31 mars, 2006
Ce n'est qu'un livre à 9,95 $
Robert Cadotte n’a mis que quelques mois pour amasser des «échantillons» envoyés par les Anciens combattants, Santé Canada, Environnement Canada, Patrimoine Canada, Statistique Canada, Citoyenneté et Immigration Canada, Travaux publics et même la Monnaie royale canadienne... dans une seule école de Montréal (...)
Secrétaire depuis une dizaine d’années à l’école primaire Saint-Noël-Chabanel, située dans l’est de Montréal, Louise Proulx a aussi observé une augmentation de ces outils de promotion. « Les profs en ont assez de crouler sous la paperasse, ils me disent de mettre ça dans la poubelle. C’est du gaspillage ! » tranche Mme Proulx.
Selon elle, des envois du fédéral vantant les bienfaits du Canada atterrissent chaque semaine sur son bureau. En plus d’épinglettes marquées de la feuille d’érable et de calendriers, l’école aurait notamment reçu des boîtes de scrutin à l’image de celles utilisées au fédéral... pour l’élection d’un conseil d’élèves (...)
Du côté des commissions scolaires du Québec, on n’exerce aucun contrôle sur ce qui est envoyé dans les écoles par le fédéral. « Ce sont les enseignants qui décident si c’est pertinent », indique Denis Pouliot, porte-parole de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Selon lui, la fédération n’a pas reçu de plaintes en ce sens de la part de commissaires."
Hugo Meunier, La Presse, 16 mai 2005, via Vigile.
"Yesterday’s newspapers were peppered with explosive language : political exploitation of children, brainwashing, zealots, indoctrination reminiscent of eastern-Europe, the U S.S.R., Nazi Germany, Mao’s China or Islamic fundamentalist schools.
Any tourist would think fascism had come to Quebec, or perhaps some secret work camp for brainwashed political prisoners had just been uncovered. With such references to the deadliest dictatorships of the last century, he’d be sure something horrendous was happening here.
What caused this hyperbole ? A book called Parlons de souveraineté à l’école by the Conseil de la souveraineté. A 142-page book that sells for $9.95. A book that people are free to buy or not buy. A book that teachers are free to use or not use."
Josée Legault, Montreal Gazette, 31 mars 2006, via Vigile.
Que faire avec le livre Parlons de la souveraineté à l'école ?
Déchiré entre les scéances d'autoflagellation des souverainistes qui me navrent et les attaques hystériques des fédéralistes qui me font rigoler, je ne sais quoi penser.
Hummmm ... et si on le brûlait sur la Place Jacques-Cartier? Après tout, ce n'est qu'un livre. Et ce ne sera pas le premier livre qu'on brûle.
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photo: Programme Ciblétudes du Gouvernement du Canada
30 mars, 2006
La fameuse tirade de "Boston Legal"
Mais c'est encore plus percutant par le texte:
"When the weapons of mass destruction thing turned out not to be true, I expected the American people to rise up. They didn't. Then, when the Abu Ghraib torture thing surfaced and! it was revealed that our government participated in rendition, a practice where we kidnap people and turn them over to regimes who specialize in torture, I was sure then the American people would be heard from. We stood mute.
Then came the news that we jailed thousands of so-called terrorist suspects, locked them up without the right to a trial or even the right to confront their accusers. Certainly, we would never stand for that. We did.
And now, it's been discovered the executive branch has been conducting massive, illegal, domestic surveillance on its own citizens. You and me. And I at least consoled myself that finally, finally the American people will have had enough. Evidentially, we haven't.
In fact, if the people of this country have spoken, the message is we're okay with it all. Torture, warrantless search and seizure, illegal wiretappings, prison without a fair trial or any trial, war on false pretenses. We, as a citizenry, are apparently not offended.
There are no demonstrations on college campuses. In fact, there's no clear indication that young people even seem to notice. . . .
The Secret Service can now declare free speech zones to contain, control and, in effect, criminalize protest. Stop for a second and try to fathom that. At a presidential rally, parade or appearance, if you have on a supportive t-shirt, you can be there. If you're wearing or carrying something in protest, you can be removed.
This! In the United States of America."
29 mars, 2006
Marty Kaplan, l'ironiste
Après avoir lu cet article, Marty Kaplan en rajoute, signalant que même si les sondages prévoient que les Républicains vont perdre des sièges en novembre, le président Bush n'a pas pour autant annulé les élections. Certaines personnes y voient le signe que Bush n'est pas un fasciste.
La beauté de la chose, c'est que, de la façon dont c'est rédigé, cela prend un certain temps pour s'apercevoir que le texte de Kaplan est une satire... et, plus fort encore, que celui de VandeHei du Washinton Post n'en est pas une!
28 mars, 2006
Baroud d'honneur au PQ
Même si le "50 % plus un" est atteignable, avec un premier ministre canadien particulièrement arrogant et stupide, tous les péquistes savent bien que nous ne vivrons jamais cette aurore où un peuple en liesse se lève et marche résoluement vers son destin radieux avec plus de 90 % de OUI.
Les boomers du PQ en ont assez, tel Sisyphe, de pousser sans cesse la pierre de l'indépendance au sommet des sondages pour la voir ensuite dégringoler à la faveur de la moindre concession du gouvernement fédéral. Mais on ne peut pas abandonner le combat d'une vie sans au moins tenter de sauver la face. C'est ce qu'on appelle le baroud d'honneur.
Comment expliquer autrement:
° le rejet du concept de partenariat avec le Canada ?
° le rejet des "conditions gagnantes" avant le prochain référendum ?
° la mise à la porte, déshonorante pour le PQ, de Bernard Landry?
° l'élection d'André Boisclair, sachant qu'il n'osera jamais désavouer les décisions du congrès de juin 2005 ?
Les boomers veulent perdre massivement le prochain référendum pour pouvoir passer à autre chose, comme ils ont mis de côté leurs pantalons à pattes d'éléphant, leurs mini-jupes et leurs disques de Frank Zappa. La retraite s'en vient. Il y a la Floride, mais il paraît que Victoria (C-B.), c'est très bien aussi.
Le problème, c'est qu'ils manoeuvrent si bien pour perdre le prochain référendum qu'ils vont d'abord perdre la prochaine élection, comme le suggèrent Jean-François Simard et/ou Michel David. Personne n'a le goût de se payer un psycho-drame collectif servant uniquement de catharsis à des boomers désabusés.
27 mars, 2006
Ode aux militants péquistes
Half a league half a leagueHalf a league onward
All in the valley of Death
Rode the six hundred:
'Forward the Light Brigade
Charge for the guns' he said
Into the valley of Death
Rode the six hundred
"Forward, the Light Brigade!"
Was there a man dismay'd?
Not tho' the soldier knew
Some one had blunder'd:
Theirs not to make reply,
Theirs not to reason why,
Theirs but to do and die:
Into the valley of death
Rode the six hundred.
Cannon to right of them,
Cannon to left of them,
Cannon in front of them
Volley'd and thunder'd;
Storm'd at with shot and shell,
Boldly they rode and well,
Into the jaws of Death,
Into the mouth of Hell
Rode the six hundred.
Storm'd at with shot and shell,
While horse and hero fell,
They that had fought so well
Came thro' the jaws of Death
Back from the mouth of Hell,
All that was left of them,
Left of six hundred.
The Charge of the Light Brigade (1864)
Alfred Tennyson
(mes soulignés)
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illustration: Jours d'Histoire
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Cet envoi fait suite à la lecture de
La frontière du simplisme , Michel David, Le Devoir samedi 25 mars 2006.
26 mars, 2006
Michael Ignatieff est déclaré élu
Mais je ne le déclare pas élu pour cette raison.
En politique étrangère, un de ses partisans affirme: "On ne vit plus dans un monde de bons petits scouts, " soulignant que l'armée ne se contentera plus de promouvoir la paix mais contribuera à assurer la sécurité du monde. Il sera très populaire auprès des 55 % de Canadiens qui approuvent l'action militaire canadienne en Afghanistan.
Mais je ne le déclare pas élu pour cette raison.
Le 23 mars 2006, dans une interview avec Mike Duffy de CTV NewsNet , Michael Ignatieff, calme, sûr de lui, en possession de ses dossiers, affirme qu'une très grande majorité de citoyens appuie l'intervention canadienne en Afghanistan. Il est très fier de ce que font les troupes canadiennes et il ne pense pas qu'il y a lieu de faire un débat national sur notre présence en Afghanistan, pour le moment.
Il y a quelque chose de bushien là-dedans, en filigrane: un débat national pourrait démoraliser les troupes qui ont un travail difficile à faire. Mais je ne le déclare pas élu pour cette raison.
Duffy demande si l'Irak et l'Afghanistan sont comme les deux faces d'une même pièce de monnaie. Ignatieff répond que l'armée canadienne effectue en Afghanistan un travail de reconstruction avec un gouvernement stable, en accord avec notre rôle traditionnel de gardien de la paix et d'intervenant dans des missions humanitaires. Quant à l'Irak, "it's a completely different operation, and it is appropriate for us to leave that to other people."
Ici, là et là, j'ai déjà expliqué comment la mission de l'Otan et la mission canadienne ont discrètement changé en Afghanistan depuis 2001, et cela, sans débat au Parlement canadien. Comme expert en relations internationales, Ignatieff n'est pas censé l'ignorer. De rassurer la population canadienne sur l'Afghanistan, et d'éluder la question sur la guerre en Irak dont il s'est fait le promoteur, va sûrement lui valoir de nombreux partisans.
Mais je ne le déclare pas élu pour cette raison.
Duffy poursuit sur la course à la chefferie du PLC. Ignatieff opine que les Canadiens veulent un grand débat à l'intérieur du parti pour lui permettre de se renouveler. À Duffy lui demandant s'il s'agit simplement de battre les conservateurs, il répond:" A fundamental issue is regaining the sense of the soul of the party. " À Duffy lui demandant de commenter la venue de candidats de l'extérieur du parti, il répond que c'est au parti de juger quelles candidatures sont valables. Il ajoute: "The party has to make the decision about who can win the next election. That's really what it comes down to ... and who best embody our values, our core principles. "
Oups, il a failli l'échapper, celle-là. It really comes down to make a decision about who can win the next election! Deux minutes après avoir parlé de retrouver l'âme du parti et une seconde avant de parler des valeurs et des principes du Parti libéral du Canada? Et tout ça, avec l'air impérial et un peu ennuyé de celui qui sait? À grands coups d'encensoirs du genre: "The party faithfull, the people I love and trust ..." ?
Mon idée est faite. Cet homme-là, tout en ayant assez de vocabulaire pour traiter de questions complexes, ne perd pas son sens pratique. Il sait à quoi les choses se résument, finalement.
Je déclare Michael Ignatieff élu chef du Parti libéral du Canada.
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photo: PLC
25 mars, 2006
Dénatalité
Dans le terrain de jeu d'un parc, près de chez nous, un papa et une maman jouent à la balle avec une fillette. La fillette frappe la balle. Parfois le papa court la chercher. Parfois la maman court la chercher. La fillette rit beaucoup.
Les fantômes de dizaines d'enfants les regardent jouer.
24 mars, 2006
V pour Vénéneux
La métaphore vise bien sûr l'Amérique de 2001 autant que l'Allemagne de 1933. C'était intéressant d'identifier les multiples allusions établissant des parallèles avec les actualités d'aujourd'hui. Je comprenais la hargne de V, lequel avait été personnellement victime des malversations de la clique au pouvoir. L'édifice du parlement symbolisait pour lui la lâcheté de la classe politique qui a laissé le dictateur Sutler s'accaparer de tous les leviers du pouvoir. Pour V, il fallait faire sauter le parlement.
C'est dans le métro souterrain que le film bascule. V, agonisant et vaincu par son amour pour Evey, reconnaît qu'il y a trop de haine en lui pour prendre la décision d'abaisser la manette qui va déclencher la machine infernale. Il laisse cette décision à Evey.
Et là, c'est la jeunesse du monde entier qui doit prendre la décision. Doit-on faire sauter toutes ces vieilles structures politiques qui nous ont conduit à la tyrannie ? Ceux qui ne veulent pas abaisser la manette sont-ils les vils complices hyprocrites d'un pouvoir sans légitimité ?
On en a au moins pour quelques semaines encore à se poser la question ...
Puisqu'il s'agit de faire sauter l'édifice d'un parlement, demandons l'avis de quelqu'un qui a rempli les fonctions de parlementaire pendant 55 ans, Winston Churchill. Le fait qu'il soit mort à 91 ans après avoir porté la bedaine, fumé et bu comme un trou pendant toute sa vie ajoute à sa crédibilité.
Churchill a connu toutes les bassesses, les turpitudes, les aléas, les humiliations de la vie politique en démocratie. On l'a congédié comme Premier lord de l'Amirauté après l'échec des Dardanelles (1915) et on l'a aussi congédié comme premier ministre après la victoire de Alliés (1945).
Churchill ne se faisait pas d'illusion sur la démocratie:
--"La politique est plus dangereuse que la guerre... À la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois."
--"Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme."
--"Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l'avenir et qui, par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l'avait prédit."
--"Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de 5 minutes avec l'électeur moyen."
Mais finalement, c'est à cette petite phrase à laquelle je me raccroche toujours quand j'en ai assez des discours du budget, des élections irrégulières, des maires d'arondissement, du Sénat américain, de Jean Charest, du président de la Commission scolaire et du dictateur Sutler:
"Democracy is the worst form of government except for all those others that have been tried."
Winston Churchill
23 mars, 2006
T.L.M.E.P. (V. F.)
Un moment de télévision !
C’était mardi soir, chez Ardisson, à TV5. Cela commence en douceur avec une rigolote bien enveloppée qui rit tout le temps et un admirateur transi de Sacha Guitry, le comédien Francis Huster. Tout baigne, c’est standard jusque là.
Puis arrive un petit barbeau dans le lait caillé, avec des yeux tristes et deux grandes oreilles. Je dis deux, parce qu’avec des oreilles comme ça, il aurait pu en avoir une troisième que ça n’aurait surpris personne. Éric Zemmour, journaliste au Figaro et auteur de Le premier sexe, fait aujourd’hui figure de pinata officielle de toutes les féministes de France. Pour faire bonne mesure, Ardisson invite sur le plateau Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris et auteur de Banlieue, lendemains de révolte.
Au milieu de nombreuses interruptions, Zemmour tente d’expliquer que la France se féminise, que les gars s’épilent et mettent des bijoux, que la dénatalité menace, que les derniers héros sont morts avec la guerre de 1914, que les gars ont intériorisé les valeurs féminines et que les seuls vrais hommes qui restent en France pour faire fantasmer les femmes sont les noirs et les arabes de banlieue qui triomphent dans la musique « rap ».
Clémentine, au départ jolie, allumée et pertinente, se transforme peu à peu, dans la chaleur du débat, en virago verbo-motrice intarissable et impossible à arrêter, débitant tous les lieux communs du féminisme. Ardisson en a plein les bras. Puis Huster saute dans la bataille. « Mais nooon, mon vieux. Tous les hommes sont des salauds. Depuis 3 000 ans que nous les battons, les femmes, que nous les violons, etc. » Zemmour, déjà tout petit quand il est en pleine extension, courbe les épaules, baisse la tête mais continue à résister. Et la rigolote qui s’en mêle : « Ben là, si une femme qui se fait violer ne peut plus se faire avorter ! » Zemmour sonné, se tait, mais branle du chef. Huster en remet : « Non, je ne fais pas le démagogue … et cessez de vous dandiner! » « Mais non, je ne me dandine pas », réplique Zemmour. « Si, si, il se dandine! » ajoute la rigolote.
L’orage finit par passer. On annonce l’invité suivant, Franz-Olivier Giesbert, pour son livre La tragédie du président. Il s’avance, grand, beau, impérial, lui le confident des grands, à qui Mitterand et Chirac ont fait l’honneur de conversations privées. Il salue son ami Éric Zemmour, qui a le courage de dire ce que beaucoup de gens pensent en France. Il en rajoute même. La féminisation, ce n’est peut-être pas la catastrophe, mais c’est quand même la réalité.
Clémentine en a la mâchoire qui tombe mais elle ne dit mot. Elle penche la tête vers l’arrière pour mieux le regarder de ses beaux yeux. Huster croise les bras et attend, sa soirée est terminée. La rigolote ne trouve plus rien de drôle et se met à l’écoute du « grand homme ». Zemmour triomphe, redresse les épaules et n’en a pas assez de ses 42 dents pour sourire de façon éclatante et montrer à quel point il est soulagé.
Si le débat déjà pétillait d’intérêt et de drôlerie, le changement de ton amené par l’arrivée de Franz-Olivier Giesbert relevait du plus haut comique. Il s’agissait bien sûr d’un comique involontaire, nous démontrant une fois de plus que si les Français sont gouailleurs tant qu’ils le peuvent, ils n’en ont pas moins un profond sens de la hiérarchie.
Vraiment, un bon moment de télévision.
22 mars, 2006
L'exemple américain
Le président du Sénat Peter Welch était atterré en apprenant la nouvelle: "Things must really be bad over there," s'est-il exclamé en voyant la photo qui en apportait la preuve formelle.
Le porte-parole du gouverneur, Jason Gibbs, explique que le "sirop de poteau" est fourni par la compagnie qui prépare les repas pour les soldats et que le gouverneur n'avait pas le choix. Pour régler le problème, l'État décide de participer à l'offensive "Operation Maple Sweetness" qui envoie le sirop d'érable du Vermont aux soldats en mission outre-mer.
Poursuivant sur sa lancée, Jason Gibbs nous dévoile l'objectif réel du gouverneur: "He is very proud of all of the maple producers who are contributing to the operation that we hope might, one day, eliminate fake syrup all throughout the world. " (mes soulignés)
La mission est noble et ambitieuse. Quelle comparaison peut-on faire avec le Canada en Afghanistan ? Nous avons l'air ridicules avec notre opération "Taste of Home" et ses objectifs modestes:
"OUR TROOPS ARE HEROES!
Donate a bottle of pure maple syrup to our troops serving and dying in Afghanistan. Let's show them we appreciate them with a taste of home at the right time of year. The Canadian Armed Forces will fly all donations to Afghanistan in time for their own Maple Syrup Festival.
We have over 2000 troops in Afghanistan and hope to raise 200 gallons of syrup. (Donate syrup only, please, not cash. Thank you.)"
Quand on pense que le Fédération de producteurs de sirop d'érable du Québec entrepose des milliers de barils qui sont en train de surir, l'État du Québec devrait se joindre à l'État du Vermont dans sa campagne mondiale pour éliminer le "sirop de poteau".
Ce serait aussi une bonne façon de partager avec les Afghans nos valeurs canadiennes.
21 mars, 2006
Pauline et Michelle
Ce sera un baume sur ses plaies, elle qui affirmait hier encore au Point qu'on juge plus sévèrement les femmes que les hommes en politique. Si une femme politique a les traits tirés, elle se néglige; si un homme politique a l'air fatigué, il travaille fort. Les Québécois sont-ils prêts à voir une femme devenir chef de parti? Ce genre de choses.
Le charisme se définit mal avec des mots mais on le ressent de façon immédiate. Il me semble qu'une des composantes du charisme d'un chef politique soit d'avoir des défauts sympathiques, des défauts qui permettent une identification des masses populaires avec leur leader.
Certaines personnes sont trop exemplaires pour qu'on se trouve le goût de suivre leur exemple. Bernard Landry était de ceux-là. Pauline Marois aussi. Tous deux étaient courageux, travaillants, honnêtes et vraiment dédiés au mieux-être de leurs concitoyens. Mais ils ne "pognaient" pas, selon l'expression populaire.
Tour à tour, deux hommes politiques américains au profil exemplaire, Al Gore et John Kerry, ont affronté un tire-au-flanc au passé d'alcoolique et ils ont perdu. Le principal argument de Bush pendant la première campagne électorale: "Avec qui aimeriez-vous aller prendre une bière ?"
La beauté ou la laideur du personnage politique n'y change rien: René Levesque, Golda Meir, Benazir Bhutto, Jean Chrétien, Lucien Bouchard, Brian Mulroney, Pierre E. Trudeau, tous ces gens avaient le charisme nécessaire pour se faire élire. Quant aux défauts sympathiques qui affligeaient ces divers personnages, je les laisse à vos bons souvenirs.
Plus récemment, nous avons le cas de Michelle Bachelet, socialiste, monoparentale, mère de 3 enfants nés de deux pères différents, et qui se fait élire présidente du Chili, un pays sud-américain, plus latino que nous ne le serons jamais. Sur papier, elle était loin d'avoir un aussi bon dossier que Pauline.
20 mars, 2006
Le fil d'Ariane
Le dernier "hit" à avoir attiré mon attention, c'est Crazy, pas le film, la chanson. Alors, c'est vous dire à quel point j'ai aimé le film, lequel m'a rappelé de si beaux souvenirs.
Il y a quelque temps, je lisais une chronique de Marc Cassivi qui, bien que jeune, branché et travaillant au sein même de l'industrie de la culture, admettait, tout en le déplorant, mal connaître les derniers groupes musicaux faisant "tripper" les sous-chapelles des courants underground. Patsy Cline et moi, on faisait "pic pic".
Puis est venue l'épiphanie. Celle d'Ariane Moffatt à un éternel béotien de la musique. Une chanteuse qui ne chante pas fort, mais à l'intérieur d'un tissu de notes, de sons et de rythmes enchanteurs. C'est en suivant son fil que je suis sorti de la caverne du silence et du bruit. Elle est depuis mon Point de mire (remix) et cela ne me sort plus de la tête.
Je pense que je suis arrivé au XXIème siècle sur le plan musical! Je reste lucide quand même. Il se trouvera sûrement quelqu'un pour me dire: "Moffatt ? beuh ... Quoi! Tu ne connais pas Les Serviettes Mouillées ?"
19 mars, 2006
Jean Chrétien au boulot
Le Turkménistan est un désert dont 3.7 % des terres sont arables et qui posssède beaucoup de réserves gazières. Tous ses hydrocarbures sont acheminés sur les marchés par des pipelines russes. Saparmurat Niyazov, président depuis l'indépendance en 1991, et président à vie depuis 1999, voudrait bien diversifier ses marchés pour cesser de dépendre des Russes. Il fait la promotion d'un pipeline trans-afghan depuis le milieu des années '90.
Saparmurat Niyazov est un dictateur eccentrique détenant tous les leviers du pouvoir sur les 5 millions d'habitants du pays. Il ne fait pas grand cas des droits de la personne. Vous pouvez trouver une liste de ses lubies ici.
Jean Chrétien est conseiller chez Bennett Jones LLP, une firme de 280 avocats. Un de ses rôles est d'ouvrir des portes et de donner du volume aux délégations d' hommes d'affaires qui veulent rencontrer des chefs d'état étrangers.
Voici un compte-rendu de sa rencontre avec Saparmurat le 4 septembre 2004: "Addressing to Saparmurat Niyazov, Jean Chretien said that the reforms, carried out in Turkmenistan during the years of independence, had completely changed that ancient land. “You had managed to work out an optimal model of social and economic development of the country taking into consideration its huge natural potential and advantageous geopolitical location”, the Ex-Premier Minister of Canada said, expressing the common opinion of the Canadian businessmen. Jean Chretien also said that they had arrived to Turkmenistan to offer their experience and latest technologies to implement investment projects in the oil and gas complex of Turkmenistan."
Et voici le compte-rendu d'une autre rencontre le 7 novembre 2005: "Premier Chretien noted that Turkmenistan had made tremendous progress during its years of independence. He also said that the Turkmen leader had managed to develop a unique model of state development that takes into account the huge potential and favourable geopolitical location of the country.
Canadian businessmen agreed that the combination of huge hydrocarbon reserves and business-friendly climate had made Turkmenistan an attractive destination for the investors."
Vous aimeriez ça être un ancien premier ministre du Canada et devoir dire de telles choses à un tel individu? Mais le boulot... quand faut y aller, faut y aller!
Sur un sujet connexe: si vous voulez faire sursauter Jocelyn Coulon et Charles-Philipe David et les rendre immédiatement impatients, maussades et irritables, vous n'avez qu'à mentionner les mots "pipeline trans-afghan" tout de suite après les mots "armée canadienne".
Je les comprends un peu. Ce pipeline de 1 680 kilomètres coûtera plus de 3,5 Ma $ et il implique le Turkménistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde. Le Pakistan et l'Inde se détestent, l'Afghanistan est instable et Saparmurat Niyazov est imprévisible. Les Américains se disent intéressés et l'Inde ne manque pas d'ingénieurs qui ne coûtent pas cher.
Si le projet se réalise, le Canada obtiendra peut-être le contrat pour fournir le sirop d'érable à la cantine, Jean Chrétien ou pas.
18 mars, 2006
"To Kill the Scumbags"

À partir du moment où les règles d'engagement de l'armée canadienne en Afghanistan sont les mêmes que celles de l'armée américaine en Irak, comment pouvons-nous espérer faire mieux que l'armée américaine pour faire entrer dans la tête de ces soi-disant "peuplades arriérées" les valeurs canadiennes et les principes de notre démocratie?
Pour le chef de nos forces armées, un général "trois mentons", il faut tuer même les partisans des talibans et d'Al-Qaeda en Afghanistan. Sur une population de 30 millions d'Afghans, mettons qu'il y en a 10 % pour dire: "On était ben mieux dans le temps des talibans." Ça fait trois millions de scumbags à tuer. OK, je me suis trompé, il y en a juste 5 %. Ça fait encore 1.5 million des scumbags à tuer. OK, 5 % c'est trop... mais vous avez compris le topo.
Aux États-Unis, il y a longtemps que les "libéraux" ont compris qu'on n'impose pas une démocratie par le moyen d'actions militaires. Il n'y a que des intellos idéolos comme Christopher Hitchens et Michael Ignatieff pour ne pas l'avoir compris. Ce qui est nouveau, c'est que même des républicains influents l'admettent ouvertement:
"You cannot in my opinion just impose a democratic form of government on a country with no history and no culture and no tradition of democracy."
Sénateur Chuck Hagel, président du Sous-comité du Sénat sur les Relations internationales.
"Implanting democracy in large areas would require that we possess an unbounded power and undertake an open-ended commitment of time and resources, which we cannot and will not do."
Représentant Henry J. Hyde, président du Comité sur les Relations internationales.
"I think this administration tends to have the right general policies but to be remarkably unwilling to look at how weak their instruments of implementation are."
Newt Gingrich, ancien speaker de la Chambre des représentants.
"We have to have better coordination between our people who are doing the bombing and the military side and the Iraqis who are doing the police work, so that we do not alienate further the Iraqi people by intrusions that are very difficult and are costly in terms of lives."
Sénateur Richard Lugar, président du Comité du Sénat sur les Relations extérieures.
Depuis 2001 que l'armée canadienne est là-bas, combien de policiers afghans a-t-elle formé? Comment a-t-elle pu laisser passer, à son nez et à sa barbe, 10 Ma $ d'aide internationale gaspillés pour emplir les poches des potentats locaux ?
17 mars, 2006
Les nouvelles règles d'engagement
Dans l'article du Globe and Mail qu'on y mentionne, le secrétaire général de l'OTAN parle d'un nouveau concept pour les activités de maintien de la paix:
"...it is about stabilization, reconstruction, it is about winning the hearts and minds, but it is certainly also being able to be robust — the new operational plan for the whole country is a plan with robust rules of engagement."
Du même souffle, Jaap de Hoop Scheffer ajoute que c'est une mission de l'OTAN entièrement distincte de l'opération Enduring Freedom de l'armée américaine, ce dont semble douter Jocelyn Coulon lui-même, puisqu'il a appuyé Amir Khadir lorsque ce dernier a affirmé que l'armée canadienne serait sous les ordres des Américains. L'intéressante discussion entre ces deux personnages avait bien sûr lieu à Il va y avoir du sport, animé par l'excellente Marie-France Bazzo.
Avant de faire pression sur l'OTAN pour une politique d'intervention plus musclée, le général Rick Hillier, un fier Newfoundlander, avait fait ses devoirs au Canada. Le site web Arsenal of the Canadian Forces nous apprend que le général nouvellement nommé chef des forces armées "vowed to pressure the government to inject significant funding into the military... In another bold move, the new CDS scrapped the Defense Blueprint elaborated by his predecessor to create a bold plan for the future. Some news sources report that this bold plan is generating a lot of interest in Paul Martin and Bill Graham."
Il y a fort à parier que c'est en partie ce plan qui nous a valu le nouvel énoncé de politique étrangère du Canada par Paul Martin, et que Stéphen Harper semble suivre à la lettre.
"Lors d’une conférence de presse l’automne dernier, le général Rick Hillier avait sorti l’artillerie lourde pour faire comprendre au public canadien que les temps ont changé. Il a clamé haut et fort que les 2200 hommes que l’armée canadienne déploiera ce mois-ci à Kandahar seront là pour " tuer les scumbags (sacs à merde) " que sont les talibans, les membres d’Al-Qaeda et leurs partisans. Son commentaire lui avait valu l’attention de plusieurs sites Web islamistes qui se sont soudainement intéressés à la mission canadienne."
Laura-Julie Perreault, La Presse, 6 février 2006, dans Cérium.
Je ne sais pas s'il faut attribuer au seul général Hillier le changement vers de "robust rules of engagement" et vers une plus grande collaboration avec l'armée américaine, mais plusieurs pistes mènent vers lui. Dommage qu'il ait raté son entrée sur le théâtre ses opérations quand on l'a expédié de toute urgence à Kandahar parce qu'un bombe venait d'exploser à 800 mètres de lui. Harper avait pourtant dit:"We don't cut and run."
16 mars, 2006
Papillons en liberté

Malgré le temps maussade d'hier, je n'ai pu que sourire quand je suis entré dans la Grande Serre d'exposition du Jardin botanique. Des dizaines de papillons y voletaient, tous plus beaux les uns que les autres, se nourissant de fruits ou de fleurs, zigzaguant entre des enfants ébahis et joyeux.
Tout le monde souriait. Vous avez déjà vu cela, une foule anonyme qui sourit unanimement?
Jusqu'au 30 avril, au Jardin botanique.
15 mars, 2006
Colin Powell, général et/ou politicien ?
Powell dit aux Canadiens de rester fermes dans leur engagement en Afghanistan
PAR GREG BONNELL
Presse Canadienne
TORONTO
Cyberpresse, le 15 mars 2006.
Il n'y a pas de grande surprise à ce qu'un politicien américain nous encourage à prendre la place des "boys" en Afghanistan. Mais voyons ce que disait le général Colin Powell avant que le politicien Colin Powell ne fasse sa démonstration magistrale à l'ONU sur les armes de destruction massives en Irak.
Lors d'une conférence de presse, le 24 février 2001 au Caire, le général répondit ceci au sujet des sanctions imposée à l'Irak:
"We had a good discussion, the Foreign Minister and I and the President and I, had a good discussion about the nature of the sanctions -- the fact that the sanctions exist -- not for the purpose of hurting the Iraqi people, but for the purpose of keeping in check Saddam Hussein's ambitions toward developing weapons of mass destruction. We should constantly be reviewing our policies, constantly be looking at those sanctions to make sure that they are directed toward that purpose. That purpose is every bit as important now as it was ten years ago when we began it. And frankly they have worked. He has not developed any significant capability with respect to weapons of mass destruction. He is unable to project conventional power against his neighbors. So in effect, our policies have strengthened the security of the neighbors of Iraq..." (Mes soulignés)
Le 15 mai 2001, le général Powell comparaissait devant le comité suivant: "Foreign Operations, Export Financing and Related Programs Subcommittee of the Senate Appropriations Committee" et répondit ceci au sénateur Bennett au sujet des sanctions en Irak:
"The sanctions, as they are called, have succeeded over the last 10 years, not in deterring him from moving in that direction, but from actually being able to move in that direction. The Iraqi regime militarily remains fairly weak. It doesn't have the capacity it had 10 or 12 years ago. It has been contained. And even though we have no doubt in our mind that the Iraqi regime is pursuing programs to develop weapons of mass destruction -- chemical, biological and nuclear -- I think the best intelligence estimates suggest that they have not been terribly successful. There's no question that they have some stockpiles of some of these sorts of weapons still under their control, but they have not been able to break out, they have not been able to come out with the capacity to deliver these kinds of systems or to actually have these kinds of systems that is much beyond where they were 10 years ago."
Porky Pig VS Yosemite Sam
Et là, c'est reparti comme en 1917 et en 1942. Les Canadiens sont pour la guerre à 55 % et les Québécois sont contre à 53 %. Pour expliquer cela, Mario Roy donne deux raisons:
1° Cela a toujours été de même: on n'aime pas ça se battre à l'étranger,
2° Il y a des "hystériques" qui détestent tellement George W. Bush qu'il en perdent le nord.
Et M. Roy de reprendre les arguments de nos joyeux va-t-en-guerre:
1° Ce n'est pas comme la guerre en Irak,
2° Il y a un motif probant, déloger les terroristes,
3° Elle est approuvée par la communauté internationale,
4° Elle est bien accueillie par la population locale,
5° En somme, elle est morale.
Pour essayer d'y voir clair, demandons l'avis de quelqu'un qui connaît ça, le général Colin Powell par exemple. PBS résume sa pensée ainsi: "Essentially, the Doctrine expresses that military action should be used only as a last resort and only if there is a clear risk to national security by the intended target; the force, when used, should be overwhelming and disproportionate to the force used by the enemy; there must be strong support for the campaign by the general public; and there must be a clear exit strategy from the conflict in which the military is engaged."
Y a-t-il un risque évident pour la sécurité nationale du Canada? Non.
Avons-nous là-bas une force écrasante et disproportionnée? Non.
Les citoyens supportent-ils fortement l'intervention? À 55 %.
Avons-nous une stratégie claire pour se sortir du conflit? Non.
Telle une hache, une armée est un outil fort et puissant. Mais elle ne peut pas tout faire. Après avoir abattu l'arbre, cela me prend d'autres outils pour faire de la planche. Le travail militaire et le travail policier sont de nature différente. Les talibans sont maintenant partis. Un armée est-elle le bon outil pour le travail qu'il reste à faire en Afghanistan? J'ai des doutes.
Sans porte de sortie claire, il faut se poser la question du budget. Nous allons consacrer à l'Afghanistan plus d'argent (2,6 Ma $) qu'à l'ACDI, c'est-à-dire à tous les autres pays qui reçoivent notre aide internationale? Est-ce bien la chose à faire? J'ai des doutes.
Y a-t-il quelqu'espoir qu'un jour les chefs de clan et les seigneurs de la guerre afghans cèdent leur prérogatives à un gouvernement central élu démocratiquement? J'ai de forts doutes.
Les Afghans guerroient du fin fond de leurs montagnes depuis plus de 2 000 ans et les soldats d'Alexandre le Grand s'en rappellent encore! Une armée conventionnelle peut-elle y intervenir efficacement? J'ai de très forts doutes.
Le général Hillier a été évacué rapidement en hélicoptère à Kandahar parce qu'une bombe a explosé à 800 mètres de lui. On est loin du Lieutenant Colonel Bill Kilgore d'Apocalypse Now
qui s'exclame: "I love the smell of napalm in the morning" pendant que les balles sifflent autour de lui.
L'armée canadienne n'a pas été capable de désarmer une bande de traficants de pot qui opéraient à ciel ouvert, en terrain plat, à quelques kilomètres de Montréal, en 1990. Vous pensez qu'il vont désarmer les plus grands producteurs d'opium de la planète dans leurs montagnes? Faites-moi rire.
14 mars, 2006
Rumeurs
L'épisode Les papillons d'hier m'a étonné et ravi, malgré que je fréquente la série depuis 4 saisons maintenant. La "chute" d'Esther et son désarroi subséquent, l'union primitive et animale de Pierre-Paul et Sandra suivie de leurs embrassades affectueuses au poste de police, le cours de mensonge "pour les nuls" de Sandra à Esther et la réconciliation musclée de Pierre-Paul avec Benoît n'étaient pas prévus au menu d'un lundi soir tranquille. La réplique de l'épisode appartient cependant à Hélène: "Coudonc, suis-je la seule à mener une vie plate?"
Pour bien comprendre la relation de Pierre-Paul avec Sandra, il nous faut encore faire appel au Dr Helen Fisher, anthropologue:
"J'ai déjà proposé que l'évolution a doté les humains de trois différents réseaux neuronaux ou systèmes pour la séduction, l'accouplement, la reproduction et le parentage : la pulsion sexuelle, l'amour romantique et l'attachement.
La pulsion sexuelle, c'est-à-dire la recherche de la gratification sexuelle, est associée avec la testostérone et ses réseaux associés du cerveau chez les deux sexes.
L'amour romantique, qui se caractérise par l'extase, l'énergie débordante, la fixation de l'attention sur un partenaire d'accouplement préféré, les pensées obsessionnelles, et un désir insatiable pour lui ou elle, est associé avec une activité plus élevée de la dopamine, et probablement aussi avec des niveaux plus faibles de sérotonine.
L'attachement, les sentiments de calme et d'union émotionnelle avec un partenaire à long terme, est associé avec l'ocytocine et la vasopressine, et leurs circuits neuraux."
(Traduction de Philippe Gouillou, autorisée par Helen Fisher, mes soulignés)
Dûment informés par la docte Helen Fisher, il nous faut comprendre que l'épisode d'hier était full testostérone!
13 mars, 2006
"Intelligent design" ?
L’expression « athéisme militant » m’a toujours paru être un oxymoron. La grande majorité des militants dans les mouvements laïques sont soit des croyants qui déplorent les excès de la religion ou des croyants qui pensent que la société permet davantage l’épanouissement des diverses confessions si l’État et les institutions restent neutres sur le plan religieux.N’importe quelle personne ayant fait le cheminement menant à l’athéisme éprouve de l’ennui à parler de questions religieuses et trouve carrément horripilant de chercher à convaincre qui que ce soit de ses opinions. Avec la meilleure volonté de monde, au bout de 5 minutes, vous vous dites intérieurement : « Il n’y a rien à faire… », et vous passez à un autre sujet. Et si l’autre insiste, tout cela va finir au bout de 2 heures avec l’une ou l’autre de ces versions du panthéisme : « Il y a un Être suprême quelque part », ou « Il y a un peu de Dieu en chacun de nous ».
Depuis son arrivée sur terre, l’homme de Cromagnon cherche à comprendre le monde qui l’entoure et quand il ne comprend pas, il se fait des idées. Il y a 50 000 ans, les Esprits courroucés lui envoyaient le tonnerre et la maladie. Il y a 2 500 ans, Aphrodite restaurait sa virilité et Arès guidait son épée à la guerre. Puis vinrent les monothéistes qui s’entretuèrent entre eux, car chacun revendiquait que seul leur Dieu avait créé une Terre plate autour de laquelle tournait l’Univers.
Au fur et à mesure que la science avançait, la théologie reculait. Quand à la philosophie, elle jouait le rôle d’agent double, pavant parfois le chemin à la science, reformulant parfois au goût du jour les combats d’arrière-garde de la théologie.
Un des coups les plus durs porté par la science fut assurément la théorie de l’évolution de Darwin, dont j’ai parlé hier. L’onde de choc se répercute encore aujourd’hui. Je mentionnais que la théorie de Darwin, bien qu’impossible à prouver, est la pierre d’assise de la biologie moderne. J’ajoutais que la théorie de l’inexistence de Dieu, aussi impossible à prouver, devrait être considérée comme aussi solide que la théorie de Darwin.
Et c’est ce qui de fait s’est produit pendant des siècles. Chaque savant qui entreprenait une recherche refusait au départ de se faire dire que «c’était comme cela parce Dieu l’avait voulu ainsi ». En se disant que Dieu n’avait rien à y voir, il niait implicitement le rôle de Dieu pour le problème sous étude. L’hypothèse de l’inexistence de Dieu est à la base de tout développement scientifique. Et la recherche de la vie sur d’autres planètes postule au fond que la vie peut naître au hasard, si la soupe originelle contient les éléments requis, et cela, sans intervention divine.
Sera-ce le coup final aux religions dans le monde? Non, bien sûr. D’abord, pour les raisons morales et sociales mentionnées par Mario Roy dans ses 3 éditoriaux récents sur la foi (La Presse, 9,10 et 11 mars 2006), il y aura toujours des hommes religieux et des religions. Mais aussi parce que le « dessein intelligent », tagada tagada, arrive à la rescousse sur le plan rationnel. Ainsi, un de ses représentants le plus articulé, le Dr Deepak Chopra, chroniqueur régulier au Huffington Post, nous assure que : « Consciousness may exist in photons, which seem to be the carrier of all information in the universe. » Vous pouvez compléter votre formation sur le « dessein intelligent » également ici et là.
S’il n’y a pas de limite jusqu’où la science peut avancer, il semble n’y avoir non plus pas de limite jusqu’où la théologie peut reculer.
12 mars, 2006
Encore le père Darwin!

Charles Darwin, mort en 1882, n'a jamais pu participer aux discussions des brillants théoriciens de l'épistémologie. C'était un bon bourgeois anglais, fils de bourgeois et père de nombreux petits bourgeois. Il n'aimait pas l'école, il préférait se promener pour observer la nature et collectionner des plantes.
Après son voyage autour du monde sur le HMS Beagle comme naturaliste, il s'installe à la campagne, marie sa cousine, fait des enfants et observe les vers de terre qui le fascinent. Il publie même un livre sur eux, The Formation Of Vegetable Mould .
Tout ça pour dire que Darwin n'avait rien du verbo-moteur brillant capable d'en remontrer à tout le monde. C'était un maniaque des faits, de la stupide et tenace brutalité des faits, fussent-ils ceux d'humbles vers de terre essentiels à l'aération du sol de son jardin.
La suprême ironie, c'est que ce modeste coureur de papillons, cet observateur de vers de terre, timide et maladroit dans le débats, ait conçu une théorie scientifique impossible à prouver, mais si féconde pour expliquer et comprendre le monde qui nous entoure, qu'aujourd'hui elle trône, cette théorie, au pinacle des sciences biologiques. Publié en 1859, son livre On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favored Races in the Struggle for Life a changé le monde de la science et bouleversé les certitudes des penseurs religieux de l'époque. Encore aujourd'hui... mais je m'abstiendrai d'en rajouter sur ce sujet bien connu.
Voici deux citations du père Darwin nous montrant qu'il savait bien que sa théorie ne pouvait trouver de preuve factuelle déterminante et "hors de tout doute":
"If it could be demonstrated that any complex organ existed, which could not possibly have been formed by numerous, successive, slight modifications, my theory would absolutely break down. But I can find out no such case."
"The fact of evolution is the backbone of biology, and biology is thus in the peculiar position of being a science founded on an improved theory, is it then a science or faith?"
Il existe donc au moins une théorie qui, bien qu'on ne puisse pas la prouver, constitue la pierre d'assise de nombreuses autres lois scientifiques et de nombreux autres faits démontrés selon toute la rigueur de la méthode scientifique. J'ai le goût d'en suggérer une autre:
Il n'y a pas de dieu.
En fait, je suis bien conscient que je ne suis pas le premier à dire : "Dieu est mort", et patati et patata. Mais je ne le dis pas pour me soulager, ni pour m'en libérer. C'est fait depuis longtemps. Qu'on le veuille ou non, c'est un deuil à faire. Mais quand il est fait depuis longtemps, cela n'est qu'une pensée importune que l'on chasse comme une mouche agaçante.
J'entends quelque fois, et je lis à l'occasion l'équivalent de:
"On ne peut pas prouver l'inexistence de Dieu, donc je suis agnostique."
"L'athéisme est la nouvelle forme de l'intégrisme."
"Les athées militants sont les nouveaux curés de Duplessis."
Je n'ai pas de problème à vivre et discuter avec les gens qui partagent ces opinions, pas plus qu'avec les personnes de toute obédience religieuse, quels qu'ils soient. Ce sont les affirmations péremptoires des orthodoxies qui m'ennuient. J'aime la vertu tenace des faits, des faits tout simples.
Il me semble que si l'on pose l'hypothèse qu' il n'y a pas de dieu, le monde devient plus facile à comprendre sur le plan scientifique et plus facile à vivre sur le plan sociologique. Une telle théorie, bien qu'impossible à démontrer "hors de tout doute", devrait recevoir la même considération que la théorie sur l'origine des espèces du père Darwin, c'est-à dire, être considérée comme une réalité, et non pas comme une foi.
11 mars, 2006
La télévision abrutit
Il est impossible de mesurer tous les bienfaits que la société américaine a apporté à l'humanité. On peut commencer par la Constitution des État-Unis de 1787, deux ans avant que la France ne lance le slogan "Liberté, égalité, fraternité". Je parle de slogan, car, pour ce que les Français en ont fait à l'époque, ce ne furent que de vains mots. Quant à la Constitution américaine, ce n'est pas parce que Bush la foule aux pieds, tout en tuant des gens pour en imposer le modèle, qu'elle en perd pour autant sa valeur intrinsèque.On peut certainement mentionner comme autre réussite la mise sur pied d'un système scolaire pour tous, dont le fleuron est le réseau universitaire d'où sont issu les plus grandes innovations scientifiques et techniques qui ont marqué le siècle dernier.
J'ajoute comme facteur de réussite un capitalisme innovateur et dynamique qui a réussi à faire passer dans la vie courante des citoyens les bénéfices des recherches scientifiques et techniques développées dans les universités et dans les laboratoires privés. La démocratie américaine a de plus, surtout depuis Franklin D. Roosevelt, été capable d'imposer au capitalisme des freins qui en ont réduit les pires excès et permis la création d'une classe moyenne de taille appréciable.
Je sais, il y a des laissés pour compte, les autos font fondre les glaciers et la télévision abrutit. Mais Jean-Marc Chaput a dit: "Tu peux toujours mettre le piton à off. "
Ce qui m'amène au sujet d'aujourd'hui. Je crois bien avoir entendu à la télé, il y a quelque temps, quelqu'un dire en substance: "Les Américains sont le seul peuple qui soit passé de la barbarie à la décadence, sans connaître les joies de la civilisation."
J'ai trouvé cela vachement anti-américain.
10 mars, 2006
Les satellites espions à la recherche de l'arche de Noé
On peut certainement mentionner comme autre réussite la mise sur pied d'un système scolaire pour tous, dont le fleuron est le réseau universitaire d'où sont issu les plus grandes innovations scientifiques et techniques qui ont marqué le siècle dernier.
J'ajoute comme facteur de réussite un capitalisme innovateur et dynamique qui a réussi à faire passer dans la vie courante des citoyens les bénéfices des recherches scientifiques et techniques développées dans les universités et dans les laboratoires privés. La démocratie américaine a de plus, surtout depuis Franklin D. Roosevelt, été capable d'imposer au capitalisme des freins qui en ont réduit les pires excès et permis la création d'une classe moyenne de taille appréciable. (1)
Je sais, il y a des laissés pour compte, les autos font fondre les glaciers et la télévision abrutit. Mais Jésus a dit: "Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous". (Jean, 12:8)
Ce qui m'amène au vrai sujet de cette chronique. Nous disions donc, hier, que 53% des Américains pensent que Dieu a créé Adam et Ève. Je disais cela pour faire image, mais la réalité est pire que cela:
"A Gallup report released today reveals that more than half of all Americans, rejecting evolution theory and scientific evidence, agree with the statement, "God created man exactly how Bible describes it."
Editor & Publisher, 8 mars 2006.
Les Américains croient donc que Dieu a créé l'univers en 7 jours, il y 4 000 ans. Ce 4 000 ans provient du calcul des experts de la Bible. Le calcul se base sur le nombre de générations remontant à Adam et Ève qu'on y mentionne.
Une première question me vient à l'esprit: "Où étaient tous ces gens lors du cours sur la datation au carbone 14, en Chimie 101." Et la deuxième: "Comment se sentent-ils quand ils regardent un documentaire sur l'homme de Néanderthal à la télé?" Et une troisième: "Sursautent-ils quand ils tombent par inadvertance sur un article du journal qui leur dit que la Terre a 4.5 milliards d'années, que l'Univers a 14 milliards d'années et que la grande question que les savants se posent, c'est de savoir si l'Univers va continuer à s'étendre ou s'il va se contracter après un nombre indéfini de milliards d'années?"
Il n'y a pas de réponse à ces questions. Ce mystère de la psyché américaine a trouvé son illustration parfaite aujourd'hui en la personne de Porcher Taylor. Le personnage est professeur associé à l'Université de Richmond après une carrière de 30 ans comme analyste en sécurité nationale et de 5 ans comme associé sénior au "Center for Strategic and International Studies (CSIS) " à Washington.
Utilisant ses contacts dans les milieux de l'espionnage, l'homme a fait déclassifier des photos de satellites espions, en plus d'utiliser les photos provenant d'autres satellites commerciaux. Il pense avoir trouvé l'arche de Noé.
L'arche de Noé. Aux flancs du Mont Ararat. À 15 300 pieds au-dessus du niveau de la mer. À 200 milles du plus proche océan.
C'est complètement ridicule. Tout le monde sait que l'arche de Noé a déjà été trouvée et identifiée par l'Américain Ron Wyatt en 1977 sur la chaîne de montagnes où se trouve le Mont Ararat. À 6 300 pieds au-dessus du niveau de la mer. À 200 milles de l'océan le plus proche.
Il est d'ailleurs dit dans la Bible: "... l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat", et non pas sur le Mont Ararat. (Gen 8:4).
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(1) J'ai placé cette introduction dans Favoris. J'ai l'intention de m'en servir chaque fois que j'aurai à dire quelque chose qui n'est pas gentil pour les Américains. Il paraît que la rumeur circule à l'effet que tout est surveillé dans les internets.
09 mars, 2006
L'homme de Néanderthal a un gros nez
Ils devaient de plus entrer en compétition pour les territoires de chasse avec Homo sapiens sapiens, ou homme de Cromagnon, qui arrivait du sud de l’Afrique après 70 000 ans d’errances. Cela fait donc 100 000 ans que l’espèce humaine, telle qu’on la connaît aujourd’hui, habite cette planète. Pour faire mieux que les Néanderthaliens, les Cromagnons, c’est-à-dire nous, devront survivre au moins encore 100 000 ans.
La prochaine ère glaciaire est prévue pour arriver dans 30 000 ans. Comment allons-nous nous ajuster à la nouvelle situation lorsqu’il y aura 1 kilomètre de glace sur New-York, St-Pétersbourg, Londres et Paris ? Et ça, c’est si on passe à travers la fonte de l’Arctique, le détournement du courant du Gulf Stream, la fin des énergies fossiles et la montée des intégrismes religieux.
Nos chances ne sont pas élevées. D’ailleurs, le cerveau du Néanderthalien, anatomiquement identique au nôtre, était de 20% plus volumineux que le nôtre. C’est vous dire…
Peut-être que cette chronique n’est « pas rap’ ». J’essaye seulement de mettre en perspective l’affaire du kirpan, Jean Charest, les 53% d’Américains qui pensent que Dieu a créé Adam et Ève, le président qu’ils ont élu, l’Iran et le Conseil de sécurité de l’ONU.
07 mars, 2006
L'athéisme, l'intégrisme et le sacré
Il est certain que la question du kirpan pose concrètement, dans la vie de tous les jours, un problème mineur. Mais l'ampleur de la réaction à la décision de la Cour suprême suggère autre chose. À partir du constat que le port du kirpan, ou du turban, ne va rien changer à sa vie personnelle, Patrick Lagacé renvoie dos à dos l'élite et le peuple. La première y verrait une occasion de ressortir ses grands mots et le deuxième, une occasion d'exprimer sa peur de l'Autre. C'est un peu court, dirait Cyrano.
Je perçois davantage ce problème comme une pierre de touche, bien sûr une petite parmi tant d'autres, mais une pierre de touche tout de même servant à définir ce que la société québécoise veut devenir. À partir de là, on peut plus facilement comprendre pourquoi tant de citoyens se sont prononcé sur la question.
Sur un autre sujet, mais connexe, le droit constitutionnel stipule que les institutions ont une obligation "d'accommodement raisonnable" face aux pratiques religieuses des citoyens, chaque cas devant être traité selon son mérite.
J'ai recensé sur le site anglais Sikh-Heritage une liste de 32 sectes sikhes avec des rituels différents. Ces sectes n'ont pas toutes la même importance et certaines d'entre elles ont disparu.
Les voici:
Namdharis, Nirankaris, Sant Nirankaris, Nihangs, Radhasoamis, Yogi Bhajan’s 3HO, Ahluwalias, Ramgarhias, Khalistan, Singh Sabha, Udasis, Nirmala , Sufism, Lobanas, Vanjaras, Sikligars, Sachkhand Nanak Dham, Akhand Keertani Jatha, Mihan Sahibs, Minas, Namdeo Panthi, Nanak-Panthi, Nikalsaini, Sanwal Shahis, Suthra Shahis, Suthra Panth, Mazhabi, Sahijdhari, Tat Khalsa, Bandai Sikhs, Niranjaniye, Kabir Panthi.
Bonne chance aux institutions.
De notre fil de presse
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Mardi, le 7 mars 2006
Fabienne Larouche outrée par la soirée des Oscars
UBI
Montréal
La célèbre productrice Fabienne Larouche s’est déclarée outrée par la soirée des Oscars qui a couronné Crash meilleur film pour l’année 2005. « La consécration par l’Academy de ce film à petit budget, aux cotes d’écoute confidentielles… euh… aux faibles recettes au Box Office, je veux dire, est un signe que l’industrie est malade. »
Rejointe sur le plateau de tournage de Virginie, à Radio-Canada, Mme Larouche n’avait que peu de temps à nous consacrer, vu qu’on l’attendait à TVA pour régler un problème sur le jeu issu de sa série Un homme mort, et vu que François Avard ne cessait de l’appeler sur son cellulaire.
« Quand on pense, a-t-elle poursuivi, que Crash a coûté seulement 6.5M $ à produire et King Kong 207M $, on réalise qu’il y a une bien plus grande part des coûts de production qui est allée en rémunération du producteur pour Crash que pour King Kong, en proportion du budget total. »
Mme Larouche est d’avis que le goût du public ne trompe pas et que si les gens ont dépensé 217M $ pour voir King Kong et seulement 53M $ pour Crash, cela doit bien vouloir dire quelque chose. Elle a déploré que King Kong n’ait reçu que de vagues prix de consolation, comme les meilleurs effets spéciaux ou le meilleur montage sonore. « C’est toujours la même chose avec les prix d’excellence attribués par les pairs, tels que les prix Gémaux, ici. » Elle a conclu qu’elle ne pouvait pas parler pour Universal Studios, mais qu’ils devraient boycotter les Oscars, l’an prochain.
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Ceci était une satire. UBI n'existe pas. Mme Larouche existe, mais elle n'a jamais prononcé les paroles qu'on lui a prêté ici dans le but de rédiger un texte satirique. Elle n'est d'ailleurs pas la seule productrice au Québec à boycotter les prix Gémaux.
06 mars, 2006
Le Parti libéral du Canada en orbite

Marc Garneau est presque prêt à se lancer dans la course à la chefferie du PLC, selon Michel Vastel. Voici la conclusion de son discours, samedi soir à Halifax, où il était l'invité d'honneur de l'aile locale du PLC:
" En conclusion, j’aimerais vous exhorter à vous défaire de certaines de vos façons de penser. Comme libéraux, dites-vous qu’il est temps de repartir à neuf, avec un esprit ouvert, un désir de partager des idées et d’en débattre, et une volonté de parvenir ensemble à un consensus au sein d’une famille libérale unie. Je suis prêt à relever ce défi ! L’êtes-vous? "
Le PLC serait l'objet de blagues jusqu'à la fin des temps s'il choisissait Marc Garneau comme chef. Et si Marc Garneau continuait de gaffer comme pendant la dernière campagne électorale, il y aurait de nouveaux sujets de moquerie chaque jour.
Là ne réside pas le danger. Voyez qui d'autre était présent à cette rencontre de Halifax: Ken Dryden, Belinda Stronach, Scott Brison, Maurizio Bevilacqua, Robert Prichard, David McGuinty et ... Michael Ignatieff. Michael Ignatieff, le partisan de la guerre en Irak, le promoteur de l' interrogation "efficace" des terroristes, l'adversaire des nationalismes "dépassés": l'équivalent de Pierre Elliot Trudeau, mais gonflé aux stéroïdes. La deuxième mâchoire du piège à con s'en vient!
C'est de plus un candidat crédible dans le ROC, 59 ans seulement, multilingue, ancien professeur à Harvard, député libéral d'Etobicoke-Lakeshore, et toutes ces sortes de choses.
05 mars, 2006
Le pouvoir de l'imaginaire


Franz Kafka et George Orwell sont parmi les auteurs les plus cités pour décrire et expliquer les États-Unis d'aujourd'hui. N'est-ce pas là un éloquent témoignage de la puissance du genre romanesque et du pouvoir de l'imaginaire?
04 mars, 2006
03 mars, 2006
Les orthodoxies
02 mars, 2006
André Boisclair et le syndrome de l'imposteur

Note proto-préliminaire: La présente chronique ne prétend pas qu'André Boisclair soit un imposteur, mais elle vise à expliquer les ratés de ses premiers pas comme chef du PQ par le syndrome de l'imposteur.
Note préliminaire: La présente chronique ne s'en prend pas en fait à la personne d'André Boisclair, mais aux boomers du PQ qui ont jeté Bernard Landry pour propulser André Boisclair, pensant se rajeunir "par amalgame", comme dirait Sarkozy.
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N'importe qui se voyant élevé rapidement et de façon inattendue à de hautes responsabilités risque de souffrir du syndrome de l'imposteur. Je dis bien souffrir, car ce syndrome est générateur d'angoisses, de stress, et donc de gaffes. Et la roue se met à tourner, mais dans le mauvais sens.
Les photos de presse d'André Boisclair nous le montrent en deux versions: a) sérieux, les traits crispés, les yeux un peu hagards ou b) souriant, mais de façon exagérée, avec au moins 44 dents. Même sa photo officielle, ci-haut, ne respire pas le calme et la sérénité.
André Boisclair est stressé. C'est un jeune homme malheureux et je compatis. Mais comme chef de parti, il n'a présidé jusqu'ici qu'à un festival de gaffes.
Son indifférence face à l'imposition de la convention collective des fonctionnaires dénotait de l'insensibilité: "Je n'ai pas l'intention de fédérer tous les insatisfaits..." Il choisit alors plutôt de s'opposer à la nomination du délégué général à Paris.
Puis il disparaît, travaillant, dit-on, à la réorganisation du Parti. Il me semble cependant que cela n'est pas si difficile de prendre une demi-journée par semaine pour tomber sur le râble de Jean Charest. Les journaux réussissent à le faire à tous les jours. Ces conférences de presse nous rappelleraient qu'il existe et l'aideraient à développer son look serein.
Puis il revient, cette semaine, avec sa ridicule déclaration contre Gesca et son opposition à la hausse des tarifs d'électricité de 5.3%. La paranoïa et la démagogie qui se pointent en même temps chez un homme politique n'annoncent rien de bon!
Aidez-le quelqu'un!
01 mars, 2006
Claude Gingras passe aux aveux

Dans son compte-rendu sur le concert du Quatuor Molinari, le célèbre critique musical de La Presse avoue s'être presqu'endormi pendant "Alvéoles"de Santa Ratniece et pendant "Pyr Aionion" de Lasse Thoresen:"La Lettone... et le Norvégien... créent l'un et l'autre un effet hypnotique proche du sommeil."
Claude Gingras, La Presse, 1 mars 2006.
Je le savais! Je le savais que la musique actuelle, c'est endormant! Mais endormant au point que M. Gingras le souligne, ça, il faut le faire. Bravo Santa et Lasse!
La musique actuelle, comme l'appelle M. Gingras, est peut-être ce qu'il y a de plus difficile à apprécier en musique. Il faut une formation, savoir ce que veulent dire ces recherches musicales, savoir en quoi elles se démarquent de ce qui a déjà été fait. Il faut en avoir écouté beaucoup, s'être familiarisé avec ses sonorités pour ne pas être désarçonné par ses audaces.
Je suis loin d'en être rendu là. En musique classique, j'aime beaucoup le Concerto pour violon de Tchaïkovski et le Concerto pour clarinette de Mozart. Après, il y a quelques pièces que j'aime bien et dont je ne me rappelle jamais les noms. Finalement, le reste m'ennuie prodigieusement. Il est hors de question de me taper Turandot au complet pour entendre "Nessun dorma". Je fausse quand je chante, je suis sourd d'une oreille et je n'ai aucune formation musicale. Ceci explique sans doute cela.
Pourquoi parler de musique classique? Parce que je veux revenir sur un point que j'ai mal développé dans une précédente chronique: je suis d'avis que lire le Monde diplomatique et le New York Times, c'est du divertissement autant que de lire La Semaine et Le Lundi.
Personne ne va nier que d'écouter de la musique classique, c'est du divertissement pour ceux qui ont la formation et l'oreille pour aimer cela. Ce n'est pas à la portée de tout le monde d'aimer la musique classique, mais cela reste un divertissement, comme la musique populaire.
L'analogie est facilement transposable au domaine journalistique. Mettons que Flash et Infoman sont du divertissement: c'est amusant, cela change les idées et cela ne va pas changer le monde.
Mais surtout, il n'est pas besoin de formation préalable, ni d'une longue pratique du jargon politique pour les apprécier.
Comme pour la musique classique, l'entrainement préalable est nécessaire pour apprécier les médias dits "sérieux", et lorsqu'on les apprécie, cela ouvre la porte à des sensations, des angoisses, des joies plus grandes. Certains passages du Concerto pour violon de Tchaïkovski m'offrent des sensations qu'aucune musique populaire ne m'a jamais offert. Il me semble que c'est plus épeurant de se demander si Bush va attaquer l'Iran que de se demander si Isabelle va être expulsée de Love Story. (L'inexactitude est ici volontaire).
Dans le deux cas, cependant, on reste dans le domaine des émotions, du divertissement. Je me divertis à avoir peur de la guerre, à détester la montée du fachisme aux États-Unis, à désespérer d'une souveraineté québécoise illusoire. So what? Cela reste du divertissement.
Claude Gingras m'est-il supérieur parce qu'il peut apprécier le Quatuor no 2 (1968) de Krzysztof Penderecki? Suis-je supérieur à Margot parce que je me promène dans les internets?
Tout ça, all that jazz, c'est du divertissement!








