Je viens de terminer Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini. Ce fut une expérience extraordinaire. Je n'ai jamais lu rien qui soit capable de susciter aussi finement et intelligemment l'émotion du lecteur. Je ne suis pas critique littéraire, mais je ne vous conterai quand même pas la fin. Ni les rebondissements. Ni le contenu de cette lettre de Rahim à Amir.
Il faudra voir par vous-même.
Les Talibans y sont détestables à souhait. On a vraiment le goût d'envahir l'Afghanistan et de leur mettre les valeurs canadiennes dans la tête. Mais cela ne fonctionne pas comme cela. Les Talibans sont des canailles. Mais pour les Afghans, ce sont leurs canailles. Et ils les préfèrent à ces diables d'étrangers qui viennent leur dire quoi penser en bombardant le pays.
J'y ai appris que les Afghans ont leurs histoires de newfies. L'idiot de service en est le mollah Nasruddin. Même les Québécois n'ont jamais osé être aussi anti-cléricaux.
31 août, 2006
30 août, 2006
Le poids des idées reçues
Je suggère aujourd'hui de jouer encore au jeu des manchettes. Prenons deux nouvelles récentes, publiées le même jour mais sans lien entre elles, et voyons comment le poids des idées reçues qui circulent dans le public vont générer des réactions tout-à-fait absurdes:
Le chef du Hezbollah fait son mea culpa
Jooneed Khan, Cyberpresse, 28 août 2006.
Dans le Mississippi, Bush salue le «renouveau»
Associated Press, Canoë, 28 août 2006.
Quiconque ayant eu l'occasion de prendre connaissance des faits et des circonstances à l'origine de ces deux déclarations sait que, fort probablement, l'un d'entre eux ment, et que l'autre dit la vérité.
Je vous laisse 10 secondes de réflexion... 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
Sur le déclenchement de la guerre au Liban, Nasrallah dit avoir été surpris de la réaction d'Israël. Le monde entier a été surpris de la réaction d'Israël, sauf Bush, et Harper bien entendu. Pourquoi Nasrallah n'aurait-il pas été surpris ? Les précédents incidents frontaliers mineurs s'étaient réglés par la négociation.
Parallèlement à son action armée déclenchée par l'occupation d'Israël au Liban en 1982, le Hezbollah a entrepris depuis une démarche de légitimation aux yeux des Libanais en renonçant à appliquer la charia et en s'impliquant dans l'action communautaire et politique. Pourquoi le Hezbollah n'aurait-il pas renoncé à capturer 2 soldats israéliens s'il avait su que cette action aurait déclenché une telle pluie de fer et de feu sur le Liban ? C'était d'ailleurs un des buts avoués d'Israël que d'isoler politiquement le Hezbollah en rejetant sur lui la responsabilité des dévastations causés par l'armée israélienne.
Peu importe ce que pense Nasrallah dans son for intérieur, les circonstances et les faits précédant sa déclaration citée en manchette la rendent crédible.
De son côté, Bush salue le "renouveau" au Mississippi, bien campé devant une maison récemment reconstruite, un an après le désastre de Katrina. Soixante pourcent des sommes votées par le Congrès n'ont pas été dépensées un an après l'ouragan et sur les quarante pourcent qui l'ont été, les accusations des gaspillage et de fraude ne cessent de s'accumuler. Un an plus tard, 375 000 personnes n'ont pas encore retrouvé leurs foyers.
Bush n'a pas démontré jusqu'ici les qualités d'un leader empathique, mais peu importe. Quoiqu'il pense en son for intérieur, les circonstances et les faits qui entourent sa déclaration la rendent non crédible.
Le croiriez vous ? La déclaration de Nasrallah a suscité des exclamations dubitatives et celle de Bush est passée comme du beurre dans la poêle. Pourquoi ?
C'est à cause du poids des idées reçues. Nasrallah, bien que son style de leadership se démarque nettement des brutes sanguinaires à la Zarqaoui et à la ben Laden, leur est finalement associé dans l'idée du grand public. Rien de sensé ne peut venir de cet homme.
Quant à Bush, sa crédibilité est au plus bas, bien sûr, mais il est quand même le président des États-Unis, une institution respectée par le grand public. Et la presse lui accorde encore le privilège de rapporter ses propos sans rire, parce que le public ne comprendrait pas qu'on fasse autrement. Il faut excepter Chapleau, bien sûr. Mais lui, c'est pas pareil: il rit toujours de tout...
Le prix "Renard du désert" retiré à son récipiendaire
Nous apprenons en dernière heure qu'un jury vient de retirer le prix "Renard du désert" attribué à Jooneed Khan le 11 août dernier. Le journaliste a cette semaine fait deux fois la "une" de son journal et plusieurs "hauts de page" dans les jours précédents.
Le jury reconnaît aujourd'hui son erreur et se remet à scruter les médias pour trouver un nouveau récipiendaire.
Le chef du Hezbollah fait son mea culpa
Jooneed Khan, Cyberpresse, 28 août 2006.
Dans le Mississippi, Bush salue le «renouveau»
Associated Press, Canoë, 28 août 2006.
Quiconque ayant eu l'occasion de prendre connaissance des faits et des circonstances à l'origine de ces deux déclarations sait que, fort probablement, l'un d'entre eux ment, et que l'autre dit la vérité.
Je vous laisse 10 secondes de réflexion... 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
Sur le déclenchement de la guerre au Liban, Nasrallah dit avoir été surpris de la réaction d'Israël. Le monde entier a été surpris de la réaction d'Israël, sauf Bush, et Harper bien entendu. Pourquoi Nasrallah n'aurait-il pas été surpris ? Les précédents incidents frontaliers mineurs s'étaient réglés par la négociation.
Parallèlement à son action armée déclenchée par l'occupation d'Israël au Liban en 1982, le Hezbollah a entrepris depuis une démarche de légitimation aux yeux des Libanais en renonçant à appliquer la charia et en s'impliquant dans l'action communautaire et politique. Pourquoi le Hezbollah n'aurait-il pas renoncé à capturer 2 soldats israéliens s'il avait su que cette action aurait déclenché une telle pluie de fer et de feu sur le Liban ? C'était d'ailleurs un des buts avoués d'Israël que d'isoler politiquement le Hezbollah en rejetant sur lui la responsabilité des dévastations causés par l'armée israélienne.
Peu importe ce que pense Nasrallah dans son for intérieur, les circonstances et les faits précédant sa déclaration citée en manchette la rendent crédible.
De son côté, Bush salue le "renouveau" au Mississippi, bien campé devant une maison récemment reconstruite, un an après le désastre de Katrina. Soixante pourcent des sommes votées par le Congrès n'ont pas été dépensées un an après l'ouragan et sur les quarante pourcent qui l'ont été, les accusations des gaspillage et de fraude ne cessent de s'accumuler. Un an plus tard, 375 000 personnes n'ont pas encore retrouvé leurs foyers.
Bush n'a pas démontré jusqu'ici les qualités d'un leader empathique, mais peu importe. Quoiqu'il pense en son for intérieur, les circonstances et les faits qui entourent sa déclaration la rendent non crédible.
Le croiriez vous ? La déclaration de Nasrallah a suscité des exclamations dubitatives et celle de Bush est passée comme du beurre dans la poêle. Pourquoi ?
C'est à cause du poids des idées reçues. Nasrallah, bien que son style de leadership se démarque nettement des brutes sanguinaires à la Zarqaoui et à la ben Laden, leur est finalement associé dans l'idée du grand public. Rien de sensé ne peut venir de cet homme.
Quant à Bush, sa crédibilité est au plus bas, bien sûr, mais il est quand même le président des États-Unis, une institution respectée par le grand public. Et la presse lui accorde encore le privilège de rapporter ses propos sans rire, parce que le public ne comprendrait pas qu'on fasse autrement. Il faut excepter Chapleau, bien sûr. Mais lui, c'est pas pareil: il rit toujours de tout...
Le prix "Renard du désert" retiré à son récipiendaire
Nous apprenons en dernière heure qu'un jury vient de retirer le prix "Renard du désert" attribué à Jooneed Khan le 11 août dernier. Le journaliste a cette semaine fait deux fois la "une" de son journal et plusieurs "hauts de page" dans les jours précédents.
Le jury reconnaît aujourd'hui son erreur et se remet à scruter les médias pour trouver un nouveau récipiendaire.
29 août, 2006
Wou hou hou, des trous noirs rodent
Certaines étoiles qui meurent s'écrasent vers leur noyau central, créant une masse d'une telle densité que tout ce qui est à proximité va s'y fondre sous la force de la gravité. C'est le trou noir. Même la lumière ne peut s'en échapper. C'est pourquoi il est noir. On ne peut pas le voir, mais seulement en observer les effets.
On estimait à 10 millions le nombre de trous noirs dans l'univers. Les savants observaient le tout avec détachement, jusqu'à l'an 2000, année de l'élection de George W. Bush, où on s'aperçut qu'il existait des trous noirs voyous, des renégats, des vagabonds tout près de nous, dans notre propre galaxie, qui erraient selon des orbites irrégulières.
Là, tout l'arsenal nucléaire de George n'y changera rien. Chaque bombe atomique lancée vers lui ne fera qu'augmenter la densité du trou noir qui en sera d'autant plus redoutable. L'eau lourde des Iraniens va empirer la situation. Et je ne vous dis pas l'effet qu'auront tous les obèses de la planète sur la puissance de ces trous noirs vagabonds. Pour une fois, on n'accusera pas les fumeurs, amaigris par la perte d'appétit causée par la nicotine.
Avant d'être finalement absorbée corps et biens dans le trou noir, la planète Terre en connaîtra les effets avant-coureurs. Étant déviés de notre orbite habituelle, nous noterons que les orbites des planètes et des étoiles seront elles aussi altérées. L'horaire des marées changera. Projetés vers le soleil, nous noterons un réchauffement accéléré de la planète. Vous êtes priés d'aviser Stephen Harper qui en avisera George W. Bush si de tels événements viennent à votre
connaissance.
George va sûrement trouver une solution, avec tous les moyens dont il dispose. À moins que tout cela ne soit l'October Surprise qui arrive un mois trop tôt. Saddam Hussein, ben Laden, Nasrallah, Assad, Ahmadinejad, ils font peur, mais pas tant que ça. Alors qu'un trou noir vagabond, un terroriste puisqu'il suscite la terreur, lui il fait vraiment peur...
Wou hou hou !
On estimait à 10 millions le nombre de trous noirs dans l'univers. Les savants observaient le tout avec détachement, jusqu'à l'an 2000, année de l'élection de George W. Bush, où on s'aperçut qu'il existait des trous noirs voyous, des renégats, des vagabonds tout près de nous, dans notre propre galaxie, qui erraient selon des orbites irrégulières.
Là, tout l'arsenal nucléaire de George n'y changera rien. Chaque bombe atomique lancée vers lui ne fera qu'augmenter la densité du trou noir qui en sera d'autant plus redoutable. L'eau lourde des Iraniens va empirer la situation. Et je ne vous dis pas l'effet qu'auront tous les obèses de la planète sur la puissance de ces trous noirs vagabonds. Pour une fois, on n'accusera pas les fumeurs, amaigris par la perte d'appétit causée par la nicotine.
Avant d'être finalement absorbée corps et biens dans le trou noir, la planète Terre en connaîtra les effets avant-coureurs. Étant déviés de notre orbite habituelle, nous noterons que les orbites des planètes et des étoiles seront elles aussi altérées. L'horaire des marées changera. Projetés vers le soleil, nous noterons un réchauffement accéléré de la planète. Vous êtes priés d'aviser Stephen Harper qui en avisera George W. Bush si de tels événements viennent à votre
connaissance.
George va sûrement trouver une solution, avec tous les moyens dont il dispose. À moins que tout cela ne soit l'October Surprise qui arrive un mois trop tôt. Saddam Hussein, ben Laden, Nasrallah, Assad, Ahmadinejad, ils font peur, mais pas tant que ça. Alors qu'un trou noir vagabond, un terroriste puisqu'il suscite la terreur, lui il fait vraiment peur...
Wou hou hou !
28 août, 2006
Encore le pétrole
Prenons trois nouvelles récentes, apparemment disparates, et essayons de voir si elles ont un sens:
Chávez says China deal 'great wall' against US
Le Venezuela signe un contrat pour 1 million de barils/jour en pétrole avec la Chine, laquelle investira dans l'expansion de l'industrie pétrolière vénézuélienne et la construction de 20 000 maisons pour les sans-abri.
Russia Overtakes Saudi Arabia as World’s Leading Oil Producer
Après avoir re-nationalisé et modernisé son industrie pétrolière, la Russie devient le premier producteur mondial de pétrole, devant l'Arabie Saoudite. Les recettes provenant du pétrole et du gaz comptent aujourd'hui pour 52 % des revenus de l'État russe.
Poutine reçoit les chefs d'État de l'Asie Centrale à sa maison d'été
Dans une ambiance décontractée, Poutine reçoit à sa maison d'été de Sochi, sur les bords de la Mer Noire, les leaders de la Communauté économique eurasienne. Des projets d'union douanière et de consortium hydro-électrique y ont été discutés.
Ces trois nouvelles ne parlent pas de faits isolés, mais de tendances. Le monde bouge et la plaques tectoniques de l'économie mondiale sont en mouvement.
Aujourd'hui, à part le Mexique et le Canada, presque tous les pays producteurs de pétrole, de gaz et de minerais stratégiques sont sous la coupe de régimes autoritaires ou de régimes de gauche qui cherchent à diversifier leurs débouchés ailleurs qu'aux États-Unis et en Europe. Même l'Arabie saoudite poursuit sa "Look East Policy". Le Canada aussi a signé une entente de coopération avec la Chine dans plusieurs domaines énergétiques, dont le pétrole.
Les multinationales du pétrole qui approvisionnent les pays occidentaux sont encore très puissantes et celles qui font de l'extraction et du raffinage engrangent des profits exorbitants. Mais le modèle de fonctionnement de l'industrie pétrolière se calque de plus en plus sur le modèle implanté par Poutine en Russie: l'État est majoritaire dans les entreprises pétrolières et leur directorat est étroitement lié à l'appareil politique et administratif.
De plus, la Russie multiplie ses joint-ventures avec les pays membres du cartel de l'OPEC pour des projets spécifiques, ce qui a pour effet de réduire l'influence du cartel et d'écarter graduellement les multinationales. La Russie tisse ainsi la toile d'un réseau de collaborations d'état à état qui inclut aussi des pays consommateurs, comme la Chine. Tous sont finalement à la recherche de la sécurité des approvisionnements ou des débouchés en matière énergétique.
La réunion de Poutine avec les leaders des pays de l'Asie Centrale à sa maison d'été avait pour but de rapprocher ces pays de la Russie. Ils sont en effet courtisés par les États-Unis dans le cadre de ce que l'adjoint au Secrétaire d'État Richard Boucher appelle la stratégie d'un "Great Central Asia". Après les avoir encouragés à quitter l'orbite de la Russie, les États-Unis discutent avec les pays d'Asie Centrale de projets pour transporter leur pétrole et leur gaz vers l'Inde en jouant la carte de l'Afghanistan. Poutine réplique avec son projet d'union douanière et de développement hydro-électrique, ce qui lui permet de continuer à acheminer leurs produits dans ses pipelines.
On entend peu souvent parler de Poutine. On l'a vu souriant, se promenant en vieille Lada avec Bush. Nos anciens communistes sont devenus diplomates, comme en témoigne cette réunion décontractée sur les bords de la mer Noire. La Chine elle aussi va d'un succès diplomatique à l'autre. Son contrat avec le Venezuela est exemplaire à ce chapître.
Pendant ce temps, les États-Unis sont devenus le pays le plus détesté de la terre et les multinationales du pétrole, les entreprises les plus vilipendées. Les courants pétroliers échappent de plus en plus aux multinationales et les contrats d'état à état vont à l'avenir se faire entre les états qui ont des intérêts politiques et géo-stratégiques complémentaires. Cela n'annonce rien de bon pour les Américains.
Que va-t-il arriver au Canada, auto-suffisant en énergie pétrolière et gazière ? Rien de bon non plus, je le crains. La pression des Américains va être très forte sur nos ressources naturelles, ce qui inclut également l'eau potable. C'est nous qui allons payer pour les erreurs qu'ils sont en train de faire sur la scène mondiale. Roger Gibbins a quelques idées là-dessus.
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Lectures supplémentaires:
Russia spins global energy spider's web
Moscow making Central Asia its own
Addendum (29 août): Bush reçoit lui aussi Nursultan Nazarbayev dans une maison au bord de l'Océan Atlantique. La raison ?
"Kazakhstan, a vast nation of 15 million on the Central Asian steppe, has emerged as an increasingly important player in the world energy market. With the largest crude oil reserves in the Caspian Sea region, Kazakhstan pumps 1.2 million barrels a day and exports 1 million of that. The Kazakh government hopes to boost production to 3.5 million barrels a day by 2015, rivaling Iran. U.S. and Russian companies and governments have competed for access to its oil." (N.S.)
Chávez says China deal 'great wall' against US
Le Venezuela signe un contrat pour 1 million de barils/jour en pétrole avec la Chine, laquelle investira dans l'expansion de l'industrie pétrolière vénézuélienne et la construction de 20 000 maisons pour les sans-abri.
Russia Overtakes Saudi Arabia as World’s Leading Oil Producer
Après avoir re-nationalisé et modernisé son industrie pétrolière, la Russie devient le premier producteur mondial de pétrole, devant l'Arabie Saoudite. Les recettes provenant du pétrole et du gaz comptent aujourd'hui pour 52 % des revenus de l'État russe.
Poutine reçoit les chefs d'État de l'Asie Centrale à sa maison d'été
Dans une ambiance décontractée, Poutine reçoit à sa maison d'été de Sochi, sur les bords de la Mer Noire, les leaders de la Communauté économique eurasienne. Des projets d'union douanière et de consortium hydro-électrique y ont été discutés.
Ces trois nouvelles ne parlent pas de faits isolés, mais de tendances. Le monde bouge et la plaques tectoniques de l'économie mondiale sont en mouvement.
Aujourd'hui, à part le Mexique et le Canada, presque tous les pays producteurs de pétrole, de gaz et de minerais stratégiques sont sous la coupe de régimes autoritaires ou de régimes de gauche qui cherchent à diversifier leurs débouchés ailleurs qu'aux États-Unis et en Europe. Même l'Arabie saoudite poursuit sa "Look East Policy". Le Canada aussi a signé une entente de coopération avec la Chine dans plusieurs domaines énergétiques, dont le pétrole.
Les multinationales du pétrole qui approvisionnent les pays occidentaux sont encore très puissantes et celles qui font de l'extraction et du raffinage engrangent des profits exorbitants. Mais le modèle de fonctionnement de l'industrie pétrolière se calque de plus en plus sur le modèle implanté par Poutine en Russie: l'État est majoritaire dans les entreprises pétrolières et leur directorat est étroitement lié à l'appareil politique et administratif.
De plus, la Russie multiplie ses joint-ventures avec les pays membres du cartel de l'OPEC pour des projets spécifiques, ce qui a pour effet de réduire l'influence du cartel et d'écarter graduellement les multinationales. La Russie tisse ainsi la toile d'un réseau de collaborations d'état à état qui inclut aussi des pays consommateurs, comme la Chine. Tous sont finalement à la recherche de la sécurité des approvisionnements ou des débouchés en matière énergétique.
La réunion de Poutine avec les leaders des pays de l'Asie Centrale à sa maison d'été avait pour but de rapprocher ces pays de la Russie. Ils sont en effet courtisés par les États-Unis dans le cadre de ce que l'adjoint au Secrétaire d'État Richard Boucher appelle la stratégie d'un "Great Central Asia". Après les avoir encouragés à quitter l'orbite de la Russie, les États-Unis discutent avec les pays d'Asie Centrale de projets pour transporter leur pétrole et leur gaz vers l'Inde en jouant la carte de l'Afghanistan. Poutine réplique avec son projet d'union douanière et de développement hydro-électrique, ce qui lui permet de continuer à acheminer leurs produits dans ses pipelines.
On entend peu souvent parler de Poutine. On l'a vu souriant, se promenant en vieille Lada avec Bush. Nos anciens communistes sont devenus diplomates, comme en témoigne cette réunion décontractée sur les bords de la mer Noire. La Chine elle aussi va d'un succès diplomatique à l'autre. Son contrat avec le Venezuela est exemplaire à ce chapître.
Pendant ce temps, les États-Unis sont devenus le pays le plus détesté de la terre et les multinationales du pétrole, les entreprises les plus vilipendées. Les courants pétroliers échappent de plus en plus aux multinationales et les contrats d'état à état vont à l'avenir se faire entre les états qui ont des intérêts politiques et géo-stratégiques complémentaires. Cela n'annonce rien de bon pour les Américains.
Que va-t-il arriver au Canada, auto-suffisant en énergie pétrolière et gazière ? Rien de bon non plus, je le crains. La pression des Américains va être très forte sur nos ressources naturelles, ce qui inclut également l'eau potable. C'est nous qui allons payer pour les erreurs qu'ils sont en train de faire sur la scène mondiale. Roger Gibbins a quelques idées là-dessus.
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Lectures supplémentaires:
Russia spins global energy spider's web
Moscow making Central Asia its own
Addendum (29 août): Bush reçoit lui aussi Nursultan Nazarbayev dans une maison au bord de l'Océan Atlantique. La raison ?
"Kazakhstan, a vast nation of 15 million on the Central Asian steppe, has emerged as an increasingly important player in the world energy market. With the largest crude oil reserves in the Caspian Sea region, Kazakhstan pumps 1.2 million barrels a day and exports 1 million of that. The Kazakh government hopes to boost production to 3.5 million barrels a day by 2015, rivaling Iran. U.S. and Russian companies and governments have competed for access to its oil." (N.S.)
27 août, 2006
Mononc' Art et matante Mimi
Ma conjointe et moi sommes allés visiter cette semaine mononc' Art et matante Mimi. Le couple, sans enfant, allait régulièrement chercher la petite fille qui allait devenir ma conjointe pour "faire des tours de machine" et lui offrir des cornets de crème glacée. Paisiblement retraités, ils habitent aujourd'hui la campagne, dans un petit bungalow doté d'un grand terrain à une heure de Montréal, tout près du fleuve St-Laurent.
Nous visitons d'abord le grand garage transformé en atelier d'ébénisterie, avec plein de machines-outils, d'outils et de conduits pour l'évacuation des poussières. Ce capharnaüm est le rêve concret de tous les bricoleurs amateurs. "J'ai été plombier, c'est vrai, mais s'tie, j'ai toujours aimé le bois", explique Arhur. Tous les matins, il repart fignoler son horloge grand-père construite selon les plans d'une horloge datant de 1832. Plus tard, quand il aura le temps, il remplacera la patte cassée de la chaise d'une voisine. À la fin de la journée, Mireille passe l'aspirateur dans l'atelier, "parce que la poussière, c'est pas bon pour lui".
Bien qu'il soit dans les faits un vieillard doux, accueillant et très gentil, Arthur jure tout le temps. Cela lui vient de l'époque où il était plombier. C'est la façon de parler des vrais mâles dans beaucoup de corps de métier. J'en ai fait l'expérience les quelques semaines où j'ai travaillé comme débardeur, pendant un été. Vous devez toujours défier votre interlocuteur, tout en jurant. Comme lorsqu'on est passé près du potager: "Tu vas pas me dire, clisse, que c'est pas des belles tomates, ça !"
Nous visitons le bungalow. Au sous-sol aménagé en confortable salle de séjour, j'essaie les écouteurs reliés à la télé permettant à Arthur de monter le volume du son, pendant que Mireille l'écoute à intensité normale: "Quesse-tu veux, yé sourd", lance Mireille. Comme je suis sourd aussi, je suis intéressé par l'appareil. Je m'entends bien avec Arthur là-dessus. J'aime bien le langage direct de Mireille et le fait qu'il n'y ait pas de mal-entendants dans cette maison.
Je vois au mur une horloge du "local 144":
_ Z: Ah ben, c'est rare, ça.
_ A: Y en ont vendu pas mal.
_ Z: Étais-tu dans la gang à Dédé ?
_ A: Clisse oui. Lui, y m'en a fait perdre des heures d'ouvrage ! J'ai été "initié" avant que lui y arrive. Ça fait que mon argent, y s'en allait à Washington. Quand Dédé est arrivé, ben l'argent de ceux sont initiés après, il s'en allait à Dédé, s'tie. Ça fait que Dédé leur donnait de l'ouvrage, pour avoir plus d'argent dans ses poches, pis nous autres, ceux d'avant, on avait les restants, câlisse !
_ Z: ...
_ A: Reste que, y en avait pas mal qui l'aimaient... Ouais, y en avait pas mal qui l'aimaient.
Je me dis encore que Dédé Desjardins, ce pirate qui a écumé les mers syndicales pendant des années, n'a pas mérité la courte mais sympathique oraison funèbre que mononc' Art lui a réservée.
Art et Mimi s'aiment, c'est sûr. Cela se voit et s'entend. Ils coulent des jours heureux, lui à s'occuper de ses machines, elle à s'occuper de lui. Ils étaient intarissables pendant notre visite, au point qu'on ressentait leur solitude à deux. Je n'ai rien pu dire, sauf poser des questions. Il était clair qu'ils auraient bien aimé encore aller "faire des tours de machine" avec ma conjointe et lui offrir un cornet de crème glacée. Mais elle est trop grande maintenant.
Nous visitons d'abord le grand garage transformé en atelier d'ébénisterie, avec plein de machines-outils, d'outils et de conduits pour l'évacuation des poussières. Ce capharnaüm est le rêve concret de tous les bricoleurs amateurs. "J'ai été plombier, c'est vrai, mais s'tie, j'ai toujours aimé le bois", explique Arhur. Tous les matins, il repart fignoler son horloge grand-père construite selon les plans d'une horloge datant de 1832. Plus tard, quand il aura le temps, il remplacera la patte cassée de la chaise d'une voisine. À la fin de la journée, Mireille passe l'aspirateur dans l'atelier, "parce que la poussière, c'est pas bon pour lui".
Bien qu'il soit dans les faits un vieillard doux, accueillant et très gentil, Arthur jure tout le temps. Cela lui vient de l'époque où il était plombier. C'est la façon de parler des vrais mâles dans beaucoup de corps de métier. J'en ai fait l'expérience les quelques semaines où j'ai travaillé comme débardeur, pendant un été. Vous devez toujours défier votre interlocuteur, tout en jurant. Comme lorsqu'on est passé près du potager: "Tu vas pas me dire, clisse, que c'est pas des belles tomates, ça !"
Nous visitons le bungalow. Au sous-sol aménagé en confortable salle de séjour, j'essaie les écouteurs reliés à la télé permettant à Arthur de monter le volume du son, pendant que Mireille l'écoute à intensité normale: "Quesse-tu veux, yé sourd", lance Mireille. Comme je suis sourd aussi, je suis intéressé par l'appareil. Je m'entends bien avec Arthur là-dessus. J'aime bien le langage direct de Mireille et le fait qu'il n'y ait pas de mal-entendants dans cette maison.
Je vois au mur une horloge du "local 144":
_ Z: Ah ben, c'est rare, ça.
_ A: Y en ont vendu pas mal.
_ Z: Étais-tu dans la gang à Dédé ?
_ A: Clisse oui. Lui, y m'en a fait perdre des heures d'ouvrage ! J'ai été "initié" avant que lui y arrive. Ça fait que mon argent, y s'en allait à Washington. Quand Dédé est arrivé, ben l'argent de ceux sont initiés après, il s'en allait à Dédé, s'tie. Ça fait que Dédé leur donnait de l'ouvrage, pour avoir plus d'argent dans ses poches, pis nous autres, ceux d'avant, on avait les restants, câlisse !
_ Z: ...
_ A: Reste que, y en avait pas mal qui l'aimaient... Ouais, y en avait pas mal qui l'aimaient.
Je me dis encore que Dédé Desjardins, ce pirate qui a écumé les mers syndicales pendant des années, n'a pas mérité la courte mais sympathique oraison funèbre que mononc' Art lui a réservée.
Art et Mimi s'aiment, c'est sûr. Cela se voit et s'entend. Ils coulent des jours heureux, lui à s'occuper de ses machines, elle à s'occuper de lui. Ils étaient intarissables pendant notre visite, au point qu'on ressentait leur solitude à deux. Je n'ai rien pu dire, sauf poser des questions. Il était clair qu'ils auraient bien aimé encore aller "faire des tours de machine" avec ma conjointe et lui offrir un cornet de crème glacée. Mais elle est trop grande maintenant.
26 août, 2006
Les paradoxes du maintien de la paix
Je parlais hier du projet de manuel de procédures, Counterinsurgency, rédigé conjointement par l'Armée et les Marines américains. On y retrouvait d'intéressants paradoxes concernant la lutte aux insurgés dans les pays où les militaires doivent agir à titre de force d'occupation. J'en mentionnerai trois:
° "The More Force Used, The Less Effective It Is",
° "Sometimes Doing Nothing Is The Best Reaction",
° "The Best Weapons For Counterinsurgency Do Not Shoot".
Je rappelle qu'il s'agit d'un manuel de procédures des Forces armées américaines. Ce n'est qu'un projet de manuel, mais écrit par des militaires américains qui ont sans doute encore en mémoire le Vietnam, la Somalie, l'Afghanistan et l'Irak.
Ces trois paradoxes prônent un usage restreint des armes en situation d'occupation d'un territoire. Imaginez s'il faut faire un usage restreint des armes en situation de maintien de la paix. L'exemple de l'Afghanistan devrait nous ouvrir les yeux. L'armée canadienne s'est envolée vers l'Afghanistan avec l'idée de maintenir la paix. Puis le mandat sous l'égide de l'OTAN a changé, ensuite les règles d'engagement ont changé, devenant de plus en plus agressives. Aujourdhui, les militaires canadiens en Afghanistan ne maintiennent plus la paix, ils sont des occupants, et en plus, ils ne sont même pas des occupants intelligents, mais de vulgaires tueurs à la solde des Américains.
Alors, quand je vois des militaires canadiens qui n'ont jamais essuyé de tirs ennemis ni visé sur autre chose que des cibles en carton et des bouteilles de bière vides, quand je vois ces militaires sortir de leur confortable retraite pour nous dire qu'il va falloir tuer pour maintenir la paix, qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, que c'est la vie, que c'est comme ça, etc, je sens ma tension artérielle monter un peu.
Si d'anciens militaires me font cet effet, vous pouvez deviner comment je me sens quand des bellicistes de salon, aux couilles tellement grosses qu'ils ont de la difficulté à s'asseoir pour lire le journal, font des montées de testostérone à lire la résolution 1701 du Conseil de sécurité et pondent des éditoriaux guerriers célébrant des missions de paix. Dorénavant, il va falloir tuer du monde ou ne rien faire, nous dit-on.
Les Casques bleus ont toujours eu le mandat de tirer pour se défendre, il faut le rappeler. Il n'y a rien de nouveau à cet égard. L'usage restreint de la force n'a jamais impliqué que les Casques bleus acceptaient de mourir la fleur au fusil pour l'idéal pacifiste des jovialistes de "l'opinion publique occidentale". L'opinion publique occidentale... Si une telle chose existe, comment se fait-il qu'on ne la sonde pas ?
Aussi bien le dire tout de suite, les Casques bleus ne désarmeront pas le Hezbollah par la force. Les gens qui rêvent que l'ONU reprennent à son compte les sales guerres d'Olmert et de Bush devront oublier cela et s'asseoir dessus, s'ils en sont capables.
° "The More Force Used, The Less Effective It Is",
° "Sometimes Doing Nothing Is The Best Reaction",
° "The Best Weapons For Counterinsurgency Do Not Shoot".
Je rappelle qu'il s'agit d'un manuel de procédures des Forces armées américaines. Ce n'est qu'un projet de manuel, mais écrit par des militaires américains qui ont sans doute encore en mémoire le Vietnam, la Somalie, l'Afghanistan et l'Irak.
Ces trois paradoxes prônent un usage restreint des armes en situation d'occupation d'un territoire. Imaginez s'il faut faire un usage restreint des armes en situation de maintien de la paix. L'exemple de l'Afghanistan devrait nous ouvrir les yeux. L'armée canadienne s'est envolée vers l'Afghanistan avec l'idée de maintenir la paix. Puis le mandat sous l'égide de l'OTAN a changé, ensuite les règles d'engagement ont changé, devenant de plus en plus agressives. Aujourdhui, les militaires canadiens en Afghanistan ne maintiennent plus la paix, ils sont des occupants, et en plus, ils ne sont même pas des occupants intelligents, mais de vulgaires tueurs à la solde des Américains.
Alors, quand je vois des militaires canadiens qui n'ont jamais essuyé de tirs ennemis ni visé sur autre chose que des cibles en carton et des bouteilles de bière vides, quand je vois ces militaires sortir de leur confortable retraite pour nous dire qu'il va falloir tuer pour maintenir la paix, qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, que c'est la vie, que c'est comme ça, etc, je sens ma tension artérielle monter un peu.
Si d'anciens militaires me font cet effet, vous pouvez deviner comment je me sens quand des bellicistes de salon, aux couilles tellement grosses qu'ils ont de la difficulté à s'asseoir pour lire le journal, font des montées de testostérone à lire la résolution 1701 du Conseil de sécurité et pondent des éditoriaux guerriers célébrant des missions de paix. Dorénavant, il va falloir tuer du monde ou ne rien faire, nous dit-on.
Les Casques bleus ont toujours eu le mandat de tirer pour se défendre, il faut le rappeler. Il n'y a rien de nouveau à cet égard. L'usage restreint de la force n'a jamais impliqué que les Casques bleus acceptaient de mourir la fleur au fusil pour l'idéal pacifiste des jovialistes de "l'opinion publique occidentale". L'opinion publique occidentale... Si une telle chose existe, comment se fait-il qu'on ne la sonde pas ?
Aussi bien le dire tout de suite, les Casques bleus ne désarmeront pas le Hezbollah par la force. Les gens qui rêvent que l'ONU reprennent à son compte les sales guerres d'Olmert et de Bush devront oublier cela et s'asseoir dessus, s'ils en sont capables.
25 août, 2006
Mémo au général Rick Hillier
MÉMO
DE: Donald Rumsfeld
À: Rick Hillier
Cher Rick,
J'ai pris connaissance de l'incident survenu le 22 août, au cours duquel un enfant de 10 ans a été abattu par un soldat canadien. Je dois dire que je me sens un peu responsable car je n'oublie pas que vous avez été formé au sein des Forces armées américaines, à Fort Hood au Texas.
Depuis votre dernière formation, nous avons changé le manuel de procédures en ce qui concerne la lutte aux populations insurgées, de façon à "gagner les coeurs et les esprits pour bâtir des sociétés nouvelles". Je vous en envoie une copie et vous pourrez consulter notre expert en guerres asymétriques William S. Lind si vous avez des questions à ce sujet.
En attendant, voici quelques extraits du nouveau manuel qui, je l'espère, pourront vous être utiles.
° À l'annexe A:
"Work the problem collectively with subordinate leaders. Discuss ideas and explore possible solutions. Once all understand the situation, seek a consensus on how to address it. If this sounds un-military, get over it. Such discussions help subordinates understand the commander’s intent."
° Au 1er chapître, Paradoxes of Counterinsurgency:
"The paradoxes include “The More You Protect Your Force, The Less Secure You Are;” “ The More Force Used, The Less Effective It Is;” “Sometimes Doing Nothing Is The Best Reaction;” “The Best Weapons For COIN Do Not Shoot;” and “Tactical Success Guarantees Nothing."
° À la page 4-1, cet intéressant rappel historique:
"Napoleon’s campaign included a rapid conventional victory over Spanish armies but ignored the immediate requirement to provide a stable and secure environment for the people and the countryside.
The French should have expected ferocious resistance. The Spanish people were accustomed to hardship, suspicious of foreigners, and constantly involved in skirmishes with security forces. The French failed to analyze the history, culture, and motivations of the Spanish people, or to seriously consider their potential to support or hinder the achievement of French political objectives. Napoleon’s cultural miscalculation resulted in a protracted struggle… The Spanish resistance drained the Empire’s resources and was the beginning of the end of Napoleon’s reign."
Amicalement,
Don
P.S. 1: Je vous envoie des extraits en anglais. Malheureusement, nous n'avons pas pu traduire le nouveau manuel en français, Bolton ayant réquisitionné tous nos traducteurs en vue des négociations avec les Français au Conseil de sécurité.
P.S. 2: Vous avez utilisé le terme "dévasté" pour décrire vos états d'âme à la suite de la mort de l'enfant afghan de 10 ans. Je veux pas vous mettre les mots dans la bouche, mais personnellement je trouve le terme un peu exagéré venant d'un homme de votre stature et de votre expérience, d'autant plus qu'il risque de démoraliser les troupes. Enfin, moi, ce que j'en dis... c'est vous qui savez le mieux parler aux Canadiens en tenant compte des valeurs canadiennes.
DE: Donald Rumsfeld
À: Rick Hillier
Cher Rick,
J'ai pris connaissance de l'incident survenu le 22 août, au cours duquel un enfant de 10 ans a été abattu par un soldat canadien. Je dois dire que je me sens un peu responsable car je n'oublie pas que vous avez été formé au sein des Forces armées américaines, à Fort Hood au Texas.
Depuis votre dernière formation, nous avons changé le manuel de procédures en ce qui concerne la lutte aux populations insurgées, de façon à "gagner les coeurs et les esprits pour bâtir des sociétés nouvelles". Je vous en envoie une copie et vous pourrez consulter notre expert en guerres asymétriques William S. Lind si vous avez des questions à ce sujet.
En attendant, voici quelques extraits du nouveau manuel qui, je l'espère, pourront vous être utiles.
° À l'annexe A:
"Work the problem collectively with subordinate leaders. Discuss ideas and explore possible solutions. Once all understand the situation, seek a consensus on how to address it. If this sounds un-military, get over it. Such discussions help subordinates understand the commander’s intent."
° Au 1er chapître, Paradoxes of Counterinsurgency:
"The paradoxes include “The More You Protect Your Force, The Less Secure You Are;” “ The More Force Used, The Less Effective It Is;” “Sometimes Doing Nothing Is The Best Reaction;” “The Best Weapons For COIN Do Not Shoot;” and “Tactical Success Guarantees Nothing."
° À la page 4-1, cet intéressant rappel historique:
"Napoleon’s campaign included a rapid conventional victory over Spanish armies but ignored the immediate requirement to provide a stable and secure environment for the people and the countryside.
The French should have expected ferocious resistance. The Spanish people were accustomed to hardship, suspicious of foreigners, and constantly involved in skirmishes with security forces. The French failed to analyze the history, culture, and motivations of the Spanish people, or to seriously consider their potential to support or hinder the achievement of French political objectives. Napoleon’s cultural miscalculation resulted in a protracted struggle… The Spanish resistance drained the Empire’s resources and was the beginning of the end of Napoleon’s reign."
Amicalement,
Don
P.S. 1: Je vous envoie des extraits en anglais. Malheureusement, nous n'avons pas pu traduire le nouveau manuel en français, Bolton ayant réquisitionné tous nos traducteurs en vue des négociations avec les Français au Conseil de sécurité.
P.S. 2: Vous avez utilisé le terme "dévasté" pour décrire vos états d'âme à la suite de la mort de l'enfant afghan de 10 ans. Je veux pas vous mettre les mots dans la bouche, mais personnellement je trouve le terme un peu exagéré venant d'un homme de votre stature et de votre expérience, d'autant plus qu'il risque de démoraliser les troupes. Enfin, moi, ce que j'en dis... c'est vous qui savez le mieux parler aux Canadiens en tenant compte des valeurs canadiennes.
24 août, 2006
Les raisons du succès de Bush
J'ai récemment produit un billet où je notais que l'ensemble des commentateurs américains, incluant ceux de droite, n'avaient pas grande estime du niveau d'intelligence de George W. Bush. Joe Scarborough, un animateur vedette chez MSNBC a carrément posé la question: "Is Bush an idiot ?"
Accent Grave se demande, à juste titre dans les circonstances: "Comment qualifier un idiot qui roule une population qui s'estime intelligente?" Selon le commentateur Billmon, un des plus incisifs observateurs de la scène politique américaine toutes catégories confondues, il faut qualifier Bush de porc-épic.
Dans son article, Billmon reprend un texte d'Isaiah Berlin citant le poète grec Archiloque: "Le renard connaît beaucoup de choses, mais le porc-épic en connaît une très importante." L'intelligent renard, malgré toutes ses ruses, ne peut vaincre le porc-épic qui simplement se roule en boule et attend. Isaiah Berlin séparait l'humanité en renards et en porcs-épics. Billmon classe Bush dans la catégorie des porcs-épics.
Bush n'a pas beaucoup d'idées, mais quand il en a une, il ne lâche pas. Cela en fait un adversaire redoutable en campagne électorale où il reste concentré sur le message à véhiculer, au point d'en paraître borné. Mais c'est efficace et cela en fait un excellent porte-voix pour les messages que le grand maître de l'électoralisme de bas étage, Karl Rove, a écrits pour lui.
Pendant les premières années de sa présidence, Bush a donné très peu de conférences de presse. Ses interventions étaient rédigées et il s'en tenait au texte. Il a aujourd'hui plus confiance en lui et c'est maintenant que la vacuité du personnage saute aux yeux de tous. Joe Scarborough n'en blâme pas Bush pour autant, mais l'entourage de Bush qui l'expose au ridicule en multipliant les conférences de presse.
Il serait trop long de raconter ici les exploits de Karl Rove que tous considèrent comme le grand maître de la petite politique aux États-Unis. Déjà actif pendant le Watergate, il s'est lié d'amitié avec le fils Bush en travaillant avec lui aux élections du père. Il est le cerveau, le "Goebbels" disent certains, qui a conduit le fils Bush à la tête de l'état du Texas et à la présidence des États-Unis.
La stratégie est assez simple: recueillir l'argent des riches et des compagnies pour aller chercher les votes de la clientèle républicaine traditionnelle des "blue states", auxquels Rove a ajouté les votes de la droite religieuse. Au niveau de la tactique, Rove a imposé au Parti républicain une discipline de fer pour rester centré sur le message, des mèmes simples faciles à comprendre et à répéter. Le tout, enrobé des tours de passe-passe les plus éhontés, notamment avec l'appui de la Cour Suprême, a porté Geoge W. Bush deux fois à la présidence des États-Unis.
Ayant connu des succès électoraux, il fallait bien que Bush gouverne. Mais là, je ne lui connaît aucun succès. C'est le désastre partout. Les finances publiques à vau-l'eau, l'environnement massacré, Katrina, la perte d'influence et de respect des États-Unis dans le monde, l'Irak, l'Afghanistan, les ententes internationales reniées, Kyoto, l'OMC, le travail de sape contre l'ONU, les crimes de guerre patents, etc.
Le seul succès que l'administration Bush peut revendiquer, c'est celui de n'avoir pas implosé à la suite de toutes les erreurs, les prévarications et les gaspillages auxquels elle s'adonne depuis plus de six ans. Et cela, c'est à l'autre volet de l'équipe Bush, celle que mène Dick Cheney depuis son bunker secret, qu'on le doit.
Cheney, en collaboration avec son copain Rumsfeld rencontré à l'ère Nixon, a étendu une chape de plomb sur la fonction publique fédérale américaine. Ils ont retenu les leçons du Watergate. Ils réussissent à intimider et à faire taire ceux qui pourraient les dénoncer. Leur seul échec en ce domaine porte le nom de Valerie Plame dont le mari, Joseph Wilson a dévoilé les mensonges de Bush sur le nucléaire irakien. Mais l'affaire Plame a tout de même réussi à faire taire les autres.
Comme le soulignait justement epsilon , l'équipe Bush "est, elle, diaboliquement intelligente et passée maître dans l'art de contrôler l'opinion publique en se servant entre autres du terrorisme comme levier." Et c'est là-dessus que vogue l'administration Bush en ces dernières années de mandat. Bush reste centré sur le message du jour: terreur, terrorisme, terroristes.
On décèle des signes de fatigue dans l'opinion publique américaine. Les sondages ne sont pas bons pour Bush. Karl Rove aurait-il perdu la main ? Ne le croyez pas un instant. La moyenne de l'écart entre les intentions de vote pour les Républicains et les intentions de vote pour les Démocrates n'est que de 8,5 %. Or, aux États-Unis comme au Québec, les votes de la campagne ont un poids relatif plus grand que les votes des citadins. Pour gagner les élections de mi-mandat, les Démocrates ont besoin d'un écart de plus de 10 % . À 10 %, les deux partis sont simplement à égalité.
Rien n'est joué. Ce sera le suspense de l'automne. Les paris sont déjà ouverts sur ce que sera l'October Surprise.
Accent Grave se demande, à juste titre dans les circonstances: "Comment qualifier un idiot qui roule une population qui s'estime intelligente?" Selon le commentateur Billmon, un des plus incisifs observateurs de la scène politique américaine toutes catégories confondues, il faut qualifier Bush de porc-épic.
Dans son article, Billmon reprend un texte d'Isaiah Berlin citant le poète grec Archiloque: "Le renard connaît beaucoup de choses, mais le porc-épic en connaît une très importante." L'intelligent renard, malgré toutes ses ruses, ne peut vaincre le porc-épic qui simplement se roule en boule et attend. Isaiah Berlin séparait l'humanité en renards et en porcs-épics. Billmon classe Bush dans la catégorie des porcs-épics.
Bush n'a pas beaucoup d'idées, mais quand il en a une, il ne lâche pas. Cela en fait un adversaire redoutable en campagne électorale où il reste concentré sur le message à véhiculer, au point d'en paraître borné. Mais c'est efficace et cela en fait un excellent porte-voix pour les messages que le grand maître de l'électoralisme de bas étage, Karl Rove, a écrits pour lui.
Pendant les premières années de sa présidence, Bush a donné très peu de conférences de presse. Ses interventions étaient rédigées et il s'en tenait au texte. Il a aujourd'hui plus confiance en lui et c'est maintenant que la vacuité du personnage saute aux yeux de tous. Joe Scarborough n'en blâme pas Bush pour autant, mais l'entourage de Bush qui l'expose au ridicule en multipliant les conférences de presse.
Il serait trop long de raconter ici les exploits de Karl Rove que tous considèrent comme le grand maître de la petite politique aux États-Unis. Déjà actif pendant le Watergate, il s'est lié d'amitié avec le fils Bush en travaillant avec lui aux élections du père. Il est le cerveau, le "Goebbels" disent certains, qui a conduit le fils Bush à la tête de l'état du Texas et à la présidence des États-Unis.
La stratégie est assez simple: recueillir l'argent des riches et des compagnies pour aller chercher les votes de la clientèle républicaine traditionnelle des "blue states", auxquels Rove a ajouté les votes de la droite religieuse. Au niveau de la tactique, Rove a imposé au Parti républicain une discipline de fer pour rester centré sur le message, des mèmes simples faciles à comprendre et à répéter. Le tout, enrobé des tours de passe-passe les plus éhontés, notamment avec l'appui de la Cour Suprême, a porté Geoge W. Bush deux fois à la présidence des États-Unis.
Ayant connu des succès électoraux, il fallait bien que Bush gouverne. Mais là, je ne lui connaît aucun succès. C'est le désastre partout. Les finances publiques à vau-l'eau, l'environnement massacré, Katrina, la perte d'influence et de respect des États-Unis dans le monde, l'Irak, l'Afghanistan, les ententes internationales reniées, Kyoto, l'OMC, le travail de sape contre l'ONU, les crimes de guerre patents, etc.
Le seul succès que l'administration Bush peut revendiquer, c'est celui de n'avoir pas implosé à la suite de toutes les erreurs, les prévarications et les gaspillages auxquels elle s'adonne depuis plus de six ans. Et cela, c'est à l'autre volet de l'équipe Bush, celle que mène Dick Cheney depuis son bunker secret, qu'on le doit.
Cheney, en collaboration avec son copain Rumsfeld rencontré à l'ère Nixon, a étendu une chape de plomb sur la fonction publique fédérale américaine. Ils ont retenu les leçons du Watergate. Ils réussissent à intimider et à faire taire ceux qui pourraient les dénoncer. Leur seul échec en ce domaine porte le nom de Valerie Plame dont le mari, Joseph Wilson a dévoilé les mensonges de Bush sur le nucléaire irakien. Mais l'affaire Plame a tout de même réussi à faire taire les autres.
Comme le soulignait justement epsilon , l'équipe Bush "est, elle, diaboliquement intelligente et passée maître dans l'art de contrôler l'opinion publique en se servant entre autres du terrorisme comme levier." Et c'est là-dessus que vogue l'administration Bush en ces dernières années de mandat. Bush reste centré sur le message du jour: terreur, terrorisme, terroristes.
On décèle des signes de fatigue dans l'opinion publique américaine. Les sondages ne sont pas bons pour Bush. Karl Rove aurait-il perdu la main ? Ne le croyez pas un instant. La moyenne de l'écart entre les intentions de vote pour les Républicains et les intentions de vote pour les Démocrates n'est que de 8,5 %. Or, aux États-Unis comme au Québec, les votes de la campagne ont un poids relatif plus grand que les votes des citadins. Pour gagner les élections de mi-mandat, les Démocrates ont besoin d'un écart de plus de 10 % . À 10 %, les deux partis sont simplement à égalité.
Rien n'est joué. Ce sera le suspense de l'automne. Les paris sont déjà ouverts sur ce que sera l'October Surprise.
23 août, 2006
Salade de saison VIII
Il y a de ces matins ! Aujourd'hui, je ne mettrai pas de vinaigrette dans la salade. Juste un peu de sel et beaucoup de poivre.
Le Hezbollah et le Parti nazi
Le gros Jason Kenney compare le Hezbollah, une organisation cahoteuse de pauvres hères ayant un bassin de recrutement de 800 000 personnes dans un pays ruiné de 4 millions d'habitants, avec le Parti nazi qui a harnaché la puissance industrielle allemande pour créer la plus formidable machine de guerre de la planète dans les années '30.
Vous aurez compris que l'argument est un peu gros, et que c'est à ce seul titre que j'ai qualifié Jason Kenney de gros.
Les enfants de Brigitte Bardot
Yves Beauchemin se promène en avion au-dessus de la forêt boréale et trouve bien laid ce qu'on fait là-bas. Richard Desjardins n'aime pas cela non plus. Roy Dupuis ne veut pas que l'on construise l'Eastmain-1-A parce qu'il veut se promener en canot sur la rivière Rupert. Emmenez-en des vedettes.
L'importance de l'utilisation de vedettes dans la défense des "bonnes causes" est inversement proportionnelle à la validité des arguments militant en faveur de ces "bonnes causes".
Gros titre
"Un soldat canadien tué en Afghanistan". Ça, c'est le gros titre. Dans les petites lignes, on apprend que, dans la même région, 72 insurgés ont été tués dimanche. Lundi, deux soldats canadiens sont blessés dans une embuscade. Mardi, l'attentat suicide tue le soldat canadien en manchette, ainsi qu'un enfant qui jouait par là. Deux heures après, les soldats tuent un adolescent afghan (selon la version originale, rectifiée aujourd'hui: il avait 10 ans) et blessent un jeune garçon sur une moto qui fonçait sur eux, dérisoire geste de haine impuissante. Fin temporaire de l'histoire: c'est aujourd'hui mercredi.
À quoi vous attendiez-vous ? Les 72 "insurgés" ne sont pas des révolutionnaires apatrides en provenance d'un quelconque état-voyou. Ce sont des gens du coin, qui ont des pères, des mères, des oncles, des tantes, etc. Cela ne finira donc jamais !
"Gagner les esprits et les coeurs pour bâtir un Afghanistan nouveau..."
Desperate Athlete
Il faut lire cette histoire, digne d'une sous-intrigue de Desperate Housewifes. Un jeune athlète généreusement financé par son papa médecin et sa maman psychologue s'envole vers une destinée olympique, appuyé par un entraîneur personnel de haut niveau. Catastrophe. Les parents se séparent. La maman sort avec l'entraîneur. L'athlète va vivre chez l'entraîneur. La maman quitte l'entraîneur. L'athlète veut continuer à vivre chez l'entraîneur et prend un avocat à cet effet.
En effet, "le jeune trouvait «répugnant» que son père fume occasionnellement de la mari et qu'il l'ait fait «une fois» devant lui. Il craignait l'effet de la fumée secondaire et estimait que cela allait contre les valeurs qu'il avait adoptées en tant qu'athlète. Il reprochait aussi à son père d'être en retard pour le conduire à l'école ou à ses entraînements, ce qui le stressait."
La Cour d'appel a trouvé que c'était "ben correct de même" et que le juge Martin Bédard s'était "mis le doigt dans l'oeil" en ordonnant à l'adolescent de rentrer tout de suite à la maison et d'arrêter ses sparages.
Je m'excuse auprès des membres du Barreau de cette façon de raconter la chose. Seul le manque de maîtrise du langage juridique est en cause.
La vierge offensée, la pureté, l'idéalisme et toutes ces sortes de choses
On parle, on parle et je n'ai même pas le temps de vous livrer mon commentaire sur Nestor Turcotte. Je dois de toute urgence aller m'acheter une tondeuse à gazon pour remplacer celle qui m'a lâchement laissé tomber hier. Que diraient les voisins à la vue de tant de laisser-aller, si ma propre cour n'était pas à la hauteur des attentes que j'ai pour les cours des voisins ?
Le Hezbollah et le Parti nazi
Le gros Jason Kenney compare le Hezbollah, une organisation cahoteuse de pauvres hères ayant un bassin de recrutement de 800 000 personnes dans un pays ruiné de 4 millions d'habitants, avec le Parti nazi qui a harnaché la puissance industrielle allemande pour créer la plus formidable machine de guerre de la planète dans les années '30.
Vous aurez compris que l'argument est un peu gros, et que c'est à ce seul titre que j'ai qualifié Jason Kenney de gros.
Les enfants de Brigitte Bardot
Yves Beauchemin se promène en avion au-dessus de la forêt boréale et trouve bien laid ce qu'on fait là-bas. Richard Desjardins n'aime pas cela non plus. Roy Dupuis ne veut pas que l'on construise l'Eastmain-1-A parce qu'il veut se promener en canot sur la rivière Rupert. Emmenez-en des vedettes.
L'importance de l'utilisation de vedettes dans la défense des "bonnes causes" est inversement proportionnelle à la validité des arguments militant en faveur de ces "bonnes causes".
Gros titre
"Un soldat canadien tué en Afghanistan". Ça, c'est le gros titre. Dans les petites lignes, on apprend que, dans la même région, 72 insurgés ont été tués dimanche. Lundi, deux soldats canadiens sont blessés dans une embuscade. Mardi, l'attentat suicide tue le soldat canadien en manchette, ainsi qu'un enfant qui jouait par là. Deux heures après, les soldats tuent un adolescent afghan (selon la version originale, rectifiée aujourd'hui: il avait 10 ans) et blessent un jeune garçon sur une moto qui fonçait sur eux, dérisoire geste de haine impuissante. Fin temporaire de l'histoire: c'est aujourd'hui mercredi.
À quoi vous attendiez-vous ? Les 72 "insurgés" ne sont pas des révolutionnaires apatrides en provenance d'un quelconque état-voyou. Ce sont des gens du coin, qui ont des pères, des mères, des oncles, des tantes, etc. Cela ne finira donc jamais !
"Gagner les esprits et les coeurs pour bâtir un Afghanistan nouveau..."
Desperate Athlete
Il faut lire cette histoire, digne d'une sous-intrigue de Desperate Housewifes. Un jeune athlète généreusement financé par son papa médecin et sa maman psychologue s'envole vers une destinée olympique, appuyé par un entraîneur personnel de haut niveau. Catastrophe. Les parents se séparent. La maman sort avec l'entraîneur. L'athlète va vivre chez l'entraîneur. La maman quitte l'entraîneur. L'athlète veut continuer à vivre chez l'entraîneur et prend un avocat à cet effet.
En effet, "le jeune trouvait «répugnant» que son père fume occasionnellement de la mari et qu'il l'ait fait «une fois» devant lui. Il craignait l'effet de la fumée secondaire et estimait que cela allait contre les valeurs qu'il avait adoptées en tant qu'athlète. Il reprochait aussi à son père d'être en retard pour le conduire à l'école ou à ses entraînements, ce qui le stressait."
La Cour d'appel a trouvé que c'était "ben correct de même" et que le juge Martin Bédard s'était "mis le doigt dans l'oeil" en ordonnant à l'adolescent de rentrer tout de suite à la maison et d'arrêter ses sparages.
Je m'excuse auprès des membres du Barreau de cette façon de raconter la chose. Seul le manque de maîtrise du langage juridique est en cause.
La vierge offensée, la pureté, l'idéalisme et toutes ces sortes de choses
On parle, on parle et je n'ai même pas le temps de vous livrer mon commentaire sur Nestor Turcotte. Je dois de toute urgence aller m'acheter une tondeuse à gazon pour remplacer celle qui m'a lâchement laissé tomber hier. Que diraient les voisins à la vue de tant de laisser-aller, si ma propre cour n'était pas à la hauteur des attentes que j'ai pour les cours des voisins ?
22 août, 2006
Humour américain
Très tôt après l'entrée en fonction de George W. Bush comme président des États-Unis, les commentateurs américains libéraux ont noté les faibles capacités intellectuelles du nouvel élu. Au fur et à mesure que ses décisions plongeaient le pays dans le chaos financier et dans des guerres stupides, Bush se vit bientôt traité carrément d'imbécile, et de tous les synonymes d'imbécile, par les blogues de gauche américains.
La droite américaine tenait le fort. Fort bien financés, brillants et diserts, il n'y a aucune des conneries de Bush que les commentateurs de droite n'aient été capables d'expliquer et de justifier par les écrans de fumée qui tenaient le peuple américain loin de la réalité des choses. (Saddam Hussein est à l'origine du 9/11, il y a des armes de destruction massive en Irak, etc.)
Au Québec même, Bush a ses défenseurs. Il faut respecter la démocratie américaine, disent-ils. Cinquante-cinq millions d'Américains ne pouvent pas se tromper. Ce n'est pas bien de verser dans l'anti-américanisme primaire. Les gauchistes québécois sont aveuglés par leur haine de Bush. On ne veut pas occuper l'Afghanistan et tuer des Talibans parce qu'on déteste Bush.
Au bout du rouleau, craignant de se discréditer elle-même à jamais, la droite américaine rend maintenant les armes: Bush est un idiot. Joe Scarborough, un ancien représentant républicain et actel animateur de Scarborough Country sur MSNBC a posé la question "Is Bush an idiot ?" et il y a répondu: "Right now, George W. Bush is not that leader ", c'est-à-dire ce leader assez brillant pour défendre correctement la politique étrangère américaine.
Les commentateurs de droite les plus influents mettent en doute la capacité de Bush à mener la "guerre au terrorisme": William F. Buckley Jr. (National Review), Quin Hillyer (American Spectator), George F. Will (ABC), Thomas L. Friedman (New York Times), Rich Lowry (National Review).
Même Tony Blair, qui poursuit depuis des années une politique de collaboration avec Bush pour mieux l'influencer, au risque de passer pour une marionnette, commence à en avoir assez. Il a fait savoir son désillusionnement par l'intermédiaire d'un responsable senior à Downing Street: "We all feel badly let down by Bush. We thought we had persuaded him to take the Israel-Palestine situation seriously, but we were wrong. How can anyone have faith in a man of such low intellect?"
Kathleen Reardon se méfie d'un président qui aime les blagues de flatulences. C'est avec humour qu'elle répond à Joe Scarborough en traitant son topo sur Bush comme un ballon d'essai lancé par les Républicains en vue des batailles politiques à venir. Et si les Républicains devenaient anti-Bush, cela minerait la plate-forme anti-Bush des Démocrates. Et si les Démocrates veulent enclencher une procédure d'impeachment après les élections, les Républicains pourront toujours répondre: "Comment pouvez-vous condamner quelqu'un qui ne savait pas ce qu'il faisait ?"
La droite américaine tenait le fort. Fort bien financés, brillants et diserts, il n'y a aucune des conneries de Bush que les commentateurs de droite n'aient été capables d'expliquer et de justifier par les écrans de fumée qui tenaient le peuple américain loin de la réalité des choses. (Saddam Hussein est à l'origine du 9/11, il y a des armes de destruction massive en Irak, etc.)
Au Québec même, Bush a ses défenseurs. Il faut respecter la démocratie américaine, disent-ils. Cinquante-cinq millions d'Américains ne pouvent pas se tromper. Ce n'est pas bien de verser dans l'anti-américanisme primaire. Les gauchistes québécois sont aveuglés par leur haine de Bush. On ne veut pas occuper l'Afghanistan et tuer des Talibans parce qu'on déteste Bush.
Au bout du rouleau, craignant de se discréditer elle-même à jamais, la droite américaine rend maintenant les armes: Bush est un idiot. Joe Scarborough, un ancien représentant républicain et actel animateur de Scarborough Country sur MSNBC a posé la question "Is Bush an idiot ?" et il y a répondu: "Right now, George W. Bush is not that leader ", c'est-à-dire ce leader assez brillant pour défendre correctement la politique étrangère américaine.
Les commentateurs de droite les plus influents mettent en doute la capacité de Bush à mener la "guerre au terrorisme": William F. Buckley Jr. (National Review), Quin Hillyer (American Spectator), George F. Will (ABC), Thomas L. Friedman (New York Times), Rich Lowry (National Review).
Même Tony Blair, qui poursuit depuis des années une politique de collaboration avec Bush pour mieux l'influencer, au risque de passer pour une marionnette, commence à en avoir assez. Il a fait savoir son désillusionnement par l'intermédiaire d'un responsable senior à Downing Street: "We all feel badly let down by Bush. We thought we had persuaded him to take the Israel-Palestine situation seriously, but we were wrong. How can anyone have faith in a man of such low intellect?"
Kathleen Reardon se méfie d'un président qui aime les blagues de flatulences. C'est avec humour qu'elle répond à Joe Scarborough en traitant son topo sur Bush comme un ballon d'essai lancé par les Républicains en vue des batailles politiques à venir. Et si les Républicains devenaient anti-Bush, cela minerait la plate-forme anti-Bush des Démocrates. Et si les Démocrates veulent enclencher une procédure d'impeachment après les élections, les Républicains pourront toujours répondre: "Comment pouvez-vous condamner quelqu'un qui ne savait pas ce qu'il faisait ?"
21 août, 2006
Kigali: Eros et Thanatos
Six ans plus tard dans les banlieues, je viens de tourner la dernière page du livre de Gil Courtemanche, Un dimanche à la piscine à Kigali. C'est un grand livre qui, à la manière de T. E. Lawrence dans Lawrence d'Arabie, ne fait pas de prisonniers. "No prisoners !" À la fin, ils sont tous morts, les Tutsis, les Hutus modérés, les vendeurs de quincaillerie occidentale, les coopérants, Roméo Dallaire, l'ONU, l'élite africaine formée dans les universités québécoises, l'élite africaine, le peuple africain, la blonde du journaliste au regard acéré et le journaliste au regard acéré lui-même. Ils sont tous morts, les uns physiquement, les autres moralement.
Dans Malaise dans la civilisation, notre toujours optimiste Sigmund Freud, en mettant de l'avant Eros, les forces de la vie, et Thanatos, les forces de la mort, présumait qu'Eros réussissait à mettre Thanatos à son service. Malgré de légers inconvénients, matérialisés sous forme de névroses sadiques ou masochistes, dont on pouvait se débarrasser moyennant quelques scéances chez son psychanalyste préféré, les forces de la vie triomphaient des forces de la mort.
Dans l'Afrique d'Un dimanche à la piscine à Kigali, on baise tout le temps, on baise à mort, on sait qu'on va mourir, on sait qu'on donne la mort en baisant, mais on baise quand même tout le temps, sans capote. C'est Eros au service de Thanatos. Sigmund ne l'avait pas vu venir, celle-là. Et comme le sida n'allait pas assez vite, on a sorti les machettes, sur un fond de racisme de noirs à gros nez (Hutus) contre des noirs à grand nez (Tutsis).
Depuis les temps préhistoriques, les peuplades pastorales pratiquant l'élevage, comme les Tutsis, se pensent supérieures aux tribus hirsutes de cueilleurs-chasseurs se livrant à une agriculture rudimentaire, comme les Hutus. La thèse officielle veut encore que ce soient les Occidentaux qui ont mis des idées de racisme dans la tête des Rwandais en privilégiant les Tutsis contre les Hutus. Moi, je veux bien, mais je trouve ça insultant pour les Rwandais. C'est comme si la science du bien et du mal ne pouvait venir que des Blancs. Mais c'est un point mineur dans le roman, qui ne fait que véhiculer les idées reçues sur ce sujet. Je n'en dirai pas plus.
Ce qui m'a le plus étonné dans le roman, c'est le cynisme des élites rwandaises qui sont venues étudier dans les universités québécoises: "En passant, monsieur Valcourt, vous savez que j'ai étudié au Canada. Oui, à l'Université Laval. Mais le français qu'on y parlait se rapprochait tellement d'une sorte de créole incompréhensible que j'ai préféré mon français de nègre et que j'ai terminé mes études à Butare..." Et le procureur en chef adjoint de refuser la déposition de Valcourt contre le meurtre d'une prostituée par un Blanc, entremêlant ses odieuses allusions racistes aux cris d'un jeune garçon qu'on torturait dans la pièce d'à côté.
Ce qui m'a fait le plus mal dans le roman, ce n'est pas la description des tueries, où le cinéma fait beaucoup mieux. Je pense à Hotel Rwanda qui avait su montrer l'horreur sans être horrible. Non, le plus douloureux, pour la suite des choses, c'est le tableau qu'on y fait des zumanitaires et des coopérants qui s'activent pour diverses bonnes causes, parfaitement conscients de l'inutilité de leurs efforts, avec la seule veule ambition de profiter au maximum de leur séjour africain.
Dans ce contexte, l'aide humanitaire à l'Afrique ressemble à ce vieux trente-sous qu'on lance à l'ivrogne titubant au coin d'une rue, lorsqu'il nous demande "une piasse pour aller prendre un café". On le fait simplement parce que c'est cela qu'il faut faire. En 1962, René Dumont écrivait L'Afrique noire est mal partie. Ça ne va pas mieux.
Dans Malaise dans la civilisation, notre toujours optimiste Sigmund Freud, en mettant de l'avant Eros, les forces de la vie, et Thanatos, les forces de la mort, présumait qu'Eros réussissait à mettre Thanatos à son service. Malgré de légers inconvénients, matérialisés sous forme de névroses sadiques ou masochistes, dont on pouvait se débarrasser moyennant quelques scéances chez son psychanalyste préféré, les forces de la vie triomphaient des forces de la mort.
Dans l'Afrique d'Un dimanche à la piscine à Kigali, on baise tout le temps, on baise à mort, on sait qu'on va mourir, on sait qu'on donne la mort en baisant, mais on baise quand même tout le temps, sans capote. C'est Eros au service de Thanatos. Sigmund ne l'avait pas vu venir, celle-là. Et comme le sida n'allait pas assez vite, on a sorti les machettes, sur un fond de racisme de noirs à gros nez (Hutus) contre des noirs à grand nez (Tutsis).
Depuis les temps préhistoriques, les peuplades pastorales pratiquant l'élevage, comme les Tutsis, se pensent supérieures aux tribus hirsutes de cueilleurs-chasseurs se livrant à une agriculture rudimentaire, comme les Hutus. La thèse officielle veut encore que ce soient les Occidentaux qui ont mis des idées de racisme dans la tête des Rwandais en privilégiant les Tutsis contre les Hutus. Moi, je veux bien, mais je trouve ça insultant pour les Rwandais. C'est comme si la science du bien et du mal ne pouvait venir que des Blancs. Mais c'est un point mineur dans le roman, qui ne fait que véhiculer les idées reçues sur ce sujet. Je n'en dirai pas plus.
Ce qui m'a le plus étonné dans le roman, c'est le cynisme des élites rwandaises qui sont venues étudier dans les universités québécoises: "En passant, monsieur Valcourt, vous savez que j'ai étudié au Canada. Oui, à l'Université Laval. Mais le français qu'on y parlait se rapprochait tellement d'une sorte de créole incompréhensible que j'ai préféré mon français de nègre et que j'ai terminé mes études à Butare..." Et le procureur en chef adjoint de refuser la déposition de Valcourt contre le meurtre d'une prostituée par un Blanc, entremêlant ses odieuses allusions racistes aux cris d'un jeune garçon qu'on torturait dans la pièce d'à côté.
Ce qui m'a fait le plus mal dans le roman, ce n'est pas la description des tueries, où le cinéma fait beaucoup mieux. Je pense à Hotel Rwanda qui avait su montrer l'horreur sans être horrible. Non, le plus douloureux, pour la suite des choses, c'est le tableau qu'on y fait des zumanitaires et des coopérants qui s'activent pour diverses bonnes causes, parfaitement conscients de l'inutilité de leurs efforts, avec la seule veule ambition de profiter au maximum de leur séjour africain.
Dans ce contexte, l'aide humanitaire à l'Afrique ressemble à ce vieux trente-sous qu'on lance à l'ivrogne titubant au coin d'une rue, lorsqu'il nous demande "une piasse pour aller prendre un café". On le fait simplement parce que c'est cela qu'il faut faire. En 1962, René Dumont écrivait L'Afrique noire est mal partie. Ça ne va pas mieux.
20 août, 2006
Aimer le Canada, ou pas
Je me pose ce matin une question naïve et claire: faut-il détester le Canada pour s'en séparer ? Plein d'autres questions se posent autour de la même problématique. Est-ce possible, comme membre d'une petite enclave francophone en Amérique du Nord, de ne pas développer une mentalité d'assiégé ? Comment réagir aux provocateurs racistes qui, il faut bien le dire, trouvent encore place dans le paysage médiatique canadien-anglais ? La démarche d'affirmation nationale du Québec doit-elle inclure ceux qui en sont encore à l'étape "d'haïr les Anglais" ? Si oui, comment ?
On peut répondre à ces questions en choisissant différentes approches: sous l'angle philosophique, moral, historique, économique, politique et même électoraliste. Le problème, c'est que dans toutes ces façons d'aborder le problème, les opinions des uns vont se heurter sans fin aux opinions des autres, toutes étant plus valables que celles des autres aux yeux de leurs auteurs.
Il est plus facile d'y répondre sous l'angle du possible et de l'impossible. Il est possible que le Québec devienne indépendant, mais il lui est impossible de le devenir en détestant la vaste communauté anglophone qui l'entoure, et en étant détesté d'elle en retour. Qu'on le veuille ou non, les perceptions des citoyens sont façonnées par les médias de masse. Le Hezbollah aura beau jouer un rôle caritatif et politique auprès des Libanais shiites, il est bien implanté dans l'esprit des Canadiens anglais et des Américains que ce n'est qu'un mouvement terroriste, et qui plus est, l'avant-garde d'une autre de leurs bêtes noires, Mahmoud Ahmadinejad.
Ces perceptions répandues dans l'air du temps ne sont pas innocentes. Elles coupent les dialogues entre les nations, justifient des sanctions économiques et même des actions militaires. Nous avons nos réactions tribales instinctives, mais les anglophones en ont aussi. On ne pourra pas éviter les dérapages de quelques esprits surchauffés qui vont exiger la partition lors de la séparation. Mais il faut s'assurer que la communauté anglophone préfère vivre dans le calme d'un Québec démocratique que dans l'acrimonie d'une enclave canadienne partitionniste au Québec.
Il est important de maintenir un dialogue de haut niveau avec nos interlocuteurs anglophones du Canada et des États-Unis. Il est important de rappeler les faits, de se défendre lorsque que nous sommes attaqués injustement comme nation, et de le faire avec classe et dignité. Cela ne nous avance en rien de répondre au sectarisme par le sectarisme. Ce n'est pas de la naïveté de croire qu'il a autre chose que des rednecks au Canada, c'est une nécessité géo-stratégique. Et en plus, c'est conforme à la réalité.
Quiconque a un peu voyagé sait que les Canadiens, et les Américains pour ce que j'en sais, sont des gens très bien. On n'a pas besoin de trouver que les Rocheuses sont laides pour être indépendantiste. Elles seront toujours là, dans l'Ouest, comme le Grand Canyon sera toujours en Arizona, et il sera toujours bien agréable de les visiter.
Le peuple québécois veut prendre sa place. Cela dérange toujours un peu, mais il le fait graduellement. Il ne veut pas de sparages ni de dérives sectaires. C'est le message qu'il envoie à ses élites politiques depuis des décennies. Et le Parti québécois, dans sa tenace et quasi scrupuleuse démarche démocratique, a toujours écouté ce message du peuple, ce qui lui vaut d'être encore bien vivant aujourd'hui.
On peut répondre à ces questions en choisissant différentes approches: sous l'angle philosophique, moral, historique, économique, politique et même électoraliste. Le problème, c'est que dans toutes ces façons d'aborder le problème, les opinions des uns vont se heurter sans fin aux opinions des autres, toutes étant plus valables que celles des autres aux yeux de leurs auteurs.
Il est plus facile d'y répondre sous l'angle du possible et de l'impossible. Il est possible que le Québec devienne indépendant, mais il lui est impossible de le devenir en détestant la vaste communauté anglophone qui l'entoure, et en étant détesté d'elle en retour. Qu'on le veuille ou non, les perceptions des citoyens sont façonnées par les médias de masse. Le Hezbollah aura beau jouer un rôle caritatif et politique auprès des Libanais shiites, il est bien implanté dans l'esprit des Canadiens anglais et des Américains que ce n'est qu'un mouvement terroriste, et qui plus est, l'avant-garde d'une autre de leurs bêtes noires, Mahmoud Ahmadinejad.
Ces perceptions répandues dans l'air du temps ne sont pas innocentes. Elles coupent les dialogues entre les nations, justifient des sanctions économiques et même des actions militaires. Nous avons nos réactions tribales instinctives, mais les anglophones en ont aussi. On ne pourra pas éviter les dérapages de quelques esprits surchauffés qui vont exiger la partition lors de la séparation. Mais il faut s'assurer que la communauté anglophone préfère vivre dans le calme d'un Québec démocratique que dans l'acrimonie d'une enclave canadienne partitionniste au Québec.
Il est important de maintenir un dialogue de haut niveau avec nos interlocuteurs anglophones du Canada et des États-Unis. Il est important de rappeler les faits, de se défendre lorsque que nous sommes attaqués injustement comme nation, et de le faire avec classe et dignité. Cela ne nous avance en rien de répondre au sectarisme par le sectarisme. Ce n'est pas de la naïveté de croire qu'il a autre chose que des rednecks au Canada, c'est une nécessité géo-stratégique. Et en plus, c'est conforme à la réalité.
Quiconque a un peu voyagé sait que les Canadiens, et les Américains pour ce que j'en sais, sont des gens très bien. On n'a pas besoin de trouver que les Rocheuses sont laides pour être indépendantiste. Elles seront toujours là, dans l'Ouest, comme le Grand Canyon sera toujours en Arizona, et il sera toujours bien agréable de les visiter.
Le peuple québécois veut prendre sa place. Cela dérange toujours un peu, mais il le fait graduellement. Il ne veut pas de sparages ni de dérives sectaires. C'est le message qu'il envoie à ses élites politiques depuis des décennies. Et le Parti québécois, dans sa tenace et quasi scrupuleuse démarche démocratique, a toujours écouté ce message du peuple, ce qui lui vaut d'être encore bien vivant aujourd'hui.
19 août, 2006
Le mystère Fernand Gignac
Fernand Gignac est mort hier.
Tout le monde aimait Fernand Gignac. Bon époux, bon père, bon chanteur, bon comédien, il a toute sa vie offert du bonheur aux siens et à son public. Je l'aimais bien aussi, bien qu'il n'ait pas fait le genre de musique que je préfère. Je ne doute pas non plus que l'aisance et la facilité qu'il démontrait dans ses rôles à la télévision relevaient plus du grand art que du laisser-aller.
Sa carrière impressionne. On parle aujourd'hui de sa détermination et de sa passion pour le métier. Il ne faut pas en douter. Gagnant d'un concours d'amateur à 9 ans, diplômé d'art dramatique au Conservatoire Lasalle, débutant au cabaret Le Faisan doré à 14 ans, il quitte Montréal à 15 ans pour aller au Témiscamingue y remplir les fonctions d'annonceur et de disk jockey à la radio. Il fallait en vouloir !
Ceux qui l'aiment encore parlent de son mauvais caractère et de son côté "soupe au lait", tout en ajoutant rapidement que cela ne durait pas. Il était d'un commerce agréable et les autres comédiens avaient plaisir à travailler avec lui.
Alors, il est où, le mystère Fernand Gignac ? Tant de perfection est un mystère pour moi. Ce n'est pas que je mette en doute ce qu'on dit de lui, loin de là. Je veux au contraire y croire. Il existe sûrement des gens à qui la vie a épargné les démons qui assaillent la plupart d'entre nous. Mais cela reste quand même un mystère pour moi.
C'est peut-être à cause des cheveux, ou de la pipe, ou de son style musical, mais j'ai toujours trouvé que Fernand Gignac avait l'air vieux. Pourtant, à l'annonce de sa mort, je me suis tout d'abord dit: "Soixante-douze ans, c'est jeune pour mourir !"
Tout le monde aimait Fernand Gignac. Bon époux, bon père, bon chanteur, bon comédien, il a toute sa vie offert du bonheur aux siens et à son public. Je l'aimais bien aussi, bien qu'il n'ait pas fait le genre de musique que je préfère. Je ne doute pas non plus que l'aisance et la facilité qu'il démontrait dans ses rôles à la télévision relevaient plus du grand art que du laisser-aller.
Sa carrière impressionne. On parle aujourd'hui de sa détermination et de sa passion pour le métier. Il ne faut pas en douter. Gagnant d'un concours d'amateur à 9 ans, diplômé d'art dramatique au Conservatoire Lasalle, débutant au cabaret Le Faisan doré à 14 ans, il quitte Montréal à 15 ans pour aller au Témiscamingue y remplir les fonctions d'annonceur et de disk jockey à la radio. Il fallait en vouloir !
Ceux qui l'aiment encore parlent de son mauvais caractère et de son côté "soupe au lait", tout en ajoutant rapidement que cela ne durait pas. Il était d'un commerce agréable et les autres comédiens avaient plaisir à travailler avec lui.
Alors, il est où, le mystère Fernand Gignac ? Tant de perfection est un mystère pour moi. Ce n'est pas que je mette en doute ce qu'on dit de lui, loin de là. Je veux au contraire y croire. Il existe sûrement des gens à qui la vie a épargné les démons qui assaillent la plupart d'entre nous. Mais cela reste quand même un mystère pour moi.
C'est peut-être à cause des cheveux, ou de la pipe, ou de son style musical, mais j'ai toujours trouvé que Fernand Gignac avait l'air vieux. Pourtant, à l'annonce de sa mort, je me suis tout d'abord dit: "Soixante-douze ans, c'est jeune pour mourir !"
18 août, 2006
Les réfugiés du réchauffement global
Au Liban, près d'un million de personnes ont déserté leurs foyers à cause de la guerre. Le 15 août, l'ONU évaluait à 200 000 le nombre de personnes qui étaient en train de regagner leurs villes et leurs villages. Beaucoup ont tout simplement quitté le pays. On les appelle "réfugiés de guerre".
Sur la côte américaine du Golfe du Mexique, près de 1 million de personnes ont quitté leurs foyers à la suite de l'ouragan Katrina le 31 août 2005. Elles y reviennent peu à peu. En juillet 2006, l'organisme de recherche Earth Policy Institute calculait que 375 000 personnes n'étaient pas encore de retour et il estimait que 250 000 d'entre elles ne reviendront jamais. L'Institut les appelle "climate refugees".
Les premiers scénarios de catastrophe sur le réchauffement de la planète suggéraient que les habitants de Tuvalu, dans le Pacifique-Sud, seraient submergés à la suite de la hausse du niveau de l'eau des océans, laquelle serait causée par le réchauffement de la planète. Il semble plutôt que les premiers réfugiés du réchauffement global seront les habitants de la côte du Golfe du Mexique, déplacés par les ouragans dévastateurs causés par l'élévation de la température à la surface des eaux du Golfe.
Selon un site faisant l'historique de Katrina d'après le journal Le Monde, "le cyclone Katrina est la catastrophe naturelle la plus chère de l'histoire de l'assurance : il aurait causé 125 milliards de dégâts dont une cinquantaine à la charge des assurances." En 1992, l'ouragan Andrew a détruit 60 000 maisons et causé la faillite de 11 compagnies locales d'assurances. Les états de Floride, Mississippi et Louisiane ont par la suite mis sur pied des compagnies d'assurance gouvernementales pour assurer les propriétaires ne trouvant pas d'assureur privé.
La Citizens Property Insurance Corporation, la compagnie de l'état de la Floride, a connu un déficit de 516 millions de dollars en 2004 et devra hausser ses primes de 80 % pour continuer ses opérations. En Louisiane, la compagnie d'état est aussi déficitaire. Au niveau national américain, le National Flood Insurance Program a subi un déficit de 23 milliards de dollars en 2005.
Bref, l'industrie privée de l'assurance se retire des secteurs à haut risque et même les compagnies d'assurance gouvernementales ont de la difficulté à suivre le rythme infernal imposé par les ouragans qui dévastent la région à répétition.
Suite à la hausse du coût des assurances, la valeur du parc immobilier est en baisse. Les entreprises en général, celles dont les produits ne sont pas pour consommation locale, préfèrent migrer dans des endroits où les coûts d'assurance sont moins élevés. Les plus mobiles des résidents recherchent eux aussi des régions plus sécuritaires.
Est-ce une catastrophe ? Peut-on parler de réfugiés ? Après tout, diront les sceptiques, cela se passe aux États-Unis, personne ne va mourir de faim, le marché va s'ajuster, ce sont des inconvénients mineurs, cela revitalise l'industrie de la construction, etc.
Revoyons les chiffres. La Louisiane compte 4,4 millions d'habitants et 375 000 d'entre eux sont encore loin de leurs foyers 1 an plus tard. Le Québec compte 7,5 millions d'habitants et la ville de Laval en accueille 370 000. Est-ce que ce serait une catastrophe si l'île Jésus s'enfonçait dans la rivière des Prairies et que 370 000 personnes se cherchent un nouveau foyer ?
Ce jour-là, on s'ennuierait de la courageuse petite maison du Saguenay et on trouverait que c'était le bon temps.
Sur la côte américaine du Golfe du Mexique, près de 1 million de personnes ont quitté leurs foyers à la suite de l'ouragan Katrina le 31 août 2005. Elles y reviennent peu à peu. En juillet 2006, l'organisme de recherche Earth Policy Institute calculait que 375 000 personnes n'étaient pas encore de retour et il estimait que 250 000 d'entre elles ne reviendront jamais. L'Institut les appelle "climate refugees".
Les premiers scénarios de catastrophe sur le réchauffement de la planète suggéraient que les habitants de Tuvalu, dans le Pacifique-Sud, seraient submergés à la suite de la hausse du niveau de l'eau des océans, laquelle serait causée par le réchauffement de la planète. Il semble plutôt que les premiers réfugiés du réchauffement global seront les habitants de la côte du Golfe du Mexique, déplacés par les ouragans dévastateurs causés par l'élévation de la température à la surface des eaux du Golfe.
Selon un site faisant l'historique de Katrina d'après le journal Le Monde, "le cyclone Katrina est la catastrophe naturelle la plus chère de l'histoire de l'assurance : il aurait causé 125 milliards de dégâts dont une cinquantaine à la charge des assurances." En 1992, l'ouragan Andrew a détruit 60 000 maisons et causé la faillite de 11 compagnies locales d'assurances. Les états de Floride, Mississippi et Louisiane ont par la suite mis sur pied des compagnies d'assurance gouvernementales pour assurer les propriétaires ne trouvant pas d'assureur privé.
La Citizens Property Insurance Corporation, la compagnie de l'état de la Floride, a connu un déficit de 516 millions de dollars en 2004 et devra hausser ses primes de 80 % pour continuer ses opérations. En Louisiane, la compagnie d'état est aussi déficitaire. Au niveau national américain, le National Flood Insurance Program a subi un déficit de 23 milliards de dollars en 2005.
Bref, l'industrie privée de l'assurance se retire des secteurs à haut risque et même les compagnies d'assurance gouvernementales ont de la difficulté à suivre le rythme infernal imposé par les ouragans qui dévastent la région à répétition.
Suite à la hausse du coût des assurances, la valeur du parc immobilier est en baisse. Les entreprises en général, celles dont les produits ne sont pas pour consommation locale, préfèrent migrer dans des endroits où les coûts d'assurance sont moins élevés. Les plus mobiles des résidents recherchent eux aussi des régions plus sécuritaires.
Est-ce une catastrophe ? Peut-on parler de réfugiés ? Après tout, diront les sceptiques, cela se passe aux États-Unis, personne ne va mourir de faim, le marché va s'ajuster, ce sont des inconvénients mineurs, cela revitalise l'industrie de la construction, etc.
Revoyons les chiffres. La Louisiane compte 4,4 millions d'habitants et 375 000 d'entre eux sont encore loin de leurs foyers 1 an plus tard. Le Québec compte 7,5 millions d'habitants et la ville de Laval en accueille 370 000. Est-ce que ce serait une catastrophe si l'île Jésus s'enfonçait dans la rivière des Prairies et que 370 000 personnes se cherchent un nouveau foyer ?
Ce jour-là, on s'ennuierait de la courageuse petite maison du Saguenay et on trouverait que c'était le bon temps.
17 août, 2006
Parlons "émotions"
Pour quelques rares instants à l'intérieur de ce blogue, parlons "émotions". Comme dans "émotions viscérales". J'avais ressenti un profond mépris de la part de Barbara Kay à l'endroit des Québécois francophones dans son texte publié dans le National Post. Et je l'avais pris "personnel", me sentant inclus dans cette collectivité.
Avant que j'aie eu le temps de calmer ma douleur et de recouvrer mes esprits, j'ai lu plusieurs beaux textes en réponse à Mme Kay. Et le meilleur fut sans conteste celui d'André Pratte dans le même National Post, ou pour être tout-à-fait honnête, le plus près de celui que j'aurais aimé écrire. Je lui accorde tous mes bravos parce qu'en le lisant, quelque part loin dans ma mémoire ancestrale, un vieux sentiment tribal avait resurgit et je sentais que quelqu'un défendait ma tribu avec classe et dignité.
Je vous avais avertis, on parle d'émotions viscérales, aujourd'hui. Quand je mentionne la culture tribale dans les sociétés traditionnelles musulmanes, je n'ignore pas pour autant qu'il n'est pas besoin de gratter longtemps le vernis de notre culture occidentale pour revenir à l'homme de Cromagnon. Et aussi à la femme de Cromagnon, pour bien dire. On ne va pas, en plus, retomber dans le sexisme.
J'assume entièrement cette émotion que ma tribu a été attaquée et défendue. Et en même temps, j'aime qu'on se défende sans attaquer les autres tribus qui nous entourent, sans faire de ces amalgames rapides basés sur des préjugés non-fondés, ce qui est en fin de compte la base même du racisme.
Ces émotions tribales complexes, tempérées de rationalisations bienveillantes, sont bien là chez moi. Elles sont aussi le lot de beaucoup de Québécois, ce peuple dans l'ensemble tolérant et bon enfant. Et c'est probablement pourquoi les Québécois continueront à faire le désespoir de tous les leaders politiques qui voudront qu'on se branche une fois pour toutes d'un côté ou de l'autre dans le dossier constitutionnel canadien.
Avant que j'aie eu le temps de calmer ma douleur et de recouvrer mes esprits, j'ai lu plusieurs beaux textes en réponse à Mme Kay. Et le meilleur fut sans conteste celui d'André Pratte dans le même National Post, ou pour être tout-à-fait honnête, le plus près de celui que j'aurais aimé écrire. Je lui accorde tous mes bravos parce qu'en le lisant, quelque part loin dans ma mémoire ancestrale, un vieux sentiment tribal avait resurgit et je sentais que quelqu'un défendait ma tribu avec classe et dignité.
Je vous avais avertis, on parle d'émotions viscérales, aujourd'hui. Quand je mentionne la culture tribale dans les sociétés traditionnelles musulmanes, je n'ignore pas pour autant qu'il n'est pas besoin de gratter longtemps le vernis de notre culture occidentale pour revenir à l'homme de Cromagnon. Et aussi à la femme de Cromagnon, pour bien dire. On ne va pas, en plus, retomber dans le sexisme.
J'assume entièrement cette émotion que ma tribu a été attaquée et défendue. Et en même temps, j'aime qu'on se défende sans attaquer les autres tribus qui nous entourent, sans faire de ces amalgames rapides basés sur des préjugés non-fondés, ce qui est en fin de compte la base même du racisme.
Ces émotions tribales complexes, tempérées de rationalisations bienveillantes, sont bien là chez moi. Elles sont aussi le lot de beaucoup de Québécois, ce peuple dans l'ensemble tolérant et bon enfant. Et c'est probablement pourquoi les Québécois continueront à faire le désespoir de tous les leaders politiques qui voudront qu'on se branche une fois pour toutes d'un côté ou de l'autre dans le dossier constitutionnel canadien.
16 août, 2006
Bellicisme et terrorisme
Je suis comme vous, et nous en sommes tous là. Nous avons peur.
Demain, 21 Américains, des anciens généraux, diplomates et spécialistes de la sécurité nationale, publieront une lettre expliquant que la ligne dure de l'administration Bush sur le nucléaire iranien met en danger la sécurité des États-Unis. Ils ont peur.
J'en ai parlé et des gens beaucoup plus qualifiés que moi en ont parlé aussi. Tout se met en place pour une confrontation Bush-Ahmadinejad. Pour Seymour M. Hersh, l'affrontement Israël-Liban est une répétition générale planifiée délibérément en vue de l'affrontement États-Unis-Iran. Sur CNN, il confirme que les haut-fonctionnaires qui ont collaboré à l'article sont très inquiets de l'actuelle politique. Ils ont peur.
Le bellicisme de l'administration Bush est une menace réelle pour la paix dans le monde.
Mais la menace terroriste n'existe-t-elle pas aussi ? Les attentats de New York, de Madrid, de Londres, de Bali, les roquettes du Hezbollah, les attentats-suicide du Hamas, les affrontements en Irak, la rébellion talibane en Afghanistan, les complots dévoilés à Toronto et à Londres ne sont-ils pas réels ?
Oui, certes. Mais tous ces événements diffèrent dans les circonstances de leur exécution et dans le degré de dangerosité qu'on peut leur prêter. C'est pourquoi chacun d'entre eux mérite une réponse différente quant à leur prévention. Le bellicisme et l'intervention militaire ne sont pas les seules réponses à l'action terroriste. Mieux, ils sont souvent la pire façon de réagir à l'action terroriste car ils motivent davantage l'adversaire et ils créent de nouveaux terroristes.
Quels sont donc les outils qui nous permettraient de combattre, ou mieux d'endiguer et de contenir à un niveau acceptable, la menace terroriste ? Tout d'abord, est-ce correct de parler de "niveau acceptable" ? Y a-t-il un "niveau acceptable" de morts causés par la circulation automobile ? Aucune mortalité n'est acceptable, mais il y en a malheureusement d'inévitables. Il nous faut vivre avec cette réalité. Il en est ainsi du terrorisme. Il est irréaliste de viser à contrer tout acte de terrorisme. Il faut plutôt viser à un équilibre entre les droits des citoyens et les impératifs de la sécurité.
Le premier outil pour combattre le terrorisme, c'est la réparation des injustices flagrantes commises à l'endroit de groupes sociaux. Cet argument est le plus décrié et ridiculisé par la droite belliciste. Et pourtant, ne saute-t-il pas aux yeux de tous que si la question palestinienne était réglée au Proche-Orient, cela contribuerait fortement à y apaiser les tensions ? Quelle serait la situation au Québec si on avait continué d'exclure arbitrairement les francophones de tous les postes de commande de cette société, ou à poursuivre une politique d'anglicisation accélérée ?
Le deuxième outil, c'est l'ensemble des mesures diplomatiques, ou politiques, qui peuvent être prises pour amener les organisations terroristes sur le terrain du dialogue avec les sociétés où elles agissent. C'est un travail long et fastidieux mais les leaders terroristes ne sont pas nécessairemnt tous des brutes épaisses. L'IRA a évolué, l'OLP a évolué, le Hamas était sur le point de reconnaître Israël de facto, avant qu'Israël ne bombarde Gaza, Kadhafi s'est rangé, etc.
Il y a ensuite toute la panoplie des outils policiers liés à l'application des lois: le renseignement, les échanges de renseignements entre les États, le contrôle des frontières, le contrôle des sources du financement terroriste, de leurs opérations bancaires, etc. Mais on fait déjà tout cela, nous répondront les bellicistes. Il faut simplement continuer à le faire et le faire mieux.
Au lieu de bombarder le Liban, il fallait aider le gouvernement libanais à mieux faire son travail policier et à continuer d'amener le Hezbollah à réintégrer la légalité. Comme le gouvernement anglais l'a fait avec l'IRA et le Sinn Féin. Au lieu de dépenser des milliards de dollars à tuer des Talibans en Afghanistan, ne serait-il pas plus profitable de financer le gouvernement Karzai pour lui permettre d'entreprendre ce long travail policier et en même temps d'amorcer la reconstruction politique et économique du pays, sans avoir ces "diables d'étrangers" dans les pattes ? Va-t-on bombarder Madrid parce des islamistes marocains y ont fait sauter des trains de banlieue ? Ou le Maroc ? Non, on laisse ces pays faire leur travail policier.
Envahir l'Irak, envahir le Liban, maintenir aujourd'hui encore des troupes en Afghanistan, bombarder l'Iran, ce n'est pas faire la guerre au terrorisme, c'est l'alimenter et le dynamiser.
L'expression "guerre au terrorisme" contient une dangereuse ambiguïté. Elle peut désigner la lutte tenace et le combat résolu contre le terrorisme, ce qui va rallier l'assentiment de tous. Mais dans la bouche des promoteurs actuels de la "guerre au terrorisme", les Bush, Blair, Harper et Howard, elle sonne plutôt comme le clairon du matin avant la grande bataille.
¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯
Addendum: la lettre des opposants est ici.
Le 18 août, le financier George Soros publiait un article sur "la guerre au terrorisme" démontrant à quel point ce concept est absurde et néfaste en politique internationale.
Demain, 21 Américains, des anciens généraux, diplomates et spécialistes de la sécurité nationale, publieront une lettre expliquant que la ligne dure de l'administration Bush sur le nucléaire iranien met en danger la sécurité des États-Unis. Ils ont peur.
J'en ai parlé et des gens beaucoup plus qualifiés que moi en ont parlé aussi. Tout se met en place pour une confrontation Bush-Ahmadinejad. Pour Seymour M. Hersh, l'affrontement Israël-Liban est une répétition générale planifiée délibérément en vue de l'affrontement États-Unis-Iran. Sur CNN, il confirme que les haut-fonctionnaires qui ont collaboré à l'article sont très inquiets de l'actuelle politique. Ils ont peur.
Le bellicisme de l'administration Bush est une menace réelle pour la paix dans le monde.
Mais la menace terroriste n'existe-t-elle pas aussi ? Les attentats de New York, de Madrid, de Londres, de Bali, les roquettes du Hezbollah, les attentats-suicide du Hamas, les affrontements en Irak, la rébellion talibane en Afghanistan, les complots dévoilés à Toronto et à Londres ne sont-ils pas réels ?
Oui, certes. Mais tous ces événements diffèrent dans les circonstances de leur exécution et dans le degré de dangerosité qu'on peut leur prêter. C'est pourquoi chacun d'entre eux mérite une réponse différente quant à leur prévention. Le bellicisme et l'intervention militaire ne sont pas les seules réponses à l'action terroriste. Mieux, ils sont souvent la pire façon de réagir à l'action terroriste car ils motivent davantage l'adversaire et ils créent de nouveaux terroristes.
Quels sont donc les outils qui nous permettraient de combattre, ou mieux d'endiguer et de contenir à un niveau acceptable, la menace terroriste ? Tout d'abord, est-ce correct de parler de "niveau acceptable" ? Y a-t-il un "niveau acceptable" de morts causés par la circulation automobile ? Aucune mortalité n'est acceptable, mais il y en a malheureusement d'inévitables. Il nous faut vivre avec cette réalité. Il en est ainsi du terrorisme. Il est irréaliste de viser à contrer tout acte de terrorisme. Il faut plutôt viser à un équilibre entre les droits des citoyens et les impératifs de la sécurité.
Le premier outil pour combattre le terrorisme, c'est la réparation des injustices flagrantes commises à l'endroit de groupes sociaux. Cet argument est le plus décrié et ridiculisé par la droite belliciste. Et pourtant, ne saute-t-il pas aux yeux de tous que si la question palestinienne était réglée au Proche-Orient, cela contribuerait fortement à y apaiser les tensions ? Quelle serait la situation au Québec si on avait continué d'exclure arbitrairement les francophones de tous les postes de commande de cette société, ou à poursuivre une politique d'anglicisation accélérée ?
Le deuxième outil, c'est l'ensemble des mesures diplomatiques, ou politiques, qui peuvent être prises pour amener les organisations terroristes sur le terrain du dialogue avec les sociétés où elles agissent. C'est un travail long et fastidieux mais les leaders terroristes ne sont pas nécessairemnt tous des brutes épaisses. L'IRA a évolué, l'OLP a évolué, le Hamas était sur le point de reconnaître Israël de facto, avant qu'Israël ne bombarde Gaza, Kadhafi s'est rangé, etc.
Il y a ensuite toute la panoplie des outils policiers liés à l'application des lois: le renseignement, les échanges de renseignements entre les États, le contrôle des frontières, le contrôle des sources du financement terroriste, de leurs opérations bancaires, etc. Mais on fait déjà tout cela, nous répondront les bellicistes. Il faut simplement continuer à le faire et le faire mieux.
Au lieu de bombarder le Liban, il fallait aider le gouvernement libanais à mieux faire son travail policier et à continuer d'amener le Hezbollah à réintégrer la légalité. Comme le gouvernement anglais l'a fait avec l'IRA et le Sinn Féin. Au lieu de dépenser des milliards de dollars à tuer des Talibans en Afghanistan, ne serait-il pas plus profitable de financer le gouvernement Karzai pour lui permettre d'entreprendre ce long travail policier et en même temps d'amorcer la reconstruction politique et économique du pays, sans avoir ces "diables d'étrangers" dans les pattes ? Va-t-on bombarder Madrid parce des islamistes marocains y ont fait sauter des trains de banlieue ? Ou le Maroc ? Non, on laisse ces pays faire leur travail policier.
Envahir l'Irak, envahir le Liban, maintenir aujourd'hui encore des troupes en Afghanistan, bombarder l'Iran, ce n'est pas faire la guerre au terrorisme, c'est l'alimenter et le dynamiser.
L'expression "guerre au terrorisme" contient une dangereuse ambiguïté. Elle peut désigner la lutte tenace et le combat résolu contre le terrorisme, ce qui va rallier l'assentiment de tous. Mais dans la bouche des promoteurs actuels de la "guerre au terrorisme", les Bush, Blair, Harper et Howard, elle sonne plutôt comme le clairon du matin avant la grande bataille.
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Addendum: la lettre des opposants est ici.
Le 18 août, le financier George Soros publiait un article sur "la guerre au terrorisme" démontrant à quel point ce concept est absurde et néfaste en politique internationale.
15 août, 2006
La guerre des mondes
Un an plus tard dans les banlieues, j'ai regardé le film de Stephen Spielberg La guerre des mondes. Heureusement ou malheureusement, je l'ai subi au petit écran, ce qui m'a évité d'être submergé par la puissance des décors, de la mise en scène et des effets spéciaux. Quand un film n'a que cela à offrir, il faut absolument le voir sur le grand écran d'un cinéma, au milieu des effluves de pop-corn.
Au petit écran, les effets spéciaux ont moins d'impact et le scénario se dévoile tel qu'il est. Et si en plus vous arrêtez le film pour vous faire du pop-corn maison, le film-catastrophe devient une comédie d'erreurs où il y a plus de plaisir à rire des incohérences du scénario qu'à avoir peur des gros méchants qui terrorisent la petite fille à son popa. Ça, le vieux truc de Spielberg, les émotions véhiculées à travers des personnages d'enfants, je trouve personnellement que ça commence à bien faire.
Je vous raconte une seule incohérence de scénario. Ray Ferrier, le popa, est un mâle irresponsable qui adore sa Mustang. Un vrai gars de char. Il connaît ça, la mécanique. Alors que les extra-terrestres ont envoyé un rayon anti-démarrage sur les autos qui sont toutes immobilisées, Ray explique au garagiste voisin qu'il faut inverser le picabo des rotobidons pour que les autos se remettent en marche. Et ça marche ! Et notre Ray de se promener allègrement en auto, zigzaguant entre tous les autres véhicules immobilisés.
Catastrophe ! Une foule compacte l'empêcher d'avancer et on lui subtilise l'auto à la pointe du revolver, après une bagarre éprouvante avec les émeutiers. La comprenez-vous ? Moi pas. Personnellement, je leur aurais volontiers laissé l'auto. Je me serais éloigné de la foule, j'aurais inversé le picabo des rotobidons d'une autre des milliers d'auto qui trainaient par là, et je serais reparti. Au lieu de cela, notre débrouillard de popa Ray erre pedibus cum jambis comme une âme en peine pendant tout le reste du film, portant sa petite fille claustrophobe et acariâtre dans ses bras, tandis que son ado rebelle ne cesse de lui remonter les bretelles.
Un an plus tard dans les banlieues, il n'y a pas de mal à dévoiler la fin du film, parce qu'elle est trop idiote et drôle en même temps. D'ailleurs, je n'exerce pas la fonction de critique de cinéma, et en plus United International Pictures ne m'a pas payé de voyage à Hollywood.
Alors voici. Vous savez quoi ? Eh bien ces extra-terrestres observaient les humains depuis des millions d'années. Je vous signale qu'on remonte au moins à Homo erectus, là. Enfin, ils nous observaient avec leurs puissants appareils optiques, comme si nous étions des fourmis. Et là, ils nous envahissent avec de puissantes machines de guerre qu'ils avaient auparavant enfoui sous terre. L'une d'entre elles se trouvait à Manhattan. Comment les ingénieurs de la ville ont pu creuser le sous-sol de Manhattan sans jamais tomber sur une de ces machines, c'est un mystère que seul celui qui pourra décoder les mystères de la fonction publique municipale pourra un jour élucider.
Bon. Les méchants extra-terrestres nous envahissent. Vous imaginez l'investissement ? En l'espace de quelques jours, ils réussissent à anéantir 1 milliard d'humains pour leur prendre leur sang. Vous imaginez ? C'est une opération militaire de grande envergure, pour le moins. Sans compter qu'ils devaient affronter l'armée américaine, la plus puissante machine de guerre que la planète ait mis sur pied.
Vous savez quoi ? Après nous avoir observé des millions d'années, après avoir dépensé des milliards de kopecski (unité monétaire extra-terrestre), il n'y a personne dans cette bande de tripodes à tête d'insecte qui a eu l'idée de venir vérifier si notre sang était compatible avec leur organisme. Et ils en ont tellement bu qu'ils sont tous morts comme ça, boom, c'est fini. Un milliard d'humains sont morts pour rien. Le film est fini et on rentre chez soi. Voilà.
Les esprits fertiles y verront une métaphore de la guerre de nos petits mondes, le monde occidental et le monde musulman. Le monde occidental, après avoir étudié et observé le monde musulman, décide de l'envahir avec ses machines de guerre sophistiquées et ses millards de dollars pour en sucer le pétrole et le transformer en toutou démocratique obéissant qui vote du bon bord.
Mais le monde musulman possède ses anticorps. Malheureusement personne du monde occidental ne s'est demandé si la démocratie des états-nation était soluble dans la culture tribale qui marque encore beaucoup de sociétés traditionnelles musulmanes. Nous aurons beau tuer des musulmans tant qu'on veut pour leur faire entrer la démocratie à l'occidentale dans la tête, rien n'y fera. Et c'est le monde occidental que nous sommes en train d'empoisonner et de transformer graduellement en dictatures sanguinaires. Combien de musulmans vont mourir pour rien dans cette idiote "guerre au terrorisme" ?
Au petit écran, les effets spéciaux ont moins d'impact et le scénario se dévoile tel qu'il est. Et si en plus vous arrêtez le film pour vous faire du pop-corn maison, le film-catastrophe devient une comédie d'erreurs où il y a plus de plaisir à rire des incohérences du scénario qu'à avoir peur des gros méchants qui terrorisent la petite fille à son popa. Ça, le vieux truc de Spielberg, les émotions véhiculées à travers des personnages d'enfants, je trouve personnellement que ça commence à bien faire.
Je vous raconte une seule incohérence de scénario. Ray Ferrier, le popa, est un mâle irresponsable qui adore sa Mustang. Un vrai gars de char. Il connaît ça, la mécanique. Alors que les extra-terrestres ont envoyé un rayon anti-démarrage sur les autos qui sont toutes immobilisées, Ray explique au garagiste voisin qu'il faut inverser le picabo des rotobidons pour que les autos se remettent en marche. Et ça marche ! Et notre Ray de se promener allègrement en auto, zigzaguant entre tous les autres véhicules immobilisés.
Catastrophe ! Une foule compacte l'empêcher d'avancer et on lui subtilise l'auto à la pointe du revolver, après une bagarre éprouvante avec les émeutiers. La comprenez-vous ? Moi pas. Personnellement, je leur aurais volontiers laissé l'auto. Je me serais éloigné de la foule, j'aurais inversé le picabo des rotobidons d'une autre des milliers d'auto qui trainaient par là, et je serais reparti. Au lieu de cela, notre débrouillard de popa Ray erre pedibus cum jambis comme une âme en peine pendant tout le reste du film, portant sa petite fille claustrophobe et acariâtre dans ses bras, tandis que son ado rebelle ne cesse de lui remonter les bretelles.
Un an plus tard dans les banlieues, il n'y a pas de mal à dévoiler la fin du film, parce qu'elle est trop idiote et drôle en même temps. D'ailleurs, je n'exerce pas la fonction de critique de cinéma, et en plus United International Pictures ne m'a pas payé de voyage à Hollywood.
Alors voici. Vous savez quoi ? Eh bien ces extra-terrestres observaient les humains depuis des millions d'années. Je vous signale qu'on remonte au moins à Homo erectus, là. Enfin, ils nous observaient avec leurs puissants appareils optiques, comme si nous étions des fourmis. Et là, ils nous envahissent avec de puissantes machines de guerre qu'ils avaient auparavant enfoui sous terre. L'une d'entre elles se trouvait à Manhattan. Comment les ingénieurs de la ville ont pu creuser le sous-sol de Manhattan sans jamais tomber sur une de ces machines, c'est un mystère que seul celui qui pourra décoder les mystères de la fonction publique municipale pourra un jour élucider.
Bon. Les méchants extra-terrestres nous envahissent. Vous imaginez l'investissement ? En l'espace de quelques jours, ils réussissent à anéantir 1 milliard d'humains pour leur prendre leur sang. Vous imaginez ? C'est une opération militaire de grande envergure, pour le moins. Sans compter qu'ils devaient affronter l'armée américaine, la plus puissante machine de guerre que la planète ait mis sur pied.
Vous savez quoi ? Après nous avoir observé des millions d'années, après avoir dépensé des milliards de kopecski (unité monétaire extra-terrestre), il n'y a personne dans cette bande de tripodes à tête d'insecte qui a eu l'idée de venir vérifier si notre sang était compatible avec leur organisme. Et ils en ont tellement bu qu'ils sont tous morts comme ça, boom, c'est fini. Un milliard d'humains sont morts pour rien. Le film est fini et on rentre chez soi. Voilà.
Les esprits fertiles y verront une métaphore de la guerre de nos petits mondes, le monde occidental et le monde musulman. Le monde occidental, après avoir étudié et observé le monde musulman, décide de l'envahir avec ses machines de guerre sophistiquées et ses millards de dollars pour en sucer le pétrole et le transformer en toutou démocratique obéissant qui vote du bon bord.
Mais le monde musulman possède ses anticorps. Malheureusement personne du monde occidental ne s'est demandé si la démocratie des états-nation était soluble dans la culture tribale qui marque encore beaucoup de sociétés traditionnelles musulmanes. Nous aurons beau tuer des musulmans tant qu'on veut pour leur faire entrer la démocratie à l'occidentale dans la tête, rien n'y fera. Et c'est le monde occidental que nous sommes en train d'empoisonner et de transformer graduellement en dictatures sanguinaires. Combien de musulmans vont mourir pour rien dans cette idiote "guerre au terrorisme" ?
14 août, 2006
Chutzpah !
Olmert veut garder le Hezbollah en vue
NouvelObs.com, 14 août 2006
" En Israël, le Premier ministre Ehoud Olmert a pris la parole ce lundi 14 août devant la Knesset, le parlement monocaméral, à 15h00, lors d'une séance spéciale consacrée à la guerre au Liban. Le Premier ministre israélien a affirmé qu'Israël n'acceptera plus "d'atteinte à sa souveraineté" et poursuivra le Hezbollah "en tout lieu et en tout temps". Et d'ajouter: "Nous n'avons pas l'intention de demander la permission à qui que ce soit pour ce faire".(...)
Le chef du gouvernement a néanmoins assuré qu'Israël tirerait les leçons du conflit et "ferait mieux" une probable prochaine fois." (Mes soulignés)
Le cessez-le-feu au Liban est respecté
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Israël a assuré lundi que la cessation des hostilités au Liban avec le Hezbollah était «respectée» en dépit d'escarmouches qui ont coûté la vie à deux combattants du parti chiite libanais. "
Six Hezbollah fighters killed in clashes
BostonHerald.com, 14 août 2006.
"Israeli soldiers in Lebanon killed six Hezbollah fighters in three skirmishes in Lebanon after the U.N.-imposed cease-fire took effect Monday, the army said. "
Netanyahu compare Ahmadinejad à Hitler
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Nous faisons face à un très grand danger, un danger qui menace notre exitence. Depuis Hitler, il n'y a a pas eu de tyran comme Ahmadinejad au pouvoir», a affirmé devant la Knesset le chef du Likoud et ancien premier ministre. (...)
Nous attendons des États-Unis qu'ils empêchent l'Iran de s'armer» de la bombe atomique, a ajouté M. Netanyahu ..."
Ahmadinejad appelle Kofi Annan pour parler du Liban
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays était prêt à aider pour «instaurer une paix et un calme durables dans la région», lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, a rapporté lundi l'agence Isna. "
La trêve semble tenir
Canoë, 14 août 2006.
"L'armée israélienne a tué six combattants du Hezbollah aujourd'hui lors de quatre accrochages distincts dans le sud du Liban, quelques heures après l'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu, qui ne semblait toutefois pas en être remis en cause. (...)
Aucune roquette n'est tombée sur le nord d'Israël dans les premières heures suivant la trêve, mais les Israéliens ayant fui la zone hésitent à y revenir. Les autorités ne les y incitent d'ailleurs pas. "
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Commentaire:
Le présent billet devrait faire l'unanimité de tous puisque "chutzpah" peut désigner à la fois une effronterie irresponsable et une bravoure illimitée.
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Addendum à 18 h 45.
George W. Bush accuse le Hezbollah
"Le président américain George W. Bush a réagi cet après-midi au cessez-le-feu en au Proche-Orient. Il a accusé le Hezbollah, et ses principaux soutiens étrangers, l'Iran et la Syrie, d'être responsables de la guerre au Liban et des «souffrances» du peuple libanais. (...)
Au terme d'une réunion au département d'État avec ses conseillers à la sécurité nationale, il a indiqué que le respect du cessez-le-feu dépendait du Hezbollah et que la formation radicale chiite avait subi une défaite au Liban. " (Mes soulignés)
NouvelObs.com, 14 août 2006
" En Israël, le Premier ministre Ehoud Olmert a pris la parole ce lundi 14 août devant la Knesset, le parlement monocaméral, à 15h00, lors d'une séance spéciale consacrée à la guerre au Liban. Le Premier ministre israélien a affirmé qu'Israël n'acceptera plus "d'atteinte à sa souveraineté" et poursuivra le Hezbollah "en tout lieu et en tout temps". Et d'ajouter: "Nous n'avons pas l'intention de demander la permission à qui que ce soit pour ce faire".(...)
Le chef du gouvernement a néanmoins assuré qu'Israël tirerait les leçons du conflit et "ferait mieux" une probable prochaine fois." (Mes soulignés)
Le cessez-le-feu au Liban est respecté
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Israël a assuré lundi que la cessation des hostilités au Liban avec le Hezbollah était «respectée» en dépit d'escarmouches qui ont coûté la vie à deux combattants du parti chiite libanais. "
Six Hezbollah fighters killed in clashes
BostonHerald.com, 14 août 2006.
"Israeli soldiers in Lebanon killed six Hezbollah fighters in three skirmishes in Lebanon after the U.N.-imposed cease-fire took effect Monday, the army said. "
Netanyahu compare Ahmadinejad à Hitler
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Nous faisons face à un très grand danger, un danger qui menace notre exitence. Depuis Hitler, il n'y a a pas eu de tyran comme Ahmadinejad au pouvoir», a affirmé devant la Knesset le chef du Likoud et ancien premier ministre. (...)
Nous attendons des États-Unis qu'ils empêchent l'Iran de s'armer» de la bombe atomique, a ajouté M. Netanyahu ..."
Ahmadinejad appelle Kofi Annan pour parler du Liban
Cyberpresse, 14 août 2006.
"Le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays était prêt à aider pour «instaurer une paix et un calme durables dans la région», lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, a rapporté lundi l'agence Isna. "
La trêve semble tenir
Canoë, 14 août 2006.
"L'armée israélienne a tué six combattants du Hezbollah aujourd'hui lors de quatre accrochages distincts dans le sud du Liban, quelques heures après l'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu, qui ne semblait toutefois pas en être remis en cause. (...)
Aucune roquette n'est tombée sur le nord d'Israël dans les premières heures suivant la trêve, mais les Israéliens ayant fui la zone hésitent à y revenir. Les autorités ne les y incitent d'ailleurs pas. "
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Commentaire:
Le présent billet devrait faire l'unanimité de tous puisque "chutzpah" peut désigner à la fois une effronterie irresponsable et une bravoure illimitée.
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Addendum à 18 h 45.
George W. Bush accuse le Hezbollah
"Le président américain George W. Bush a réagi cet après-midi au cessez-le-feu en au Proche-Orient. Il a accusé le Hezbollah, et ses principaux soutiens étrangers, l'Iran et la Syrie, d'être responsables de la guerre au Liban et des «souffrances» du peuple libanais. (...)
Au terme d'une réunion au département d'État avec ses conseillers à la sécurité nationale, il a indiqué que le respect du cessez-le-feu dépendait du Hezbollah et que la formation radicale chiite avait subi une défaite au Liban. " (Mes soulignés)
13 août, 2006
Le terrorisme, seul allié de Bush
Le dernier sondage Newsweek nous apprend que le dévoilement du complot terroriste de Londres a fait bondir de 11 points l'appui du public pour Bush quant à sa gestion du terrorisme. L'appui est passé à 55 % (contre 40 % qui désapprouvent) depuis le dernier sondage Newsweek du 12 mai.
L'effet net de cette annonce sur le taux d'approbation global du travail du président l'a fait passer de 35 à 38 %, tandis que 55 % le désapprouvent toujours. En effet, pour tous les facteurs autres que le terrorisme, les Américains désapprouvent le travail de Bush:
° la situation en Irak: 45 vs 39
° L'économie: 53 vs 34
° Les soins de santé: 56 vs 26
° Le prix des carburants: 52 vs 25
° La recherche sur les cellules-souches: 52 vs 29
° Les dépenses fédérales et le déficit: 53 vs 29.
Que va faire Bush pour éviter qu'un congrès démocrate élu en novembre ne lui balance une procédure d'impeachment ? Le terrorisme est son seul allié et le dévoilement de complots terroristes ne semble pas suffire...
Via Raw Story
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Addendum, le 14 août à 18 h 50.
Hoping for Fear
Paul Krugman, New York Times, 14 août 2006, via The Progressive American
"Above all, many Americans now understand the extent to which Mr. Bush abused the trust the nation placed in him after 9/11. Americans no longer believe that he is someone who will keep them safe, as many did even in 2004; the pathetic response to Hurricane Katrina and the disaster in Iraq have seen to that.
All Mr. Bush and his party can do at this point is demonize their opposition. And my guess is that the public won't go for it, that Americans are fed up with leadership that has nothing to hope for but fear itself."
L'effet net de cette annonce sur le taux d'approbation global du travail du président l'a fait passer de 35 à 38 %, tandis que 55 % le désapprouvent toujours. En effet, pour tous les facteurs autres que le terrorisme, les Américains désapprouvent le travail de Bush:
° la situation en Irak: 45 vs 39
° L'économie: 53 vs 34
° Les soins de santé: 56 vs 26
° Le prix des carburants: 52 vs 25
° La recherche sur les cellules-souches: 52 vs 29
° Les dépenses fédérales et le déficit: 53 vs 29.
Que va faire Bush pour éviter qu'un congrès démocrate élu en novembre ne lui balance une procédure d'impeachment ? Le terrorisme est son seul allié et le dévoilement de complots terroristes ne semble pas suffire...
Via Raw Story
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Addendum, le 14 août à 18 h 50.
Hoping for Fear
Paul Krugman, New York Times, 14 août 2006, via The Progressive American
"Above all, many Americans now understand the extent to which Mr. Bush abused the trust the nation placed in him after 9/11. Americans no longer believe that he is someone who will keep them safe, as many did even in 2004; the pathetic response to Hurricane Katrina and the disaster in Iraq have seen to that.
All Mr. Bush and his party can do at this point is demonize their opposition. And my guess is that the public won't go for it, that Americans are fed up with leadership that has nothing to hope for but fear itself."
12 août, 2006
Fais-nous peur, Oliver
Robert Parry a un intéressant point de vue sur la relation symbiotique entre George W. Bush et Osama ben Laden: ils ont besoin l'un de l'autre. L'idée n'est pas nouvelle. C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit quand, le 29 0ctobre 2004, ben Laden a émis son message pré-électoral fustigeant Bush. Les ennemis de vos ennemis étant vos amis, il était clair que le public américain allait renforcer son appui à Bush, ce qui fut démontré par un bond de 6 % dans les intentions de vote en faveur de Bush, alors que les deux candidats étaient jusque là nez à nez.
Le point intéressant de l'article de Parry, c'est que les analystes de la CIA qui suivent ben Laden à la trace depuis des années ont confirmé la solidité de cette hypothèse, compte tenu de la connaissance qu'a ben Laden de la politique américaine et compte tenu de sa façon d'opérer: tout ce que ben Laden fait ou dit a un but stratégique.
La peur. Ben Laden terrorise. Bush vend de la peur et réagit excessivement. Ben Laden recrute de nouveaux soldats et terrorise d'avantage.
La peur. J'ai eu peur d'un nouveau méga-attentat, à voir la nervosité et l'empressement des médias à donner une telle importance au projet de bombes liquides dans 6, ou 10, ou 20 avions en partance de Londres pour les États-Unis. On a entendu les trois chiffres.
La peur. La peur qu'un obus israélien ne se perde à un kilomètre de la frontière Liban-Syrie pour frapper un char d'assaut syrien. Que la Syrie ne réagisse à la mort des civils syriens travaillant dans les fermes libanaises. Que le cessez-le-feu ne tienne pas le coup.
La peur des Israéliens, malgré leur formidable armée et leurs ogives nucléaires.
La peur des Américains avec leurs armes dans les foyers, leurs 15 états autorisant à tirer pour tuer en légitime défense, leur budget militaire, leurs armes de destruction massive et leur président qui a peur de tout, sauf de Dieu qui le conseille.
Et là, nous arrive Oliver Stone qui fait un film sur le naïnewonwon. Un magnifique morceau de bravoure hollywoodien à la gloire de la famille, de la patrie et de la foi. Un autre film catastrophe qui simplement se passe à New York. Et les critiques sont déçus. Quoi ? Pas de complot, pas de sombre machination, pas de vrai vrai méchant ? Tu ne nous as pas assez fait peur, Oliver.
Et si c'était justement ça, le message d'Oliver Stone aux Américains ? Le naïnewonwon, c'est seulement une catastrophe. Arrêtez d'avoir peur. Ce n'est pas une raison de ravager le reste de la planète pour autant.
Le point intéressant de l'article de Parry, c'est que les analystes de la CIA qui suivent ben Laden à la trace depuis des années ont confirmé la solidité de cette hypothèse, compte tenu de la connaissance qu'a ben Laden de la politique américaine et compte tenu de sa façon d'opérer: tout ce que ben Laden fait ou dit a un but stratégique.
La peur. Ben Laden terrorise. Bush vend de la peur et réagit excessivement. Ben Laden recrute de nouveaux soldats et terrorise d'avantage.
La peur. J'ai eu peur d'un nouveau méga-attentat, à voir la nervosité et l'empressement des médias à donner une telle importance au projet de bombes liquides dans 6, ou 10, ou 20 avions en partance de Londres pour les États-Unis. On a entendu les trois chiffres.
La peur. La peur qu'un obus israélien ne se perde à un kilomètre de la frontière Liban-Syrie pour frapper un char d'assaut syrien. Que la Syrie ne réagisse à la mort des civils syriens travaillant dans les fermes libanaises. Que le cessez-le-feu ne tienne pas le coup.
La peur des Israéliens, malgré leur formidable armée et leurs ogives nucléaires.
La peur des Américains avec leurs armes dans les foyers, leurs 15 états autorisant à tirer pour tuer en légitime défense, leur budget militaire, leurs armes de destruction massive et leur président qui a peur de tout, sauf de Dieu qui le conseille.
Et là, nous arrive Oliver Stone qui fait un film sur le naïnewonwon. Un magnifique morceau de bravoure hollywoodien à la gloire de la famille, de la patrie et de la foi. Un autre film catastrophe qui simplement se passe à New York. Et les critiques sont déçus. Quoi ? Pas de complot, pas de sombre machination, pas de vrai vrai méchant ? Tu ne nous as pas assez fait peur, Oliver.
Et si c'était justement ça, le message d'Oliver Stone aux Américains ? Le naïnewonwon, c'est seulement une catastrophe. Arrêtez d'avoir peur. Ce n'est pas une raison de ravager le reste de la planète pour autant.
11 août, 2006
Salade de saison VII
Attribution du prix "Renard du désert"
Le renard du désert est le mammifère qui peut survivre aux environnements les plus hostiles de la planète. Le prix est attribué au journaliste qui réussit à survivre le plus longtemps dans un média de masse tout en étant en opposition avec sa ligne éditoriale.
Le prix pour le mois d'août 2006 va à Jooneed Khan de La Presse pour son bas-de-page de ce matin intitulé La fin des triomphes éclairs:
"Olmert et Peretz ont-ils voulu projeter une image "sharonienne" et ainsi rassurer les Israéliens? Peut-être. Mais Sharon lui-même aurait-il fait mieux? Israël a occupé la bande de Gaza pendant 38 ans sans réussir à mater le Hamas. Il s'est retiré en 2005 pour revenir depuis le 25 juin. Idem pour le sud du Liban, évacué en 2000 et désormais réoccupé.
Le mal est ailleurs: il est dans la poursuite de l'occupation des Territoires palestiniens, du Golan syrien et des Fermes de Chebaa; il est dans les champs de mine laissés dans le sud du Liban à l'insu de la population; et il est dans la détention de milliers de prisonniers et d'otages palestiniens et libanais. La guerre des Six-Jours dure depuis 39 ans." (Mes soulignés)
Bob Rae fait de la politique
Bob Rae, candidat à la chefferie libérale, m'a toujours semblé un homme intelligent, cultivé et nuancé. Comment réconcilier ses propos avec ceux du sociologue Michel Wieviorka ?
Michel Wieviorka:
"Nous ne pouvons plus, paresseusement, prétendre analyser le monde et ses violences à la lumière de raisonnements simplistes, à l'aide de grandes dichotomies- hier, la guerre froide, aujourd'hui, le clash des civilisations- ou en recourant à des causalités uniques- du type: l'impérialisme américain. Cela veut dire non pas que tout est obscur, incompréhensible, mais que nous devons mobiliser pour comprendre chaque événement important des connaissances nombreuses et précises qui appellent d'être articulées, les unes relevant de l'intérieur des sociétés considérées, et les autres du dehors."
Bob Rae:
«Le Hezbollah a été l'instigateur du conflit entre Israël et le Liban», a-t-il déclaré à une centaine de partisans torontois. «Il ne fait aucun doute.»
Israël a le droit de se défendre et réagit «aux endroits où elle croit que les bombes et les roquettes se trouvent», a déclaré M. Rae.
«Je crois que la solution est d'en arriver à un cessez-le-feu le plus rapidement possible», a-t-il précisé, ajoutant que le Canada devrait jouer un rôle diplomatique afin d'aider à résoudre le conflit ainsi que la «crise au niveau humanitaire.»
On voit mal quel rôle diplomatique Bob Rae pourrait jouer après avoir appuyé sans nuance l'une des parties au conflit. La politique, c'est comme la saucisse, il vaut mieux ne pas savoir comment c'est fait.
Joe Lieberman refusera d'abandonner son siège s'il perd en novembre
Après avoir perdu sa mise en candidature comme sénateur démocrate du Connecticut, Joe Lieberman a annoncé qu'il se présenterait quand même en novembre comme candidat indépendant. Toute l'Amérique s'est esclaffée quand il a ajouté sans rire: ""I think it would be irresponsible and inconsistent with my principles if I were to just walk off the field".
C'est ce qui a donné l'occasion à Gabriel Rotello de produire cette satire mordante et fine du comportement des médias de masse américains et de sa classe politique en lançant la "fausse nouvelle" que Lieberman refusera de laisser son siège de sénateur s'il perd en novembre:
(...)"Democratic Senate Minority Leader Harry Reid reacted with characteristic caution to Lieberman's latest bombshell. "If Ned Lamont wins in November, he should get Lieberman's desk and his locker, absolutely" Reid said. "But I can't force Lieberman to clean out his desk. That has to be his choice."
Observers openly doubted that Republican leaders would enforce the Senate rules at Lieberman's expense. "The President loves Lieby Baby," said one White House official on condition of anonymity. "There's no way he's going let a bunch of latte-sipping Connecti-commies force him out."(...)
Le renard du désert est le mammifère qui peut survivre aux environnements les plus hostiles de la planète. Le prix est attribué au journaliste qui réussit à survivre le plus longtemps dans un média de masse tout en étant en opposition avec sa ligne éditoriale.
Le prix pour le mois d'août 2006 va à Jooneed Khan de La Presse pour son bas-de-page de ce matin intitulé La fin des triomphes éclairs:
"Olmert et Peretz ont-ils voulu projeter une image "sharonienne" et ainsi rassurer les Israéliens? Peut-être. Mais Sharon lui-même aurait-il fait mieux? Israël a occupé la bande de Gaza pendant 38 ans sans réussir à mater le Hamas. Il s'est retiré en 2005 pour revenir depuis le 25 juin. Idem pour le sud du Liban, évacué en 2000 et désormais réoccupé.
Le mal est ailleurs: il est dans la poursuite de l'occupation des Territoires palestiniens, du Golan syrien et des Fermes de Chebaa; il est dans les champs de mine laissés dans le sud du Liban à l'insu de la population; et il est dans la détention de milliers de prisonniers et d'otages palestiniens et libanais. La guerre des Six-Jours dure depuis 39 ans." (Mes soulignés)
Bob Rae fait de la politique
Bob Rae, candidat à la chefferie libérale, m'a toujours semblé un homme intelligent, cultivé et nuancé. Comment réconcilier ses propos avec ceux du sociologue Michel Wieviorka ?
Michel Wieviorka:
"Nous ne pouvons plus, paresseusement, prétendre analyser le monde et ses violences à la lumière de raisonnements simplistes, à l'aide de grandes dichotomies- hier, la guerre froide, aujourd'hui, le clash des civilisations- ou en recourant à des causalités uniques- du type: l'impérialisme américain. Cela veut dire non pas que tout est obscur, incompréhensible, mais que nous devons mobiliser pour comprendre chaque événement important des connaissances nombreuses et précises qui appellent d'être articulées, les unes relevant de l'intérieur des sociétés considérées, et les autres du dehors."
Bob Rae:
«Le Hezbollah a été l'instigateur du conflit entre Israël et le Liban», a-t-il déclaré à une centaine de partisans torontois. «Il ne fait aucun doute.»
Israël a le droit de se défendre et réagit «aux endroits où elle croit que les bombes et les roquettes se trouvent», a déclaré M. Rae.
«Je crois que la solution est d'en arriver à un cessez-le-feu le plus rapidement possible», a-t-il précisé, ajoutant que le Canada devrait jouer un rôle diplomatique afin d'aider à résoudre le conflit ainsi que la «crise au niveau humanitaire.»
On voit mal quel rôle diplomatique Bob Rae pourrait jouer après avoir appuyé sans nuance l'une des parties au conflit. La politique, c'est comme la saucisse, il vaut mieux ne pas savoir comment c'est fait.
Joe Lieberman refusera d'abandonner son siège s'il perd en novembre
Après avoir perdu sa mise en candidature comme sénateur démocrate du Connecticut, Joe Lieberman a annoncé qu'il se présenterait quand même en novembre comme candidat indépendant. Toute l'Amérique s'est esclaffée quand il a ajouté sans rire: ""I think it would be irresponsible and inconsistent with my principles if I were to just walk off the field".
C'est ce qui a donné l'occasion à Gabriel Rotello de produire cette satire mordante et fine du comportement des médias de masse américains et de sa classe politique en lançant la "fausse nouvelle" que Lieberman refusera de laisser son siège de sénateur s'il perd en novembre:
(...)"Democratic Senate Minority Leader Harry Reid reacted with characteristic caution to Lieberman's latest bombshell. "If Ned Lamont wins in November, he should get Lieberman's desk and his locker, absolutely" Reid said. "But I can't force Lieberman to clean out his desk. That has to be his choice."
Observers openly doubted that Republican leaders would enforce the Senate rules at Lieberman's expense. "The President loves Lieby Baby," said one White House official on condition of anonymity. "There's no way he's going let a bunch of latte-sipping Connecti-commies force him out."(...)
09 août, 2006
La poésie de l'Apocalypse
Récemment, feuilletant la bible purement à des fins de recherche, je fus soumis à des visions d'apocalypse. Des sauterelles venimeuses à visage humain caparaçonnées comme des chevaux de combat jaillissent d'un abîme pour tourmenter les humains:
" Et le cinquième ange sonna de la trompette : et je vis une étoile tombée du ciel sur la terre ; et la clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d’une grande fournaise, et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits.
Et de la fumée il sortit des sauterelles sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir semblable au pouvoir qu’ont les scorpions de la terre.
Et il leur fut dit qu’elles ne nuisissent ni à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leurs fronts.
Et il leur fut donné de ne pas les tuer, mais qu’ils fussent tourmentés cinq mois ; et leur tourment est comme le tourment du scorpion, quand il frappe l’homme.
Et en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront point ; et ils désireront de mourir, et la mort s’enfuit d’eux.
Et la ressemblance des sauterelles était semblable à des chevaux préparés pour le combat ; et sur leurs têtes il y avait comme des couronnes semblables à de l’or ; et leurs faces étaient comme des faces d’hommes ; et elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme des dents de lions ; et elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chariots à plusieurs chevaux courant au combat ; et elles ont des queues semblables à des scorpions, et des aiguillons ; et leur pouvoir était dans leurs queues, pour nuire aux hommes cinq mois.
Elles ont sur elles un roi, l’ange de l’abîme, dont le nom est en hébreu : Abaddon, et en grec il a nom : Apollyon."
Apocalypse 9:1-11
Cette poésie étrange et morbide enflamme facilement les imaginations et nul ne doute qu'elle soit efficace auprès des fidèles que contrôle la droite religieuse américaine. Pour ceux qui pensent que Dieu a créé l'univers en 6 jours, il est logique de penser que c'est Dieu qui va s'occuper personnellement d'y mettre fin selon la grandiose mise en scène décrite dans l'Apocalypse.
Pour ma part, je trouve plus logique de penser que l'univers est éternel et que le Big Bang survenu il y a 13,7 milliards d'années sera suivi d'un Big Crunch. On a trouvé assez de matière sombre pour que la loi de la gravité puisse arrêter l'expansion de l'univers et amorcer une période de contraction..
Je trouve aussi plus logique de penser qu'à côté de notre univers il y ait des milliards d'univers qui font des Big Bangs et des Big Crunchs dans un continuum espace-temps infini. Je trouverais même plus logique de penser que ces milliards d'univers ne soient que les particules vaguement agitées d'un mouvement brownien à la surface d'un lac reposant dans le monde d'un autre continuum espace-temps, où les constantes physiques n'auraient rien à voir avec celles qu'on a calculées sur Terre.
Pourquoi l'Univers serait-il seul au monde ?
N'est-ce pas formidable de penser que les quarks et les leptons qui composent mon corps sont éternels et qu'après avoir été prisonniers sur cette planète pendant des milliards d'années, ils retourneront au Big Crunch pour être propulsés à nouveau vers, peut-être, un destin fabuleux ?
N'est-il pas consolant de penser que le pauvre esprit qui s'imagine penser parce les neurones de mon cerveau s'agitent d'impulsions électriques, ce pauvre esprit qui se satisfait de joies illusoires et qui tremble de peurs imaginaires, n'est-il pas consolant de penser qu'un jour il s'éteindra ?
C'est la religion qui a tout faux en prétendant le contraire. Et ce ne sont pas les évangélistes américains ni les islamistes radicaux qui vont m'en dissuader. À la poésie cruelle de l'Apocalypse, je préfère celle de Sully Prudhomme décrivant le Big Crunch d'un poète:
Si tous les astres, ô nature,
trompant la main qui les conduit,
s'entre-choquaient par aventure
pour se dissoudre dans la nuit ;
ou comme une flotte qui sombre,
si ces foyers, grands et petits,
lentement dévorés par l'ombre,
y disparaissaient engloutis,
tu pourrais repeupler l'abîme,
et rallumer un firmament
plus somptueux et plus sublime,
avec la terre seulement !
Sully Prudhomme, dans Les vaines tendresses (1875)
" Et le cinquième ange sonna de la trompette : et je vis une étoile tombée du ciel sur la terre ; et la clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d’une grande fournaise, et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits.
Et de la fumée il sortit des sauterelles sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir semblable au pouvoir qu’ont les scorpions de la terre.
Et il leur fut dit qu’elles ne nuisissent ni à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leurs fronts.
Et il leur fut donné de ne pas les tuer, mais qu’ils fussent tourmentés cinq mois ; et leur tourment est comme le tourment du scorpion, quand il frappe l’homme.
Et en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ils ne la trouveront point ; et ils désireront de mourir, et la mort s’enfuit d’eux.
Et la ressemblance des sauterelles était semblable à des chevaux préparés pour le combat ; et sur leurs têtes il y avait comme des couronnes semblables à de l’or ; et leurs faces étaient comme des faces d’hommes ; et elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme des dents de lions ; et elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chariots à plusieurs chevaux courant au combat ; et elles ont des queues semblables à des scorpions, et des aiguillons ; et leur pouvoir était dans leurs queues, pour nuire aux hommes cinq mois.
Elles ont sur elles un roi, l’ange de l’abîme, dont le nom est en hébreu : Abaddon, et en grec il a nom : Apollyon."
Apocalypse 9:1-11
Cette poésie étrange et morbide enflamme facilement les imaginations et nul ne doute qu'elle soit efficace auprès des fidèles que contrôle la droite religieuse américaine. Pour ceux qui pensent que Dieu a créé l'univers en 6 jours, il est logique de penser que c'est Dieu qui va s'occuper personnellement d'y mettre fin selon la grandiose mise en scène décrite dans l'Apocalypse.
Pour ma part, je trouve plus logique de penser que l'univers est éternel et que le Big Bang survenu il y a 13,7 milliards d'années sera suivi d'un Big Crunch. On a trouvé assez de matière sombre pour que la loi de la gravité puisse arrêter l'expansion de l'univers et amorcer une période de contraction..
Je trouve aussi plus logique de penser qu'à côté de notre univers il y ait des milliards d'univers qui font des Big Bangs et des Big Crunchs dans un continuum espace-temps infini. Je trouverais même plus logique de penser que ces milliards d'univers ne soient que les particules vaguement agitées d'un mouvement brownien à la surface d'un lac reposant dans le monde d'un autre continuum espace-temps, où les constantes physiques n'auraient rien à voir avec celles qu'on a calculées sur Terre.
Pourquoi l'Univers serait-il seul au monde ?
N'est-ce pas formidable de penser que les quarks et les leptons qui composent mon corps sont éternels et qu'après avoir été prisonniers sur cette planète pendant des milliards d'années, ils retourneront au Big Crunch pour être propulsés à nouveau vers, peut-être, un destin fabuleux ?
N'est-il pas consolant de penser que le pauvre esprit qui s'imagine penser parce les neurones de mon cerveau s'agitent d'impulsions électriques, ce pauvre esprit qui se satisfait de joies illusoires et qui tremble de peurs imaginaires, n'est-il pas consolant de penser qu'un jour il s'éteindra ?
C'est la religion qui a tout faux en prétendant le contraire. Et ce ne sont pas les évangélistes américains ni les islamistes radicaux qui vont m'en dissuader. À la poésie cruelle de l'Apocalypse, je préfère celle de Sully Prudhomme décrivant le Big Crunch d'un poète:
Si tous les astres, ô nature,
trompant la main qui les conduit,
s'entre-choquaient par aventure
pour se dissoudre dans la nuit ;
ou comme une flotte qui sombre,
si ces foyers, grands et petits,
lentement dévorés par l'ombre,
y disparaissaient engloutis,
tu pourrais repeupler l'abîme,
et rallumer un firmament
plus somptueux et plus sublime,
avec la terre seulement !
Sully Prudhomme, dans Les vaines tendresses (1875)
La bible comme manuel de politique internationale
J'ai lu hier l'intéressant article de Marc Nadeau sur les relations Washington-Jérusalem et j'y ai appris que la droite religieuse américaine compte 37 millions d'électeurs, soit 25% des électeurs inscrits aux États-Unis. Je savais déjà qu'elle penche fortement du côté républicain et qu'elle est acquise à George W. Bush, un des leurs.
Je me suis depuis lancé dans les dédales de l'Enlèvement (Rapture), du combat dans la vallée de l'Armageddon et du deuxième retour de Jésus sur la terre d'Israël, où le peuple juif est revenu en 1948, conformément à la prédiction d'Ézéchiel (Ez 11:17):
"C'est pourquoi tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel:
Je vous rassemblerai du milieu des peuples,
Je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés,
Et je vous donnerai la terre d'Israël."
Notez qu'Ézéchiel est tombé pile plus d'une fois. Ainsi il a prévu l'invasion de l'Irak (2003) et le bombardement intensif de Tyr (2006). Parlant de l'Assyrie (en partie l'Irak), Ézéchiel dit ceci (Ez 31:10-11):
"Parce qu'il avait une tige élevée,
Parce qu'il lançait sa cime au milieu d'épais rameaux,
Et que son coeur était fier de sa hauteur,
Je l'ai livré entre les mains du héros des nations
Qui le traitera selon sa méchanceté; je l'ai chassé.
Des étrangers, les plus violents des peuples, l'ont abattu et rejeté."
Quant à Tyr, Ézéchiel n'est pas moins clair (Ez 26:3-4):
"Voici, j'en veux à toi, Tyr!
Je ferai monter contre toi des nations nombreuses,
Comme la mer fait monter ses flots.
Elles détruiront les murs de Tyr,
Elles abattront ses tours,
Et j'en raclerai la poussière;
Je ferai d'elle un rocher nu."
Mais trève de digressions. J'ai essayé de démêler tout ça et c'est diablement compliqué. On passe d'un livre biblique à l'autre, d'un auteur à l'autre, d'une époque à l'autre. Dieu, l'unique source d'inspiration de tous ces gens, a oublié d'être logique et cohérent et voilà que les fidèles sont tout confus, se séparant en multiples écoles d'interprétation. Les croyants vont-ils monter au ciel avant ou après avoir connu les tribulations? Les insécures eux ont finalement conclu qu'une partie des croyants vont monter avant et l'autre après.
Toujours est-il que le principal verset établissant l'Enlèvement (Rapture) est le suivant (1 Th 4:14-17):
"Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont décédés. Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont décédés. Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur." (Mes soulignés)
Le verset suivant en établit les modalités (1 Th 5:1-3):
"Pour ce qui est des temps et des moments, vous n'avez pas besoin, frères, qu'on vous en écrive. Car vous savez bien vous mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échapperont point."
Quand à la bataille de l'Armageddon, celle qui précède le retour de Jésus, il n'y est fait allusion qu'une seule fois dans toute la bible, et c'est ici (Ap 16:14-16):
"Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. -Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu'il ne marche pas nu et qu'on ne voit pas sa honte!- Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon."
Voilà. C'est ça. Ce sont les textes fondateurs du sionisme des chrétiens américains. On peut ajouter bien sûr un bout de phrase par ci sorti d'un évangile, ou une moitié de verset par là tiré de l'ancien testament, le tout selon les visions du prédicateur qui en fait usage pour faire trembler ses ouailles et fouiller dans leur porte-monnaie. En 2004, le rabbin Yechiel Eckstein affirmait à Radio-Canada avoir recueilli à lui seul 100 millions de dollars depuis 7 ou 8 ans auprès des évangélistes américains. Je vous invite, si le coeur vous en dit, à regarder cette excellente émission de Zone Libre.
Pour ma part, ces recherches m'ont permis de comprendre pourquoi le gouvernement Bush est unilatéralement pro-israélien, malgré que ceux des 6 millions de Juifs américains qui votent penchent généralement du côté démocrate. C'est que le sionisme des 37 millions de chrétiens de droite est encore plus intransigeant que celui de beaucoup de Juifs américains. Les chrétiens de droite n'ont pas à se préoccuper du bon voisinage d'Israël avec les 300 millions d'Arabes qui les entourent. Tout ce qu'ils veulent, c'est que le jugement dernier arrive au plus tôt pour pouvoir monter au ciel par la suite.
Le lobby de la droite religieuse américaine, responsable de 40% des votes recueillis par George W. Bush en 2004, le tient bien fermement en laisse. Sentant l'occasion et l'herbe tendre après l'élection de Stephen Harper, un organisme de la droite religieuse américaine s'est établi à Ottawa. Les groupes evangélistes jubilent du déclenchement de la guerre au Liban et espèrent un retour prochain de Jésus. D'ailleurs le Rapture Index qui mesure l'imminence de la fin du monde en confirme la possibilité: il est récemment passé en haut de la barre des 145.
Je me suis depuis lancé dans les dédales de l'Enlèvement (Rapture), du combat dans la vallée de l'Armageddon et du deuxième retour de Jésus sur la terre d'Israël, où le peuple juif est revenu en 1948, conformément à la prédiction d'Ézéchiel (Ez 11:17):
"C'est pourquoi tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel:
Je vous rassemblerai du milieu des peuples,
Je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés,
Et je vous donnerai la terre d'Israël."
Notez qu'Ézéchiel est tombé pile plus d'une fois. Ainsi il a prévu l'invasion de l'Irak (2003) et le bombardement intensif de Tyr (2006). Parlant de l'Assyrie (en partie l'Irak), Ézéchiel dit ceci (Ez 31:10-11):
"Parce qu'il avait une tige élevée,
Parce qu'il lançait sa cime au milieu d'épais rameaux,
Et que son coeur était fier de sa hauteur,
Je l'ai livré entre les mains du héros des nations
Qui le traitera selon sa méchanceté; je l'ai chassé.
Des étrangers, les plus violents des peuples, l'ont abattu et rejeté."
Quant à Tyr, Ézéchiel n'est pas moins clair (Ez 26:3-4):
"Voici, j'en veux à toi, Tyr!
Je ferai monter contre toi des nations nombreuses,
Comme la mer fait monter ses flots.
Elles détruiront les murs de Tyr,
Elles abattront ses tours,
Et j'en raclerai la poussière;
Je ferai d'elle un rocher nu."
Mais trève de digressions. J'ai essayé de démêler tout ça et c'est diablement compliqué. On passe d'un livre biblique à l'autre, d'un auteur à l'autre, d'une époque à l'autre. Dieu, l'unique source d'inspiration de tous ces gens, a oublié d'être logique et cohérent et voilà que les fidèles sont tout confus, se séparant en multiples écoles d'interprétation. Les croyants vont-ils monter au ciel avant ou après avoir connu les tribulations? Les insécures eux ont finalement conclu qu'une partie des croyants vont monter avant et l'autre après.
Toujours est-il que le principal verset établissant l'Enlèvement (Rapture) est le suivant (1 Th 4:14-17):
"Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont décédés. Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont décédés. Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur." (Mes soulignés)
Le verset suivant en établit les modalités (1 Th 5:1-3):
"Pour ce qui est des temps et des moments, vous n'avez pas besoin, frères, qu'on vous en écrive. Car vous savez bien vous mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échapperont point."
Quand à la bataille de l'Armageddon, celle qui précède le retour de Jésus, il n'y est fait allusion qu'une seule fois dans toute la bible, et c'est ici (Ap 16:14-16):
"Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. -Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu'il ne marche pas nu et qu'on ne voit pas sa honte!- Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon."
Voilà. C'est ça. Ce sont les textes fondateurs du sionisme des chrétiens américains. On peut ajouter bien sûr un bout de phrase par ci sorti d'un évangile, ou une moitié de verset par là tiré de l'ancien testament, le tout selon les visions du prédicateur qui en fait usage pour faire trembler ses ouailles et fouiller dans leur porte-monnaie. En 2004, le rabbin Yechiel Eckstein affirmait à Radio-Canada avoir recueilli à lui seul 100 millions de dollars depuis 7 ou 8 ans auprès des évangélistes américains. Je vous invite, si le coeur vous en dit, à regarder cette excellente émission de Zone Libre.
Pour ma part, ces recherches m'ont permis de comprendre pourquoi le gouvernement Bush est unilatéralement pro-israélien, malgré que ceux des 6 millions de Juifs américains qui votent penchent généralement du côté démocrate. C'est que le sionisme des 37 millions de chrétiens de droite est encore plus intransigeant que celui de beaucoup de Juifs américains. Les chrétiens de droite n'ont pas à se préoccuper du bon voisinage d'Israël avec les 300 millions d'Arabes qui les entourent. Tout ce qu'ils veulent, c'est que le jugement dernier arrive au plus tôt pour pouvoir monter au ciel par la suite.
Le lobby de la droite religieuse américaine, responsable de 40% des votes recueillis par George W. Bush en 2004, le tient bien fermement en laisse. Sentant l'occasion et l'herbe tendre après l'élection de Stephen Harper, un organisme de la droite religieuse américaine s'est établi à Ottawa. Les groupes evangélistes jubilent du déclenchement de la guerre au Liban et espèrent un retour prochain de Jésus. D'ailleurs le Rapture Index qui mesure l'imminence de la fin du monde en confirme la possibilité: il est récemment passé en haut de la barre des 145.
08 août, 2006
Matières à réflexion
Lebanon is not a victim
Alan Dershowitz, Huffington Post, 7 août 2006
"Lebanon has now declared war on Israel and its citizens are bearing the consequences. Lebanon is no more a victim of Hezbollah than Austria was a victim of Nazism. In fact a higher percentage of Lebanese--more than 80%--say they support Hezbollah. The figures were nearly as high before the recent civilian deaths.
This is considerably higher than the number of Austrians who supported Hitler when the Nazis marched into Austria in 1938. Austria too claimed it was a victim, but no serious person today believes such self-serving historical revisionism. Austria was not "Hitler's first victim." It was Hitler's most sympathetic collaborator.
So too with Lebanon, whose president has praised Hezbollah, whose army is helping Hezbollah, and many of whose "civilians" are collaborating with Hezbollah."
Commentaires d'un lecteur du précédent article
mac691, Huffington Post, 7 août 2006
"Alan: I disagree with almost everything you usually say on legal issues, however, on Israel v. the muslim world, you have hit it out of the park! This "war" was started by the terrorist iranian puppets, Hizbollah, and it should end with their extermination. These modern nazis want nothing to do with co-existence with Israel, they want nothing to do with peace with Israel, they will only be happy when every Jew in the world has been murdered by their medieval society. A question-What is the difference between the Nazi's and the Muslims? The Nazi's could point to something that they did for their people. "
Too Nice to Win: Israel's Dilemma
John Podhoretz, New York Post, 25 juillet 2006
"What if liberal democracies have now evolved to a point where they can no longer wage war effectively because they have achieved a level of humanitarian concern for others that dwarfs any really cold-eyed pursuit of their own national interests? (...)
Could World War II have been won by Britain and the United States if the two countries did not have it in them to firebomb Dresden and nuke Hiroshima and Nagasaki?
Didn't the willingness of their leaders to inflict mass casualties on civilians indicate a cold-eyed singleness of purpose that helped break the will and the back of their enemies? Didn't that singleness of purpose extend down to the populations in those countries in those days, who would have and did support almost any action at any time that would lead to the deaths of Germans and Japanese?
What if the tactical mistake we made in Iraq was that we didn't kill enough Sunnis in the early going to intimidate them and make them so afraid of us they would go along with anything? Wasn't the survival of Sunni men between the ages of 15 and 35 the reason there was an insurgency and the basic cause of the sectarian violence now? (...)
What if Israel has every capability of achieving its aim, but cannot unleash itself against a foe more dangerous, more unscrupulous, more unprincipled and more barbaric than even the monstrous leaders of the Intifada it managed to quell after years of suicide attacks? "
Interview de l'ambassadeur israélien aux Nations Unies, Dan Gillerman
Émission d'Anderson Cooper, CNN, citée par Asia Times on line.
"I certainly hope the world understands [that] this war is not just about the safety of Israel or the freedom of Lebanon, it is about preserving civilization as we know it," Gillerman said.
"When you see Hezbollah flags in London and in Brussels and in Paris and you see that most of the demonstrators in Trafalgar Square and in the other cities are Muslims, I would advise these European countries to look very carefully at what is happening in Beirut today because to a very great extent, what they're seeing in Beirut, what they're seeing happening in Lebanon, what Hezbollah has done to the Lebanese people is really just a preview of what they may expect if they don't take care of that problem as they say in this country, soon to be seen in theaters everywhere."
Alan Dershowitz, Huffington Post, 7 août 2006
"Lebanon has now declared war on Israel and its citizens are bearing the consequences. Lebanon is no more a victim of Hezbollah than Austria was a victim of Nazism. In fact a higher percentage of Lebanese--more than 80%--say they support Hezbollah. The figures were nearly as high before the recent civilian deaths.
This is considerably higher than the number of Austrians who supported Hitler when the Nazis marched into Austria in 1938. Austria too claimed it was a victim, but no serious person today believes such self-serving historical revisionism. Austria was not "Hitler's first victim." It was Hitler's most sympathetic collaborator.
So too with Lebanon, whose president has praised Hezbollah, whose army is helping Hezbollah, and many of whose "civilians" are collaborating with Hezbollah."
Commentaires d'un lecteur du précédent article
mac691, Huffington Post, 7 août 2006
"Alan: I disagree with almost everything you usually say on legal issues, however, on Israel v. the muslim world, you have hit it out of the park! This "war" was started by the terrorist iranian puppets, Hizbollah, and it should end with their extermination. These modern nazis want nothing to do with co-existence with Israel, they want nothing to do with peace with Israel, they will only be happy when every Jew in the world has been murdered by their medieval society. A question-What is the difference between the Nazi's and the Muslims? The Nazi's could point to something that they did for their people. "
Too Nice to Win: Israel's Dilemma
John Podhoretz, New York Post, 25 juillet 2006
"What if liberal democracies have now evolved to a point where they can no longer wage war effectively because they have achieved a level of humanitarian concern for others that dwarfs any really cold-eyed pursuit of their own national interests? (...)
Could World War II have been won by Britain and the United States if the two countries did not have it in them to firebomb Dresden and nuke Hiroshima and Nagasaki?
Didn't the willingness of their leaders to inflict mass casualties on civilians indicate a cold-eyed singleness of purpose that helped break the will and the back of their enemies? Didn't that singleness of purpose extend down to the populations in those countries in those days, who would have and did support almost any action at any time that would lead to the deaths of Germans and Japanese?
What if the tactical mistake we made in Iraq was that we didn't kill enough Sunnis in the early going to intimidate them and make them so afraid of us they would go along with anything? Wasn't the survival of Sunni men between the ages of 15 and 35 the reason there was an insurgency and the basic cause of the sectarian violence now? (...)
What if Israel has every capability of achieving its aim, but cannot unleash itself against a foe more dangerous, more unscrupulous, more unprincipled and more barbaric than even the monstrous leaders of the Intifada it managed to quell after years of suicide attacks? "
Interview de l'ambassadeur israélien aux Nations Unies, Dan Gillerman
Émission d'Anderson Cooper, CNN, citée par Asia Times on line.
"I certainly hope the world understands [that] this war is not just about the safety of Israel or the freedom of Lebanon, it is about preserving civilization as we know it," Gillerman said.
"When you see Hezbollah flags in London and in Brussels and in Paris and you see that most of the demonstrators in Trafalgar Square and in the other cities are Muslims, I would advise these European countries to look very carefully at what is happening in Beirut today because to a very great extent, what they're seeing in Beirut, what they're seeing happening in Lebanon, what Hezbollah has done to the Lebanese people is really just a preview of what they may expect if they don't take care of that problem as they say in this country, soon to be seen in theaters everywhere."
07 août, 2006
Ferré, l'anarchiste
Je suis allé prendre le thé chez Vierotchka, une musicienne de la Suisse francophone qui tient un blogue contenant des documents d'archives extraordinaires surtout sur la musique, bien sûr, mais aussi sur tout. Passionnée de politique américaine, photographe, poète et philosophe, Vierotchka n'offre que du bon dans le grenier de son blogue.
Et c'est là que j'ai trouvé cet hallucinant délire anarchiste déclamé par Léo Ferré: "Il n'y a plus rien." En voici quelques extraits:
"Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !"
"Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi "
"Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !"
"Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien"
"Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir
Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé"
Et Ferré, avec sa tête de prophète, fait son récital incendiaire devant un public de rupins endimanchés qui l'applaudissent à la fin.
Je les comprends. Il finit par se dégager une poésie de la force des mots, ces mêmes mots que Ferré veut reléguer à l'encyclopédie. Je pense personnellement que l'anarchie est un cul-de-sac de la pensée et une coquetterie d'artiste, protégé par les droits que lui garantissent les démocraties occidentales. Il faudrait demander aux Somaliens et aux Libériens ce qu'ils pensent de la valeur poétique de la vraie anarchie pour avoir un tableau réel de la chose.
Il n'en reste pas moins que le récital de Ferré est fascinant. Et, en fouillant bien, je crois en avoir trouvé la raison: c'est une façon très sophistiquée d'exprimer un ras-le-bol. Nous connaissons tous des périodes de notre vie où nous en avons plus qu'assez. On peut s'exclamer et lancer: "Simonaque que chu-t-écoeuré !" Mais on peut aussi écouter Ferré exprimer notre révolte en mots choisis:
"Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous ?
Pardon.... LEURS sous !"
Et c'est là que j'ai trouvé cet hallucinant délire anarchiste déclamé par Léo Ferré: "Il n'y a plus rien." En voici quelques extraits:
"Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !"
"Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi "
"Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !"
"Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien"
"Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir
Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé"
Et Ferré, avec sa tête de prophète, fait son récital incendiaire devant un public de rupins endimanchés qui l'applaudissent à la fin.
Je les comprends. Il finit par se dégager une poésie de la force des mots, ces mêmes mots que Ferré veut reléguer à l'encyclopédie. Je pense personnellement que l'anarchie est un cul-de-sac de la pensée et une coquetterie d'artiste, protégé par les droits que lui garantissent les démocraties occidentales. Il faudrait demander aux Somaliens et aux Libériens ce qu'ils pensent de la valeur poétique de la vraie anarchie pour avoir un tableau réel de la chose.
Il n'en reste pas moins que le récital de Ferré est fascinant. Et, en fouillant bien, je crois en avoir trouvé la raison: c'est une façon très sophistiquée d'exprimer un ras-le-bol. Nous connaissons tous des périodes de notre vie où nous en avons plus qu'assez. On peut s'exclamer et lancer: "Simonaque que chu-t-écoeuré !" Mais on peut aussi écouter Ferré exprimer notre révolte en mots choisis:
"Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses...
Et vous comptez vos sous ?
Pardon.... LEURS sous !"
06 août, 2006
Des principes rémunérateurs
Canada-USA: Sur la même longueur d'onde
La Presse, 6 août 2006
"Ça me semble une décision idéologique du gouvernement conservateur, beaucoup plus sensible à la loi et l'ordre», précise M. Anctil, spécialiste renommé de la communauté juive au Québec. (...)
Ainsi, le premier ministre canadien aurait autre chose en tête que la relation commerciale entre les deux pays dans sa politique étrangère au Moyen-Orient. «Elle n'est pas basée sur les intérêts commerciaux mais beaucoup plus sur le fait qu'Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient», affirme en effet le porte-parole du comité Canada-Israël, Philippe Elharr. Selon lui, l'attitude de M. Harper prouve également que le Canada a compris qu'il ne faut faire preuve d'aucune tolérance face au terrorisme."
L'échiquier politique bouleversé
Michel Vastel, L'Actualité, 4 août 2006
(...) "on apprend ce matin que l'attitude de Stephen Harper, résolument favorable à l'État d'Israël, provoque de véritables ravages dans les rangs du Parti libéral: le couple libéral le plus influent - et le plus riche - de Toronto, abandonne les rouges et se propose d'appuyer ouvertement le Parti conservateur.
Gerry Schwartz, patron d'Onex, était un des plus grands donateurs des campagnes de Paul Martin. Le lieutenant des Libéraux du Québec, Jean Lapierre, travaillait pour lui, surtout lorsque Onex caressait le rêve d'acheter Air Canada.
Quant à Heather Reisman, elle vient d'une famille de grands madarins fédéraux [elle est la nièce du négociateur en chef de l'Accord de libre échange avec les États-Unis]. Elle a travaillé aux campagnes de Pierre Elliott Trudeau et on a évoqué son nom pour la direction du PLC dans les années 80.
C'est beaucoup d'argent et d'influence que le Parti libéral vient de perdre avec eux. L'un et l'autre sont parmi les membres de la communauté juive les plus connus de Toronto, tout comme le sénateur Jerry Grafstein qui s'en prend ouvertement, lui aussi, à l'attitude du groupe parlementaire libéral, telle qu'exprimée par son chef intérimaire, l'ancien ministre Bill Graham."
La Presse, 6 août 2006
"Ça me semble une décision idéologique du gouvernement conservateur, beaucoup plus sensible à la loi et l'ordre», précise M. Anctil, spécialiste renommé de la communauté juive au Québec. (...)
Ainsi, le premier ministre canadien aurait autre chose en tête que la relation commerciale entre les deux pays dans sa politique étrangère au Moyen-Orient. «Elle n'est pas basée sur les intérêts commerciaux mais beaucoup plus sur le fait qu'Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient», affirme en effet le porte-parole du comité Canada-Israël, Philippe Elharr. Selon lui, l'attitude de M. Harper prouve également que le Canada a compris qu'il ne faut faire preuve d'aucune tolérance face au terrorisme."
L'échiquier politique bouleversé
Michel Vastel, L'Actualité, 4 août 2006
(...) "on apprend ce matin que l'attitude de Stephen Harper, résolument favorable à l'État d'Israël, provoque de véritables ravages dans les rangs du Parti libéral: le couple libéral le plus influent - et le plus riche - de Toronto, abandonne les rouges et se propose d'appuyer ouvertement le Parti conservateur.
Gerry Schwartz, patron d'Onex, était un des plus grands donateurs des campagnes de Paul Martin. Le lieutenant des Libéraux du Québec, Jean Lapierre, travaillait pour lui, surtout lorsque Onex caressait le rêve d'acheter Air Canada.
Quant à Heather Reisman, elle vient d'une famille de grands madarins fédéraux [elle est la nièce du négociateur en chef de l'Accord de libre échange avec les États-Unis]. Elle a travaillé aux campagnes de Pierre Elliott Trudeau et on a évoqué son nom pour la direction du PLC dans les années 80.
C'est beaucoup d'argent et d'influence que le Parti libéral vient de perdre avec eux. L'un et l'autre sont parmi les membres de la communauté juive les plus connus de Toronto, tout comme le sénateur Jerry Grafstein qui s'en prend ouvertement, lui aussi, à l'attitude du groupe parlementaire libéral, telle qu'exprimée par son chef intérimaire, l'ancien ministre Bill Graham."
05 août, 2006
Un sens à l'existence
L'état de l'espèce Homo sapiens sapiens n'est pas très bon. Pendant que l'Occident poursuit son offensive militaire contre l'Islamisme radical, soit une bonne frange du milliard de musulmans qui peuple la terre, l'environnement physique de la planète se dégrade à un rythme qui prend de l'accélération.
Je disais ici que l'espèce humaine devait trouver un sens à son existence si elle voulait être plus qu'un blip sur l'écran radar de l'évolution de la vie, ou à tout le moins rejoindre le record de longévité atteint par l'homme de Néanderthal. Et pour faire cela, faudra faire avec ce que nous sommes, réellement.
Qui sommes-nous fondamentalement ? Des mammifères sociaux qui, comme tous les autres, ont puisé leurs premiers réflexes sociaux à même le bagage génétique de leurs prédécesseurs dans l'échelle de l'évolution. Pour les fins de ce billet, je n'en mentionnerai que deux: le contrôle territorial et la mobilisation du groupe contre un ennemi commun.
Dans les documentaires animaliers, nous avons tous vu un mâle dominant un territoire repousser les mâles plus faibles pour conserver l'exclusivité de la reproduction. Les espèces animales qui ont adopté ce comportement social ont plus facilement survécu à travers les âges. Mais ce qui me frappe, en même temps, c'est que les mâles qui s'affrontent ne se blessent pas. Ils font leur démonstration de force, le plus faible abandonne bientôt le combat et le plus fort ne le poursuit pas pour le blesser ou le tuer.
Les espèces où les mâles dominants ont adopté cette attitude d'endiguement (ou containment) ont eu plus de chances de survivre, évitant ainsi les blessures et limitant les rivalités intestines. C'est la politique suivie par les grandes puissances nucléaires, États-Unis, URSS, Chine, Europe, pendant la guerre froide: on fait sa petite démonstration de force, et puis chacun rentre chez soi.
Et la paix mondiale a été bien servie malgré les conflits régionaux.
L'actuelle politique de guerre au terrorisme de l'administration Bush, laquelle s'est répandue à travers le monde, et même au Canada, correspond à l'attitude d'un mâle dominant qui pousuivrait ses opposants jusqu'à les blesser et les tuer. Cela exacerbe les conflits et loin d'intimider les groupes sociaux dits "terroristes" poursuivis par les États-Unis et ses alliés, ces tueries entraîneront des représailles sans fin. Ce n'est pas bon pour la survie de notre espèce.
Si la politique d'endiguement, qui remonte elle aussi aux origines de notre espèce tout autant que que la politique de contrôle territorial, a permis d'éviter les guerres nucléaires, elle devrait être suffisante aussi pour permettre de contrer la montée de l'Islamisme radical. C'est en ce sens que je suis pacifiste et opposé en général aux solutions militaires des conflits. Mon pacifisme ne s'oppose pas aux démonstrations de force, lesquelles sont au contraire un de ses éléments essentiels.
Il n'y a rien de bien nouveau là-dedans: " Si vis pacem, para bellum ", dirait Bernard Landry.
L'autre réflexe social dont je parlais au début du billet nous vient d'encore plus loin dans la nuit des temps: la mobilisation du groupe contre un ennemi commun. Les bancs de poissons se regroupent en masse compacte pour affronter un prédateur, les volées d'oiseaux s'avertissent de la présence d'un faucon et les éléphants se regroupent pour affronter ceux qui veulent s'en prendre à leurs petits.
Chez les humains, le réflexe social qui mobilise contre un ennemi commun est utilisé abondamment dans la petite vie quotidienne autant qu'en politique internationale. Le bouc émissaire au bureau, le souffre-douleur à l'usine, les Anglais pour certains nationalistes québécois attardés, les Français pour certains rednecks canadiens-anglais, la Syrie et l'Iran pour George W. Bush en sont autant d'exemples.
Si Homo sapiens sapiens veut donner un sens à son existence et à son action collective, il doit se trouver un ennemi commun. Et comme les extra-terrestres n'ont pas encore manifesté d'intentions belliqueuses à notre égard, je ne vois que la dégradation de notre environnement qui soit notre ennemi commun.
La dégradation de l'environnement est un ennemi réel, immédiat, aux effets dévastateurs. C'est pure stupidité que de consacrer nos énergies à combattre et à tuer des populations lointaines qui ne partagent pas les valeurs occidentales que l'on prétend universelles. La seule vraie valeur universelle, c'est le droit à la vie, ainsi que tous les droits qui en découlent. Et au nom du droit à la vie, la priorité, c'est de combattre la dégradation de l'environnement. C'est l'ennemi commun qui pourrait nous mobiliser tous ensemble, membres de l'espèce humaine. Et c'est en ce sens que je suis environnementaliste.
Je suis vieux. Je suis cynique et désabusé. Ma vie est confortable et n'a pas vraiment de sens. J'ai ri des pacifistes et des environnementalistes au nom de la realpolitik. Mais, vraiment, la realpolitik à la Bush, à la Blair, à la Harper, ne nous mènera nulle part. C'est probablement de façon instinctive que les jeunes générations sont si attirées par le pacifisme et l'environnementalisme. C'est leur manière de nous dire que tout l'appareil de rationalisation que les vieilles générations ont mis en place pour percevoir et "gérer" les problèmes humains ne fonctionne pas.
Mais, il ne faut pas désespérer. Ces jeunes prendront le pouvoir un jour et j'espère qu'il leur restera quelque chose de l'idéalisme de leurs jeunes années.
Je disais ici que l'espèce humaine devait trouver un sens à son existence si elle voulait être plus qu'un blip sur l'écran radar de l'évolution de la vie, ou à tout le moins rejoindre le record de longévité atteint par l'homme de Néanderthal. Et pour faire cela, faudra faire avec ce que nous sommes, réellement.
Qui sommes-nous fondamentalement ? Des mammifères sociaux qui, comme tous les autres, ont puisé leurs premiers réflexes sociaux à même le bagage génétique de leurs prédécesseurs dans l'échelle de l'évolution. Pour les fins de ce billet, je n'en mentionnerai que deux: le contrôle territorial et la mobilisation du groupe contre un ennemi commun.
Dans les documentaires animaliers, nous avons tous vu un mâle dominant un territoire repousser les mâles plus faibles pour conserver l'exclusivité de la reproduction. Les espèces animales qui ont adopté ce comportement social ont plus facilement survécu à travers les âges. Mais ce qui me frappe, en même temps, c'est que les mâles qui s'affrontent ne se blessent pas. Ils font leur démonstration de force, le plus faible abandonne bientôt le combat et le plus fort ne le poursuit pas pour le blesser ou le tuer.
Les espèces où les mâles dominants ont adopté cette attitude d'endiguement (ou containment) ont eu plus de chances de survivre, évitant ainsi les blessures et limitant les rivalités intestines. C'est la politique suivie par les grandes puissances nucléaires, États-Unis, URSS, Chine, Europe, pendant la guerre froide: on fait sa petite démonstration de force, et puis chacun rentre chez soi.
Et la paix mondiale a été bien servie malgré les conflits régionaux.
L'actuelle politique de guerre au terrorisme de l'administration Bush, laquelle s'est répandue à travers le monde, et même au Canada, correspond à l'attitude d'un mâle dominant qui pousuivrait ses opposants jusqu'à les blesser et les tuer. Cela exacerbe les conflits et loin d'intimider les groupes sociaux dits "terroristes" poursuivis par les États-Unis et ses alliés, ces tueries entraîneront des représailles sans fin. Ce n'est pas bon pour la survie de notre espèce.
Si la politique d'endiguement, qui remonte elle aussi aux origines de notre espèce tout autant que que la politique de contrôle territorial, a permis d'éviter les guerres nucléaires, elle devrait être suffisante aussi pour permettre de contrer la montée de l'Islamisme radical. C'est en ce sens que je suis pacifiste et opposé en général aux solutions militaires des conflits. Mon pacifisme ne s'oppose pas aux démonstrations de force, lesquelles sont au contraire un de ses éléments essentiels.
Il n'y a rien de bien nouveau là-dedans: " Si vis pacem, para bellum ", dirait Bernard Landry.
L'autre réflexe social dont je parlais au début du billet nous vient d'encore plus loin dans la nuit des temps: la mobilisation du groupe contre un ennemi commun. Les bancs de poissons se regroupent en masse compacte pour affronter un prédateur, les volées d'oiseaux s'avertissent de la présence d'un faucon et les éléphants se regroupent pour affronter ceux qui veulent s'en prendre à leurs petits.
Chez les humains, le réflexe social qui mobilise contre un ennemi commun est utilisé abondamment dans la petite vie quotidienne autant qu'en politique internationale. Le bouc émissaire au bureau, le souffre-douleur à l'usine, les Anglais pour certains nationalistes québécois attardés, les Français pour certains rednecks canadiens-anglais, la Syrie et l'Iran pour George W. Bush en sont autant d'exemples.
Si Homo sapiens sapiens veut donner un sens à son existence et à son action collective, il doit se trouver un ennemi commun. Et comme les extra-terrestres n'ont pas encore manifesté d'intentions belliqueuses à notre égard, je ne vois que la dégradation de notre environnement qui soit notre ennemi commun.
La dégradation de l'environnement est un ennemi réel, immédiat, aux effets dévastateurs. C'est pure stupidité que de consacrer nos énergies à combattre et à tuer des populations lointaines qui ne partagent pas les valeurs occidentales que l'on prétend universelles. La seule vraie valeur universelle, c'est le droit à la vie, ainsi que tous les droits qui en découlent. Et au nom du droit à la vie, la priorité, c'est de combattre la dégradation de l'environnement. C'est l'ennemi commun qui pourrait nous mobiliser tous ensemble, membres de l'espèce humaine. Et c'est en ce sens que je suis environnementaliste.
Je suis vieux. Je suis cynique et désabusé. Ma vie est confortable et n'a pas vraiment de sens. J'ai ri des pacifistes et des environnementalistes au nom de la realpolitik. Mais, vraiment, la realpolitik à la Bush, à la Blair, à la Harper, ne nous mènera nulle part. C'est probablement de façon instinctive que les jeunes générations sont si attirées par le pacifisme et l'environnementalisme. C'est leur manière de nous dire que tout l'appareil de rationalisation que les vieilles générations ont mis en place pour percevoir et "gérer" les problèmes humains ne fonctionne pas.
Mais, il ne faut pas désespérer. Ces jeunes prendront le pouvoir un jour et j'espère qu'il leur restera quelque chose de l'idéalisme de leurs jeunes années.
04 août, 2006
Rumeurs
IDF prepared for attack by Syria
Jerusalem Post, 31 juillet 2006
" The IDF (l'armée israélienne) was also concerned about a possible Syrian attack in response to the ongoing IDF operations in Lebanon. It was also known that Syria had increased its alert out of fear in Damascus that Israel might attack.
Defense officials told the Post last week that they were receiving indications from the US that America would be interested in seeing Israel attack Syria. "
(Mes soulignés)
Blair says Syria, Iran risk confrontation
Yahoo! News, 1 août 2006
" Blair said the international community should tell Syria and Iran that they should either play by the same rules as the rest of the world "or be confronted. (...)
" If they keep raising the stakes, they will find they have miscalculated," Blair said in a speech to the World Affairs Council, a nonprofit organization in Los Angeles. "
Bush says Iran, Syria must end support for Hizbollah
Yahoo! News, 31 juillet 2006
"Iran must end its financial support and supply of weapons to terrorist groups like Hizbollah," Bush said, adding: "Syria must end its support for terror and respect the sovereignty of Lebanon."
Assad ordonne à l'armée de se préparer à toute éventualité
Cyberpresse, 1 août 2006
" Le président syrien Bachar al-Assad a appelé l'armée à se tenir prête pour faire face aux «défis régionaux», évoquant pour la première fois depuis le début du conflit au Liban une éventuelle implication militaire de son pays. "
N.B. Avez-vous remarqué le nouveau "narratif" des médias de masse ? On ne parle plus de la guerre Israël-Liban, mais de la guerre Israël-Hezbollah. Et envers qui devraient aller vos sympathies ? Un État démocratique assailli de toutes parts ou une organisation terroriste qui a entraîné son pays dans la guerre ?
À ce sujet, il faut noter comment Joseph Panossian d'Associated Press a rapporté l'incident de la capture des deux soldats israéliens, le jour même où il est survenu. L'attaque s'est passée au Liban et l'armée israélienne a même envoyé des troupes au Liban pour tenter de récupérer les captifs:
" The militant group Hezbollah captured two Israeli soldiers during clashes Wednesday across the border in southern Lebanon, prompting a swift reaction from Israel, which sent ground forces into its neighbor to look for them. The forces were trying to keep the soldiers' captors from moving them deeper into Lebanon, Israeli government officials said on condition of anonymity. "
(Mes soulignés)
Je vous laisse imaginer les tours de passe-passe effectués pour en arriver à la version convenue qui circule aujourd'hui. À mon avis, les nouvelles du jour sont toujours les plus fraîches.
Jerusalem Post, 31 juillet 2006
" The IDF (l'armée israélienne) was also concerned about a possible Syrian attack in response to the ongoing IDF operations in Lebanon. It was also known that Syria had increased its alert out of fear in Damascus that Israel might attack.
Defense officials told the Post last week that they were receiving indications from the US that America would be interested in seeing Israel attack Syria. "
(Mes soulignés)
Blair says Syria, Iran risk confrontation
Yahoo! News, 1 août 2006
" Blair said the international community should tell Syria and Iran that they should either play by the same rules as the rest of the world "or be confronted. (...)
" If they keep raising the stakes, they will find they have miscalculated," Blair said in a speech to the World Affairs Council, a nonprofit organization in Los Angeles. "
Bush says Iran, Syria must end support for Hizbollah
Yahoo! News, 31 juillet 2006
"Iran must end its financial support and supply of weapons to terrorist groups like Hizbollah," Bush said, adding: "Syria must end its support for terror and respect the sovereignty of Lebanon."
Assad ordonne à l'armée de se préparer à toute éventualité
Cyberpresse, 1 août 2006
" Le président syrien Bachar al-Assad a appelé l'armée à se tenir prête pour faire face aux «défis régionaux», évoquant pour la première fois depuis le début du conflit au Liban une éventuelle implication militaire de son pays. "
N.B. Avez-vous remarqué le nouveau "narratif" des médias de masse ? On ne parle plus de la guerre Israël-Liban, mais de la guerre Israël-Hezbollah. Et envers qui devraient aller vos sympathies ? Un État démocratique assailli de toutes parts ou une organisation terroriste qui a entraîné son pays dans la guerre ?
À ce sujet, il faut noter comment Joseph Panossian d'Associated Press a rapporté l'incident de la capture des deux soldats israéliens, le jour même où il est survenu. L'attaque s'est passée au Liban et l'armée israélienne a même envoyé des troupes au Liban pour tenter de récupérer les captifs:
" The militant group Hezbollah captured two Israeli soldiers during clashes Wednesday across the border in southern Lebanon, prompting a swift reaction from Israel, which sent ground forces into its neighbor to look for them. The forces were trying to keep the soldiers' captors from moving them deeper into Lebanon, Israeli government officials said on condition of anonymity. "
(Mes soulignés)
Je vous laisse imaginer les tours de passe-passe effectués pour en arriver à la version convenue qui circule aujourd'hui. À mon avis, les nouvelles du jour sont toujours les plus fraîches.
03 août, 2006
Du coq à l'âne
Christophe Colomb a découvert l'Amérique en 1492. Mais le territoire américain existait déjà, on le sait. On y a depuis trouvé des fossiles de dinosaures datant d'au moins 63 millions d'années. Qui plus est, certaines peuplades du nord de l'Europe savaient que le territoire américain existait, mais ils n'ont pas voulu le dire au monde civilisé.
Aujourd'hui, pour faire partie du monde civilisé, il faut passer au journal télévisé du soir. L'Afrique existe à peine. Qu'y a-t-il en Afrique? Le Rwanda, le Darfour et la République démocratique du Congo, précisément là où se tiennent les premières élections démocratiques depuis 40 ans. Et on se rappelle pourquoi le Rwanda et le Darfour vont désormais partie du monde civilisé.
Je regarde les bombes sophistiquées que les hommes civilisés lancent sur leurs semblables. Cela nous aurait fait moins mal d'en être restés à l'âge de pierre. Je me souviens d'un billet où je parlais de l'homme de Néanderthal, disparu parce qu'il n'avait pas su s'adapter. Ces Néanderthaliens ont tout-de-même survécu pendant 200 000 ans. Et nous, les Homo sapiens sapiens, les fins-fins, les adaptables, nous n'existons que depuis 100 000 ans, en gros 3 minutes sur 24 heures depuis que la planète existe.
À quoi sert-il de chercher des raisons pour justifier les agressions des uns et les répliques des autres ? On devra trouver un sens à l'existence de cette espèce d'hominidés, pour qu'elle cesse de se taper dessus. Sinon Homo sapiens sapiens n'aura été qu'un bref feu d'artifice.
Aujourd'hui, pour faire partie du monde civilisé, il faut passer au journal télévisé du soir. L'Afrique existe à peine. Qu'y a-t-il en Afrique? Le Rwanda, le Darfour et la République démocratique du Congo, précisément là où se tiennent les premières élections démocratiques depuis 40 ans. Et on se rappelle pourquoi le Rwanda et le Darfour vont désormais partie du monde civilisé.
Je regarde les bombes sophistiquées que les hommes civilisés lancent sur leurs semblables. Cela nous aurait fait moins mal d'en être restés à l'âge de pierre. Je me souviens d'un billet où je parlais de l'homme de Néanderthal, disparu parce qu'il n'avait pas su s'adapter. Ces Néanderthaliens ont tout-de-même survécu pendant 200 000 ans. Et nous, les Homo sapiens sapiens, les fins-fins, les adaptables, nous n'existons que depuis 100 000 ans, en gros 3 minutes sur 24 heures depuis que la planète existe.
À quoi sert-il de chercher des raisons pour justifier les agressions des uns et les répliques des autres ? On devra trouver un sens à l'existence de cette espèce d'hominidés, pour qu'elle cesse de se taper dessus. Sinon Homo sapiens sapiens n'aura été qu'un bref feu d'artifice.
02 août, 2006
La maîtrise du langage orwellien
Le célèbre roman de George Orwell, 1984, nous parle bien sûr de Big Brother, l'État totalitaire qui surveille ses sujets. Il parle aussi de propagande, de désinformation, de lavage de cerveau, de contrôle des masses populaires. L'une des techniques utilisées par le pouvoir est la novlangue, laquelle vise à restructurer la pensée des gens. On va par exemple abreuver la population de slogans comme:
° « La guerre, c’est la paix »
° « La liberté, c’est l’esclavage »
° « L’ignorance, c’est la force »
L'utilisation de cette technique est une des marques distinctives de l'administration Bush en même temps qu'une de ses forces lorsqu'il s'agit de contrôler les médias, et en fin de compte, la population américaine. Ainsi, dans l'actuel conflit au Proche-Orient, l'administration Bush ne veut pas de cessez-le-feu. Elle va donc parler de "sustainable ceasefire". En effet, le seul cessez-le-feu qui soit durable, c'est celui où vous avez anéanti l'ennemi. Et pour anéantir l'ennemi, il ne faut pas qu'il y ait de cessez-le-feu.
Le gouvernement Harper essaie de suivre la parade américaine mais il a encore de la difficulté à en maîtriser les subtilités langagières. C'est que nous, les bons Canadiens, ce qui inclut encore les bons Québécois, nous pratiquons davantage le langage de la rectitude politique que le langage orwellien. Et cela va nous donner des formulations savoureuses comme celle-ci: "Le gouvernement Harper est favorable à un cessez-le-feu immédiat, mais il est réticent à le réclamer sur-le-champ. "
Répétez lentement dans votre tête: "Je suis favorable à un cessez-le-feu immédiat, mais j'hésite à le demander maintenant... " Cela devrait déclencher chez vous au minimum un sourire, sinon un bon éclat de rire, si tant est qu'on puisse rire quand votre gouvernement, même maladroitement, appuie la continuation de cette guerre insensée.
° « La guerre, c’est la paix »
° « La liberté, c’est l’esclavage »
° « L’ignorance, c’est la force »
L'utilisation de cette technique est une des marques distinctives de l'administration Bush en même temps qu'une de ses forces lorsqu'il s'agit de contrôler les médias, et en fin de compte, la population américaine. Ainsi, dans l'actuel conflit au Proche-Orient, l'administration Bush ne veut pas de cessez-le-feu. Elle va donc parler de "sustainable ceasefire". En effet, le seul cessez-le-feu qui soit durable, c'est celui où vous avez anéanti l'ennemi. Et pour anéantir l'ennemi, il ne faut pas qu'il y ait de cessez-le-feu.
Le gouvernement Harper essaie de suivre la parade américaine mais il a encore de la difficulté à en maîtriser les subtilités langagières. C'est que nous, les bons Canadiens, ce qui inclut encore les bons Québécois, nous pratiquons davantage le langage de la rectitude politique que le langage orwellien. Et cela va nous donner des formulations savoureuses comme celle-ci: "Le gouvernement Harper est favorable à un cessez-le-feu immédiat, mais il est réticent à le réclamer sur-le-champ. "
Répétez lentement dans votre tête: "Je suis favorable à un cessez-le-feu immédiat, mais j'hésite à le demander maintenant... " Cela devrait déclencher chez vous au minimum un sourire, sinon un bon éclat de rire, si tant est qu'on puisse rire quand votre gouvernement, même maladroitement, appuie la continuation de cette guerre insensée.
01 août, 2006
Gunfight at the O.K.Corral
Dans My Darling Clementine (1946), la version de John Ford de la mythique bataille de l'Ouest à O.K. Corral, on assiste le moment venu à la mise en place des belligérants. Un critique l'a décrite ainsi: "... the final shootout begins as an orderly ritual but becomes a chaotic montage of death. "
Comme beaucoup d'autres, j'observe les positions que prennent les parties impliquées dans le drame du Proche-Orient. On y observe le rituel habituel de la mise en place des grandes confrontations: incidents mineurs, réactions disproportionnées des premiers belligérants, interventions en appui des puissances alliées, et puis "chaotic montage of death".
Au printemps 2006, Seymour Hersh signale que l'armée américaine vient de finaliser ses plans pour une intervention militaire en Iran et que le président Bush est fermement convaincu que l'Iran aura la bombe atomique si on ne l'arrête pas.
Le 6 juin, Les Européens et les Américains offrent à l'Iran une série d'avantages économiques s'il renonce à ses activités d'enrichissement d'uranium. Maintenant toujours sa position que le Traité de non-prolifération nucléaire dont il est signataire lui permet d'enrichir de l'uranium à des fins pacifiques, l'Iran ne dit quand même pas non à la proposition et signale qu'il va y réfléchir.
Le 25 juin, le soldat Shalit est enlevé. Israël bombarde les infrastuctures de la bande de Gaza et intervient au sol. À la réunion du Conseil de sécurité convoquée sur le sujet, le représentant palestinien affirme que l'opération israélienne a été planifiée avant l'enlèvement du soldat Shalit. John Bolton accuse les Syriens d'être à l'origine du terrorisme dans la région.
Le 12 juillet, Les Européens et les Américains conviennent de porter la question de l'enrichissement de l'uranium en Iran au Conseil de sécurité si l'Iran ne répond pas à leur proposition d'offrir des avantages économiques en retour. L'Iran indique qu'il donnera sa réponse le 22 août. (N.B. Le 22 août est le jour anniversaire de la prise de Jérusalem par Saladin.)
Le 12 juillet, lors un incident frontalier, le Hezbollah libanais capture deux soldats israéliens. Ceux qui connaissent la région affirment qu'il est bien difficile de savoir de quel côté de la frontière est survenu l'accrochage. Israël bombarde le Liban et réagit d'une façon que beaucoup jugent exagérée, là aussi.
Depuis, la position américaine (et canadienne) se borne à répéter qu'Israël a le droit de se défendre et à gagner du temps pour permettre à Israël de poursuivre son offensive. Le président Bush, tout l'appareil politique républicain et la droite médiatique martèlent sans arrêt que c'est la faute à la Syrie et à l'Iran.
Le 30 juillet, Israël annonce le retour de 30 000 réservistes et l'élargissement de son offensive terrestre. La Syrie met ses troupes en état d'alerte. Déjà un premier incident survient sur les Hauteurs du Golan. L'Iran affirme qu'il viendra à la défense de la Syrie si Israël l'attaque. Les troupes iraniennes sont également en état d'alerte.
Le 31 juillet, malgré que l'Iran prévoit donner sa réponse le 22 août à la proposition conjointe des Européens et des Américains et malgré que l'Iran avertit le Conseil de sécurité qu'une résolution contraignante du Conseil peut annuler la réponse du 22 août, le Conseil de sécurité vote quand même la proposition 1696 qui menace l'Iran de sanctions économiques s'il n'arrête pas l'enrichissement de l'uranium le 31 août.
Le 1er août, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad rejette la résolution du Conseil de sécurité et précise que l'Iran maintiendra son programme nuclaire.
On en est là. Plusieurs observateurs écrivent que la réaction "disproportionnée" d'Israël à Gaza et au Liban ne peut s'expliquer que si elle s'inscrit dans un plan d'ensemble visant à une confrontation plus grande avec la Syrie et l'Iran, en partenariat avec les États-Unis. Les bombardements à Gaza et au Liban viseraient entre autres choses à minimiser de façon préventive la réaction de ces "alliés" de l'Iran lors de la confrontation finale.
Certains pensent aussi que les manoeuvres de John Bolton au Conseil de sécurité ont pour but d'isoler l'Iran sur le plan diplomatique tout en préparant le public américain à une intervention musclée contre ce dernier. On se rappelle que la résolution 1441, souvent invoquée par Bush pour envahir l'Irak, ne lui permettait pas non plus formellement d'intervenir sur le plan militaire, mais cela lui a donné un vernis de légitimité.
D'autres remarquent enfin que les tensions militaires au Proche-Orient n'ont pas jusqu'ici jeté le public américain dans les bras sauveurs et sécurisants du Parti républicain, réputé "strong on defense". L'opinion publique américaine semble divisée selon les lignes de parti: les républicains favorisant les bombardements israéliens et les démocrates préférant un cessez-le-feu.
Karl Rove aura besoin d'une action directe de l'armée américaine pour pousser les électeurs du côté républicain lors des élections de mi-mandat en novembre. C'est la seule chose qui lui importe. Et la seule chose qui importe à George W. Bush, c'est ce qui importe à Karl Rove.
Tout est en place à O.K. Corral.
Et Cana, là-dedans? Les cyniques qui dirigent la polique étrangère américaine diront qu'il n'y a pas d'horreur qu'une plus grande horreur ne puisse faire oublier.
Comme beaucoup d'autres, j'observe les positions que prennent les parties impliquées dans le drame du Proche-Orient. On y observe le rituel habituel de la mise en place des grandes confrontations: incidents mineurs, réactions disproportionnées des premiers belligérants, interventions en appui des puissances alliées, et puis "chaotic montage of death".
Au printemps 2006, Seymour Hersh signale que l'armée américaine vient de finaliser ses plans pour une intervention militaire en Iran et que le président Bush est fermement convaincu que l'Iran aura la bombe atomique si on ne l'arrête pas.
Le 6 juin, Les Européens et les Américains offrent à l'Iran une série d'avantages économiques s'il renonce à ses activités d'enrichissement d'uranium. Maintenant toujours sa position que le Traité de non-prolifération nucléaire dont il est signataire lui permet d'enrichir de l'uranium à des fins pacifiques, l'Iran ne dit quand même pas non à la proposition et signale qu'il va y réfléchir.
Le 25 juin, le soldat Shalit est enlevé. Israël bombarde les infrastuctures de la bande de Gaza et intervient au sol. À la réunion du Conseil de sécurité convoquée sur le sujet, le représentant palestinien affirme que l'opération israélienne a été planifiée avant l'enlèvement du soldat Shalit. John Bolton accuse les Syriens d'être à l'origine du terrorisme dans la région.
Le 12 juillet, Les Européens et les Américains conviennent de porter la question de l'enrichissement de l'uranium en Iran au Conseil de sécurité si l'Iran ne répond pas à leur proposition d'offrir des avantages économiques en retour. L'Iran indique qu'il donnera sa réponse le 22 août. (N.B. Le 22 août est le jour anniversaire de la prise de Jérusalem par Saladin.)
Le 12 juillet, lors un incident frontalier, le Hezbollah libanais capture deux soldats israéliens. Ceux qui connaissent la région affirment qu'il est bien difficile de savoir de quel côté de la frontière est survenu l'accrochage. Israël bombarde le Liban et réagit d'une façon que beaucoup jugent exagérée, là aussi.
Depuis, la position américaine (et canadienne) se borne à répéter qu'Israël a le droit de se défendre et à gagner du temps pour permettre à Israël de poursuivre son offensive. Le président Bush, tout l'appareil politique républicain et la droite médiatique martèlent sans arrêt que c'est la faute à la Syrie et à l'Iran.
Le 30 juillet, Israël annonce le retour de 30 000 réservistes et l'élargissement de son offensive terrestre. La Syrie met ses troupes en état d'alerte. Déjà un premier incident survient sur les Hauteurs du Golan. L'Iran affirme qu'il viendra à la défense de la Syrie si Israël l'attaque. Les troupes iraniennes sont également en état d'alerte.
Le 31 juillet, malgré que l'Iran prévoit donner sa réponse le 22 août à la proposition conjointe des Européens et des Américains et malgré que l'Iran avertit le Conseil de sécurité qu'une résolution contraignante du Conseil peut annuler la réponse du 22 août, le Conseil de sécurité vote quand même la proposition 1696 qui menace l'Iran de sanctions économiques s'il n'arrête pas l'enrichissement de l'uranium le 31 août.
Le 1er août, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad rejette la résolution du Conseil de sécurité et précise que l'Iran maintiendra son programme nuclaire.
On en est là. Plusieurs observateurs écrivent que la réaction "disproportionnée" d'Israël à Gaza et au Liban ne peut s'expliquer que si elle s'inscrit dans un plan d'ensemble visant à une confrontation plus grande avec la Syrie et l'Iran, en partenariat avec les États-Unis. Les bombardements à Gaza et au Liban viseraient entre autres choses à minimiser de façon préventive la réaction de ces "alliés" de l'Iran lors de la confrontation finale.
Certains pensent aussi que les manoeuvres de John Bolton au Conseil de sécurité ont pour but d'isoler l'Iran sur le plan diplomatique tout en préparant le public américain à une intervention musclée contre ce dernier. On se rappelle que la résolution 1441, souvent invoquée par Bush pour envahir l'Irak, ne lui permettait pas non plus formellement d'intervenir sur le plan militaire, mais cela lui a donné un vernis de légitimité.
D'autres remarquent enfin que les tensions militaires au Proche-Orient n'ont pas jusqu'ici jeté le public américain dans les bras sauveurs et sécurisants du Parti républicain, réputé "strong on defense". L'opinion publique américaine semble divisée selon les lignes de parti: les républicains favorisant les bombardements israéliens et les démocrates préférant un cessez-le-feu.
Karl Rove aura besoin d'une action directe de l'armée américaine pour pousser les électeurs du côté républicain lors des élections de mi-mandat en novembre. C'est la seule chose qui lui importe. Et la seule chose qui importe à George W. Bush, c'est ce qui importe à Karl Rove.
Tout est en place à O.K. Corral.
Et Cana, là-dedans? Les cyniques qui dirigent la polique étrangère américaine diront qu'il n'y a pas d'horreur qu'une plus grande horreur ne puisse faire oublier.
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