Stephen Pizzo, l'auteur d'un livre ayant fait partie de la liste des best-sellers du New York Times et le journaliste récipiendaire d'une dizaine de prix pour ses articles, vient de publier le 14 avril 2013 une chronique dont voici un extrait:
You might have noticed that, as time has gone by, my rants have become fewer and farther apart.Si le réputé Stephen Pizzo se sent impuissant devant le cours inexorable des choses, que croyez-vous que ressent l'obscur Zylag? Si vous ne partagez pas les courants de pensée dominants, il ne sert à rien d'écrire pour d'autres raisons que la seule satisfaction d'écrire. Chez les dissidents d'Occident, réfléchir, évaluer, penser et écrire ne sont que les plaisirs décadents d'une minorité de bien nantis, dont je fais heureusement partie.
And why not. After it's all been said, and said and said and said. What's left, just keep saying the same things? It hasn't helped. Little changes. Stupidity has solidified like a giant impacted turd in the body politic. Nothing moves while fresh crap packs in behind.
So continuing to sit at a keyboard, pounding out for the umpteenth time, the freaking obvious, just makes me feel like a stupid sap.
Il en est autrement pour les commentateurs raisonnables et réalistes des médias de masse. L'essentiel de leur rôle est de s'assurer que rien ne change, ou que le sort des riches s'améliore, car ce sont eux qui investissent et donnent des emplois aux pauvres gens, n'est-ce pas? Ces commentateurs ont au moins la consolation de penser que leurs écrits sont utiles, car, de fait, rien ne change pour l'essentiel.
Que penser de gens comme Noam Chomsky qui analyse l'actualité depuis des années dans une perspective, je ne dirais pas de gauche, mais si lucide et factuelle que personne des grands médias ne veut entendre ce qu'il a à dire? Que penser de Lucien Bouchard qui vient de sortir de sa réserve dorée pour dénoncer l'apathie des Québécois devant les révélations de Frédéric Bastien dans son livre La bataille de Londres? M. Bouchard savait pourtant qu'on le mettrait vite de côté parce qu'il est «passé date». Que penser de Tom Engelhardt, de feu Michel Chartrand, de David Corn, du prof Lauzon et de tous les pourfendeurs de moulins à vents dominants qui s'agitaient et s'agitent encore en sachant bien qu'ils n'auront rien d'autre que les tapes dans le dos des petits copains.
Je trouve admirable de garder la capacité de s'indigner sur de longues périodes. Mais quelle est le plaisir décadent et secret qui motive ces personnages? Il faut qu'il y en ait un. Sinon ce n'est pas possible.
Il faut bien vivre avec ce qu'on est. Que faire si on est heureux personnellement alors que les horreurs du monde nous assaillent? Si leurs coups répétés finissent par insensibiliser? C'est un vieux problème déjà bien documenté par Denys Arcand: celui du confort et de l'indifférence.
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photo: Pascal Ratthé




















