
Lors des derniers jeux olympiques, des journalistes ont souligné que, dans certaines disciplines, autant chez les hommes que chez les femmes, la compétition n’a pas été très relevée. Cela dévalorise en quelque sorte les médailles que le Canada y a gagné. L’exemple du hockey féminin saute aux yeux de tous.
Dans sa chronique d’hier, Lise Payette s’en prend à l’attitude machiste des journalistes qui dévalorisent les médailles gagnées par les femmes. La généralisation est évidemment grossière. On parle de médailles gagnées par des hommes dans certaines disciplines et par des femmes dans certaines disciplines, et non pas par les femmes dans toutes les disciplines.
Ce procédé de la généralisation abusive dans une chronique ne mériterait pas d’être souligné, tellement il est courant. Il est le pain et le beurre du chroniqueur affamé par une disette de sujets à traiter. Il est la source désaltérante du chroniqueur égaré dans un désert d’idées. Ce n’est pas tous les jours que les événements démontrent que vos préjugés sont bien fondés. Alors, il faut un peu forcer la note.
Non, ce qui m’a intéressé dans la chronique de Mme Payette, c’est d’y retrouver, en filigrane, certains des éléments du discours fondateur du féminisme des années ’70 .
Les hommes sont menteurs et prétentieux : « On nous a dit si souvent, depuis que nous sommes enfants, qu'on nous avait laissé gagner chaque fois que nous avons gagné quelque chose… »
Les hommes sont surévalués : « En s'y mettant sérieusement, les filles ont commencé à découvrir que la prétendue supériorité des garçons était très surfaite. »
Les hommes sont râleurs : « Ça fait râler les garçons. Ça les énerve de voir des filles premières de classes. »
Les hommes ne prennent pas leurs responsabilités et sont paresseux : « Certains prétendent même que c'est (la réussite des filles) la principale raison de l'échec scolaire des garçons. Il ne semble venir à l'esprit de personne que c'est plutôt parce que les garçons ne travaillent pas assez et sont paresseux ...»
Les hommes sont présomptueux et paresseux : « …les garçons ne travaillent pas assez et prennent pour acquis qu'ils ont droit aux meilleurs diplômes parce qu'ils sont des garçons et qu'ils méritent les premières places sans fournir d'effort. »
Les hommes sont des incapables : « …l'équipe masculine qui est rentrée bredouille des JO? »
Il n’y a pas vraiment de différence physique entre les hommes et les femmes : « Le jour où les filles auront battu les gars au hockey, est-ce qu'elles seront enfin des égales, avec les mêmes salaires que ces messieurs?
Vous riez? Je vous rappelle que les gars riaient aussi quand les femmes disaient qu'elles seraient avocates, ingénieures et même chirurgiennes. »
Les hommes sont pleurnicheurs : « Ça fait déjà un bout de temps qu'ils ne rient plus. Ça se lamente même dans les coins. »
Les femmes ont une fibre morale supérieure à celle des hommes : « Les filles ont gagné des médailles d'or, d'argent et de bronze en faisant ce qu'elles savent faire le mieux, en se dépassant, en allant au bout de leurs capacités, en visant le sommet et en y mettant les efforts nécessaires. La recette est la même pour les gars... »
Aujourd’hui, Mme Payette doit être septuagénaire et grand-maman. Elle a eu le temps de réfléchir sur la vie et sur le sens qu’on peut prêter aux choses de la vie. Cela m'étonne d'elle qu'elle n'ait pas évolué depuis les années '70.























