dimanche 30 avril 2006

Comme de longs échos...


Le Kosovo, officiellement encore une province de la République de Serbie, est depuis 1999 un protectorat provisoire des Nations-Unies. Alors que le Monténégro voisin votera le 21 mai prochain à un référendum sur son indépendance, le statut du Kosovo se discute entre la Serbie et les organismes internationaux impliqués.

Il y a de quoi. Les 2,1 millions de Kosovars, dont 88 % sont des albanais musulmans, ont reçu entre 1999 et 2003 des dons de près de 2 milliards d'euros, plus des remises annuelles de 550 millions d'euros. Malgré cela, le PNB par habitant en 2003 était de 790 $US, gonflé à 1 170 $US de l'argent envoyé aux familles par les expatriés travaillant à l'étranger. Le taux de chômage tourne autour des 50 %.

Il y aurait au Kosovo des partisans de l'indépendance. Il doit certainement exister des raisons politiques et culturelles très fortes pour en discuter, parce que la viabilité économique du nouvel état n'est pas évidente. Le ministre des Affaires étrangères serbe, Vuk Draskovic, déclarait récemment que "Les plans d'indépendance pour le Kosovo sont très dangereux".

Dans une entrevue accordée au journal Le Figaro, Vuk Drascovic précisait 3 points:
° il faut protéger la minorité de 150 000 Serbes vivant encore au Kosovo, leurs églises et leurs monastères;
° les frontières serbes garanties par la charte de l'ONU sont inviolables, encore plus que celles d'une province;
° le Kosovo pourra jouir d'une grande autonomie et devenir membre de toutes les organisations internationales, comme le FMI ou la Banque mondiale, à l'exeption de l'ONU et de l'OTAN, ces dernières impliquant une souveraineté étatique.

C'est ce que je lisais sur le site du journal Le Figaro mais j'entendais dans ma tête:
° qu'adviendra-t-il de la minorité de 600 000 anglophones vivant au Québec et de leurs institutions?
° si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi;
° l'UNESCO ? pas de problème, à la condition de bien se concerter avec le ministère des Affaires étrangères.

Un neurone s'est mis à s'agiter, me rappelant les Correspondances de Baudelaire:

"Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit"... et la rigidité,
Les marchands de peur et de crainte se répondent.

samedi 29 avril 2006

La loi du plus fort

Je parlais ici de la difficulté des brins d'herbe à vivre à l'ombre des grands arbres. Je songeais à la loi de la jungle qui règne dans les inoffensifs parcs urbains que nous trouvons si reposants. La loi du plus fort et la lutte pour la survie nous y sont offerts en spectacle permanent. Le promeneur solitaire déambule et "voit que cela est bon". Gen 1:25

J'imaginais aussi un dieu survolant notre belle planète bleue. Il faut avouer qu'elle est magnifique, si on la compare à Mars, et même à Vénus. Il la survole et il se dit lui aussi que "cela est bon". Pourtant, la loi du plus fort et la lutte pour la survie lui sont offerts à lui aussi en spectacle permanent par les humains qui la peuplent.

Depuis longtemps les optimistes avancent l'idée que le rire est le propre de l'homme. Maintenant, les pessimistes rétorquent que non, c'est la haine qui est le propre de l'homme. Les lions ne détestent pas les antilopes, ils ont faim, tout simplement.

Dans leurs beaux jours, les humains ont imaginé des façons de remplacer la force par le droit. Je ne ferai pas l'historique des droits individuels ni du droit international, c'est trop long et je n'en sais pas assez pour le faire. Mais je remarque que le droit international recule plus qu'il n'avance ces dernières années.

Il est ironique de constater que le président Woodrow Wilson se soit fait le principal propagandiste de la Société des nations en 1919, pour voir ensuite le Sénat américain refuser d'en faire partie en 1920. Les États-Unis n'en seront jamais membre.

De même, le président Roosevelt, dès 1943, a mis sur pied l'organisation à l'origine de la formation de l'ONU en 1946. Mais l'Amérique profonde déteste encore l'ONU, surtout les Red States, et il ne sera pas fait grief aux administrations américaines d'écorcher le droit international quand ses intérêts le commandent.

C'est ainsi que le Canada s'est retrouvé devant l'absurdité de négocier les sentences de l'ALENA et de l'OMC sur le bois d'oeuvre. C'est ce que l'on pouvait faire de mieux dans les circonstances.

Remarquez, cela ne doit pas être drôle tous les jours d'être Népalais à Katmandou, ou Tchéchène à Groznyï. Pas plus qu'être brin d'herbe à Laval.

vendredi 28 avril 2006

Jour de bonheur, prise 5



Il y a des jours où le jardinage, le soleil et le hockey, c'est trop pour un seul homme !

Nos salutations aux lecteurs de Vigile.

jeudi 27 avril 2006

Une promenade dans le parc !

Je suis allé me promener dans un parc près de chez nous, cet après-midi. Le calme de l'endroit et la beauté majestueuse des grands arbres qui montraient leurs premières feuilles toutes pâles me transmettaient un sentiment d'apaisement et de plénitude.

La nature s'y retrouvait au même stade d'éveil qu'à Central Park, il y a deux semaines, sauf qu'aucun vieux millionnaire n'y faisait son jogging. Seule, une dame agée y promenait son petit chien.

À mes pieds, la rivière gonflée coulait lentement. Je regardais des canards jouer dans l'eau pendant qu'un écureuil m'épiait furtivement. Plus loin, les saules pleureurs dessinaient des taches plus persistantes de vert à travers les érables et les bouleaux. Quand soudain...

Je passai sans le savoir près d'un nid de carouges à épaulettes. Les oiseaux se sont mis à piailler et à voler dans tous les sens pour finalement se sauver au loin. Leur mémoire ancestrale héréditaire leur rappelait que j'étais un danger et qu'il fallait me dissuader d'approcher du nid. Leur fuite avait probablement pour but de m'attirer à leur poursuite, loin du nid.

Prédateur, moi ?

J'apprends aujourd'hui que les mâchoires ont été inventées il y a 430 millions d'années, et j'ai bien deux mâchoires comme tous les mammifères prédateurs. Je dois être un prédateur.

Puis, tout le parc, oasis de calme, est devenu un féroce champ de bataille. Le moindre brin d'herbe doit compétitionner avec des arbres géants pour sa ration d'eau. Malheur aux espèces de graminées qui ne se seraient pas adapté à la vie ombragée que leur réserve ces géants. Les pauvres fougères désespérément assoiffées qui s'installeront trop près de la rivière pour s'exposer aux vents et au soleil dépériront inexorablement.

Les canards ne batifolaient que pour me tromper, dévorant à plein bec de pauvres alevins qui cherchaient seulement à se réchauffer aux pâles rayons du soleil. L'écureuil ne m'épiait pas, il me surveillait, prêt à déguerpir à la moindre menace...

La nature, c'est une vraie jungle !Je me promenais au beau milieu de cette bataille pour la survie, et je n'y voyais que calme et sérénité.

Parfois j'imagine un dieu qui, survolant la planète Terre, oublieux de l'Irak, de l'Afghanistan et de l'Iran, s'écrierait:"Quelle belle planète bleue! Et ces humains, ils sont déjà sept milliards. Quelle vitalité, quelle créativité!"

mercredi 26 avril 2006

Encore l'Afghanistan


Nous avons enfin eu droit à un texte honnête et lucide sur le positionnement du Canada en Afghanistan: celui d'Yves Boisvert dans La Presse de ce matin. Et le fait que je ne partage pas son point de vue sur la position du Canada n'enlève rien au respect que je porte à ce texte et à son auteur.

"Si on commençait par dire la vérité, peut-être que ça ferait plus mal, mais on se comprendrait mieux.
Va-t-on installer la "civilisation" et la "démocratie" en Afghanistan?
Ben voyons donc. On s'en va tuer des talibans."

Le chroniqueur explique ensuite, correctement, les débuts de notre intervention militaire. Il place les pacifistes de principe en face de leurs contradictions, puis il revient au problème concret qui se pose aujourd'hui:

"D'autres étaient en faveur de l'intervention en Afghanistan (allô Pierre). Mais cinq ans plus tard, ils se demandent ce qu'on fait là.
On continue, mon vieux.
Quelle est la solution ? Partir ? Laisser les talibans reprendre le pouvoir..."

Les forces internationales ne contrôlent déjà plus l'Afghanistan profond, mais seulement certains quartiers de Kaboul et Kandahar. Les talibans ont déjà tout le loisir d'y installer les camps d'entraînement qu'ils veulent. Mais ils n'en ont pas besoin, ils ont déjà l'Irak et l'ouest du Pakistan.

Les Afghans ont très peu de tolérance à la présence des étrangers sur leur territoire et encore moins à la présence de militaires étrangers. Y rester physiquement, c'est faciliter le recrutement des forces talibanes, comme la lumière sur la galerie attire les papillons de nuit par les soirs d'été. L'Akrasie en direct a déniché un bon article sur le retour des talibans.

Voilà le problème. Notre situation, et celle de l'OTAN, correspond parfaitement à une situation d'enlisement. Dans les sables mouvants, plus vous vous débattez, plus vous vous enlisez. Comme les Américains au Vietnam et les Russes en Afghanistan. Plus vous laissez passer des occasions d'en sortir, plus le retrait final sera douloureux.

Que faire ?

Il faut bien, d'une part, dire quelque chose si on ne veut pas être catalogué de pacifiste primaire, surtout quand on ne se voit pas comme cela. Il est par contre ridicule de prétendre avoir la solution à un des problèmes les plus épineux qui se pose à la communauté internationale. Mais, après tout, mon statut de citoyen ordinaire m'autorise jusqu'à un certain point à dire ce que j'en pense, à la condition de ne pas oublier la citation de Sacha Guitry en exergue du blogue.

Je crois que l'action de la communauté internationale devrait s'articuler autour de deux volets: retrait physique des forces militaires et présence active des organismes de finacement.

Sur le retrait militaire, il faut établir un consensus avec les autres membres de la force internationale, négocier un calendrier de retrait graduel avec le gouvernement Karzaï et mettre le plan en action.

Sur le financement international, il faut continuer d'alimenter Karzaï car cet argent est le seul élément qui permet au gouvernement afghan de maintenir une certaine cohésion avec les chefs de guerre, lesquels sont le seul rempart efficace contre l'expansion des talibans, tel le commandant Ahmed Shah Massoud, à l'époque.

Il faut tenter l'afghanisation de l'Afghanistan, pendant qu'on le peut encore.

"Espèce d'anti-américain primaire !"


Jorge G. Castaneda, un ancien ministre des Affaires étrangères du Mexique, décrit dans Foreign Affairs la montée des gouvernements de gauche en Amérique latine. Chávez au Venezuela, Lula au Brésil, Kirchner en Argentine, Vázquez en Uruguay, Morales en Bolivie et Bachelet au Chili ont frappé le continent comme un véritable tsunami.

Castaneda explique le plus sérieusement du monde qu'un des facteurs ayant favorisé la montée de la gauche est la disparition de l'URSS. L'argument traditionnel qu'un gouvernement de gauche en Amérique latine constituait une "tête de pont soviétique" sur le continent ne pouvait plus jouer. En somme, on ne pouvait plus traiter les socialistes de vilains communistes:

"Left-wing governments would no longer have to choose between the United States and the Soviet Union, because the latter had simply disappeared."

Il semble qu'il n'y ait pas qu'en Amérique latine qu'il faille renouveler le stock d'injures rendues obsolètes par la disparition de l'URSS. Une des injures les plus populaires, mises de l'avant par plusieurs commentateurs du journal La Presse est "anti-américain primaire". On l'utilise généralement pour stigmatiser les opposants, ce qui aide à masquer la faiblesse des arguments que l'on avance.

Ainsi, Lysiane Gagnon, dans sa chronique "Les larmes et la logique" du 25 avril 2006, écrit ceci:"Les tenants du retrait immédiat, aveuglés par leur antiaméricainisme (sic) primaire, confondent l'intervention en Afghanistan avec la désastreuse offensive en Irak, et semblent croire que le Canada est en Afghanistan pour faire plaisir aux États-Unis."

Il y a bien sûr plein de raisons se situant dans le droit fil de la logique pour effectuer un retrait graduel de l'Afghanistan. Elles ont été discutées amplement dans ce blogue et mon propos n'est pas d'y revenir. Je voulais simplement signaler la montée en popularité du terme "anti-américanisme primaire", coïncidant par ailleurs avec l'arrivée du gouvernement Harper.

Je ne prévois cependant pas un grand avenir à cette façon d’injurier l’adversaire. Cela ne se dit pas aisément. À quelqu’un qui propose d’augmenter les frais d’immatriculation sur les VUS, vous pouvez toujours crier, de façon hargneuse : "Maudit communisse !" Mais essayez pour voir, en fronçant les sourcils et en regardant bien dans les yeux votre adversaire, essayez, mais sans rire, de vous écrier : "Espèce d’anti-américain primaire !"

mardi 25 avril 2006

La vraie raison du déclin de Bush

Le taux de popularité du président Bush est au plus bas selon un sondage commandité par CNN. Seulement 32 % des Américains approuvent le travail du président, contre 60 % qui le désapprouvent. Les autres 8 % n'avaient pas compris la question.

On se dit que le public a fini par comprendre la stupidité de la guerre en Irak. Pas du tout. L'incurie de l'administration Bush après l'ouragan Katrina? Loin de là. Les violations délibérées et répétées de la Constitution américaine? Vous n'y êtes pas. La menace d'utiliser de façon préventive l'arme nucléaire contre un pays souverain? Nenni. Le recours à la torture contre des prisonniers de guerre? Ce qu'ils s'en foutent. L'abolition unilatérale de traités internationaux? Pfffff. Les déficits budgétaires astronomiques? Les enfants paieront pour ça. Le déficit de la balance des paiements menace le dollar? Et après? Le travail inlassable des columnists et des bloggeurs de gauche a fini par percoler dans la psyché des Américains? Tu parles!

Non. C'est le professeur Pollkatz qui en a fait la découverte: de janvier 2001 à nos jours, l'index de la popularité du président Bush est de façon hallucinante inversement proportionnel à l'index des prix de l'essence.

Je ne vous dis pas l'éclat de rire homérique, non, ce n'est pas assez, l'éclat de rire languirandesque qui m'a secoué quand j'ai vu ce graphique.

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Via Billmon.

Résilience

« La résilience caractérise la résistance aux chocs. En anglais, c’est beaucoup plus clair : " Resilient : recovering strength, spirit, good humor, tending to recover or adjust easily to misfortune or change ". (…)

Qu’est-ce qui fait que certains sont résilients alors que d’autres, à l’autre bout du spectre, souffrent de " victimite "?»
Jacques Languirand

Utilisé dans ce sens-là, le terme "résilience" est assez récent, en français. Il a été popularisé surtout par l’éthologiste Boris Cyrulnik. Nos parents disaient: "Il est capable d'en prendre, il va rebondir." Mais il est plus simple et plus élégant de dire:"Il est résilient."

Dans son émission du 23 février 1999, Languirand faisait un lien intéressant entre mégalomanie et "victimite", ce besoin de poser en victime:

«" Je souffre, donc je vaux. " Cette soif de persécution qui est une envie perverse de se distinguer, de sortir de l’anonymat et, à l’abri de cette forteresse d’affliction, d’en imposer à ses semblables. Un bon slogan pour tous ceux qui se font valoir par la souffrance.»

Les gens résilients n'ont pas besoin de monopoliser un biographe, un empire médiatique, l'appareil policier, le système judiciaire, les services correctionnels et le réseau scolaire pour surmonter leurs épreuves. Quelqu'un qui réussirait cet exploit serait la victime absolue et une oeuvre de fiction racontant une telle odyssée serait jugée absolument invraisemblable.

D'autres chercheurs pensent qu'on peut utiliser le terme "résilience" pour caractériser des sociétés. Ainsi, on peut se demander si la société américaine est résiliente, elle qui ne s'est pas encore remise de la peur des "naïnewonwon". Depuis, elle bombarde partout pour calmer ses angoisses.

L'Europe a connu des "naïnewonwon" bien plus fréquents que l'Amérique pendant les années '70 et n'a pas perdu les pédales pour autant. Mais c'est vrai qu'elle avait déjà connu la guerre. L'Europe est plus résiliente que l'Amérique.

Avec le retour prématuré de certains de ses soldats en provenance de l'Afghanistan, le Canada s'est mis à discuter de cette mission de paix et de reconstruction. Personne n'a parlé du réalisme ou de la faisabilité de la chose. La sagesse conventionnelle des commentateurs a établi que le maintien de cette mission relève plus de la résilience du Canada, ou si on veut, de la "mental toughness", ou encore, de la "dureté du mental". Tout va dépendre du nombre de "body bags" qu'on sera capable de comptabiliser sans broncher, disent-ils.

Aussi bien tenter de démolir un mur de briques en frappant à coups de tête. Le dernier à arrêter d'essayer sera le plus résilient. Mais le premier qui arrêtera sera le plus intelligent.

lundi 24 avril 2006

Données brutes

Comment mesurer la charge émotive des données brutes?

Québec
Population totale: 7 510 000

Francophones: 6 233 000 (83 %)
Anglophones: 590 000 ( 8 %)
Immigrants: 600 000 ( 8 %)
Autochtones: 83 000 ( 1 %)
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Israël
Population totale: 6 352 000

Juifs: 5 088 000 ( 80 %)
Arabes: 1 264 000 ( 20 %)
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Île d'Irlande
Population totale: 5 603 000

Irlande: 3 917 000 ( 70 %)
Irlande du Nord: 1 685 000 ( 30 %)
---------Protestants: 775 000 ( 46 %)
---------Catholiques: 674 000 ( 40 %)
---------Sans religion: 236 000 ( 14 %)

dimanche 23 avril 2006

Règlementation 1, dérèglementation 0

Le hockey, quel jeu spectaculaire ! Hier soir, j'ai regardé une partie de hockey au complet, avec l'intention ferme de regarder une partie de hockey au complet. Je voulais voir ce que cela donnait, le nouveau hockey tant vanté par les journalistes sportifs. C'est très excitant. Et en plus, le petit Canadien a planté les fameux Hurricanes 6 à 1 !

Depuis longtemps j'avais délaissé le hockey. Parfois je regardais un 5 minutes par çi, parfois un 10 minutes par là. Je me souviens même d'avoir regardé une période au complet pendant un party de famille particulièrement lourd et pénible. Finalement, j'étais surtout amateur des séquences de buts spectaculaires préparées par RDS.

Pour tout dire, la dernière partie de hockey que je me souviens d'avoir regardé au complet remonte à la série Canada-URSS, quand toutes affaires cessantes au boulot, quelqu'un ayant trouvé une vieille télé, nous avions exulté sur le but vainqueur de Henderson au beau milieu d'un après-midi de semaine.

Pendant la partie d'hier, ma compagne m'a fait remarquer les longues séquences de jeu où attaques et contre-attaques furieuses se succédaient sans relâche, alimentées par des changements de lignes rapides. Aucun autre sport n'offre ce spectacle. Même pas le soccer où pourtant le jeu est continu: les capacités aérobiques des onze joueurs sur le terrain, phénoménales par ailleurs, ont des limites. Quant au baseball et au football, on n'en parle pas, c'est toujours arrêté, pour de brèves explosions d'action.

J'ai bien lu les excuses de Jean-François Bégin à l'endroit de Bettman dans La Presse. J'attends encore celle des autres journalistes sportifs, les "purs et durs" de la "loi de l'offre et de la demande". Si Jagr peut obtenir 15 millions par année, c'est son affaire... Si c'est trop cher, les propriétaires n'ont qu'à refuser... Si les Rangers ont le marché pour se payer une masse salariale de 70 millions, c'est tant mieux pour eux... Si les clubs de Québec et de Winnipeg ne peuvent pas suivre le rythme des autres villes, qu'ils disparaissent, tant pis pour eux... Ce n'est pas parce qu'un club a beaucoup de fric qu'il gagne automatiquent la coupe Stanley...

Le capitalisme sauvage porte en lui les germes de sa destruction. La LNH s'en allait au diable. Karl Marx l'avait d'ailleurs prédit. Ce que Marx n'avait pas prévu, c'est que le capitalisme pouvait s'autoréguler, survivre et prospérer.

Paraphrasant Churchill, on pourrait dire: “Capitalism is the worst form of economic system except for all those others that have been tried."

samedi 22 avril 2006

Soirée africaine

Je viens de voir L'interprète de Sydney Pollack. Le film raconte la tentative d'assassinat d'un dictateur africain responsable d'un génocide dans son pays. On y voir des corps alignés à la suite de tueries. Nicole Kidman, qui joue le rôle d'une Africaine blanche, raconte au policier Sean Penn comment certaines tribus y traitent les meurtriers.

On attache le meurtrier et on l'amène à la rivière. On demande à la famille de celui qui a été tué d'y être présent. On lance le meurtrier à l'eau. La famille a le choix de le repêcher ou de le laisser couler. Si elle le laisse couler, elle aura obtenu justice mais elle ne pourra pas faire le deuil de l'être aimé. Si elle le repêche, c'est que la famille aura compris que le meurtrier avait lui aussi ses problèmes et elle pourra faire le deuil de celui qu'elle a perdu.

J'ai pensé aux familles de Daveluyville, pour qui le deuil passe par le pardon.

Après le film, j'ai regardé la fin du reportage de Zone libre sur "Le mystère Corneille", traitant finalement lui aussi d'un génocide africain, celui du Rwanda. Encore d'autres scènes atroces de corps mutilés et alignés le long des routes. Comment comprendre ? Est-il possible de tuer tant de gens, 800 000 personnes, à la machette, en trois mois ?

J' ai eu connaissance d'un livre qui traitait du sujet, via Echo-Actu. Jean Hatzfeld est allé voir les tueurs et a su les écouter. Je vous livre quelques témoignages tirés de son livre Une saison de machettes par un site internet:

"Qu'est-ce qu'un génocide ? À en croire les dix tueurs qui parlent dans ces pages, la réponse est simple : un travail. Ils disent tous : «le boulot». Un boulot qualifié tour à tour de «salissant», d'«agité», mais un boulot. Un boulot avec des horaires : le matin, vers neuf heures, tous les hommes se rassemblent sur le terrain de football, puis ils descendent dans les marais traquer et tuer à la machette tous les Tutsis, hommes, femmes et enfants, qui y sont terrés, «jusqu'au sifflet de fin de travail».

Un boulot avec une hiérarchie : les miliciens hutus, les interahamwe, qu'ils appellent leurs «encadreurs», et qui assurent la formation : «Ils étaient plus habiles, ils étaient plus imperturbables, explique Pancrace Hakizamungili. Ils se montraient plus spécialisés. Ils donnaient des conseils sur les chemins à prendre et les techniques de coups. Ils passaient à côté de nous et criaient : "Fais comme moi, si tu te sens cafouilleux, demande de l'aide." Ils profitaient de leur temps libre pour initier ceux qui ne se montraient pas à l'aise avec ce travail de tuerie.»

Les «encadreurs» attribuent aussi «des compliments ou des réprimandes» : «Le puni devait reprendre le boulot jusqu'à la fin. Le pire était d'être obligé de le faire devant ses propres collègues», précise Fulgence Bunani. Pour manquer le travail, il faut une bonne excuse : «Si tu étais souffrant», «si tu demandais ta journée», «tu devais fermement t'expliquer». «Tu n'étais pas d'humeur travailleuse, tu devais y aller», renchérit Alphonse Hitiyaremye. Ou alors, il fallait «remplacer la tuerie par d'autres utilités», comme la préparation des repas.

Un boulot avec des «collègues», parmi lesquels les inévitables tire-au-flanc : ceux qui «salopaient le boulot», ou «qui cognaient vite, pour terminer le programme et pour rentrer plus tôt, à cause d'une autre activité» (Ignace Rukiramacumu) ; ou encore celui qui «baissait sa machette» parce qu'il se retrouvait soudain en face d'une connaissance tutsie, et qui ainsi «gâchait la bonne volonté de ses collègues» en «retardant le boulot» (Elie Mizinge). Un boulot avec des heures supplémentaires : «On devait faire vite, on n'avait pas droit aux congés, surtout pas les dimanches, on devait terminer», dit Elie.

Et Ignace raconte : «Un soir des premiers rudiments, on rentrait tard. On avait passé la journée à courir derrière les fuyards. On était fatigués. Mais chemin faisant du retour, on a déniché encore un groupe de filles et de garçons. On les a poussés comme prisonniers chez le conseiller. Il a ordonné qu'ils soient tranchés sur-le-champ dans la nuit. Personne n'a rouspété malgré la lassitude d'une échinante journée.»

Après le labeur, vient enfin le moment du repos et du loisir, en famille ou entre amis : «Le soir après les tueries, les retrouvailles nous proposaient de la joyeuseté, le temps nous accordait de l'amitié.. On se racontait notre journée, on partageait les boissons, on mangeait», se souvient Elie. Alphonse : «On conversait de notre bonne fortune, on savonnait nos salissures de sang dans la cuvette, on se réjouissait les narines devant les marmites. (…) On se chauffait la nuit sur nos épouses et on sermonnait les enfants turbulents.»

Il précise encore : «On dormait confortablement grâce à la bonne alimentation et la fatigue de la journée.» Grâce à ce travail providentiel et abondant, le pays lutte efficacement contre l'exclusion et frise le plein emploi : «Il y a même des vagabonds qui abandonnaient leur vagabondage. Leurs bras se montraient soudainement tout aussi capables que d'autres. Ils devenaient riches avant de savoir le faire.»

Spontanément, ces hommes évaluent les avantages et les inconvénients de leur «nouveau boulot» à l'aune de celui auquel il s'est substitué : le travail aux champs. Vers 15 heures, ils cessent de pourchasser les fuyards pour se consacrer aux pillages, ce qui fait dire à Léopord Twagirayesu que «tuer était moins échinant que cultiver», tandis que pour Alphonse, au contraire, «cette période de tueries était plus éreintante que la période de la houe» : «Plus que tout, ça nous manquait de rentrer manger à midi.»

Tous tombent d'accord sur un point : les tueries pouvaient bien être «assoiffantes, éreintantes et souvent dégoûtantes», elles étaient, grâce aux pillages, «plus fructifiantes que les cultures» : «Les femmes étaient satisfaites de tout ce que ça rapportait» (Ignace). Adalbert Munzigura a ce raisonnement imparable: «L'agriculture, rien ne sert de l'accélérer, elle a ses saisons. Les tueries au contraire, elles se plient à nos caprices. Tu veux plus, tu cognes plus, tu saignes plus, tu prends plus.»

Le soir, ce sont des beuveries et des festins au milieu du butin accumulé ; les villageois font bombance en rôtissant les vaches des éleveurs tutsis assassinés. Les témoins racontent le vacarme des transistors que l'on fait marcher tous en même temps, les femmes qui changent de toilette plusieurs fois au cours de la soirée… «C'était plus bruyant que des mariages», commente amèrement Clémentine Murebwayre, Hutue mariée à un Tutsi. «Il se disait, rapporte Alphonse, que c'était une saison chanceuse et qu'il n'y en aurait pas deux.» Il ajoute ailleurs : «La saison des tueries se finissait. (…)

On savait que pour la saison prochaine, on devrait reprendre les machettes pour d'autres boulots plus traditionnels.» L'instrument utilisé est en effet le même pour les massacres et pour les cultures. «Le fer, quand tu t'en sers pour couper la branche, l'animal ou l'homme, il ne dit pas son mot», fait valoir Elie. Et Léopord : «Pour celui qui est habile au maniement d'un outil, c'est facile de l'utiliser pour toutes les activités ; tailler les plantations ou tuer dans les marais.»"
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Le texte cité est un extrait de "Corvées de sang" par Mona Chollet

vendredi 21 avril 2006

"Cet amer plaisir-là, vitupérer l'époque"

Hier soir, je lisais un texte magnifique de Chris Floyd sur l'attaque éventuelle de l'Iran par un ogive nucléaire américaine. La chronique est dense, concise, factuelle mais avec un sens du lyrisme et de l'intensité dramatique que peu sont capables d'atteindre. Je ne vois que Billmon qui puisse égaler la puissance de son verbe, quoique qu'il le fasse sur un mode plus ironique.

Je faisais donc ma tournée habituelle de la blogosphère. Je croyais ne pas pouvoir un jour me rassasier des épithètes qu'on attribue à George W. Bush, mais j'y étais presque. L'écran est devenu une soupe à l'alphabet, jamais pareille d'une minute à l'autre, mais toujours pareille à elle-même.

Il se dégage finalement de la blogosphère de droite une telle mauvaise foi, et de la blogosphère de gauche un tel sentiment d'impuissance, que leur fréquentation assidue finit par être lourde à porter.

La fin du monde est proche ? Et alors ! Sortons dehors, le soleil est magnifique. Profitons des derniers jours où le soleil peut aisément traverser la couche nuageuse sans être obscurci par des débris radioactifs en provenace d'Iran. Laissons libre cours à ces poussées hormonales printanières qui donnent le goût de chanter et de danser.

Au diable "cet amer plaisir-là, vitupérer l'époque". (Aragon)

jeudi 20 avril 2006

Réflexions sur l'Iran

Où en sommes-nous ?

° Bush affirme que les articles de la presse mentionnant un bombardement nucléaire de l'Iran sont des spéculations extravagantes. Une semaine après, il confirme que toutes les options militaires sont sur la table.

° Blair est d'avis que ce n'est pas le temps d'envoyer aux Iraniens un message de faiblesse, tandis que son ministre des Affaires étrangères pense qu'un bombardement de l'Iran par la Grande-Bretagne serait illégal. Une majorité de députés du Labour penche pour le ministre Straw.

° La France comprend l'argument de Blair mais lui demande de faire pression sur Bush pour cesser de traiter l'Iran en "État voyou" et d'engager un vrai dialogue avec les Iraniens.

° Les Républicains au Congrès ont peur de perdre leurs sièges et ne savent trop quelle position prendre.

° Les Démocrates au Congrès espèrent gagner de nouveaux sièges et ne savent trop quelle position prendre. Certains d'entre eux craignent encore d'être considérés comme "soft on defense" et envisagent d'appuyer des frappes en Iran.

° Ni les Républicains ni les Démocrates ne font consensus sur le fait que Bush ait déjà l'autorisation de frapper l'Iran.

° Harper appuie sans réserve les efforts de Bush pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

° L'Iran maintient toujours qu'il n'a pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire et qu'il a le droit de se bâtir des centrales nucléaires.

° Le magazine de gauche américain Mother Jones lance une pétition "Don't Nuke Iran". Des bloggers lui reprochent de tenir implicitement pour acquis que l'Iran sera attaqué par des bombes conventionnelles.

° Sam Gardiner, un colonel de l'aviation à la retraite, pense que les opérations militaires sont déjà commencées.

Quatre scénarios tirés du site Whiskey Bar ici et .

° Les États-Unis bluffent l'Iran avec la bombe nucléaire en disant que Bush est assez fou pour l'utiliser ( the madman theory I ). L'Iran rentre dans le rang. Il y a très peu d'exemples historiques où cette stratégie a fonctionné.

° Les États-Unis bluffent l'Iran avec la bombe nucléaire en disant que Bush est assez fou pour l'utiliser. L'Iran réplique que Mahmoud Ahmadinejad est lui aussi assez fou pour résister, et même contre-attaquer ( the madman theory II ). Alors, n'importe quelle étincelle peut mettre le feu aux poudres.

° On menace de la bombe nucléaire, mais on n'utilise que des bombes conventionnelles. Tout le monde est soulagé et en vient presque à trouver normal cet acte d'agression.

° Le scénario "quitte ou double": Bush sait qu'il a pratiquement perdu la guerre en Irak et que l'Iran shiite contrôlera à toute fins pratiques un Irak à majorité shiite. La façon de reprendre le contrôle de la situation est d'envahir l'Iran pour dominer les deux pays.

Ce que j'en pense ?

° Le concept même de guerre préventive est une horreur, car il fait trembler les institutions internationales sur leurs bases. Ces institutions sont notre seul recours contre l'arbitraire des grandes puissances militaires.

° Une guerre préventive utilisant l'arme nucléaire est l'horreur absolue. Le chef d'état et la nation qui procéderont à cette "première mondiale" se couvriront d'infamie jusque dans la nuit des temps.

mercredi 19 avril 2006

Le syndrome d'Oka

Le syndrome d'Oka est propre à l'Armée canadienne, mais il est récurrent. On peut le décrire comme un ensemble de comportements qui amènent cette dernière à définir elle-même ses mandats de façon à ce que les "méchants" ne tirent pas sur elle.

C'est ainsi que, pendant la crise d'Oka, on a vu l'Armée canadienne négocier longuement avec des trafiquants de drogue armés d'AK-47 et tenant 3 millions de personnes en otages, pour finalement les laisser retourner idemmes et toujours armés dans leurs territoires protégés.

Le syndrome d'Oka a généralement pour effet de jeter de la confusion dans l'esprit des populations qui, en payant leurs salaires, s'imaginent avoir un mot à dire sur les mandats qui devraient les occuper.

Un journaliste de CanWest News Service, Richard Foot, s'est rendu en Afghanistan pour s'en retrouver tout ébaubi. C'est que le brigadier-général David Fraser, commandant des forces de la coalition dans le sud de L'Afghanistan, lui a confirmé de façon vigoureuse que le mandat de l'Armée canadienne ne consiste pas à éliminer la culture du pavot dans le pays, ce qui ne l'empêche pas d'être favorable aux efforts du gouvernement Karzaï, d'ailleurs généreusement financés en partie par le Canada, pour éliminer la culture du pavot dans le pays.

Il faut comprendre que le pauvre paysan n'a que le pavot pour faire vivre sa famille. Là, il n'est que complice des trafiquants et on n'a pas besoin de le tuer, puisque ce n'est pas dans le mandat de l'Armée. Mais si on détruit son champ de pavot, il va se révolter et devenir un terroriste qui va tirer sur l'Armée canadienne. Et là, on va être obligé de le tuer, parce que c'est le mandat de l'Armée canadienne de tuer les terroristes. Vous avez compris ?

Alors on ne touche pas aux champs de pavot qui sont en train d'intoxiquer toute l'Europe et qui, de l'aveu même du brigadier-général, vont détruire ce pays. On développe une relation de confiance avec les trafiquants, pardon, les indigènes, excusez, les communautés locales. Et cela va très bien. C'est au point où les cultivateurs de pavot ont demandé à l'Armée canadienne de les protéger contre le gouvernement Karzaï pour empêcher la destruction de leurs champs !

Tout comme ici, le syndrome d'Oka crée de la confusion dans la population en Afghanistan:

"From the people's point of view, it's hard for them to discern between one group that's doing poppy eradication and another group that's here to support Afghans and deal with the terrorist threat. They don't see the distinction, and it's the job of every soldier on the ground, every day, to make sure he explains it to them."

Ils sont bien chanceux, les Afghans. On n'a pas eu droit à tant d'explications en 1990.

Dans sa naïveté, Richard Foot demande à un officier britannique de Kandahar si ce n'est pas hypocrite de ne pas éliminer les champs de pavot. La réponse vint, claire et nette:

"We're not arguing about some libertarian, lovely, sort of thing here. This isn't Ottawa. This is Afghanistan, and this is realpolitik."

Dans le langage fruste et concis des militaires, cela veut dire: "On fait ce qu'on peut. La mission telle que définie à Ottawa par les contribuables canadiens, est impossible."

C. Q. F. D.

Ne pourrions-nous pas mettre nos énergies sur quelque chose de plus réaliste ?

mardi 18 avril 2006

Pourquoi l'Afghanistan ?

En août 2005, la revue Foreign Policy et l'organisme The Fund for Peace ont publié un tableau des États faillis ("failed states") dans le monde. Les États faillis sont ceux qui ne peuvent plus assumer les fonctions de base d'un État comme l'éducation, la sécurité des citoyens et le fonctionnement d'un gouvernement. Ces États n'ont plus le monopole de la violence légitime sur leur territoire, ne peuvent pas collecter les impôts et sont incapables d'offrir des services publics:

Liste des 20 États faillis
les plus en difficulté

  1. Côte-d'Ivoire
  2. République démocratique du Congo
  3. Soudan
  4. Irak
  5. Somalie
  6. Sierra Leone
  7. Tchad
  8. Yémen
  9. Libéria
  10. Haïti
  11. Afghanistan
  12. Rwanda
  13. Corée du Nord
  14. Colombie
  15. Zimbabwe
  16. Guinée
  17. Bangladesh
  18. Burundi
  19. République Dominicaine
  20. République Centrafricaine

L'établissement de cette liste est basée sur 12 critères visant à établir une façon de mesurer la stabilité d'un pays:

  1. Les pressions démographiques
  2. Le phénomène des réfugiés et des personnes déplacées
  3. Les rivalités et querelles entre groupes sociaux
  4. L'exode des cerveaux et la fuite des élites locales
  5. Les inégalités du développement
  6. Le déclin économique
  7. La disparition de la légitimité de l'État
  8. Les services publics
  9. Le respect des droits humains
  10. Le maintien de la sécurité des citoyens
  11. Les querelles entre les élites
  12. L'intervention de pays étrangers

Dans cette liste d'États faillis, le Canada a choisi d'aider particulièrement l'Afghanistan et Haïti. Pour Haïti, je le comprends et je l'accepte entièrement. Il se trouve ici une forte minorité d'Haïtiens et nous partageons des valeurs avec ces gens. Je trouve même que l'Afghanistan nous empêche d'en faire encore plus. Ce qui m'amène à l'Afghanistan.

C'est vrai que le débat à la Chambre des Communes sur la question s'en est allé en eau de boudin. Réunissez 308 politiciens dans une salle et demandez leur si c'est une bonne chose de bâtir des écoles, vous aurez l'unanimité. Sauf que le problème de se pose pas comme cela.

Il y a plusieurs varìétés de "gens de gauche". Avec la guerre en Irak est apparue cette sorte de "gens de gauche" comme Christopher Hitchens, Michael Ignatieff et le gang de The New Republic qui, en habiles dialectiens qu'ils sont, ont justifié les pires insanités du régime Bush. Sartre s'était déjà sali les mains pour justifier Staline: ils étaient en bonne compagnie. Un de leurs arguments favoris: les gens de la "gauche traditionnelle" sont des moumounes. Il ont peur de la guerre, ils ont peur de la mort, ils ont peur de la violence. Et Hitler ? Hein ? Hein ? Si on l'avait pas planté en '45, on en serait où ? Ben, Saddam, c'est pareil !

Non, Saddam, c'est pas pareil. L'Irak est un pays du tiers-monde. C'est pas pareil.

Christopher a fait des petits. Et là nous apparaissent au Canada, et au Québec, et à Montréal, des "gens de gauche avec des couilles", des "gens de gauche" qui n'ont pas peur d'envoyer de pauvres trouffions gonflés de testostérone mourir à leur place dans des missions impossibles.

Et c'est bien là le problème. La mission est impossible.

L'Afghanistan a déjà connu la démocratie, dites-vous ? Oui, entre 1964 et 1973. Le roi Mohammad Zahir Shah, en poste depuis 1933 et gouvernant depuis ce temps par l'intermédiaire de ses oncles ou des ses cousins, a eu cette lubie d'imposer une constitution démocratique à l'Afghanistan en 1964. Après 9 ans d'incertitudes et d'hésitations sur la façon de faire, les Afghans ont destitué le roi et sont revenus à leur bon vieux système tribal. Voilà pour l'historique de la démocratie en Afghanistan. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !

Le Canada va combattre le fléau de la drogue en Afghanistan ? Le commerce du pavot rapporte plus de 2,8 milliards de dollars et constitue près de 60 % du PIB de l'Afghanistan. Et on nous annonce fièrement:

Lutte contre les stupéfiants -
Le projet, qui concorde avec le Plan d'investissement dans les autres moyens de subsistance adopté par le gouvernement afghan, disposera de 18,5 millions de dollars répartis sur quatre ans. Ce projet phare du Canada à l'appui de la lutte contre les stupéfiants pourrait ouvrir la voie à des approches similaires dans d'autres régions du pays.

Voulez-vous rire de nous ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !

Près de 50 des membres du parlement afghan sont des seigneurs de la guerre, ou de la drogue, comme on voudra, et il est de notoriété publique qu'ils sont organisés autour du propre frère du président Karzaï. J'entends que les femmes afghanes députées vont sauver le pays et le remettre sur le droit chemin. Vous voulez rire de nous ?

Où sont allés les 10 milliards de dollars d'aide internationale versés depuis 2002 ? Les riches afghans sont plus riches. L'inflation y est galopante et les pauvres sont plus pauvres. Et notre armée est là pour cautionner tout ça, bâtir des écoles et faire pleurer Claude Bachand, ainsi que toutes les Margot du Canada !

Pourquoi l'Afghanistan ? Il y a 19 autres pays tout aussi mal en point que l'Afghanistan et peut-être que certains d'entre eux pourraient faire mieux avec les 650 millions de dollars que nous nous sommes engagés à verser à l'Afghanistan.

Et là, je ne vous ai pas encore parlé de notre cher général en chef Rick Hillier...

Sortons de ce merdier.

lundi 17 avril 2006

American Emoticons

On se fait une certaine idée de New York, de ses serveuses harassées, de ses chauffeurs de taxi hargneux, et puis, simplement parce qu'il fait beau, vous êtes servi par une grande blonde au sourire maternel et le chauffeur de de taxi intarrissable vous parle de son Guyana natal avec effusion.

Mais tout voyage aux États-Unis commence par le passage des frontières.

Émotions militaires

Deux taupins de 6 pieds 3 pouces en costume militaire, souriants mais armés de tout ce qu'il faut, compteur Geiger-Müller inclus, entrent dans l'autobus pour vérifier les pièces d'identité. Le compteur Geiger-Müller s'affole. L'autobus contient du matériel radio-actif. Déjà que le premier passager, à l'avant, ressemble à s'y méprendre au méchant Arabe de service dans les films d'Arnold...

Le "coupable" s'identifie. Un bon monsieur d'âge mur, tout ce qu'il y a de plus rassurant, est allé passer un scan pour la glande tyroïde dans la journée. Rien n'y fait. Tout le monde doit descendre. Nous poireautons une demi-heure dans la fraîcheur de la nuit pendant que l'autobus est passé au peigne fin.

À l'extérieur du poste de garde, la porte des toilettes publiques est fermée à clef. Sur cette porte, il y a une affichette signalant qu'il est interdit d'y entrer avec une arme. Les gardes s'agitent, dont un entre autres qui marche les bras très écartés, comme si c'était de la laine d'acier qui lui poussait sous les aisselles.

C'est Kafka, mais en mode drolatique. Nous reprenons finalement la route.

Émotions artistiques

Au MOMA, dans un recoin du dédale des salles d'exposition, un préposé tient une petite boutique de livres d'art. Il s'y trouve un livre sur Vermeer, avec la Jeune fille à la perle en page frontispice. Dans mon ignorance, je lui demande si ce tableau est ici. Je ne sais pas ce qu'il a entendu, mais il me fait signe que, oui oui, c'est par là. J'ignore fiévreusement Vélasquez et Le Greco pour me rendre directement chez Vermeer. Espérer voir ceci:



pour tomber sur cela:








Bon, c'est encore du Vermeer, mon peintre favori. Je saurai pour toujours que la Jeune fille à la perle est à La Haye. J'ai quand même pu admirer La jeune femme à l'aiguière.

Vous avez déjà vu le Portrait d'un cardinal par Le Greco, peint en 1601 ? Il lui a fait des lunettes ! On dirait une blague faite par un gavroche new-yorkais pendant que les préposés allaient bailler dans la salle voisine.

J'ai "pogné le fix" devant La nuit étoilée de van Gogh, comme devant La Joconde de Léonardo à 20 ans et devant Le chien rouge de Gauguin à 40 ans. Cela arrive quand on a vu des reproductions d'un tableau plusieurs fois et que, soudainement, on se retrouve devant l'original. C'est un peu comme un coup de foudre. C'est quand même rare. Cette émotion est un peu inquiétante, elle touche au sacré. C'est pourquoi j'aime mieux la dédramatiser en parlant de "pogner le fix".

Émotions citadines

Nous allons souper sur une terrasse de la rue MacDougal, près de la rue Bleeker. Le passage est étroit et animé d'un foule sympathique et bigarrée. Il fait 25° C, il n'y a pas de vent et pas non plus de maringouins. Des échelles de secours en métal grimpent aux édifices d'en face.

Après un repas tout ce qu'il y a de correct même selon des critères montréalais, une petite marche nous conduit dans l'univers parallèle de Washington Square. Ici, une petit foule de badauds entoure un Noir qui chante du Prince en falsetto. Là, quatre vieux nostalgiques et une guitare, sans public, se font plaisir à lancer un "câline de blues". Plus loin, deux passantes se mettent à jouer les Isadora Duncan, simplement parce qu'un jeune homme gratte son violoncelle sous l'arc de triomphe.

Émotions campagnardes

De bonne heure, le matin, Central Park réussit presque cette illusion parfaite de nous plonger dans une campagne de carte postale. Le gazon déjà vert, les roches qui affleurent le sol, les arbres en fleurs, l'étang où s'amusent les canards, les jonquilles omniprésentes...

S'il n'y avait pas eu tous ces chiens bizarres qui viennent y pousser leur crotte et tous ces vieux millionnaires qui font leur jogging en poursuivant une éternelle jeunesse, j'y aurais cru.

jeudi 13 avril 2006

Conjuguer "mourir"

Avertissement: le présent envoi est interdit à ceux qui sont sous la norme de 18 (sur 20) en sérotonine dans leur plasma sanguin. L'utilisation abusive du verbe "mourir", dans ses différentes conjugaisons, risque d'évoquer des images lugubres dans le cerveau des personnes sensibles, ce qui peut éventuellement conduire à des dépressions passagères, lesquelles sont parfois responsables que des personnes, par ailleurs en bonne santé, meurent.

Il y a 380 millions d'années mourait Tiktaalik roseae, le chaînon manquant mi-crocodile mi-poisson découvert récemment au Nunavut. Les Darwiniens convaincus n'étaient pas plus surpris qu'il ne faut de la découverte d'un poisson à pattes.

La vallée de l'Awash, en Éthiopie, où vécurent et moururent sept (7) différentes espèces d'hominidés répertoriées à date, a été le théâtre de la découverte d'Austalopithecus anamensis, qualifié par les experts de nouveau chaînon manquant permettant de suivre à la trace l'évolution de nos ancêtres. Les créationnistes se demandent encore comment ils font, les experts, pour dire que les restes sont vieux de 4,2 millions d'années.

Des dizaines de milliers d'espèces mourront au cours des décennies à venir à la suite des changements climatiques à venir, selon une étude parue dans Conservation Biology. Si, tel que prévu, 56 000 espèces de plantes et 3 700 types de vertébrés mouraient, ce sont les joyaux de la couronne de la biodiversité de la planète qui disparaîtraient.

Fallait-il absolument que mourussent plus de 30 000 Irakiens et plus de 2 500 Américains pour confirmer que les présomptions de Bush sur les armes de destruction massive en Irak étaient fausses?

Si la bombe Bunker Buster, la seule qui puisse détruire les installations de Natanz, est utilisée en Iran, près de 3 millions d'Iraniens mourront dans les prochains mois. Le fait seul d'oser bluffer les autorités iraniennes sur la base d'une telle possibilité me fait vomir. Et si ce n'était que ça !

À mon enterrement, j'aimerais qu'il soit dit que je mourus de la plus belle mort, en dormant, tombant sans fin dans une nuit sans rêve.

Ceci dit, je m'en vais dans le ventre de la bête (Manhattan) pour les vacances de Pâques. J'y admirerai les trésors artistiques que les exemptions fiscales accordées aux millionnaires américains y ont accumulé. Il y a longtemps que j'en mourais d'envie.

mercredi 12 avril 2006

De Michel Tremblay et de l'Iran

Il y a du beau monde au Québec.

J'ai été frappé par la modération et la dignité qui a accueilli les propos de Michel Tremblay sur la souveraineté. Il y a des exceptions à tout, que Mario Roy s'est fait un malin plaisir de relever minutieusement dans La Presse de ce matin. Mais la majorité de ceux qui se sont prononcé, tant du camp souverainiste que du camp fédéraliste, l'ont fait avec la distance et l'élévation requises par l'ampleur du personnage qu'est Michel Tremblay. Je pense entre autres à Paul Piché, Pierre Curzi, Alain Dubuc et Claude Picher.

J'ai bien aimé aussi le billet de Nathalie Pétrowski sur le Ménage à trois que forment le déçu (Michel Tremblay), le dubitatif (Robert Lepage) et l'amer (Victor-Lévy Beaulieu). Puis elle a lancé ce bout de phrase qui m'a plongé pour 10 minutes dans un profond état de réflexion: "En doutant, il échappe au poids des certitudes (...)"

C'est que, depuis dimanche soir à minuit, je porte le poids de cette certitude que Bush va frapper l'Iran avec l'arme nucléaire. J'aurais préféré en douter, mais voilà que Jocelyn Coulon, qui n'est pas le dernier venu en matière de politique internationale, confirme la forte possibilité de cette horreur:

"Le président américain a rejeté lundi ces rumeurs journalistiques, de " folles spéculations ", a-t-il dit. À Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a qualifié l’" idée même d’une frappe nucléaire contre l’Iran de complètement cinglée ". Vraiment ? Straw sous-estime le caractère messianique de la présente administration américaine. Le plan existe bien, il est entre les mains d’un homme, responsable de la mort de 40 000 Irakiens, et bien déterminé à attaquer l’Iran dans l’espoir qu’une telle action provoquera le soulèvement de la population contre le régime en place, même si cette agression doit déboucher sur la mort de dizaines de milliers de personnes, victimes d’armes conventionnelles et du nuage radioactif atomique."

Je sais bien qu'on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. Dans la vie, il n'y a pas que les bombes nucléaires. On peut aussi parler de Michel Tremblay, des victoires du Canadien et de la privatisation partielle du Mont-Orford. Mais quand je vois la place que l'article de Seymour Hersh, celui du Washington Post et celui de Jocelyn Coulon prennent dans nos médias, un place minuscule pour être précis, je me demande si on réalise bien, comme société, la gravité de ces informations. Il ne s'agit pas d'une simple nouvelle internationale de plus sur le fil de presse, mais on préfère le doute au poids de la certitude.

Je peux le comprendre parce que les conséquences d'une frappe nucléaire sur un pays musulman, basée uniquement sur la présomption que ce pays fabriquera des bombes nucléaires pour les refiler à des terroristes, seront encore plus lourdes à porter.

Les organisations internationales aussi sont mortelles. La Société des nations (SDN), fondée en 1920 pour le maintien de la paix, est tombée sous les coups de boutoir des agressions perpétrées par le nazisme et de l'impérialisme japonais. Quelle sera la crédibilité de l'ONU et du droit international émergent, déjà ébranlés par l'invasion illégale de l'Irak, après l'agression américaine contre l'Iran ?

Après cette triste première dans l'histoire de l'humanité, un frappe nucléaire préventive contre un pays indépendant en temps de paix, la Russie n'osera pas s'en mêler, cueillant à la pelle les pétrodollars que lui vaudront un prix du baril à 150,00 $. La Chine, déjà autosuffisante en pétrole à 50 %, et ne prenant que 15 % de ses importations en Iran, voudra protéger ses immenses réserves en devises américaines et ses débouchés sur le marché américain en ne brassant pas trop le bateau.

Sur le plan international, ce sera le retour à la loi de la jungle et les ententes entre pays n'auront plus de sens. Finis Kyoto, l'abolition des mines anti-personnelles, le Tribunal pénal, etc. Il n'y aura plus que les pays que l'Amérique aime, et ceux que l'Amérique n'aime pas. Je vous laisse à penser dans quel camp il sera préférable de se trouver. Ce que l'on ignore encore, ce sont les concessions qu'il faudra faire pour demeurer dans le camp américain.

Et là, je n'ai pas encore parlé des conséquences économiques, ni de la réaction des 1,2 milliard de musulmans, ni du pic mondial de la production de pétrole que l'on prévoit pour les 4 à 5 prochaines années.

Ces certitudes sont trop lourdes à porter. Ouais, peut-être que cela n'arrivera pas.

mardi 11 avril 2006

Les militaires vont arrêter les folies en Iran

The Bush Administration, while publicly advocating diplomacy in order to stop Iran from pursuing a nuclear weapon, has increased clandestine activities inside Iran and intensified planning for a possible major air attack. Current and former American military and intelligence officials said that Air Force planning groups are drawing up lists of targets, and teams of American combat troops have been ordered into Iran, under cover, to collect targeting data and to establish contact with anti-government ethnic-minority groups. The officials say that President Bush is determined to deny the Iranian regime the opportunity to begin a pilot program, planned for this spring, to enrich uranium. (…)

“The internal debate on this (nuclear option) has hardened in recent weeks,” the adviser said. "And, if senior Pentagon officers express their opposition to the use of offensive nuclear weapons, then it will never happen.”
Seymour M. Hersh
The New Yorker, 8 avril 2006



Recent news reports indicate that Secretary of Defense Donald Rumsfeld, in an unprecedented move, has locked out the Joint Chiefs of Staff from further planning for the planned US invasion of Iraq. This action was reportedly taken due to recent leaks by some of our highest-ranking general officers of US war plans, who remain wary of fighting another war against Iraq this time without provocation or justification. While our top generals are not convinced that war with Iraq is a prudent course of action, those of our top policymakers who have never fought in a war are leading the charge to invade Iraq.
David T. Pyne
The American Partisan, 16 août 2002
___________________
mes soulignés

lundi 10 avril 2006

Jour d'impôts

Faire le chèque, ça va. Il faut bien partager. Dans le cadre d'une démocratie avec des contrepoids législatifs et judiciaires valables, il faut bien admettre que le chiffre qui apparaît au bas du formulaire d'impôt soit la juste somme qu'il me faut payer.

Ce qui est moins drôle, c'est de remplir le formulaire.

dimanche 9 avril 2006

Tic tic tic tic, prise 3


J'ai déjà parlé de la situation en Iran ici, ici, et . Je dois dire que cela me préoccupe beaucoup. Je ne vois pas encore comment cette impasse va dénouer et les conséquences d'un dénouement dramatique vont affecter ma petite vie, ici, à Laval, et la vôtre, où que vous viviez dans le monde.

Mes élucubrations sur l'Iran sont bien peu de choses, mais Seymour M. Hersh s'en préoccupe aussi. Seymour Hersh est reconnu comme un des plus grands journalistes d'enquête aux États-Unis. Il vient de publier un article qui vous donne froid dans le dos. Pour la rédaction de cet article, Hersh a contacté de multiples intervevenants au plus haut niveau de différentes organisations impliquées dans le problème du nucléaire en Iran.

Je vous donne en vrac les opinions qu'il a recueillies de ces personnes:

°The Bush Administration (…) has increased clandestine activities inside Iran and intensified planning for a possible major air attack...

°(…) Air Force planning groups are drawing up lists of targets, and teams of American combat troops have been ordered into Iran, under cover, to collect targeting data and to establish contact with anti-government ethnic-minority groups.

°(…) President Bush’s ultimate goal in the nuclear confrontation with Iran is regime change.

°Bush and others in the White House view him (Iran’s President, Mahmoud Ahmadinejad) as a potential Adolf Hitler (…)

°(…) Bush was “absolutely convinced that Iran is going to get the bomb” if it is not stopped.

°President (Bush) believes that he must do “what no Democrat or Republican, if elected in the future, would have the courage to do,” and “that saving Iran is going to be his legacy.”

°(…) the military planning was premised on a belief that “a sustained bombing campaign in Iran will humiliate the religious leadership and lead the public to rise up and overthrow the government.

°Clawson said that he would prefer to rely on sabotage and other clandestine activities, such as “industrial accidents.” But, he said, it would be prudent to prepare for a wider war, “given the way the Iranians are acting. This is not like planning to invade Quebec.” (mes soulignés)

°“This is much more than a nuclear issue,” one high-ranking diplomat told me in Vienna. “That’s just a rallying point, and there is still time to fix it. But the Administration believes it cannot be fixed unless they control the hearts and minds of Iran. The real issue is who is going to control the Middle East and its oil in the next ten years.” (mes soulignés)

°“This White House believes that the only way to solve the problem is to change the power structure in Iran, and that means war,”

°Speaking of President Bush, the House member said, “The most worrisome thing is that this guy has a messianic vision.”

°The lack of reliable intelligence leaves military planners, given the goal of totally destroying the sites (of Natanz), little choice but to consider the use of tactical nuclear weapons. (mes soulignés)

°‘Decisive’ is the key word of the Air Force’s planning. It’s a tough decision. But we made it in Japan. (mes soulignés)

°(…) we’re talking about mushroom clouds, radiation, mass casualties, and contamination over years. This is not an underground nuclear test, where all you see is the earth raised a little bit. These politicians don’t have a clue, and whenever anybody tries to get it out”—remove the nuclear option—“they’re shouted down.

°(…) if senior Pentagon officers express their opposition to the use of offensive nuclear weapons, then it will never happen.

°What will 1.2 billion Muslims think the day we attack Iran?

°“God may smile on us, but I don’t think so. The bottom line is that Iran cannot become a nuclear-weapons state. The problem is that the Iranians realize that only by becoming a nuclear state can they defend themselves against the U.S. Something bad is going to happen.” (mes soulignés)

°(…) ElBaradei’s overriding concern is that the Iranian leaders “want confrontation, just like the neocons on the other side”—in Washington.

°“There’s nothing the Iranians could do that would result in a positive outcome. American diplomacy does not allow for it. Even if they announce a stoppage of enrichment, nobody will believe them. It’s a dead end.”

°If the diplomatic process doesn’t work, there is no military ‘solution.’ There may be a military option, but the impact could be catastrophic.”

°Bush: “I made it clear, I’ll make it clear again, that we will use military might to protect our ally Israel.”

samedi 8 avril 2006

Le leadership politique ( II )

Le ministre Philippe Couillard a sans doute lu mon blogue d'hier. Les tergiversations sont finies: ce sera deux hôpitaux universitaires en PPP "à la québécoise", c'est-à-dire allégé. En gros, le gouvernement sera locataire des bâtisses, ce qui permet de transférer une partie de la dette de 3 milliards de $ dans les bilans des compagnies qui retireront les loyers payés par le gouvernement.

Cette orientation aura de multiples conséquences, dont entre autres:
° les directeurs d'hôpitaux pourront faire réparer les toits qui coulent plus rapidement, tel qu'expliqué par David Levine hier;
° le PLQ est moins susceptible de se faire accuser d'avoir augmenté la dette pour maintenir le déficit zéro;
° comme pour tout locataire, la dette sera moindre que s'il était propriétaire, mais le gouvernement paiera plus cher, car le prix du loyer incluera le paiement des intérêt plus un rendement normal sur le capital investi par les partenaires en PPP.

Je disais hier avoir sûrement oublié des exemples du manque de leadership du gouvernement Charest. Un entrefilet du journal de ce matin souligne que l'Institut canadien des actuaires considère que la SAAQ serait en faillite si elle était une entreprise privée. Jean Charest s'opposait à une hausse des tarifs d'assurance. Le président de la SAAQ, John Harbour, a été obligé de mettre sa tête sur le billot et de contredire ouvertement son premier ministre sur la question.

Il y a toutes sortes de nuances à faire sur la question du leadership politique. Les leaders politiques forts ne sont pas automatiquement un bienfait pour leur société. Cela dépend de la qualité des contrepoids démocratiques qui peuvent faire équilibre avec le pouvoir exécutif.

Que l'on pense à Slobodan Milosevic, le dictateur serbe, que 100 000 personnes ont accompagné dans sa dernière demeure. Staline porte encore le nom de "petit père du peuple" aux yeux de vieux communistes nostalgiques. Et je ne dirai rien de ce que les néo-nazis pensent d'Hitler.

Plus près de chez nous, beaucoup de Républicains américains pensent que George W. Bush est un leader puissant. Et ils ont raison. Voici ce qu'a répondu King George quand on l'a informé en février 2003 qu' 11 (onze) millions de personnes à travers le monde avaient marché dans les rues pour protester contre l'invasion imminente de l'Irak: "Size of protest -- it's like deciding, well, I'm going to decide policy based upon a focus group."

Et il y est allé! Si c'est pas du leadership...

vendredi 7 avril 2006

Le leadership politique


Un certain climat de morosité s'est abattu sur le Québec depuis quelque temps.

Différentes émissions d'affaires publiques et de plus en plus d'éditoriaux parlent du manque d'entrepreneurship des Québécois, du mépris que suscitent les mots profit et richesse, du front du refus des groupes "populaires", de l'intransigeance des écologistes radicaux et de l'agressivité des associations de consommateurs. Si on ajoute en plus l'horribilis lobby médical qui, après nous avoir plongé dans le nosocomial C. difficile, nous promet le catastrophique H5N1, la cour est pleine.

Deux projets récents ont attiré l'attention du grand public: le nouveau casino de Loto-Québec et les CHUM's.

Dans le premier projet, Jean Charest dit au Cirque du Soleil: "Je n'ai pas confiance dans vos chiffres. Réétudiez ça et revenez me voir dans 18 mois." Le Cirque du Soleil, qui attire des millions de touristes dans un carré de sable nommé Las Vegas, répond: "Vu le climat d'incertitude, nous préférons à aller à Singapour soumissionner pour un projet similaire." Loto-Québec laisse tomber le projet de 1,2 milliard de $ et Pointe-St-Charles jubile car les loyers ne vont pas augmenter.

Dans le deuxième projet, pour le CHUM francophone, Jean Charest veut aller à Outremont, et Philippe Couillard au centre-ville. On va au centre-ville parce que c'est moins cher. Puis on se rend comte que c'est plus cher que prévu: 1 milliard de $ de plus. Alors, peut-être qu'on serait mieux avec un seul CHUM au lieu de deux? Avec PPP ou pas de PPP ? Les Anglais (d'Angleterre) disent que c'est mieux pas. Couillard dit que c'est mieux avec. On est est là. Et on n'a pas encore donné le premier coup de pelle. Le climat est à l'incertitude.

Y a-t-il d'autres raisons d'être moroses et incertains ? L'abandon du projet du Suroît, l'abandon d'un programme agressif d'exportation d'électricité, l'abandon du projet de port méthanier à Lévis, l'abandon du projet de barrage à Grande-Baleine. J'en oublie sûrement. C'est sans compter l'émasculation de la SGF qui, depuis la Gaspésia, n'a trouvé aucun projet en béton méritant ses précieux dollars. Il y a trop d'incertitude.

Quel est le dénominateur commun à toutes ces manifestations d'inertie ? Le manque de leadership politique. Il ne sert à rien d'accuser le Québécois moyen, ou l'association de ci, ou le regroupement de ça. En faisant cela, on occulte le vrai problème.

Nous avons connu au Québec trois beaux exemples de leadership politique dans les 10 dernières années: le déficit zéro de Lucien Bouchard, la déconfessionnalisation des écoles de Pauline Marois et la réduction du chômage de Bernard Landry. Ils sont où, aujourd'hui, ces trois valeureux leaders politiques ? À la maison.

Avant l'élection de Jacques Parizeau en septembre 1994, le déficit moyen du Québec tournait autour de 5 milliards de $. Après son Sommet sur l'économie et l'emploi où il a cajolé, négocié, tempêté, Lucien Bouchard a réussi à réduire le déficit à zéro entre 1996 et 2000. Mettons qu'on a maintenu une moyenne de déficits de 2 milliards de $ pendant ces années. Mettons que de 2000 à 2006, on a conservé le déficit à zéro, oubliant les chicanes des comptable sur le déficit des hôpitaux etc. Cela veut dire que Lucien Bouchard, avec du leadership politique, (on s'entend que le déficit zéro, ce n'est pas populaire) a fait épargner aux Québécois 45 milliards de $ depuis 1996, si je prends comme référence la moyenne des déficits de 5 milliards de $ qu'on connaissait avant 1995. Ils en seraient où, nos programmes sociaux, si nous n'avions pas épargné ces 45 milliards de $ ?

On a élu en 2003 quelqu'un qui promettait des baisses d'impôt de 1 milliard de $ par année. Ce projet a aussi été abandonné. Maintenant, c'est la réduction de la dette qui est sa priorité. On commence avec quelque chose comme 86 millions de $, dès cette année. C'est certain.

Pauline Marois a réussi à déconfessionnaliser le réseau scolaire, naviguant entre les écueils constitutionnels, les récifs des institutions ecclésiastiques et les icebergs des appareils gouvernementaux. C'est de la visions et du doigté, ça monsieur!

Bernard Landry a maintenu un virage pro-emploi et pro-entreprises contre vents et marées. Le chômage est passé de 10 % à 8 %, sous sa gouverne. Ce n'est pas rien, après s'en être tenu à 10% de chômage pendant des décennies.

Ces exemples de leadership politique aident à mieux voir à quel point nous en sommes actuellement dépourvu. Que s'est-il passé de marquant au Québec depuis 2003 ? Le seul projet que Jean Charest n'a pas abandonné, c'est la privatisation partielle de parc du Mont-Orford.

Et dire que Jean Charest va se présenter aux prochaines élections avec comme seul argument: "Le PQ, c'est le référendum, c'est l'incertitude. Le milieu des affaires, il n'aime pas ça, l'incertitude! "

jeudi 6 avril 2006

L'antiaméricanisme


L'antiaméricanisme est-il une "valeur de gauche" ?

On a connu au Québec des premiers ministres péquistes qui s'avouaient américanophiles inconditionnels. Le Canada a connu des sénateurs libéraux, des députés et des fonctionnaires qui ont exprimé publiquement le peu d'estime qu'ils avaient pour la société américaine et leurs leaders.

Je ne crois pas qu'on puisse se dire de gauche, et par conséquent progressiste, si on fait l'amalgame de tout un peuple en un seul tableau repoussant, ce qui est finalement le même procédé utilisé par les racistes pour caractériser l'objet de leur haine. De la même façon, il existe des gens de droite, éclairés et nuancés, qui résistent à la tentation de l'amalgame.

Je m'intéresse à la politique américaine depuis quelques années. Mes chroniqueurs préférés sont Paul Krugman, Molly Ivins, Sidney Blumenthal, Jon Stewart, Paul Craig Roberts, Maureen Dowd, Doug Thompson, etc. Ces gens-là critiquent leurs dirigeants avec une rigueur et une énergie dont on voit peu d'exemples ici. Ils ne me font pas détester le Américains en décrivant les travers de l'Amérique, au contraire, je ne les admire que plus.

C'est exprimer beaucoup de mépris pour les gens de gauche que de tous les mettre dans le même sac de l'antiaméricanisme. Les gens de gauche ont leurs défauts, mais on n'a rien trouvé de mieux encore pour lancer les idées qui font avancer une société.

Beaucoup de Républicains américains, et pas nécessairement les plus subtils, utilisent couramment l'argument de l'antiaméricanisme pour fustiger leurs adversaires et les faire taire. On peut aimer l'Amérique et la critiquer. C'est souvent parce qu'on l'admire qu'on regrette d'autant plus ses dérapages.

mercredi 5 avril 2006

Scoop ou canular ?

Non, je ne parlerai pas de Normand Lester qui refait surface avec son style inimitable. Je vous parlerai d'Éric Laurent, un autre journaliste d'enquête qui aime bien ébranler les colonnes du temple du pouvoir.

Éric Laurent a publié, début mars, un livre qui s'intitule La face cachée du pétrole. Il y avance que la planète connaîtra d'ici 4 ans, peut-être moins, une pénurie de pétrole pour laquelle il n'y aura pas de remède. Vous en avez entendu parler? Moi pas. Est-ce tellement faux qu'il faille le mettre de côté? Est-ce malheureusement si vrai qu'on ne veut pas le savoir? Scoop ou canular?

Voici des extraits de son entrevue avec Jean-Pierre Jacqmin, journaliste de la RTBF:

"EL- Le vrai problème, c’est qu’ils ( les producteurs de pétrole ) ont réussi à cacher le plus longtemps possible l’état réel des réserves. Et quand on regarde l’état des réserves prouvées, les chiffres présentés officiellement, sont totalement faux. Il faut le dire aujourd’hui avec la plus extrême clarté. En 1986, il y a eu une opération qui était un simple jeu d’écriture de la part des pays de l’OPEP et qui a consisté à augmenter de 65% le montant de leur réserve. Et on vit sur cette fiction depuis maintenant 20 ans. Et simplement, ça ne correspond à aucune réalité, c’est à dire que par exemple, l’Arabie Saoudite, qui avait 160 milliards, présenté comme le premier pays producteur, qui avait 160 milliards de barils de réserve prouvés, à la suite de cette manipulation, en a maintenant 260 milliards, donc de barils. Mais simplement, cela ne correspond à rien, à aucune réalité.

Et là on est véritablement sur un volcan, parce que tout le monde a intérêt à mentir: les pays producteurs, les compagnies pétrolières qui elles aussi ont totalement travesti les montants de leur réserves (…)

JPJ - Oui mais dans combien de temps est-ce qu’on va se retrouver en pénurie? Rapidement?

EL - Dans peu de temps, il faut être très clair. Regardez le cas des États-Unis, qui a été pendant très longtemps le pays producteur mondial, c’est un pays qui atteint le pic pétrolier en 1970. Aujourd’hui la production pétrolière américaine est quasi inexistante. Le pétrole de la Mer du Nord a disparu, on peut le dire quasiment. Vous prenez le cas de pays considérés effectivement comme de gros producteurs, je veux parler de l’Arabie Saoudite, où les chiffres sont faux.

Mais prenons le cas de la Russie, tous les chiffres concernant la production pétrolière russe sont complètement inexacts, on sait très bien qu’il faut les diviser minimum par deux. Et les chiffres sont tellement graves, les chiffres du déclin pétrolier russe, sont tellement graves qu’aujourd’hui Poutine, depuis 2002 a pris une loi qui interdit effectivement la divulgation de ces chiffres, considérés comme secret d’état (…)

JPJ - Donc on vit complètement sous les réserves. Mais combien de temps, parce que certains disent qu’on en a pour 25 ou 50 ans?

EL - Non c’est une plaisanterie, c’est une plaisanterie absolue, et c’est une plaisanterie qui est d’une gravité extrême parce qu’on ne joue pas avec ce genre de choses, je veux dire, on ne peut plus tenir ce genre de langage (…)

JPJ - 2010 donc 4 ans, 3 ans... on n’aura pas le temps de retourner complètement la société industrielle...

EL - Mais oui, mais attendez 2010, moi même j’ai tendance à penser que c’est probablement..., ça risque même d’être plus rapide."

Et si c'était vrai, cela expliquerait-il le secret qui a entouré le Cheney Energy Task Force de 2001, l'intention de Bush d'envahir l'Irak même avant septembre 2001 et ses projets d'envahir l'Iran dont on commence déjà à parler?

J'entends déjà: "Non, non, non, ce n'est pas une question de pétrole. Tout ça, ce sont des théories farfelues fondées sur de soi-disant conspirations ... "

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non.

mardi 4 avril 2006

Débats de société

Il y a de la religion dans l'air du temps.

Le philosophe athée Daniel C. Dennet apparaissait hier chez Charlie Rose et dans L'Akrasie en direct. Il analyse la religion en tant que phénomène naturel. Voici quelques extraits de l'entrevue avec Bill Moyers, tels que recueillis par un spectateur:
°Preachers believe in belief.
°Religion: a gold-plate excuse to stop thinking. It is not honorable to stop thinking.
°I show how the religious do their tricks.
°The standstill between "God exists" and "God doesn't exist" is not important.

Pierre-Paul Gagné de La Presse se demandait hier: "Pendant combien de temps le Québec pourra-t-il encore échapper à un vaste débat sur la place de la religion dans la sphère publique? Durant combien d'années les politiciens pourront-ils continuer de se cacher derrière les décisions des cours de justice et de la Commission des droits de la personne? "

Josée Legault, dans Mir, le rejoint sur ce point: "Le concept hautement subjectif d’ «accommodement raisonnable» veut dire une chose pour les uns et une chose bien différente pour les autres. On y va à la pièce, les effets de mode pseudo-tolérante prennent le pas sur la réflexion sérieuse, les « feelings » et les « opinions » des uns et des autres prennent le pas sur l’analyse rigoureuse (...) À travers le tout, des avocats surmédiatisés expriment leurs états d’âme sur ceci et cela, les juges non élus se contredisent entre eux, et, nos élus, restent pathétiquement silencieux. "

Le 24 mars 2006, à Il va y avoir du sport, la documentariste et journaliste Karina Goma, une musulmane sans voile, expliquait que le voile n'était pas une composante essentielle de sa foi et demandait, en substance, à la société civile de ne pas céder devant les exigences des intégristes religieux.

En même temps que l'on se félicite de son ouverture à "l'Autre", au nom d'un multiculturalisme des intégrismes, on condamne sans appel la publication d'un livre sur la souveraineté à l'école. Le mythe de l'endoctrinement souverainiste des écoliers est aussi puissant et répandu ici que le mythe américain à l'effet que les médias sont biaisés en faveur des valeurs libérales (au sens américain du terme).

Je veux bien demander à la classe politique de dégager des consensus sociaux sur ces questions litigieuses. Je crois aussi que cette tâche leur revient bien davantage qu'aux avocats et aux juges. Mais...

Je crois aussi que l'univers est une vaste blague écrite sous forme d'énigme. Celui qui la décodera mourra de rire.

lundi 3 avril 2006

Dr Pangloss VS Dr Knock

Je me souviens encore des circonstances précises où un confrère de collège, qui allait devenir médecin par la suite, m'a offert ma première cigarette. Dame Nicotine ne m'a pas quitté depuis. Après de nombreuses tentatives d'arrêter de fumer, la seule chose positive que je peux dire à ce sujet, c'est que je n'ai pas renoncé à tenter d'arrêter.

Parfois, pour rationaliser une rechute, je pense au cul-de-sac dans lequel le lobby médical, symbolisé par le Dr Knock de Jules Romains, a conduit notre société. À quoi sert-il de vivre vieux, si c'est pour finir dans un CHLSD seul, bourré de pilules, dans la honte de ne pas pouvoir s'occuper soi-même de son hygiène personnelle ? La misère de ces vieillards me terrifie beaucoup plus qu'un bon cancer des poumons.

Bien sûr, le lobby médical a des complices. C'est nous tous. Nous qui avons peur de la mort, qui voulons être jeunes jusqu'à un âge avancé. Pour mieux dire la chose: nous qui voulons vivre une retraite productive et en santé... ce qui ne change rien quant au fond. Nous sommes complices, mais cela n'absout pas la vénalité du lobby médical qui exploite nos peurs irrationnelles et nos espoirs irréalistes.

La maladie et la peur ont un budget: 22,1 $ Ma, soit 38 % des dépenses du Québec en "Santé", et on nous promet des hausses astronomiques si la tendance se maintient. L'avenir et l'espoir ont aussi un budget: 13,0 $ Ma, soit 22 % des dépenses, en Éducation.

Le bon Dr Pangloss de Voltaire, professeur émérite et éternel optimiste, mérite davantage notre respect et une plus grande part de notre budget. C'est ce qu'avançait en substance Gérard Beaudet, directeur de l'école d'urbanisme de l'Université de Montréal, lors du débat animé par Marie-France Bazzo vendredi soir, sur la morosité au Québec.

dimanche 2 avril 2006

Jour de bonheur, prise 4

samedi 1 avril 2006

Robert Costall, soldat, mort au combat

Un soldat est mort au combat. Le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, et le général en chef Rick Hillier accueillent la dépouille mortelle à la base militaire de Trenton. L'événement semble exceptionnel. Il l'est.

Au Téléjournal de 6:00 heures, Céline Galipeau nous apprend que Robert Costall est le premier soldat canadien à mourir au combat depuis les trente (30) dernières années.

L'armée canadienne a définitivement changé ses règles d'engagement. " Que cela soit clair, notre mission à Kandahar n’est pas une mission de maintien de la paix. C’est une mission de soutien à la paix. Ça veut dire qu’il y a bien peu de paix pour le moment et beaucoup de soutien ", a dit à La Presse, l’automne dernier, le leader de l’Équipe provinciale de reconstruction."
Laura-Julie Perreault, La Presse, 5 février 2006, via Cérium.

Pendant ce temps, le futur candidat Ignatieff nous rassure que l'armée canadienne poursuit ses missions traditionnelles et qu'il n'est pas nécessaire de débattre de son rôle en Afghanistan. Comme Stephen Harper.

Pour paraphraser John Kerry: " Did you ask that man to be the first man to die in Afghanistan? "