaine gauche impérialiste, celle qui approuve la guerre en Irak. Tout le monde s'entend qu'on préfère la démocratie, ici, en ce pays, avec son histoire et ses traditions. Pour ces propagandistes de la démocratie, le multiculturalisme et ses excès de rectitude politique leur sert de repoussoir pour fustiger le relativisme culturel et réaffirmer la supériorité intrinsèque de la culture occidentale, qu'il faut donc implanter ailleurs dans le monde, par les armes s'il le faut.
On est rendu loin de la commandite des danses folkloriques.
Le multiculturalisme a été inventé par Pierre Elliott Trudeau en 1971. Quand la Commission Laurendeau-Dunton a remis son rapport sur le bilinguisme et le biculturalisme, après 6 ans de labeur, les 30 000 Doukhobors de l'Ouest, ainsi que d'autres groupes ethniques, ont protesté. Leur apport culturel au Canada était aussi important que celui des francophones.
Pour tenir compte de leurs revendications, Trudeau annonce la mise en oeuvre d'une politique de multiculturalisme à l'intérieur d'un cadre bilingue. Mais je l'imagine très bien aller prendre un verre de scotch avec Jean Chrétien, le soir après cette annonce:
Trudeau: Alors, Chrétien, que pensez-vous de cette idée de multiculturalisme ?
Chrétien: Ben, je trouve ça pas pire pantoute. Ça coûtera pas trop cher en plus. On va leur financer quelques soirées de danses folkloriques pis des drapeaux canadiens pis l'affaire va être ketchup.
Trudeau: Si si, bien sûr. Mais il faut voir plus loin. Je balance le multiculturalisme dans les gencives des séparatistes et ils seront furieux. Les Canadiens-français deviennent un groupe ethnique parmi d'autres. Mais le plus beau, c'est qu'il ne peuvent pas trop protester, sous peine de passer pour des xénophobes et des racistes.
L'idée fut trouvée excellente aussi dans d'autres pays, afin d'approcher les différentes communautés ethniques et favoriser leur intégration: la Grande-Bretagne, l'Australie, certains États américains, les Pays-Bas, l'Allemagne et plusieurs autres pays où, sans être la politique officielle, le multiculturalisme influençait les mesures gouvernementales.
Déclin du multiculturalisme
Arrive l'attentat du World Trade Center, la montée de l'intégrisme islamique, l'assassinat de Pim Fortuyn en 2002 et de Theo van Gogh en 2004 aux Pays-Bas, lesquels réalisent soudainement que 55 % de la jeune population d'Amsterdam est d'origine turque ou marocaine. Les Pays-Bas abandonnent officiellement leur politique de multiculturalisme.
En Grande-Bretagne, après les attentats coordonnés dans le métro qui firent 52 morts en 2005, le multiculturalisme est fortement critiqué. On réalise que ce sont quatre jeunes anglais qui se sont constitués "martyrs d'Allah" pour aller batifoler avec 72 vierges aux yeux sombres, quelque part dans le ciel. L'intégration a raté son coup et les valeurs britanniques n'ont pas pénétré le ghetto musulman d'où provenaient ces jeunes.
La grande majorité des musulmans qui ont émigré à l'Ouest sont pacifiques et veulent s'intégrer. Mais dans tous ces mêmes pays, il y a une frange de la jeunesse musulmane qui pense se revaloriser ou exprimer sa révolte en embrassant l'intégrisme islamique. Les populations d'origine deviennent de plus en plus nerveuses et impatientes sous la pression démographique. Les contrôles de l'immigration et les méthodes d'intégration peuvent être discutées sans se faire traiter de raciste. Le multiculturalisme perd des plumes.
Tout le monde a un quota
Devant l'enfant turbulent, certains parents interviennent au bout de deux minutes, d'autres au bout d'une demi-heure. La façon d'intervenir peut être douce ou forte, mais tout le monde a un quota de ce qu'il peut tolérer, et ce n'est pas le même pour tous.
Le procédé est plus complexe mais analogue en matière d'immigration et d'intégration des immigrants. Chaque pays a son quota, et il intervient de manière douce ou forte. Par exemple, à une extrémité du continuum, il y a l'Afghanistan où le quota est zéro et la manière, forte. L'article 3 de la constitution dit ceci: "In Afghanistan, no law can be contrary to the beliefs and provisions of the sacred religion of Islam". On a vu ce qui est arrivé à l'hurluberlu qui s'était converti au christianisme: il n'a sauvé sa tête que parce qu'on l'a déclaré fou, à la demande d'une coalition armée de 30 pays.
À l'autre extrémité du continuum, il y a la Californie où plus de 25 % des habitants sont nés en dehors des États-Unis. Les méthodes de contrôle de l'immigration et de la population immigrée semblent plutôt douces, mais il y a tout un débat sur cette question là-bas, un signe que la Californie s'approche de son quota.
Entre les deux, il y a le Canada où près de 20 % de la population est d'origine étrangère et les méthodes de contrôle plutôt tolérantes et dictées par la politique officielle du multiculturalisme. Les Pays-Bas sont aussi à 20 % de la population née à l'extérieur et viennent de rejeter le multiculturalisme. On voit bien qu'il n'y a pas que le facteur "tolérance" de la population d'origine, il y a aussi le facteur "adaptation" de la population immigrée. L'intégrisme musulman est beaucoup plus virulent aux Pays-Bas qu'au Canada. Les Pays-Bas ont atteint leur quota, et le Canada, pas encore.
Le multiculturalisme à toutes les sauces
Certains commentateurs conservateurs et néo-conservateurs ont fait du multiculturalisme leur bête noire. Pour eux, le multiculturalisme met sur le même pied les cultures issues des superstitions des peuplades animistes et la culture occidentale prônant l'État de droit et tout son bataclan démocratique. Avec un ennemi défini de cette façon, ils sont certains de gagner tous les débats sur la question.
Le multiculturalisme est un concept mou, polymorphe, à plusieurs usages. C'est l'huile WD-40 de la pensée politique moderne. Né comme une arme dans le combat contre les souverainistes québécois, le multiculturalisme a aussi eu pour but de calmer les tensions ethniques et de faciliter l'intégration des immigrants.
Il n'a parfois servi qu'à créer des ghettos culturels, faire reculer les droits des femmes immigrantes et autoriser de spectaculaires dérapages en matière de rectitude politique. On se souvient encore de cette juge qui avait accepté comme circonstance atténuante, dans une affaire de viol, le fait que les trois inculpés noirs considèrent comme normal le fait de prendre une femme de force, selon la culture de leur pays d'origine, disaient-ils.
Mais l'utilisation la plus tordue que j'aie vu, à date, c'est celle des néo-conservateurs et d'une certaine gauche impérialiste, celle qui approuve la guerre en Irak. Tout le monde s'entend qu'on préfère la démocratie, ici, en ce pays, avec son histoire et ses traditions. Pour ces propagandistes de la démocratie, le multiculturalisme et ses excès de rectitude politique leur sert de repoussoir pour fustiger le relativisme culturel et réaffirmer la supériorité intrinsèque de la culture occidentale, qu'il faut donc implanter ailleurs dans le monde, par les armes s'il le faut.
On est rendu loin de la commandite des danses folkloriques.
mardi 3 octobre 2006
Salade de saison XI
Vigile.net
"Vigile interrompt sa publication par manque de fonds chronique." C'est le message qu'on reçoit depuis hier quand on va sur le site. Je suis certain que ceux qui se dévouent à faire fonctionner le site en ont un peu marre de quêter à tous les mois les frais minimes nécessaires à couvrir des dépenses de fonctionnement. Je leur souhaite de trouver un George Soros québécois qui pourrait régler leur problème annuel avec ce qui serait pour lui l'équivalent d'une poignée de monnaie. Car...
Il y a peu de choses dans la vie qui n'ont pas d'équivalent. Vigile permet d'avoir en un seul coup d'oeil une vue d'ensemble du petit monde de la politique québécoise, avec des clins d'oeil à la politique canadienne et internationale. Personne d'autre ne le fait.
Vigile m'a parfois fait l'honneur de choisir mes textes pour faire partie de la sélection quotidienne et maintenait une ouverture sur Après tout... dans la section des blogues. Mais je m'ennuirai bien davantage de l'ouverture sur le monde qu'il offrait, s'il ne revient pas.
Bill Frist propose un changement de cap en Afghanistan
Le leader républicain du Sénat américain reconnaît qu'il est impossible d'en arriver à une victoire militaire en Afghanistan. Les Talibans sont présents partout et ils ont l'appui de la population. Le leader du Sénat suggère une solution politique au problème afghan en faisant entrer les Talibans au sein de l'appareil gouvernemental.
Je suis curieux de voir jusqu'où ira la suggestion du sénateur. Bush déclarait encore il y a trois jours qu'en Afghanistan, il fallait poursuivre le combat jusqu'à la victoire.
Faire des affaires avec un dictateur
Wikipédia a trouvé ce joli euphémisme pour qualifier le système politique ouzbek: "L'Ouzbékistan a un régime présidentiel fort." Islom Abdug‘aniyevich Karimov en est le président depuis 1990. Lors de l'élection de 2000, il gagne avec 91,6 % des voix, dont celle de son opposant. Le parlement et les tribunaux sont au service du pouvoir exécutif et la torture est couramment utilisée pour réduire les opposants.
La Presse nous apprend aujourd'hui que la filiale de Newmont Mining, un important producteur d'or américain, vient de faire faillite en Ouzbékistan. Caucaz europenews avait déjà publié cette dépêche le 18 août, mais ce n'est pas là le point que je veux faire.
Dans une dictature, si vous ne vous entendez pas avec le dictateur, tout est fini. Dans le cas de Newmont, le parlement vote une loi pour supprimer les avantages fiscaux donnés à certaines firmes étrangères, et ce rétroactivement. Puis le ministère du revenu vous monte une facture de 49 millions de dollars en arriérés d'impôts. Vous êtes frappé par un loi rétroactive et vous ne voulez pas payer. Conformément à la loi du pays, les tribunaux vous déclarent en faillite, et vos biens sont saisis. Fin de l'histoire.
La loi a été votée cet été. Dans une dictature, les fonctionnaires ne se traînent pas les pieds.
Il me vient une autre remarque, à la suite de cette nouvelle. On lit parfois des articles affirmant que l'Afghanistan a été envahi par les Américains pour construire un pipe-line amenant le pétrole de l'Asie centrale au Pakistan et en Inde. C'est un projet de plusieurs milliards de dollars. Le pipe-line passe à travers un pays infesté de rebelles insaisissables. Vous vous associez avec les dictateurs d'Asie Centrale qui changent d'idée comme de chemise. Qui serait assez fou pour faire cela ?
"Vigile interrompt sa publication par manque de fonds chronique." C'est le message qu'on reçoit depuis hier quand on va sur le site. Je suis certain que ceux qui se dévouent à faire fonctionner le site en ont un peu marre de quêter à tous les mois les frais minimes nécessaires à couvrir des dépenses de fonctionnement. Je leur souhaite de trouver un George Soros québécois qui pourrait régler leur problème annuel avec ce qui serait pour lui l'équivalent d'une poignée de monnaie. Car...
Il y a peu de choses dans la vie qui n'ont pas d'équivalent. Vigile permet d'avoir en un seul coup d'oeil une vue d'ensemble du petit monde de la politique québécoise, avec des clins d'oeil à la politique canadienne et internationale. Personne d'autre ne le fait.
Vigile m'a parfois fait l'honneur de choisir mes textes pour faire partie de la sélection quotidienne et maintenait une ouverture sur Après tout... dans la section des blogues. Mais je m'ennuirai bien davantage de l'ouverture sur le monde qu'il offrait, s'il ne revient pas.
Bill Frist propose un changement de cap en Afghanistan
Le leader républicain du Sénat américain reconnaît qu'il est impossible d'en arriver à une victoire militaire en Afghanistan. Les Talibans sont présents partout et ils ont l'appui de la population. Le leader du Sénat suggère une solution politique au problème afghan en faisant entrer les Talibans au sein de l'appareil gouvernemental.
Je suis curieux de voir jusqu'où ira la suggestion du sénateur. Bush déclarait encore il y a trois jours qu'en Afghanistan, il fallait poursuivre le combat jusqu'à la victoire.
Faire des affaires avec un dictateur
Wikipédia a trouvé ce joli euphémisme pour qualifier le système politique ouzbek: "L'Ouzbékistan a un régime présidentiel fort." Islom Abdug‘aniyevich Karimov en est le président depuis 1990. Lors de l'élection de 2000, il gagne avec 91,6 % des voix, dont celle de son opposant. Le parlement et les tribunaux sont au service du pouvoir exécutif et la torture est couramment utilisée pour réduire les opposants.
La Presse nous apprend aujourd'hui que la filiale de Newmont Mining, un important producteur d'or américain, vient de faire faillite en Ouzbékistan. Caucaz europenews avait déjà publié cette dépêche le 18 août, mais ce n'est pas là le point que je veux faire.
Dans une dictature, si vous ne vous entendez pas avec le dictateur, tout est fini. Dans le cas de Newmont, le parlement vote une loi pour supprimer les avantages fiscaux donnés à certaines firmes étrangères, et ce rétroactivement. Puis le ministère du revenu vous monte une facture de 49 millions de dollars en arriérés d'impôts. Vous êtes frappé par un loi rétroactive et vous ne voulez pas payer. Conformément à la loi du pays, les tribunaux vous déclarent en faillite, et vos biens sont saisis. Fin de l'histoire.
La loi a été votée cet été. Dans une dictature, les fonctionnaires ne se traînent pas les pieds.
Il me vient une autre remarque, à la suite de cette nouvelle. On lit parfois des articles affirmant que l'Afghanistan a été envahi par les Américains pour construire un pipe-line amenant le pétrole de l'Asie centrale au Pakistan et en Inde. C'est un projet de plusieurs milliards de dollars. Le pipe-line passe à travers un pays infesté de rebelles insaisissables. Vous vous associez avec les dictateurs d'Asie Centrale qui changent d'idée comme de chemise. Qui serait assez fou pour faire cela ?
lundi 2 octobre 2006
L'air du temps
L'air du temps est bizarre, ces jours-ci. On dirait que le monde est suspendu dans les airs, comme les verres de scotch et les tasses de café dans l' avion qui crée artificiellement un état d'apesanteur en vol parabolique. Cela ne durera pas.
Entre-temps, la vie continue. Un viaduc s'écroule et obtient toute l'attention médiatique méritée: ma belle-mère a passé la nuit de samedi à dimanche à en suivre les péripéties sur RDI. Le Congrès américain abolit l'habeas corpus et autorise la torture, mais les médias n'en ont que pour le pédophile Foley, représentant républicain de Floride. Et encore, comme toujours dans les affaires de sexe américaines, on s'en prend d'avantage au cover-up de la chose qu'à l'acte lui-même. La grande question est: "Comment se fait-il qu'on ait voulu cacher cela ?"
Bush ne parle plus d'imposer des sanctions à Téhéran, Israël a quitté le Liban, les chefs d'état sont rentrés chez eux après s'être nargués sur la tribune de l'ONU. Les socialistes français tirent à boulet rouge sur le meilleur candidat qu'ils ont eu depuis longtemps: "Mme Royal, qui va garder les enfants, une fois à l'Élysée ?" Business as usual. Au Canada, le candidat Ignatieff prend une avance dans l'appui des délégués, tel que prévu. Lula au Brésil fera un deuxième tour, bien entendu.
On prévoyait ce matin une congestion monstre sur les autoroutes de Laval menant à Montréal. Rien n'est arrivé. L'invasion du Liban devait enflammer le Moyen-Orient. Rien n'est arrivé. (Mes excuses aux Libanais qui ont payé le gros prix pour assister à ce non-événement). Bush, tous les signes avant-coureurs le disaient, allait bombarder l'Iran. Ben non. Jean Charest ne déclenche pas d'élections. Le Bloc québécois ne fait pas tomber le gouvernement conservateur. Le prix de l'essence baisse et les Américains s'apprêtent à voter.
On attend. L'air du temps est bizarre.
Entre-temps, la vie continue. Un viaduc s'écroule et obtient toute l'attention médiatique méritée: ma belle-mère a passé la nuit de samedi à dimanche à en suivre les péripéties sur RDI. Le Congrès américain abolit l'habeas corpus et autorise la torture, mais les médias n'en ont que pour le pédophile Foley, représentant républicain de Floride. Et encore, comme toujours dans les affaires de sexe américaines, on s'en prend d'avantage au cover-up de la chose qu'à l'acte lui-même. La grande question est: "Comment se fait-il qu'on ait voulu cacher cela ?"
Bush ne parle plus d'imposer des sanctions à Téhéran, Israël a quitté le Liban, les chefs d'état sont rentrés chez eux après s'être nargués sur la tribune de l'ONU. Les socialistes français tirent à boulet rouge sur le meilleur candidat qu'ils ont eu depuis longtemps: "Mme Royal, qui va garder les enfants, une fois à l'Élysée ?" Business as usual. Au Canada, le candidat Ignatieff prend une avance dans l'appui des délégués, tel que prévu. Lula au Brésil fera un deuxième tour, bien entendu.
On prévoyait ce matin une congestion monstre sur les autoroutes de Laval menant à Montréal. Rien n'est arrivé. L'invasion du Liban devait enflammer le Moyen-Orient. Rien n'est arrivé. (Mes excuses aux Libanais qui ont payé le gros prix pour assister à ce non-événement). Bush, tous les signes avant-coureurs le disaient, allait bombarder l'Iran. Ben non. Jean Charest ne déclenche pas d'élections. Le Bloc québécois ne fait pas tomber le gouvernement conservateur. Le prix de l'essence baisse et les Américains s'apprêtent à voter.
On attend. L'air du temps est bizarre.
dimanche 1 octobre 2006
Les prolétaires se rebiffent
Je viens de voir un bon thriller franco-belge de Lucas Belvaux, Cavale . Le "pitch", comme dirait Ardisson, va comme suit: "Après quinze ans passés derrière les barreaux, Bruno, qui prône la révolution prolétarienne, s'évade. Ce dernier veut continuer la lutte, faire sortir ses camarades de prison, libérer les masses du joug capitaliste. Tous ses anciens alliés n'y croient plus, même Jeanne qui s'est mariée et a maintenant des enfants."
Et c'est en cela que réside le principal intérêt du film. Ce terrorisme prolétarien qui a fait trembler les capitales européennes dans les années 70-80 ne suscite l'intérêt de personne. Et pourtant, la mainmise du grand capital sur les moyens de production et l'exploitation des prolétaires se sont poursuivi.
Après s'être fait rabrouer par les parents de ses compagnons de lutte tués, après avoir été dénoncé par ses plus proches alliés, certains d'entre eux recyclés dans le commerce de la drogue, il poursuit en solitaire un combat absurde le menant à une mort absurde.
Les vagues terroristes qui frappent successivement nos sociétés ne sont-elles que l'exutoire de jeunes hommes en colère adoptant le "langage du jour" pour rationaliser leurs actions violentes ?
Et c'est en cela que réside le principal intérêt du film. Ce terrorisme prolétarien qui a fait trembler les capitales européennes dans les années 70-80 ne suscite l'intérêt de personne. Et pourtant, la mainmise du grand capital sur les moyens de production et l'exploitation des prolétaires se sont poursuivi.
Après s'être fait rabrouer par les parents de ses compagnons de lutte tués, après avoir été dénoncé par ses plus proches alliés, certains d'entre eux recyclés dans le commerce de la drogue, il poursuit en solitaire un combat absurde le menant à une mort absurde.
Les vagues terroristes qui frappent successivement nos sociétés ne sont-elles que l'exutoire de jeunes hommes en colère adoptant le "langage du jour" pour rationaliser leurs actions violentes ?
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