29 avril, 2009

Pas comme en 1929

Le Cato Institute de Washington estime qu'il faut arrêter de faire peur au monde et que la crise de 2008 n'aura pas l'ampleur de celle de 1929:
D’autres experts, comme l’économiste Steve Hanke du Cato Institute de Washington estime qu’il est exagéré de comparer les deux périodes. « Nous vivons présentement un ralentissement énorme qui va probablement durer jusqu’à la fin de 2009, voire le début de 2010 ».

Hanke rappelle qu’à l’époque de la Grande Dépression, le chômage est passé de 3,1% à 24,7% en quatre ans et les perspectives économiques étaient si mauvaises qu’il y avait plus de personnes qui quittaient les États-Unis que ceux qui s’y installaient. « Je crois qu’il faut arrêter de faire peur au monde et vérifier les faits avant de parler de l’arrivée d’une nouvelle Dépression », dit-il.

Je suis bien d'accord. Voyez ceci:



...et cela:



Les «hoovervilles» sont devenues des «tent cities». À mon avis, il aurait été préférable que la version moderne des «hoovervilles» soit appelée «bushvilles», mais enfin... Les dépossédés de 2008 ont maintenant des tentes en Mylar, des matelas gonflables et des chaises en plastique. Il y a progrès.

Merci à billmon pour l'idée, que j'ai outrageusement copiée.


27 avril, 2009

Ramenez Carbo, prise 2


C'est la première fois où je vois un coach congédié devenir plus populaire que le Club de hockey Canadien. Guy Carbonneau, qui a apparemment des difficultés à communiquer avec ses joueurs, n'en a pas avec l'ensemble de la population:
Carbonneau vole le show
Michelle Coudé-Lord
Le Journal de Montréal
27-04-2009 05h22

C'est l'ex-entraîneur du Canadien de Montréal, congédié bêtement cette saison, Guy Carbonneau, qui aura volé la vedette au 24e Gala ARTIS. Tout un message à Bob Gainey! Il a reçu une ovation de plusieurs minutes de la part de tous les artistes et du public présents au Monument National. On a même scandé «Guy Guy Guy». Il avait l'air très ému par l'accueil.

Serge Savard, le nouveau propriétaire du club, devra ramener Carbo.

24 mars, 2009

Ramenez Carbo


On ne peut pas vouloir l'épanouissement de la «nation canadienne-française vivant au Québec» sans faire en sorte de la rendre heureuse à son lever le matin quand elle écoute les nouvelles du sport. Il faut que le Club de Hockey Canadien gagne.

On se doute bien que la haute direction du club a demandé au directeur général Gainey de retrouver de toute urgence le chemin de la victoire. Gainey a pensé que le congédiement du coach était la façon d'y arriver et il a décidé de congédier son ami Carbo.

On pensait à l'époque que le geste fut posé pour sauver l'année du centenaire du club, ou pour apporter les dollars supplémentaires liés à une participation aux séries de fin de saison. Un nouvelle variable entre en jeu: le club est à vendre. Participer aux séries va-t-il augmenter la valeur du club ? On en doute, vu que le Centre Bell fait toujours salle comble quand le Canadien joue. Enfin, cela ne nuit pas de vendre un club gagnant.

Mais même Carbo parti, le club ne gagne pas.

Et là, Stéphane Laporte, concepteur de son métier, lance une idée de génie: ramener Carbo derrière le banc. La «nation canadienne-française vivant dans la province de Québec et courtisée par Michael Ignatieff» en serait vraiment heureuse, et c'est en plus faisable. Gainey retrouverait un ami et il pourrait envoyer promener l'oncle George qui sera de toutes façons parti l'an prochain. Nous observerions avec délectation les gros millionnaires paresseux qui ont eu la tête du coach devoir se remettre à suer, au moins durant les exercices du club.

Le coach Carbo revient, et onze millionnaires sans âme et sans contrat seront foutus à la porte cet été ! Qu'est-ce que ça peut bien faire, le Centre Bell fera salle comble de toutes façons.

Ça, j'aimerais ça ! Ramenez Carbo ! Allez Gainey !
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photo: Kirk and Guy, par Big Sweet Guy.

20 mars, 2009

Il se passe des choooooses...


À notre échelle locale, québécoise, le gouvernement Charest déconne et déçoit, Vanessa et Rich sont exclus du paradis de Star Académie, nos brutaux policiers tapent sur des masochistes venus se faire brutaliser dans une manif en faveur de la brutalité policière et la neige fond à toute vitesse sur les parterres des maisons bourgeoises de Laval. C'est la vie qui bat, quoi.

Pendant ce temps, le gouvernement américain émet 300 milliards de dette à long terme pour financer son plan de relance. Mais les citoyens américains ne veulent pas d'augmentation de taxes et les Chinois ont déjà annoncé qu'ils en avaient marre d'acheter des bons du trésor américains. Avant-hier donc, la Fed, la banque centale américaine, annonçait qu'elle allait imprimer des billets pour acheter l'émission de 300 milliards de dollars. L'euphémisme convenu pour cette opération qui affaiblit encore davantage le dollar américain, c'est «monétiser la dette».

L'État chinois, principal détenteur de bons du trésor américains, procède à une liquidation accélérée de ses dollars en se lançant dans des opérations d'achat des richesses minières et pétrolières pendant que leurs vieux dollars valent encore quelque chose. On évalue que cette opération de liquidation sera terminée d'ici un an.

Paul Jorion, qui a des lettres et de la culture, évalue que cette journée du 18 mars 2009, où l'État américain autorisa la monétisation de sa dette, «sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme». Je vous signale en passant que Jorion avait aussi prévu la crise des «subprimes».

La chute du capitalisme... Cela fait drôle de dire qu'Obama, Geithner et Bernanke, aidés par Bush et Paulson, ont réussi ce que tant de «marxistes-léninistes» dédiés au point de donner 5% de leurs maigres payes au «Parti» n'ont jamais accompli. Enfin, ce ne sera pas la première fois qu'on annonce la mort du capitalisme. Peut-être ne mourra-t-il pas, mais cela va brasser.

Moi ces temps-ci, vous le savez, je fais de la rénovation. Je pose des portes d'armoires, je tire des joints, je visse, je cloue, je sable, je peins. Je déteste faire cela. Mais j'ai appris à vivre en accomplissant des tâches manuelles. Au fond, c'est apaisant. La chute du capitalisme et de mon fonds de pension me semblent alors moins catastrophiques.
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photo: Economic Apocalyspe, par azrainman.

16 mars, 2009

Hahaha

Billy Bob Neck chante: «There's No Such Thing as a Good Canadian». Et il est sérieux. Il faut voir son site internet.

Par contre, le comédien Paul Day qui a inventé le personnage de Billy Bob pour caricaturer les «red necks» n'est pas sérieux.

Personnellement, je trouve Billy Bob aussi comique et dépassé que cette frange en voie de disparition des nationalistes québécois qui veulent la souveraineté parce qu'ils haïssent les «Anglais».

20 février, 2009

Brèves rencontres

Une gentille belle-soeur que j'aimais bien est décédée. Je me rends au salon funéraire pour apporter mon support à mon frère qui est très affecté par ce décès.

J'y ai rencontré plein de retraités tous aussi heureux que moi d'être libres de faire ce qu'il leur plait de leurs journées. Un ébéniste, un mécanicien, des débardeurs, une secrétaire exécutive, une haute fonctionnaire de l'UQAM, un imprimeur, etc.

Puis, un monsieur me dit qu'il a bien connu ma mère décédée dans les années '70. «Elle est morte le "xx" du mois "yy" "zzzz". Elle a été exposée au salon funéraire "xyz" au 2e étage. Je m'en souviens parce qu'au 1er étage, c'était "untel" qui était exposé, et je suis allé y faire un tour, aussi», me dit-il, en substance.

Désarçonné, car j'ai encore de la difficulté à me souvenir de la date anniversaire de naissance de ma conjointe, je lui réponds qu'il semble avoir autant de mémoire que Fern (le légendaire gardien de but des «Boys» qui peut vous raconter en détail les circonstances du dernier but de Stan Mikita dans la LNH).

Le monsieur me répond, en substance: «Oui, je sais, le personnage de Fern dans les «Boys» est en fait un mélange de Ti-Guy Émond et de moi.» Et il ne bluffait pas.

C'était Gerry Rochon, une autre légende de notre petit monde des sports québécois.

02 février, 2009

À l'Est, rien de nouveau


Le 20 mars 2002, un an jour pour jour avant que les forces coalisées sous la direction des États-Unis n'envahissent l'Irak, le professeur Martin van Creveld accordait une entrevue à Jennifer Byrne du réseau américain ABC. Le professeur van Creveld, polémologue, historien militaire, enseigne à l'Université hébraïque de Jérusalem. Il est l'auteur de Supply and War, (1977), Command and War, (1985), Technology and War, (1988) et de The Transformation of War, (1991).

Dans cette entrevue, le professeur van Creveld exprimait l'avis que que les forces armées israéliennes, malgré leur puissance, allaient inévitablement perdre contre les Palestiniens. Il expliquait que si une puissance forte combat une puissance faible, ce n'est qu'une question de temps avant que le fort ne devienne faible lui aussi. C'est ce qui est arrivé aux Anglais en Palestine, aux Français en Algérie, aux Américains au Vietnam, aux Soviétiques en Afghanistan et dans d'autres situations trop nombreuses pour être comptées.

L'explication en est que si vous êtes fort et que vous combattez un faible, vous êtes un scélérat si vous le tuez; par ailleurs, vous êtes un idiot si vous êtes tué. C'est une situation perdant/perdant. Quand le fort combat le faible, tout ce qu'il fait est criminel. Lao-Tseu a dit, il y a 2 400 ans, qu'une "épée plongée dans l'eau salée va rouiller". Ce n'est qu'une question de temps.Et le professeur van Creveld de conclure qu'Israël n'a pas de solution militaire à ses problèmes:
_Byrne: What options does the Israeli army have, do you think?

_Van Creveld: Nothing will work.

_Byrne: Nothing at all? Do you think there’s no change of strategy?

_Van Creveld: No. There is one thing that can be done – and that is to put and end to the situation whereby we are the strong fighting the weak, because that is the most stupid situation in which anybody can be.

Et le professeur van Creveld de suggérer sa solution pour régler le problème palestinien:
°°° attendre une situation favorable;
°°° faire ce qu'il faut pour rétablir un équilibre des pouvoirs entre les Palestiniens et nous;
°°° enlever 90 % des causes du conflit en se retirant des territoires occupés;
°°° bâtir un mur entre eux et nous, si haut que même les oiseaux ne pourraient pas le franchir.
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Commentaires: L'idée du retrait unilatéral des territoires occupés et de la construction du mur a fait son chemin. Malheureusement, le rétablissement d'un équilibre des pouvoirs entre les Palestiniens et les Israéliens n'a pas pu faire son chemin dans l'opinion publique israélienne, sans doute trop insécure pour y donner suite. Ainsi, les forces politiques extrémistes en Israël en sont revenu à l'option militaire, notamment dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne est en train de se déshonorer.
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photo: Martin Van Creveld, par Arnon Grunberg.

N. B. J'ai écrit ce billet pour la première fois le 23 juillet 2006. À l'Est donc, rien de nouveau. On va probablement changer le Kadima pour le Likoud lors des élections du 10 février prochain, mais ce sera encore les petits partis orthodoxes, sionistes et nationalistes réactionnaires qui feront valser la coalition au pouvoir au gré de leurs lubies. À l'Est, pour l'instant, rien ne va changer.

Sauf qu'il y a maintenant le facteur Obama. Il a décidé de s'occuper du Moyen-Orient dès sa première semaine en poste. Un bon point. Puis il a nommé George J. Mitchell comme envoyé spécial des États-Unis, ce même médiateur à qui plusieurs attribuent le succès des négociations qui ont conduit à la fin du conflit en Irlande du Nord. Un excellent point.