Dans le courrier de La Presse de ce matin, Isabelle Bégin pose de bonnes questions sur le suicide assisté. Mes réponses, sorties de l'arsenal de la rationalité, ne vont pas satisfaire tous ceux qui souffrent d'être enfermés dans des dilemmes aussi déchirants.
Q. Mme Houle reçoit une peine amoindrie pour avoir tué son fils dépressif et atteint de la sclérose en plaques, parce qu'elle aurait agi à la demande de celui-ci. Qui peut prouver que cette demande a réellement été faite?
R. La police, dont c'est la tâche d'établir les faits. Si une loi encadrait l'euthanasie et le suicide assisté, le travail des policiers en serait d'autant facilité. Y aura-t-il quand même des meurtres déguisés en suicide assisté? Oui. Mais les lois issues de "Polytechnique" n'ont pas non plus empêché la fusillade de la rue Younge à Toronto.
Q. Restera-t-il un facteur dissuasif pour éviter que les soignants exaspérés ne se débarrassent des personnes à leur merci?
R. Si le soignant est exaspéré, il posera le geste fatal sur l'impulsion du moment. Or, il n'existe pas de facteur dissuasif aux gestes impulsifs. Si les facteurs dissuasifs dissuadaient, il n'y aurait pas de criminels.
Q. Pourquoi la victime n'aurait-elle pas eu droit à un traitement de la dépression au lieu d'un meurtre (c'est la mère qui a posé le geste) finement rebaptisé "suicide assisté"?
R. Charles Fariala a sans doute été triste d'apprendre qu'il avait la sclérose en plaque. Mais je me méfie des diagnostics à distance: il n'était pas automatiquement plongé dans la dépression.
Placé devant l'inéluctable d'une situation sans espoir, c'est faire montre d'un sain réalisme que de vouloir faire quelque chose à ce sujet et de prendre les décisions qui s'imposent. Les dépressifs n'ont pas cette énergie, ni cette capacité de réagir.
Q. Allons-nous tuer toutes les personnes qui le demandent parce que suicidaires et dépressives (si on dit oui pour une catégorie de gens, on ne peut dire non aux autres)?
R. Non, car c'est là le propre des sociétés civilisées d'instaurer des lois qui sachent discriminer en fonction des us, coutumes et croyances des populations qui les composent. D'où la nécessité encore une fois que le parlement canadien, qui a juridiction sur cette question, établisse les balises du suicide assisté telles qu'une majorité de citoyens le désirent à l'heure actuelle.
Q. Pourquoi consentons-nous à nous débarrasser volontiers des personnes malades ou handicapées, comme si elles étaient des citoyens de seconde classe, un fardeau inacceptable?
R. Il n'est pas question de se débarrasser des malades ni des handicapés en général. Il est question de répondre à la demande de mourir faite par des personnes lucides dont la situation est sans espoir. Nier à ces personnes le droit de disposer de leur vie, droit que pour l'instant seul le droit naturel reconnaît, en ferait justement des citoyens de seconde classe.
Q. Avec le traitement de la douleur et les avancées extraordinaires de la médecine, tous ont une possibilité de vivre une vie valable, malade ou pas. Quel message envoyons-nous aux personnes malades ou handicapées qui considèrent que leur vie vaut la peine d'être vécue?
R. Un message d'espoir. Un message de liberté. Elles ont le choix. C'est elles qui décident de leur vie. Elles veulent vivre? Bravo! Ça n'en vaut plus la peine? Elles ont le choix.
31 janvier, 2006
30 janvier, 2006
Haro sur les mouroirs

Les CHSLD, qui dans notre société jouent le rôle de mouroirs, manquent d'argent et de personnel. Les "bénéficiaires" ne reçoivent pas assez de bains, sont nourris trop rapidement et marinent dans leurs couches salies. Pour augmenter leurs revenus, embaucher plus de personnel et améliorer le sort des "bénéficiaires", des mouroirs se sont essayés à la tarification.
Certains CHSLD, estimant que, conformément à l'article 83 de la LSSSS, leur mission est d'offrir "un milieu de vie substitut", et compte tenu que dans le milieu de vie original, le lavage des vêtements n'est pas gratuit, ont imposé une tarification de 10$/semaine pour procéder à ladite opération.
Un juge, se basant sur des "circulaires" émises en 1995 qui "précisent que le service de lavage des vêtements personnels doit être offert gratuitement aux usagers", ordonne que les CHSLD remboursent rétroactivement au 30 juin 1994 les frais de lavage des vêtements personnels.
Concrètement, cela veut dire que les frais de lavage devront à l'avenir être inclus dans les frais globaux d'hébergement, car rien n'est gratuit dans la vie. Cela veut aussi dire que les millions de dollars que les CHSLD vont verser à leurs bénéficiaires, ou aux successions des bénéficiaires décédés, seront absorbés par les futurs bénéficiaires, car rien n'est gratuit dans la vie.
Concrètement, cela veut donc dire qu'on assiste présentement au transfert intergénérationnel du coût du lavage des "traces de brakes". Mon coeur s'enflamme pour une si noble cause:
Debout, debout, les damnés de la terre !
Ceux qu'on écrase en les mouroirs humains,
Debout, debout, les forçats de misère !
Unissons-nous, moribonds canadiens!
Je suggère comme prochaine cible à notre action le coût de remplacement des pièces de rechange des fauteuils roulants personnels.
P.S. Mille mercis au juge Laramée pour sa décision dans l'affaire Marielle Houle.
29 janvier, 2006
La démocratie? Où ça?
Le Hamas, un organisme versant à la fois dans la philanthropie, l'électoralisme et le terrorisme, vient de prendre le pouvoir en Palestine, à la suite d'élections incontestablement régulières.
En Israël, juste à côté, ou mieux, tout autour, la démocratie valse au gré des groupuscules intégristes qui détiennent la balance du pouvoir.
Aux État-Unis, un président s'arroge tous les pouvoirs parce qu'il est le "commander in chief" d'un pays en guerre contre le terrorisme, et ce, après deux élections fortement contestées, la première en Floride et la seconde en Ohio.
Au Canada, le premier ministre nomme de sa propre autorité le chef de l'État, les juges de la Cour Suprême et un tas d'autres juges, les ministres du Conseil exécutif, les sénateurs de la Chambre haute et les candidats qui vont se présenter aux élections pour son parti à la Chambre basse. Autrement dit, il nomme le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. Il décide aussi de la date où il voudra bien se présenter devant l'électorat.
Dans l'ancienne U.R.S.S., dotée d'une constitution très progressive, les citoyens utilisaient consciencieusement leur droit de vote pour élire les seuls représentants du parti communiste.
Dans l'ancienne Irak, Sadam Hussein tenait des élections où le parti Baas obtenait régulièrement plus de 95% des voix et il dirigeait le pays via le CCR, le Conseil de commandement de la révolution.
Dans la nouvelle Irak, Bush dépense plus de 200 milliards US$ pour se débarasser d'un allié traditionnel des États-Unis et le remplacer par un gouvernement shiite et pro-iranien, à la suite d'élections où les candidats étaient anonymes par peur d'être assassinés.
En Algérie, en 1992, le Front islamiste du salut (FIS), dont le programme politique était "un homme, un vote, une fois", gagne les élections. La démocratie est sauvée par un coup d'état de l'armée.
En Inde, la plus grande démocratie au monde, 500 000 000 de personnes ne savent ni lire ni écrire, et ne risquent pas de l'apprendre bientôt non plus, vu le système de castes qui maintient rigidement des structures sociales inégalitaires.
L'anecdote veut que des badauds demandèrent à Benjamin Franklin, au sortir d'une réunion de la Convention constitutionnelle, quelle sorte de gouvernement les délégués avaient choisi. Il leur répondit:"Une république, si vous pouvez la conserver."
Des élections ne font pas une démocratie. Les démocraties ne sont pas éternelles. Pierre qui roule n'amasse pas mousse.
En Israël, juste à côté, ou mieux, tout autour, la démocratie valse au gré des groupuscules intégristes qui détiennent la balance du pouvoir.
Aux État-Unis, un président s'arroge tous les pouvoirs parce qu'il est le "commander in chief" d'un pays en guerre contre le terrorisme, et ce, après deux élections fortement contestées, la première en Floride et la seconde en Ohio.
Au Canada, le premier ministre nomme de sa propre autorité le chef de l'État, les juges de la Cour Suprême et un tas d'autres juges, les ministres du Conseil exécutif, les sénateurs de la Chambre haute et les candidats qui vont se présenter aux élections pour son parti à la Chambre basse. Autrement dit, il nomme le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. Il décide aussi de la date où il voudra bien se présenter devant l'électorat.
Dans l'ancienne U.R.S.S., dotée d'une constitution très progressive, les citoyens utilisaient consciencieusement leur droit de vote pour élire les seuls représentants du parti communiste.
Dans l'ancienne Irak, Sadam Hussein tenait des élections où le parti Baas obtenait régulièrement plus de 95% des voix et il dirigeait le pays via le CCR, le Conseil de commandement de la révolution.
Dans la nouvelle Irak, Bush dépense plus de 200 milliards US$ pour se débarasser d'un allié traditionnel des États-Unis et le remplacer par un gouvernement shiite et pro-iranien, à la suite d'élections où les candidats étaient anonymes par peur d'être assassinés.
En Algérie, en 1992, le Front islamiste du salut (FIS), dont le programme politique était "un homme, un vote, une fois", gagne les élections. La démocratie est sauvée par un coup d'état de l'armée.
En Inde, la plus grande démocratie au monde, 500 000 000 de personnes ne savent ni lire ni écrire, et ne risquent pas de l'apprendre bientôt non plus, vu le système de castes qui maintient rigidement des structures sociales inégalitaires.
L'anecdote veut que des badauds demandèrent à Benjamin Franklin, au sortir d'une réunion de la Convention constitutionnelle, quelle sorte de gouvernement les délégués avaient choisi. Il leur répondit:"Une république, si vous pouvez la conserver."
Des élections ne font pas une démocratie. Les démocraties ne sont pas éternelles. Pierre qui roule n'amasse pas mousse.
27 janvier, 2006
Monsieur le juge a eu 92%
Aujourd'hui est un jour où je suis fier d'appartenir à cette société qui habite le Québec.
"Au palais de justice de Montréal, le juge Maurice Laramée a soumis Marielle Houle à trois ans de probation. La femme de 60 ans a reconnu lundi avoir aidé son fils, atteint de sclérose en plaques, à se suicider en septembre 2004."
Radio-Canada
En rédigeant mes deux précédents envois sur le suicide assisté ( ceux du 25 et du 26 janvier), j'avais quand même une certaine crainte d'assister ici aux dérapages qu'on a connu lors de l'affaire Latimer. Des enquêtes policières bâclées, des procureurs vindicatifs aiguillonnés par des groupuscules politiques pro-vie et une opinion publique, disons-le, arriérée et un peu fruste ont fini par jeter Robert Latimer en prison pour la vie.
Il est vrai que le meurtre par compassion n'est pas le suicide assisté. Mais il faut encore plus d'amour et d'abnégation de soi pour faire un meurtre par compassion. Parce que la personne qui souffre ne peut pas le demander, elle ne peut pas nous déculpabiliser, ni aux yeux de la société, ni à nos propres yeux.
Tout s'est bien passé dans l'affaire Marielle Houle. Les policiers ont établi les faits, la procureure s'est montré sévère sans charrier dans son réquisitoire et le juge a rendu une décision appuyée par une revue sérieuse et exhaustive de la jurisprudence en ce domaine. Les institutions judiciaires, malgré qu'elles aient été prises dans le carcan d'une loi dépassée, ont réussi à tenir compte de l'évolution d'une société. Il faut maintenant adapter la loi, ce qui est dans les cartons du Bloc québécois, nous dit-on.
Le sondage TVA conforte le juge dans son évaluation de la société: sur 4 909 répondants, 92% approuvent la décision du juge Laramée. Avec un si grand nombre de répondants, la seule autre façon d'obtenir un score de 92% d'approbation est de demander aux gens s'ils aiment la tarte aux pommes! Et encore...
"Au palais de justice de Montréal, le juge Maurice Laramée a soumis Marielle Houle à trois ans de probation. La femme de 60 ans a reconnu lundi avoir aidé son fils, atteint de sclérose en plaques, à se suicider en septembre 2004."
Radio-Canada
En rédigeant mes deux précédents envois sur le suicide assisté ( ceux du 25 et du 26 janvier), j'avais quand même une certaine crainte d'assister ici aux dérapages qu'on a connu lors de l'affaire Latimer. Des enquêtes policières bâclées, des procureurs vindicatifs aiguillonnés par des groupuscules politiques pro-vie et une opinion publique, disons-le, arriérée et un peu fruste ont fini par jeter Robert Latimer en prison pour la vie.
Il est vrai que le meurtre par compassion n'est pas le suicide assisté. Mais il faut encore plus d'amour et d'abnégation de soi pour faire un meurtre par compassion. Parce que la personne qui souffre ne peut pas le demander, elle ne peut pas nous déculpabiliser, ni aux yeux de la société, ni à nos propres yeux.
Tout s'est bien passé dans l'affaire Marielle Houle. Les policiers ont établi les faits, la procureure s'est montré sévère sans charrier dans son réquisitoire et le juge a rendu une décision appuyée par une revue sérieuse et exhaustive de la jurisprudence en ce domaine. Les institutions judiciaires, malgré qu'elles aient été prises dans le carcan d'une loi dépassée, ont réussi à tenir compte de l'évolution d'une société. Il faut maintenant adapter la loi, ce qui est dans les cartons du Bloc québécois, nous dit-on.
Le sondage TVA conforte le juge dans son évaluation de la société: sur 4 909 répondants, 92% approuvent la décision du juge Laramée. Avec un si grand nombre de répondants, la seule autre façon d'obtenir un score de 92% d'approbation est de demander aux gens s'ils aiment la tarte aux pommes! Et encore...
Doug a pété sa coche
J'ai déjà parlé à plusieurs reprises de l'excellent blogueur Doug Thompson , celui qui a mis sur pied un des plus vieux blogues politiques aux États-Unis. Thompson a attaché le grelot sur les colères incontrôlées de Bush, sur le fait qu'il se soit remis à boire, sur le fait qu'il ait dit que la Constitution n'est que “a goddamned piece of paper” et sur quelques autres bricoles.
Mais plus ça va, plus Doug Thompson semble personnellement en colère contre Bush. Les gros mots sont sortis. Le ministre de la justice demande à Google de lui dire qui regarde de la porno sur Internet:"Google, to their credit, said no and is now caught in a tough legal fight against the George Bush’s Gestapo.
Ohmigod! Did he say Gestapo?
Damn right I did. If you don’t think the rights-robbing, privacy-invading, Constitution ignoring administration of George W. Bush is anything less than a Hitler-style Gestapo then you’ve got your head stuffed so far up your ass that all that brown stuff is blinding you."
Et ça continue:
"Bush is an evil man, a power-grapping despot who believes in absolute rule, a madman so wrapped up in his perceived role as “a wartime President” and “Commander in Chief” that he believes no law applies to him or his rotting, corrupt, administration."
"Bush is a traitor to his country. As a traitor, he should be led from the White House in chains and tried as one. "
"Bush is clearly guilty of high crimes against the Constitution of the United States. It’s time to give this reincarnation of Adolph Hitler exactly what he deserves. "
Et plus tard:
"Sadly, the President of the United States is a criminal. In fact, he should be arrested, tried and sentenced to life in prison as a repeat offender."
Sans être républicain, Thompson a travaillé comme apparatchick au Parti républicain. Les premières années de son blogue ont été consacrées à vilipender Clinton. La violence de son langage contre Bush en est d'autant plus remarquable. On pense à Hugo qui lui aussi l'a pris "personnel" contre Napoléon III.
Lâche pas, Doug !
Mais plus ça va, plus Doug Thompson semble personnellement en colère contre Bush. Les gros mots sont sortis. Le ministre de la justice demande à Google de lui dire qui regarde de la porno sur Internet:"Google, to their credit, said no and is now caught in a tough legal fight against the George Bush’s Gestapo.
Ohmigod! Did he say Gestapo?
Damn right I did. If you don’t think the rights-robbing, privacy-invading, Constitution ignoring administration of George W. Bush is anything less than a Hitler-style Gestapo then you’ve got your head stuffed so far up your ass that all that brown stuff is blinding you."
Et ça continue:
"Bush is an evil man, a power-grapping despot who believes in absolute rule, a madman so wrapped up in his perceived role as “a wartime President” and “Commander in Chief” that he believes no law applies to him or his rotting, corrupt, administration."
"Bush is a traitor to his country. As a traitor, he should be led from the White House in chains and tried as one. "
"Bush is clearly guilty of high crimes against the Constitution of the United States. It’s time to give this reincarnation of Adolph Hitler exactly what he deserves. "
Et plus tard:
"Sadly, the President of the United States is a criminal. In fact, he should be arrested, tried and sentenced to life in prison as a repeat offender."
Sans être républicain, Thompson a travaillé comme apparatchick au Parti républicain. Les premières années de son blogue ont été consacrées à vilipender Clinton. La violence de son langage contre Bush en est d'autant plus remarquable. On pense à Hugo qui lui aussi l'a pris "personnel" contre Napoléon III.
Lâche pas, Doug !
26 janvier, 2006
La vie avant la mort
Il y a une nouvelle préoccupation qui se fait jour dans la société, dans les sociétés occidentales. La mort nous a bien sûr toujours préoccupé. Avec la période "nouvel âge, encens et méditation transcendantale" est venu le souci de la vie après la mort. Et maintenant, la grande crainte des baby boomers, c'est la vie avant la mort.
Au cinéma, on ne compte plus les films portant sur le suicide assisté. Les invasions barbares, La mer intérieure, Six pieds sous terre, Million Dollar Baby, La vie avec mon père, EXIT, le droit de mourir, et pourquoi pas La chute, le film ou j'ai vu le plus de suicides, assistés ou non, de toute ma vie. S'il se fait plein de films sur le sujet, c'est qu'il y a une préoccupation. Ça ne trompe pas.
L'intérêt est certainement là, dans nos sociétés, parce que les média jouent à la une les cas de suicide assisté qui se présentent ici et là, d'ailleurs de plus en plus souvent. J'en ai parlé dans l'envoi d'hier. Il y a aussi, à la télé, ces longs reportages qui donnent froid dans le dos sur les maisons de soins de longue durée, sur les soins palliatifs, sur la misère des vieillards impotents, sur les indélicatesses du personnel débordé qui à l'occasion va perdre patience.
Et on les voit, ces vieillards aux bouches édentées avec leur manger mou, incapables d'assurer leurs fonctions vitales de base de façon autonome, se traîner pendant des années entre la salle à manger, la salle de jeu et la salle à mourir, pour ne trouver à dire devant la caméra que:"Ah! si le bon Dieu pouvait donc venir me chercher..."
Oui, les boomers ont peur de la vie avant la mort. Et comme ils sont, encore une fois!, les plus nombreux, on leur donnera raison quand ils décideront de mettre de côté les morales étriquées qui président actuellement aux rituels de la mort, et de la vie avant la mort, dans les sociétés occidentales.
Ils revendiqueront le droit de vivre dans la dignité et le droit de mourir confortablement quand bon leur semblera, sans être obligés de se tirer une balle dans la tête ou de se jeter en bas d'un pont.
Au cinéma, on ne compte plus les films portant sur le suicide assisté. Les invasions barbares, La mer intérieure, Six pieds sous terre, Million Dollar Baby, La vie avec mon père, EXIT, le droit de mourir, et pourquoi pas La chute, le film ou j'ai vu le plus de suicides, assistés ou non, de toute ma vie. S'il se fait plein de films sur le sujet, c'est qu'il y a une préoccupation. Ça ne trompe pas.
L'intérêt est certainement là, dans nos sociétés, parce que les média jouent à la une les cas de suicide assisté qui se présentent ici et là, d'ailleurs de plus en plus souvent. J'en ai parlé dans l'envoi d'hier. Il y a aussi, à la télé, ces longs reportages qui donnent froid dans le dos sur les maisons de soins de longue durée, sur les soins palliatifs, sur la misère des vieillards impotents, sur les indélicatesses du personnel débordé qui à l'occasion va perdre patience.
Et on les voit, ces vieillards aux bouches édentées avec leur manger mou, incapables d'assurer leurs fonctions vitales de base de façon autonome, se traîner pendant des années entre la salle à manger, la salle de jeu et la salle à mourir, pour ne trouver à dire devant la caméra que:"Ah! si le bon Dieu pouvait donc venir me chercher..."
Oui, les boomers ont peur de la vie avant la mort. Et comme ils sont, encore une fois!, les plus nombreux, on leur donnera raison quand ils décideront de mettre de côté les morales étriquées qui président actuellement aux rituels de la mort, et de la vie avant la mort, dans les sociétés occidentales.
Ils revendiqueront le droit de vivre dans la dignité et le droit de mourir confortablement quand bon leur semblera, sans être obligés de se tirer une balle dans la tête ou de se jeter en bas d'un pont.
25 janvier, 2006
Il n'y a pas de plus grand amour...
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." Parole d'évangile! Vous allez trouver cela dans Jean 15:13. Mais on a toujours tort d'accepter des conneries comme paroles d'évangile.
Je ne connais pas d'exemple, dans la vraie vie, où quelqu'un ait sciemment donné sa vie pour sauver ses amis. Il y a des gens qu'on dit "héroïques" qui sont morts en prenant des risques pour sauver des amis. D'ailleurs, ces héros agissent généralement par geste impulsif, si bien qu'ils vont en général sauver des personnes dont ils ignorent tout, et non pas des amis.
Vous en connaissez, vous, des personnes en pleine santé qui vont donner un coeur pour que quelqu'un d'autre vive? Prudents, les amoureux disent plutôt:"Donne-moi ton coeur."
La vraie vérité, c'est qu'il n'y a pas de plus grand amour que de tuer ceux qu'on aime, quand ils nous le demandent, ou qu'il n'y a rien d'autre à faire.
Cette nouvelle m'a presque tiré des larmes:
"Marielle Houle, cette infirmière à la retraite accusée d'avoir aidé son fils à se suicider, va mettre un terme aux procédures judiciaires lundi prochain en plaidant coupable. La femme de 58 ans en a fait l'annonce par l'intermédiaire de son avocat, lundi après-midi, au palais de justice de Montréal.
En septembre 2004, Marielle Houle a défrayé la manchette en aidant son fils, Charles Fariala, 36 ans, à s'enlever la vie. Il était atteint de sclérose en plaques et avait décidé d'abréger ses souffrances. Marielle Houle aurait agi par compassion pour son fils. L'accusée est passible de 14 ans d'emprisonnement, mais son avocat entend plaider une sentence à purger dans la communauté. "
Canoë, 16 janvier 2006.
Son drame est déchirant, comme celui de son fils, comme celui d'André Bergeron, cet été en Estrie, comme celui de Robert Latimer en Saskatchewan en 1993. Robert Latimer a eu 10 ans de prison pour avoir aidé sa fille Tracy à se débarrasser d'une vie impossible à vivre. Marielle Houle risque consciemment 14 ans de prison pour avoir aidé son fils à mourir dignement, en plus de devoir affronter la difficulté des gestes macabres qu'il faut poser pour que tout se passe correctement.
C'est de l'amour, ça! En fait, je crois bien qu'il n'y a pas de plus grand amour.
Pour en finir avec le fameux verset d'évangile cité plus haut, il faut dire qu'il perd beaucoup de sa saveur si on lui ajoute le verset qui suit:"Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande." Jean 15:14.
Je ne connais pas d'exemple, dans la vraie vie, où quelqu'un ait sciemment donné sa vie pour sauver ses amis. Il y a des gens qu'on dit "héroïques" qui sont morts en prenant des risques pour sauver des amis. D'ailleurs, ces héros agissent généralement par geste impulsif, si bien qu'ils vont en général sauver des personnes dont ils ignorent tout, et non pas des amis.
Vous en connaissez, vous, des personnes en pleine santé qui vont donner un coeur pour que quelqu'un d'autre vive? Prudents, les amoureux disent plutôt:"Donne-moi ton coeur."
La vraie vérité, c'est qu'il n'y a pas de plus grand amour que de tuer ceux qu'on aime, quand ils nous le demandent, ou qu'il n'y a rien d'autre à faire.
Cette nouvelle m'a presque tiré des larmes:
"Marielle Houle, cette infirmière à la retraite accusée d'avoir aidé son fils à se suicider, va mettre un terme aux procédures judiciaires lundi prochain en plaidant coupable. La femme de 58 ans en a fait l'annonce par l'intermédiaire de son avocat, lundi après-midi, au palais de justice de Montréal.
En septembre 2004, Marielle Houle a défrayé la manchette en aidant son fils, Charles Fariala, 36 ans, à s'enlever la vie. Il était atteint de sclérose en plaques et avait décidé d'abréger ses souffrances. Marielle Houle aurait agi par compassion pour son fils. L'accusée est passible de 14 ans d'emprisonnement, mais son avocat entend plaider une sentence à purger dans la communauté. "
Canoë, 16 janvier 2006.
Son drame est déchirant, comme celui de son fils, comme celui d'André Bergeron, cet été en Estrie, comme celui de Robert Latimer en Saskatchewan en 1993. Robert Latimer a eu 10 ans de prison pour avoir aidé sa fille Tracy à se débarrasser d'une vie impossible à vivre. Marielle Houle risque consciemment 14 ans de prison pour avoir aidé son fils à mourir dignement, en plus de devoir affronter la difficulté des gestes macabres qu'il faut poser pour que tout se passe correctement.
C'est de l'amour, ça! En fait, je crois bien qu'il n'y a pas de plus grand amour.
Pour en finir avec le fameux verset d'évangile cité plus haut, il faut dire qu'il perd beaucoup de sa saveur si on lui ajoute le verset qui suit:"Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande." Jean 15:14.
24 janvier, 2006
Regards épars sur le vote
Le plus heureux demain matin: Paul Martin.
Le plus anxieux demain matin: Stephen Harper.
Celui qui cherchera bientôt de nouveaux défis: Gilles Duceppe.
Le plus néo-démocrate: Jack Layton.
Les conservateurs ont gagné, mais de peu. Ce n'est pas un balayage parce qu'il est difficile de détester Martin, et qu'il est difficile d'aimer Harper.
Les média qui au départ étaient loin d'être pro-Harper, le sont peu à peu devenus, soulignant tous ses bons coups et surlignant au crayon jaune tous les pépins survenant à Martin. Les média aiment un gagnant et ils aiment ridiculiser sans pitié les gaffeurs.
L'Espagne vient de reconnaître le statut de "nation" à la Catalogne. Qu'arrivera-t-il de Harper
s'il en fait autant pour le Québec? La même chose que s'il ne fait rien: nous serons bientôt de nouveau en période électorale de toutes façons.
Avec le temps, Jean Lapierre ressemble de plus en plus à Louis de Funès, physiquement, je veux dire.
Le plus grand mystère de la politique canadienne: pourquoi le Québec, très majoritairement social démocrate, n'a-t-il jamais élu, sauf exception, un seul député néo-démocrate?
Michael Ignatieff est élu. Le danger de radicalisation de la position des partis, de tous les partis, croît.
Que Pierre Pettigrew soit sympathique ou non, il n'en est pas moins triste de voir une carrière se terminer sur un mot malheureux. Et quand en plus, ce mot est "loser"...
La région de Québec vote conservateur. La région de Québec vote "NON" au référendum. La région de Québec, c'est où, ça? Qui vit là?
Le Saguenay-Lac-St-Jean aura son ministre conservateur. Le candidat libéral y a vu. Jean-Pierre Blackburn en aurait probablement fait autant pour Gilles Savard si les libéraux avaient mené dans les sondages. Les Bleuets, ça leur prend toujours un ministre.
Si le prochain ministre des finances du Canada pense que la Terre a été créée il y a 4 000 ans, est-on certain qu'il saura additionner des chiffres comme 10 000 000 000$ + 4 500 000 000$ = 14 500 000 000$ ?
Le plus anxieux demain matin: Stephen Harper.
Celui qui cherchera bientôt de nouveaux défis: Gilles Duceppe.
Le plus néo-démocrate: Jack Layton.
Les conservateurs ont gagné, mais de peu. Ce n'est pas un balayage parce qu'il est difficile de détester Martin, et qu'il est difficile d'aimer Harper.
Les média qui au départ étaient loin d'être pro-Harper, le sont peu à peu devenus, soulignant tous ses bons coups et surlignant au crayon jaune tous les pépins survenant à Martin. Les média aiment un gagnant et ils aiment ridiculiser sans pitié les gaffeurs.
L'Espagne vient de reconnaître le statut de "nation" à la Catalogne. Qu'arrivera-t-il de Harper
s'il en fait autant pour le Québec? La même chose que s'il ne fait rien: nous serons bientôt de nouveau en période électorale de toutes façons.
Avec le temps, Jean Lapierre ressemble de plus en plus à Louis de Funès, physiquement, je veux dire.
Le plus grand mystère de la politique canadienne: pourquoi le Québec, très majoritairement social démocrate, n'a-t-il jamais élu, sauf exception, un seul député néo-démocrate?
Michael Ignatieff est élu. Le danger de radicalisation de la position des partis, de tous les partis, croît.
Que Pierre Pettigrew soit sympathique ou non, il n'en est pas moins triste de voir une carrière se terminer sur un mot malheureux. Et quand en plus, ce mot est "loser"...
La région de Québec vote conservateur. La région de Québec vote "NON" au référendum. La région de Québec, c'est où, ça? Qui vit là?
Le Saguenay-Lac-St-Jean aura son ministre conservateur. Le candidat libéral y a vu. Jean-Pierre Blackburn en aurait probablement fait autant pour Gilles Savard si les libéraux avaient mené dans les sondages. Les Bleuets, ça leur prend toujours un ministre.
Si le prochain ministre des finances du Canada pense que la Terre a été créée il y a 4 000 ans, est-on certain qu'il saura additionner des chiffres comme 10 000 000 000$ + 4 500 000 000$ = 14 500 000 000$ ?
22 janvier, 2006
En Iran, 1+1+1=3
Dans son pertinent éditorial de ce matin, Mario Roy établit trois faits sur le nucléaire iranien:
UN
"Tous les moyens de dissuasion étant éventuellement épuisés, et que ça plaise ou non, Israël ne le permettra tout simplement pas...", ce qu'a d'ailleurs laissé entendre clairement le ministre israélien de la défense, hier soir.
PLUS UN
"Il est difficile de concevoir des sanctions qui ne touchent que le pouvoir, sans affecter du même coup le peuple iranien. Or, la dernière chose à faire est certainement de fouetter sa fibre nationaliste."
PLUS UN
"Israël a créé un précédent en semblable matière lorsque, en 1981, son aviation a détruit la centrale nucléaire irakienne d'Osirak, près de Bagdad, alors en construction. Cependant, ce genre d'opération serait plus dévastatrice en Iran, où des installations ~dont on sait peu de choses~ pourraient être disséminées, enfouies sous terre et/ou localisées dans des zones habitées."
ÉGALE TROIS
Mario Roy conclut son éditorial sur le fait qu'il soit "difficile de percer les intentions réelles de Téhéran", ce qui rendrait la "situation encore plus périlleuse".
Il y a une forme de pensée magique à souhaiter que cette crise nucléaire se résolve par un dégonflement des élites iraniennes. Tous les invités iraniens au Charlie Rose Show ont réaffirmé qu'il était bien ancré dans la volonté populaire que l'Iran avait le droit d'utiliser l'énergie nucléaire, tout autant que les autres peuples.
Les sanctions échoueront et il y aura une guerre, très laide.
Voilà, c'est écrit. Et si je me trompe, j'accepte d'avance avec plaisir tous les sarcasmes qui pleuvront sur le pauvre blogueur amateur osant gloser sur la politique internationale.
UN
"Tous les moyens de dissuasion étant éventuellement épuisés, et que ça plaise ou non, Israël ne le permettra tout simplement pas...", ce qu'a d'ailleurs laissé entendre clairement le ministre israélien de la défense, hier soir.
PLUS UN
"Il est difficile de concevoir des sanctions qui ne touchent que le pouvoir, sans affecter du même coup le peuple iranien. Or, la dernière chose à faire est certainement de fouetter sa fibre nationaliste."
PLUS UN
"Israël a créé un précédent en semblable matière lorsque, en 1981, son aviation a détruit la centrale nucléaire irakienne d'Osirak, près de Bagdad, alors en construction. Cependant, ce genre d'opération serait plus dévastatrice en Iran, où des installations ~dont on sait peu de choses~ pourraient être disséminées, enfouies sous terre et/ou localisées dans des zones habitées."
ÉGALE TROIS
Mario Roy conclut son éditorial sur le fait qu'il soit "difficile de percer les intentions réelles de Téhéran", ce qui rendrait la "situation encore plus périlleuse".
Il y a une forme de pensée magique à souhaiter que cette crise nucléaire se résolve par un dégonflement des élites iraniennes. Tous les invités iraniens au Charlie Rose Show ont réaffirmé qu'il était bien ancré dans la volonté populaire que l'Iran avait le droit d'utiliser l'énergie nucléaire, tout autant que les autres peuples.
Les sanctions échoueront et il y aura une guerre, très laide.
Voilà, c'est écrit. Et si je me trompe, j'accepte d'avance avec plaisir tous les sarcasmes qui pleuvront sur le pauvre blogueur amateur osant gloser sur la politique internationale.
Israël et l'Iran
Samedi soir, à 23h05, Associated Press sort la nouvelle que le ministre de la défense d'Israël laisse entendre que son gouvernement se prépare à une action militaire pour stopper le programme nucléaire de l'Iran.
Plus tôt dans la journée, le ministre de la défense de l'Allemagne affirme que toutes les options doivent rester ouvertes pour solutionner le problème du programme nucléaire iranien.
Jeudi dernier, le président Chirac se disait prêt à utiliser l'arme nucléaire pour répondre à toute attaque terroriste organisée par un autre état.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad disait l'an passé qu'Israël devait être rayé de la carte.
Le gouverneur de la banque centrale iranienne Ebrahim Sheibani menace de sortir ses réserves en devises étrangères des banques européennes.
On commence à entendre les tic-tic-tic des compteurs Geiger et, à tout le moins, ça commence à sentir la poudre.
Le monde s'énerve.
Et notre bon "war president", chez les voisins, qui a besoin d'une guerre pour remonter dans les sondages et assurer sa main-mise sur les pouvoirs usurpés du Congrès et de la magistrature.
Plus tôt dans la journée, le ministre de la défense de l'Allemagne affirme que toutes les options doivent rester ouvertes pour solutionner le problème du programme nucléaire iranien.
Jeudi dernier, le président Chirac se disait prêt à utiliser l'arme nucléaire pour répondre à toute attaque terroriste organisée par un autre état.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad disait l'an passé qu'Israël devait être rayé de la carte.
Le gouverneur de la banque centrale iranienne Ebrahim Sheibani menace de sortir ses réserves en devises étrangères des banques européennes.
On commence à entendre les tic-tic-tic des compteurs Geiger et, à tout le moins, ça commence à sentir la poudre.
Le monde s'énerve.
Et notre bon "war president", chez les voisins, qui a besoin d'une guerre pour remonter dans les sondages et assurer sa main-mise sur les pouvoirs usurpés du Congrès et de la magistrature.
20 janvier, 2006
Le rire de Jean Chrétien

Les commentateurs en parlent à la télé. Stéphane Laporte l'écrit à la une de La Presse. Les gens l'ont chuchoté pendant les réceptions du temps des Fêtes. C'est unanime: Jean Chrétien doit donc rire dans sa barbe!
Jean Chrétien riait quand son parti ridiculisait Robert Stanfield et le parti conservateur de vouloir imposer un gel des prix et des salaires pour combattre l'inflation. Les libéraux, après avoir gagné l'élection de 1974, ont instauré le gel des prix et des salaires. C'est Jean Chrétien qui était président du Conseil du Trésor à ce moment-là.
À l'élection de 1980, les libéraux ont ridiculisé Joe Clark de vouloir imposer une taxe de 18ç le gallon pour ralentir l'inflation. Une fois élus, les libéraux ont imposé une taxe de 60ç le gallon. Pensez-vous que Jean Chrétien ne riait pas?
En 1980 toujours, à la veille du premier référendum, Trudeau promet que le NON sera un OUI pour le changement. Il nomme Jean Chrétien ministre en charge des négociations constitutionnelles. Ce dernier devait bien rire dans sa barbe quand il a réussi à isoler le Québec et à ridiculiser René Lévesque au vu et au su de tous. Le OUI pour le changement s'est présenté sous la forme d'une constitution-bidon à laquelle le Québec n'a pas encore adhéré.
Comme disait le pèlerin avec une jambe de bois sur les marches de l'Oratoire St-Joseph:"Seigneur, rendez ma jambe semblable à l'autre..." Il y a de quoi rire.
En 1984, Chrétien perd la course à la chefferie aux mains de John Turner. Jusqu'en 1990, pendant 6 ans, Chrétien et ses soldats n'ont cessé de harceler Turner en sous-main, si bien que les caricaturistes ne représentaient plus Turner qu'avec plein de poignards plantés dans le dos. Alors là, ce devait être la franche rigolade.
À l'élection de 1993, Jean Chrétien ridiculise Kim Campbell et les conservateurs, promettant d'abolir la TPS et de mettre de côté l'ALENA. Il gagne ses élections, maintient la TPS et l'ALENA, et éclate d'un grand rire en voyant disparaître le parti conservateur dont il poursuit les politiques.
L'opposition morcelée en partis régionaux, Jean Chrétien n'a que ses meilleurs ennemis à combattre, les séparatistes. Il décide cyniquement d'acheter les Québécois par le programme des commandites et il place ses hommes pour l'administrer, en veillant à ce qu'ils laissent le moins de traces possible. Mais cette fois le cynisme est trop évident, le programme devient scandale et le clan Martin en profite pour l'évincer.
Je pense aussi que Jean Chrétien doit rire de Paul Martin, à l'heure qu'il est. Il est sans doute persuadé qu'il n'aurait pas fallu aborder le problème des commandites comme Martin l'a fait, en s'excusant et disant que le parti libéral s'est purgé de ses mauvais éléments, ce que personne ne croit. Non, il aurait fallu selon Chrétien se couvrir du drapeau canadien, prendre une mine batailleuse et clamer haut et fort qu'on n'a pas à s'excuser d'avoir sauvé le pays.
Jean Chrétien rit encore, bien sûr, mais ce n'est plus du rire cynique et triomphant du magouilleur qui a berné tout le monde, mais du rire minable et amer de voir son vieux rival se casser la gueule.
Merci à Ygreck pour l'illustration.
19 janvier, 2006
Le cataclysme
En général, je suis contre les cataclysmes sociaux. Je n'aime pas les grèves, les crashs boursiers, les récessions économiques, l'effondrement d'une monnaie nationale, l'inflation galopante, les guérillas endémiques et les guerres tout court.
Un bon employeur peut prévenir les grèves en s'ajustant aux normes du marché du travail où il opère, ou sinon, il aura l'occasion de le faire lors de la négociation de la convention collective. La grève est complètement inutile sur le plan rationnel mais elle joue parfois le rôle d'une catharsis collective à la suite de situations qui se sont détériorées. Et c'est bien dommage qu'on en arrive là. Je n'aime pas les grèves.
Peut-on prévoir et prévenir les crashs boursiers? Pas tous, mais aujourd'hui ils existe plusieurs mesures visant à en réduire le nombre et à en atténuer les effets. Aucune des corrections boursières survenues dans les dernières décennies n'a eu les effets de celle de 1929 sur l'économie. Mais là aussi, comme dans le cas d'une grève, il y a cet aspect de la chose: " laissons faire les détails, on efface tout et on recommence". C'est dommage. Avec le développement de la théorie du chaos, on pourra peut-être mieux gérer les crises boursières dans l'avenir.
Vous me voyez venir et cela pourrait être long. Pour tous les cataclysmes sociaux mentionnés plus haut, il y a toujours des façons stupides d'agir qui vont exacerber les dommages et les affrontements. Puis, il y a d'autres façons d'agir qui vont prévenir les problèmes ou les atténuer. Chacune de ces situations de crise fait de nombreuses victimes, ce qui est déplorable. Je ne les aime pas, et vous non plus, bien sûr.
Par contre, il existe dans nos sociétés occidentales un curieux cataclysme social qu'à l'occasion une majorité de personnes semble trouver désirable: le renversement d'un gouvernement. Par ses impacts sur la vie personnelle d'un très grand nombre de personnes, il n'y a pas de doute que le renversement d'un gouvernement constitue au minimum un cataclysme à dérapage contrôlé dans les pays habitués à l'alternance des partis au pouvoir. Dans d'autres pays, les dirigeants destitués et leurs cliques tribales refusent souvent le verdict populaire et changent la constitution ou mettent sur pied des rébellions armées.
Mais oublions ces conneries de changement constitutionnels ou de rébellions armées et revenons aux démocraties qui acceptent de vivre l'alternance du pouvoir. Si vous pensez à tous les décideurs "de premier plan" qui perdent leur emploi, à tous les fonctionnaires insécurisés dans le maintien de leur fonction ou la possibilité de leur promotion, à tous ceux qui ont une "idée" ou un "projet de société" et qui perdent leur contact au gouvernement, à tous les projets de loi et les projets de règlement et les projets de réorganisation qui tombent dans les limbes, à toutes les prostituées de la Grande Allée qui doivent se refaire une clientèle, et là je n'ai pas fini mais je dois quand même vous amener à ma conclusion: un changement de gouvernement constitue au minimum un cataclysme social par l'importance de ses effets.
Alors, pourquoi recherche-t-on à bon droit le changement d'un gouvernement, contairement aux grèves, aux crashs, aux récessions, aux guerres? Pourtant toutes ces méchantes choses, qu'on n'aime pas, elles ont aussi comme fonction de nettoyer des problèmes accumulés, quand on n'a pas eu l'intelligence de trouver d'autres moyens pour les régler.
Pourquoi le renversement démocratique d'un gouvernement est-il le seul cataclysme social qui soit socialement acceptable, et même désirable?
P.S. J'ai eu tellement de difficulté à formuler correctement la question que je devrai ce soir m'arrêter là et probablement laisser à d'autres le soin d'y répondre.
Un bon employeur peut prévenir les grèves en s'ajustant aux normes du marché du travail où il opère, ou sinon, il aura l'occasion de le faire lors de la négociation de la convention collective. La grève est complètement inutile sur le plan rationnel mais elle joue parfois le rôle d'une catharsis collective à la suite de situations qui se sont détériorées. Et c'est bien dommage qu'on en arrive là. Je n'aime pas les grèves.
Peut-on prévoir et prévenir les crashs boursiers? Pas tous, mais aujourd'hui ils existe plusieurs mesures visant à en réduire le nombre et à en atténuer les effets. Aucune des corrections boursières survenues dans les dernières décennies n'a eu les effets de celle de 1929 sur l'économie. Mais là aussi, comme dans le cas d'une grève, il y a cet aspect de la chose: " laissons faire les détails, on efface tout et on recommence". C'est dommage. Avec le développement de la théorie du chaos, on pourra peut-être mieux gérer les crises boursières dans l'avenir.
Vous me voyez venir et cela pourrait être long. Pour tous les cataclysmes sociaux mentionnés plus haut, il y a toujours des façons stupides d'agir qui vont exacerber les dommages et les affrontements. Puis, il y a d'autres façons d'agir qui vont prévenir les problèmes ou les atténuer. Chacune de ces situations de crise fait de nombreuses victimes, ce qui est déplorable. Je ne les aime pas, et vous non plus, bien sûr.
Par contre, il existe dans nos sociétés occidentales un curieux cataclysme social qu'à l'occasion une majorité de personnes semble trouver désirable: le renversement d'un gouvernement. Par ses impacts sur la vie personnelle d'un très grand nombre de personnes, il n'y a pas de doute que le renversement d'un gouvernement constitue au minimum un cataclysme à dérapage contrôlé dans les pays habitués à l'alternance des partis au pouvoir. Dans d'autres pays, les dirigeants destitués et leurs cliques tribales refusent souvent le verdict populaire et changent la constitution ou mettent sur pied des rébellions armées.
Mais oublions ces conneries de changement constitutionnels ou de rébellions armées et revenons aux démocraties qui acceptent de vivre l'alternance du pouvoir. Si vous pensez à tous les décideurs "de premier plan" qui perdent leur emploi, à tous les fonctionnaires insécurisés dans le maintien de leur fonction ou la possibilité de leur promotion, à tous ceux qui ont une "idée" ou un "projet de société" et qui perdent leur contact au gouvernement, à tous les projets de loi et les projets de règlement et les projets de réorganisation qui tombent dans les limbes, à toutes les prostituées de la Grande Allée qui doivent se refaire une clientèle, et là je n'ai pas fini mais je dois quand même vous amener à ma conclusion: un changement de gouvernement constitue au minimum un cataclysme social par l'importance de ses effets.
Alors, pourquoi recherche-t-on à bon droit le changement d'un gouvernement, contairement aux grèves, aux crashs, aux récessions, aux guerres? Pourtant toutes ces méchantes choses, qu'on n'aime pas, elles ont aussi comme fonction de nettoyer des problèmes accumulés, quand on n'a pas eu l'intelligence de trouver d'autres moyens pour les régler.
Pourquoi le renversement démocratique d'un gouvernement est-il le seul cataclysme social qui soit socialement acceptable, et même désirable?
P.S. J'ai eu tellement de difficulté à formuler correctement la question que je devrai ce soir m'arrêter là et probablement laisser à d'autres le soin d'y répondre.
18 janvier, 2006
Les nouvelles du jour
J'ai eu un bref mouvement de panique, ce matin. À cause du verglas, la livraison du journal quotidien s'est faite en retard. Mais, le temps de faire le café et de rôtir deux tranches de pain, il était là, un peu trempé malgré son enveloppe de plastique.
Je pense à la scène du restaurant, au début de Jour de formation. Hawke la recrue vient rejoindre son officier Washington qui lit tranquillement le journal. Hawke interrompt la lecture du journal par quelque remarque anodine. En substance, le vieux routier engueule la recrue de la façon suivante:"Je lis le journal qui me raconte des histoires intéressantes. Tu m'interromps. As-tu quelque chose de mieux à me raconter?" Et, en effet, à quoi d'autre sert un journal?
Le journal, la radio, la télé, les média en général nous racontent des histoires. Certains veulent faire une différence entre divertissement et information. Il n'y en a pas. Ce n'est pas que je croie que l'information puisse également être amusante, comme l'Infoman. Je crois que l'information, même sérieuse, aride et ennuyeuse est une forme de divertissement, si elle ne sert à rien.
Si on me dit que TURBO-XYZ va bientôt faire failite et que j'en profite pour vendre mes actions, alors c'est une information. Dans le précédent envoi , j'ai fait état de différents articles nous informant que les États-Unis glissent vers la dictature militaire et que l'Iran sera probablement le prochain casus belli pour rallier tous les vrais patriotes américains. Je n'y peux rien et vous n'y pouvez rien. C'est du divertissement.
D'apprendre que la fin du monde est proche me fait une petite peur, me change les idées, m'occupe pendant que je mange mes rôties, et tout ce qu'on voudra. Mais cela ne me sert strictement à rien. C'est du divertissement. Et les journaux ou blogues qui m'en parlent me racontent des histoires, même si c'est vrai.
Depuis que je m'intéresse à l'actualité de près, en amateur bien sûr, je trouve que cela tourne en rond. Ça n'est jamais pareil, mais c'est toujours la même chose. C'est comme brasser une soupe à l'alphabet. C'est pourquoi j'ai la plus grande admiration pour ceux qui persévèrent dans ce métier avec enthousiasme, comme les Maisonneuve, Bruneau, Derome. C'est pourquoi je comprends les Bureau et les Charron de vouloir faire autre chose. Et c'est également pourquoi je souhaite à ceux qui traînent leurs gueules d'enterrement ou leurs voix fatiguées, comme les Tourangeau, les Désautels et les Dussault, d'avoir le courage de faire comme les précédents.
La dernière information que j'ai reçu de Radio-Canada m'est venue de L'Épicerie qui annonçait le rôti de bas de palette à 3,06$/kilo chez Métro. Par ailleurs, la Grande Maison demeure une formidable machine à divertissement, qu'elle soit sur le mode amusant ou le mode sérieux.
Je pense à la scène du restaurant, au début de Jour de formation. Hawke la recrue vient rejoindre son officier Washington qui lit tranquillement le journal. Hawke interrompt la lecture du journal par quelque remarque anodine. En substance, le vieux routier engueule la recrue de la façon suivante:"Je lis le journal qui me raconte des histoires intéressantes. Tu m'interromps. As-tu quelque chose de mieux à me raconter?" Et, en effet, à quoi d'autre sert un journal?
Le journal, la radio, la télé, les média en général nous racontent des histoires. Certains veulent faire une différence entre divertissement et information. Il n'y en a pas. Ce n'est pas que je croie que l'information puisse également être amusante, comme l'Infoman. Je crois que l'information, même sérieuse, aride et ennuyeuse est une forme de divertissement, si elle ne sert à rien.
Si on me dit que TURBO-XYZ va bientôt faire failite et que j'en profite pour vendre mes actions, alors c'est une information. Dans le précédent envoi , j'ai fait état de différents articles nous informant que les États-Unis glissent vers la dictature militaire et que l'Iran sera probablement le prochain casus belli pour rallier tous les vrais patriotes américains. Je n'y peux rien et vous n'y pouvez rien. C'est du divertissement.
D'apprendre que la fin du monde est proche me fait une petite peur, me change les idées, m'occupe pendant que je mange mes rôties, et tout ce qu'on voudra. Mais cela ne me sert strictement à rien. C'est du divertissement. Et les journaux ou blogues qui m'en parlent me racontent des histoires, même si c'est vrai.
Depuis que je m'intéresse à l'actualité de près, en amateur bien sûr, je trouve que cela tourne en rond. Ça n'est jamais pareil, mais c'est toujours la même chose. C'est comme brasser une soupe à l'alphabet. C'est pourquoi j'ai la plus grande admiration pour ceux qui persévèrent dans ce métier avec enthousiasme, comme les Maisonneuve, Bruneau, Derome. C'est pourquoi je comprends les Bureau et les Charron de vouloir faire autre chose. Et c'est également pourquoi je souhaite à ceux qui traînent leurs gueules d'enterrement ou leurs voix fatiguées, comme les Tourangeau, les Désautels et les Dussault, d'avoir le courage de faire comme les précédents.
La dernière information que j'ai reçu de Radio-Canada m'est venue de L'Épicerie qui annonçait le rôti de bas de palette à 3,06$/kilo chez Métro. Par ailleurs, la Grande Maison demeure une formidable machine à divertissement, qu'elle soit sur le mode amusant ou le mode sérieux.
16 janvier, 2006
Full paranoïaque
“Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » Blaise Pascal
Avez-vous déjà regardé longuement le ciel par une nuit sans nuage et sans lune, loin des lumières de la ville? Si oui, vous savez ce que Pascal voulait dire quand il a écrit sa phrase immortelle.
Avez-vous déjà sondé longuement le cœur humain et contemplé à froid tout ce dont il est capable? Si oui, vous savez ce que les auteurs suivants nous prédisent .
”President George W. Bush has signed executive orders giving him sole authority to impose martial law, suspend habeas corpus and ignore the Posse Comitatus Act that prohibits deployment of U.S. troops on American streets. This would give him absolute dictatorial power over the government with no checks and balances...
The authority to declare what is or is not a national emergency rests entirely with Bush who does not have to either consult or seek the approval of Congress for permission to assume absolute control over the government of the United States.
My sources within the White House and DHS tell me the plans are in place, ready for implementation when the command comes from the man who keeps telling the American public that he is a “war time president” who will “do anything in my power” to impose his will on the people of the United States.
And he has made sure that power will be absolute when he chooses to use it.”
Doug Thompson, Capitol Hill Blue, 13 janvier 2006.
"We are in danger of scrapping our checks and balances—not just for a few years (as was done during the Civil War), but for good."
Jonathan Alter, Newsweek, édition du 23 janvier 2006.
"At the time, I hoped that our committee's work would send a strong signal to future Presidents that they had to obey the rule of law."
"I was wrong," Holtzman admits. And "now that President Bush has thrown down the gauntlet and virtually dared Congress to stop him from violating the law, nothing less [than impeachment] is necessary to protect our constitutional system and preserve our democracy."
Elizabeth Holtzman, leader du Comité judiciaire de la Chambre des représentants pendant le Watergate, tel que citée par Katrina vanden Heuvel, 12 janvier 2006.
"Former Vice President Gore asserted Monday that President Bush "repeatedly and persistently" broke the law by eavesdropping on Americans without a court warrant and called for a federal investigation of the practice...
Gore said that Bush's actions — which the president has defended as indispensable in the war against terrorism — represented a "direct assault" on the special federal court that considers, and decides whether to authorize, administration requests to eavesdrop on Americans."
Larry Margasak, AP, Yahoo! News, 16 janvier 2006.
"À Wahington entre-temps, l'influent sénateur républicain John McCain a estimé que les États-Unis devraient se préparer à mener une action militaire si nécessaire contre l'Iran. M. McCain juge que le bras de fer actuel représente la plus importante crise internationale depuis plus de 10 ans.
"L'option militaire est la dernière option, mais ne peut pas être retirée de la table" a déclaré le sénateur..."
Heidi Farmini, Agence France-Presse, citée dans La Presse, 16 janvier 2006.
"Secretary of State Condoleezza Rice said the vote on referral "ought to be as soon as possible."
"We've got to finally demonstrate to Iran that it can't with impunity just cast aside the just demands of the international community," Rice said Sunday during a trip to Africa."
Beth Gardiner, AP, dans AOL News, 16 janvier 2006.
Avez-vous déjà regardé longuement le ciel par une nuit sans nuage et sans lune, loin des lumières de la ville? Si oui, vous savez ce que Pascal voulait dire quand il a écrit sa phrase immortelle.
Avez-vous déjà sondé longuement le cœur humain et contemplé à froid tout ce dont il est capable? Si oui, vous savez ce que les auteurs suivants nous prédisent .
”President George W. Bush has signed executive orders giving him sole authority to impose martial law, suspend habeas corpus and ignore the Posse Comitatus Act that prohibits deployment of U.S. troops on American streets. This would give him absolute dictatorial power over the government with no checks and balances...
The authority to declare what is or is not a national emergency rests entirely with Bush who does not have to either consult or seek the approval of Congress for permission to assume absolute control over the government of the United States.
My sources within the White House and DHS tell me the plans are in place, ready for implementation when the command comes from the man who keeps telling the American public that he is a “war time president” who will “do anything in my power” to impose his will on the people of the United States.
And he has made sure that power will be absolute when he chooses to use it.”
Doug Thompson, Capitol Hill Blue, 13 janvier 2006.
"We are in danger of scrapping our checks and balances—not just for a few years (as was done during the Civil War), but for good."
Jonathan Alter, Newsweek, édition du 23 janvier 2006.
"At the time, I hoped that our committee's work would send a strong signal to future Presidents that they had to obey the rule of law."
"I was wrong," Holtzman admits. And "now that President Bush has thrown down the gauntlet and virtually dared Congress to stop him from violating the law, nothing less [than impeachment] is necessary to protect our constitutional system and preserve our democracy."
Elizabeth Holtzman, leader du Comité judiciaire de la Chambre des représentants pendant le Watergate, tel que citée par Katrina vanden Heuvel, 12 janvier 2006.
"Former Vice President Gore asserted Monday that President Bush "repeatedly and persistently" broke the law by eavesdropping on Americans without a court warrant and called for a federal investigation of the practice...
Gore said that Bush's actions — which the president has defended as indispensable in the war against terrorism — represented a "direct assault" on the special federal court that considers, and decides whether to authorize, administration requests to eavesdrop on Americans."
Larry Margasak, AP, Yahoo! News, 16 janvier 2006.
"À Wahington entre-temps, l'influent sénateur républicain John McCain a estimé que les États-Unis devraient se préparer à mener une action militaire si nécessaire contre l'Iran. M. McCain juge que le bras de fer actuel représente la plus importante crise internationale depuis plus de 10 ans.
"L'option militaire est la dernière option, mais ne peut pas être retirée de la table" a déclaré le sénateur..."
Heidi Farmini, Agence France-Presse, citée dans La Presse, 16 janvier 2006.
"Secretary of State Condoleezza Rice said the vote on referral "ought to be as soon as possible."
"We've got to finally demonstrate to Iran that it can't with impunity just cast aside the just demands of the international community," Rice said Sunday during a trip to Africa."
Beth Gardiner, AP, dans AOL News, 16 janvier 2006.
15 janvier, 2006
Le bonheur, prise 2
J'ai déjà décrit le bonheur comme l'état résultant de l'équilibre harmonieux des hormones régissant nos humeurs. Je viens de voir le film Les heures et les réflexions que cet excellent film suscitent confirment mon préjugé.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les trois protagonistes féminines du film ont le moral bas. Conséquemment, chacune cherche avec les arguments disponibles à chaque époque à rationaliser l'explication de ses malheurs et les solutions pour s'en sortir. C'est dans la qualité et le raffinement de ces rationalisations que réside la beauté du scénario de ce film. La raison profonde du malheur des personnages demeure un simple problème d'hormones: Virginia se sent devenir folle, Laura ne peut pas vivre son lesbianisme et Clarissa est au bord du burn out. Ce sont typiquement trois situations où les hormones jouent un rôle majeur dans l'état d'une personne.
Je lisais des critiques sur le film et j'ai là pleinement réalisé ce qu'est la magie du cinéma. Chacune des millions de personnes qui ont vu le film tire ses propres conclusions, c'est-à-dire les rationalisations nécessaires au maintien de ses préjugés. Et on aura envie de le faire parce qu'on aura été impliqué émotivement par cet art merveilleux qui imite si bien la vie.
L'une va par exemple souligner que:"Le mari de Laura, quant à lui, la retient dans une cage dorée. Il impose lui aussi à sa femme un modèle de vie, où tout est et doit être parfait, lisse, sans problème...Chaque scène paraît anodine, et pourtant, elles sont toutes lourdes de sens et de conséquences. Tout est métaphore de l’enfermement et de la domination masculine. "
L'autre va plutôt remarquer professionnellement que:"Director Stephen Daldry reveals the underlying connections between the disparate women as each realizes that a life of self-abnegation — whether as mother, wife, patient, or friend — doesn't guarantee happiness."
Un troisième se verra confirmé dans sa marotte sur les débalancements hormonaux et leurs rationalisations subséquentes. Mais ça, j'en ai déjà parlé.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les trois protagonistes féminines du film ont le moral bas. Conséquemment, chacune cherche avec les arguments disponibles à chaque époque à rationaliser l'explication de ses malheurs et les solutions pour s'en sortir. C'est dans la qualité et le raffinement de ces rationalisations que réside la beauté du scénario de ce film. La raison profonde du malheur des personnages demeure un simple problème d'hormones: Virginia se sent devenir folle, Laura ne peut pas vivre son lesbianisme et Clarissa est au bord du burn out. Ce sont typiquement trois situations où les hormones jouent un rôle majeur dans l'état d'une personne.
Je lisais des critiques sur le film et j'ai là pleinement réalisé ce qu'est la magie du cinéma. Chacune des millions de personnes qui ont vu le film tire ses propres conclusions, c'est-à-dire les rationalisations nécessaires au maintien de ses préjugés. Et on aura envie de le faire parce qu'on aura été impliqué émotivement par cet art merveilleux qui imite si bien la vie.
L'une va par exemple souligner que:"Le mari de Laura, quant à lui, la retient dans une cage dorée. Il impose lui aussi à sa femme un modèle de vie, où tout est et doit être parfait, lisse, sans problème...Chaque scène paraît anodine, et pourtant, elles sont toutes lourdes de sens et de conséquences. Tout est métaphore de l’enfermement et de la domination masculine. "
L'autre va plutôt remarquer professionnellement que:"Director Stephen Daldry reveals the underlying connections between the disparate women as each realizes that a life of self-abnegation — whether as mother, wife, patient, or friend — doesn't guarantee happiness."
Un troisième se verra confirmé dans sa marotte sur les débalancements hormonaux et leurs rationalisations subséquentes. Mais ça, j'en ai déjà parlé.
14 janvier, 2006
Mesdames et messieurs, voici Michael Ignatieff !
"Many of the world's tribal peoples and ethnic minorities do not think of themselves as nations; many do not seek or require a state of their own. It is not obvious furthermore, why national identity should be a more important element of personal identity than any other; nor is it obvious why defence of the nation justifies the use of violence."
Michael Ignatieff, CBC
"We are living in the first human society actually attempting to create a political community on the assumption that everyone - literally everyone - has the right to belong. We are all embarked on the same perilous adventure, whether we can live with our differences or die because of them."
Michael Ignatieff, CBC
"War must always be the very last instrument of policy - but when the sword is raised, it must be used to strike decisevely, for only decisive force yields results which can justify its use in the first place."
Michael Ignatieff, CBC
"Sticking too firmly to the rule of law simply allows terrorists too much leeway to exploit our freedoms. Abandoning the rule of law altogether betrays our most valued institutions. To defeat evil, we may have to traffic in evils: indefinite detention of suspects, coercive interrogations, targeted assassinations, even pre-emptive war. These are evils because each strays from national and international law and because they kill people or deprive them of freedom without due process. They can be justified only because they prevent the greater evil. The question is not whether we should be trafficking in lesser evils but whether we can keep lesser evils under the control of free institutions."
Michael Ignatieff, The Lesser Evil: Political Ethics in an Age of Terror.
"Senior Liberals turned out last night to hear rookie politician Michael Ignatieff warn that Canada is facing a national unity crisis in which "we need troops, warriors and chieftains" ready for the political battle over Quebec. "
Linda Diebel, Toronto Star, 11 janvier 2006.
"In January 2005, influential journalist and historian Peter C. Newman suggested that Ignatieff could be an ideal leadership candidate for the governing Liberal Party of Canada after Paul Martin retires as leader."
Wikipedia
Michael Ignatieff, CBC
"We are living in the first human society actually attempting to create a political community on the assumption that everyone - literally everyone - has the right to belong. We are all embarked on the same perilous adventure, whether we can live with our differences or die because of them."
Michael Ignatieff, CBC
"War must always be the very last instrument of policy - but when the sword is raised, it must be used to strike decisevely, for only decisive force yields results which can justify its use in the first place."
Michael Ignatieff, CBC
"Sticking too firmly to the rule of law simply allows terrorists too much leeway to exploit our freedoms. Abandoning the rule of law altogether betrays our most valued institutions. To defeat evil, we may have to traffic in evils: indefinite detention of suspects, coercive interrogations, targeted assassinations, even pre-emptive war. These are evils because each strays from national and international law and because they kill people or deprive them of freedom without due process. They can be justified only because they prevent the greater evil. The question is not whether we should be trafficking in lesser evils but whether we can keep lesser evils under the control of free institutions."
Michael Ignatieff, The Lesser Evil: Political Ethics in an Age of Terror.
"Senior Liberals turned out last night to hear rookie politician Michael Ignatieff warn that Canada is facing a national unity crisis in which "we need troops, warriors and chieftains" ready for the political battle over Quebec. "
Linda Diebel, Toronto Star, 11 janvier 2006.
"In January 2005, influential journalist and historian Peter C. Newman suggested that Ignatieff could be an ideal leadership candidate for the governing Liberal Party of Canada after Paul Martin retires as leader."
Wikipedia
13 janvier, 2006
C.Q.F.D.
Alain Dubuc n'a pas mis longtemps à confirmer mes dires du précédent envoi. Analysant l'échec de la publicité négative cherchant à démoniser Stephen Harper, il conclut: "Mais l'échec de ces messages brutaux tient surtout à la culture politique qui est derrière, celle du cynisme, celle de stratèges manifestement prêts à tout pour conserver le pouvoir...Au lieu d'écouter les messages des publicités, les électeurs regardent plutôt ce qui est derrière, et ce qu'ils voient, c'est la même philosophie qui a mené au scandale des commandites, celle où la fin justifie les moyens."
La Presse, 13 janvier 2006.
Dans les chroniques d'Alain Dubuc, on ne ravale pas des publicités ratées au rang d'anecdote électorale. Le scandale des commandites ne devient pas non plus le dérapage incontrôlé d'un fonctionnaire véreux et de ses petits copains de l'industrie publicitaire.
Le cynisme des libéraux, nous en sommes tous un peu responsables. Quand Jean Chrétien, au sujet du déséquilibre fiscal, nous balançait, en substance: "Les provinces? Elles veulent toujours plus d'argent! Il n'y a rien de nouveau là-dedans...", toute la presse parlementaire rigolait, et une bonne partie de la population avec. Le Canada tout entier s'est esclaffé à voir l'insolence gavroche de Chrétien et de ses balles de golf devant le juge Gomery.
Et vous auriez voulu que les libéraux ne deviennent pas cyniques? C'est finalement cela, l'usure du pouvoir. Nous avons rigolé et nous avons été cyniques avec les libéraux. Maintenant notre humeur collective a changé, mais les libéraux n'ont pas su le déceler à temps.
P.S. Le nous de cet envoi n'inclut pas la personne qui parle.
La Presse, 13 janvier 2006.
Dans les chroniques d'Alain Dubuc, on ne ravale pas des publicités ratées au rang d'anecdote électorale. Le scandale des commandites ne devient pas non plus le dérapage incontrôlé d'un fonctionnaire véreux et de ses petits copains de l'industrie publicitaire.
Le cynisme des libéraux, nous en sommes tous un peu responsables. Quand Jean Chrétien, au sujet du déséquilibre fiscal, nous balançait, en substance: "Les provinces? Elles veulent toujours plus d'argent! Il n'y a rien de nouveau là-dedans...", toute la presse parlementaire rigolait, et une bonne partie de la population avec. Le Canada tout entier s'est esclaffé à voir l'insolence gavroche de Chrétien et de ses balles de golf devant le juge Gomery.
Et vous auriez voulu que les libéraux ne deviennent pas cyniques? C'est finalement cela, l'usure du pouvoir. Nous avons rigolé et nous avons été cyniques avec les libéraux. Maintenant notre humeur collective a changé, mais les libéraux n'ont pas su le déceler à temps.
P.S. Le nous de cet envoi n'inclut pas la personne qui parle.
Sont-ils puritains, ces Américains!
L'an passé, les MSM (main stream media) et la blogosphère américains ont été révoltés d'apprendre que le gouvernement Bush payait des commentateurs pour défendre et appuyer ses points de vue dans les journaux. Armstrong Williams a reçu 241 000$ du ministère de l'éducation, Maggie Gallagher a empoché 41 500$ du ministère de la santé et Michael McManus 53 000$ du même ministère. Il n'y avait rien de gracieux dans les commentaires qui ont fusé de toutes parts à l'endroit de ces "penseurs", ni à l'endroit de l'administration Bush.
Lysiane Gagnon commente ainsi une anecdote semblable survenue ici même, au pays des valeurs canadiennes: "Un "consultant" (à l'époque) payé 13 674$ pour pondre cinq articles en faveur du fédéralisme? (Ici, toutefois, mon âme de journaliste a tressailli: 2 800$ par article pour émettre des banalités? C'était payé plus cher qu'un grand reportage pour un magazine!...)" La Presse, 12 janvier 2006.
Au cours de ma lecture de l'article, je me suis pris à espérer un sursaut de dignité offensée une fois rendu à: "...mon âme de journaliste a tressailli..." Mais non. La commentatrice n'en avait cure des intellectuels stipendiés ni d'un gouvernement vénal peinant à défendre une cause si chère à son coeur. Non. Le problème, c'est qu'on avait payé plus cher qu'à elle pour ses grands reportages!
Je ne sais pas pourquoi je souligne ce point. Je suis toujours un peu triste quand les débats volent bas. La Presse est un journal que j'aime beaucoup. Mario Roy et Alain Dubuc sont honnêtes intellectuellement, ce qui fait qu'on peut toujours s'enrichir à les lire, surtout quand à l'occasion on ne partage pas leur point de vue. Et puis, il n'y a pas que les commentateurs politiques et les éditorialistes dans ce journal.
Quand je critique, c'est qu'en général j'aime bien. Il y a des journalistes que je ne critiquerai jamais pour la bonne raison que j'ai cessé de les lire.
Lysiane Gagnon commente ainsi une anecdote semblable survenue ici même, au pays des valeurs canadiennes: "Un "consultant" (à l'époque) payé 13 674$ pour pondre cinq articles en faveur du fédéralisme? (Ici, toutefois, mon âme de journaliste a tressailli: 2 800$ par article pour émettre des banalités? C'était payé plus cher qu'un grand reportage pour un magazine!...)" La Presse, 12 janvier 2006.
Au cours de ma lecture de l'article, je me suis pris à espérer un sursaut de dignité offensée une fois rendu à: "...mon âme de journaliste a tressailli..." Mais non. La commentatrice n'en avait cure des intellectuels stipendiés ni d'un gouvernement vénal peinant à défendre une cause si chère à son coeur. Non. Le problème, c'est qu'on avait payé plus cher qu'à elle pour ses grands reportages!
Je ne sais pas pourquoi je souligne ce point. Je suis toujours un peu triste quand les débats volent bas. La Presse est un journal que j'aime beaucoup. Mario Roy et Alain Dubuc sont honnêtes intellectuellement, ce qui fait qu'on peut toujours s'enrichir à les lire, surtout quand à l'occasion on ne partage pas leur point de vue. Et puis, il n'y a pas que les commentateurs politiques et les éditorialistes dans ce journal.
Quand je critique, c'est qu'en général j'aime bien. Il y a des journalistes que je ne critiquerai jamais pour la bonne raison que j'ai cessé de les lire.
12 janvier, 2006
Les lois accessoires
À propos d'Option Canada, Lysiane Gagnon nous commente des anecdotes électorales survenues pendant le référendum portant sur la souveraineté du Québec: "Cet amoncellement d'irrégularités, tout condamnable soit-il (la loi est la loi, on s'entend là-dessus), n'est pas l'affaire du siècle." La Presse, 12 janvier 2006.
En cela, elle complétait les propos tenus la veille par André Pratte: "Il est malheureusement de plus en plus vraisemblable que les troupes fédéralistes n'ont pas respecté toutes les règles financières pendant la campagne référendaire." La Presse, 11 janvier 2006.
Dans un long article résumant 10 ans de manoeuvres au nom de la cause fédéraliste, Raymond Giroux nous rappelle que: "Les Brian Tobin et Sheila Copps, jusque-là relégués aux oubliettes par leur propre camp, soutiennent qu’eux aussi ont droit de parole dans un débat sur l’avenir du Québec, et ce, sans se plier aux lois québécoises..." Le Soleil, 29 octobre 2005.
Par la suite, aiguillonné par un référendum gagné de justesse, Jean Chrétien met lui-même sur pied le programme des commandites à l'origine d'un festival de fraudes et d'illégalités démontrées devant le juge Gomery: « J’étais résolu à ce que les tenants de la séparation n’obtiennent jamais leurs conditions gagnantes. Je me suis engagé personnellement à titre de Canadien qui aime son pays et parce que c’était mon devoir de Premier ministre à maintenir l’unité nationale. Je n’allais pas pécher par inaction. » Audience publique devant le juge John H. Gomery, 8 février 2005.
Anecdotes électorales? Règles financières? Lois québécoises? Mon devoir de Premier ministre?
Que vaut un pays qui ne peut se maintenir que par la fraude?
En cela, elle complétait les propos tenus la veille par André Pratte: "Il est malheureusement de plus en plus vraisemblable que les troupes fédéralistes n'ont pas respecté toutes les règles financières pendant la campagne référendaire." La Presse, 11 janvier 2006.
Dans un long article résumant 10 ans de manoeuvres au nom de la cause fédéraliste, Raymond Giroux nous rappelle que: "Les Brian Tobin et Sheila Copps, jusque-là relégués aux oubliettes par leur propre camp, soutiennent qu’eux aussi ont droit de parole dans un débat sur l’avenir du Québec, et ce, sans se plier aux lois québécoises..." Le Soleil, 29 octobre 2005.
Par la suite, aiguillonné par un référendum gagné de justesse, Jean Chrétien met lui-même sur pied le programme des commandites à l'origine d'un festival de fraudes et d'illégalités démontrées devant le juge Gomery: « J’étais résolu à ce que les tenants de la séparation n’obtiennent jamais leurs conditions gagnantes. Je me suis engagé personnellement à titre de Canadien qui aime son pays et parce que c’était mon devoir de Premier ministre à maintenir l’unité nationale. Je n’allais pas pécher par inaction. » Audience publique devant le juge John H. Gomery, 8 février 2005.
Anecdotes électorales? Règles financières? Lois québécoises? Mon devoir de Premier ministre?
Que vaut un pays qui ne peut se maintenir que par la fraude?
11 janvier, 2006
Gomery a donné toute la véritié sur les commandites
"Col. Jessep: You want answers?
Lt. Kaffee: I want the truth!
Col. Jessep: You can't handle the truth."
A Few Good Men (1993)
Si on excepte la tirade militariste qui fait suite à la célèbre réplique du colonel Jessep (Jack Nicholson) dans ce film, ce dialogue semble assez représentatif du climat politique qui sévit chez les Américains. Bush ment effrontément à sa population, et ses mensonges sont tellement gros que personne n'ose le traiter carrément de menteur. Le ton général est orwellien: un Clean Air Act pour polluer, un Patriot Act pour installer l'état policier et ainsi de suite. Les nouvelles en Iraq seraient bonnes malgré que les média ne publient que les mauvaises, et le dessein intelligent devrait être enseigné dans les écoles comme une alternative valable à la théorie de l'évolution, toujours selon Bush lui-même.
L'humoriste Stephen Colbert, de The Colbert Report, a essayé en octobre dernier de donner un nom à cet état d'esprit général où personne ne veut dire ni entendre la vérité: truthiness. "Truthiness refers to the quality of preferring concepts or facts one wishes to be true, rather than concepts or facts known to be true".
American Dialect Society
La vénérable société a tellement aimé truthiness qu'elle en a fait le mot de l'année. Une farce? Oh que non! Fondée en 1889, la société donne son prix du mot de l'année depuis 16 ans. Dans le passé, elle a eu le flair d'épingler tout à tour: red/blue/purple states (2004); metrosexual (2003); weapons of mass destruction (WMD) (2002); 9-11 (2001); le préfixe e- comme dans e-mail ou e-commerce (1998); World Wide Web (www) (1995); le préfixe cyber- (1994), etc.
Ici, au Canada, le Québec inclus, nous ne sommes pas collectivement aussi détachés de la réalité que les Américains. Juste un peu moins. En fait, nous pouvons vivre avec la vérité, mais juste un peu. Nous nous accommodons très bien des demi-vérités. La moitié de la vérité nous suffit amplement. C'est pourquoi, à l'instar de Stephen Colbert, j'aimerais créer le mot véritié.
Ainsi, chacun sait que le juge Gomery enquêtait sur le scandale des commandites dans le cadre d'un mandat défini par Paul Martin et ne pouvait se prononcer que sur la preuve déposée devant lui. Le juge a fait un travail colossal mais dans les limites du mandat. Il est donc juste d'affirmer Gomery nous a donné toute la véritié sur les commandites.
Nous sommes en pleine campagne électorale canadienne et il m'est impossible de relever toutes les véritiés qui circulent. Vous pouvez très bien trouver d'autres examples. Allez, bonne campagne!
Lt. Kaffee: I want the truth!
Col. Jessep: You can't handle the truth."
A Few Good Men (1993)
Si on excepte la tirade militariste qui fait suite à la célèbre réplique du colonel Jessep (Jack Nicholson) dans ce film, ce dialogue semble assez représentatif du climat politique qui sévit chez les Américains. Bush ment effrontément à sa population, et ses mensonges sont tellement gros que personne n'ose le traiter carrément de menteur. Le ton général est orwellien: un Clean Air Act pour polluer, un Patriot Act pour installer l'état policier et ainsi de suite. Les nouvelles en Iraq seraient bonnes malgré que les média ne publient que les mauvaises, et le dessein intelligent devrait être enseigné dans les écoles comme une alternative valable à la théorie de l'évolution, toujours selon Bush lui-même.
L'humoriste Stephen Colbert, de The Colbert Report, a essayé en octobre dernier de donner un nom à cet état d'esprit général où personne ne veut dire ni entendre la vérité: truthiness. "Truthiness refers to the quality of preferring concepts or facts one wishes to be true, rather than concepts or facts known to be true".
American Dialect Society
La vénérable société a tellement aimé truthiness qu'elle en a fait le mot de l'année. Une farce? Oh que non! Fondée en 1889, la société donne son prix du mot de l'année depuis 16 ans. Dans le passé, elle a eu le flair d'épingler tout à tour: red/blue/purple states (2004); metrosexual (2003); weapons of mass destruction (WMD) (2002); 9-11 (2001); le préfixe e- comme dans e-mail ou e-commerce (1998); World Wide Web (www) (1995); le préfixe cyber- (1994), etc.
Ici, au Canada, le Québec inclus, nous ne sommes pas collectivement aussi détachés de la réalité que les Américains. Juste un peu moins. En fait, nous pouvons vivre avec la vérité, mais juste un peu. Nous nous accommodons très bien des demi-vérités. La moitié de la vérité nous suffit amplement. C'est pourquoi, à l'instar de Stephen Colbert, j'aimerais créer le mot véritié.
Ainsi, chacun sait que le juge Gomery enquêtait sur le scandale des commandites dans le cadre d'un mandat défini par Paul Martin et ne pouvait se prononcer que sur la preuve déposée devant lui. Le juge a fait un travail colossal mais dans les limites du mandat. Il est donc juste d'affirmer Gomery nous a donné toute la véritié sur les commandites.
Nous sommes en pleine campagne électorale canadienne et il m'est impossible de relever toutes les véritiés qui circulent. Vous pouvez très bien trouver d'autres examples. Allez, bonne campagne!
10 janvier, 2006
L'impassibilité masculine existe
Je vous accorde tout de suite qu'il existe des petits garçons pleurnichards. Mais la majorité d'entre eux, lorsqu'ils commencent à socialiser avec d'autres petits garçons, vont adopter les prémices de ce qu'on appellera plus tard une attitude virile: on ne pleure pas, on ne se plaint pas et on ne va pas tout rapporter à maman.
Certains courants de pensée, comme le féminisme, le guycorneauisme et tous les écoutetoncorpsismes, cherchent à nous faire croire que ces comportements chez les petits garçons sont acquis et proviennent de l'environnement culturel, suite aux nombreuses objurgations de papa:"Non! un gars, ça pleure pas, OK là!".
Cet argument est manifestement faux puisqu'aujourd'hui l'environnement culturel a changé et les petits garçons continuent de jouer les durs quand ils sont en groupe. On n'arrête pas de nous seriner partout qu'il est correct pour un homme de pleurer. On en est même rendu à cataloguer l'absence de larmes comme un des symptômes de la maladie mentale. Mais les petits garçons n'en sont pas moins fondamentalement restés tels qu'ils étaient, il y a 100 000 ans.
Ce chiffre nous amène au point de vue darwinien sur la chose. Helen Fisher a déjà expliqué que l'intuition féminine pouvait découler du réseau de neurones qui unit les deux lobes du cerveau féminin, facilitant ainsi les interrelations entre les émotions et la rationalité. Cette prédisposition en faisait de meilleures mamans auprès des enfants en bas âge. Après des milliers d'années d'évolution, cette particularité aurait fini par se retrouver dans le code génétique des femelles d'hominidés.
Il m'est venu à l'idée, cet après-midi, que quand un mammouth haut de 9 pieds en pesant 4 tonnes fonce sur vous, ce n'est pas le temps d'avoir les deux lobes du cerveau bien connectés. Il ne faut pas que la terreur paralyse votre capacité d'action. "Mettons de côté les émotions, agissons convenablement comme il se doit et on verra plus tard à se réjouir ou à râler de la suite des opérations de la chasse" se disait sans doute l'homme des cavernes bien avisé.
Il me semble logique de penser que les meilleurs chasseurs étaient ceux qui pouvaient dissocier les émotions et la rationalité. Il s'ensuivrait qu'après des milliers d'années d'évolution, les meilleurs chasseurs ayant la plus nombreuse descendance, cette prédisposition se retrouve génétiquement incrite dans le patrimoine des mâles d'hominidés.
L'impassiblité masculine serait donc génétique. Il faudra faire avec. Cela ne donne pas toujours de mauvais résultats. Voyez le héros qui en incarne toutes les caractéristiques: Maurice Richard . Il ne parle pas, il ne se plaint pas, il ne pleure pas, mais il score !
En mode mineur, cette prédisposition génétique se trouve bien utile en politique et dans le milieu des affaires, où bien souvent vos compétiteurs et adversaires vous semblent mesurer 9 pieds et peser 4 tonnes.
Certains courants de pensée, comme le féminisme, le guycorneauisme et tous les écoutetoncorpsismes, cherchent à nous faire croire que ces comportements chez les petits garçons sont acquis et proviennent de l'environnement culturel, suite aux nombreuses objurgations de papa:"Non! un gars, ça pleure pas, OK là!".
Cet argument est manifestement faux puisqu'aujourd'hui l'environnement culturel a changé et les petits garçons continuent de jouer les durs quand ils sont en groupe. On n'arrête pas de nous seriner partout qu'il est correct pour un homme de pleurer. On en est même rendu à cataloguer l'absence de larmes comme un des symptômes de la maladie mentale. Mais les petits garçons n'en sont pas moins fondamentalement restés tels qu'ils étaient, il y a 100 000 ans.
Ce chiffre nous amène au point de vue darwinien sur la chose. Helen Fisher a déjà expliqué que l'intuition féminine pouvait découler du réseau de neurones qui unit les deux lobes du cerveau féminin, facilitant ainsi les interrelations entre les émotions et la rationalité. Cette prédisposition en faisait de meilleures mamans auprès des enfants en bas âge. Après des milliers d'années d'évolution, cette particularité aurait fini par se retrouver dans le code génétique des femelles d'hominidés.
Il m'est venu à l'idée, cet après-midi, que quand un mammouth haut de 9 pieds en pesant 4 tonnes fonce sur vous, ce n'est pas le temps d'avoir les deux lobes du cerveau bien connectés. Il ne faut pas que la terreur paralyse votre capacité d'action. "Mettons de côté les émotions, agissons convenablement comme il se doit et on verra plus tard à se réjouir ou à râler de la suite des opérations de la chasse" se disait sans doute l'homme des cavernes bien avisé.
Il me semble logique de penser que les meilleurs chasseurs étaient ceux qui pouvaient dissocier les émotions et la rationalité. Il s'ensuivrait qu'après des milliers d'années d'évolution, les meilleurs chasseurs ayant la plus nombreuse descendance, cette prédisposition se retrouve génétiquement incrite dans le patrimoine des mâles d'hominidés.
L'impassiblité masculine serait donc génétique. Il faudra faire avec. Cela ne donne pas toujours de mauvais résultats. Voyez le héros qui en incarne toutes les caractéristiques: Maurice Richard . Il ne parle pas, il ne se plaint pas, il ne pleure pas, mais il score !
En mode mineur, cette prédisposition génétique se trouve bien utile en politique et dans le milieu des affaires, où bien souvent vos compétiteurs et adversaires vous semblent mesurer 9 pieds et peser 4 tonnes.
09 janvier, 2006
L'inoubliable Normand Lester
Normand Lester. Vous n'entendez pas parler de lui pendant des mois. Vous l'oubliez presque. Et puis vlan! Il vous revient, paré de son incroyable moumoute, avec un scoop à tout casser qui fait vaçiller les Parlements sur leur fondations.
Il y a eu L'Affaire Bull: les canons de l'Apocalypse où il révélait les dessous de l'assassinat de l'ingénieur Gérald Bull. Pendant les douze années où il colligeait les faits pour écrire son Enquête sur les Services Secrets, il sort L'Affaire Claude Morin, de fameuse mémoire. Et maintenant, le journaliste d'enquête revient sur le devant de l'actualité avec Les Secrets d'Option Canada, un livre basé sur des documents que la GRC, le Vérificateur général du Canada et le Directeur général des élections du Québec recherchent depuis dix ans.
Normand Lester est inoubliable. Et tous les politiciens feraient bien de s'en rappeler.
Il y a eu L'Affaire Bull: les canons de l'Apocalypse où il révélait les dessous de l'assassinat de l'ingénieur Gérald Bull. Pendant les douze années où il colligeait les faits pour écrire son Enquête sur les Services Secrets, il sort L'Affaire Claude Morin, de fameuse mémoire. Et maintenant, le journaliste d'enquête revient sur le devant de l'actualité avec Les Secrets d'Option Canada, un livre basé sur des documents que la GRC, le Vérificateur général du Canada et le Directeur général des élections du Québec recherchent depuis dix ans.
Normand Lester est inoubliable. Et tous les politiciens feraient bien de s'en rappeler.
08 janvier, 2006
Les naïvetés navrantes
La naïveté, la sincérité et la fraîcheur des propos que l'on tient ajoutent-elles des qualités à la nature de ce l'on affirme? Je pense que non, et je n'en veux pour preuve que les propos récents de Marc Garneau.
"Marc Garneau n'en est pas à ses premières déclarations choc depuis le début de la campagne. Après avoir affirmé plus tôt qu'il ne pourrait demeurer dans un Québec devenu souverain, jeudi, il a comparé la réflexion derrière le projet d'accession à la souveraineté du Québec à celle derrière l'offensive américaine en Irak."
Radio-Canada
On nous rassure sur l'authenticité de la naïveté des propos: "Marc Garneau a peut-être été politiquement naïf en s'attaquant à la question de la séparation au moment le plus chaud de la campagne électorale fédérale, mais vous devez saluer son audace : il a dit ce qu'il pensait."
Sheila Copps, collaboration spéciale, Journal de Montréal, vendredi 6 janvier 2006.
Il est profondément attristant de voir une personnalité publique comme Marc Garneau affirmer qu'il quittera le Québec après une éventuelle séparation. Le Québec restera toujours là où il est, avec les mêmes voisins, la même trame sociale et les mêmes vertus démocratiques de son peuple qui a toujours démontré sa capacité de tolérance. Que les purs et durs du Parti québécois chipotent tant qu'ils veulent sur les virgules et les traits d'union de la souveraineté, il y aura des associations qui se feront avec les voisins géopolitiques après une éventuelle séparation.
Il y a une forme de violence dans le rejet de Marc Garneau, un refus d'accepter à l'avance les contraintes de la démocratie, une intolérance pour ceux qui ne partagent pas son avis. Bien sûr ses propos sont sincères et naïfs, mais ils n'en sont que d'autant plus navrants.
"Marc Garneau n'en est pas à ses premières déclarations choc depuis le début de la campagne. Après avoir affirmé plus tôt qu'il ne pourrait demeurer dans un Québec devenu souverain, jeudi, il a comparé la réflexion derrière le projet d'accession à la souveraineté du Québec à celle derrière l'offensive américaine en Irak."
Radio-Canada
On nous rassure sur l'authenticité de la naïveté des propos: "Marc Garneau a peut-être été politiquement naïf en s'attaquant à la question de la séparation au moment le plus chaud de la campagne électorale fédérale, mais vous devez saluer son audace : il a dit ce qu'il pensait."
Sheila Copps, collaboration spéciale, Journal de Montréal, vendredi 6 janvier 2006.
Il est profondément attristant de voir une personnalité publique comme Marc Garneau affirmer qu'il quittera le Québec après une éventuelle séparation. Le Québec restera toujours là où il est, avec les mêmes voisins, la même trame sociale et les mêmes vertus démocratiques de son peuple qui a toujours démontré sa capacité de tolérance. Que les purs et durs du Parti québécois chipotent tant qu'ils veulent sur les virgules et les traits d'union de la souveraineté, il y aura des associations qui se feront avec les voisins géopolitiques après une éventuelle séparation.
Il y a une forme de violence dans le rejet de Marc Garneau, un refus d'accepter à l'avance les contraintes de la démocratie, une intolérance pour ceux qui ne partagent pas son avis. Bien sûr ses propos sont sincères et naïfs, mais ils n'en sont que d'autant plus navrants.
07 janvier, 2006
Jour de bonheur
Mon jour de bonheur n'est pas parfait, puisque je rédige cet envoi. L'eut-il été qu'il n'y aurait pas eu de blogue aujourd'hui, tellement le bonheur est sans histoire. Sinon, ce jour fut parfait.
Le bonheur de déjeuner, de sortir prendre l'air, de trouver deux bons livres à la bibliothèque et pour compléter le tout, le bonheur du bonheur de ma compagne, pour qui aussi c'était un bon jour, tous ces bonheurs culminent dans la sensation qu'ils reposent sur des riens, qu'un rien suffit à rendre heureux, quand on est heureux.
J'ai déjà cru avoir trouvé la recette du bonheur. J'essayais de mettre des mots sur la fluidité d'un état, du genre: "Ne rien désirer que l'on ne puisse réalistement obtenir" ou "Carpe diem" ou quelqu'autre formule repiquée aux livres de croissance personnelle. Aujourd'hui, je suis fermement convaincu que le bonheur résulte simplement de l'équilibre harmonieux entre les différentes hormones qui régissent nos humeurs.
Mais aujourd'hui n'en fut pas moins un grand jour de bonheur.
Le bonheur de déjeuner, de sortir prendre l'air, de trouver deux bons livres à la bibliothèque et pour compléter le tout, le bonheur du bonheur de ma compagne, pour qui aussi c'était un bon jour, tous ces bonheurs culminent dans la sensation qu'ils reposent sur des riens, qu'un rien suffit à rendre heureux, quand on est heureux.
J'ai déjà cru avoir trouvé la recette du bonheur. J'essayais de mettre des mots sur la fluidité d'un état, du genre: "Ne rien désirer que l'on ne puisse réalistement obtenir" ou "Carpe diem" ou quelqu'autre formule repiquée aux livres de croissance personnelle. Aujourd'hui, je suis fermement convaincu que le bonheur résulte simplement de l'équilibre harmonieux entre les différentes hormones qui régissent nos humeurs.
Mais aujourd'hui n'en fut pas moins un grand jour de bonheur.
06 janvier, 2006
Marc Labrèche peut-il tout faire?
Hier, c'était la première du Fric Show à la SRC. Marc Labrèche animait l'émission qui portait sur les produits de nettoyage. On a appris qu'il y a des bactéries partout mais que toutes les bactéries ne sont pas nuisibles. Il nous a été démontré qu'on pouvait faire soi-même son savon et que presque tout peut être lavé avec de l'eau et du savon. Quand l'eau et le savon ne suffisent pas, on peut prendre de l'eau et du vinaigre. Quant aux allégations sur la dangerosité des produits que les multinationales s'acharnent à nous faire acheter, elles ont presque toutes été faites au conditionnel, tant le producteur Virage et la SRC craignent la puissance de feu des avocats des multinationales.
Cela semble presque rien à dire, comme ça, mais le Fric Show a pris 22 longues minutes qui m'ont semblé 1 heure pour le dire. Nous avons par ailleurs eu l'occasion de voir Marc Labrèche prendre toutes les poses possibles devant un décor surchargé qui visiblement cherchait à ce qu'on lui donne le qualificatif de surréaliste. L'animateur est parvenu au sommet de la provocation quand, habillé en femme et assis sur un bol de toilette, il a perfidement laissé entrevoir sa petite culotte, ou celle de la productrice Monique Simard.
Marc Labrèche a démontré un talent fou. C'est un créateur brillant et audacieux qui possède une feuille de route impeccable. Depuis 1997, il se promène en funambule au fil d'émissions risquées comme La fin du monde est à sept heures, Le grand blond avec un show sournois et Le coeur a ses raisons.
Après la première du Fric Show, il ne se trouve personne pour appuyer les audaces de l'animateur. Monique Simard est en Afrique où, comme chacun sait, il n'y a pas encore le téléphone. Le reste de l'équipe est en vacances jusqu'à lundi. Pour Virage, propriété d'une ancienne syndicaliste, les vacances, c'est sacré!
Marc Labrèche peut-il tout faire? Hmmmm... non. Il ne pourra pas sauver le Fric Show. Il n'y a que Grégory Charles qui peut tout faire!
Cela semble presque rien à dire, comme ça, mais le Fric Show a pris 22 longues minutes qui m'ont semblé 1 heure pour le dire. Nous avons par ailleurs eu l'occasion de voir Marc Labrèche prendre toutes les poses possibles devant un décor surchargé qui visiblement cherchait à ce qu'on lui donne le qualificatif de surréaliste. L'animateur est parvenu au sommet de la provocation quand, habillé en femme et assis sur un bol de toilette, il a perfidement laissé entrevoir sa petite culotte, ou celle de la productrice Monique Simard.
Marc Labrèche a démontré un talent fou. C'est un créateur brillant et audacieux qui possède une feuille de route impeccable. Depuis 1997, il se promène en funambule au fil d'émissions risquées comme La fin du monde est à sept heures, Le grand blond avec un show sournois et Le coeur a ses raisons.
Après la première du Fric Show, il ne se trouve personne pour appuyer les audaces de l'animateur. Monique Simard est en Afrique où, comme chacun sait, il n'y a pas encore le téléphone. Le reste de l'équipe est en vacances jusqu'à lundi. Pour Virage, propriété d'une ancienne syndicaliste, les vacances, c'est sacré!
Marc Labrèche peut-il tout faire? Hmmmm... non. Il ne pourra pas sauver le Fric Show. Il n'y a que Grégory Charles qui peut tout faire!
05 janvier, 2006
Votre bibliothèque en format guide télé
Éditions du Seuil KENNEDY ET MOI (5) Fr. 1996. Roman de Jean-Paul Dubois. Un écrivain de province, cocu et en panne sèche d'écriture, retrouve confiance en lui après s'être acheté un Colt 45 et s'en être servi pour voler une montre à son psychiatre. (203 p.)
Risen, le bien nommé
Le 21 décembre, dans Les Institutions, je souhaitais la venue de journalistes téméraires osant affronter les conglomérats qui possèdent les média. James Risen était déjà à l'oeuvre à ce moment-là. C'est le journaliste qui a sorti l'histoire à l'effet que Bush espionne les Américains sans mandat judiciaire, contrevenant ainsi aux dispositions de la Constitution.
Le New York Times a retenu ce scoop pendant un an. James Risen a finalement forcé la main à son journal en préparant la publication de l'ensemble des résultats de ses enquêtes sur la relation entre Bush et la CIA.
On peut se procurer le livre chez BuzzFlash. Les contours de la bataille de l'impeachment semblent se dessiner. Les pessimistes affirment qu'un Congrès républicain ne fera rien. Les optimistes répondent que le Congrès, à tout le moins le Sénat, sera démocrate en novembre.
J'ai demandé à Babylon la traduction de Risen. J'ai obtenu: "rise: v. se lever, se réveiller; s'élever; se soulever, se révolter". J'hésite encore sur le meilleur mot à utiliser dans le contexte.
Le New York Times a retenu ce scoop pendant un an. James Risen a finalement forcé la main à son journal en préparant la publication de l'ensemble des résultats de ses enquêtes sur la relation entre Bush et la CIA.
On peut se procurer le livre chez BuzzFlash. Les contours de la bataille de l'impeachment semblent se dessiner. Les pessimistes affirment qu'un Congrès républicain ne fera rien. Les optimistes répondent que le Congrès, à tout le moins le Sénat, sera démocrate en novembre.
J'ai demandé à Babylon la traduction de Risen. J'ai obtenu: "rise: v. se lever, se réveiller; s'élever; se soulever, se révolter". J'hésite encore sur le meilleur mot à utiliser dans le contexte.
04 janvier, 2006
Art, artiste, artisanal, artisan
J'ai regardé hier La petite Lili de Claude Miller, un film sélectionné pour concourir au Festival de Cannes en 2003. Le film raconte accessoirement l'ascension d'une actrice mais surtout comment s'écrit un scénario et comment se tourne un film en France.
Le scénario abonde en petites notations de la vie quotidienne rassemblées en liasse par les liens plus ou moins serrés d'un drame en mode mineur. Et c'est aussi comme cela que le jeune cinéaste écrit son scénario à l'intérieur du film. Dans sa vie, il perd la petite Lili et marie Jeanne-Marie. Dans le film qu'il tourne dans le film, il perd la petite Lili et se tue, si discrètement qu'on entend simplement le bruit d'un coup de feu au cours d'un repas champêtre.
Le jeune cinéaste, fils d'une star et beau-fils d'un réalisateur connu, obtient son financement après avoir planché 5 ans sur son scénario. Le tournage du film dans le film semble artisanal, sinon amateur. Les décors font plutôt scéance paroissiale. Le budget est petit.
Ce film sur la naissance d'un scénario et le tournage d'un film me semble caractériser l'essence même du cinéma français, tel que mes préjugés la décodent: népotisme et copinage, scénarios d'amateurs, excellents acteurs, décors naturels autant que possible et repas champêtres à gogo. Les acteurs prennent la vie du bon côté et le seul drame d'un tournage de film français se concentre sur le jeu "dominant-dominé" qui se joue entre la vedette féminine et le réalisateur.
Je sais. Cela ne se passe pas toujours comme cela. Il y a aussi Luc Besson, Le vieux fusil, Coup de torchon, Taxi, Jean-Pierre Jeunet, etc. Mais les préjugés qui, parfois, ont la vie dure, n'ont pas besoin de la réalité pour se maintenir.
Le scénario abonde en petites notations de la vie quotidienne rassemblées en liasse par les liens plus ou moins serrés d'un drame en mode mineur. Et c'est aussi comme cela que le jeune cinéaste écrit son scénario à l'intérieur du film. Dans sa vie, il perd la petite Lili et marie Jeanne-Marie. Dans le film qu'il tourne dans le film, il perd la petite Lili et se tue, si discrètement qu'on entend simplement le bruit d'un coup de feu au cours d'un repas champêtre.
Le jeune cinéaste, fils d'une star et beau-fils d'un réalisateur connu, obtient son financement après avoir planché 5 ans sur son scénario. Le tournage du film dans le film semble artisanal, sinon amateur. Les décors font plutôt scéance paroissiale. Le budget est petit.
Ce film sur la naissance d'un scénario et le tournage d'un film me semble caractériser l'essence même du cinéma français, tel que mes préjugés la décodent: népotisme et copinage, scénarios d'amateurs, excellents acteurs, décors naturels autant que possible et repas champêtres à gogo. Les acteurs prennent la vie du bon côté et le seul drame d'un tournage de film français se concentre sur le jeu "dominant-dominé" qui se joue entre la vedette féminine et le réalisateur.
Je sais. Cela ne se passe pas toujours comme cela. Il y a aussi Luc Besson, Le vieux fusil, Coup de torchon, Taxi, Jean-Pierre Jeunet, etc. Mais les préjugés qui, parfois, ont la vie dure, n'ont pas besoin de la réalité pour se maintenir.
02 janvier, 2006
La 241ème page
Louise Cousineau, par ailleurs une excellente critique de télévision, avait parlé favorablement des romans policiers de Henning Mankell dans sa chronique. C'était Marie-France Bazzo, par ailleurs l'excellente animatrice de la géniale émission de radio Indicatif présent qui, je crois, mentionnait que beaucoup se promenaient avec un Henning Mankell sous le bras dans les couloirs de la grande maison.
Le héros de La cinquième femme, un roman de Henning Mankel, est Kurt Wallander, un inspecteur dans la fin de la quarantaine. C'est un plaignard qui remet tout à plus tard, blâme ses subordonnés de ses erreurs et tâtonne de façon désordonnée dans une enquête dont on voit venir le dénouement 200 pages d'avance. Il pleut et il vente tout le temps. Malgré cela notre héros oublie toujours de se vêtir convenablement et on n'arrête pas de greloter dans ce foutu roman.
Aucun fait trivial de la vie d'un policier ne nous est épargné, si l'on excepte les ablutions matinales auxquelles chaque être humain doit se plier. J'ai déjà eu une belle-soeur comme cela. La narration du simple achat d'un chandail à la Baie pouvait se transformer en roman-fleuve si personne ne trouvait le moyen de l'interrompre.
Un bon jour(p. 241), notre héros va chez l'opticien, après bien sûr avoir manqué plusieurs rendez-vous:« Wallander, assis derrière un appareil bizarre, regardait fixement des lettres floues. Il s’inquiéta soudain à l’idée qu’il était en train de devenir aveugle. Il lui semblait ne plus rien voir. Mais lorsque l’opticien lui tendit… »
C'est là que La cinquième femme en tant que roman, Kurt Wallander en tant que héros et Henning Mankell en tant que romancier sont morts, disparus, pilonnés, oubliés, enterrés et tout ce qu'on voudra. Entre le détective amerloque super macho qui vous balance un one-liner à la suite de l'autre et ce petit rond-de-cuir suédois grelottant qui a peur de perdre la vue devant la grosse machine bizarre de l'opticien, il y a une marge pour d'autres personnages de polar très intéressants.
Arsène Lupin, Dave Robicheaux, Chili Palmer, John Dortmunder, Hieronymus Bosch, où êtes-vous quand on a besoin de vous?
Le héros de La cinquième femme, un roman de Henning Mankel, est Kurt Wallander, un inspecteur dans la fin de la quarantaine. C'est un plaignard qui remet tout à plus tard, blâme ses subordonnés de ses erreurs et tâtonne de façon désordonnée dans une enquête dont on voit venir le dénouement 200 pages d'avance. Il pleut et il vente tout le temps. Malgré cela notre héros oublie toujours de se vêtir convenablement et on n'arrête pas de greloter dans ce foutu roman.
Aucun fait trivial de la vie d'un policier ne nous est épargné, si l'on excepte les ablutions matinales auxquelles chaque être humain doit se plier. J'ai déjà eu une belle-soeur comme cela. La narration du simple achat d'un chandail à la Baie pouvait se transformer en roman-fleuve si personne ne trouvait le moyen de l'interrompre.
Un bon jour(p. 241), notre héros va chez l'opticien, après bien sûr avoir manqué plusieurs rendez-vous:« Wallander, assis derrière un appareil bizarre, regardait fixement des lettres floues. Il s’inquiéta soudain à l’idée qu’il était en train de devenir aveugle. Il lui semblait ne plus rien voir. Mais lorsque l’opticien lui tendit… »
C'est là que La cinquième femme en tant que roman, Kurt Wallander en tant que héros et Henning Mankell en tant que romancier sont morts, disparus, pilonnés, oubliés, enterrés et tout ce qu'on voudra. Entre le détective amerloque super macho qui vous balance un one-liner à la suite de l'autre et ce petit rond-de-cuir suédois grelottant qui a peur de perdre la vue devant la grosse machine bizarre de l'opticien, il y a une marge pour d'autres personnages de polar très intéressants.
Arsène Lupin, Dave Robicheaux, Chili Palmer, John Dortmunder, Hieronymus Bosch, où êtes-vous quand on a besoin de vous?
Inscription à :
Messages (Atom)







